Catégorie : Histoire

  • Avec les Muffatti, découvrir un Bach inattendu : un Bach en concertiste londonien (à la Händel), ou hambourgeois (à la Telemann)…

    Et si Johann Sebastian Bach

    s’était finalement un peu émancipé de Leipzig ?

    …
    …

    Certes, à Leipzig,

    avec ses fils, ses élèves

    et quelques amis musiciens peut-être étudiants à l’université,

     

    …

    Bach a _ un peu _ poursuivi l’entreprise _ festive _ de concerts publics

    inaugurée par son ami Georg Philipp Telemann,

    au Café Zimmermann,

    à Leipzig, donc ;

    …

    concerts publics et amicaux

    dont nous demeurent au catalogue quelques œuvres :

    …

    concertos pour clavecin(s), concertos pour violon(s),

    etc.

    …
    …

    Ici,

    en un CD Ramée

    intitulé Concertos for Organ and Strings,

    le CD Ram 1804,

    …

    l’excellent ensemble Les Muffatti,

    que dirige Bart Jacobs _ auteur des « Reconstructions » des œuvres absolument originales ici proposées

    à partir d’éléments empruntés à d’autres œuvres de Bach, et transcrites ; 

    et qui tient l’orgue : l’orgue Thomas de l’église Notre-Dame et saint Leodegar, de Bornem (en Belgique) _,

    nous propose un Bach étonnament ludique,

    tout à fait tonique

    et proprement enthousiasmant !

    …

    Voilà !

    …

    …

    Un peu comme Händel

    en ses Concertos pour orgue à Londres,

    ou Telemann, à Hambourg…

    …

    …

    Bien sûr, il ne s’agit là, en effet, que de « reconstructions« 

    de la main de Bart Jacobs ;

    …

    mais le résultat sonne tout à fait « à la Bach« ,

    sur un orgue

    qui aurait été en quelque sorte libéré

    de l’exclusivité de ses fonctions lithurgiques et ecclésiales !!!

    …

    pour un concert public festif,

    et même carrément endiablé…

    …
    …
    Soit une jubilatoire surprise !

    …

    …

    Ce samedi 23 février 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Retour à Jacques-Martin Hotteterre le Romain : une tendresse musicale sublime !

    Parmi le _ vraiment _ plus beau de toute la musique française

    _ pas moins ! _,

    l’œuvre de Jacques-Martin Hotteterre le Romain (1674 – 1763) :

    …

    « Il est le digne héritier d’une célèbre famille de facteurs d’instruments à vent originaire de La Couture (Eure), tels que son grand-père Jean crédité de l’invention du hautbois moderne, Jacques-Martin Hotteterre a sans doute été le plus doué de sa dynastie, avec son père Martin, facteur de flûtes renommé qui créa certaines pièces utilisées par Jean-Baptiste Lully (…)

    Excellent fabricant, compositeur et musicien de grand talent _ et bien davantage ! _, il a laissé à la postérité des œuvres telles que les Suites de pièces à deux flûtes (1712), Duo et rondeau (1708), etc., mais également des œuvres à caractère technique et pédagogique, telles que L’art de préluder sur la flûte traversière (1719), Principes de la flûte traversière ou flûte d’Allemagne, de la flûte à bec ou flûte douce et du hautbois (1707) dont plusieurs éditions existent, avec des traductions en flamand et en anglais de la même époque« …

    …
    …

    Ainsi, vient m’en rafraîchir la mémoire _ et mieux encore faire jouir la perception actuelle _,

    ce double superbe CD CPO 555 038-2

    intitulé Complete chamber works Vol. 3, Suites app. 4, 5 & 6,

    …

    par l’ensemble Camerata Köln,

    que dirigent le flûtiste à bec Michaël Schneider

    et le flûtiste de traverso Karl Kaiser.

    …

    …

    Ce qui me donne aussi l’occasion

    de me réjouir vivement

    du souvenir d’autres aussi magnifiques interprétations

    et interprètes

    de cette sublime discrète musique _ de chambre _,

    tels que _ mes amis _ Philippe Allain-Dupré et Hugo Reyne,

    …

    et encore les grands, eux aussi, Barthold Kuijken et Frans Brüggen…

    …

    …

    Quelle tendresse sublimissime !!!

    …

    C’est à se pâmer de bonheur

    musical…

    …

    …
    Ce jeudi 21 février 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La découverte du très grande charme des cantatilles françaises, et la magnifique Eva Zaïcik !

    Ce 20 février,

    l’excellent Jean-Charles Hoffelé

    consacre sa chronique toujours intéressante de Discophilia

    à un CD qui m’a très positivement marqué

    _ cf mon article du 29 janvier dernier : … _,

    le charmantissime CD Alpha 439 Venez chère ombre,

    …

    par la merveilleuse _ quelle révélation !!! _ Eva Zaïcik,

    et Le Consort, dirigé par Justin Taylor.

    …

    …

    La chronique de Jean Charles Hoffelé

    s’intitule tout simplement « Venez, chère ombre« .

    …

    …

    VENEZ, CHÈRE OMBRE

    …

    …

    VENEZ, CHÈRE OMBRE

    …
    …

    Louis Antoine Lefebvre, un inconnu aujourd’hui. Pourtant, ses « cantatilles », sœurs des cantates mythologiques qui, contrairement à leurs glorieuses ainées, se consacraient au tendre et aux passions du cœur exclusivement, passionnèrent _ eh oui ! _ ses contemporains.

    …
    …

    On comprend pourquoi dès « Venez, chère ombre » qui ouvre le nouvel album de Justin Taylor et de ses amis : harmonies étranges, déclamation lullyste, une musique du sentiment et de l’émotion qui vous saisit illico, si moderne dans son dénuement savant. Il faut avouer que le mezzo subtil, la ligne de chant racée, les mots sensibles d’Eva Zaïcik donnent toutes leurs chances à ces musiques si étreignantes _ voilà. Et quelle fantaisie, quelles audaces descriptives dans Le Lever de l’aurore, quel brio dans cet Andromède où les styles français et italiens se mêlent pour mieux surprendre l’oreille.

    …
    …

    Le Consort paysage ce trop peu de Lefebvre avec la délicieuse Bergère et surtout Le dépit généreux de Pignolet de Montéclair, le Léandre et Hero de Clérambault, la sombre Ariane de Courbois (voilà encore un compositeur à réévaluer), autre merveille absolue, lamento en clair obscur de ce disque unique  _ mais oui ! _ où la sensibilité et l’élégance de Justin Taylor et de ses amis embellissent un répertoire trop peu couru.

    …
    …

    Maintenant que ce si beau mezzo _ absolument ! _ s’est joint au groupe, il faut vraiment poursuivre chez Lefebvre surtout, mais aussi chez Courbois. Vite, une suite !

    …

    …

    LE DISQUE DU JOUR

    …

    …

     

     

     

     

     

     

     

    …

    …

    …

    …

    …
    …

    …

    …

    Venez, chère ombre

    …

    …

    Louis Antoine Lefebvre(1700?-1763)
    Les regrets (extrait : « Venez, chère ombre »)
    Le lever de l’aurore (extrait : « L’astre que le silence suit »)
    Andromède

    …
    Michel Pignolet de Montéclair (1667-1737)
    La Bergère
    Le dépît généreux
    Plainte en dialogue

    …
    Philippe Courbois (1705?-1730?)
    Ariane (extrait : « Ne vous réveillez pas encore »

    …
    Louis-Nicolas Clérambault (1676-1749)
    Simphonia IVa
    Simphonia II “La Félicité” (extrait)
    Léandre et Héro

    …
    …

    Eva Zaïcik, mezzo-soprano
    Le Consort
    Justin Taylor, direction, clavecin

    …
    …

    Un album du label Alpha Classics 439
    …
    …

    Photo à la une : l’ensemble Le Consort – Photo : © Victor Toussaint

    …

    …

    Ce mercredi 20 février 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Toute la théâtralité haydnienne merveilleusement redécouverte dans « Gli Impresari », le parfait volume 7 de l’intégrale « Haydn 2032 », de Giovanni Antonini

    CD après CD,

    en sa généreuse et magnifique entreprise Haydn 2032,

    d’enregistrement à nouveaux frais des 104 symphonies de Joseph Haydn (1732 – 1809),

    …

    le chef Giovanni Antonini nous fait génialement percevoir,

    avec une merveilleuse acuité

    _ et c’est proprement une re-découverte musicale (merveilleusement dépoussiérée) !!! _,

    les diverses et infiniment variées facettes

    de la très riche et magnifiquement colorée _ infiniment vivante et zébrée d’humour ! _ palette musicale

    de ces 104 Symphonies de Joseph Haydn ;

    …

    et en l’occurrence pour ce volume-ci, n° 7,

    intitulé Gli Impresari

    _ « c’est-à-dire les directeurs de ces troupes de théâtre que Nicolas Ier Esterhazy _ le très mélomane patron de Haydn ! _ engageait pour jouer dans ses théâtres d’opéra« … _,

    consacré à trois Symphonies de Haydn :

    …

    la n° 9 (en 1762, pour une cantate profane, très vraisemblablement donnée par une troupe de « comédiens romands« , dont l’impresario était Girolamo Bon),

    …

    la n°65 (en 1769, pour la comédie du poète dramatique autrichien Cornelius von Ayrenhoff, L’Attelage en poste, ou les nobles passions, dont les impresarios étaient Joseph Hellmann & Friedrich Koberwein),

    …

    et la n° 67 (en 1772, pour la comédie de Charles Collé, La Partie de chasse de Henri IV, dont l’impresario était Carl Whar) ;

    …

    ainsi qu’à la musique de scène de Mozart (en 1776, pour le drame héroïque du baron Tobias von Gebler, Thamos, König in Egypten, et dont l’impresario s’est trouvé être à nouveau Carl Whar).

    …

    …

    Ce formidable travail musical de Giovanni Antonini

    s’appuie sur le travail de recherche musicologique, à la Fondation Haydn, de Bâle,

    et sous la direction de Wolgang Fuhrmann,

    de Christian Moritz-Bauer,

    « consacré à la redécouverte et à l’importance des musiques de scène pour le développement de l’œuvre symphonique de Joseph Haydn« .

    …

    …

    Le résultat musical, prodigieusement vivant,

    est une réussite majeure

    pour la re-découverte de ce si riche pan de l’œuvre de Haydn !!!

    …

    Et Johannes Brahms avait parfaitement su le percevoir, lui qui affirmait si bien :

    …

    « De nos jours, les gens ne comprennent plus rien à Haydn. Nul ne pense plus (…) que nous vivons précisément à une époque  où _ il y a exactement cent ans _ Haydn créa toute notre musique (…). Ça c’était un homme ! Comme nous sommes misérables à côté de lui « …

    …

    Et Giovanni Antonini de commenter tout aussitôt :

    …

    « Il avait saisi la grandeur de Haydn en comprenant son esthétique, ainsi peut-être qu’une pratique d’exécution qui, un siècle plus tard, dans un monde historiquement et culturellement changé, avait désormais disparu« .

    …

    A chaque époque, ses tâches…

    …

    …

    Ce samedi 16 février 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa