Catégorie : Histoire

  • A propos de la très féconde précocité de Felix Mendelssohn (1809-1847), un intéressant article d’Alain Pâris sur la récente édition Breitkopf d’un Urtext de ses Sonates pour violon et piano (composées entre 1820 et 1838)…

    Procédant, comme chaque petit matin à mon réveil, à ma lecture de la presse notamment musicale,

    voici que je découvre sur le toujours très riche Crescendo Magazine un fort intéressant article d’Alain Pâris « Sonates pour violon et piano de Mendelssohn » consacré à la récente édition Breitkopf d’un Urtext des Sonates pour violon et piano de Felix Mendelssohn (Hambourg, 3 février 1809 – Leipzig, 4 novembre 1847), insistant, à fort juste titre, sur la très féconde et vraiment magnifique précocité de cet étonnant wunderkind…

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    Mais aussi je m’étonne que pas une seule fois en son article Alaîn Pâris ne mentionne le nom de la sœur aînée de Felix, Fanny (Hambourgg, 14 novembre 1805 – Berlin, 14 mai 1847), qui a précédé son frère dans la composition musicale : tous deux ayant été les élèves de Carl-Friedrich Zelter (Berin, 11 décembre 1758 – Berlin, 15 mai 1832)…

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    Sonates pour violon et piano de Mendelssohn

    par Alain Pâris
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    Mendelssohn est probablement l’un des compositeurs du XIXe siècle dont la connaissance musicologique a connu les développements les plus spectaculaires – et tardifs, voilà ! On sait que le jeune Felix était d’une étonnante précocité – oui… Mais ses œuvres de prime jeunesse n’étant pas accessibles dans un premier temps, elles n’ont été prises au sérieux qu’un bon siècle après sa disparition – le 4 novembre 1847 ; soit à partir de la seconde moitié du XXe siècle. Yehudi Menuhin – New-York, 22 avril 1916 – Berlin, 12 mars 1999 – , le premier, exhuma son concerto pour violon et cordes en ré mineur – qu’il édita et publia en 1952. Début du grand chamboulement : il allait falloir attribuer un numéro à celui que l’on considérait comme « le » concerto pour violon de Mendelssohn – le célèbre  concerto en mi mineur Op. 64, que Yehudi Menuhin enregistra avec Wilhelm Furtwangler en 1952. Numéro 2, donc, numérotation qui n’est toujours pas entrée dans les mœurs. Et il y a eu les – superbes ! – symphonies pour cordes, une douzaine, plus une en un seul mouvement (n’y voyez aucune allusion à la douzaine d’œufs chez le crémier). Et d’autres concertos encore. Il avait la plume facile le petit Felix.

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    Mais ce n’est pas tout ! En cherchant bien, les musicologues mendelssohniens ont découvert l’existence de versions alternatives à ses créations majeures, car Felix remettait sans cesse – voilà ! – ses œuvres sur le métier.

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    Ce qui nous amène – nous y voici donc – à ses sonates pour violon et piano dont Breitkopf publie un urtext, signé Birgit Müller. Là encore, il faut parler au pluriel – oui, oui – et non plus se limiter à la sonate pour violon et piano, op. 4, en fa mineur (MWV Q 12), unique en son genre dans la plupart des catalogues mendelssohniens de référence, car la seule publiée de son vivant – dont acte. Nous devons maintenant compter – non seulement – avec les essais de la prime jeunesse, certains incomplets, n’en parlons pas,  – ainsi que – un autre parfaitement achevé (une sonate en fa majeur, MWV Q 7), et – mais aussi – une sonate tardive également en fa majeur (MWV Q 26), restée inédite pendant plus d’un siècle, exhumée par Yehudi Menuhin au milieu du XXe, dont on connaît deux versions.

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    Toutes ces sonates ainsi que les mouvements isolés et inachevés avaient été publiés dans le cadre de l’édition critique des œuvres de Mendelssohn. Le volume que propose aujourd’hui Breitkopf est un tiré à part des trois sonates achevées avec les deux versions de la dernière. À noter que l’édition réalisée par Menuhin (Peters), qui a donné lieu à plusieurs enregistrements, est une synthèse de ces deux versions d’une authenticité contestable. La présente édition remet les pendules à l’heure – merci !

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    Mendelssohn, Sonates pour violon et piano, Breitkopf & Härtel, EB 9557.

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    De ces « Sonates pour violon et Piano«  – en fa majeur MQ 7 (de 1820), Op. 4 en fa mineur MQ 12 (de 1823), en fa majeur MQ 26 (de 1838), ainsi qu’une autre, en fa majeur/ré mineur MQ 18 (au final de la décennie 1820) – de Felix Mendelssohn, je possède le beau CD Hyperion CDA 68322 « Mendelssohn – Violin Sonatas » d’Alina Ibragimova  et Cédric Tiberghien – enregistré à Londres du 19 au 31 janvier 2021 – , qui comporte aux pages 8 à 10 de son livret un très précieux article détaillé de présentation de ce CD par R. Larry Todd, auteur par ailleurs d’un très intéressant « Mendelssohn : A Life in Music, Fanny Hensel : The Other Mendelssohn« …

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    C’est tout à fait intéressant !

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    Ce lundi 31 août 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Quand une jolie idée de projet donne un bien décevant résultat musical dans sa réalisation discographique : le très médiocre CD « Le Violon de Rameau » de Théotime Langlois de Swarte et William Christie…

    Alors que j’idolâtre Rameau – Dijon, 25 septembre 1683 – Paris, 12 septembre 1764 – et apprécie beaucoup, et depuis ses débuts au disque, le jeu de violon de Théotime Langlois de Swarte – né à le 11 novembre 1995 à Céret – ,

    voici que, à l’audition, le CD Alpha 8905408 « Le Violon de Rameau » de Théotime et William Christie que je me suis immédiatement procuré, déçoit terriblement ses pourtant belles promesses de départ – « Au commencement de ce programme, il y a eu un portrait : celui de Jean-Philippe Rameau attribué à Joseph Aved. Le musicien, grand théoricien de la musique, célèbre autant pour ses œuvres lyriques que pour ses pièces de clavecin, y apparaît non pas près d’un clavier, mais tenant un violon. L’image saisit un instant suspendu : on voit Rameau prêt à pincer la corde, tandis que l’index de sa main gauche semble poser un si, comme une invitation à tendre l’oreille vers cette note énigmatique. De cette observation est née l’envie de créer un univers musical à partir de ce tableau, d’entrer dans la toile pour faire entendre la relation que le compositeur a entretenue toute sa vie avec le violon. Depuis ses premières années de formation, en passant par sa participation supposée à une troupe de musiciens itinérants dans le sud de la France en tant que violoniste, jusquà la consécration avec Hippolyte et Aricie, ce programme, conçu comme une enquête, rassemble des transcriptions d’airs d’opéras, des extraits de suites de danses, ainsi que des sonates de violonistes virtuoses ayant côtoyé Rameau« , ainsi présente très clairement son alléchant projet de CD Théotime Langlois de Swarte à la page 6 du CD… – :

    en une succession de 32 très brèves pages pour une durée totale de 74′ 58, le CD n’apporte vraiment rien, ni à la gloire de Rameau, ni encore moins – trois fois hélas ! – à la renommée des 7 autres compositeurs – d’extraits, à une seule exception près, de « sonates de violonistes virtuoses ayant côtoyé Rameau« … – que sont successivement, dans l’ordre de leur apparition dans le programme de ce CD, Charles-Antoine Branche (Vernon, 31 mars 1722 – 1779 ?), Jean-Baptiste Cupis (Bruxelles, 23 novembre 1711 – Montreuil, 30 avril 1788), Toussaint Bordet (1721 ? – 1799 ? – ou bien ca. 1710 – ca. 1775 – ), Jacques Aubert (Paris, 30 septembre 1689 – Belleville, 19 mai 1753), Théodore-Jean Tarade (Paris, 1er novembre 1731 – La Flèche, 14 septembre 1788), Louis Aubert (Paris, 15 mai 1720 – Paris, 3 septembre 1785 ?) et André-Joseph Exaudet (Rouen, ca. 1710 – Saint-Germain-en-Laye, 13 août 1762), et dont des extraits ont été rassemblés pour ce programme… 

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    Si notre curiosité historiographique peut trouver en ce CD quelques menues brindilles d’aliments, ce n’est hélas pas le cas de notre satisfaction de mélomane, bien frustrée par la médiocrité de cette réunion d’extraits péniblement aboutés…

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    Renouveler et compléter à bon escient son répertoire discographique n’est certes pas toujours aisé – et  je m’étais bien gardé de me procurer le précédent CD de Théotime Langlois de Swarte, le double CD Château de Versailles – Spectacles CVS 130 « Le Chevalier de Saint-Georges – Portrait« , consacré à un compositeur hélas dénué du moindre intérêt musical… 

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    Parvenir à publier un CD est devenu de nos jours une énorme chance pour un interprète : il ne faut donc pas la gâcher par de si piètres choix musicaux, cher Théotime…

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    Aider à faire du chiffre de vente – sur seulement des noms, ou d’interprètes, ou de compositeurs – n’est pas tout ! Les mélomanes, déçus à l’écoute de tels produits, eux, finiront par se lasser…

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    Ce samedi 29 août 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Sur l’intéressant CD « Du Mont – Couperin – Grigny – Partout amour me vient chercher » de l’Ensemble Capella Leonis sous la direction de Cédric Costantino et Philippe Foulon, une réponse qui tardait un peu trop à venir, pour une affaire de clarté du texte chanté…

    Suite à un courriel reçu hier soir à 22h 50 de Cédric Costantino s’étonnant à très juste raison

    (« votre annonce– in mon article « La merveille des bouteilles lancées à la mer, et rencontrant quelque destinataire inconnu (épisode 2) : le claveciniste et chef Cédric Costantino s’étonnant de voir mention de son nom en un article mien en date du 8 juillet 2020 à propos d’un CD « Nicolas Lebègue » du claveciniste Agustin Alvarez, qu’il ne connait pas, et de ce qui s’en est suivi… » en date du 9 mars 2016, et dans le post-scriptum duquel j’avais écrit : « je suis allé commander ce CD Indésens IC 094 « Du Mont – Couperin – De Grigny – Partout amour me vient chercher – Ensemble Capella Leonid – sous la direction de Cédric Costantino et Philippe Foulon « à mon disquaire préféré, qui l’a reçu très vite ; et je lui consacrerai très bientôt une chronique détaillée…« … – de parler de mon disque est restée vaine sur Internet« )

    de ma promesse non tenue – il me semblait pourtant y avoir répondu, mais ce n’était hélas qu’en pensée : ce CD m’avait en effet donné bien à penser… – , j’ai à cœur de lui donner ici et ce jour enfin satisfaction…

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    Ce CD Indésens IC 094 «Du Mont – Couperin – De Grigny – Partout amour me vient chercher – Ensemble Capella Leonid – sous la direction de Cédric Costantino et Philippe Foulon « – enregistré les 21et 22 juillet à la Chapelle-Haute de Saint-Michel-l’Observatoire – m’a, en effet, beaucoup intéressé, mais aussi imparfaitement plu, car, à ma grande surprise, ce sont davantage les pièces pour instrument seul de Nicolas de Grigny, Louis Couperin, Etienne Richard, Charles Richard, Jean Laquement Dubuisson et Jean de Sainte Colombe – aux plages 1, 6, 8, 10, 11 et 13 du CD – , que les chansons et airs de Henry du Mont – aux plages 2, 3, 4, 5, 7, 9, 12 – et Antoine de Boësset – à la plage 14 – , qui ont suscité là mon plaisir de mélomane.

    Mais cela surtout du fait du genre musical de ces chansons et airs de cour polyphoniques, du règne de Louis XIII, encore marqués des pratiques musicales de la Renaissance, alors que je préfère, et de loin, ce que devient la chanson et l’air de cour à l’époque disons baroque de Louis XIV : plus clairs…

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    Et j’ai probablement eu un peu de mal à l’écrire dans ces journées de début de printemps où j’ai reçu ce CD que j’avais pris soin de commander expressément  à mon disquaire préféré… 

    Mais j’avais éprouvé pareille gêne à l’écoute des divers CDs que Vincent Dumestre et son Poème harmonique avaient jadis consacrés, pour le label Alpha, à ces chansons et airs de cour polyphoniques du règne de Louis XIII, dans lesquels la clarté du texte à servir se perd un peu trop, à mon goût personnel du moins, dans le brouillard diffus, profus ou confus, des diverses voix qui s’entremêlent, et font perdre l’intelligence essentielle, fondamentale, de la signification du texte, souvent un poème fort beau, ainsi mis en musique… 

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    Voilà, une affaire de goût personnel…

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    Ce jeudi 27 août 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un gisement de documents concernant Henriette Verdalle, son mari Frédéric François Wachsner et son père Paul Verdalle, maire et conseiller général de Navarrenx, en cours d’investigation, avec déjà de premières formidables avancées pour la connaissance de leurs biographies respectives…

    Suite à un courriel adressé à mon blog encherchantbien.fr le 9 juillet 2026 à 19h01 par la conservatrice du patrimoine Marie Sanchez à la recherche d’informations sur le parcours de vie de François-Frédéric Wachsner sur lequel elle a entrepris un travail de fond, auquel j’ai répondu le lendemain 10 juillet, et qui a donné lieu la même journée du 10 juillet à une longue et riche conversation téléphonique entre elle et moi à propos de nos connaissances respectives sur ce sujet précis de ce parcours de vie de François-Frédéric Wachner (Ohlau, 1893 – Navarrenx, 1958), celle de Madame Sanchez allant jusqu’alors jusqu’à l’internement de François-Frédéric Wachsner au camp d’internement des ressortissants allemands de Cepoy (Loiret) en juin 1940, et la mienne commençant, peu après, toujours en 1940 – mais la République ayant cédé la place à L’État français de Vichy ! – , à l’internement par Vichy, et parmi ces ressortissants allemands – la plupart de ceux-ci étant des juifs et des opposants au nazisme réfugiés en France à partir de 1933, afin d’être ainsi protégés et survivre… : par exemple Hannah Arendt, passée elle aussi par le camp de Gurs… – , de ce même François-Frédéric Wachsner arrivé au camp de Gurs le 25 octobre 1940 en un Groupe de Travailleurs Étrangers (GTE),

    ainsi suis-je revenu sur ce dossier toujours en chantier pour moi à la fois du camp de Gurs et de Navarrenx – cf d’abord mon article en date du 10 avril 2017 « A propos de quelques GTE des Basses-Pyrénées entre 1940 et 1943, et de Marcel Brenot, commandant des 182e et 526e GTE« , centré, lui, sur le parcours de mon père le Dr Benedykt Lippa sous l’Occupation, entre 1942 et 1944, et son passage au camp de Gurs ; puis mon article en date du 28 août 2024 « Pour revenir au maire et conseiller général de Navarrenx Paul Verdalle (1860 – 1948) et sa fille Henriette Verdalle (1896 – 1988), un point sur mes recherches entreprises en 2015 sur leur famille originaire de Dognen, les Labourdette…« , centré, lui, sur l’historique de la famille Verdalle – Labourdette à Navarrenx et à Dognen, mais où vient s’insérer le nom de Frédéric-François Wachsner ; ainsi que mon récent article en date du 2 août 2026 « De très prometteuses pistes de recherche sur le devenir de François-Frédéric Wachsner depuis sa présence d’étranger interné au camp de Cepoy (Loiret) : la connaissance de son arrivée d’interné au camp de Gurs, le 25 octobre 1940…«  relançant la recherche centrée cette fois sur Frédéric-François Wachsner, suite à la demande précise de renseignements sur lui, reçue de Madame Sanchez… – ,

    qui vient de formidablement s’enrichir, suite à un coup de fil reçu jeudi 20 août dernier et suivi d’un envoi de 3 documents capitaux pour notre recherche, recherchés et retrouvés parmi bien d’autres en une malle familiale – peut-être celle-la même découverte à Dognen, au domicile de Marie-Madeleine Labarère, veuve de Philippe-Auguste Labarère, le jour de (et suite à) ma visite chez elle, le 13 juillet 2015, et que sont venus rechercher par la suite chez elle à Dognen les petits-enfants d’Henriette Verdalle, qui l’avait déposée là, à leur expresse destination… – :

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    _ une photo du diplôme décerné à Fritz Wachsner à l’Université Albertus de Königsberg le 14 février 1922

    et comportant sa date de naissance – désormais ainsi précisée – : à Ohlau, en Silésie, à quelques kilomètres de Breslau, le 9 octobre 1893…

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    _ une photo d’une magnifique lettre d’attestation de reconnaissance de Pierre Cassin envers Henriette Wachner-Verdalle, en date du 23 mars 1946,

    dont je retiens ici ceci :

    « Je soussigné Pierre Cassin, demeurant à Paris rue Pergolèse n° 9, atteste ce qui suit concernant Madame Henriette Verdalle, épouse de Monsieur Wachsner.  

    Parent du Président René Cassin, condamné à mort par le gouvernement de fait – et non de droit ! – de Vichy, recherché par les Allemands à Paris, je me suis replié à Navarrenx accompagné de ma femme – Hélène – et de mes deux enfants – Nelly et Jacques – , et peu après notre arrivée en cette ville, courant 1941, nous reçûmes la visite de Madame Henriette Verdalle. Or notre identité – de juifs recherchés par la police de Vichy – était parfaitement connue en ce lieu, et il était parfaitement notoire qu’avant d’être autorisés à y résider, nous avions été contraints de nous présenter au Commissariat spécial de la ville. C’est donc malgré – et si j’estime pouvoir dire à cause de – la suspicion dont nous étions l’objet, que Madame Verdalle vint spontanément nous offrir l’aide morale et matérielle qui nous étaient à ce moment nécessaires.

    (…)

    Madame Verdalle n’hésita pas à nous faire connaître ses sentiment profonds anti-allemands, son dégoût envers les procédés de l’autorité – de Vichy – qui prétendait gouverner la France, son émotion devant les traitements infligés aux minorités raciales, son profond et sincère désir de voir la France libérée de l’oppression allemande avec l’aide de nos alliés anglais et américains, son mépris pour les gens suspects d’esprit collaborateur.

    Sentant combien nous avions besoin d’un réconfort et d’un appui moral, elle nous reçut constamment chez elle – au Vieux-Logis, à Navarrenx – , au mépris des conséquences probables d’une amitié aussi nettement affichée. Son « gaullisme » était d’ailleurs notoire, car elle affichait publiquement ses opinions et commentait les nouvelles données par la radio alliée, qu’elle suivait assidûment.

    (…)

    L’attitude de Madame Verdalle envers nous ne fut d’ailleurs que l’une des manifestations de ses constants efforts en faveur des opprimés et des victimes de l’occupation allemande. Parmi d’autres exemples, je choisirai celui concernant son actuel mari – Francois-Frédéric Wachsner, depuis le 8 décembre 1945 à Navarrenx – , bien qu’elle ait également sauvé des Républicains espagnols, les prenant comme domestiques pour les libérer des camps de Vichy – soit le tout proche camp dit de Gurs – , et que dès l’armistice elle ait favorisé le passage en Espagne d’Israélites désireux de fuir les envahisseurs.

    Sous le prétexte, vis-à-vis des autorités, d’avoir besoin d’un précepteur pour son fils – André Laclau-Barrère, né à Cierp le 4 janvier 1925, qui préparait le baccalauréat chez lui, à Navarrenx – , Madame Verdalle avait décidé de sauver au moins un interné du camp de Gurs où elle allait fréquemment porter des colis aux plus infortunés. À force de patience obstinée et de démarches tant à la sous-préfecture d’Oloron qu’à la préfecture de Pau, elle parvint – grâce au concours décisif du commandant de GTE (du camp de Gurs) Marcel Brenot – de se faire affecter à domicile Monsieur Wachsner qui lui fut désigné comme homme capable et méritant dont la santé avait été très atteinte par son internement.

    Je pus juger immédiatement que le hasard avait bien servi les efforts de cette femme de cœur, car l’interné qu’elle rendait à la vie en le sortant du bagne de Gurs était un homme d’une culture supérieure profondément attaché à la France, sa patrie d’adoption – depuis sa fuite de l’Allemagne nazie en 1933 – qu’il avait servie, et s’engageant pendant les hostilités comme Travailleur Étranger, et d’une haute élévation morale. Lors du débarquement anglo-américain en Afrique du Nord – au mois de novembre 1942 – , ardent à servir la cause des alliés malgré son état de santé encore mal rétabli, il passa la frontière – d’Espagne – dans des conditions de fatigue surhumaine.

    C’est avec le sens d’un devoir justement accompli que je rapporte les faits susexposés, regrettant de ne pouvoir me remémorer tous les actes accomplis par Madame Henriette Verdalle durant les années de l’Occupation ennemie, mais pouvant certifier qu’elle est l’une des plus belles figures françaises que j’ai rencontrées« …

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    _ et une photo d’une attestation officielle du Comité cantonal de Libération de Navarrenx

    reconnaissant « officiellement les nombreux services que Madame Wachsner née Verdalle a rendus à nos mouvements de résistance. Sa conduite de femme républicaine peut être citée en exemple » – un document non daté, mais c’est le 8 décembre 1945 qu’avait eu lieu à Navarrenx le mariage d’Henriette Verdalle et Frédéric François Wachsner…

    Attestation du comité de Libération de Navarrenx.pdf

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    Trois éléments probants de l’étape décisive que constitue pour l’avancée de nos recherches la découverte et l’exploration à venir de la malle familiale – conservée et retrouvée à Dognen – d’Henriette Verdalle…

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    C’est toujours pas pas, step by step, qu’avance, avec patience et constance dans le suivi et poursuivi, la recherche méticuleuse qui découvre ce que nul ne connaissait et n’avait donné à partager jusque là…

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    Ce mardi 25 août 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa