Catégorie : Histoire

  • Retrouver avec passion l’ensemble Dionysos Now ! de Tom Tore Denys avec un à nouveau rayonnant CD, le n° 6, de la belle série « Adriano » consacrée à l’œuvre musical splendide d’Adriaen Willaert : le CD « Adriano 6 », centré cette fois sur la « Missa Laudate Deum »…

    Pour reprendre – enfin ! –  le fil des écoutes suivies du remarquable travail d’interprétation des œuvres d’Adriaen Willaert (ca. 1490 – 1562) par l’ensemble Dionysos Now ! de Tore Tom Denys – enregistrés par le label Evil Penguin Classics – ,

    tel que je l’avais récapitulé en mon article « « , en date du 9 août 2023,

    ainsi qu’en mon article, un an plus tard, « « , en date du 29 juin 2024,

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    voici que vient de paraître ce mois de juin 2025 le CD Evil Penguin Records EPRC 0075 « Adriano 6« , avec pour centre cette fois la « Missa Laudate Deum« ,

    et qui comporte aussi 4 Madrigaux (« Qual dolcezza giamai« , « Amor mi fare morire« , « Signora dolce » et « Qual piu diversa e nova cosa« ) et 3 Motets (« Ave Maria« , « Videns Dominus » et « Ecce Dominus veniet« ) ;

    soit un CD enregistré à Mauerbach au mois de septembre 2024, avec 5 chanteurs : Franz Vitzthum, contreténor, Berndt Oliver Fröhlich, Jan Petryka et Tom Tore Denys, ténors, et Tim Whiteley, baryton-basse…

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    C’est un CD que j’attendais avec pas mal d’impatience : quel maître est Adriaen Willaert ! et quel interprète est Tore Tom Denys et son Dionysos Now !…

    C’est à nouveau splendidissime !

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    Ce mardi 17 juin 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un point rapide sur les 21 séjours de Maurice Ravel à Saint-Jean-de-Luz entre 1901 et 1935, d’après sa Correspondance : une brève commode recension…

    Un point rapide sur les 21 séjours de Maurice Ravel à Saint-Jean-de-Luz entre 1901 et 1935 – identifiés grâce à sa correspondance connue à ce jour…

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    Grâce à l’édition ultra-pointue de la Correspondance connue jusqu’ici de Maurice Ravel par les soins inlassables de Manuel Cornejo (Editions Gallimard, collection Tel, 2 volumes),
    et en s’aidant par exemple de la chronologie précise et méticuleuse que celui-ci en propose, aux pages 37 à 118 du tome 1,
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    il est possible de dresser une liste des séjours – au vraissemblable nombre de 21… – que Maurice Ravel 1875 – 1937 effectua à Saint-Jean-de-Luz, à partir de 1901 et jusqu’en 1935…
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     1) 1901 (page 46) : « A partir de la fin février, probable séjour en famille à Saint-Jean-de-Luz  »
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     2) 1902 (page 47) : « Eté jusqu’à début octobre : séjour à Saint-Jean-de-Luz, 41 rue Gambetta  »
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     3) 1911 (page 60) : « 15 juillet – 15 octobre : séjour à Ciboure, à la pension Anchochury, 28 Quai de la Nivelle »
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     4) 1912 (page 62) : « Mi-juillet – mi-octobre : séjour de trois mois à Saint-Jean-de-Luz, 8 rue Tourasse  »
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     5) 1913 (page 63) : « Mi-juillet – mi-octobre : séjour de trois mois à Saint-Jean-de-Luz, à, la pension Ongi Ethorri, 23 rue Sopite  »
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     6) 1914 (page 64) : « Mi-février – avril :  séjour à Saint-Jean-de-Luz 41 rue Gambetta (chez les Gaudin), entrecoupé par un voyage à Lyon et Genève fin-mars – début avril  »
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     7) 1914 (page 55) : « 1er juin – 1er novembre : séjour prolongé à Saint-Jean-de-Luz à la pension Ongi Ethorri, 23 rue Sopite  »
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     8) 1921 (page 77) : « Septembre : séjour à Saint-Jean-de-Luz chez les Gaudin, 41 rue Gambetta »
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     9) 1923 (page 81) : «Fin février – 3 mars : séjour à Saint-Jean-de-Luz chez les Gaudin, 41 rue Gambetta  »
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    10) 1923 (page 83) : « Première moitié de septembre : séjour à Saint-Jean-de-Luz chez les Gaudin, 41 rue Gambetta  »
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    11) 1824 (page 85) : « 8 – 15 mai : séjour d’une semaine à Saint-Jean-de-Luz chez lzs Gaudin , 41 rue Gambetta  »
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    12) 1925 (page 88) : « Juillet : possible séjour à Saint-Jean-de-Luz attesté par 2 cllchés aux côtés de Paul Kochanski et Arthur Rubinstein  »
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    13) 1927 (page 93) : « 1er août – 26 septembre : séjour à Saint-Jean-de-Luz »
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    14) 1928 (page 96) : « Fin juin – début juillet : voyage en voiture avec Joaquin Non jusqu’à Saint-Jean-de-Luz, 9 rue Tourasse  »
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    15) 1928 (page 98) : « 29 novembre : bref arrêt à Saint-Jean-de-Luz en train Sud-Express pour Paris »
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    16) 1928 (page 98) : « Après le 18 décembre: séjour à Saint-Jean-de-Luz  »
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    17) 1929 (page 101) : « Juillet : séjour à Saint-Jean-de-Luz, 9 rue Tourasse  »
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    18) 1929 (page 101) : « 8 septembre – ca 20 octobre : séjour à Saint-Jean-de-Luz, 9 rue Tourasse  »
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    19) 1930 (page 103) : « Dernière semaine d’août : séjour à Saint-Jean-de-Luz, 9 rue Tourasse »
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    20) 1932 (page 109) : « Deuxème quinzaine d’avril : incident du danger de noyade »
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    21) 1935 (page 114) : « Eté : Séjour à Saint-Jean-de-Luz avec Léon Leyritz »
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    Voilà pour cette brève – commode – recension.
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    Ce lundi 9 juin 2025; Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Bref récapitulatif de facheuses erreurs et confusions biographiques concernant la généalogie et les cousinages cibouro-luziens de Marie Delouart et Maurice Ravel, les Billac cibouriens, les Dupous-Bibal et les Gaudin-Goyenetche luziens, etc.

    En relisant les 76 premières pages du « Ravel – Portraits basques » d’E. R.-P. (2de édition de 2016),

    je recense diverses erreurs faute de vérifications suffisantes de ce que son auteur avait pu lire et transmettre à son tour dans les articles du chanoine Narbaitz 1910 – 1984 et de Jean-Noël Darrobers 1910 – 2004,
    et pu entendre des récits oraux de Charles-Paul Gaudin 1938 – 2006 ou Pierre Courteault 1910 – 2006, concernant les parents et les amis de Marie Delouart-Ravel  et son fils Maurice Ravel à Ciboure et Saint-Jean-de-Luz.
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    Non seulement E. R.-P. confond les 3 sœurs Marie Delouart (nées en 1782, 1784 et 1786)
    et ignore qu’il y a eu 2 Jean Delouart (nés en 1788 et 1790) ;
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    mais il confond aussi les 2 sœurs Billac aux prénoms quasi similaires : Engrace, née en 1819 (= « Tante Gachuch »), et Gracieuse (la marraine de Maurice Ravel), née en 1824.
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    Et si il note bien l’existence de leur frère Pierre-Jacques Billac, né en 1821 – j’ignore le lieu et la date de son décès – ,
    il ignore l’existence de leur autre sœur Marie-Baptiste Billac, née le 17 novembre 1815, et décédée le 18 août 1855.
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    Sabine Delouart (née en 1809 de père inconnu) a donc bien eu 3 sœurs et 1 frère Billac…
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    Si une des tantes Billac de Marie Delouart a pu accompagner à Paris sa nièce Marie Delouart-Ravel à son retour – après son accouchement du petit Maurice Ravel le 7 mars 1875 à Ciboure – à son domicile à Paris au mois de juin 1875
    – cf E. R.-P. page 40 : « Elle était accompagnée de sa fameuse tante chargée de l’aider… » – ,
    ce fut bien la cibourienne Gracieuse Billac,
    et pas – sa sœur au quasi similaire prénom – Engrace « Gachucha » Billac, qui demeurait, elle, au service des Dupous-Bibal-Gaudin au 41 rue Gambetta à Saint-Jean-de-Luz…
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    Ensuite E. R.-P. s’emmêle à nouveau les pinceaux dans la généalogie des Bibal-Gaudin,
    et confond les parents d’Annette Bibal 1845 – 1936, que sont Victoire Dupous 1822 – 1903 et son mari – ils se sont mariés à Saint-Jean-de-Luz le 26 avril 1843 – Pierre Bibal 1806 – 1855,
    avec les parents de son mari Edmond Gaudin 1844 – 1920, que sont Catherine Goyetche 1799 – 1875 et son mari – ils se sont mariés à Saint-Jean-de-Luz le 26 janvier 1831 – Martin Gaudin 1788 – 1864…
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    Or, ce fut Victoire Dupous veuve Bibal, à la suite de son veuvage en 1855, avec la charge de ses 6 enfants en bas âge à élever – et pas les Gaudin-Goyetche – , qui fut le premier employeur luzien de la cibourienne Engrace Gachucha Billac ; et probablement à partir du décès le 12 septembre 1855 de Pierre Bibal,
    juste après la naissance le 22 août 1855 du 9ème enfant du couple de Pierre Bibal et Victoire Dupous, Bernardine Bibal 1855 – 1943, laquelle Bernardine Bibal est la future « Tante Bibi » des lettres de Maurice Ravel à son amie Marie-Bernardine Gaudin 1879 – 1976.
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    Et il me semble assez révélateur que le nom de Victoire Dupous, Madame veuve Bibal, la maîtresse de la maison du 41 rue Gambetta jusqu’à son décès le 16 juin 1903, soit absent du livre d’E. R.-P. …
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    Ensuite, la maîtresse de cette maison du 41 rue Gambetta devient la fille aînée de Victoire Dupous-Bibal, Annette Bibal-Gaudin, Madame Gaudin.
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    Et le lien de Marie Delouart et de Maurice Ravel avec les Gaudin du 41 rue Gambetta, découle très vraisemblablement du puissant lien familial noué entre Marie Delouart et sa propre tante Gachucha Billac, la gouvernante d’abord des enfants Bibal, ensuite des enfants Gaudin…
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    Et cela avant même le 2 décembre 1862 – et peut-être dès 1855, au décès de Pierre Bibal… – , au moment du décès à Ciboure, en 1862 donc, du fils naturel de Gachucha : Romain Billac 1844-1862 ; sur l’acte d’état-civil de ce décès de Romain Billac, sa mère Engrace Billac est déclarée domiciliée alors à Saint-Jean-de-Luz…
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    Peut-être ce lien de Maurice Ravel avec les Gaudin du 41 rue Gambetta tient-il au fait que c’est grâce à Annette Bibal, alors fiancée à Edmond Gaudin, que Marie Delouart a remplacé – probablement en 1871 – Annette pour accompagner la modiste parisienne Madame Félix à Madrid, où celle-ci allait présenter sa collection annuelle de chapeaux ; ce qui fut l’occasion de la rencontre de Marie Delouart 1840 – 1917 et son bientôt mari – le 3 avril 1873 à la mairie de Montmartre – Joseph-Pierre Ravel 1832 – 1908…
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    En tout cas, Maurice Ravel était davantage affectivement lié aux luziens Gaudin, qu’à aucun de ses  cousins cibouriens, dont il se désintéresse assez ouvertement – même les cousins Goyenague, dont il connaît, ne serait-ce que par sa mère, l’existence à Ciboure.
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    Et pas même, semble-t-il, avec sa cousine luzienne Magdeleine Hiriart-Gaudin 1875 – 1968,
    avec laquelle nous ne connaissons aujourd’hui que deux lettres (de condoléances) échangées, en 1910 et 1914 : Magdeleine et son cousin Maurice se sont-ils beaucoup fréquentés lors des voyages et séjours successifs de Maurice Ravel à Saint-Jean-de-Luz ? Nulle correspondance accessible jusqu’ici du moins n’en témoigne… Et alors qu’Edmond Gaudin 1903-1988 servait régulièrement de chauffeur à son cousin Maurice Ravel lors des séjours de celui-ci à Saint-Jean-de-Luz à la fin des années 20 et début des années 30, pour des virées en voiture de par tout le Pays Basque ; et que Maurice a invité à plusieurs reprises à Paris assister avec lui à des concerts…
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    Ce qui ne résout toujours pas l’étrange déni de cousinage – bien réel ! – avec Maurice Ravel du fils unique de Charles Gaudin 1875 – 1910 et Magdeleine Hiriart-Gaudin, Edmond Gaudin 1903 – 1988, « un véritable ami de Maurice, malgré la différence d’âge« , écrit pourtant E. R.-P. à la page 56 de son « Ravel – Portraits basques »…
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    Et demeure aussi l’énigme persistante de certains des parents cibouriens chez lesquels Marie-Delouart-Ravel désire loger à Ciboure l’été 1911, comme en témoignent les noms de parents cibouriens qui ont sa préférence, tels qu’ils sont mentionnés dans la lettre de Maurice Ravel à son amie Marie Gaudin du 22 juin 1911, au moment où Marie Delouart veuve Ravel désire résider à Ciboure les trois mois été, et de préférence au domocile de parents (Correspondance tome 1, pages 401-402) : « Sabadin Quinior, Eslonta Maicourné, Marie-Dominique Anchochury, les Goyenague »…
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    C’est donc elle, la cibourienne Marie Delouart, qui se souvient de ses vieux cousins cibouriens, et désire loger préférablement chez l’un d’eux ; et pas Maurice Ravel, qui, lui, est attaché aux Gaudin luziens…
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    Et ne perdons pas de vue non plus que Marie Delouart-Ravel – qui ne sait vraiment pas bien écrire… – n’écrit jamais de lettre : elle charge son fils de le faire pour elle…
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    Voilà pour ce point de précisions et rectifications de quelques erreurs de précédents biographes de Maurice Ravel…
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    Ce dimanche 8 juin 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • La délicatesse et l’élégance magnifiques de Yoann Moulin en son périple en trois volets, pour Ricercar (Collection German Harpsichord Baroque Music I, II et III), dans le répertoire de la musique pour clavecin allemande du XVIIe siècle, sur trois superbes clavecins de Philippe Humeau : chapeau l’artiste !

    Ainsi qu’en témoigne la toute spéciale admiration exprimée en mon article du 15 mai dernier « Transcendant Yoann Moulin en un merveilleux éclairage, en son CD « Ein Klavierbüchlein », des sources, à Lünebourg, Celle, Hambourg et Lübeck, de l’œuvre en gestation de Johann-Sebastian Bach (1685 – 1750)… » pour le jeu magnifique de Yoann Moulin sur son clavecin en le CD Ricercar RIC 475 « Buxtehude – Bruhns – Reinken – Böhm – Bach – Yoann Moulin«  – enregistré à Centeilles au mois de septembre 2024 – ,

    j’ai désiré me procurer les deux premiers volumes de sa « Collection German Harpsichord Baroque Music« ,

    soient les deux précédents CDs Ric 394 « Heinrich Scheidemann – Samuel Scheidt – Cantilena Anglica Fortunae – Selected Harpsichord Works – Yoann Moulin«  – enregistré à Centeilles au mois d’avril 2018 – et RIC 433 « Weckmann – Tunder – Froberger – Ritter – Selected Harpsichord Works – Stylus Luxurians – Yoann Moulin«  – enregistré à Centeilles au mois de mai 2020 –

    que j’avais assez étrangement laissés passer (!!!), les deux – alors que je connaissais déjà l’immense talent d’interprète de Yoann Moulin par plusieurs de ses précédents CDs… – à leur parution, respectivement en 2018 et 2021… 

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    Et si j’ai pu tout aussitôt me procurer le premier de ces deux CDs, le RIC 394 – de 2018 – , qui sommeillait au nom de Scheidemann sur une des étagères de mon disquaire préféré, en revanche il m’a fallu commander le RIC 433 – de 2021 – , que j’ai attendu ce vendredi 6 juin pour l’avoir entre les mains et l’écouter-admirer intensément à son tour !!!

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    Le 26 janvier 2022, sur Crescendo Magazine, était paru l’article « Second volume d’une anthologie du clavecin baroque allemand par Yoann Moulin » de Christophe Steyne,

    un peu tiède – déjà son titre ; mais la tiédeur porte seulement sur le degré d’application par l’interprète de l’adjectif « fantasticus« …

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    Alors que ce jour, l’écoute ultra jouissive de ce CD, littéralement me transporte !

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    Second volume d’une anthologie du clavecin baroque allemand par Yoann Moulin

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    LE 26 JANVIER 2022 par Christophe Steyne
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    Stylus luxurians. Matthias Weckmann (1616-1674) : Toccate en mi mineur et ré mineur ; Canzone en ré mineur et ut mineur ; Partita en si mineur ; Toccata vel praeludium en ré mineur. Heinrich Scheidemann(c1595-1663) : Benedicam Domino. Franz Tunder(1614-1667) : Praeludium en sol mineur. Johann Jacob Froberger(1616-1667) : Ricercare XI en ré mineur. Christian Ritter (c1645-c1725) : Suite en ut mineur ; Sonatina en ré mineur. Yoann Moulin, clavecin. Livret en français, anglais, allemand. Mai 2020. TT 56’09. Ricercar RIC 433

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    En avril 2018 fut enregistré le premier volume – RIC 394 – d’une anthologie que le label dirigé par Jérôme Lejeune consacre au clavier germanique du XVIIe siècle : il se partageait entre Heinrich Scheidemann et Samuel Scheidt, deux élèves de Sweelinck à Amsterdam. L’angle de cette série est apparemment chronologique, moyennant tuilage puisqu’on retrouve Scheidemann dans ce second volume – RIC 433 – , par le biais d’un Benedicam Domino dérivé d’un motet de Hieronymus Praetorius, que l’on entend plus couramment aux tuyaux (il figurait par exemple dans l’album North German organ masters de Gustav Leonhardt, Sony 1994). Le programme se voue – principalement, et avec bonheur ! – à Matthias Weckmann, auquel Ricercar avait déjà dédié un plein CD (mars 1998) sous les doigts de Siebe Henstra (clavecins et clavicorde).

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    À l’instar de Froberger – immense et merveilleux : je le vénère ! – , Weckmann cultiva les influences italienne et française – oui. Elles s’expriment respectivement dans les formes de canzone & toccata, et dans la Suite de danses inspirées par la Cour louis-treizième. Dommage que les Suites en mi et ut mineur aient été écartées, d’autant que la durée permettait aisément de les inclure. On croise en revanche un Praeludium que Franz Tunder – magnifique, lui aussi – écrivit pour l’orgue, et deux œuvres de Christian Ritter, témoin de la génération suivante qui lui aussi puisa à divers modèles : la Suite en quatre parties d’esprit français, et une Sonatina dans la veine des polyptiques buxtehudiens.

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    La prestation de Yoann Moulin valorise facture et esthétique de ces différentes manières : le caractère impérieux et questionneur des Toccatas dans le sillage de Frescobaldi – en effet – , la piquante volubilité de la Canzone en ré mineur, la schistosité imitative de la Canzone en ut mineur. Pour autant, son jeu reste globalement moins contrasté que dans l’excellente intégrale gravée par Noëlle Spieth (Solstice, 1991) et se distingue par sa concentration, son intériorité, sa sérénité, sa fluidité – oui, oui – , toutes vertus qui, disque après disque, portent la marque stylistique de cet interprète – c’est très bien vu. Entre l’art déclamatoire et « une rhétorique sensuelle qui ne symbolise plus le divin mais s’adresse désormais aux sentiments de l’être humain » (nous dit l’artiste dans la notice), on sent Yoann Moulin mieux en phase avec cette finesse-là – tout simplement merveilleuse – que dans l’exacerbation du fantasque et des passions de l’âme.

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    On appréciera cette délicatesse – voilà, voilà… – dans un Ricercar de Froberger d’une exquise gracilité – oui. La Partita de Weckmann, la Suite de Ritter apparaissent même un brin fragilisées, non de technique, mais de ton, d’humeur, comme pour préserver l’intimisme – oui – dérivé de l’art des luthistes. Cette retenue convient bien aux Allemandes et Sarabandes, peut-être moins aux Courantes qui restent sur la réserve. Dans Ritter, l’instrument semble d’ailleurs un peu effacé, comme si les micros lui offraient une moindre ampleur. Ce second tome invite un clavecin de Philippe Humeau d’après Ruckers, mais celui que nous entendons ici (photographié dans le livret mais non présenté) n’est pas le même : son ravalement traduit le changement d’époque. L’intelligence et la touchante sensibilité de Yoann Moulin ravissent l’écoute – voilà, voilà – et sont attendues dans le prochain volume qui, si l’on a bien compris le livret, devrait se focaliser sur la Suite à la française.

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    Son : 8,5 – Livret : 8 – Répertoire : 9 – Interprétation : 9

    Christophe Steyne

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    Yoann Moulin est décidément un grand, un très grand – auprès d’un Benjamin Alard et d’une Elisabeth Joyé, qu’en ses livrets de CDs Yoann Moulin ne manque pas de très amicalement saluer… –  interprète de ce sublime répertoire…

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    Ce vendredi 6 juin 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa