Catégorie : Littératures
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Une modeste toute petite réflexion sur le « Par delà » de l’écrire, en un effort quasi sur-humain et si irréaliste de rattrapage…
« Par delà » :ou l’effort de surmonter, par l’écriture de successifs « je me souviens » – de blessures endurées (et indurées) – , ce qui continuait encore – un peu trop douloureusement sans doute – , de durer, induré : un surpassage-rattrapage envisagé et dévisagé – de face – en l’effort engagé d’oser enfin affronter – en face – , et par les infimes pourtant ressources-retouches de l’écrire, un passé jusqu’alors, dans un mutisme subi, demeuré indépassé, et ainsi laissé irréparé s’indurer, enkysté, sournoisement purulent et obscurément bien trop à vif encore…Se trouver une forme sensible et vivable de réparation-apaisement-pacification, ce fut le grand travail d’écriture lumineuse de leur mémoire réactivée en mille précisions, formidablement réussi, et chacun à sa façon d’inventer-découvrir la sienne, de Cervantes (« Don Quichotte »), Montaigne (« Essais : III, 13, De l’expérience »), Spinoza (« Éthique »), Kafka (« Le Procès »), Proust (« À la recherche du temps perdu : Le Temps retrouvé »), Derrida (« Glas »), et encore aujourd’hui la grande Hélène Cixous («1938 – nuits ») – qui tous ont quelque chose à voir avec une native judéité – ;ou aujourd’hui, aussi, mon ami René de Ceccatty (« Enfance, dernier chapitre »), ou le formidable Philippe Forest (« Toute la nuit »), ou l’immense Jean Clair (« Dialogue avec les morts »)…Comme hier, bien sûr, le geste d’amplitude immanent-transcendant du si marquant Nietzsche (« Par delà le bien et le mal »)……Ce jeudi 14 mai 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa -
Fin ce matin 17 avril à 8h10 de ma lecture des 711 pages du « Carnet de notes 2021 – 2025 » de Pierre Bergounioux, débutée mardi 14 avril dernier : la joie sobre et sans pathos de l’attention aux plus infimes variations des sensations lumineuses et chantantes, chaudes, éprouvées lors de la succession des saisons qui s’offrent en cette vie qui passe… Avec gratitude…
Fin ce matin 17 avril à 8h10 de ma lecture des 711 pages du « Carnet de notes 2021 – 2025 » de Pierre Bergounioux, débutée mardi 14 avril dernier – cf mon article d’avant-hier mercredi 15 avril : « La joie de parcourir au fil de ses 711 pages la poursuite plus que jamais assidue (2021 – 2025) de l’ardent devoir de continuer d’assumer avec vaillance le récit détaillé scrupuleux du quotidien même le plus banal de ses jours, en un temps de plus en plus affecté par les blessures physiques de son vieillir, de l’admirable Pierre Bergounioux, en son présent « Carnet de notes 2021 – 2025 » : une joie de le retrouver toujours bel et bien aussi vivant et mieux que jamais profondément lui-même en son rapport vital, toujours frontalement assumé, au réel et à autrui…« …
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Une lecture volontairement cursive, sans crayon ni surligneur à la main, et sans une seule prise de note – parfois, et à plusieurs reprises, je me suis forcé à n’en rien écrire : ni une expression remarquable, ni une date… Je désirais en retirer une impression globale – moi, amateur éperdu de micro-analyses, et si peu doué pour la synthèse...
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Alors ? Mon impression globale ? Eh bien ! selon le mot même retenu pour le titre de mon article d’avant-hier, celle d’une « poursuite plus que jamais assidue » contre les vents et marées des circonstances diverses, événements en tous genres et accidents-blessures infiniment variés de la vie – cette vie bien évidemment, et même davantage que cela, mortelle, chaque seconde de vie nécessairement reçue en sursis (avec la continûment menaçante épée de Damoclès au-dessus de la fragilité de nos têtes…) ; et quelque part, je ne l’ai donc pas noté, Pierre Bergounioux cite un beau mot (d’avertissement !) de Pasteur prévenant qu’il y aurait faute grave à les laisser futilement et vainement passer, ces secondes de vie-là, et ainsi stupidement gaspiller, sans rien du tout en faire, sans les faire fructifier (telle Cathy ramassant assidument et infatigablement les divers fruits des bois (groseilles, framboises, myrtilles mais aussi cèpes et girolles…) aux alentours de sa maison des Bordes, afin d’en remplir à ras-bords et à foison ses pots de si délicieuses confitures)… ; et Louis Pasteur, bien sûr, le dit un million de fois mieux que moi ici… – , dont il importe de faire le meilleur – le plus utile et le plus fécond, en forme d’œuvre un peu consistante et au moins un moment durable… – usage possible, quelque mal et quelque peine-douleur dussions-nous aussi y endurer…
Et Pierre Bergounioux, en bon corrézien qu’il est – même natif seulement de Brive, et pas du haut et rude plateau de Millevaches, Davignac, Meymac, la très pauvre Haute-Corrèze… – , est presque aussi rude en endurance que sa chère compagne et princesse mandchoue de Haute-Corrèze, Cathy…
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Ce qu’indique superbement – et je me permets de le répéter ici – , la quatrième de Couverture : « Quarante-cinq ans ont passé depuis que j’ai pris le parti de noter la teneur, la couleur de mes jours. Des commencements, j’ai conservé quelques habitudes, la première et la principale étant de me lever tôt, d’écrire, jusqu’à midi, pour lire, ensuite, aussi longtemps que j’en suis capable. Je me conforme toujours à la règle que je me suis fixée, dans l’internat, et dont je ne saurais m’écarter sans que le gamin de dix-sept ans que, paraît-il, je fus et qui l’a édictée, ne me rappelle à l’ordre d’une voix tonnante. « On a tous les âges à chaque instant », constatait le psychanalyste Georg Groddeck, et c’est un adolescent de jadis qui continue de régenter mon existence. Je persiste à noter les faits quotidiens. Tout nous reste, mais les chemins d’accès au passé s’effacent. Quelques mots, sur du papier, aident, si on le souhaite, bien sûr, à le retrouver« …
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J’admire donc cette inflexibilité de Pierre Bergounioux à ne – presque – jamais tenir compte du critère de plaisir, en particuler dans les foisonnantes lectures que carrément il s’inflige : que d’affligeants très lourds pensums il s’obstine ainsi à accumuler et endurer jusqu’au bout, par crainte de manquer si peu que ce soit de savoir…
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Quand mon tempérament personnel a d’abord pour boussole la joie, la pure joie :
c’est ainsi que cette pente m’a conduit à préférer le plus souvent l’écoute émerveillée du meilleur de la musique à d’insipides fâcheuses lectures de bien trop bavards pesants livres…
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Mais ce n’est là qu’un avis de lecteur !
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De Pierre Bergounioux, et sa superbe et rutilante idiosyncrasie d’écriture qui sait aller droit et avec sobriété à l’essentiel, j’adore l’immense très précise et justissime attention, si magnifiquement soigneuse, aux infinies variations toujours renouvelées et vibrantes des lumières, des couleurs des arbres et des fleurs, des chants et des ramages des divers oiseaux, qu’il sait si bien reconnaître, des vols virevoltants des fragiles et éphémères papillons, au fil des saisons qui bien fidèlement se renouvellent, pour lesquelles variations ainsi remarquées il prend soin de noter bien scrupuleusement, et à la volée quotidienne de son ressenti ainsi que de l’écriture minutieuse de son carnet, sa gratitude immensément reconnaissante : à la vie, tant la vie reçue (de ses parents et grands-parents, et ascendants) que la vie donnée (à ses enfants et petits-enfants, et descendants) : cette chaîne se perpétuant en se renouvelant forcément un peu, au fil des générations qui se suivent et se poursuivent…
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Une vie qui en ses 45 années d’écriture de son quotidien « Carnet de notes« , démarré le 16 décembre 1980, lui a permis, à lui, Pierre Bergounioux – né à Brive-la-Gaillarde (Corrèze) le 25 mai 1949 – , d’engranger 6307 pages une fois imprimées en 6 volumes publiés jusqu’ici par les Éditions Verdier : « Carnet de notes (1980 – 1990)« – 951 pages en 10 ans et 16 jours – , « Carnet de notes (1991 – 2000)« – 1261 pages en 10 ans – , « Carnet de notes (2001 – 2010)« – 1263 pages en 10 ans – , « Carnet de notes (2011 – 2015)« – 1204 pages en 5 ans – , « Carnet de notes (2016 – 2020) » – 917 pages en 5 ans – , et maintenant « Carnet de notes (2021 – 2025)« – 711 pages en 5 ans – , qui, donc, lui ont permis et lui permettent encore et toujours pour le moment – tant qu’il y a de l’encre et du papier, ainsi, bien sûr, que de la vie, dirait notre cher Montaigne… – , en ces pages qui ne cessent, jour après jour de se suivre en s’écrivant quotidiennement, d’inscrire fidèlement dans la durée-continuité d’une vie et d’une écriture attentives et intensives, et ici, donc, en ces pages vibrantes de vie de ce carnet manuscrit, devenant un peu plus tard ces très copieux livres imprimés à couverture jaune des Éditions Verdier, ce qui dure, s’endure, se remarque et se marque, se suit et se poursuit, s’use et se répare, et se blesse et se soigne aussi, rustine après rustine posée, de ce que lui, Pierre Bergounioux, inscrit ainsi, page à page, de ce qui touche un peu à vif, au quotidien renouvelé très matinalement de ses jours – Pierre Bergounioux a conservé la très saine et féconde habitude de toujours se lever très tôt ! – , et le fait le tenir en attention, et puis le retenir un peu en l’écriture, le ressenti sensible le plus vivant et marquant, au moins sur le moment, de sa vivante et toujours vibrante, et jusqu’au plus infime et ténu, vie ; et que nous avons la chance insigne, en les lisant, ces pages, de partager un peu, à notre tour et par délégation de notre propre attention, au fil des pages tournées de notre lecture suivie…
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Avec gratitude, oui.
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Ce vendredi 17 avril 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa
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La joie de parcourir au fil de ses 711 pages la poursuite plus que jamais assidue (2021 – 2025) de l’ardent devoir de continuer d’assumer avec vaillance le récit détaillé scrupuleux du quotidien même le plus banal de ses jours, en un temps de plus en plus affecté par les blessures physiques de son vieillir, de l’admirable Pierre Bergounioux, en son présent « Carnet de notes 2021 – 2025 » : une joie de le retrouver toujours bel et bien aussi vivant et mieux que jamais profondément lui-même en son rapport vital, toujours frontalement assumé, au réel et à autrui…
C’est une profonde, intense et vraie joie de pouvoir parcourir au fil de ses 711 pages la poursuite plus que jamais assidue (1er janvier 2021 – 31 décembre 2025) de l’ardent devoir de continuer d’assumer avec vaillance le récit détaillé scrupuleux du quotidien, même le plus banal, de ses jours – le plus souvent éminemment répétitif, mais aussi marqué-secoué par des événements (et leur retentissement affectif) uniques, assez souvent, mais pas toujours, violents : des maladies, des décès, des pertes… – , en un temps de plus en plus affecté par les blessures physiques de son propre vieillir, de l’admirable Pierre Bergounioux – né le 25 mai 1949 à Brive-la-Gaillarde, en Corrèze – , en son présent « Carnet de notes 2021 – 2025« , paru – fidèlement – aux Éditions Verdier le 19 mars dernier – je l’attendais, et même avec une certaine impatience, ce 5éme volume (qui n’est ni plus ni moins que la suite du Journal de l’écrivain (depuis 1980), réunissant les notes qu’il écrit quotidiennement dans une volonté de garder une trace des jours, de fixer les événements et de sauver le présent de l’oubli) : l’ami Pierre Bergounioux allait-il toujours bien ? Comment se portait-il ? Et comment poursuivait-il sa double tâche et de vivre et d’écrire ?.. – :
une profonde, intense et vraie amicale joie de le retrouver, ici, en ces pages, toujours bel et bien aussi vivant, et mieux que jamais profondément lui-même en son rapport vital, toujours frontalement assumé, au réel et à autrui, à commencer, bien sûr, ses proches…
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« Quarante-cinq ans ont passé depuis que j’ai pris le parti de noter la teneur, la couleur – sensibles – de mes jours.
Des commencements, j’ai conservé quelques habitudes, la première et la principale étant de me lever tôt, d’écrire, jusqu’à midi, pour lire, ensuite, aussi longtemps que j’en suis capable. Je me conforme toujours à la règle que je me suis fixée, dans l’internat, et dont je ne saurais m’écarter sans que le gamin de dix-sept ans que, paraît-il, je fus et qui l’a édictée, ne me rappelle à l’ordre d’une voix tonnante. « On a tous les âges à chaque instant », constatait le psychanalyste Georg Groddeck, et c’est un adolescent de jadis qui continue – fidèlement – de régenter mon existence.
Je persiste à noter les faits quotidiens. Tout nous reste, mais les chemins d’accès au passé s’effacent. Quelques mots, sur du papier, aident, si on le souhaite, bien sûr, à le retrouver« , prévient aimablement la quatrième de couverture…
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Ce mercredi matin, j’en suis à la page 252…
Bien entendu à suivre…
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Ce mercredi 15 avril 202§, Titus Curiosus – Francis Lippa
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Le vivifiant art de biographe de René de Ceccatty : un jubilatoire entretien avec Caroline Gutmann à propos de son superbe « Les trois vies d’Hector Bianciotti », qui est aussi une ode à l’amitié et à la générosité…
Le 31 mars dernier, l’ami René de Ceccatty m’a adressé l’entretien que le jour même, sur RCJ, il avait eu avec l’excellente et empathique lectrice qu’est Caroline Gutmann à propos de son si riche et passionnant « Les Trois vies d’Hector Bianciotti« , paru aux Éditions Séguier le 19 février dernier, que René m’avait, au préalable, fait adresser par son éditeur – cf mes deux articles « L’art rare de la biographie de René de Ceccatty (suite) : un tout simplement merveilleux « Les Trois vies d’Hector Bianciotti », ou le portrait riche et subtil, à triple facettes au moins, d’un ami proche et discret, ou du moins sélectif en les trois volets de sa propre autobiographie ; ou l’admirable récit de vérité de vies faites de rencontres étroitement imbriquées, intriquées…« et « René de Ceccatty : admirable biographe, maintenant d’Hector Bianciotti, mais aussi, en cette occasion-ci, autobiographe aussi, et à nouveau, de lui-même… » en date des 10 février et 5 mars dernier…
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Par retour de courriel un peu tardif, le 7 avril, et après écoute de ce superbe entretien avec Caroline Gutmann,
je lui avais répondu ceci :
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« Cher René,
quel magnifique entretien as-tu eu là avec Caroline Gutmann !Je viens d’écouter ses 44 ‘, et suis emballé par l’enthousiasme de cet honneur que vous avez rendu là à la sensibilité ô combien rare d’Hector Bianciotti !Cela ajoute encore un peu à ta si belle biographie…« .…Auquel courriel René m’a immédiatement répondu ceci :…Merci beaucoup de ton message, cher Francis.
Oui, nous avons eu une conversation sympathique. Caroline a un tempérament enthousiaste et chaleureux… comme toi !Tu vas recevoir ma traduction des haïkus de Sôseki (Être une hirondelle, Rivages).Et je viens de corriger les épreuves de la réédition, chez Gremese, d’Un renoncement (Flammarion, 2013), que j’ai refondu et révisé, et dont j’ai changé le titre Greta Garbo, ombre et lumière. Il paraît à l’occasion d’une grande rétrospective Garbo à la Cinémathèque française.Avec mon amitiéRené…À défaut, donc, de pouvoir m’écouter m’entretenir moi-même à Bordeaux avec l’ami René de Ceccatty à propos de son passionnant et si riche Les Trois vies d’Hector Bianciotti, qui est aussi une superbe ode à l’amitié et à la générosité – pas si fréquentes à l’ère de l’impérialisme vénéneux de l’utilitarisme cynique dévergondé et toxique – ,écoutez donc ici les 44′ de l’entretien de René avec la magnifique empathique et chaleureuse lectrice qu’est Caroline Gutmann : vous y apprendrez, et dans la joie, beaucoup des qualités vraiment humaines de quelques uns, tel Hector Bianciotti, plusieurs fois et fondamentalement exilé……
Ce vendredi 10 avril 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa
