Catégorie : Musiques

  • La tendresse désarmante de François Dumont sur le piano Blüthner (1904) de Claude Debussy : son poétique et teinté de mélancolie CD « Debussy – Clair de lune », un choix de pièces intelligent…

    C’est sur le piano Blüthner (de 1904) de Claude Debussy (Saint-Germain-en-Laye, 28 août 1862 – Paris, 25 mars 1918), précieusement conservé au Musée Labenche de Brive-la-Gaillarde, que François Dumont (Lyon, 19 octobre 1985) vient d’enregistrer les 18 et 19 mars 2024 le très intéressant CD La Musica LMU 035 « Debussy – Clair de lune« , pour lequel il a choisi d’interpréter principalement les 3 cycles de Debussy qui lui tiennent le plus à cœur _ plutôt que de proposer immédiatement une réalisation discographique intégrale du piano de Debussy, comme il avait fait en 2012 pour le piano de Ravel, avec son double album Piano Classics PCLD0055 « Maurice Ravel – Complete Piano Music« … _,

    tel donc a été ici son sage choix :

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    la « Suite bergamasque » L82a (de 1890 – 1905), choisie pour son intimité et sa poésie verlainienne,

    les « Estampes » L108a (de 1903), choisies pour leur modernité et leur volupté sonore,

    et « Children’s corner » L 119a (de 1906 – 1908), choisi pour sa tendresse et son humour…

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    Mission musicale et discographique pleinement réussie !

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    Et voici le commentaire qu’en a donné, le 31 décembre dernier, sous le titre « La quatrième corde« , l’excellent Jean-Charles Hoffelé sur son site Discophilia,

    mettant très justement l’accent sur l’excellence du choix de ce piano Blüthner de 1904, de Debussy… :

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    LA QUATRIÈME CORDE

    Les _ précieux _ rouleaux laissés par Claude Debussy _ audibles par exemple au sein du coffret Warner Classics de 33 CDs « Claude Debussy – The Complete Works » paru en 2018 : il s’agit des rouleaux de 14 pièces pour piano notés avec le système Welte-Mignon que Debussy enregistra vraisemblablement en novembre 1913… _ montrent une liberté certaine, comme si le compositeur allait à l’encontre des annotations si précises dont il a surchargé ses partitions. L’une des clefs pour l’interpréter était ainsi donnée, le pianiste devant retrouver cette rigueur libre _ voici le juste paradoxe ! _ qui est bien plus qu’un paradoxe. Mais le vrai, au fond le seul mystère, celui de la magie sonore de son toucher _ voilà ! _, demeurait, celui-là même que Walter Gieseking réinventa.

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    François Dumont est poursuivi par une bonne étoile. Après avoir trouvé un splendide Gaveau pour enregistrer les Nocturnes de Gabriel Fauré (voir ici), il aura découvert au Musée Labenche de Brive-la-Gaillarde, le Blüthner que Debussy joua de 1905 à sa mort _ l’instrument même de travail du compositeur constitue ainsi un très judicieux outil de réalisation, au disque comme au concert, au service de l’approche la plus sensible de la justesse rêvée de l’interprétation…

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    Soudain la profondeur harmonique, la complexité de la syntaxe, les jeux de couleurs profondes, moirées _ voilà, voilà ! _, jaillissent d’évidence _ oui ! Secret de la facture des Blüthner, une quatrième corde, qui amplifie l’harmonie, la corse, ajoute un sfumato dans l’étagement des teintes, tout un paysage qui délivre un infini poétique _ impressionniste _ au long de la Suite bergamasque _ admirez ici cette vidéo (de 4′ 05) de « Clair de lune« … _, une tendresse désarmante _ et c’est très important ! _ pour Children’s Corner, des charmes sans sucre et d’autant plus troubles _ oui, oui ; et on mesure ici tout ce qui distingue la personnalité obscure, noire, ombrageuse et tourmentée, d’un Claude Debussy, de celle, mieux dominée, lumineuse et véritablement sublimée, d’un Maurice Ravel… _ pour La plus que lente, puis un abîme de ténèbres ; cette Berceuse héroïque une fois entendue ne s’oublie plus.

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    C’est que François Dumont, qui pense depuis assez longtemps à graver tout l’œuvre de piano _ de Claude Debussy, comme il l’a fait pour tout l’œuvre de piano de Maurice Ravel pour le label Piano Classics en 2012 _, est chez lui ici, il a entendu les leçons _ des rouleaux Welte-Mignon de 1913 conservés _ de Debussy, jeu très libre et d’abord poétique dans les deux suites, mais que paraissent Estampes, et cette liberté prend une dimension supplémentaire : écoutez La Soirée dans Grenade, c’est une peinture de sons, et respiré comme rarement.

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    Puisque le piano est trouvé, le pianiste ne doit pas en rester là, j’imagine déjà dans ce grand meuble _ qu’est ce Blüthner de Brive _ la révolution des Etudes, dont Debussy inventa les fantaisies versicolores et les abimes où sonnent plus d’une fois le clairon des tranchées, sur le noir et blanc de ce Blüthner sorcier _ c’est dit.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Claude Debussy (1862-1918)

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    Suite bergamasque, CD 82
    Estampes, CD 108
    Children’s Corner, CD 119
    Berceuse héroïque, CD 140a
    La plus que lente, CD 128

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    François Dumont, piano
    Enregistré sur le piano Blüthner de Debussy

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    Un album du label La Musica LMU035
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    Photo à la une : le pianiste François Dumont – Photo : © DR

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    Beaucoup de charme poétique _ et teinté de noire mélancolie, aussi _, donc, et d’approche sensible de la vérité debussyste, dans cette belle et fort intéressante réalisation musicale et discographique de François Dumont…

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    Ce dimanche 9 février 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Savoir vraiment chanter Brecht (et Kurt Weill), aux œuvres-coups de poing : l’immense Milva (Goro, 1939 – Milan, 2021), enregistrée au Piccolo Teatro de Milan…

    Savoir vraiment chanter _ incarner en sa vibrante chair même ! _ Brecht (et Kurt Weill), aux œuvres-coups de poing :

    l’immense Milva (Goro, 17 juillet 1939 – Milan, 23 avril 2021) au Piccolo Teatro de Milan…

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    Pourquoi ce choix-ci de Milva ?

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    Réponse :

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    c’est pour suppléer à la déception de mon écoute de Magdalena Kozena interprétant _ de sa voix au timbre trop frêle ainsi que trop aigu _ Anna dans les admirables « Die sieben Todsünden » de Kurt Weill et Bertolt Brecht, dont la création a eu lieu au Théâtre des Champs-Elysées, à Paris, le 7 juin 1933, avec l’exceptionnelle Lotte Lenya dans ce rôle d’Anna,

    dans le CD LSO Live LSO 0880 SACD _ mais, sur les circonstances compliquées de la création de cette œuvre puissante et magnifique, le livret de ce CD-SACD est en revanche passionnant ! _, sous la direction de Sir Simon Rattle, et avec le London Symphony Orchestra,

    que je venais de me procurer… 

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    Ainsi désirais-je entendre et écouter _ et me réjouir à _ une voix bien plus puissante et beaucoup plus grave que celle de Magdalena Kozena ici ; et je me suis souvenu de la merveilleuse Milva ; et ne suis pas déçu ! : à votre tour vous allez voir et entendre !..

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    Voici donc de quoi se réjouir ici en cette merveilleuse vidéo (d’une durée de 84′ 47)  de la sidérante (!) Milva,

    avec un timbre idéalement approprié de la voix, et une intelligence supérieuse en même temps que toute d’humilité du dire, qui est fondamentalement nécessaire à l’interprétation-incarnation tout simplement réaliste et crédible des rôles qu’offrent les renversantes œuvres-coups de poing de Bertolt Brecht et Kurt Weill, qui m’impressionnent et m’enchantent depuis toujours _ cf aussi mes articles (avec précieux podcasts !) en date des 23 et 24 septembre 2024 :

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    Admirez-donc Milva :

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    https://www.youtube.com/watch?v=kBz12twrCpI

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    I. BALLATE
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    1. La ballata dell’agiatezza 0:00
    2. Jakob Apfelböck 02:30
    3. La ballata della schiavitù sessuale 06:10
    4. Canzone dei Marinai 09:52
    5. Ricordo di Maria A. 15:10
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    intermezzo musicale Secondo finale de L’Opera da tre soldi “Soldati e bombe”
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    II. GUERRA
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    1. 3 Ninne Nanne, 1932 24:15
    2. Maria Sanders 31:42
    3. Sotto le querce di Postdam 37:00
    4. La ballata di chi vuol star bene al mondo 40:15 Seconda parte
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    III. FIGURE FEMMINILI Intermezzo musicale
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    1. Tango Ballade (Ballata del magnaccia) 45:14
    2. Bilbao Song 48:43
    3. Canzone di una giovane puttana 53:11 
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    Filmato prove con Giorgio Strehler dall’ “Opera da tre soldi “
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    4. Il song di Mandelay 59:37
    5. Surabaya Johnny 01:03:40
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    BIS
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    1. La canzone della Moldava 01:17:16
    2. Alabama song 01:20:59

     

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    Une leçon d’incarnation charnelle _ dénuée, est-il nécessaire de le préciser, de la moindre once de didactisme… _ : un pur enchantement !

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    Au mois de mai prochain,

    mon ami Bernard, invité par ses amis Cristina et Marcello, de Bergame, fera le voyage de Bidart à la Scala de Milan pour découvrir à la scène ces admirables « Die sieben Todsünden » de Kurt Weill et Bertolt Brecht, sous la direction de Riccardo Chailly, et avec Alma Sadé dans ce rôle d’Anna, en un spectacle intitulé « Tryptique Weill« , comportant aussi « Mahagonny-Songspiel » et « Happy End« …

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    Ce vendredi 7 février 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Présence et absence rédhibitoires de l’âme musicale de Maurice Ravel dans deux récentes interprétations au CD (Berlin, septembre 2024 – La-Chaux-de-Fonds, février 2023) du sublime « Tombeau de Couperin », par Seong-Jin Cho, pour la présence de l’âme de Ravel, et François-Xavier Poizat, pour l’absence de celle-ci ; pour une visée d’idéal de la justesse du goût…

    En un idéal de perfection de son oreille musicale d’exigeant mélomane,

    il faut toujours systématiquement tâcher de se méfier au moins un peu des avis, pas forcément impartiaux ni désintéressés, des critiques de disques paraissant dans les divers médias, et plutôt préférer se fier à sa propre écoute très attentive des CDs…

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    Connaissant, par l’excellent baryton bordelais Thomas Dolié _ dont j’estime la parfaite probité et admire les réalisations discographiques _, la parution alors à venir du coffret Aparté AP 321  « Ravel – The Complete Works with Piano » de François-Xavier Poizat,

    et me l’étant procuré dès sa parution,

    mais bien déçu par son écoute _ et je vais bientôt y venir… _, j’avais d’abord choisi de me tenir sur ce blog mien à une position de silence _ assez désolé, en vérité ; et  même, et tout spécialement, pour les sublimes et bien trop méconnues « Chansons madécasses« , j’avais hélas préféré ce à quoi était arrivé Thomas Dolié en son passionnant travail de mise en place, de « Labo du chanteur« , avec le pianiste Stéphane Trébuchet, en la petite salle (bien conviviale) de la Machine à Musique, à Bordeaux (cf mon article « Un passionnant et intense « Labo du chanteur » (= travail de mise en place d’une interprétation musicale) de Thomas Dolié, baryton, avec Stéphane Trébuchet au piano, autour des deux premières « Chansons madécasses » (1925) de Maurice Ravel : une assez singulière beauté à attraper… » du 12 mai 2024), qu’à ce qui a été enregistré au CD très peu de jours plus tard, entre le 16 et le 18 mai, à La-Chaux-de-Fonds, avec François Xavier Poizat, aux plages 22 à 24 du CD n°5 ; en revanche, j’ai beaucoup mieux apprécié les parfaites « Histoires naturelles » de Thomas, aux plages 1 à 5 de ce même CD n°5 ; peut-être aussi une affaire de prise de son…

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    Mais voici que,

    sur le conseil de mon disquaire préféré, à l’écoute très généralement très avisée et donc fiable pour moi _ même s’il ne partage pas ma très vive détestation du jeu pianistique lourdissime et horriblement égocentré d’Arkadi Volodos (cf mon tout récent article d’avant-hier 4 février « Pour alourdir le dossier d’Arkadi Volodos, ou « l’insupportable lourdeur du paraître »…« , confirmé par la parfaite oreille d’Alexandre De Louit en un article de ResMusica en date du 1er février 2004 : « Arcadi Volodos : l’insoutenable lourdeur du paraître » : on ne saurait mieux dire… _,

    je me suis procuré illico presto le double CD Deutsche Grammophon 486 6814 « Ravel – The Complete Solo Piano Works » du jeune pianiste coréen Song-Jin Cho (cf mon article d’hier « Du pays du matin calme aux rives de la Seine (ainsi qu’à Berlin), l’apollinien piano seul de Ravel, presque placide, de Seong-Jin Cho : une grâce musicale et artistique à partager, pour mieux vivre…« ).

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    A comparer ce matin mes écoutes des interprétations du sublimissime ravelien « Tombeau de Couperin« , aux plages 1 à 6 du CD 3 du coffret Aparté de 6 CDS de François-Xavier Poizat, et aux plages 16 à 21 du CD 2 du double album DG de Seong-Jin Cho _ pour moi, l’acmé de l’œuvre pour piano seul de Ravel… _,

    je suis bien obligé de constater la présence (toute de bienveillance et rayonnement poétique) de l’âme musicale de Maurice Ravel dans l’interprétation toute de sensibilité délicate, claire, et à un tempo à peu près adéquat, de Seong-Jin Cho, et l’absence (bien affligeante) de celle-ci, dans la prestation roide, mécanique, froide, et à un tempo le plus souvent précipité, de François-Xavier Poizat, bien décevant. 

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    C’est là un avis forcément subjectif,

    mais de la part d’un mélomane soucieux de la plus grand justesse possible des appréciations de son goût…

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    Bien sûr, cette « Année Ravel 2025 » du 150e anniversaire de la naissance, à Ciboure, le 7 mars 1875, de Maurice Ravel, nous réserve bien de nouvelles réalisations discographiques de la musique de Ravel (avec peut-être la présence désirée de l’âme musicale même de Maurice Ravel…),

    à commencer par la parution, le 7 mars prochain, du très attendu ravelien CD Erato « Transcriptions et hommages » de Bertrand Chamayou, le président du Festival Ravel de Saint-Jean-de-Luz…

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    Ce jeudi 6 février 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Du pays du matin calme aux rives de la Seine (ainsi qu’à Berlin), l’apollinien piano seul de Ravel, presque placide, de Seong-Jin Cho : une grâce musicale et artistique à partager, pour mieux vivre…

    C’est un bien séduisant apollinien piano seul de Ravel que vient, en cette prometteuse _ nous allons bien voir ce qu’elle nous réserve ! _ « Année 2025 – Ravel « , nous proposer, en un assez réussi double CD Deutsche Grammophon DG 486 6814 _ enregistré à Berlin au mois de septembre 2024 _ « Ravel – The Complete Solo Piano Works« , le jeune coréen _ né le 28 mai 1994 à Seoul, il a donc 30 ans _ Seong-Jin Cho _ voir son introductif rapide entretien « Seong-Jin Cho et les défis Ravel » avec Rémy Franck le 2 février dernier pour Crescendo magazine _,

    en une approche presque placide _ peut-être en partie héritée de son enfance au pays du matin calme… _, qui a le mérite certain de toucher à la lumière d’écriture hors de pair _ même si très française : au cœur le plus secrètement battant du plus intime et essentiel du doux génie français ; sensible, et en sa singularité aussi, tout spécialement en la quintessence que vient offrir, en l’œuvre pour piano seul de Ravel, le ravelissime génial « Tombeau de Couperin » : pour moi le mot le plus haut (de même que factuellement ultime : composé pièce après pièce, tombeau après tombeau, durant les années de la Grande Guerre, et Ravel y fut physiquement très courageux !) de cet œuvre pour piano seul de Ravel…  _ du compositeur cibourien, né le 7 mars 1875, il y a 150 ans..

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    Cf par exemple cette vidéo-ci (de 3′ 29) de Seong-Jin Cho interprétant le beau Prélude du sublimissime « Tombeau de Couperin« , ce chef d’œuvre absolu…

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    Une remarquable réalisation discographique ravélienne, donc, par ce jeune pianiste de 30 ans qu’est Seong-Jin Cho,

    en attendant, bien sûr, et aussi, bien d’autres CDs Ravel cette année 2025-ci, car quel interprète ne va pas, discographiquement déjà, s’y essayer, en la fenêtre de cette attrayante « année Ravel 2025 » _ je veux dire par là musicalement ; pour le reste, 2025 est passablement préoccupant, sinon alarmant !..

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    Mais le charme sidérant de la musique de Ravel a le pouvoir _ magique, tel un baume d’Orphée _ de venir nous apporter quelques minutes de réconfort de joie, sinon une absolue définitive consolation _ la musique adoucit peut-être les mœurs, mais elle ne peut pas, non plus, tout…

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    L’art faisant et donnant, œuvre après œuvre et moment après moment de la vie créative, elle-même souvent cabossée en ses péripéties, de ses créateurs, ce qu’il peut, à qui apprend, peu à peu lui aussi, réception après réception d’œuvre, et suivant les propres péripéties d’existence de chacun, à bien le recevoir : c’est une affaire d’attention ainsi que de culture _ comment celle-ci se porte-t-elle, en les institutions qui ont pour mission d’au moins l’entretenir, la soutenir, sinon, bien sûr, la créer ? Pas trop bien, ces derniers temps-ci, hélas, constatons-nous avec effroi…

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    Et c’est alors, les planètes s’alignant presque miraculeusement, une grâce effectivement partagée _ entre créateur(s) et récepteur(s), au singulier cependant chaque fois… _ ; et c’est déjà énorme ! : afin de _ chacun et tous _ sensiblement mieux vivre ! _ « Vivi felice ! » fut la devise du bon et indispensable, lui aussi, Domenico Scarlatti.

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    Oui, Ravel aide très effectivement à mieux vivre heureux…

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    Ce mercredi 5 février 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa