Catégorie : Musiques

  • Les découvertes à rebondissements du jubilatoire festif CD « Mozart – Sonates / Rondos » du plus jeune que jamais Jérome Hantaï, en son CD Mirare MIR 730, enregistré à Hardelot en février 2020, il y a 5 ans déjà…

    Ma réception enthousiaste,

    en mes articles successifs « L’épatant « Mozart – Sonates – Rondos » du plus ludique et jeune que jamais Jérôme Hantaï…« , en date du 21 mai 2024, puis « Redécouvir Jérome Hantaï interprétant Mozart sur un piano forte : le délicieux CD Mirare « Mozart – Sonates – Rondos » enregistré en 2020« , en date, lui, du 4 décembre 2024 _ comportant un lien à l’article « Sonates et Rondos de Mozart : une lecture vivante et authentique par Jérôme Hantaï » de Jean-Noël Régnier paru le 30 novembre 2024 _,

    se voit ce jeudi 16 janvier 2025 rejoint par le très festif, à son tour, article intitulé « Vivacité » , sous la plume, cette fois de Pierre-Yves Lascar _ tiens, tiens _, sur l’excellent site Discophilia de Jean-Charles Hoffelé

    pour un CD, le CD Mirare MIR 730, enregistré au théâtre élisabéthain d’Hardelot les 10 et 11 février 2020 _ il y a donc 5 ans déjà !.. _, et publié par Mirare le 14 avril 2024  : 

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    pourquoi donc tant de _ successifs… _ retards, pour un enregistrement si festivement jubilatoire,

    et si idéalement mozartien aussi ?..

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    VIVACITÉ

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    Les Sonates de Mozart posent quelques pièges à qui les abordent sur un piano moderne, jamais sur un pianoforte, le discours y coule naturellement _ oui ! _, les accents piaffent, le caractère aiguisé des rythmes, la fantaisie des mélodies, les surprises de l’harmonie, tout un petit monde s’accorde soudain, prodigieux de vitalité _ voilà ! Et voilà qui convient parfaitement aussi au talent d’interprète festif de l’excellent Jérôme Hantaï…

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    Jérôme Hantaï a pour lui un pétillant pianoforte anonyme de l’époque de Mozart restauré par Christopher Clarke, dont le clavier alerte sert son propos _ pétillant, alerte : des adjectifs qui conviennent parfaitement à la personnalité, et pas que musicale, du facétieux, dans la vie aussi, Jérôme Hantaï…

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    Commencez par la Sonate en si bémol majeur, cette allégresse, cette fantaisie de grande allure s’incarnent dans le plaisir _ délicieux _ d’un jeu savoureux, si alerte, simplement irrésistible _oui, oui _, et qui n’exclut pas l’émotion _ en effet _, palpable au détour d’une modulation.

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    Tout le disque est une fête _ voilà ! voilà ! _, évidemment commencée par le ton très Watteau _ oateux, avec son ombre délicate, à peine une brume, de mélancolie _de la Sonate en ut majeur, petite merveille de tendresse _ oui _ que Jérôme Hantaï sauve des mignardises habituelles, une fantaisie supplémentaire _ encore un caractère de Jérôme Hantaï _ paraissant dans les trois Rondos, joués sans traîner, le ré majeur doré par quelques accents Sturm und Drang est particulièrement attachant _ tout cela est parfaitement entendu….

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    Il serait dommage que Jérôme Hantaï ne poursuive pas _ depuis ce mois de février 2020 de cette prise à Hardelot… _ dans ce jardin particulier que lui sont les Sonates de Mozart

    _ cf aussi ses Haydn, d’abord en le CD Ambroisie AMB 9975 « Joseph Haydn – Sonates pour piano forte« , enregistré en novembre 2004 à la Cité de la Musique à Paris ; puis en un tout aussi réjouissant « Haydn – Mozart – Sonates« , le CD Mirare MIR 456 ; cf mon article « De merveilleux Haydn et Mozart au pianoforte, par un très ludique Jérôme Hantaï «  en date du 5 mai 2019… .

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Wolfgang Amadeus Mozart
    (1756-1791)

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    Sonate pour clavier (No. 7)
    en ut majeur, K. 309

    Rondo en fa majeur, K. 494
    Rondo en ré majeur, K. 485
    Sonate pour clavier (No. 13)
    en si bémol majeur, K. 333

    Suite en ut majeur, K. 399/385i (extrait : II. Allemande)
    Rondo en la mineur, K. 511

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    Jérôme Hantaï, pianoforte

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    Un album du label Mirare MIR730
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    Photo à la une : le claviériste Jérôme Hantaï –
    Photo : © Jean-Baptiste Millot

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    Une fête parfaite de musique !

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    Dont la jubilation fait grand bien…

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    Ce jeudi 16 janvier 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Se réjouir à la vidéo de l’entretien de Bernard Sève avec Francis Lippa, à la Station Ausone, à propos du très sagace et réaliste « Les Matériaux de l’art » de Bernard Sève (aux Editions du Seuil) : ce que vient lumineusement apporter le philosophe à l’intelligence la mieux sensible du réel artistique en la palette la plus ouverte de sa diversité : par exemple d’Ausone à Bill Viola…

    Voici de quoi se réjouir à la richesse de la vidéo de 59′ 23″ de l’entretien, pour la Société de Philosophie de Bordeaux, de Bernard Sève avec Francis Lippa, à propos des très pertinentes réalistes analyses du magistral « Les Matériaux de l’art » _ paru au Seuil au mois d’octobre 2023  _, dans lequel Bernard Sève, philosophe, exerce sa superbe lucidité et la sagacité de son invention conceptuelle en permanence en alerte, justissimement appliquées à la diversité plus que jamais ouverte aujourd’hui des œuvres d’art, jusqu’en la dernière inventivité audacieuse des artistes contemporains…

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    En accomplissement somptueux des espérances de mes deux articles de préparation à cet entretien, des 12 et 13 janvier derniers :

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    « « 

    et « « …

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    Une philosophie lumineusement appliquée aux inventions singulières et souvent saisissantes de la pluralité ouverte des artistes, par exemple d’Ausone à Bill Viola…

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    Ce mercredi 15 janvier 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Découvrir et s’émerveiller au nouveau CD « The Age of Extremes » de Francesco Corti et Il Pomo d’Oro : avec des acmés de tendresse sublimes…

    Me frappent, et même m’éblouissent, sous les doigts décidément magiques de l’immense Francesco Corti, en ce CD Arcana 4573 « The Age of Extremes« ,

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    tout spécialement, et surtout,

    la Sinfonia Fk 65 de Wilhelm-Friedmann Bach (Weimar, 22 novembre 1710 – Berlin, 1er juillet 1784) _ son Adagio est d’une tendresse sublime ! _,

    et l’Andante (extrait de la Sonatina Wq 103) de Carl-Philipp-Emanuel Bach (Weimar, 8 mars 1714 – Hambourg, 14 décembre 1788) _ second sommet (méditatif !) de tendresse stupéfiante de ce CD ! _ :

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    infiniment sensibles et touchantes ainsi touchées par le merveilleux Francesco Corti…

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    Mais je remarque aussi combien les deux Concertos pour clavecin en fa mineur et en si mineur de Georg Benda (Benátky nad Jizerou, 1722 – Bad Köstritz, 1795) qui encadrent le programme de ce CD, doivent au style des années berlinoises de Carl-Philipp-Emanuel Bach _ qui demeura en poste à la cour de Berlin de 1738 à 1768)…

    Et eux aussi sont admirables !!!

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    A la ré-écoute, de nouveau, de ce nouveau très très beau travail de Francesco Corti,

    je constate que c’est peut-être la formidable tendresse et phénoménale douceur de son interprétation de cette musique si vivement contrastée de l’Empfindsamkeit, qui culmine et bouleverse, fait fondre…

    Chapeau l’artiste !

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    Ce mardi 14 janvier 2014, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’art en constant débat fécond et jouissif avec le réel, de même qu’avec lui-même, et selon une échelle de degrés divers d’ »artisticité » : au cœur et à la pointe du travail de penser l’art et les divers arts, de Bernard Sève en son magistral « Les Matériaux de l’art »…

    A la page 16 de son Introduction de son Les Matériaux de l’art« ,

    Bernard Sève présente le « primat _ voilà _ donné _ en son essai _ à la notion d’artisticité _ il en propose ainsi le concept _ sur la notion d’art » _ en ce travail sien de penser l’art (et les arts) qu’il se met alors à nous présenter _,

    et à la page suivante il avance l’affirmation puissante « d’une continuité d’artisticité, du « taux d’art » _ selon divers degrés… _ contenu dans les objets« , en précisant que « la question « cet objet est-il ou non de l’art ? » est remplacée par la question « quel est le degré d’artisticité de cet objet ? » ; l’art n’est  _ ainsi _ plus une essence, mais une variable » _ comportant toute une échelle de degrés qui seront forcément à évaluer, plus ou moins spontanément ou avec recul, par le goût (des amateurs d’art que nous sommes, plus ou moins, et à divers degrés, nous-mêmes…).

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    Des degrés d’artisticité dont Bernard Sève vient offrir _ aux pages 17-18 _ un exemple à l’appui :

    « Cet échelonnage de l’artisticité _ des diverses œuvres, et des divers artistes _ peut passer au travers même de l’œuvre entier d’un artiste. Delacroix _ en son « Journal« , à la date du 9 mai 1853 _ soutenait que Mozart et Racine étaient si parfaits _ en leur production _ qu’on n’en mesurait plus le génie _ quasi constant, donc, pour ce qui les concerne, selon Delacroix _, alors que Shakespeare et Beethoven, plus inégaux, laissaient voir, grâce à leurs moments faibles, la puissance de leur art » _ une puissance mise en œuvre afin de réussir à mieux atteindre et, à nouveau, se hisser à un taux supérieur d’artisticité, en leurs « moments forts« …

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    Et page 20, Bernard Sève détaille aussi ceci :

    « Selon moi, relève de l’art, toute pratique humaine effectuant diverses opérations _ qu’il va très précisément détailler, en six riches chapitres, au cours des 557 pages de ce travail passionnant _ sur des matériaux matériels ou immatériels, de telle sorte que ces pratiques ne se réduisent pas _hic saltus, hic Rhodus ! _ à une visée exclusivement utilitariste (qu’elles peuvent _toutefois parfois  _ accompagner dans une certaine mesure), qu’elles soient marquées _ à des degrés divers, donc _ par la richesse de la fantaisie, la liberté _ voire l’audace _ de l’imagination et le souci de cohérence _ réquisits de cette artisticité visée en leurs opérations spécifiques par les artistes _, et que les œuvres produites puissent susciter chez leurs récepteurs (lecteurs, auditeurs, spectateurs, etc.) des émotions spécifiques, elles-mêmes irréductibles aux dimensions vitales et utilitaires des émotions humaines. La notion d’artisticité s’en déduit« …

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    « L’art _ étant, et cela quasi constamment, d’abord en les artistes qui s’emploient à le produire _ en débat avec lui-même » _ comme avec le réel auquel l’art se confronte ainsi et répond…

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    Et pour cela, « partir du matériau _ voilà ! pour le penseur-philosophe qui s’emploie à penser et comprendre l’art en son effectivité _ me paraît _ méthodiquement _ conforme à la nature même de l’art _ c’est-à-dire la nature des opérations particulières très concrètement effectuées par les artistes eux-mêmes : Bernard Sève insistant aussi sur ce qu’il nomme, toujours page 16 : « l’ancrage de la réflexion (qu’il entreprend et va mener; lui, ici) dans le travail effectif des artistes, plutot que dans une doctrine philosophique préalable« .

    Ce concept _ de matériau, donc : à analyser en entrée de l’essai… _ commande toute la séquence artistique _ à laquelle vont se livrer très effectivement les successives opérations de l’artiste _ : au matériau répondent les outils et techniques utilisés pour le travailler, le corps et l’esprit qui manient les outils, les inévitables collaborations. C’est de la nature des matériaux utilisés que dépend en grande partie le destin ultérieur de l’œuvre  : sa fragilité, sa résistance aux divers types d’érosion, la nature des restaurations dont elle est susceptible, mais aussi sa capacité à faire l’objet d’usages seconds (remplois, citations, plagiats, et même les faux) » _ par des artistes ultérieurs…

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    Et même :

    « Ce que l’artiste aime d’abord, ce qui l’inspire, ce sont les matériaux » _ qu’il a là sous la main, et dont il apprend à disposer, peu à peu, à sa main… _, etc._, écrit Bernard Sève page 27, en ouverture de ce richissime essai.

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    « Les œuvres d’art présentent une valeur particulière (de quelque man!ère qu’on le comprenne), qui justifie en aval les pratiques de conservation-restauration et d’usage second, qui justifie en amont le temps, l’argent, la passion, je dirais même l’amour, que les artistes engagent dans leurs créations« , lit-on aussi page 13 ;

    ce qui confère aux œuvres d’art une singulière spécificité au sein à la fois des autres objets de la culture, et des réalités de la nature.

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    Demain mardi 14 janvier, à 18h00, à la Station Ausone de la librairie Mollat, rue de la Vieille-Tour, et pour la seconde conférence de la session 2024-2025 de notre chère Société de Philosophie de Bordeaux,

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    la joie de l’entretien sur le vif avec Bernard Sève sur son très beau travail de penser le plus réalistement et justement la création artistique à partir des usages non strictement ni exclusivement utilitaires de ses matériaux un peu durables _ matériels comme immatériels _ de départ…

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    Ce lundi 13 janvier 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa