Catégorie : Musiques

  • Le passionnant travail du magnifique Michael Spyres sur les amplitudes et l’histoire de la voix de tĂ©nor, en son nouveau stupĂ©fiant CD « Contra-Tenor », aprĂšs son « BariTenor » de 2022…

    AprĂšs son dĂ©jĂ  passionnant (et dĂ©jĂ  stupĂ©fiant !) CD « BariTenor«  _ le CD Erato 019029516664, enregistrĂ© Ă  Strasbourg aux mois d’aoĂ»t et octobre 2020, et paru en 2021, avec l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg, sous la direction de Marko Letonja ; cf mes articles des 22 octobre (« « ), 23 octobre (« « ), 24 octobre (« « ) et 15 dĂ©cembre 2021 (« « )… _,

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    le magnifique tĂ©nor qu’est l’immense Michael Spyres (Mansfield, Missouri, 1979), étend sa passionnante exploration des rĂ©pertoires _ encore trop mal connus, et confusĂ©ment rĂ©pertoriĂ©s… _ de la voix de tĂ©nor, en ses divers et trĂšs larges ambitus,

    par un nouveau stupĂ©fiant CD, intitulĂ© de maniĂšre un tantinet provocante, cette fois, « Contra-Tenor » _ soit le CD Erato 5054197293467, enregistrĂ© Ă  la Villa San Fermo Ă  Lonigo (province de Vicence, en Italie), du 15 au 22 septembre 2022, avec l’Ensemble (baroque bien connu !) Il Pomo d’Oro, dirigé par l’excellentissime Francesco Corti.

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    Soit, à nouveau, une magistrale réussite musicale.

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    Qu’on Ă©coute, par exemple, les airs donnĂ©s en ces deux vidĂ©os-ci :

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    en la premiĂšre, l’air, virtuosissime, « Tu m’involasti un regno », extrait de l’ »Antigono » (rĂ©pĂ©tĂ© Ă  Lisbonne au mois d’octobre 1755 _ mais non créé alors, Ă  cause du terrible dĂ©sastre du tremblement de terre de Lisbonne, le 1er novembre !!! _, d’Antonio-Maria Mazzonni (1717 – 1785) _ Ă  comparer avec cette autre prise vidĂ©o (d’une durĂ©e de 6’15) pour le mĂȘme air, Ă  Lisbonne, cette fois, en 2011, avec l’Ensemble Il divino sospiro dirigĂ© par Enrico Onofri… _ ;

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    et en la seconde, l’air, aussi Ă©poustouflant _ de beautĂ©, comme d’interprĂ©tation _, « Se il mio paterno adore », extrait du « Siroe » (créé Ă  Rome le 12 janvier 1740), de Gaetano Latilla (1711 – 1788) ;

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    vidĂ©os d’une durĂ©e respectivement de 6’17 et de 6’10.

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    J’ai rĂ©uni ici 5 liens Ă  de bien intĂ©ressants articles parus en commentaire de ce tout nouveau CD « Contra-Tenor » de Michael Spyres,

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    auxquels on pourra accéder par ces liens-ci :

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    _  de Tim Ashley, sur le site de Gramophone _ sans date _, « Michael Spyres : Contra-Tenor« …

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    _ de Laurent Bury, sur le site de PremiereLoge-Opera.co, le 21 avril dernier, « Contra-Tenor par Michael Spyres _ et pourtant il chante ! « 

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    _ de Clément Demeure, sur le site de ForumOpera.com, le 21 avril aussi, « Contra-Tenor, Michael Spyres _ un jalon du chant baroque« 

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    _ de Pierre Giangiobbe, sur le site de Olyrix, le 22 avril, en suivant, « Michael Spyres, ténor contratenore dans son nouvel album« 

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    _ de Pierre Degott, sur le site de ResMusica, en date du 28 avril 2023, « Michael Spyres, ténor assoluto« 

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    Ce qui donne, pour ces articles en français, avec l’ajout de quelques remarques de ma part :

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    _ pour l’article « Contra-Tenor par Michael Spyres _ et pourtant il chante !  » de Laurent Bury :

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    Nous ne pouvions pas imaginer, rendant compte de son enregistrement des Nuits d’étĂ©, que Michael Spyres, Ă  dĂ©faut de devenir soprano, se prĂ©senterait ensuite comme « contre-tĂ©nor ». Ce n’est Ă©videmment pas ainsi qu’il convient de traduire le titre de son nouveau disque, oĂč il apparaĂźt plutĂŽt sous l’aspect d’une haute-contre Ă  la française _ voilĂ  ! _, mais oĂč il aborde aussi toutes sortes de rĂŽles italiens destinĂ©s Ă  cette tessiture qui, ainsi qu’il l’explique, n’existe pas, ou du moins, que nul n’a jamais pu dĂ©finir trĂšs clairement : « la voix la plus virtuose et difficile Ă  classer dans une catĂ©gorie spĂ©cifique », selon lui.

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    Ayant abordĂ© l’opera seria mozartien aprĂšs s’ĂȘtre fait connaĂźtre dans le rĂ©pertoire des premiĂšres dĂ©cennies du XIXe siĂšcle (Rossini, Meyerbeer), Michael Spyres s’amuse depuis quelque temps Ă  brouiller les pistes, et veut nous montrer qu’il peut chanter en baryton aussi bien qu’en tĂ©nor. Nouvelle dĂ©monstration avec le disque Contra-Tenor, mais cette fois dans le rĂ©pertoire du XVIIIesiĂšcle, le rĂŽle-titre de Mitridate Ă©tant Ă  peu prĂšs le seul qu’il a eu l’occasion de servir Ă  la scĂšne (mĂȘme si on se rappelle une incursion haendĂ©lienne dans un Theodora donnĂ© en concert et enregistrĂ© dans la foulĂ©e).

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    Le programme de ce rĂ©cital va donc de Lully Ă  Piccinni, deux Italiens ayant connu le succĂšs Ă  Paris (et dans les deux cas sur un livret de Quinault _ en effet ! _, puisque Piccinni reprit pour son Roland _ en 1778 _ le livret que Lully avait utilisĂ© un siĂšcle auparavant _ en 1685 _), et s’il inclut un compositeur nĂ© en France – Rameau – et quelques Allemands dĂ©racinĂ©s – Haendel, Hasse, Gluck –, il faut bien reconnaĂźtre _ oui _ que, en ce CD Contra-Tenor les Italiens d’Italie se taillent la part du lion.

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    De Lully, il aurait sans doute Ă©tĂ© possible _ oui ! _ de trouver un vĂ©ritable air, comme celui de Renaud dans Armide, par exemple, plutĂŽt que cette minute et demie de dĂ©clamation extraite de PersĂ©e sur laquelle s’ouvre le disque _ peut-ĂȘtre en suivant l’exemple de Rockwell Blake en son CD « Airs d’OpĂ©ras français« , pour EMI, en 1994. Et entre ce PersĂ©e de 1682 et la NaĂŻs de Rameau en 1749, n’y avait-il donc aucun compositeur français qui mĂ©rite d’ĂȘtre enregistrĂ© par le « Contra-Tenor », lui qui chante si admirablement notre langue ? _ la remarque est en effet trĂšs judicieuse…

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    Tous les Italiens du XVIIIe siĂšcle dĂ©filent, y compris le trop rare Galuppi, et d’encore moins frĂ©quentĂ©s, comme Gaetano Latilla ou Antonio Maria Mazzoni, qui offrent Ă  Michael Spyres d’excellentes occasions _ mais oui ! _ de dĂ©ployer son agilitĂ© vocale dans des arias exigeant non seulement une maĂźtrise du chant rapide et ornĂ©, mais imposant aussi d’impressionnants _ certes _ sauts d’octave, nouvelle preuve de l’étendue de son registre, lorsqu’il aligne d’impressionnants suraigus et de soudaines descentes dans le grave, sans jamais perdre de vue _ et c’est bien lĂ  le principal _ l’expressivitĂ© de ces pages (il parvient mĂȘme Ă  proposer une version personnelle d’un air aussi rabĂąchĂ© que « J’ai perdu mon Eurydice »).

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    Non content de vouloir aborder Wagner, le tĂ©nor amĂ©ricain rĂ©ussit – en studio, en attendant la scĂšne – Ă  s’imposer dans des rĂ©pertoires aux exigences tout autres. Quant Ă  Il Pomo d’Oro, on savait l’ensemble familier de la musique italienne, mais on le dĂ©couvre trĂšs Ă  son aise aussi _ oui ! _ dans l’opĂ©ra français, avec une noble passacaille de PersĂ©e.

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    _ pour l’article « Contra-Tenor, Michael Spyres _ un jalon du chant baroque » de ClĂ©ment Demeure :

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    Un jalon du chant baroque
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    En 2011, l’agent de Michael Spyres publiait sur YouTube « Tu m’involasti un regno », air de bravoure d’Antigono oĂč l’on dĂ©couvrait un tĂ©nor casse-cou aux moyens exceptionnels, sans doute le premier Ă  rendre pleinement justice Ă  ce genre de partition _ oui. Douze ans plus tard, dĂ©sormais vedette internationale, l’AmĂ©ricain revient enfin Ă  ce premier belcanto pour lequel il est idĂ©alement taillĂ© _ en effet, et cela sur tous les plans…

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    Et c’est un disque qui fera date _ sans nul doute. Dans son ambition comme dans sa composition, le programme renvoie Ă  de multiples rĂ©fĂ©rences. À Spyres lui-mĂȘme pour commencer, d’Antigono _ de Mazzoni _ au Mitridate _ de Mozart _ dont il s’est fait la spĂ©cialitĂ©. Écho aussi au prĂ©cĂ©dent Baritenor : avec Contra-Tenor, le chanteur opte encore malicieusement _ oui… Michael a aussi beaucoup d’esprit ! _ pour un terme adjacent, comme pour tourner autour _ oui, en creusant et dĂ©ployant… _ de la catĂ©gorie « tĂ©nor » et railler la rigiditĂ© du Fach, ce systĂšme de registres vocaux qu’il ne cesse de dynamiter _ et c’est lĂ  un point en effet tout Ă  fait important pour l’intelligence d’une telle dĂ©marche de la part de Michael Spyres… Il faut voir sa mine rĂ©jouie _ oui _ dans divers montages kitsch rappelant _ mais oui ; c’est fort bien vu… _ les facĂ©ties d’une certaine Bartoli. Un modĂšle assurĂ©ment, tant l’Italienne a contribuĂ© Ă  l’aggiornamento du chant baroque et jouĂ© _ oui _ avec les tessitures _ voilĂ ... Restait Ă  faire pour les tĂ©nors ce que Bartoli et d’autres ont rĂ©ussi pour Bordoni, Farinelli et consorts
 Entreprise bien peu tentĂ©e, surtout encore en combinant les rĂ©pertoires français et italien1.

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    Comme toujours, Spyres entend ne rien s’interdire, et montrer qu’il peut exceller partout. En se confrontant Ă  diverses rĂ©fĂ©rences, ici au mythique album français de Rockwell Blake (comportant, et en ouverture de ce CD de Rockwell Blake, en 1994,  le mĂȘme « En butte aux fureurs de l’orage »), lĂ  aux intĂ©grales rĂ©centes de Vinci ou Porpora chez Decca. S’il se « contente » de tenir tĂȘte Ă  Blake, dont la virtuositĂ© jubilatoire est d’une nettetĂ© inĂ©galable _ en dĂ©pit d’un timbre de voix plus contestable, lui _, Spyres surpasse nettement sa concurrence _ oui ! Jetons un voile pudique sur les infortunĂ©s chargĂ©s de ressusciter l’Achille in Sciro de Sarro Ă  Martina Franca et Naples ; saluons l’autoritĂ© de Spyres dans « Si sgomenti », dont la tessiture grave gĂȘnait Juan Sancho, ou chez Vivaldi dans un air oĂč la voix de Topi Lehtipuu se tassait ; oublions enfin tous ces tĂ©nors « baroques » essoufflĂ©s par les graves et les Ă©carts Ă©puisants de Bajazet. Autre clin d’Ɠil du programme, l’extrait d’Arminio de Hasse rĂ©pond crĂąnement Ă  Rodolfo Celletti qui, dans sa cĂ©lĂšbre Histoire du bel canto (1983), y voyait « un des airs exigeant le plus de virtuositĂ© qui aient Ă©tĂ© Ă©crits pour cette voix [le tĂ©nor] ».

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    C’est peu dire _ oui ! _ que Spyres se montre Ă  la hauteur de ses ambitions. ConformĂ©ment au principe du belcanto, la voix est homogĂšne et bien assise dans le mĂ©dium _ oui _, enjambe les intervalles sans effort apparent _ oui, et c’est absolument nĂ©cessaire… _ et dispense Ă  l’envi _ et jubilation, oui _ trilles et vocalises. Il se permet _ aussi de rĂ©jouissantes _ incartades et nuances des trĂ©fonds du grave au suraigu. ManiĂšre de remettre les pendules Ă  l’heure : le primo tenore d’opera seria n’est ni un Ă©vangĂ©liste façon Bach, ni un tĂ©nor di grazia censĂ©ment « mozartien » _ c’est fort juste ! Le programme parcourt chronologiquement _ oui _ l’évolution des styles et des vocalitĂ©s entre France et Italie. RĂ©solument sombre dans les airs de Vivaldi (transposition d’un air pour castrat), Haendel et Vinci, Ă©vocations des barytĂ©nors Borosini (1695 – 1747) et Pinacci (1695 – 1750) _ des noms Ă  retenir _, Spyres se montre plus prodigue d’aigus Ă  partir du galant « Nocchier che mai non vide » de Porpora. À compter des annĂ©es 1730, le primo tenore se hisse au rang de premier antagoniste _ voilĂ … _ dans des emplois stĂ©rĂ©otypĂ©s de pĂšres et hommes de pouvoir inquiets aux passions chaotiques. VĂ©hicules idĂ©aux pour une nouvelle gĂ©nĂ©ration de tĂ©nors capables de rivaliser _ c’est cela, sur la scĂšne _ avec les castrats et divas dans l’extravagance d’ambitus Ă©tirĂ©s et la complexitĂ© des vocalises _ oui _ : Spyres convoque les mĂąnes de monstres vocaux comme Amorevoli (1716 – 1798) (Sarro et Hasse, image ci-dessus), Babbi (1708 – 1768) (Mazzoni et Latilla) et Ettore (1740 – 1771) (Mozart).

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    MĂȘme si rien dans le programme n’est routinier, seules trois pages sont de vraies premiĂšres mondiales. « Solcar pensa un mar sicuro » de Hasse (Arminio, 1745) tisse une parabole maritime sur d’ondoyantes dentelles de trilles, tandis que Galuppi (Alessandro nell’Indie, 1755) distille son charme mĂ©lodique habituel dans un air sensible « Vi trofeo d’un alma imbelle » oĂč l’aigu doit ĂȘtre sollicitĂ© sans brusquerie jusqu’au contre-ut. Mais le clou du spectacle, c’est _ trĂšs probablement _ l’allegro « Se il mio paterno amore » du Siroe de Gaetano Latilla (1740). Multiples plongeons du la3 au rĂ©2, descentes dans le registre de basse jusqu’au sol1, entĂȘtantes vocalises et roulades dĂ©ferlantes, tout est exĂ©cutĂ© avec une autoritĂ© _ et plĂ©nitude, oui _ qui laisse bouche bĂ©e. En revanche, si l’on comprend _ et combien !!! _ que Spyres ait souhaitĂ© laisser une gravure « propre » _ oui _ de l’air spectaculaire « Tu m’involasti un regno » de Mazzoni qui a contribuĂ© Ă  le faire connaĂźtre – roulade sur trois octaves incluse –, le doublon Ă©tait moins nĂ©cessaire pour « Se di lauri » _ du Mitridate de Mozart _, que l’on prĂ©fĂšre dans l’intĂ©grale Minkowski gravĂ©e seulement deux mois plus tard.

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    L’AmĂ©ricain Ă©tait moins attendu dans la tragĂ©die lyrique _ française… Le hiatus stylistique est manifeste, mais les rĂ©citals romantiques associent souvent Donizetti et Gounod, Massenet et Verdi sans que personne n’y trouve Ă  redire : l’idĂ©e de confronter les genres au siĂšcle prĂ©cĂ©dent se dĂ©fend. Dans le français clair et Ă©loquent _ superbissime ! _ qu’on lui connaĂźt, Spyres relĂšve le dĂ©fi de tessitures nettement plus Ă©levĂ©es, avec des allĂšgements bienvenus dans les trois ariettes de rĂ©jouissance choisies qui, de Lully Ă  Piccinni, trahissent un goĂ»t croissant pour la vocalise. En virtuositĂ© pure _ mais est-ce lĂ  l’essentiel ? non… _, l’AmĂ©ricain surclasse Reinoud van Mechelen, qui conserve nĂ©anmoins notre faveur dans ce rĂ©pertoire et rend lui aussi de trĂšs beaux hommages Ă  ses devanciers (Dusmeny, JĂ©liote et bientĂŽt _ nous l’attendons impatiemment _ Legros). L’unique dĂ©ploration proposĂ©e (« J’ai perdu mon Eurydice » de 1774) est ce qui convainc le moins _ mais cela se discute… Pour autant, cela ne signifie pas _ certes ! et ce serait lĂ  trĂšs dĂ©plorablement bien rĂ©ducteur… _ que l’album, indĂ©niablement dĂ©monstratif, ne vaut que pour ses tours de force. Une fois passĂ©e la stupĂ©faction initiale, on goĂ»te _ et combien !!! _ la finesse _ merveilleuse _ d’un interprĂšte qui sait _ et comment ! _ ce qu’il chante, varie les couleurs, sculpte le verbe sans confondre _ jamais _ dĂ©clamation et aboiement _ cette dĂ©clamation si fondamentale dans tout l’art musical français _, et ne nĂ©glige _ en effet _ aucune nuance dramatique. Ajoutons Ă  cela des variations excitantes et de bon goĂ»t _ toujours : cela aussi Ă©tant absolument nĂ©cessaire _, dans les reprises da capo.

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    Il Pomo d’oro _ une fois encore, et comme Ă  chaque fois, Ă  son niveau d’excellence… _, dirigĂ© par _ le toujours parfait _ Francesco Corti, Ă©tonne tout autant _ mais oui _ que le soliste par son adĂ©quation aux diffĂ©rents styles, par exemple _ mais c’est le seul morceau purement instrumental du CD _ la passacaille de PersĂ©e. Les tempi sont justes, la technique est sans faille, et si l’orchestre laisse _ mais oui _  la star briller, il contribue Ă©galement Ă  hausser ces versions au-dessus des concurrentes, en tout cas pour le versant italien. Et Ă  faire de cet album un nouvel Ă©talon _ voilĂ  !!!! _ dans l’interprĂ©tation de l’opera seria.

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    1. En 1970, Peter Schreier avait proposĂ© un disque baroque (Italienische Belcanto-Arien), et en 1993 Ernesto Palacio avait gravĂ© Re ed Eroi di Pietro Metastasio sous la baguette de TamĂĄs PĂĄ. S’il faut rendre hommage Ă  leurs efforts prĂ©curseurs, le style – surtout Ă  l’orchestre – et la timiditĂ© technique en font surtout des documents. D’autres tĂ©nors ont depuis conçu des rĂ©citals consacrĂ©s Ă  Haendel et parfois Vivaldi, voire des programmes franchement originaux ou ambitieux. L’album Gluck fort rĂ©ussi de Daniel Behle (2014), qui mĂȘle aussi airs pour haute-contre et opera seria, est celui qui se rapproche le plus du projet de Michael Spyres. L’Allemand compte d’ailleurs continuer sur ce terrain cette annĂ©e Ă  Bayreuth (Kings of bravura).

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    _ pour l’article « Michael Spyres, tĂ©nor contratenore dans son nouvel album » de Pierre Giangiobbe :

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    AprĂšs BariTĂ©nor, Michael Spyres continue d’explorer _ oui, et c’est passionnant ! _ les frontiĂšres de sa tessiture _ voilĂ  _ et passe “de la cave au grenier” avec son nouveau disque Contra-Tenore, replongeant pour s’Ă©lever vers le rĂ©pertoire baroque pour voix masculine aiguĂ«, en compagnie de l’orchestre Il Pomo d’Oro dirigĂ© par Francesco Corti pour un disque Erato-Warner Classics.
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    Le prĂ©cĂ©dent album questionnait la frontiĂšre grave _ voilĂ  _ entre tĂ©nor et baryton, celui en fait de mĂȘme pour la frontiĂšre aiguĂ« _ oui ! _, et il le fait de la mĂȘme maniĂšre, avec une forme de flou artistique aussi. Si le choix de rĂ©pertoire est bien dĂ©limitĂ© (ce nouveau projet remonte au baroque, et s’arrĂȘte donc lĂ  oĂč le prĂ©cĂ©dent album commençait), le titre du disque et le propos du livret _ extrĂȘmement intĂ©ressant en ses analyses dĂ©taillĂ©es, il faut le souligner _ posent une sĂ©rie de questions _ oui ! _ jouant sur les termes et les strates historiques. Le « contra-tenore » n’est en effet pas _ oui, oui !!!  _ le « contre-tĂ©nor » d’aujourd’hui, celui qui a succĂ©dĂ© au castrat, mais veut au contraire dĂ©signer le tĂ©nor qui, Ă  l’Ă©poque baroque, rivalisait justement _ sur la scĂšne _ avec les castrats. Comme le rappelle le livret, ces tĂ©nors pouvaient dĂ©jĂ  ĂȘtre dĂ©signĂ©s par toute une sĂ©rie _ non codĂ©e, et pour cause : chaque chanteur faisait (et osait !) avec ses propres moyens… _ d’appellation : tĂ©nor-basse, baritenore, contre-tĂ©nor et haute-contre, ou encore taille. Michael Spyres, continue donc _ voilĂ  _ son exploration _ passionnante _ de ces dĂ©clinaisons en s’intĂ©ressant ici au spectre aigu, le « contre » pouvant aussi bien dĂ©finir le haute-contre Ă  la française que le contre-tĂ©nor italien, mais pas _ en effet ! _ le contre-tĂ©nor Ă  la voix de fausset.

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    Et finalement, c’est encore une autre voix que le chanteur vise et qu’il met en avant : celle du « tenore assoluto » dont la tessiture balaye l’ambitus allant du baritĂ©nor au contre-alto (voix grave fĂ©minine), un terme qui est depuis devenu le surnom superlatif d’Enrico Caruso, « Tenore Assoluto« , rajoutant encore Ă  la confusion.

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    Michael Spyres vise donc le contra-tenore-assoluto-barocco _ si l’on veut… _ en prĂȘtant sa voix Ă  l’étendue spectaculaire _ certes, mais jamais forcĂ©e au final… _ aux rĂŽles composĂ©s par Lully, Haendel, Rameau et plus tardivement Gluck et Mozart (et le disque fait Ă©galement dĂ©couvrir quelques morceaux de Johann Adolf Hasse, Baldassare Galuppi ou Gaetano Latilla, enregistrĂ©s pour la premiĂšre fois).

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    Cet album est un hommage Ă  l’habiletĂ© technique _ mais pas seulement ! Ce serait lĂ  terriblement rĂ©ducteur ! _ de l’interprĂšte. Trilles, mordants, fioritures sont au rendez-vous, exĂ©cutĂ©s avec souplesse _ et naturel, comme il se doit… _, d’une voix toujours projetĂ©e avec l’éclat d’un vibrato sĂ©millant. Michael Spyres s’illustre autant dans les pyrotechnies vocales du rĂ©pertoire italien que dans le raffinement sobre _ nĂ©cessairement : un art de la dĂ©licatesse, jamais forcĂ©e… _ du grand style français. Sa prononciation est _ parfaitement _ soignĂ©e dans ces deux langues. Naviguant entre les registres, il dĂ©ploie tantĂŽt un grave satinĂ© « barytonant », voire « basso » large et profond, tantĂŽt un aigu fulgurant. Plusieurs morceaux l’amĂšnent dans l’extrĂȘme-aigu sur la cadence (jusqu’au contre-fa, voire au-delĂ ). La voix s’affine sans basculer en falsetto _ en effet _ et reste nettement _ oui _ timbrĂ©e.

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    Les musiciens de l’orchestre Il Pomo d’Oro mettent toute leur expertise _ trĂšs grande _ du rĂ©pertoire baroque au service notamment des piĂšces oubliĂ©es, dĂ©ployant une riche palette sonore emportĂ©e par un pupitre de cordes particuliĂšrement vif et endiablĂ© (sans oublier les nuances _ capitales _ donnĂ©es par la direction prĂ©cise _ et justissime _ du chef et claveciniste _ excellent, chaque fois ! _ Francesco Corti, qui confĂšre Ă  cette musique tout son caractĂšre vivant et aĂ©rien) _ absolument : beaucoup de fluiditĂ© et de vie…

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    De quoi, au final, se laisser emporter _ sans la moindre rĂ©ticence, jamais _ par la virtuositĂ© absolue _ mais pas gratuite, ni capricieuse : Michael Spyres n’est pas Cecilia Bartoli… _ de cette musique, qui justement dĂ©borde _ avec esprit _ tous les cadres, toutes les cases et appellations : en vers et contre-tĂ©nors.

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    _ pour l’article de Pierre Degott « Michael Spyres, tĂ©nor assoluto » :

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    Dans un programme riche et Ă©clectique, se livre Ă  une nouvelle dĂ©monstration de virtuositĂ© et de versatilitĂ© _ mais jamais gratuites ni capricieuses. Un rĂ©cital qui fera date _ oui _, et qu’on rangera Ă  cĂŽtĂ© _ et sans l’y amalgamer _ des plus grandes rĂ©ussites rĂ©centes de tous nos contretĂ©nors prĂ©fĂ©rĂ©s.

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    Est-il tĂ©nor, baryton, barytĂ©nor, haute-contre, Heldentenor, maintenant contra-tĂ©nor ? se pose dĂ©cidĂ©ment beaucoup de questions, pour le plus grand bonheur de ses auditeurs _ en effet _ qui n’auront aucun mal Ă  se faire leur propre avis. Si l’album intitulĂ© Baritenor avait moyennement convaincu _ pas moi : j’en suis enthousiaste _ , cet album consacrĂ© aux grands airs baroques devrait, lui, rallier tous les suffrages. Le choix du programme, tout d’abord, qui de Lully Ă  Mozart couvre l’exploration de la tessiture de tĂ©nor sur toute la pĂ©riode baroque, devrait satisfaire tous les amateurs de musique ancienne. Un air par compositeur, de quoi ravir les admirateurs de musique italienne comme de musique française _ bien distincts cependant. Le projet de Michael Spyres est visiblement de convaincre qu’à cĂŽtĂ© de la voix de castrat, le tĂ©nor baroque avait lui aussi _ mais oui ! _ son mot Ă  dire, mĂȘme s’il est vrai que la tessiture de cette voix n’était pas aussi nettement dĂ©finie _ en effet _ qu’elle l’est devenue plus tard au XIXᔉ siĂšcle. Le haute-contre Ă  la française de Lully et de Rameau, convenons-en, a peu Ă  voir _ en effet !!! _ avec le tĂ©nor barytonnant de Haendel, illustrĂ© ici par le Bajazet de Tamerlano. Ce personnage Ă©volue en effet dans une tessiture relativement grave qui a permis encore rĂ©cemment Ă  PlĂĄcido Domingo, tĂ©nor alors redevenu baryton, de se tailler un beau succĂšs dans le rĂŽle….

     

    Dans les deux types de tessiture, Michael Spyres se montre souverain _ oui _, mĂȘme si l’on se permettra de prĂ©fĂ©rer ses couleurs vocales dans le haut-mĂ©dium de la voix. Son extension dans le grave, si elle commande le respect, n’a pas la mĂȘme qualitĂ© de timbre que la partie plus Ă©levĂ©e de l’instrument. On n’en apprĂ©cie pas moins les variations dans les notes basses de certains airs, dont le « Se il moi paterno amore » du Siroe, re di Persia, enregistrĂ© en premiĂšre mondiale. Dans toutes les plages rĂ©unies sur cet album, lesquelles feront entendre quelques tubes du baroque et du classicisme naissant comme des nouveautĂ©s absolues _ les deux _, Spyres se montre un technicien hors pair _ mais pas seulement, et loin de lĂ  : un merveilleux artiste lucide aussi… La voix est homogĂšne sur tous les registres, des extrĂȘmes graves aux extrĂȘmes aiguĂ«s, et enjambe les intervalles les plus folles sans la moindre difficultĂ© _ quelle suprĂȘme fluiditĂ©… Elle offre tout au long du programme, et sans le moindre effort, trilles, mordants et vocalises, s’autorisant des incartades _ mais jamais folles _ autant dans le suraigu que dans les trĂ©fonds du registre de basse. Le spectaculaire « Tu m’involasti un regno » extrait de l’Antigono de Mazzoni fait entendre une vocalise sur rien moins que trois octaves. Cerise sur le gĂąteau, Spyres sait Ă©galement dire un texte et son interprĂ©tation de « J’ai perdu mon Eurydice », dans un excellent français, est une des plus Ă©mouvantes qu’on ait pu entendre ces derniĂšres annĂ©es _ mais oui ; et en quel admirable français !

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    Un tour de force vocal, donc, qui rappelle que virtuositĂ© technique et expressivitĂ© _ voilĂ  _ ne sont en rien incompatibles. On aura rarement Ă©tĂ© autant convaincu par un rĂ©cital d’airs baroques, autant pour la variĂ©tĂ© des airs sĂ©lectionnĂ©s que par la maĂźtrise de la technique vocale et par celle de l’art de la diction _ oui !!! _ et de l’interprĂ©tation _ admirable. Il Pomo d’oro, dirigĂ© ici par , est un ensemble instrumental aujourd’hui bien connu _ pour sa rĂ©guliĂšre excellence !! Tout comme le soliste, il montre sa parfaite adĂ©quation _ oui _ aux diffĂ©rents styles _ trĂšs divers _ reprĂ©sentĂ©s sur ce programme Ă  l’éclectisme rare _ oui _ pour un enregistrement estampillĂ© « baroque ». Sa contribution _ voilĂ  _ au succĂšs de l’entreprise se doit d’ĂȘtre dĂ»ment signalĂ©e.

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    Contra-tenor.

    Jean-Baptiste Lully (1632-1687) : « Cessons de redouter » et Passacaille extraits de Persée.

    Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : « E il soffrirete 
 Empio per farti guerra » extrait de Tamerlano.

    Antonio Vivaldi (1678-1741) : « Cada pur sul capo audace » extrait de Artabano, re de’ Parti.

    Leonardo Vinci (1690-1730) : « Si sgomenti alle sue pene » extrait de Catone in Utica.

    Nicola Porpora (1686-1768) : « Nocchier, che mai non vide » extrait de Germanico in Germania.

    Domenico Sarro (1679-1744) : « Fra l’ombre un lampo solo » extrait de Achille in Sciro.

    Baldassare Galuppi (1706-1785) : « Vil trofeo d’un alma imbelle » extrait de Alessandro nell’Indie.

    Gaetano Latilla (1711-1768) : « Se il mio paterno amore » extrait de Siroe, re di Persia.

    Johann Adolf Hasse (1699-1783) : « Solcar pensa un mar sicuro » extrait de Arminio.

    Jean-Philippe Rameau (1683-1764) : « Cessez de ravager la Terre » extrait de Naïs.

    Antonio Maria Mazzoni (1717-1785) : « Tu m’involasti un regno » extrait de Antigono.

    Christoph Willibald Gluck (1714-1787) : « J’ai perdu mon Eurydice » extrait de OrphĂ©e et Eurydice.

    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : « Se di lauri » extrait de Mitridate, re di Ponto.

    NiccolĂČ Piccinni (1728-1800) : « En butte aux fureurs de l’orage » extrait de Roland.

    …

    Michael Spyres, ténor ;

    Il Pomo d’oro, direction : Francesco Corti.

    …

    1 CD Erato.

    Enregistré du 15 au 22 septembre 2020 à la Villa San Fermo de Lonigo (Italie).

    Notice de présentation en anglais, français et allemand.

    Durée : 72:54

     

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    Voilà pour ces articles annotés.

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    Le CD enfile ses 14 airs dans l’ordre _ presque, Ă  une exception prĂšs : les airs de Vivaldi (en 1716) et de Haendel (en 1724), intervertis dans l’ordre du CD, pour une raison qui m’Ă©chappe… _ strictement chronologique de leur crĂ©ation (ou composition, pour l’air de Mazzoni qui n’a pu ĂȘtre créé Ă  Lisbonne Ă  cause des destructions du terrible tremblement de terre, alors que l’opĂ©ra « Antigono » Ă©tait en rĂ©pĂ©titions..) :

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    _ 1682, pour l’air extrait de « PersĂ©e » de Lully, créé Ă  Paris le 18 avril 1682

    _ 1716, pour l’air extrait d’ »Artabano, re de’ Parti » de Vivaldi, créé Ă  Venise le 18 janvier 1716

    _ 1724, pour l’air extrait de « Tamerlano » de Haendel, créé Ă  Londres le 31 octobre 1724

    _ 1728, pour l’air extrait de « Catone in Utica » de Vinci, créé Ă  Rome le 19 janvier 1728

    _ 1732, pour l’air extrait de « Germanico in Germania » de Porpora, créé Ă  Rome en fĂ©vrierl 1732

    _ 1737, pour l’air extrait d’ »Achille in Sciro » de Domenico Sarro, créé Ă  Naples le 4 novembre 1737

    _ 1738, pour l’air extrait d’ »Alessandro nell’Indie » de Galuppi, créé Ă  Mantoue le 14 janvier 1738

    _ 1740, pour l’air extrait de « Siroe, re di Persia » de Gaetano Latilla, créé Ă  Rome  le 12 janvier 1740

    _ 1745, pour l’air extrait d’ »Arminio » de Hasse, créé Ă  Dresde, le 7 octobre 1745

    _ 1749, pour l’air extrait de « Nais » de Rameau, créé Ă  Paris le22 avril 1749

    _ 1755, pour l’air extrait d’ »Antigono » d’Antonio-Maria Mazzoni, rĂ©pĂ©tĂ©, mais non créé, Ă  Lisbonne en octobre 1755

    _ 1762, pour l’air extrait d’ »OrphĂ©e et Eurydice » de Gluck, créé Ă  Paris le 5 octobre 1762

    _ 1772, pour l’air extrait de « Mitridate, re di Ponto » de Mozart, créé Ă  Milan le 26 dĂ©cembre 1772

    _ 1778, pour l’air extrait de « Roland » de Piccinni, créé Ă  Paris le 27 janvier 1778.

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    Un CD indispensable.

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    Ce vendredi 5 mai 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le CD Pan Classics « Fasch’s Oboe – Music at the Zerbst Court », par Musica Gloria (et Nele Vertommen) : une excellente et bienvenue rasade de joie, qui ne fait que du bien…

    C’est entendu, j’adore les trĂšs joyeuses Suites de Georg-Philipp Telemann (Magdebourg, 14 mars 1681 – Hambourg, 25 juin 1767) ;

    …

    et il se trouve que la musique de cour, Ă  Zerbst, de Johann-Friedrich Fasch (BĂŒttelstadt, 15 avril 1688 – Zerbst, 5 dĂ©cembre 1758),

    s’inscrit tout Ă  fait dans sa bienheureuse et rayonnante orbite.

    …

    …

    Et ce tout nouveau CD de Fasch attire en conséquence immédiatement mon attention.

    …

    …

    C’est ainsi que l’article de Christophe Steyne, le 14 avril dernier, sur le site de ResMusica, intitulĂ© « Autour du hautbois, un vibrant hommage Ă  J.F. Fasch, Kapellmeister de la Cour de Zerbst » en commentaire du CD Pan Classics PC 10435 de l’Ensemble Musica Gloria, dirigĂ© du hautbois par Nele Vertommen _ enregistrĂ© Ă  Heks (en Belgique) du 29 avril au 2 mai 2021 _,

    m’a fait me mettre en recherche de cette prĂ©cieuse galette,

    qu’il m’ a fallu commander.

    …

    …

    L’objet vient de me parvenir,

    et me rĂ©jouit musicalement tout particuliĂšrement…

    …

    …

    Voici donc un lien pour partager l’Ă©coute trĂšs engageante de trois brefs extraits pleinement jouissifs,

    de respectivement 42′ (une Ouverture),

    37‘ (une Sinfonia)

    et 34′ (un Concerto)…

    …

    …

    Bonne joie !

    …

    Et Ă  suivre..

    …

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    Ce jeudi 4 mai 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Simplement un merveilleux petit bijou Ă  Ă©couter, par Lars Vogt et Tanja Tetzlaff…

    En simple complĂ©ment musical Ă  mon article «  » d’avant-hier, samedi 29 avril dernier,

    …

    ceci.

    …

    Et puis ceci.

    …

    Et encore cela,

    …

    de tout simplement merveilleux…

    …

    …

    Ce lundi 1er Mai 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Une interprĂ©tation magistrale et bouleversante de tendresse de 4 chefs d’oeuvre de Schubert par l’immense Lars Vogt et Tanja et Christian Tetzlaff : un trĂ©sor pour l’Ăźle dĂ©serte…

    C’est un double CD absolument exceptionnel _ Ondine ODE 1394 _ qu’Ondine aujourd’hui nous donne _ qu’on Ă©coute pour commencer dĂ©jĂ  rien que ces fabuleux courts extraits-ci… Qui y rĂ©sisterait ??? _

    avec l’interprĂ©tation magistrale bouleversante de tendresse vraie, irremplaçable, et surtout qui nous donne, quasi miraculeusement, Ă  recevoir, Ă  l’Ă©coute, comme absolue, enfin, les Ɠuvres ainsi interprĂ©tĂ©es en leur essence schubertienne mĂȘme,

    que viennent ainsi nous offrir avec une intensitĂ© et une justesse de sens jamais atteinte jusqu’ici Ă  un tel degrĂ© de vĂ©ritĂ© aussi pure _ Ă©coutez jusqu’aux silences de leurs respirations musicales !.. _,

    l’immense _ et infiniment regrettĂ© et pleurĂ© de tous ; cf mon article du 6 septembre 2022 : « « , qui comporte aussi un commode rĂ©capitulatif des articles que je lui avais consacrĂ©s (depuis le 17 octobre 2009) Ă  la date de son dĂ©cĂšs le 5 septembre 2022… _ Lars Vogt (DĂŒren, 8 septembre 1970 – Erlangen, 5 septembre 2022), au piano,

    et ses amis, si proches, les magnifiques, eux aussi, Tanja Tetzlaff (Hambourg, 1973), au violoncelle, et son frÚre Christian Tetzlaff (Hambourg, 29 avril 1966), au violon,

    dans, surtout, quatre des chefs d’Ɠuvre absolus, miraculeux, de Franz Schubert (Lichtental, 31 juillet 1797 – Vienne, 19 novembre 1828),

    …

    que sont les deux Trios avec piano,

    le premier, en si bémol majeur, Op. 99 (D. 898) _ créé chez Joseph von Spaun le 28 janvier 1828 _

    et le second, en mi bémol majeur, Op. 100 (D. 929) _ créé au Musikverein de Vienne le 28 décembre 1827 _,

    le fragment de Trio dit Notturno, en mi bĂ©mol majeur, Op. 148 (D. 897) _ de 1827 : probablement un mouvement non retenu du Trio Op. 100, et sublime lui aussi… _,

    et la Sonate Arpeggione (D. 821) _ composée à Vienne en novembre 1824 pour son ami Vincenz Schuster.

    …

    …

    Et c’est absolument exceptionnel !!!

    …

    Nos larmes coulent en abondance et de peine et de joie…

    …

    …

    Sur ce double CD miraculeux,

    cf aussi le bien bel article de Patrice Imbaud intitulé « Lars Vogt, Tanja et Christian Tetzlaff, bouleversants dans le dernier Schubert« , paru le 25 avril dernier, sur le site de ResMusica :

    …

    …

    Lars Vogt, Tanja et Christian Tetzlaff bouleversants dans le dernier Schubert

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    …

    Véritable chant du cygne, ce dernier enregistrement de Lars Vogt accompagné de Tanja et Christian Tetzlaff, constitue une nouvelle poignante et douloureuse référence dans les Trios avec piano de Schubert. In memoriam.

    …

    …

    Cet album prend bien Ă©videmment une dimension particuliĂšre lorsque l’on sait que le pianiste , dĂ©cĂ©dĂ© le 5 septembre 2022, a dĂ©butĂ© cet enregistrement des deux Trios avec piano op. 99 et op. 100, du Nocturne op. 148, du Rondo pour violon et piano et de la Sonate « Arpeggione », contre avis mĂ©dical, alors qu’il Ă©tait dĂ©jĂ  sous traitement _ voilĂ  _ et se savait probablement condamné  Il n’est pas hasardeux non plus de penser que c’est dĂ©libĂ©rĂ©ment _ oui _ que le pianiste allemand a choisi ces derniĂšres Ɠuvres de Schubert oĂč la mort rĂŽde
 ComposĂ©s fin 1827-1828, juste avant la mort du compositeur _ le 19 novembre 1828 _ et probablement _ oui _ l’un Ă  la suite de l’autre, les deux grands _ tout simplement merveilleux, l’un et l’autre _  Trios avec piano opus 99 et opus 100, sont tout Ă  la fois le mĂȘme, par ce mĂ©lange typiquement schubertien de joie et de tristesse, et l’autre, par leur climat dissemblable, plus lumineux et lyrique pour l’opus 99, plus sombre pour l’opus 100.

    …

    …

    Lars Vogt et ses amis nous en livrent une interprĂ©tation mĂ©morable _ et comment !!! _ comme suspendue _ Ă©coutez la ferveur des respirations et silences musicaux… _ entre ciel et terre, faite d’équilibre _ oui, avec une parfaite et justissime humilitĂ© _ , de subtilitĂ© _ oui _, de couleurs et de superbes nuances, portĂ©e par une Ă©coute complice _ de toujours _ et une expressivitĂ© dont l’éloquence donne forme Ă  l’indicible _ voilĂ  ! _ et force _ absolument ! _  l’admiration. On admire sans rĂ©serve l’allegro lyrique et contrastĂ© du Trio n° 1, son andante mĂ©lancolique et rĂȘveur, son scherzo malicieux et bondissant, autant que son rondo final jubilatoire et rĂ©solu. Et on souscrit aussi totalement Ă  l’ambiguĂŻtĂ© palpable du Trio n°2 hĂ©sitant entre rĂ©volte et plainte dĂ©chirante dans l’allegro, bientĂŽt suivi de la mĂ©lodie hypnotique et Ă©lĂ©giaque de l’andante, prĂ©cĂ©dant elle-mĂȘme un scherzo dansant d’oĂč sourd une fragrance de rĂ©signation, avant un final aux parfums de fĂȘte forcĂ©e, hantĂ© par la rĂ©surgence du lugubre thĂšme de l’andante, chantĂ© par le violoncelle, comme une menace _ de bien belles analyses…

    …

    …

    Contemporain des deux trios, le Nocturne op. 148 (1827) conclut cette progression dramatique dans une interprĂ©tation Ă  vous tirer les larmes _ oui ! _ oĂč la dĂ©solation acceptĂ©e cĂšde progressivement le pas, aprĂšs quelques sursauts, Ă  une apaisante quiĂ©tude.

    …

    …

    Deux Ɠuvres en duo complĂštent _ gĂ©nĂ©reusement _ ce copieux double album : le Rondo D 895 (1826) pour violon et piano _ avec Christian Tetzlaff _ et la _ si belle _ Sonate « Arpeggione » (1824) pour violoncelle et piano _ avec Tanya Tetzlaff : tous deux amis trĂšs proches, et vieux complices musicaux (cf les merveilleux concerts et CDs du Festival Spannungen de Heimach, qu’avait créé et dirigeait Lars Vogt) de Lars Vogt… De sublimes CDs Ă  thĂ©sauriser !!! Le premier donne libre cours Ă  la virtuositĂ© et Ă  la complicitĂ© de et de Lars Vogt. La seconde, plus consistante _ quel chef d’Ɠuvre, elle aussi !.. _, permet de gouter l’impressionnante digitalitĂ© de et Ă  la belle sonoritĂ© de son violoncelle Giovanni Baptista Guadagnini de 1776 dans une lecture Ă  la fois lyrique et tendue d’un charme envoĂ»tant _ oui, oui : absolument !

    …

    …

    Rien d’hagiographique, ni de pathĂ©tique _ surtout pas, en effet… _ dans cette Ă©logieuse chronique, mais simplement _ oui _  un _ tout simple _ constat _ de fait, oui ! _ fait par Lars Vogt lui-mĂȘme Ă  la fin de l’enregistrement : « J’ai un peu l’impression que tout dans ma vie s’est dĂ©veloppĂ© vers cet opus 100
 s’il ne reste pas beaucoup de temps, alors c’est un adieu digne » et sans doute beaucoup plus que ça
 un legs _ absolument _ magistral !

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    Franz Schubert (1797-1828) :

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    Trio pour piano et cordes n° 1 en si bémol majeur D 898 op. 99 ;

    Trio pour piano et cordes n° 2 en mi bémol majeur D 929 op. 100 ;

    Nocturne pour trio avec piano D 897 op. 148 ;

    Rondo pour violon et piano D 895 op. 70 ;

    Sonate « Arpeggione » en la mineur D 821.

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    Lars Vogt, piano ; Tanja Tetzlaff, violoncelle ; Christian Tetzlaff, violon.

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    2 CD Ondine.

    EnregistrĂ©s du 21 au 25 fĂ©vrier et du 10 au 11 juin 2021 _ pour le Trio Op. 99 _ Ă  la Sendesaal de BrĂȘme.

    Notice bilingue : anglais-allemand. Durée totale : 136:45

     

     

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    Un double CD pour l’Ăźle dĂ©serte.

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    Ce samedi 29 avril 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa