Catégorie : Musiques

  • La richesse des impressions éprouvées en écoutant en boucle le programme très varié du si beau « Baritenor » de l’admirable Michael Spyres

    En écoutant en boucle le magnifique « Baritenor » de Michael Spyres, au programme d’airs d’opéra si varié,

    je suis aussi très sensible à la variété des impressions ressenties à la réception de l’interprétation superlative, par Michael Spyres, de ces airs étonnamment divers,

    réunis ici par lui _ il signe et assume entièrement ce programme _ en échantillon significatif (de 84′ 30) de la qualité de la palette dont dispose à ce jour ce chanteur…

    …

    …

    D’abord, je découvre en ce CD des airs extraits d’œuvres qui m’étaient restées jusqu’ici

    …

    ou bien inconnues _ en partie faute d’enregistrements existants !!! _,

    tel, par exemple l’ »Ariodant » de Méhul (de 1799, à Paris), ou  l’ »Hamlet » d’Ambroise Thomas (de 1868, à Paris), soient des œuvres dont j’ignorais tout simplement l’existence ;

    …

    ou bien demeurées étrangères à ma curiosité,

    tel, par exemple, le « Pagliacci » de Leoncavallo (de 1892, à Milan) _ n’ayant personnellement qu’assez peu d’attraits, a priori du moins, envers le mouvement et les œuvres du vérisme _, ou « La Vestale » de Spontini (de 1807, à Paris) _ sans que je sois en mesure d’en donner quelque raison, sinon que pour le genre même de l’opéra, aux œuvres si nombreuses, j’ai moins d’attraits que pour, par exemple la musique de chambre, les œuvres pour piano, la musique baroque en toute sa diversité, ou pour la mélodie et le lied…

    …

    …

    Si j’énumère les opéras à des représentations desquels j’ai déjà assisté _ principalement au Grand Théâtre de Bordeaux _, et dont je possède, aussi, au moins un enregistrement discographique,

    cela donne la liste suivante :

    …

    _ Idomeneo

    _ Le Nozze di Figaro 

    _ Don Giovanni

    _ Il Barbiere di Siviglia

    _ La fille du régiment

    _ Il Trovatore

    _ Les Contes d’Hoffmann

    _ Lohengrin

    …

    …

    Et je peux y ajouter les opéras à des représentations desquels je n’ai pas assisté au théâtre, mais dont je possède au moins un enregistrement discographique :

    …

    _ La Vestale _ au sein d’un coffret « Maria Callas » de 42 CDs d’enregistrements intégraux de 20 opéras _

    _ Otello, de Rossini _ compositeur que j’apprécie tout particulièrement… _

    _ Die Lustige Witwe _ probablement parce que ma mère adorait en chanter au moins un air… _

    _ L’Heure espagnole _ j’aime énormément Ravel, auquel je m’intéresse beaucoup… _

    _  Carmina Burana _ un tube (à archiver…), en dépit de l’exécrable réputation de son compositeur… _

    …

    …

    _ du Postillon de Lonjumeau d’Adolphe Adam (de 1836, à Paris), je connais bien sûr l’archi-célèbre air de Chapelou ; par exemple chanté par l’excellent Nicolaï Gedda…

    …

    …

    Quant à Die tote Stadt d’Eric Wolfgang Korngold (de 1920, à Hambourg)

    je persiste à regretter _ beaucoup _ de ne pas en posséder d’enregistrement discographique _ simplement faute d’avoir réussi jusqu’ici à en trouver un… _, alors même que je collectionne les CDs d’enregistrements d’œuvres _ très diverses _ d’Eric Wolfgang Korngold, qui ne m’ont jamais déçu…

    …

    …

    Mais, plus encore, ce qui, et très intensément, me frappe,

    c’est l’extraordinaire qualité d’incarnation des personnages chantés en ces airs extraits d’opéras si divers, par Michael Spyres ;

    et qui me touche si fortement en ces écoutes répétées de cet exceptionnel CD…

    …

    …

    Bien sûr, isoler un air de l’opéra dont il fait partie, a quelque chose d’abstrait et d’artificiel :

    tout air ne prenant vraiment la plénitude de son sens que par son insertion, en quelque sorte naturelle, dans l’intrigue dramatique de l’œuvre déroulée en son entier ; 

    ainsi que par l’intelligence, aussi et surtout, des moindres nuances du personnage qu’incarne le chanteur ;

    …

    ainsi ce qui m’a frappé et totalement charmé

    _ cf mes articles consécutifs à celui (avec un lien à la vidéo) du 8 aout dernier : … :

    celui du 14 août :  ;

    celui du 15 : … ;

    mais surtout celui du 18 août : … _

    à la vision-écoute de la retransmission du merveilleux Don Giovanni (de 1787, à Prague), donné à Salzbourg cet été 2021, avec la direction musicale de Teodor Currentzis, et dans lequel Michael Spyres incarnait _ en dépit d’un costume qui aurait ridiculisé n’importe quel acteur-chanteur, autre que Michael Spyres ! _ un absolument merveilleux Don Ottavio,

    …

    c’est cette qualité exceptionnelle de l’intelligence tant dramatique (en plénitude d’accord avec le génie de Da Ponte) que musicale (en symbiose parfaite avec le génie musical opératique de Mozart !) de Michael Spyres…

    …

    …

    Et justement ce qui touche ici encore à l’extraordinaire et au superlatif,

    mais cette fois non pas sur la scène comme à Salzbourg,

    mais en un CD tel que ce merveilleux récital d’airs intitulé « Baritone« ,

    …

    c’est la qualité véritablement exceptionnelle d’interprétation-incarnation, tant dramatique que musicale _ indissociablement, les deux ! _ de chacun, sans exception, des rôles pourtant si divers, tels que ceux, ici, en ce récital,

    d’Idomeneo (de l’Idomeneo de Mozart, de 1781, à Munich),

    le comte Almaviva (des Nozze di Figaro de Mozart, de 1786, à Vienne),

    Don Giovanni (du Don Giovanni de Mozart, de 1787, à Prague),

    Edgard (de l’Ariodant de Méhul, de 1799, à Paris),

    Licinius (de La Vestale de Spontini, de 1807, à Paris),

    Figaro (du Barbiere di Siviglia de Rossini, de 1816, à Rome),

    Otello (de l’Otello de Rossini, de 1816, à Naples),

    Chapelou (du Postillon de Lonjumeau d’Adolphe Adam, de 1836, à Paris),

    Tonio (de La Fille du régiment de Donizetti, de 1840, à Paris),

    le comte di Luna (d’ Il Trovatore de Verdi, de 1853, à Rome),

    Hamlet (de l’ Hamlet d’Ambroise Thomas, de 1868, à Paris),

    Hoffmann (des Contes d’Hoffmann d’Offenbach, créés en 1881, à Paris),

    Lohengrin (du Lohengrin de Wagner, de 1850, à Weimar),

    Tonio (du Pagliacci de Leoncavallo, de 1892, à Milan),

    Danilo (de Die lustige Witwe de Franz Lehar, de 1905, à Vienne),

    Ramiro (de L’Heure espagnole de Ravel, de 1911, à Paris),

    le baryton de Carmina Burana (de Carl Orff, en 1937, à Francfort)

    et Paul (de Die tote Stadt de Korngold, de 1920, à Hambourg),

    …

    par l’admirable Michael Spyres,

    …

    dont on ne sait ce qui doit être le plus admiré

    de sa parfaite intelligence dramatique de chacun de ces  personnages qu’il incarne si magnifiquement,

    ou de sa merveilleuse exceptionnelle musicalité, chaque fois, en la très grande diversité de ces airs qu’il nous donne…

    …

    …

    C’est qu’existe aussi un génie de l’interprétation !

    …

    …

    Pour joindre ici quelques appréciations un peu plus plus personnelles _ sinon subjectives _,

    …

    je dois dire la singularité de mon intense émotion plus particulièrement devant les véritablement sublimes (!!!) interprétations des trois derniers airs de ce programme, déjà eux-mêmes très différents, et qui sortent du domaine de confort, jusqu’ici, de Michael Spyres,

    extraits d’œuvres _ L’Heure espagnole de Ravel (il s’agit du très original air « Voilà ce que j’appelle une femmme charmante« ), Die Tote Stadt de Korngold (il s’agit de l’air sublime « Glück, das mir verblieb« ) et Carmina Burana de Carl Orff (il s’agit de l’air superbement donné ici « Dies nox et omnia«  ; soient des œuvres de 1911, 1920 et 1937)… _

    du XXe siècle, que Michael Spyres aborde pour la première fois au disque :

    de belles perspectives d’interprétation s’ouvrent ainsi à lui, en sa quarantaine pleinement épanouie de chanteur…

    …

    …

    Mais aussi,

    je dois dire ma grande émotion devant l’extraordinaire douceur, enivrante, de son interprétation de l’air très beau de Lohengrin « Aux bords lointains« , que Michael Spyres a tout spécialement choisi d’interpréter ici en français _ Wagner a longtemps très grandement plu en France… _ ;

    …

    de même que devant son interprétation si délicate, de l’air de Tonio « Si puo ? Signore, Signori ! » du pourtant vériste Pagliacci (de 1892) de Leoncavallo :

    Michael Spyres me donnant ainsi envie de découvrir cet opéra...

    …

    …

    Et pour ce qui concerne l’interprétation des airs d’Edgard « Ô Dieux ! Ecoutez ma prière« , de l’Ariodant de Méhul (de 1799),

    et d’Hamlet « Ô vin, dissipe la tristesse« , de l’Hamlet d’Ambroise Thomas (de 1868),

    ils donnent grand désir d’entendre et écouter enfin ces opéras en entier ; des opéras français dont n’existe pas encore hélas d’enregistrement discographique pour ce qui concerne l’Ariodant de Méhul ; et assez peu, pour ce qui concerne le Hamlet d’Ambroise Thomas… ;

    …

    de même que, l’interprétation par Michael Spyres du grand air de Licinius « Qu’ai-je vu ! Quels apprêts !« , de La Vestale, de Spontini (de 1807), m’incite à écouter enfin cet opéra qui dormait jusqu’ici dans ma discothèque…

    …

    …

    Pour ne rien dire de l’interprétation merveilleusement enlevée _ et déjà célèbre _ de Michael Spyres du bien connu air de Chapelou, « Mes amis, écoutez l’histoire« , du Postillon de Lonjumeau, d’Adolphe Adam (de 1836) ;

    un DVD de la mise en scène de l’excellent Michel Fau, avec le Chapelou de Michael Spyres, est désormais disponible : voici l’extrait vidéo de cet air, dans cette mise en scène de Michel Fau, avec Michael Spyres sur scène, en Chapelou…

    …

    …

    Mais nous savons bien que Michael Spyres est comme un poisson dans l’eau dans l’entièreté du répertoire français _ ici de Méhul (en 1799) à Ravel (en 1911)… _, qui lui va comme un gant… 

    …

    …

    Chapeau bas, Monsieur Spyres…

    …

    …

    Et au final,

    nous savons bien qu’un récital discographique d’airs d’opéra choisis, ne constitue qu’une petite fenêtre _ ou une carte postale adressée à un plus large public potentiel que celui des salles d’opéra _ ouvrant sur ce qui est vraiment l’essentiel de son activité pour le chanteur :

    ses performances, avec des partenaires et un orchestre, en des opéras entiers, sur la scène, et face au public présent ce soir-là…

    …

    Et ici je renvoie, en exemple, et par la magnifique vidéo, au fluidissime et lumineux Don Giovanni , donné cet été 2021 à Salzbourg, sous la direction du magicien Teodor Currentzis…

    …

    …

    Ce dimanche 24 octobre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le travail de composition du programme du CD « Baritenor » par Michael Spyres, eu égard à l’histoire de l’opéra et des chanteurs, entre 1781 et 1937 : l’intelligence de la dynamique souple des voix, de Michael Spyres…

    Comme envisagé dans mon article d’hier vendredi 22 octobre ,

    …

    je désire me pencher ce jour sur le minutieux et approfondi travail de composition, par Michael Spyres, de son programme anthologique _ de 18 plages (et 84′ 30) _ du CD « Baritenor « , tel qu’il le présente dans le livret de son CD,

    avec 18 airs,

    extraits de 18 opéras de 15 compositeurs

    _ et je mets en rouge et en gras les chanteurs nommément cités par Michael Spyres en la présentation de son travail d’anthologie, dans les 5 pages de na notice du CD ; les autres créateurs des rôles sont Michal Spyres chante ici un air représentatif de la voix de baryténor, sont seulement cités ici par moi _ :

    …

    _ de Mozart (1756 – 1791) :

         Idomeneo, créé à Munich le 29 janvier 1781), dont Michael Spyres retient ici l’air (pour ténor) d’Idomeneo « Fuor del mar« , chanté lors de la création par Anton Raaf (Gelsdorf, 1714 – Munich, 1797) ;

         Le Nozze di Figaro, créé à Vienne le 1er mai 1786, dont Michael Spyres retient ici l’air (pour baryton) du Comte Almaviva « Hai gia vinta la causa« , chanté lors de la création par Stefano Mandini ;

         Don Giovanni, créé à Prague le 29 octobre 1787, dont Michael Spyres retient ici l’air (pour baryton) de Don Giovanni « Deh, vieni alla finestra« , chanté lors de la création par Luigi Bassi ;

    _ de Méhul (1763 – 1817) :

         Ariodant, créé à Paris le 11 octobre 1799, dont Michael Spyres retient ici l’air (pour ténor) d’Edgard « Ô Dieux ! Ecoutez ma prière« , chanté lors de la création par Jean-Pierre Solié (Nîmes, 1755 – Paris, 1812) ;

    _ de Spontini (1774 – 1851) :

         La Vestale, créé à Paris le 15 décembre 1807, dont Michael Spyres retient ici l’air (pour ténor) de Licinius « Qu’ai-je vu ! Quels apprêts !« , chanté lors de la création par Etienne Lainez ;

    _ de Rossini (1792 – 1868) :

         Il Barbiere di Siviglia, créé à Rome le 20 février 1816, dont Michael Spyres retient ici l’air (pour baryton) de Figaro « Largo al factotum« , chanté lors de la création par Luigi Zamboni ;

         Otello, créé à Naples le 4 décembre 1816, dont Michael Spyres retient ici l’air (pour ténor) d’Otello « Ah ! si, per voi gia sento« , chanté lors de la création par par Andrea Nozzari (Vertova, 1776 – Naples, 1832) ;

    _ d’Adolphe Adam (1803 – 1858) :

         Le Postillon de Lonjumeau, créé à Paris le 13 octobre 1836, dont Michael Spyres retient ici l’air (pour ténor) de Chapelou « Mes amis, écoutez l’histoire« , chanté lors de la création par Jean-Baptiste Chollet (Paris, 1798 – 1892) ;

    _ de Donizetti (1797 – 1848) :

         La Fille du régiment, créé à Paris le 11 février 1840, dont Michael Spyres retient ici l’air (pour ténor) de Tonio « Ah ! mes amis, quel jour de fête !« , chanté lors de la création par Mécène Marié de l’Isle (Chateau-Chinon, 1811 – Compiègne, 1879) ;

    _ de Verdi (1813 – 1901) :

          Il Trovatore, créé à Rome le 19 janvier 1853, dont Michael Spyres retient ici l’air (pour baryton) du Comte de Luna « Il balen de suo sorriso« , chanté lors de la création par Giovanni Guicciardi ;

    _ d’Ambroise Thomas (1811 – 1896) :

         Hamlet, créé à Paris le 9 mars 1868, dont Michael Spyres retient ici l’air (pour baryton) de Hamlet « Ô vin, dissipe la tristesse« , chanté lors de la création par Jean-Baptiste Faure (Moulins, 1830 – Paris, 1914) ;

    _ d’Offenbach (1819 – 1880) :

         Les Contes d’Hoffmann, créé à Paris le 10 février 1881, dont Michael Spyres retient ici l’air (pour ténor) de Hoffmann « Va pour Kleinzach !« , chanté lors de la création par Jean-Alexandre Talazac ;

    _ de Wagner (1813 – 1883) :

         Lohengrin, créé à Weimar le 28 août 1850, dont Michael Spyres retient ici l’air (pour ténor) de Lohengrin « Aux bords lointains« , chanté lors de la création par Karl Beck ;

    _ de Leoncavallo (1857 – 1919) :

         Pagliacci, créé à Milan le 21 mai 1892, dont Michael Spyres retient ici l’air (pour baryton) de Tonio « Si puo ? Signore ! Signori !« , chanté lors de la création par Victor Maurel (Marseille, 1848 – New-York, 1923) ;

    _ de Franz Lehar (1870 – 1943) :

         Die lustige Witwe, créé à Vienne le 30 décembre 1905, dont Michael Spyres retient ici l’air (pour baryton) de Danilo « Da geh ich zu Maxim« , chanté lors de la création par Louis Treumann ;

    _ de Ravel (1875 – 1937) :

          L’Heure espagnole, créé à Paris le 19 mai 1911, dont Michael Spyres retient ici l’air (pour baryton) de Ramiro « Voilà ce que j’appelle une femme charmante« , chanté lors de la création par Jean Périer (Paris, 1869 – Neuilly-sur-Seine, 1954) ;

    _ de Carl Orff (1895 – 1982) :

         Carmina Burana, créé à Francfort le 8 juillet 1937, dont Michael Spyres retient ici l’air (pour baryton) « Dies nox et omnia« , dont je n’ai pas réussi jusqu’ici à découvrir qui en fut l’interprète lors de la création… ;

    _ de Korngold (1897 – 1957) :

         Die tote Stadt, créé à Hambourg le 4 décembre 1920, dont Michael Spyres retient ici l’air (pour ténor) de Paul « Glück, das mir verblieb« , chanté lors de la création par Richard Schubert (Dessau, 1885 – Oberstaufen, 1959).

    …

    …

    D’autres chanteurs susceptibles d’intégrer eux aussi cette catégorie nouvelle de « baryténors » _ que conçoit ici Michael Spyres _

    sont cités dans cette notice de présentation,

    sans qu’ils aient été présents lors de la création des opéras dont les airs cités ici, sont, surtout, interprétés en ce CD par Michael Spyres :

    …

    _ Jean-Baptiste Martin (Paris, 1768 – Ternand, 1837) : celui qui a donné son nom à la voix de baryton-martin, et qui « fut décrit tour à tour comme un ténor au timbre extrêmement sombre, ou, à l’inverse, comme un baryton aux aigus clairs et faciles. On disait de la voix de Martin qu’elle avait la profondeur d’un baryton-basse avec des aigus de ténor » ;

    …

    _ Manuel Garcia père (Séville, 1775 – Paris, 1832) : ténor très célèbre, qui « a non seulement interprété le comte Almaviva de la création du Barbier de Séville de Rossini, mais aussi l’Almaviva des Noces de Figaro de Mozart, dans toute l’Europe, pouvant se targuer d’avoir incarné les tout premiers Almaviva » ; soient des rôles initialement conçus pour des voix de baryton ;

    …

    _ Giovanni Matteo (Mario) de Candia (Cagliari, 1810 – Rome, 1883) : ténor ;

    _ Adolphe Nourrit (Montpellier, 1802 – Naples, 1839) : ténor ;

    _ Giovanni-Battista Rubini (Romano di Lombardia, 1794 – Romano di Lombardia, 1854) : ténor ;

    dont la postérité a volontiers retenu les noms de tous trois, pour la célébrité de leurs performances tout particulièrement dans leurs interprétations du rôle (pour baryton) de Don Giovanni, du Don Giovanni de Mozart…

    …

    …

    Je dois aussi ajouter ici que ma découverte personnelle de l’art de chanter de Michael Spyres, date de la parution, en 2017, pour le label Opera Rara, de son magnifique et marquant CD « Espoir » (ORR 251)

    _ cf le compte-rendu détaillé de ce CD « Espoir« , le 28 septembre 2017, par Forumopera.com, sous la plume de Laurent Bury : l’article était intitulé « Si ce n’est lui, c’est donc... » _ ;

    or il se trouve que ce très beau et passionnant CD  »Espoir » était _ déjà ! _ conçu comme un hommage à un des plus grands chanteurs d’opéra du XIXe siècle : le ténor Gilbert-Louis Duprez (Paris, 6 décembre – Paris, 23 septembre 1896),

    qui est «  célèbre pour avoir été le premier chanteur à émettre en scène un contre-ut (do4) en voix de poitrine, lors de la première reprise italienne de Guillaume Tell _ créé à l’Opéra de Paris, en français, le 3 août 1829 _ de Gioachino Rossini, à Lucques, en 1831. Cette technique « forcée » aurait usé prématurément sa voix, ce qui expliquerait la retraite du ténor à seulement 43 ans« …

    …

    …

    La curiosité intelligente extrêmement précise _ et très empathique _ du généreux Michael Spyres envers les parcours plus ou moins singuliers des chanteurs tout au long de la modernité _ depuis les XVIIe et XVIIIe siècles, qui ont vu la naissance (avec l’Orfeo de Monteverdi, créé en 1607 à Mantoue) et les premiers développements (Lully, Rameau, Haendel ; puis Mozart…) du genre musical de l’opéra _,  est donc en quelque sorte consubstantielle à son propre parcours singulier et magnifique de chanteur, baryton et ténor (et « baritenor« )…

    ….

    …

    Voilà.

    …

    …

    Et c’est son expérience même de baryton à l’origine, mais conquérant peu à peu, et par admiration pour les ténors _ ses compatriotes américains de l’Amérique profonde… _ Chris Merritt (né en 1952, à Oklahoma City – Oklahoma) et Bruce Ford (né en 1956, à Lubbock – Texas) _ ainsi que par désir (travaillé…) de suivre leurs pas... _, en les faisant siennes, les capacités de chanter aussi les rôles appartenant aux registres de ténor,

    qui a révélé, à l’expérience réalisée _ après cinq années de travail assidu, sur le tas, de 2000 à 2005 _, cette capacité vraiment plurielle de sa voix et de son art même de chanter, à Michael Spyres (né en 1979, à Mansfield – Missouri) ;

    et lui a suggéré ce projet merveilleux de « baryténor » que vient de réaliser au disque, outre, bien sûr, de très nombreuses prestations scéniques de par le monde entier, ce magnifique CD « Baritenor« .

    …

    …

    Ainsi,

    reportons-nous à cette forte et éclairante déclaration _ citée en mon article du 19 décembre 2019 :  … _ du très intelligent Michael Spyres en un _ excellent _ entretien, le 4 octobre 2018, avec la fine Emmanuelle Giuliani, à propos de la nécessité, selon lui, pour un chanteur, de ne cesser de varier, tout le long de sa carrière, l’étendue et la dynamique _ extension-expansion… _ de ses capacités vocales singulières, dans la variation la plus souple possible des registres de voix des rôles qu’il interprète et endosse, afin de les incarner vraiment le mieux… :

    …

    « Au fil de mon parcours _ de chanteur _, j’ai appris quelque chose d’absolument essentiel _ voilà ! _, que _ trop _ peu de gens _ du métier _ ont la chance d’intégrer :

    la voix et la technique ont _ grandement _ besoin de ces variations _ de répertoire et de registres… _ pour _ d’abord _ rester performantes, ne pas devenir rigides _ voilà. Je dois avouer qu’il est de plus en plus difficile _ physiquement, pour la voix, en son évolution _ de maintenir certains rôles à mon répertoire, comme les Rossini les plus légers, mais je chanterai toujours du Rossini et du Mozart, tout en continuant, dans les années à venir, à m’essayer _ aussi _ aux répertoires plus lourds : Verdi, Wagner et le grand opéra français« …

    …

    …

    Les classifications nominales _ ici des registres des voix _ sont forcément secondaires et postérieures par rapport aux réalisations factuelles des performances très effectives (et singulières) des chanteurs,

    fussent-elles, au départ, celles-ci, improbables et difficiles à déterminer et classer…

    _ le compositeur, lui-même, de l’œuvre devant être créée, ayant aussi, bien sûr, et forcément, à tenir grandement compte des capacités plastiques dynamiques des voix des chanteurs ayant à incarner éventuellement ses rôles sur la scène et face au public, lors de la création de chaque opéra à réaliser par lui, en son écriture de la partition, d’abord, afin d’assurer le plus grand succès possible de ce nouvel opus sien, auprès du public ; de même, aussi, qu’à éventuellement changer certains de ses airs, lors de reprises de l’opéra, pour les adapter aux capacités et à la convenance du nouvel interprète pressenti du rôle, en cette reprise de l’œuvre originale (l’opéra étant une réalisation particulièrement collective…).

    Ainsi que cela, d’ailleurs, s’est très longtemps pratiqué lors de reprises d’opéras, du moins du vivant des compositeurs…

    …

    …

    La classification, théorique, des voix, a ainsi toujours quelque chose d’un peu artificiel, voire d’arbitraire _ ou même, au pire, de sectaire… _ ;

    même si elle est, bien sûr, et d’abord, fort utile et commode _ et même nécessaire, au moins pour commencer ; l’expérience pouvant aider à ajuster et approprier ensuite les choses… _ pour l’orientation et les décisions à prendre _ très vite, si ce n’est même sur-le-champ… _ des praticiens mêmes de la voix : compositeurs et chanteurs, au premier chef ; puis, en suivant, producteurs et décisionnaires de spectacles d’opéras, etc.

    …

    …

    Le premier mérite de Michael Spyres est donc d’avoir osé essayer, et d’avoir surtout travaillé _ et travailler encore et toujours _,  jusqu’à l’admirable obtention de ses merveilleuses réalisations musicales, si variées, si vivantes, et si réussies, tant sur la scène, qu’au disque…

    …

    …

    Un travail _ et un « parcours« , comme lui-même l’énonce… _ exemplaire ;

    et particulièrement jouissif pour les mélomanes

    amateurs d’opéras…

    …

    Merci !!!

    …

    …

    Ce samedi 23 octobre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le flamboyant CD « Baritenor » du parfait Michael Spyres, admirable en son exploration des registres de voix entre ténor et baryton…

    En quelque sorte en suite de mon article du samedi 16 octobre dernier :

    …

    …

    et pour commencer,

    avant d’apporter un commentaire plus singulier,

    …

    je désire enrichir de remarques en quelque sorte « complémentaires« _ en vert _, l’article (chronique d’album) très riche et très juste qu’Elodie Martinez vient de consacrer _ sur Opera Online _ à son écoute du merveilleux travail _ incroyablement varié _ de Michael Spyres

    en son merveilleux CD « Baritenor » (Erato 0190295156664)…

    …

    …

    Voici donc, cet article,

    agrémenté de mes farcissures personnelles (en vert) :

    …

    …

    Chronique d’album : « Baritenor », de Michael Spyres

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    Xl_baritenor………Avec son dernier disque chez Erato (Warner Classics _ 0190295156664 _), Baritenor, Michael Spyres s’attaque à ce registre particulier _ de voix _ aux côtés de l’Orchestre philharmonique de Strasbourg dirigé par Marko Letonja. En regroupant dix-huit airs et quinze compositeurs s’étendant sur trois siècles d’opéras italiens, français et allemands _ de Idomeneo, de Mozart, créé à Munich le 29 janvier 1781, à Carmina Burana, de Carl Orff, créé à Francfort le 8 août 1937 _, l’artiste offre un enregistrement anthologique _ très large et varié _ dans lequel sa voix exceptionnelle _ vraiment ! _ enchante _ oui ! _ et se teinte de mille couleurs _ voilà… _, comme peut-être seul _ probablement… _  Michael Spyres peut le faire aujourd’hui….

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    Il faut dire qu’il n’est pas donné à tout le monde _ certes _ de pouvoir faire _ ainsi _ l’écart entre les registres de ténor et de baryton. Mais qu’est-ce qu’un baryténor ? C’est justement la question posée _ et excellemment traitée _ dans le livret, et à laquelle le principal intéressé répond en plusieurs _ au nombre de 5 _ pages, expliquant notamment qu’il est « d’avis que le baryténor est un phénomène oublié, qui depuis que l’opéra existe se cache à la vue de tous au sein de différents ouvrages ». Il retrace _ superbement _ l’histoire de cette voix ample et malléable depuis le XVIIIe siècle _ depuis le baryton-martin de Jean-Blaise Martin (Paris 24 février 1728 – Ternand, 27 octobre 1837) _, démontrant qu’il existe une tradition _ cachée, et méconnue _ de baryténor dans les partitions qui s’est malheureusement étiolée avec le temps. Le terme convient pourtant fort bien à Michael Spyres, d’abord baryton, ayant souhaité devenir ténor après avoir découvert à 21 ans _ en 2000 : Michael Spyres est né en 1979 _ Chris Merritt et Bruce Ford. Il lui aura « fallu cinq ans, à raison de quatre à six heures de travail quotidien, pour y parvenir » _ en 2005 _, selon ses mots lors d’une interview pour France Musique.

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    Après des années à chercher sa voix de ténor, il est aujourd’hui l’une des voix les plus saisissantes du moment _ voilà : qu’on écoute ce CD ; mais qu’on écoute aussi sa superlative interprétation du Don Ottavio (ténor superlatif !) du Don Giovanni de Mozart à Salzbourg, cet été, sous la direction de Teodor Currentzis ; cf, entre plusieurs autres articles que j’ai consacrés à  Michael Spyres, mon article (avec un lien à la vidéo de l’intégralité de l’extraordinaire spectacle de ce Don Giovanni de Salzbourg 2021 !) du 10 août 2021 : … ; ou celui du 18 août suivant : … _, capable de graves impressionnants pour un ténor, mais aussi d’atteindre des aigus habituellement inaccessibles à un baryton _ mais la performance de Michaël Spyres est bien loin de se réduire à de pures prouesses techniques vocales ; son génie, si fin et délicat de l’interprétation-incarnation des personnages des opéras, est encore plus profond… Difficile dès lors de ne pas être conquis _ certes ! _ par un _ tel merveilleux _ disque, soulignant l’impressionnant _ oui _ ambitus _ un critère quantitatif… _ du chanteur et ses infinies _ exceptionnelles _ nuances _ qualitatives, surtout ; et là est bien le principal… D’autant que le programme est riche _ oui _ et _ très _ réjouissant, mais aussi _ parfaitement _  pédagogue _ absolument : Michael Spyres ayant le plus grand souci de la justesse d’intelligence d’écoute du public, à la scène comme au disque… Baritenor s’ouvre ainsi par « Fuor del mar », de l’Idomeneo de Mozart _ rôle créé à Munich le 29 janvier 1781, pour la première de cet Idomeneo de Mozart, par l’immense ténor Anton Raaf (1714 – 1797) _, et sa musique vive capte instantanément l’auditeur : Michael Spyres a cette capacité de raconter _ excellemment _ ce qu’il chante _ oui ! _, de transmettre la psychologie et l’histoire de la partition _ voilà. Le disque poursuit avec un extrait des Noces de Figaro, « Hai gia vinta la causa », plus sombre dans la partition du personnage _ du comte Almaviva _, tandis que l’air de Don Giovanni « Deh, vieni alla finestra », lui aussi superbement interprété, se révèle charmant et charmeur _ deux rôles pour baryton… Retour au registre de ténor avec « Ô Dieux ! écoutez ma prière » de _ l’Edgard de _ l’Ariodant de Méhul _ créé le 11 octobre 1799, à Paris, avec Jean-Pierre Solié dans le rôle d’Edgard _, enregistré _ ici _ en première mondiale _ en effet, l’édition discographique est loin d’exploiter toute la richesse du grand patrimoine musical français… Il s’agit également de la première incursion _ en ce CD ; mais pas dans la discographie de Michael Spyres ; cf par exemple ses magnifiques Troyens (en 2017) et Damnation de Faust (en 2019), de Berlioz, avec John Nelson, toujours pour Erato… _ de l’artiste _ qu’est Michael Spyres _ dans le registre français qu’il sert à merveille _ oui ! _ et où il excelle _ vraiment ! _ : la diction _ si fondamentale pour tout le chant français… _ est superbe _ absolument ! Les élans musicaux _ oui _ sont ici comme des vagues déferlantes et viennent happer l’auditeur, tandis que le cœur est saisi de pitié. Cette perfection de la diction se retrouve dans tout le disque _ oui _, et notamment dans la _ bouleversante _ version française de Lohengrin et de son « Aux abords lointains ».

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    Le « Largo al factotum » (le podcast a une durée de 5′ 13) de Figaro (Le Barbier de Séville) est particulièrement savoureux _ oui _  : jouant avec les multiples couleurs de sa voix _ ici en registre de baryton _, Michael Spyres l’ensoleille, l’assombrit, lui confère une palette chromatique époustouflante _ voilà ! _, et s’amuse à prendre des voix différentes. Le jeu et l’interprétation transpirent _ avec grâce _ à chaque seconde, pour rendre l’air particulièrement vivant _ comme il convient parfaitement au personnage de Figaro...

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    L’impression de saisir un tableau en cours d’exécution se retrouve également dans les _ superbes et marquants _ extraits d’Otello _ de Rossini : créé le 4 décembre 1816, à Naples, avec le grand ténor Andrea Nozzari (1776 – 1832) dans le rôle d’Otello _ qui permettent d’entendre aussi en second plan le Iago de Sangbae Choï, mais aussi le chœur de l’Opéra national du Rhin, qui intervient à plusieurs reprises dans le disque, comme « Mes amis, écoutez l’histoire » (Le Postillon de Lonjumeau _ créé à Paris le 13 octobre 1836, avec Jean-Baptiste Chollet (1798 – 1892), ici ténor, dans le rôle de Chapelou _), « Pour mon âme » (qui suit « Ah mes amis, quel jour de fête ! », de La Fille du régiment _ créé à Paris le 11 mars 1840, avec le ténor Mécène Marié de l’Isle (1811 – 1879) dans le rôle de Tonio  _) ou encore « Va pour Kleinzach ! » (Les Contes d’Hoffmann _ créé à Paris le 10 février 1881 _). À la fois puissant et homogène, le chœur offre ainsi un beau répondant au baryténor, qui poursuit son voyage dans ce large registre. Si l’on apprécie les rôles aujourd’hui traditionnellement proposés aux barytons, le registre de ténor n’est pas en reste avec « Mes amis, écoutez l’histoire » qui déploie des aigus sans cassure entre les graves et les mediums. Quant à la couleur solaire et mordorée de l’extrait de La Fille du régiment, elle gomme _ mais oui _ l’impression d’effort que l’on ressent parfois dans la montée en force _ que n’avait pas réussie Marié de l’Isle le soir de la création, le 11 mars 1840… _, et elle convoque les souvenirs de certaines des plus grandes voix désormais immortelles.

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    Son Hoffmann prend une couleur ombragée, noire, et noble, avant que son Lohengrin français ne s’engouffre dans le romantisme wagnérien. La langue allemande est aussi présente avec « O Vaterland du machst bei tag »… « Da geh ich zu Maxim » (La Veuve joyeuse) et clôture _ avec une extraordinaire intensité _ le disque avec « Glück, das mir verblieb » (La Ville morte _ créée à Hambourg le 4 décembre 1920, avec le ténor Richard Schubert (1885 – 1959) dans le rôle de Paul _). Là aussi, la voix caméléon de Michael Spyres lui permet de briller _ merveilleusement ! _ et de s’inscrire comme une évidence _ absolument ; quel artiste !!!

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    Le livret permet non seulement de découvrir les mots de Michael Spyres, d’en apprendre davantage sur ce qu’est un baryténor et l’histoire de ce type de voix _ et c’est tout à fait passionnant ! _, mais il offre aussi les textes traduits des airs – non pas dans leur ordre d’écoute, mais en les regroupant par langue (à l’exception de « Voilà ce que j’appelle une femme charmante » _ de L’Heure espagnole, de Maurice Ravel _ intercalé entre deux textes allemands, ce qui semble être une erreur). Un système de couleur, à la fois simple et ingénieux _ en blanc, pour la voix de ténor, et en bleu, pour la voix de baryton _, permet par ailleurs _ en effet _ d’identifier quels airs relèvent de la tessiture de baryton ou de ténor.

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    Un mot enfin sur l’Orchestre philharmonique de Strasbourg _ déjà présent pour les superbes enregistrements discographiques de Michael Spyres des Troyens et de La Damnation de Faust, de Berlioz : sous la direction de John Nelson, en 2017 et 2019… _ qui donne le meilleur de lui-même sous la baguette de Marko Letonja, parvenant à suivre toutes les couleurs _ somptueuses : voilà… _ du soliste. Avec une dextérité sans faille, l’ensemble instrumental propose des nuances tout aussi changeantes que peut l’être la voix de Michael Spyres, et devient un formidable compagnon de jeu _ le mot est très juste _ pour le baryténor.

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    A noter qu’un concert « Baritenor » sera notamment donné le 5 novembre 2021 à la salle Érasme du Palais des congrès et de la musique de Strasbourg, puis au Théâtre des Champs-Elysées le 19 mai 2022. De quoi prendre plaisir à (re)découvrir en direct depuis la salle, à la fois ce programme, cette voix et surtout cet artiste _ tout à fait, en effet _  impressionnant.

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    Elodie Martinez
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    À suivre :

    je compte ainsi revenir un peu plus précisément sur l’historique des divers chanteurs _ et divers rôles interprétés _ sur les exemples-jalons desquels s’appuie, en ce CD, Michael Spyres, en son passionnant parcours anthologique, d’entre 1781 (la création d’Idoménée, à Munich) et 1937 (Carmina Burana, à Francfort), de l’ambitus magnifique _ plus encore qualitativement, par ses nuances, que quantitativement, par son étendue… _ de cette voix jusqu’ici encore mal identifiée, de « baritenor« ,

    que lui sait, ici, si magnifiquement incarner par son très subtil _ à la fois très délicat et très puissant _ art…

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    Et en toute modestie, un art exemplaire…

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    Un travail _ et pas seulement discographique… _ qui fait incontestablement date.

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    Ce vendredi 22 octobre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    P. s :

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    Voir aussi ce petit article _ que j’ai essayé de traduire en un français un peu moins macaronique et un peu plus intelligible que l’original, probablement italien… _ abordant la caractérisation et l’historique de cette voix de « baritenor » (en France « taille) » :

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    baritenor (ou ténor, baryton ou, en France, Taille)

    Est le type de voix de ténor couramment employée dans les œuvres du Baroque des XVIIe et XVIIIe siècles, et qui est demeuré sur la scène jusqu’aux premières décennies du XIXe siècle.

    TRAITS

    BARITENORI CÉLÈBRES

    BIBLIOGRAPHIE

    • Rodolfo Celletti, Histoire du bel canto, Discanto Editions, Fiesole, 1983 passim
    • Salvatore Caruselli (ed) Grande encyclopédie de l’opéra, Longanesi Périodiques C. S.p.A., Rome, à nomen ( «  », « Contenu baryton »)
  • A nouveau à propos de la formidable expansion du style lulliste en Allemagne : un nouvel article de présentation du CD « Lully’s followers in Germany _ Works by Fischer, Muffat, Telemann » de l’ensemble El Gran Teatro del Mundo…

    Tout à fait dans la continuité, décidément, de mes articles de ces derniers jours-ci à propos de CDs de musique française de l’époque baroque, de Lully à Rameau :

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    et plus encore, et plus spécialement, cette fois, de mon article du 13 octobre dernier :

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    voici que je découvre ce jour, sur le site de ResMusica, et sous la signature de Cécile Glaenzer, 

    ce nouvel article

    venant chroniquer le très remarquable CD de l’ensemble El Gran Teatro del Mundo, intitulé, un peu sèchement, « Lully’s followers in Germany _ Works by Fischer, Muffat, Telemann » ;

    soit le CD Ambronay AMY314,

    dont j’avais signalé l’existence le 13 octobre dernier…

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    Voici donc ce nouvel article :

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    Quand les musiciens allemands s’emparaient du style lulliste

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    Pour son premier enregistrement, le jeune ensemble El Gran Teatro del Mundo a choisi d’illustrer l’influence de la musique française _ voilà _ dans les cours allemandes autour de 1700.

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    L’influence artistique du règne de Louis XIV à travers toute l’Europe est considérable _ en effet… Au-delà de la puissance politique et militaire de la France de l’époque, le style versaillais a infusé _ vraiment _ tous les arts, tant était important le rayonnement culturel du royaume à la fin du XVIIᵉ siècle _ musique comprise, c’est tout à fait cela. Il n’est que de considérer tous les châteaux qui ont été érigés comme autant de « petits Versailles » dans de nombreux États germaniques à l’époque _ en effet. Il en est de même pour la musique, _ voilà _ où le style dont Lully fut le promoteur _ au service de la glorification du roi _ se retrouve partout : ouverture à la française, suites de danses, écriture à cinq parties… _ oui. Le meilleur exemple d’assimilation du style français nous est donné par le compositeur Georg Muffat. D’origine savoyarde _ ou plutôt d’ascendance écossaise ; même si c’est dans l’Etat de Savoie, et précisément à Megève que Georg Muffat est né, le 1er juin 1653 _, formé en Alsace et en Italie auprès de Pasquini, il étudia à Paris avec Lully avant de faire carrière à Vienne, Prague, Salzbourg et Passau _ où il décède le 23 février 1704. Il est donc au carrefour _ voilà _ des traditions musicales française, italienne et germanique. « Lorsque je mêle des airs français à ceux des Allemands et des Italiens, ce n’est pas pour émouvoir une guerre, mais plutôt préluder peut-être à l’harmonie de tant de nations, à l’aymable paix« , écrit-il dans la préface de son _ admirable _ Florilegium Primum en 1695. Les sonates _ merveilleuses ! _ de l’Armonico tributo, véritables concerti grossi, se réclament conjointement de l’influence de Corelli et de celle de Lully _ oui, dont Muffat avait l’élève, à Rome et à Paris. Il est ainsi le précurseur des _ couperiniens _ Goûts Réunis qui culmineront au début du XVIIIᵉ siècle _ à partir de l’œuvre de François Couperin. Johann Caspar Ferdinand Fischer (Schönfeld, 6 septembre 1656 – Rastatt, 27 août 1746) n’est pas en reste au regard de sa parfaite connaissance de la tradition lulliste, sans que l’on ait la preuve _ formelle _ qu’il soit venu se former en France. Ses suites pour clavecin en attestent, mais également les suites orchestrales de son « Journal du Printemps » (publié sous ce titre en français). Celle qui est jouée ici _ la suite n°1 en ut majeur du Journal du printemps, de 1695 _ cite presque littéralement certaines danses d’opéras de Lully _ oui. Enfin, George Philipp Telemann, d’une génération plus jeune _  Magdebourg, 14 mars 1681 – Hambourg, 25 juin 1767 _, se réclame lui aussi du style français, bien que l’influence italienne soit aussi palpable.

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    Le cosmopolitisme des compositeurs de ce programme fait écho à la mosaïque de nationalités des musiciens qui constituent El Gran Teatro del Mundo. On sent chez les musiciens une belle complicité artistique et une parfaite connaissance de la danse _ un élément fondamental, toujours, du style français _ , ce qui donne beaucoup d’élan _ oui _ à cette interprétation _ tout à fait _ enjouée _ cf les appréciations similaires de mon article du 13 octobre dernier : . Le livret _ très intéressant _ nous signale_ en effet _ qu’ils utilisent des partitions réduites en basse et dessus _ à partir d’originaux pour orchestre _, comme éditées à l’époque, ce qui permet une très grande liberté _ oui _ dans les parties intermédiaires comme dans la réalisation de la basse continue _ absolument… On remarquera particulièrement ce que fait Julio Caballero Pérez au clavecin dans les conduits et parties improvisées, ainsi que la vélocité exceptionnelle du basson de Claudius Kamp. Dans la suite (TWV 55:Es4) de Telemann, un très beau solo de basse de viole, joué avec beaucoup de sensibilité par Bruno Hurtado Gosalvez et accompagné au théorbe, nous offre une magnifique respiration au milieu du tourbillon des danses. La Chaconne qui conclut la suite n°1 de Fischer est un modèle du genre, _ tout à fait _ comme on en trouve à la fin des tragédies lyriques de Lully. Au château de Rastatt, où Fischer était attaché à la cour du Margrave de Bade, l’illusion d’être à Versailles devait être parfaite, depuis l’architecture jusqu’à la musique.

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    Encore une réussite du projet Eeemerging+, qui repère et promeut les meilleurs ensembles européens de musique ancienne, et leur permet d’enregistrer leur premier disque dans la Collection Jeunes Ensembles du label Ambronay.

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    Georg Muffat (1653-1704) : Sonata n° 2 en sol mineur (de l’Armonico Tributo) ; Suite Nobilis Juventus, du Florilegium secundum I.

    Johann Caspar Ferdinand Fischer (1656-1746) : Suite n° 1 en do majeur (du Journal du Printemps).

    Georg Philipp Telemann (1681-1767) : Suite TWV 55.

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    El Gran Teatro del Mundo ; Julio Caballero Pérez, clavecin et direction artistique.

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    1 CD Ambronay.

    Enregistré à Jujurieux en février 2021.

    Livret anglais/français.

    Durée : 68:24

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    Un CD absolument emballant !

    qui sert magnifiquement le délicieux et dansant style français des « suiveurs » de Lully…

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    Ce jeudi 21 octobre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa