Catégorie : Musiques

  • Une promesse magistralement tenue : la magique sensibilité de Ksenia Kouzmenko à son piano en son CD « Flowers We Are » pour honorer l’anniversaire des 100 ans de son ami György Kurtag…

    C’est une promesse magistralement tenue que celle de la sensibilité proprement magique, à son piano, de Ksenia Kouzmenko vient présentement nous offrir en son CD Cobra Records 0100 « Flowers We Are«  – enregistré à Schiedam du 20 au 22 octobre 2025  – , réalisé pour honorer en pure beauté l’anniversaire des 100 ans de son ami – depuis leur toute première rencontre l’été 1997 au Festival de Tanglewood où elle interpréta devant lui son « Grabstein für Stephan«  en tant que membre de l’Orchestre du Festival… – György Kurtag (né à Lugoj le 19 février 1926)…

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    Ce CD que, sur la foi du passionnant article du Magazine Crescendo, en date du 9 avril dernier, et sous la plume de Jean Lacroix, « Pour les 100 ans de György Kurtág, Ksenia Kouzmenko lui offre un bouquet multicolore« , j’avais très vite commandé à mon disquaire préféré, et qui vient de me parvenir : c’est un somptueux bouquet artistement composé de 38 petites merveilles savamment réunies et merveilleusement interprétées par Ksenia Kouzmenko, pour mettre en valeur 21 pièces très brèves portant toutes des noms de fleurs (dont 7 précisément intitulées « Flowers We Are« ) de György Kurtag, que voici :

    « All in a Garden Green » de Willial Byrd, « The Budding Lilies » et « The Reeds » (de 1722) de François Couperin, « Trockne Blumen » (de 1823) et « Heidenröslein » (de 1815) de Franz Schubert, « Fantasy on The Last Rose of Summer » (de 1827) de Felix Mendelssohn, « Why are the Roses so Pale ? » (de 1837) de Fanny Hensel, « The Silent Lotus Flower » (de 1843) de Clara Schumann, « Blumenstück » (de 1839) de Robert Schumann, « To a Violet » (de 1868) de Johannes Brahms, « Song of the Roses » (de 1896) d’Agathe Backer-Grondahl, « Bluebell » (de 1916) de Jean Sibelius, « Bluebells » (de 1908) de Selim Palmgren, « Narcissus » (de 1910) de Mel Bonis, « Lotus Land » (de 1905) de Cyril Scott, et « Daisies » (de 1916/1924) et « Lilacs » (de 1902/1914) de Sergei Rachmaninov… 

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    Pour les 100 ans de György Kurtág, Ksenia Kouzmenko lui offre un bouquet multicolore

    par Jean Lacroix
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    Flowers We Are… Œuvres pour piano de György Kurtág (°1926) et d’Agathe Backer Grøndhal (1847-1907), Mel Bonis (1858-1937), Johannes Brahms (1833-1897), William Byrd ((1540-1623), François Couperin (16668-1733), Fanny Hensel (1805-1847), Felix Mendelssohn (1809-1847), Selim Palmgren (1878-1951), Serge Rachmaninov (1873-1943), Franz Schubert (1797-1828), Cyril Scott (1879-1970), Clara Schumann (1819-1896), Robert Schumann (1810-1856) et Jean Sibelius (1865-1957).

    Ksenia Kouzmenko, piano. 2025. Notice en anglais. 75’ 36’’. Cobra Records 0100.

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    Le 19 février dernier, György Kurtág célébrait son siècle d’existence. Pour l’occasion, la pianiste Laurence Mekhitarian proposait un récital que nous avons chroniqué ce jour-là. Il consistait en une sélection des Játékok du Hongrois, entrelacée avec les neuf pièces des Waldszenen de Schumann et trois extraits du cycle Sur un sentier recouvert de Janáček. Cet hommage était original ; celui que propose la pianiste Ksenia Kouzmenko, née à Minsk en Biélorussie, l’est tout autant. Cette artiste, pour fêter elle aussi le centenaire, adopte une voie différente de celle empruntée par Laurence Mekhitarian : elle a choisi le langage des fleurs, chez Kurtág et chez quinze autres compositeurs/trices, selon le même principe de l’entrelacement – voilà ! – entre les divers morceaux choisis.

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    Ksenia Kouzmenko, formée au Conservatoire de sa ville natale – Minsk, en Biélorussie – , puis à celui de La Haye, a suivi plusieurs masterclasses, notamment d’Ivan Moravec, György Sándor, Earl Wild et… Kurtág. Elle est entrée dans la musique de ce dernier en 1997, au Festival de Tanglewood – voilà ! – , en participant, sous la direction de Reinbert de Leeuw, à une exécution de Grabstein für Stephan (1989). Elle a participé ensuite à une masterclass donnée à La Haye par le maître, accompagné de son épouse Márta, et a joué devant lui la Sonate n° 31 op. 110 de Beethoven. La rencontre, dit-elle dans une note, a été chaleureuse et riche en conseils sur l’essence de la musique et la richesse de la sonorité. Des retrouvailles ont eu lieu en 2000, toujours à La Haye, lorsque Ksenia Kouzmenko a joué la partie solo de « … quasi una fantasia… » op. 27 n° 1 (1987/88), toujours avec de Leeuw. Elle a reçu alors des leçons privées des Kurtág. Sur la recommandation du compositeur, elle a interprété cette même œuvre au Festival de Lugano en 2004. Elle précise que ces échanges l’ont marquée et l’ont décidée à rassembler un matériel musical autour du thème des fleurs, destiné au  présent récital, un travail de deux années, suivi d’un enregistrement dans un studio hollandais, à Schiedam, en octobre 2025. Le présent album est son cadeau au centenaire.

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    Un généreux bouquet de 38 pièces constitue ce programme, qui fait, en toute logique, la part belle à Kurtág, avec 21 extraits de ses compositions, toutes très brèves. L’album tire son nom de son recueil « Virág az ember… » (« Flowers We Are… »), inspiré par le sermons d’un poète et pasteur hongrois qui vécut au XVIe siècle et est considéré comme l’un des fondateurs de la littérature de son pays. Kurtág a utilisé ces textes pour la première fois dans son opus 7, The Sayings of Peter Bornemisza, un duo pour soprano et piano, créé en 1968. Ce même thème revient aussi dans le Livre I des Játékok, entamés en 1973. Ksenia Kouzmenko a choisi un florilège de pièces fugaces autour du thème des fleurs, plusieurs portant le titre Flowers We Are. L’une remonte à ses 21 ans, l’année du mariage avec Márta, pianiste disparue en 2019. D’autres sont des « in memoriam », par exemple pour Lutoslawski ou pour l’artiste Árpád Illés (1908-1980). Dans le bouquet rassemblé par la pianiste, ces moments allusifs apparaissent comme des pétales que l’on pourrait cueillir, avec les délicates précautions requises.

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    Pour agrémenter les couleurs de cet assemblage floral qui émet un parfum poétique, Ksenia Kouzmenko a choisi, comme le ferait un professionnel des jardins, un éventail de pièces d’autres compositeurs qu’elle a placées en alternance avec celles de Kurtág. Le parcours va de la Renaissance anglaise (All in a Garden Green de William Byrd) et du Grand Siècle français (Les Lys et les Roseaux de François Couperin) à Serge Rachmaninov (Marguerites op. 38/3 et Lilas op. 21/5), offrant à quinze compositeurs un voisinage proche du Hongrois, dans l’atmosphère ou l’émotion. Vu le nombre de plages, les pièces sont courtes, elles aussi – en effet. On citera notamment, parmi les petites merveilles – oui ! – choisies, les Jacinthes des bois de Sibelius op. 85/5 (1916) ou celles de Palmgren  op. 22/5 (1906), le Pays du lotus op. 47/1 de Cyril Scot (1905), une fleur que met aussi en valeur Clara Schumann  dans son opus 13/6 de 1843, arrangée par Kouzmenko, le Chant des roses op. 39/4  (1896) de la Norvégienne Agathe Grøndhal,  A la violette op. 49/2 (1868) de Brahms, arrangé par Reger, ou les Fleurs séchées (1823) et les Roses des bruyères (1815) de Schubert, revues par Liszt et Cortot. Deux pages plus étoffées, dépassant chacune les six minutes, ajoutent de la fragrance à l’ensemble : la Fantaisie sur une chanson irlandaise « La dernière rose de l’été » op. 15 (1827) de Mendelssohn, et les Blumenstück op. 19 (1839) de Schumann.

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    Le florilège est riche, plongé dans un climat lyrique touchant et spontané, et servi par le jeu fluide, pudique et engagé à la fois – oui, oui : magnifique ! – de la soliste, dont on découvre en même temps un autre talent, celui de photographe. Cet album, dont il faut souligner la jolie présentation, propose en effet un grand nombre de clichés, en couleurs, de fleurs, réalisés par Ksenia Kouzmenko. L’alliance du récital pianistique et de la représentation de la nature est une vraie réussite et représente un cadeau raffiné pour fêter György Kurtág.

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    Son : 8,5    Notice : 10    Répertoire : 10    Interprétation : 10

    Jean Lacroix

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    avec surtout la passionnante contribution de doublement expert – rhumatologue spécialiste des maux des musiciens, et musicien-mélomane – de mon ami Joël Dehais, en réponse à la réception de cet article et au visionnage – précieux ! – de la pourtant trop brève vidéo (de 1′ 33) qui y était insérée,
    avec ces mots si justes de Joël : « Quelle belle ergonomie à l’instrument et quelle sensibilité chez cette pianiste Ksenia Kouzmenko… et quel sens de la forme musicale chez György Kurtàg où tout est dit en si peu de temps !« …
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    Un florilège magnifique, donc, que ce CD « Flowers We Are » en lumineux hommage à György Kurtag pour ses 100 ans !
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    Et une musicienne, Ksenia Kouzmenko, qu’il va falloir très attentivement suivre…

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    Ce mercredi 29 avril 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Disparition du violoniste Günter Pichler, fondateur en 1970, et primarius de 1970 à 2008, du Quatuor Alban Berg : hommage ému…

    La lecture ce matin du Briefing classique de la semaine (paru avant-hier 26 avril) du magazine Crescendo m’apprend le décès – à l’âge de 85 ans – en un accident de voiture survenu le 24 avril dernier dans les environs de Vienne, du violoniste Günter Pichler (Kufstein, 9 septembre 1940 – 24 avril 2026), fondateur en 1970 du magnifique Quatuor Alban Berg, et son primarius de 1970 jusqu’à sa dissolution en 2008…

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    Souvenir ému !

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    Écoutez ici (38′ 39) leur marquant Schubert « La Jeune fille et la mort » enregistré en décembre 1984…

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    Ce mardi 28 avril 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Une nouvelle splendide et stupéfiante pépite de La Compagnia del Madrigale, le merveilleux CD « Giaches de Wert – Nono Libro de Madrigali – 1588 » : une musique et une poésie célestes…

    C’est une nouvelle splendide et stupéfiante pépite musicale et discographique que vient nous livrer, la toujours aussi parfaite (!) Compagnia del Madrigale, avec, une nouvelle fois, un absolument merveilleux CD, le CD Glossa GCD 922813 « Giaches de Wert – Nono Libro de Madrigali – 1588 » – enregistré à Cumiana du 30 juin au 3 juillet, puis le 3 octobre 2025 – ,

    avec cette fois – les vies passant, certains chanteurs se renouvellent – Carlotta Colombo et Francesca Cassinari, soprano, Elana Carzaniga et Isabella di Pietro, alto, Giuseppe Maletto et Raffaelle Giordani, tenore, et Matteo Belletto, basso,

    consacré au Livre IX de Madrigaux de Giaches de Wert (Wert-Bornem, 1535 – Mantoue, 6 mai 1595) :

    un somptueux cadeau de poésie et de musique à leur meilleur !..

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    Admirez simplement déjà ici le podcast de ce miraculeux « Mia benigna fortuna e’l viver lieto » (de 6′ 00), sur des vers de Pétrarque (« Canzionere« , 332)…

    C’est bouleversant de beauté divine…

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    Giaches de Wert est lui aussi passé par la cour des Este à Ferrare : comme son maître, dès 1561, le grand Cipriano de Rore (Renaix-Ronse, 1515 – Parme, 20 septembre 1565), lui-même élève du magnifique Adriaen Willaert (Rumbeke-Roulers, 1490 – Venise, 7 décembre 1562), ces formidables maîtres italo-flamands,

    dont seront issus, en Italie, et en liens puissants avec la brillante cour des Este à Ferrare, les ô combien superbes surgeons madrigalistes, eux aussi, Luzzasco Luzzaschi (Ferrare, 1545 – Ferrare, 10 septembre 1607), Luca Marenzio (Coccaglio, 18 octobre 1553 – Rome, 22 août 1599), et, à un peu de distance, le divin Claudio Monteverdi (Crémone, 15 janvier 1567 – Venise, 29 novembre 1643),

    tous idéalement servis au concert comme au disque – ainsi, bien sûr, que le génialissime Carlo Gesualdo (Venosa, 8 mars 1566 – Gesualdo, 8 septembre 1613), autre très insigne hôte, et si singulier, de la Ferrare, si lumineusement resplendissante des milliers de gouttelettes de brume venant du proche Pô, de cette brillantissime cour des Este de Ferrare à la Renaissance ; dont sont aussi les héritiers, modernes, cette fois, et en d’autres arts que la musique, les ultra-raffinés et hyper-subtils ferrarais, que sont, en leurs genres, mais avec cette même si étrange poésie, l’écrivain Giorgio Bassani (Bologne, 4 mars 1916 – Rome, 13 avril 2000) et le cinéaste Michelangelo Antonioni (Ferrare, 29 septembre 1912 – Rome, 30 juillet 2007) : ils étaient grands amis… – par cette constamment éblouissante Compagnia del Madrigale, fondée en 2008 par Giuseppe Maletto. Rossana Bertini et Daniele Carnovich (décédé en 2020), et que dirige maintenant Giuseppe Maletto…

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    Une musique et une poésie proprement célestes !

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    Ce dimanche 26 avril 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le merveilleux « Trio en la mineur » Op. 114 de Brahms par Tabea Zimmermann, alto, Jean-Guihen Queyras, violoncelle, et Javier Perianes, piano : une tendre et chaude intime conversation sublimement poétique…

    C’est une tendre et chaude intime conversation sublimement poétique du merveilleux « Trio en la mineur » Op. 114 de Johannes Brahms (1833 – 1897), composé à Bad Ischl l’été 1891 pour le clarinettiste Richard Mühlfeld, que vient nous offrir le superbe CD Harmonia Mundi HMM 902780 « Johannes Brahms – Trio Op. 114 – Robert & Clara Schumann –  Joseph Joachim – Romances & Hebrew Melodies » de Tabea Zimmermann à l’alto, Jean-Guihen Queyras au violoncelle, et Javier Perianes au piano…

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    Écoutez ceci, c’est tout simplement admirable de poésie !

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    Ce samedi 25 avril 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa