Catégorie : Musiques

  • Musiques de joie (toujours) : Jean-Philippe Rameau par les virevoltants Pierre Hantaï et Skip Sempé

    J’ignore si Jean-Philippe Rameau (Dijon, 25 septembre 1683 – Paris, 12 septembre 1764)

    avait lui-même un caractère _ ou tempérament _ joyeux

    _ il me semble avoir été lui-même plutôt souvent d’une humeur assez irascible… _,

    mais pas mal de pièces de sa musique

    _ de clavier, de chambre ou d’opéra _

    pétillent 

    _ peut-être eu égard à la place de la danse dans la tradition musicale française :

    le genre des Suites instrumentales, la part des danses dans les opéras à la française… _

    d’une irrépressible allégresse…

    …

    …

    Aussi ai-je ici opté pour un CD intitulé « Symphonies à deux clavecins« 

    _ le CD Mirare MIR 144, paru en 2012 _,

    par Pierre Hantaï et Skip Sempé,

    …

    dont le programme a été enregistré en juillet et décembre 2011, au théâtre d’Arras,

    à partir de transpositions pour le (ou les) clavier(s)

    de morceaux de ses opéras.

    …
    …

    J’ai écouté aussi le magnifique double album

    que Bertrand Cuiller a consacré à l’intégrale des Pièces pour clavecin (de 1706, 1724 et 1726-27) de Jean-Philippe Rameau,

    soit le double CD Mirare MIR 266,

    enregistré à l’abbaye de Royaumont en janvier et mai 2014, et paru en 2015,

    …

    mais je l’ai trouvé _ un poil _ moins joyeux

    que le très épatant travail virevoltant réalisé par les maîtres Hantaï et Sempé,

    sur des pièces un peu plus tardives _ et pour beaucoup d’entre elles extraites d’Opéras _ dans la vie du maître dijonnais (1683 – 1764) :

    …

    1724 pour les Tambourins en rondeau des Pièces de clavecin de 1724 (repris dans Les Fêtes d’Hébé de 1737) ;

    1728 pour une Sarabande et Les Sauvages des Nouvelles Suites de Pièces de Clavecin de 1727 (Les Sauvages repris dans Les Indes galantes de 1735) ;

    1733 pour un Menuet d’Hippolyte et Aricie de 1733 ;

    1735, pour dix pièces (l’Ouverture, une Musette en rondeau, des Menuets, Les Tambourins, l’Air pour les Polonais, l’Air pour les Esclaves africains, une Gavotte, l’Air pour les Bostangis, Les Sauvages et une Chaconne) des Indes galantes de 1735 ;

    1739, pour cinq pièces de Dardanus de 1739 ;

    1741 pour les cinq Concerts des Pièces de clavecin en concerts de 1741 ;

    1745 pour une Musette et des Menuets dans le style de la vièle de Platée de 1745 ;

    1747 pour l’Ouverture de Pygmalion de 1747 ;

    1749 pour un Menuet en rondeau et une Sarabande de Zoroastre de 1749 ;

    et 1757 pour un Air très gai et une Gavotte un peu lente des Paladins de 1757.

    …

    …

    Un récital éminemment ramellien !!!

    Bravo !!!!

    …

    …

    Ce lundi 23 mars 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Musiques de joie : au sommet, les merveilleuses Sonates en trio de l’extraordinaire Jan Dismas Zelenka !

    En matière de musiques de joie,

    …

    je place au plus haut de la pile les merveilleuses Sonates en trio ZWV181 de Jan Dismas Zelenka

    (Lounovice, 16 octobre 1679 – Dresde, 23 décembre 1745)

    …

    sans conteste un de mes compositeurs préférés !

    _ nulle œuvre si peu que ce soit inférieure chez lui… Tout est constamment et au plus haut magnifique !!!

    …

    …

    La difficulté est pour moi de choisir entre les nombreuses versions dont je dispose en CDs

    _ dont, et c’est à relever, une que j’avais achetée à Prague en 1993, dirigée par Frantisek Xaver Thuri,

    le double album Matous MK 0010-2132…
    …
    …

    J’ai donc choisi d’écouter les interprétations de

    Paul Dombrecht, en 1982 et 1988,

    en un double CD Accent, et repris par Glossa GCD C80014, en 2015,

    …

    Zefiro – Alfredo Bernardini, en 1993 et 1995,

    en un double CD Arcana A 394, en 2016,

    …

    Collegium 1704 – Vaclav Luks, en 2016,

    en un double CD Accent ACC 24319, en 2017,

    …

    Ensemble Berlin Prag (avec une supervision artistique de Reinhard Goebel), en 2017,

    en un double CD Supraphon SU 4932-2, en 2018.

    …

    …

    Chacune de ces superbes interprétations a de très grandes qualités

    _ velours, douceur, tendresse _,

    …

    mais puisque je privilégie ici le critère de la capacité de donner de la joie,

    …

    c’est pour la plus récente version,

    celle enregistrée à Berlin au mois de juillet 2017,

    par l’Ensemble Berlin Prag,

    et sous la direction artistique de Reinhard Goebel,

    …

    avec Dominik Wollenweber et Vilem Veverka, hautbois,

    Mor Biron, basson,

    Barbara Maria Willi, clavecin,

    Ulrich Wolff, contrebasse

    et Jakub Cernohorsky,

    …

    que j’opte ici : la plus vive !

    …

    Cf déjà mon article du 16 mars 2018 : …

    …

    …

    Et voici une vidéo de 16′ 15 qui nous en donne un superbe extrait :

    un pur régal !!!

    …

    …

    Au passage,

    je regrette l’absence ces dernières décennies

    d’enregistrements nouveaux de la merveilleuse musique orchestrale de Zelenka

    (Hipocondrie, l’Ouverture à 7 ZWV 181, etc.),

    depuis les parutions des disques de Nikolaus Harnoncourt, enregistrés en 1977-78-79 chez Teldec

    _ quel choc musical lors de leur découverte !

    …

    …

    Des 3 volumes des Complete Orchestral Works de Jan Dismas Zelenka

    interprétés par l’Ensemble Das Neu-Eröffnete Orchestre, dirigé par Jürgen Sonnentheil,

    parus chez CPO entre 1997 et 2000,

    je possède les volumes 1 et 3, mais pas le volume 2 (paru en 1999).

    …

    Une interprétation pas assez vive, hélas ;

    et qui laisse donc à désirer…

    …

    …

    Bien sûr, la splendide _ et très riche, heureusement ! _ musique religieuse de Zelenka

    _ surtout pour la cour royale Dresde : musique elle aussi très largement au-dessus du lot ! Les Messes sont toutes des merveilles !!! _

    a été magistralement servie :

    ..

    par les chefs tchèques Vaklav Luks, Adam Viktora,

    et allemands Frieder Bernius, Hans-Christoph Rademan…

    …

    …

    Jan Dismas Zelenka,

    formé dans la Prague catholique des Habsbourg,

    est un extraordinaire enchanteur !

    …

    Et donc une absolue priorité de découverte

    pour les amoureux du Baroque musical !

    …

    …

    Ce dimanche 22 mars 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Musique de (presque) joie : le très tendre Trio des Quilles de Mozart, par exemple par Pascal Moraguès, Frank Braley et Vladimir Mendelssohn

    Parmi les plus parfaites musiques de joie

    _ ou de presque joie, ici, très tendre… _,

    …

    l’amicalissime

    _ pour l’ami (et frère en maçonnerie) Anton Stadler _

    Trio dit des Quilles, K. 498, de Mozart

    _ il aurait été écrit en la  seule journée du 5 août 1787,

    à l’issue d’une partie de quilles dans le jardin des amis Jacquin _,

    …

    par exemple dans la lumineuse version qu’en ont donné en 2003

    Pascal Moraguès, clarinette,

    Frank Braley, piano,

    et Vladimir Mendelssohn, alto ;

    …

    soit le CD Praga Digitals PRD/DSD 250 200

    …

    qui comporte aussi le bouleversant _ et sublimissime : un sommet ! _ Quintette avec clarinette K. 581

    _ avec le Prazak Quartet.

    …

    …

    J’aime bien aussi la version qu’ont donné de ce Trio des Quilles,

    en janvier 1999,

    Gilles Thomé, cor de basset en sol,

    Arthur Schoondervoerd, pianoforte,

    et Emilio Moreno, alto ;

    …

    soit le riche et passionnant double CD Zig-Zag Territoires « Une Soirée chez les Jacquin« ,

    ZZT 2990701.2.

    …

    …

    En ce sublime _ et discret _ Trio des Quilles,

    une ombre de mélancolie vient doucement _ très délicatement _ ourler la joie mozartienne…

    …

    …

    Incomparable _ et fidélissime _ Mozart !!!

    …

    …

    Ce samedi 21 mars 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Musiques de joie, avec Mendelssohn (suite) : la merveille absolument jubilatoire de l’Octuor, Op. 20

    Le nom de Felix Mendelssohn

    (Hambourg, 3 février 1809 – Leipzig, 4 novembre 1847)

    …

    m’évoque, tout ausssi immédiatement

    _ cf mon article d’hier : … _,

    son admirable _ à ressusciter les défunts ! qui ont encore un peu d’oreille… _ Octuor, Op. 20,

    …

    composé en 1825 pour l’anniversaire de son ami _ il n’avait même pas 7 ans de plus que lui... _ et professeur de violon Eduard Ritz (Berlin, 17 octobre 1802 – Berlin, 22 janvier 1832 _ on mourait bien jeune à ces époques… _) :

    …
    Mendelssohn avait juste 16 ans !

    …
    …

    Il en existe de bien belles versions en CD…

    …

    …

    M’est tombée la première sous la main,

    celle du Wiener Oktett

    _ ici Willi Boskovky, violon, Günther Breitenbach, alto, Nikolaus Hübner, violoncelle, Johann Krupp, contrebasse, Alfred Boskovsky, clarinette, Joseph Veleba, cor, et Rudolf Hanzel, basson _,

    enregistrée en 1972 à la Sofiensaal à Vienne,

    et en un CD Decca paru en 1988.

    …

    …

    Existent, bien sûr, d’autres Octuors,

    tel celui de Schubert,

    …

    mais nul ne possède la jubilation extraordinaire de cet Opus 20, en 1825, du jeune Mendelssohn !

    …

    …

    Je dois dire cependant que, parmi les Octuors, je vénère aussi

    _ cf mon article du 19 septembre 2018 : … _

    l’Octuor pour cordes op. 7 de George Enescu (Liveni, 19 août 1881 – Paris, 4 mai 1955),

    composé en 1900 _ Enescu avait 19 ans _ ;

    …

    mais je ne le rangerais peut-être pas, lui _ lui aussi un chef d’œuvre ! _,

    parmi les musiques de joie….

    …

    …
    Ce vendredi 20 mars 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa