Catégorie : Musiques

  • Entendre chanter la poésie française du début du XXe siècle : Cyrille Dubois interprète des Mélodies de Nadia et Lili Boulanger

    Le travail de Cyrille Dubois, ténor,

    et Tristan Raës, piano,

    en leur un peu étrange CD Aparte AP 224

    Mélodies de Lili (1893 – 1918) et Nadia (1887-1979) Boulanger,

    …

    a l’insigne mérite de chanter très adéquatement

    un répertoire rare

    tant au disque qu’au concert :

    …

    celui de mélodies au service

    prioritaire

    d’une poésie _ française _ qu’on n’entend plus,

    …

    celle de Henry Bataille,

    Armand Silvestre,

    Albert Samain,

    Paul Verlaine _ lui, si ! _,

     Camille Mauclair,

    Maurice Maeterlinck,

    Nadia Boulanger _ elle-même _,

    Bertha Galeron de Calonne,

    Georges Delaquys,

    Émile Verhaeren,

    …

    …

    Et c’est bien cette poésie-là

    qui s’entend ici à merveille,

    bien plus que la musique des mélodies

    mise entièrement à son service.

    …

    …

    Un travail assez singulier, donc,

    et qui dépayse absolument ;

    …

    parfaitement réalisé

    par le chanteur-diseur et son pianiste…

    …

    …

    Une réalisation tout à fait originale

    au CD.

    …

    …

    Ce mercredi 26 février 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’art d’interpréter des transcriptions d’oeuvres de Beethoven, de Cyprien Katsaris : l’exemple des transcriptions pour piano seul des Sonates pour piano et violon « Le Printemps » et « A Kreutzer »

    Le 13 février dernier,

    en mon article ,

    …

    j’avais fait part de mon vif intérêt _ a priori, alors _

    pour le coffret A chronological Odyssey Beethoven

    _ un coffret de 6 CDS Piano 21, P21 060-N _,

    qu’il me tardait d’écouter…

    …

    …

    On connaît la qualité des interprétations

    des transcriptions (par Liszt) des 9 Symphonies de Beethoven

    déjà données par Cyprien Katsaris _ chez Teldec Classics, en 1990.

    …

    …

    Cette fois,

    Cyprien Katsaris se penche de très près sur l’histoire du travail de composition de Beethoven,

    entre 1787 et 1827 ;

    …

    et principalement en la  période

    entre 1799 (avec la Sonate pour piano n°10, en sol majeur, Op. 14 n° 2)

    et 1809 (avec la Sonate pour piano n°24, en fa dièse majeur, Op.78, « À Thérèse »…

    …

    …

    Eh ! bien, 

    il se trouve que je suis particulièrement séduit

    par les interprétations des transcriptions pour piano seul

    des Sonates pour violon et piano n°5, en fa majeur, Op. 24, « Le Printemps » (de 1800-1801)

    _ transcription réalisée par Louis Winkler ; donnée dans le CD n°3 _,

    et n°9, en la majeur, Op. 47, « À Kreutzer » (de 1803)

    _ transcription anonyme pour les mouvements I et III, et réalisée par Carl Czerny pour le mouvement n°2 ; donnée dans le CD n°5.

    …

    …

    Est-ce dû à un soin particulier _ mélodique, notamment _ porté par Beethoven

    à cette série d’œuvres pour le piano et le violon ?

    …
    …

    Peut-être.

    …

    Quelle séduction en tout cas,

    ici sous les doigts virevoltants _ et sans affèterie _ de Cyprien Katsaris…

    …

    …

    Et quelle leçon _ non didactique ! _ d’attention _ rendu si merveilleusement perceptible à l’auditeur ; et dans le plus grand naturel, surtout… _

    au détail si précieux _ tout frais au sortir de l’improvisation… _ de l’œuvre de composition

    du génie beethovenien…

    …

    …

    Bravo !

    …

    …

    Ce mardi 25 février 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Sur le riche CD Bartok-Korngold du Goldner String Quartet et Piers Lane…

    Ce jour,

    lundi 24 février 2020,

    sur son très riche blog Discophilia,

    …

    Jean-Charles Hoffelé

    consacre un bel article intitulé Quintettes du Danube

    au CD Hyperion CDA 68290

    …

    des Quintettes avec piano

    de Bela Bartok (1881 – 1945)

    et Eric Wolfgang Korngold (1897 – 1957,

    …

    par le Goldner String Quartet et Piers Lane…

    …

    …

    À relier à mes articles

    du 30 août 2019 :  ;

    et 9 février 2020 :  .

    …

    …

    QUINTETTES DU DANUBE

    Le Quintette de Bartók a enfin _ oui ! _ de la chance au disque _ en effet ! Tout juste hier, Vilde Frang et ses amis _ dont le pianiste Alexander Lonquich _ lui offraient une lecture tempétueuse _ impressionnante, magnifique ! Cf mon article du 30 août 2019 :  _, Piers Lane et les Goldner le replacent plus aisément _ probablement _ dans la filiation brahmsienne _ et viennoise, des circonstances de sa composition, en 1903-1904 _, adoucissant les hungarismes _ oui _, donnant aux harmonies une tonalité dorée _ oui _ plutôt nouvelle Vienne _ déjà.

    …

    …

    Feraient-ils l’œuvre trop belle ? En tous cas, j’écoute fasciné ces jeux de timbres savamment composés, ces danses suggérées, l’étoffe plus soie que velours _ sans doute… _ de cet ensemble qui prend la lumière dans une œuvre si volontiers sombre. Mais les cinq amis savent aussi que Bartók flirte ici avec les audaces _ oui _ de la Vienne nouvelle, la sensualité des archets _ oui _ évoquent parfois le monde de Joseph Marx.

    …

    …

    Le couplage avec le grand Quintette de pure fantaisie qu’Erich Wolfgang Korngold composa en 1923 (soit vingt ans après celui de Bartók) après le succès remporté par Die tote Stadt semblait une évidence, mais les deux œuvres regardent dans des directions contraires _ en effet ! _, Bartók imaginant un nouveau monde alors même qu’il est encore immergé dans Brahms, Korngold jouant les équilibristes _ voilà _ entre un monde de fantaisie et des instants abyssaux _ oui.

    …

    …

    De cette ambivalence _ voilà _, Piers Lane et les Goldner rendent compte avec un brio certain, rendant justice à une œuvre qui se sera entendue jusque-là pour échapper à ses interprètes _ comme à ses potentiels auditeurs.

    …
    …

    LE DISQUE DU JOUR

    …

    …

    Béla Bartók (1881-1945)

    …
    Quintette avec piano en ut majeur, Sz. 23, BB 33

    …
    Erich Wolfgang Korngold(1897-1957)

    …
    Quintette avec piano en mi majeur, Op. 15

    …

    Piers Lane, piano
    Quatuor Goldner, direction

    …

    Un album du label Hypérion CDA68290
    …

    Photo à la une : © DR

    …

    …

    Ce lundi 24 février 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Une apothéose d’Adam Laloum ? La douceur naturelle renversante de ses Schubert D. 894 et 958…

    Il y a déjà bien longtemps que j’aime _ tout simplement _ le piano _ naturel, sans la moindre affèterie ! _ d’Adam Laloum

    _ cf mon article du 21 janvier 2019 : …

    …

    …

    Alors que je ne suis pas sans réticence

    devant les sonates pour piano de Schubert _ et leurs redoutables infinies longueurs…

    …

    …

    Eh bien ! Adam Laloum nous livre semble-t-il ici la clé

    _ renversante ! _

    de l’intimité de Schubert lui-même à son piano

    …

    en son interprétation d’une douceur absolue

    des Sonates

    en Sol majeur « Fantaisie » D.894

    et en Ut mineur D. 958

    …

    en un admirable CD Harmonia Mundi HMM 902660.

    …
    …

    Voici ce qu’en a dit le 18 février dernier Jean-Charles Hoffelé

    en son blog Discophilia,

    sous le titre Schubert enfin.

    …

    …

    SCHUBERT ENFIN

    Adam Laloum se sera beaucoup cherché d’un éditeur l’autre, un talent pareil devait trouver bon port, sa venue chez harmonia mundi, les micros si attentifs d’Hugues Deschaux dans l’Eglise du Bon Secours et un Steinway réglé au cordeau lui font mieux qu’un cadre idéal : ils lui donnent la liberté de réaliser à plein ce qu’il promettait _ et avait donné, à l’occasion ! Je trouve ici Jean-Charles Hoffelé bien sévère !

    …

    …

    Le défi n’était pas aisé : pas de Sonate plus difficile (chez Schubert et ailleurs) que la « Fantasie ». Vladimir Ashkenazy l’aura adorée, et le premier aura su y respirer ce chant qui hésite, ne se configure pas, s’arrête, se répète, dévie. Une sonate ? Quatre poèmes _ distincts _ qui ne peuvent s’incarner sans un autre “compositeur” qui saura les respirer _ à la Radu Lupu, aussi….

    …

    …

    Et ici, Adam Laloum est simplement saisi par le génie si particulier de cette musique qui n’a jamais eu d’équivalent en termes de poésie pure. Alors il ne m’en voudra pas trop tôt de rappeler que peu ont su trouver les notes justes, et qu’il me semble qu’il s’y souviendrait peut-être d’Ashkenazy et de Kempff. Il est surtout lui-même, timbrant, respirant, ombrant, chantant pour lui _ oui : Adam Laloum chante pour lui, et avec quelques partenaires chambristes, aussi… _  dans cette éloquence secrète qui est le cœur de Schubert. Avec une palette de timbres composée par un peintre.

    …

    …

    Cette sol majeur est impérissable, jouée ainsi pour soi-même, et portée dans un son qui veut aussi parler à d’autres. La pondération relative qu’il met aux escarpements de la Sonate en ut mineur le montre non pas plus prudent, mais comme saisi par une conscience de ce qui s’y joue.

    …

    …

    Richter l’emportait dans un combat digne d’un Roi des aulnes, Laloum _ lui _ la construit avec ce qui serait un sentiment tragique, quelque chose d’irrémédiable que l’on veut éviter et qui surviendra quand même. Tout cela fait dans un clavier qui évoque _ oui _ plutôt qu’il ne proclame _ jamais rien de péremptoire chez Laloum, en effet. À mesure, l’œuvre étend son aile, les paysages se dévoilent, tout cela se construit, implacable et pourtant secret _ oui, à partager ainsi. Adam Laloum serait-il devenu cet aigle du piano _ est-ce le symbole qui convient ? Par ce qu’il peut surplomber ?.. _ que j’espérais ? Ce disque est grand _ absolument.

    …

    …

    LE DISQUE DU JOUR

    …

    …

    Franz Schubert (1797-1828)

    …

    …
    Sonate pour piano No. 18 en sol majeur, D. 894
    Sonate pour piano No. 19 en ut mineur, D. 958

    …

    …

    Adam Laloum, piano

    …

    …

    Un album du label harmonia mundi HMM 902660
    …

    …

    Photo à la une : le pianiste Adam Laloum – Photo : © Harald Hoffmann/Sony Music Entertainment

    …

    …

    Ce samedi 22 février 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa