Catégorie : Musiques

  • Stephane Degout, plus que jamais au sommet : le CD « Enfers _ Famous Opera Scenes by Jean-Philippe Rameau »

    Un nouvel article, Inferno,

    de Jean-Charles Hoffelé sur son blog Discophilia, du site Artamag,

    …

    m’a conduit

    à mieux écouter

    le CD Enfers _ Famous Opera Scenes by Jean-Philippe Rameau  

    de Stéphane Degout

    avec l’Ensemble Pygmalion que dirige Raphaël Pichon :

    …

    Soit le CD Harmonia Mundi HMM 902288.

    …
    …

    J’avais été déçu par un récital Bach

    de Pygmalion et Raphaël Pichon

    à l’Auditorium de Bordeaux, le 5 février 2018 :

    …

    pas assez soigné

     et avec trop de coupures dans les cantates données.

    …

    …

    Le CD Enfers avait donc fait les frais

    du souvenir tenace de cette mauvaise humeur mienne à l’égard de Pichon. 

    …

    Et alors même que sur un programme _ en partie ramélien _ assez proche,

    j’avais filmé au caméscope,

    du haut de la chaire _ baroquissime _ de Sainte-Walburge, à Bruges,

    La Simphonie du Marais, de Hugo Reyne,

    avec le baryton Thierry Félix ;

    …

    c’était le 7 août 1993 _ le soir même des obsèques, à Bruxelles, du roi Baudouin.

    Bruges peu à peu allait sortir du deuil qui l’anesthésiait jusque là.

    …

    Lors du Festival des Flandres de 1993 _ il y a déjà 26 ans.

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    …

    J’ai sous les yeux le programme de ce concert de 1993

    que Hugo Reyne avait intitulé

    _ par un parfait hasard eu égard à la spécificité (tellement singulière !) de telles circonstances de deuil profond ! _

    « Des Ténèbres aux Lumières » !

    …

    Je mets ici en gras ce qui est commun

    entre le récital de Thierry Félix et La Symphonie du Marais

    et le CD de Stéphane Degout et Pygmalion :

    …

    _ Jean-Fery Rebel : le chaos (extrait des Éléments)

    _ Jean-Philippe Rameau : « Profonds abîmes du Ténare » (extrait du Temple de la Gloire)

    _ Ouverture de Zaïs

    _ « Monstre affreux, monstre redoutable » (extrait de Dardanus)

    _  Ouverture de Hippolyte et Aricie

    _ « Puisque Pluton est inflexible » (extrait de Hippolyte et Aricie)

    _ Ouverture de Zoroastre

    _ « Éveillez-vous ! » (extrait de Zaïs)

    _ Ouverture du Temple de la Gloire

    _ La Fête du Soleil (extraite des « Indes Galantes« ) :

    … « Soleil, on a détruit tes superbes asiles »

    … Adoration du Soleil : « Brillant Soleil ! »

    … Dévotion au Soleil : « Clair flambeau du Monde »

    Georg Frideric Händel : Ouverture des Royal Fireworks.

    …

    …

    Eh bien !

    à la ré-écoute de ce CD Degout,

    …

    je réévalue complètement mon appréciation,

    au moins des interprétations de ce génial baryton qu’est Stéphane Dégout :

    …

    quelle superbe intelligence des textes,

    quel art de la diction la plus juste qui soit !

    quel timbre !

    _ mais oui ! et cest bien sûr fondamental !!! _

    et quel merveilleux art du chant !

    …

    …

    Tout tremble ici !!!

    en ces Enfers…

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    Voici, maintenant, l’article Inferno de Jean-Charles Hoffelé :

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    INFERNO

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    Sujet, le Ténare, objet la métaphore de la tragédie lyrique entre Rameau et Gluck, ses gains et surtout ses pertes. On ne voit guère ces dernières tant le baryton noir _ voilà _, l’ardeur vocale _ oui _, l’intensité lyrique et dramatique _ oui _, la splendeur des mots _ tout cela est parfaitement cerné ici ! _ qu’y déploie Stéphane Degout dessine des personnages qui semblent _ voilà : quelle extraordinaire puissance de présence ! _ émaner du disque comme jaillis _ oui _ de la scène _ même _ : cet Anténor plein de douleurs et de craintes dans l’attente du monstre, cet Oreste parricide qui hurle sa conscience, se voient _ et s’imposent à nous _ autant qu’il s’entendent.

    …

    Ce disque quasi parfait _ mais oui _ en six stations, entre théâtre – beaucoup – et église (un peu, et moins convaincant à vrai dire _ et c’est tout à fait juste ! _), célèbre Stéphane Degout dans son répertoire de cœur _ voilà ! quel royal interprète ! _, et cet opulent drame imaginé avec Pygmalion et Raphaël Pichon, réserve quelques moments d’anthologie, comme le _ redoutablissime _ “Trio des Parques” d’Hippolyte et Aricie _ les musiciens de l’Académie royale avaient carrément refusé de le jouer lors de la première ! _ ou l’Hostias et preces tibi rebrossé _ dans la Messe de Requiem… _ de Castor et Pollux selon Reinould van Mechelen _ magnifique chanteur, lui aussi : ténor.

    …

    Lorsque résonne « Quelle plainte en ces lieux m’appelle », c’est Rita Gorr ! Non, Sylvie Brunet, Phèdre impérieuse, qui remet Rameau dans le ton de la Grande Tragédie, instant saisissant où Stéphane Degout, avec admiration, se sera laissé voler la vedette.

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    Album splendide _ oui _ à l’édition particulièrement soignée.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Enfers
    Scènes extraits d’opéras de :

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    Jean-Philippe Rameau(1683-1764)
    Zoroastre, RCT 62 (4 extraits)
    Dardanus, RCT 35 (1 extrait)
    Messe de Requiem sur des thèmes de “Castor et Pollux”
    (4 extraits : Requiem aeternam, Kyrie eleison, Domine Jesu Christe, Hostias et preces tibi)

    Hippolyte et Aricie, RCT 43 (5 extraits)
    Les Surprises de l’amour, RCT 58 (1 extrait : Loure)
    Les Boréades, RCT 31 (extrait : Entrée de Polymnie)

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    Jean-Féry Rebel (1666-1747)
    Les Elémens (extrait : Le Chaos)

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    Christoph Willibald von Gluck (1714-1787)
    Iphigénie en Tauride, Wq. 46 (1 extrait)
    Armide, Wq. 45 (1 extrait)
    Orphée et Eurydice, Wq. 30 (3 extraits : Sinfonie infernale, Danse des furies, Ballet des ombres heureuses)

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    Stéphane Degout, baryton
    Avec aussi :
    Emmanuelle de Negri, soprano
    Sylvie Brunet-Grupposo, mezzo-soprano
    Stanislas de Barbeyrac, tenor
    Reinould van Mechelen, ténor
    Mathias Vidal, ténor
    Thomas Dolié, baryton
    Nicolas Courjal, basse

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    Pygmalion
    Raphaël Pichon, direction

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    Un livre-CD du label harmonia mundi HMM902288
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    Photo à la une : le baryton Stéphane Degout – Photo : © Julien Benhamou

     

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    Ce samedi 9 mars 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’hommage à Berlioz, décédé il y a 150 ans ce 8 mars : l’Intégrale Warner Classics de sa musique en 27 CDs

    En hommage au grand Hector Berlioz,

    décédé le 8 mars 1869,

    ce superbe coffret Warner Classics

    de cette (presque) intégrale de son œuvre,

    …

    dont rend très bien compte cet article fouillé de Christophe Le Toquin

    La Première Intégrale Berlioz, enfin !

    qui lui rend hommage,

    sur le site de Res Musica :

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    …

    LA PREMIÈRE INTÉGRALE BERLIOZ, ENFIN !

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    Hector Berlioz (1803-1969) : The Complete Works.…
    CD 1 à 5 – Œuvres orchestrales et instrumentales :

    Symphonie fantastique ; Lélio, ou le Retour à la vie ; Roméo et Juliette ; Harold en Italie ; Grande symphonie funèbre et triomphale ; Le Carnaval romain ; Le Corsaire ; Le Roi Lear ; Les Francs-Juges ; Marche troyenne ; Rêverie et caprice ; Rob-Roy, intrata di Rob-Roy MacGregor ; Waverley ; 2 Fugues ; Trois morceaux pour l’orgue mélodium d’Alexandre

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    CD 6 à 12 – Œuvres vocales et chorales :

    La Damnation de Faust ; Amitié, reprends ton empire ; Aubade ; Canon libre à la quinte ; Chansonnette de Mr Léon de Wailly ; Chant des chemins de fer ; Cléopâtre ; Herminie ; Huit scènes de Faust ; Irlande (Neuf mélodies) ; Je crois en vous ; Je vais donc quitter pour jamais ; La belle Isabeau ; La Captive ; La Mort d’Orphée ; La Mort d’Ophélie ; Le Ballet des ombres ; Le Chant des Bretons ; Le Chasseur danois ; Le Cinq mai ; Le Dépit de la bergère ; Le jeune pâtre breton ; Le Maure jaloux ; Le Montagnard exilé ; Le Temple universel ; Le Trébuchet ; Les Champs ; Les Nuits d’été (2 versions) ; L’Impériale ; Marche funèbre pour la dernière scène d’Hamlet ; Méditation religieuse ; Nocturne à deux voix ; Pleure, pauvre Colette ; Prière du matin ; Sara la baigneuse ; Sardanapale ; Scène héroïque (La Révolution grecque) ; Toi qui l’aimas, verse des pleurs ; Vox populi ; Zaïde

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    CD 13 à 17 – Musique sacrée :

    Grande Messe des morts ; L’Enfance du Christ ; Te Deum ; Hymne pour la consécration du nouveau tabernacle ; Messe solennelle ; Quartetto e coro dei maggi ; Tantum ergo sacramentum ; Veni Creator Spiritus

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    CD 18 à 26 – Œuvres de scène :

    Béatrice et Bénédict ; Benvenuto Cellini ; La Nonne sanglante (fragments) ; Les Troyens

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    CD 26 : Arrangements et orchestrations :

    Claude Joseph Rouget de Lisle : Chant du Neuf Thermidor , Hymne des Marseillais (La Marseillaise) ;

    Carl Maria von Weber : L’Invitation à la valse ;

    Jean-Paul-Égide Martini : Plaisir d’amour ;

    Franz Schubert : Erlkönig (version pour orchestre)

    …
    CD 27 : Enregistrements pionniers :

    Air de Méphistophélès « Voici des roses » et Sérénade de Méphistophélès « Devant la maison », Maurice Renaud baryton.

    Air de Didon : « Chers Tyriens, tant de nobles travaux », Marie Delna, soprano.

    Air de Didon : « Adieu, fière cité », Félia Litvinne soprano
    Symphonie Fantastique : Orchestre des Concerts Pasdeloup, direction Rhené-Baton

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    Interprètes :

    Bruno Messina, Colin Davis, Véronique Gens, Alexandre Tharaud, Anna Caterina Antonacci, Charles Munch, City of Birmingham Symphony Orchestra, Daniel Kawka, Désiré Dondeyne, Donald McInnes, Elsa Dreisig, François-Xavier Roth, Janet Baker, Jean Martinon, Jeff Cohen, John Eliot Gardiner, John Nelson, John Osborn, Josephine Veasey, Joyce DiDonato, Leonard Bernstein, Les Éléments, Louis Frémaux, Mark Van Arsdale, Michael Spyres, Nicolai Gedda, Orchestre de Paris, Orchestre national de France, Orchestre national de l’ORTF, Roberto Alagna, Sabine Devieilhe, Stanislas de Barbeyrac, Stéphanie d’Oustrac, Terry Gilliam, Thomas Hampson, Vincent Le Texier, Yves Chauris, Jon Vickers

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    1 coffret Warner Classics de 27 CDs, enregistrés entre 1901 et 2018. Durée : 31 h 20

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    Warner Classics met un terme à une trop longue attente en éditant la première intégrale Berlioz (du moins de ses œuvres musicales _ ses écrits ont eux aussi un très grand intérêt ! _), pour les 150 ans de la disparition du compositeur, le 8 mars 1869. Et c’est une grande réussite, avec des inédits et à prix très doux.

    …
    …

    Commençons par ce qui peut paraître accessoire mais qui à notre sens signifie beaucoup. Ce coffret édité par une major prend le soin de remercier des figures qui pour être non musicales contribuent à la légende berliozienne, et en premier lieu Michel Austin et Monir Tayeb, animateurs infatigables du site quasi-encyclopédique hberlioz.com et grands défenseurs du compositeur devant l’Éternel. Également dans la liste des premiers remerciés, on notera avec approbation la mention d’Antoine Troncy qui au Musée Hector-Berlioz conserve de précieuses archives sur le compositeur et réalise année après année des expositions au goût parfait.

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    En remerciant également de manière appuyée le Festival Berlioz et Véronique Gens pour avoir accepté que leur premier enregistrement mondial des extraits de la Nonne sanglante (35 minutes de musique) soit édité dans ce coffret, l’éditeur met en lumière que non, enfin, Berlioz n’est plus un réprouvé en son propre pays _ la France. Le Festival Berlioz à La Côte Saint-André animé par Bruno Messina est aujourd’hui le plus couru des festivals d’orchestre en France, l’Opéra de Paris programme Berlioz consciencieusement – certes avec des fortunes diverses – et sa musique est actuellement brillamment défendue par plusieurs générations d’interprètes qui ne cèdent en rien aux grands disparus, les Charles Munch, Colin Davis, Josephine Veasey, Nicolai Gedda… Berlioz s’exclamait auprès de sa sœur Adèle en 1858 qu’il fallait « donc vivre deux cents ans pour pouvoir se faire connaître en France, quand on est compositeur ». Là aussi, il était visionnaire. Même sa panthéonisation est officiellement défendue par ses pairs de l’Académie  auprès du Président de la République.

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    Sur le plan du choix des interprètes et des versions, Warner a la main heureuse en héritant des fonds Erato, EMI et Virgin Classics et arrive ainsi à créer une intégrale de grande qualité, riche en musiciens français _ nous le notons _, que ce soit sur le plan orchestral et vocal, à la direction comme à l’interprétation. Si on a pu souvent et à juste titre déplorer l’internationalisation des labels et des équipes amenant une perte d’identité, ce coffret apporte un beau démenti aux déclinistes. Produit par un label mondial, il met en valeur les talents d’hier et d’aujourd’hui et offre un panorama passionnant _ dont acte _ de l’interprétation berliozienne des cinquante dernières années.

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    Dans les must de cette intégrale, on peut ranger les trois opéras, tous signés John Nelson ainsi que l’Enfance du Christ et la Messe Solennelle signés John Eliot Gardiner. Les Benvenuto Cellini  (Clef ResMusica, Virgin) et Béatrice et Benedict (Erato) sont les meilleures versions au disque _ dont acte _, plus vivantes et naturelles que les versions pionnières de Colin Davis qui ont longtemps tenu le haut du pavé (Philips). S’il y a concurrence, c’est en DVD qu’on la trouvera, pour la Béatrice de référence de Stéphanie d’Oustrac à Glyndebourne (Opus Arte) et la mise en scène survitaminée du Benvenuto Cellini de Terry Gilliam avec l’excellent John Osborn en Benvenuto (Naxos).
    Pour Les Troyens, le coffret intègre la version toute récente et multi-récompensée  de John Nelson avec Joyce DiDonato et Michael Spyres (Clef d’Or ResMusica, Erato). Une version superbe d’engagement _ voilà ! _ à ranger à côté des deux gravures de Sir Colin Davis, celle de 1969 pour Philips pour le duo de Josephine Veasey et Jon Vickers, et celle enregistrée sur le vif en 2000 pour son urgence dramatique et son feu orchestral. En DVD, la concurrence vient de la Cassandre incandescente d’Anna Caterina Antonacci (Opus Arte) en 2003 au Châtelet.

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    Un mérite essentiel de ce coffret est d’offrir plusieurs enregistrements en première mondiale dont la plus importante est celle de la Nonne sanglante captée l’été dernier avec Véronique Gens, Mark van Arsdale et Vincent Le Texier, avec l’orchestre OSE ! dirigé par Daniel Kawka. On se demande comment on a pu attendre aussi longtemps pour disposer d’un enregistrement, alors que l’œuvre a toujours été connue et avait été conservée par Berlioz qui avait noté de la brûler après sa mort (une coquetterie dont il était coutumier, il s’était bien gardé de la brûler lui-même). Créée probablement dans les années 1960 en Angleterre selon Michel Austin et Monir Tayeb, elle dut attendre 2007 pour sa création française au Festival de Radio France à Montpellier. On y découvre un Berlioz qui tente d’amadouer le public et l’Opéra de Paris en travaillant avec le librettiste à succès Eugène Scribe et en composant dans un style très bel canto, dont l’intensité dramatique culmine dans les duos et l’air d’Agnès. Mais Berlioz n’est jamais aussi bon que lorsqu’il laisse libre court à sa fantaisie _ voilà _, et là on le sent contraint par le goût lyrique de l’époque. La partition de la fin du second duo d’Agnès a été arrachée par Berlioz et le musicologue Hugh MacDonald a pu démontrer que la conclusion avait été reprise dans le duo où Cassandre conjure Chorèbe « Pars ce soir ! », qui est la culmination et le moment de génie de ce fragment. Cette Nonne sanglante est mieux qu’un projet inabouti, elle révèle les tourments d’un artiste _ libre et courageux _ qui réalise qu’il fait fausse route en se conformant aux attentes dominantes de son époque.

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    Autre première mondiale, Le Dépit de la bergère par Elsa Dreisig et Jeff Cohen au piano est une charmante romance qui est émouvante à double titre, parce qu’elle a été écrite par un compositeur de 16 ans et qu’on reconnaîtra une signature dans la sicilienne de Béatrice et Benedict, sa dernière œuvre d’importance. Comme un hommage du vieil homme fidèle à la fièvre du jeune homme.

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    Si les deux fugues pour orgue composées pour le Prix de Rome n’ont d’intérêt que documentaire, l’orchestration du Temple universel (1861) par Yves Chauris est une heureuse initiative de François-Xavier Roth, car c’était un projet auquel Berlioz tenait sans avoir trouvé l’énergie de l’accomplir. Avec le Chant des chemins de fer de 1846, ces pièces méconnues montrent un Berlioz apôtre qui rêve d’un monde meilleur avec cet appel visionnaire et qui devra peut-être attendre encore longtemps : « Embrassons-nous par-dessus les frontières, L’Europe un jour n’aura qu’un étendard ». Dix ans plus tard, Napoléon III déclenchait une guerre catastrophique contre l’Allemagne…

    …

    Si les opéras et ces nouveautés ne suffisent pas _ à susciter la démarche d’achat _, il y a encore une excellente raison d’acquérir ce coffret, qui est la possibilité de pouvoir embrasser d’un geste _ c’est judicieux _ les œuvres méconnues, cantates du Prix de Rome, mélodies et romances, ouvertures, œuvres de jeunesse rejetées parce que fécondantes d’œuvres de maturité (Huit scènes de Faust, Messe Solennelle, Scène héroïque qui préfigure Les Troyens). David Cairns, auteur de la notice du livret de 164 pages, ouvre son propos sur le corpus des mélodies, et il a bien raison. Ce n’est certainement pas le volet le mieux connu de Berlioz, et cette musique sera une découverte passionnante _ tant mieux ! _ pour les mélomanes. Pour aider à mieux goûter ces pièces variées, on ne saurait trop recommander de se procurer le guide Berlioz de B à Z de Pierre-René Serna (Van de Velde, Clef ResMusica), qui analyse chaque œuvre avec beaucoup de finesse et dans une écriture accessible.

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    Pas de vraie faiblesse dans ce coffret hormis peut-être les Nuits d’été par Gardiner/Orchestre de l’Opéra de Lyon (Apex) avec différents interprètes, mais la version de Janet Baker et Barbirolli (EMI) est également proposée, et elle est un classique _ oui ! La Damnation de Faust de la version Nagano (Erato) disposait d’un superbe casting, mais elle est moins incarnée et flamboyante que par Munch, Markevitch ou Colin Davis _ dont acte. Roméo et Juliette par Muti (EMI) sonne magnifiquement, mais cela ne suffit pas, et Colin Davis, Ozawa et tout dernièrement Tilson Thomas (SFS Media, Clef ResMusica) dominent _ nous le notons. Le Te Deum par John Nelson et l’Orchestre de Paris, la Symphonie Fantastique et Lélio par Jean Martinon et l’Orchestre national de l’ORTF, Harold en Italie par Leonard Bernstein avec l’Orchestre national de France et l’altiste Donald McInnes (rééditée récemment dans un coffret Warner Berstein/ONF) ne comptent pas parmi les références, mais elles offrent un aperçu intéressant des orchestres français.

    …

    Quelques regrets _ nous y voilà _ :

    La Belle voyageuse n’est proposée qu’en version pour piano (certes par Thomas Hampson, mais on est loin des sortilèges de la version orchestrée) et la Grande symphonie funèbre et triomphale n’est proposée que dans la version initiale pour instruments d’harmonie (certes dans la version historique et savoureuse de la Musique des Gardiens de la paix dirigée par Désiré Dondeyne).

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    Le dernier disque est consacré aux stars de l’époque, ainsi du baryton Maurice Renaud, né à Bordeaux en 1861 et enregistré en 1901 dans deux airs de La Damnation, au sommet de ses moyens. Les voix de femmes sont plus difficiles à nos oreilles contemporaines, et c’est curieusement Didon qui retenait l’attention à l’époque. Quoique, cela peut s’expliquer car Marie Delna avait été découverte en 1892 dans le rôle de Didon donné à l’Opéra Comique, elle n’avait alors que 17 ans (!) et avait stupéfié le tout Paris. On l’entend en 1903 dans « Chers Tyriens, tant de nobles travaux« . La gravure de Félia Litvinne en 1904 dans « Adieu, fière cité » pose une énigme sur le plaisir que pouvaient retirer les mélomanes de l’époque. L’honneur du tout premier enregistrement de la Fantastique revient à l’Orchestre des Concerts Pasdeloup dirigé par Rhené-Baton dans une instrumentation corrigée (réduction des percussions et en particulier des cymbales), et il bénéficie des bons soins du Studio Art & Son d’Annecy. Berlioz, si attentif au son et aux progrès techniques, aurait été émerveillé et impatient des compromissions imposées par la technique.

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    Finissons par les coups de cœur _ c’est toujours intéressant ! _, choix forcément subjectifs.

    Pour les voix, tout Véronique Gens (, La Captive, Zaïde _ oui ! _), Sabine Devieilhe accompagnée par Alexandre Tharaud (La Mort d’Ophélie, d’un impact supérieur à la version pour chœur qui n’est d’ailleurs pas proposée _ c’est dommage… _ dans le coffret), Roberto Alagna dans le Te ergo quaesumus du Te Deum, Janet Baker _ magnifique _  en Herminie (avec Colin Davis, issue de son fameux cycle Berlioz chez Philips) et Stanislas de Barbeyrac dans le Roi des Aulnes en version orchestrée. Pour les chœurs, le Requiem par Louis Frémaux et les forces du City of Birmingham Symphony Orchestra sera une vraie découverte pour beaucoup, dont l’importance avait à juste titre été soulignée par Michel Tibbaut à l’occasion du coffret Warner consacré au chef _ Louis Frémaux _ et à l’orchestre _ de Birmingham. On ne voudra pas non plus passer à côté du court Ballet des ombres avec le Chœur Les Éléments, que Berlioz réutilisera dans Benvenuto et Roméo et Juliette…

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    Un coffret à la hauteur des espérances _ fort bien !!! _ nées d’une si longue attente.

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    Un événement discographique d’importance, par conséquent !

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    Ce vendredi 8 mars 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un excellent « Rêve de France » à propos du splendide CD Ricercar des Sonates en Trio de Philipp Heinrich Erlebach, par L’Achéron et François Joubert-Caillet

    Une nouvelle fois,

    ce jour,

    un très pertinent article _ très justement intitulé Rêve de France… _ de Jean-Charles Hoffelé

    sur son blog Discophilia _ sur le site Artamag _,

    …

    à propos du splendide CD

    de l’ensemble L’Achéron, dirigé par François Joubert-Caillet,

    Complete Trios Sonatas

    de Philipp Heinrich Erlebach (1657 – 1714),

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    le CD Ricercar RIC 393.

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    Cf mes remarques _ bien trop rapides et succintes _ en mon article _ déjà ! il y a presque deux mois ! _ du 11 janvier dernier

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    « un magnifique CD Erlebach Complete Trio Sonatas, par L’Achéron, dirigé par François Joubert-Caillet, toujours très musical _ il s’agit d’un CD Ricercar, RIC 393 ; et qui paraît ce jour même. Philipp-Heinrich Erlebach (1657 – 1714) est vraiment un excellent compositeur, proche de Buxtehude et Reincken (= le stylus fantasticus), en un peu plus apaisé. C’est un vrai régal de musique !

    Qui me fait penser à un merveilleux CD Alpha _ le CD Alpha 018 _, Zeichen in Himmel, de l’ensemble Stylus Fantasticus, dirigé par l’excellente Friederike Heumann, et avec la basse Victor Torres : une révélation de ce compositeur ! ».

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    L’article de ce jour de Jean-Charles Hoffelé creuse _ très opportunément et avec une splendide justesse ! _ bien plus profond :

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    Rêve de France

    RÊVE DE FRANCE

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    1694, Philipp Heinrich Erlebach publie un recueil de six Sonates mariant le violon italien et la viole française. Les goûts réunis ?

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    L’Allemand penche entièrement _ ou du moins pas mal… _ du côté de la France, même si le vocabulaire réemploie certains traits importés _ oui, bien sûr ! _ de l’autre côté des Alpes par _ les virtuposissimes _ Carlo Farina et Biagio Marini : mais la noblesse des sujets _ oui ! _, la passion de la danse _ oui ! oui ! c’est parfaitement justement ressenti ! _ qui transforment ces Sonates _ le mot est italien _ en de vraies Suites _ à la française !!! _ avec Courante, Sarabande, Gigue, l’invention impertinente _ oui _ de l’harmonie, la vivacité des rythmes _ sans la moindre lourdeur ou trop pesante insistance _ sont entièrement français, de cœur, d’esprit, de notes _ absolument !

    …

    Quelle belle découverte _ oui _ que ce trésor oublié de la musique instrumentale de la fin du XVIIe siècle que sont allés dénicher François Joubert-Caillet et ses amis de L’Achéron. En marge de leur périple chez Marin Marais, l’allégresse française de ces musiques, la délicate nostalgie dont elles s’ombrent _ mais oui _ ne pouvait que s’incarner dans la profusion de leur harmonie, la variété de leurs couleurs pleines, l’élégance piquante des ritournelles, au point que j’écoute ce disque en boucle _ moi aussi _ depuis deux semaines _ moi, presque deux mois _, musique pour m’accompagner dans la fin du jour _ sans une once de complaisante nostalgie, à l’anglaise. Nous sommes plus proches de François Couperin (1668 – 1733) ; ou de son oncle Louis (ca. 1626 – 1661).

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    Alors il faut continuer _ mais oui ! _, d’abord en gravant les douze Sonates _ publiées en 1693 _ de Johann Philipp Krieger _ 1649 – 1725 ; un compositeur qui jusqu’ici semble avoir échappé sinon à ma curiosité, du moins à ma mémoire vive ! A rafraîchir !!! _, mêlant aussi le violon et la viole, réponse d’amitiés _ voilà ! _ adressée à Erlebach sur laquelle _ page 17 du très riche et passionnant livret _ Jérôme Lejeune attire notre attention dans son excellente _ comme toujours ! _ notice, mais aussi en nous offrant enfin une version parfaite du génial _ comme c’est juste !!! _ Hortus Musicus de Johann Adam Reincken _ 1643 – 1722. Quel chef d’œuvre !

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Philipp Heinrich Erlebach(1657-1714)

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    Les Sonates en trio (Intégrale)

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    L’Achéron
    François Joubert-Caillet, viole et direction

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    Un album du label Ricercar RIC393
    …

    Photo à la une : © Ricercar

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    Une musique (et une interprétation au CD) de très grand prix !

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    Ce mercredi 6 mars 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le charme de la musique de récréation de Jean Sébastien Bach au Café Zimmermann, à Leipzig : le CD « Flauto accompagnato »

    Ma chère amie Elisabeth Joyé

    _ insigne claviériste _

    m’adresse un amical bonjour musical à son retour d’un concert à Tokyo :

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    elle me fait adresser par Hortus son tout récent CD,

    avec Patrick Beuckels, le flûtiste belge bien connu,

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    consacré pour le principal à des pièces de récréation avec flûte(s) 

    de Jean-Sébastien Bach (1685 – 1750)

    _ pour les concerts de récréation au Café Zimmermann, à Leipzig, sur la Catharinnastrasse _,

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    intitulé Flauto accompagnato

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    _ soit le CD Hortus 168 _ ;

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    et qui comporte

    la sonate en si mineur BWV 1030 pour flûte et clavecin obligé,

    la sonate en mi mineur BWV 1034 pour flûte et basse continue,

    la sonate en trio en sol Majeur BWV 1038 pour flûte, violon et basse continue,

    la sonate en trio en sol Majeur BWV 1039 pour 2 flûtes et basse continue ;

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    ainsi que la Toccata de la Partita n°6 pour clavecin en mi mineur BWV 830.

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    C’est là un répertoire _ nous dirions aujourd’hui de chambre _

    à la fois intime et festif

    qu’interprétaient Jean-Sébastien Bach et ses divers enfants,

    ainsi que certains de ses élèves,

    ou quelques étudiants de l’université.

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    Les concerts, gratuits, de ce Collegium Musicum,

    avaient été fondés, là-même,

    par Georg Philipp Telemann (1681 – 1767),

    dès 1702 _ il avait 21 ans _ ;

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    et avaient lieu tous les vendredis soir,

    ou, en été, tous les mercredis après-midi

    _ jusqu’à la mort du cafetier Zimmermann en 1741.

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    Bach en a assuré la direction douze années, de 1729 à 1741.

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    On peut donc supposer que très nombreuses furent les œuvres proposées

    _ et composées aussi ! en très diverses formules,

    dont rendent un peu compte les intitulés de ces partitions qui nous sont parvenues ;

    bien d’autres sont perdues,

    ou dorment encore (dans quelques bibliothèques de châteaux et mélomanes en Allemagne)… _

    pour ces concerts à la fois intimes et festifs, donc,

    de ces douze années bachiennes-là.

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    Et que les partitions qui nous en ont été conservées

    _ comment ? pour quelles raisons ? par quelles séries de hasards ?.. _

    n’en constituent qu’une toute petite partie…

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    Mystère des transmissions

    et patrimoines…

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    Mais bonheur aussi des musicologues,

    des musiciens, plus encore,

    et, in fine, des mélomanes jouissant de leur écoute archi-vivante

    maintenant

    au concert comme au disque…

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    L’interprétation que nous donnent ici

    de ces pièces avec flûte(s)

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    Patrick Beuckels et Toshiyuki Shibata, aux traversos,

    Dirk Vandaele, au violon,

    Romina Lischka, à la viole de gambe,

    et Elisabeth Joyé, au clavecin,

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    est pleine du charme un peu rêveur

    qui convient idéalement _ voilà ! _ à ces pièces

    de plaisir profane

    mesuré, varié et calme _ dénué d’outrances hystérisées.

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    Un très beau travail que celui de ce CD Hortus 168.

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    Ce mardi 5 mars 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa