Catégorie : Musiques

  • La sublime intégrale des Pièces pour pianoforte solo de Mozart par Kristian Bezuidenhout _ un trésor indispensable !

    Avec le double CD des volumes 8 et 9 de la Keyboard Music pour pianoforte solo de Mozart, qui paraît ce mois de janvier 2016 chez Harmonia Mundi (HMU 907532.33), s’achève en stupéfiante beauté la magique intégrale des Pièces pour Piano solo _ Sonates, Variations et pièces diverses _ de Mozart, par le merveilleux Kristian Bezuidenhout :

    comme si Wolfgang Amadeus en personne revenait là maintenant improviser tout son œuvre de piano solo pour notre écoute enchantée, via ces disques !

    …

    Chaque volume poursuit et renouvelle miraculeusement le pur enchantement :

    jusqu’au souffle mozartien qui se perçoit, en permanence, en toute la variété de ses jeux, dans la plus parfaite justesse de sa souriante et grave, profonde, liberté…

    …

    Et tout cela nous est strictement indispensable !!!

    …

    Titus Curiosus, ce 11 janvier 2016

     

  • L’hommage du Monde (et Renaud Machart) à Jacques Merlet, le jour même de son décès, le 2 août 2014

    En avant première aux deux hommages au grand Jacques Merlet que Marcel Pérès rendra à Bordeaux

    demain samedi 12 décembre _ par un entretien avec moi-même, Francis Lippa _ au 91 de la rue Porte-Dijeaux, à la librairie Mollat, à 16 heures ;

    et après-demain dimanche 13 décembre _ par un concert avec orgue, clavecin, etc. _ à l’église Saint-Paul, 22 rue des Ayres,

    …

    et en plus du rappel de mon article du mois d’août 2014 Tombeau de Jacques Merlet en son idiosyncrasie _ à un grand bordelais

    …

    je me permets de rappeler ici le très bel hommage que Renaud Machart rendit dans le journal Le Monde le jour même du décès de Jacques, le 2 août 2014 par l’article magnifique que voici.

    …

    …

    Mort de Jacques Merlet, producteur à France Musique

    …
    Le Monde.fr | 02.08.2014 à 17h09 • Mis à jour le 04.08.2014 à 15h20 |
    Par Renaud Machart

    …

    …

    Le producteur de radio Jacques Merlet qui fut, sur France Culture et France Musique, l’un des acteurs les plus importants du mouvement en faveur de la musique et des orgues anciennes, est mort à Paris, le 2 août, des suites d’une maladie respiratoire. Il avait 83 ans.

    …

    Sa carrière sur les ondes de Radio France, où il officiait depuis plus de trente ans, avait été interrompue brutalement par une attaque cérébrale survenue à Lyon, après un concert, en novembre 2000. Privé d’une partie de ses mouvements et de la parole, Jacques Merlet laissait orphelins des milliers d’auditeurs qui adoraient ses émissions pleines de fantaisie, d’imprévu, de coups de gueule et de blagues à ne pas mettre entre toutes les oreilles.

    …

    GOÛT DE LA NOUVEAUTÉ

    …

    Ce bon vivant à l’optimisme inébranlable était parvenu à se rééduquer partiellement, à l’aide du professeur Philippe van Eeckhout, orthophoniste attaché au Groupe hospitalier Pitié-Salpétrière, à Paris, qui lui sera fidèle jusqu’à la dernière heure. Il était même parvenu à prononcer un beau discours lorsque les insignes de l’Ordre des Arts et des Lettres lui avait été remis par le ministre de la culture Jean-Jacques Aillagon en janvier 2003. Mais une deuxième attaque, en 2005, devait réduire à néant les énormes progrès faits en compagnie du médecin et avec le soutien de ses nombreux amis musiciens qui lui faisaient de fréquentes visites dans les établissements où il avait été soigné.

    …

    Né le 5 décembre 1931, à Sainte-Foy-la-Grande (Gironde), Jacques Merlet se distingue par son goût de l’aventure et de la nouveauté. Son amie France Debès, qui fut sa belle-sœur, résumera joliment sa personnalité dans un discours prononcé lors de son intronisation par la Confrérie de la lamproie, en 1998 :

    …

    « Sa passion première est la découverte, la seconde étant de faire partager ses trouvailles. »

    …
    Merlet s’intéresse très tôt à l’orgue, étudie l’organologie et fréquente l’enseignement d’Olivier Messiaen. C’est grâce à la radio que Jacques Merlet peut agir en passeur de passions, se mettant au service d’une génération de musiciens spécialisés dans la musique ancienne qu’on surnommera plus tard les « baroqueux » (un terme qu’il n’aimait d’ailleurs guère).

    …

    SES ÉMISSIONS, DE VÉRITABLES UNIVERSITÉS POPULAIRES

    …

    Son soutien sera essentiel en un temps où la pratique des instruments anciens était encore une sorte de dissidence maquisarde, boudée par les institutions et le gotha de la musique classique. Il est peu de musiciens, aujourd’hui parfaitement établis à l’échelle internationale, tels Jean-Claude Malgoire, William Christie, Jordi Savall ou Philippe Herreweghe – et tant d’autres, vivants ou disparus –, que Jacques Merlet n’aura pas repérés dès leurs débuts et immédiatement promus à l’antenne de France Musique. L’homme faisait transporter les micros de sa chaîne partout où il lui semblait que le talent s’exprimait.

    …

    Comment oublier ses « directs » de Saintes, l’été, ou à Pâques, pour un concert de leçons de Ténèbres des Arts florissants ? Ses veillées de Noël avec son complice érudit Jean-Yves Hameline, ses conversations excentriques avec le claveciniste Scott Ross ? Ses « Matins des musiciens » au cours desquels la soprano Sophie Boulin expliquait en direct l’art des ornements dans les airs de cours français ?

    …

    Merlet pouvait aussi aussi bien parler de musique du Moyen Age que de la Renaissance, mais sa passion était l’époque baroque. Il contribuera beaucoup à faire connaître le catalan Jordi Savall, dont les premiers enregistrements de la musique pour viole de gambe de Marin Marais n’avaient pas encore gagné la discothèque de millions d’auditeurs que le film Tous les matins du monde (1991), d’Alain Corneau, d’après le livre de Pascal Quignard, allait lui apporter. Ces émissions étaient une véritable université populaire, alors que les conservatoires français ne reconnaissaient pas encore cette pratique et étaient loin d’admettre en leur sein les départements de musique ancienne qu’ils abritent aujourd’hui.

    …

    FIGURINES DES SCHTROUMPFS

    …

    Ne se reposant sur aucun laurier – ne se reposant d’ailleurs guère et enchaînant les reportages et enregistrements –, Jacques Merlet délaissait vite les « anciens » pour les plus jeunes générations, pour qui sa curiosité était toujours en éveil. Il les recevait chez lui, dans son grand atelier de peintre de la rue Jouffroy, à Paris, où les milliers de disques, de livres, d’objets rapportés de ses nombreux voyages constituaient une étonnante caverne d’Ali Baba. Les jeunes confrères de la presse ou de la radio étaient aussi conviés avec les amis de toujours, et c’était autour de la table de sa cuisine (où, sur le haut d’une armoire, trônait une armée de figurines des Schtroumpfs !) que l’homme de radio, excellent maître queux, régalait cette joyeuse compagnie de mets du Sud-Ouest largement arrosés de crus gouleyants.

    …

    Combien de fois n’est-il pas allé présenter à l’antenne sa rituelle cantate de Bach du dimanche matin après avoir dormi quelques petites heures seulement ? Et le déjeuner pantagruélique qui suivait l’émission se terminait souvent à l’heure du souper ! Certes, Jacques Merlet avait un appétit – et un physique – d’ogre, mais, ainsi que l’a écrit Télérama, en 1998, l’homme avait avant tout « un appétit d’orgue ». Car son nom restera légendairement attaché au milieu organistique et, plus précisément, à celui des orgues anciennes. A France Culture d’abord, à la fin des années soixante, puis à France Musique, il a produit des centaines d’émissions dévolues à des instruments rares, oubliés, menacés de disparition ou de restauration désastreuse.

    …

    POIL À GRATTER

    …

    Véritable poil à gratter de ce milieu encombré de querelles de chapelle, Jacques Merlet ne cessera de se battre pour le respect des instruments, dont tant d’exemples avaient été massacrés par des restaurations indignes. Sillonnant la France (mais aussi l’Espagne, un pays et une culture qu’il adorait), toquant à la porte des responsables publics, dénonçant les basses-œuvres et trompettant les hautes réussites, il aura fait beaucoup pour la cause organistique.

    …

    Ami des meilleurs facteurs, spécialistes et interprètes (Xavier Darasse, Michel Chapuis, Francis Chapelet, etc.), il découvrait vite les talents à peine éclos, tels celui de Jean Boyer, qu’il enregistre pour la radio alors que le jeune organiste est fraîchement majeur, ou, plus récemment, Benjamin Alard ou Serge Schoonbroodt, entre autres musiciens qu’il aura aidés et promus.

    …

    JOUEUR D’ORGUE AMATEUR

    …

    Jacques Merlet jouait aussi de l’orgue en amateur et improvisait aux claviers entre deux séances d’enregistrement faites directement au Nagra ou avec le concours de ses réalisateurs Périne Menguy, Marianne Manesse, Geneviève Douel, Rosemary Courcelle, Chantal Barquissau, François Bréhinier et Michel Gache qui suivaient à grands pas cet infatigable et imprévisible Wanderer sur les routes de France et de Navarre.

    …

    En avril, au rez-de-chaussée de la Villa Lecourbe, la maison de repos parisienne où il résidait, une fête avait été organisée à laquelle participaient beaucoup de ses amis musiciens devant le personnel soignant, médusé de voir autant de monde réuni. Après avoir écouté ses amis Florence Malgoire, Laurent Stewart et Benjamin Alard jouer, Jacques Merlet avait fini par se saisir de son orgue électronique et improviser, à demi-couché sur une chaise roulante, une polyphonie faite de dissonances furieuses et de fragments de faux plain chant. L’homme avait perdu la parole, mais la musique, décidément, ne l’avait jamais quitté.

    …

    Renaud Machart

    …

    …

    Jacques Merlet demeure à jamais vivant par tous les fruits de ses œuvres,

    tant du côté des artistes-musiciens qu’il a considérablement aidés à faire connaître et aimer de par le monde,

    que du côté des mélomanes, dont il a formé si excellemment le goût _ et la curiosité de découvrir tant de vraies beautés musicales.

    …

    Et artistes-musiciens comme mélomanes, nous lui sommes _ et demeurons _ fidèlement reconnaissants.

    …

    Et faut-il ajouter que Bordeaux doit bien davantage que ces deux humbles hommages de décembre 2015, à la librairie Mollat et à l’église Saint-Paul,

    à cet immense bordelais que fut _ et qu’est, à jamais _ Jacques Merlet ?..

    …

    …

    Titus Curiosus, le 11 décembre 2015

    …

    …

    P. s. :

    de Renaud Machart, on peut aussi écouter les podcasts des 5 superbes émissions de France-Musique des 27–28–29–30–31 octobre 2014 : Jacques Merlet In Memoriam, qui nous offre de ré-entendre la voix et les enthousiasmes de cet immense passeur d’enthousiasmes que fut Jacques Merlet…

    …

    Et au final de la cinquième de ces émissions,

    Renaud Machart ne manque pas de remercier l’aide que lui ont apportée à la conception de cet hommage radiophonique France Debès, Irène Bloc, Sylvia Gomez-Vaez. Grâce leur soit à elles aussi rendue…

     

  • 6 ans d’entretiens d’un curieux, Francis Lippa, à la librairie Mollat _ et comment accéder à leur écoute…

    Voici _ pour commodité _, la liste, au nombre de 23 à ce jour, de 6 ans d’entretiens d’un curieux, Francis Lippa _ alias Titus Curiosus sur son blog En cherchant bien _, à la librairie Mollat, à Bordeaux,

    avec des auteurs _ et le plus souvent amis _ passionnants ;

    accompagnée des moyens d’accès à l’écoute des podcasts de ces 23 entretiens :

    …

    …

    LISTE DES PODCASTS DE 6 ANS D’ENTRETIENS DE FRANCIS LIPPA A LA LIBRAIRIE MOLLAT

    DU 13 OCTOBRE 2009 AU 13 OCTOBRE 2015

    …

    …

    _ 1) Yves Michaud : Qu’est-ce que le mérite ?  52’ (13-10-2009) :

    http://www.mollat.com/app_rewritting/launcher/launcher.aspx?sub=podcast&action=get_podcast&id=17594

    …
    _ 2) Jean-Paul Michel : Je ne voudrais rien qui mente dans un livre 62’ (15-6-2010) :

    http://www.mollat.com/player.html?id=318053

    http://www.mollat.com/app_rewritting/launcher/launcher.aspx?sub=podcast&action=get_podcast&id=318053

    …
    _ 3) Mathias Enard : Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants 57’ (8-9-2010) :

    http://www.mollat.com/app_rewritting/launcher/launcher.aspx?sub=podcast&action=get_podcast&id=2512739

    …
    _ 4) Emmanuelle Picard : La Fabrique scolaire de l’Histoire 61’ (25-3-2010) :

    http://www.mollat.com/app_rewritting/launcher/launcher.aspx?sub=podcast&action=get_podcast&id=34608

    …
    _ 5) Fabienne Brugère : Philosophie de l’Art 45’ (23-11-2010) :

    http://www.mollat.com/app_rewritting/launcher/launcher.aspx?sub=podcast&action=get_podcast&id=7055323

    …
    _ 6) Baldine Saint-Girons : La Pieta de Viterbe 64’ (25-1-2011) :

    http://www.mollat.com/app_rewritting/launcher/launcher.aspx?sub=podcast&action=get_podcast&id=10986789

    …
    _ 7) Jean Clair : Dialogue avec les morts & L’Hiver de la culture 57’ (20-5-2011) :

    http://www.mollat.com/player.html?id=21320675

    http://www.mollat.com/app_rewritting/launcher/launcher.aspx?sub=podcast&action=get_podcast&id=21320675

    …
    _ 8) Danièle Sallenave : La Vie éclaircie _ ou réponses à Madeleine Gobeil 55’ (23-5-2011) :

    http://www.mollat.com/app_rewritting/launcher/launcher.aspx?sub=podcast&action=get_podcast&id=21323127

    …

    _ 9) Marie-José Mondzain : Images (à suivre) _ de la poursuite : au cinéma et ailleurs 60’ (16-5-2012) :

    http://www.mollat.com/app_rewritting/launcher/launcher.aspx?sub=podcast&action=get_podcast&id=50277305

    …
    _ 10) François Azouvi : Le Mythe du grand silence 64’ (20-11-2012) :

    http://www.mollat.com/app_rewritting/launcher/launcher.aspx?sub=podcast&action=get_podcast&id=64650171

    …
    _ 11) Denis Kambouchner : L’Ecole, question philosophique 58’ (18-9-2013) :

    http://www.mollat.com/app_rewritting/launcher/launcher.aspx?sub=podcast&action=get_podcast&id=65161369

    …
    _ 12) Isabelle Rozenbaum : Les Corps culinaires 54′ (3-12-2013) :

    http://www.mollat.com/app_rewritting/launcher/launcher.aspx?sub=podcast&action=get_podcast&id=65169118

    …
    _ 13) Julien Hervier : Ernst Jünger _ dans les tempêtes du siècle 58’ (30-1-2014) :

    http://www.mollat.com/app_rewritting/launcher/launcher.aspx?sub=podcast&action=get_podcast&id=65170632

    …
    _ 14) Bernard Plossu : L’Abstraction invisible 54’ (31-1-2014) :

    http://www.mollat.com/app_rewritting/launcher/launcher.aspx?sub=podcast&action=get_podcast&id=65170633

    …
    _ 15) Régine Robin : Le Mal de Paris 50’ (10-3-2014) :

    http://www.mollat.com/app_rewritting/launcher/launcher.aspx?sub=podcast&action=get_podcast&id=65173414

    …
    _ 16) François Jullien : Vivre de paysage _ ou l’impensé de la raison 68’ (18-3-2014) :

    http://www.mollat.com/app_rewritting/launcher/launcher.aspx?sub=podcast&action=get_podcast&id=65173409

    …
    _ 17) Jean-André Pommiès : Le Corps-franc Pommiès _ une armée dans la Résistance 45’ (14-1-2015) :

    http://www.mollat.com/app_rewritting/launcher/launcher.aspx?sub=podcast&action=get_podcast&id=65186924

    …
    _ 18) François Broche : Dictionnaire de la Collaboration _ collaborations, compromissions, contradictions 58’ (15-1-2015) :

    http://www.mollat.com/app_rewritting/launcher/launcher.aspx?sub=podcast&action=get_podcast&id=65186916

    …
    _ 19) Corine Pelluchon : Les Nourritures _ Philosophie du corps politique 71’ (18-3-2015) :

    http://www.mollat.com/app_rewritting/launcher/launcher.aspx?sub=podcast&action=get_podcast&id=65189833

    …
    _ 20) Catherine Coquio : La Littérature en suspens : les écritures de la Shoah _ le témoignage et les œuvres & Le Mal de vérité, ou l’utopie de la mémoire 67’ (9-9-2015) :

    http://www.mollat.com/app_rewritting/launcher/launcher.aspx?sub=podcast&action=get_podcast&id=65195005

    …
    _ 21) Frédéric Joly : Robert Musil _ tout réinventer 58’ (6-10-2015) :

    http://www.mollat.com/app_rewritting/launcher/launcher.aspx?sub=podcast&action=get_podcast&id=65200102

    …
    _ 22) Ferrante Ferranti : Méditerranées & Itinerrances (expo à la Base Sous-marine) 65′ (12-10-2015) :

    http://www.mollat.com/app_rewritting/launcher/launcher.aspx?sub=podcast&action=get_podcast&id=65200126

    …

    _ 23) Bénédicte Vergez-Chaignon : Les Secrets de Vichy 59 ‘ (13-10-2015) :

    http://www.mollat.com/app_rewritting/launcher/launcher.aspx?sub=podcast&action=get_podcast&id=65200109

    …

    …

    Echanger de manière ouverte et parfaitement libre avec un auteur, un créateur, est plus que passionnant : enthousiasmant ! ;

    et ouvre l’appétit de la curiosité au partage, par l’écoute de l’entretien vivant…

    …

    Ecouter (et ré-écouter) la voix et ses tonalités, les silences, les rythmes, les intonations de pareille conversation exigeante, est, en effet, irremplaçable, et défie très heureusement le temps.

    …

    Car c’est aussi comme un _ très humble, forcément _ sillage d’écume encore vibrante de l’œuvre _ en toute modestie, cette écume, cet écho de paroles échangées… _ qui demeure, par le podcast, accessible ;

    et par là, constitue un possible relais _ avec toute sa fragilité parfaitement audible… _ de l’œuvre même ; telle une bouteille à la mer, confiée au hasard, un jour, des recherches à venir de quelque autre improbable curieux, à l’autre bout de la terre…

    …

    …

    Titus Curiosus, ce 22 octobre 2013

    …

    …

    P.s : à la date du lundi 26 octobre,

    les divers liens _ Ecouter Télécharger Podcast iTunes Exporter _ aux podcasts cités ci-dessous

    sont directement accessibles sur le site de la librairie Mollat :

    en cliquant sur les liens aux livres cités ici pour les auteurs et livres suivants :

    …

    Yves Michaud, Qu’est-ce que le mérite ? (52′)

    Jean-Paul Michel, Je ne voudrais rien qui mente dans un livre (62′)

    Mathias Enard, Parle-leur de rois, de batailles et d’éléphants (57′)

    Emmanuelle Picard, La Fabrique scolaire de l’histoire (61′)

    Fabienne Brugère, Philosophie de l’art (45′)

    Baldine Saint-Girons, La Pieta de Viterbe (64′)

    Jean Clair, Dialogue avec les morts & L’Hiver de la culture (57′)

    Danièle Sallenave, La Vie éclaircie _ Réponses à Madeleine Gobeil  (55′)

    Marie-José Mondzain, Images (à suivre) _ de la poursuite au cinéma et ailleurs  (60′)

    François Azouvi, Le Mythe du grand silence (64′)

    Denis Kambouchner, L’École, question philosophique (58′)

    Isabelle Rozenbaum, Les Corps culinaires (54′)

    Julien Hervier, Ernst Jünger _ dans les tempêtes du siècle (58′)

    Bernard Plossu, L’Abstraction invisible (54′)

    Régine Robin, Le Mal de Paris (50′)

    François Jullien, Vivre de paysage _ ou l’impensé de la raison (68′)

    Jean-André Pommiès, Le Corps-franc Pommiès _ une armée dans la Résistance (45′)

    François Broche, Dictionnaire de la collaboration _ collaborations, compromissions, contradictions (58′)

    Corine Pelluchon, Les Nourritures _ philosophie du corps politique (71′)

    Catherine Coquio, La Littérature en suspens _ les écritures de la Shoah : le témoignage et les œuvres & Le Mal de vérité, ou l’utopie de la mémoire (67′)

    Frédéric Joly, Robert Musil _ tout réinventer (58′)

    Ferrante Ferranti, Méditerranées & Itinerrances (65′)

    Bénédicte Vergez-Chaignon, Les Secrets de Vichy  (59′)

     

    …

    Voilà,

    pour l’accessibilité d’écoute à l’ensemble des podcasts de ces 23 entretiens _ à ce jour : du 13 octobre 2009 au 13 octobre 2015, jour pour jour ! _

    d’auteurs invités à la librairie Mollat,

    avec Francis Lippa,

    alias Titus Curiosus sur son blog En cherchant bien.

    …

    …

    On peut écouter aussi les podcasts de deux conférences _ et non pas deux entretiens _

    de deux philosophes que j’apprécie tout particulièrement

    et ai proposé, en tant que vice-président de la Société de Philosophie de Bordeaux, d’inviter dans le cadre des conférences de notre Société de Philosophie, données dans les salons Albert Mollat, en janvier 2011 et en février 2015,

    et à propos de sujets, aussi, qui me tenaient spécialement à cœur :

    …

    Michaël Foessel, à propos de son livre Etat de vigilance _ critique de la banalité sécuritaire  (65′)

    et Bernard Sève, à propos de L’Instrument de musique : une étude philosophique (49′) ;

    …

    mais il ne s’agit pas là d’entretiens ;

    et je n’en suis pas l’interlocuteur :

    …

    les conférenciers sont simplement présentés par les présidentes (successives) de notre Société de Philosophie de Bordeaux,

    Céline Spector, dans le cas de la conférence de Michaël Foessel, le mardi 18 janvier 2011

    et Kim Sang Ong Van Cung, dans le cas de la conférence de Bernard Sève, le 3 février 2015.

    …

    Plusieurs articles de mon blog En cherchant bien sont d’ailleurs consacrés à ces philosophes amis :

    …

    _ pour Michaël Foessel :

    Sur un lapsus (« Espérance »/ »Responsabilité ») : le chantier (versus le naufrage) de la démocratie, selon Michaël Foessel

    « Faire monde » face à l’angoisse du tout sécuritaire : la nécessaire anthropologie politique de Michaël Foessel

    « L’Indignation, une passion morale à double sens » : un appendice à l’anthropologie politique de Michaël Foessel

    Le courage de « faire monde » (face à la banalisation esseulante du tout sécuritaire) : un très beau travail d’anthropologie à incidences politiques de Michaël Foessel

    …

    et pour Bernard Sève :

    Sur Montaigne musicien à son écritoire : Bernard Sève à propos de l’indispensable « Montaigne manuscrit » d’Alain Legros

    Un moderne « Livre des merveilles » pour explorer le pays de la « modernité » : le philosophe Bernard Sève en anthroplogue de la pratique des « listes », entre pathologie (obsessionnelle) et administration (rationnelle et efficace) de l’utile, et dynamique géniale de l’esprit

    Jubilatoire conférence hier soir de Bernard Sève sur le « tissage » de l’écriture et de la pensée de Montaigne

     

    …

    Quant à mes entretiens antérieurs au 13 octobre 2009,

    notamment à propos de musique et de musiciens,

    ils n’étaient pas alors enregistrés, et n’ont donc pas donné lieu à des podcasts…

  • Pour découvrir des compositeurs très discrets, 3 merveilles discographiques de derrière les fagots

    Parmi les CDs qui ne quittent pas mes platines,

    3 CDs absolument merveilleux,

    tant par les œuvres si magnifiques qu’ils donnent à découvrir,

    que par des interprétations si parfaites

    que ce serait une faute de ne pas donner à en partager si peu que ce soit de l’enthousiasme de leur écoute…

    …

    Dans l’ordre chronologique des siècles de composition des œuvres ainsi mises à notre portée aujourd’hui,

    voici d’abord le CD Minoritenkonvent _ Manuscript XIV 726 / Vienna Praha Kromeriz, 1700 (CD MUSO mu-008),

    par Aliquando, constitué ici de la violoniste Stéphanie Paulet et de l’organiste Elisabeth Geiger,

    pour des Sonatas anonymes (elles sont au nombre de 5)

    et de Heinrich Ignaz Franz Biber (2), Giovanni Buonaventura Viviani (1), Jan Ignac Frantisek Volta (1), Nikolaus Faber (1) et Johann Caspar Teubner (1),

    toutes issues d’un même manuscrit (important) du Couvent des Minorites de Vienne ;

    …

    recueil que commente ainsi Stéphanie Paulet au début de sa présentation à la page 4 du livret, « du choix de l’Orgue Silberman des Sœurs grises de Haguenau comme unique instrument de continuo » dans cette réalisation pour ce superbe, et même sublime, disque :

    …

    « Le manuscrit du Couvent des Minorites de Vienne (Autriche), connu depuis de nombreuses années par les musicologues, se révèle aujourd’hui encore peu exploré par les instrumentistes ; à le lire tout entier, il surprend, par sa beauté, et atteste d’une activité florissante autour du violon dans la période de Biber (1644-1704).

    Rien n’est précisé sur le caractère religieux de ces sonates, et bien que certaines le suggèrent, le libre choix de l’instrumentation pour la ligne du continuo était laissé ouvert.

    Nées dans un contexte fortement religieux, encourageant les Arts, les sonates de ce recueil témoignent de multiples influences, et la musique apparaît tour à tour méditative, illustrative, ou de danse, appelant un continuo varié en timbres et en nuances. (…)

    Ainsi, l’orgue riche de toutes ces possibilités (soient, par exemple, la capacité d’expression du caractère de l’intime, comme une prière, comme du caractère majestueux d’une passacaille ; la capacité de tenir un bourdon invitant à l’improvisation de longs mélismes méditatifs pour le violon ; la capacité d’évoquer par le jeu d’anches typé du Cromorne les danses de la Renaissance ; etc.), pouvait s’imposer comme un partenaire à part entière du violon, le faisant même apparaître parfois comme un registre supplémentaire du jeu de cordes.

    Alliant la richesse d’un instrument de tribune et la douceur d’un instrument de continuo, l’orgue baroque d’André Silbermann  de l’église Sainte-Madeleine à Strasbourg (où se trouve maintenant déposé l’Orgue Silberman des Sœurs grises de Haguenau), par la beauté de ses timbres du passé, s’est imposé comme une évidence pour le choix de notre continuo, et a nourri en retour l’univers suggestif de ces sonates« .

    …

    Et quant à la nature de cet important « Manuscrit XIV 726 du Couvent des Minorites« ,

    voici ce qu’en indique le Dr Greta Haenen aux pages 8 à 10 du livret de ce CD :

    …

    « Le Manuscrit XIV 726 du Couvent des Minorites à Vienne, dont sont extraites les sonates du disque, est considéré comme le recueil le plus important de la musique pour violon soliste du Saint Empire Romain Germanique. Pour l’essentiel, il s’agit de pièces de la fin du 17e siècle. (…) La copie du Manuscrit qui nous intéresse dans cet enregistrement n’est pas datée, mais tout laisse à penser qu’elle a été réalisée dans la dernière décennie du 17e siècle. (…) Les pièces qui y sont recopiées sont toutes parues avant 1690. (…) Ce Manuscrit fut en son temps une source d’une importance considérable pour l’œuvre instrumentale soliste de Biber. (…) Hormis ces récollections rassemblées, le recueil présente aussi des œuvres soit anonymes, ou de compositeurs ayant tous un lien direct avec l’environnement esthétique de la cour de Vienne _ ainsi Schmelzer, Teubner, Viviani ou Bertali _, de Prague _ avec le médecin et violoniste Ian Ignac Frantisek Vojta (ca.1660 -ca.1725) _, ou de Kromeriz : Heinrich Ignaz Franz Biber y travailla plus longtemps qu’à Vienne, où l’on ne peut attester qu’un court « concert-invité » en 1677 ; Faber, lui, était probablement en lien avec un des musiciens de cette cour de Kromeriz. (…) Les œuvres anonymes, comme c’est le cas pour d’autres recueils, sont très probablement nées dans ce large environnement habsbourgeois (Vienne, Kromeriz ou Prague) de compositeurs de l’entourage amical des copistes. (…) Quelques sonates restées anonymes figurent exclusivement dans ce Manuscrit, sans concordance avec d’autres _ ce sont donc des hapax _, comme les sonates n°4 (piste 3), n°77 (piste 1), et n°87 (piste 2). Elles affichent clairement un contexte viennois : éléments de style italien, technique de violon locale, évocation certaine de musique de « violoneux » qui subsiste dans le répertoire du sud-est de l’Empire plus longtemps qu’en Italie ou en Allemagne du nord, et ceci sûrement pour des raisons socio-culturelles. En effet, la culture dans le nord est urbaine, la musique n’y a pas les mêmes fonctions qu’à la cour » ;

    …

    puis le CD « Farewell to the homeland » Polish Romantic Music (CD NIF CCD 104),

    par le pianofortiste Tobias Koch,

    pour des Polonaises (6), Nocturnes (2), Valses (1), Etudes (1), Rondos (1) et Mazurkas (9) de Frédéric Chopin (2), Michal Kleophas Oginski (1), Karol Kurpinski (5), Maria Szymanovska (6), Jozef Elsner (1), Ignacy Feliks Dobrzynski (1), Jozef Krogulski (1), Karol Mikuli (1), Karol Zaluski (1) et Ignacy Friedman (1).

    …

    Ces pièces, toutes brèves, sont en majorité antérieures _ c’est le cas des treize premières (n° 1 à 11 et n° 13-14) _ à la période de composition de Frédéric Chopin _ dont sont présentes ici 2 Mazurkas (la pièce n° 12, d’avant 1832, et la pièce n° 20, de 1849) _.

    Seules deux Mazurkas (la pièce n° 15, de 1840, d’Ignacy Feliks Dobrzynski, et la pièce n° 16, de 1836, de Jozef Krogulski) sont contemporaines de la période de création de Frédéric Chopin.

    Et trois dernières Mazurkas (la n° 17, de 1860, de Karol Mikuli, la n° 18, après 1849, de Karol Zaluski et la n°19, de 1912, d’Ignacy Friedman) sont postérieures à l’œuvre de Frédéric Chopin.

    …

    Merveilleusement interprétées par le pianofortiste Tobias Koch _ dont j’ignorais bien à tort l’existence jusqu’à ce jour : il faut vite réparer cette injustice ! _,

    sur quatre magnifiques instruments anciens (un Erard de 1838, un Pleyel de 1848, un Erard de 1849 et un Pleyel de 1854) si judicieusement mis à profit par la formidable collection de CDs du Narodowy Institut Fryderyka Chopina _ cf mon article du 30-6-2012 Le sublime Chopin « en vérité » de Tatiana Shebanova _ in memoriamde Titus Curiosus… _,

    cette succession de pièces spécifiquement polonaises nous donne à très finement percevoir le très riche terreau polonais de l’œuvre si singulière de Frédéric Chopin…

    …

    Et c’est à l’infini que l’écoute de ce CD nous offre son enchantement…

    ;

    …

    et le CD « Complete piano works » de Gustave Samazeuilh (Grand Piano GP 669),

    par le pianiste Olivier Chauzu.

    …

     

    …

    Titus Curiosus, ce dimanche 31 mai 2015