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  • En comparant ce que Robert Bresson, en son « Les Dames du Bois de Boulogne » en 1945, et Emmanuel Mouret, en son « Mademoiselle de Joncquières », en 2018, ont tiré de « L’Histoire de Madame de La Pommeray et du Marquis des Arcis », extraite du « Jacques le fataliste et son maître » de Denis Diderot, publiée en 1796 : une introduction…

    Après mes deux articles d’avant-hier 1er janvier « « 

    et hier 2 janvier 2023 « « ,

    et avant lecture de ce récit de Diderot _ et c’est assurément nécessaire ! _ « L’Histoire de Madame de La Pommeraye et du marquis des Arcis« , extrait de son « Jacques le fataliste et son maître« , dont l’intégralité est parue, posthume, en 1796,

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    j’éprouve le besoin de faire un premier point sur mes regards comparés des films de Robert Bresson, « Les Dames du Bois de Boulogne« , paru en 1945, et d’Emmanuel Mouret, « Mademoiselle de Joncquières« , paru en 2018, visionnés tranquillement chez moi sur leurs DVDs respectifs _ ces deux films devant aussi être rapportés aux contextes historico-culturels précis de leurs réalisations, en 1944-45, et 2017-18…

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    C’est ma très vive admiration pour le film d’Emmanuel Mouret, « Mademoiselle de Joncquières« , découvert seulement ces derniers jours de décembre 2022, quatre années après sa parution sur les écrans des cinémas, qui m’a amené à rechercher (et à retrouver rapidement) dans ma vidéothèque personnelle « Les Dames du Bois de Boulogne » de Robert Bressonn, de 1945 _ je savais que j’avais acquis le DVD de ce film dans lequel joue Elina Labourdette (Paris 16e, 21 mai 1919 – Mesnil-le-Roi, 30 septembre 2014), issue de la famille des Labourdette de Dognen et Navarrenx, à laquelle je me suis intéressé d’un peu près (lors de mes recherches sur le parcours de mon père sous l’Occupation, et son séjour comme « Travailleur Etranger«  au camp de Gurs de juillet 1942 à décembre 1943), quand je me suis penché sur la généalogie des Verdalle-Labourdette (cf mon article «  » du 22 avril 2015 ; et celui de Bruno Le Marcis « Histoire du camp : Le commandant Marcel Brenot, chef du 182e GTE de Gurs puis du 526e d’Izeste (1940-1943)« , in le Bulletin n°145 de l’Amicale du Camp de Gurs en décembre 2016) : Joseph-Dominique-Paul Verdalle (Mauléon-Barousse, 19 mars 1860 – Navarrenx, 25 juillet 1948 ; notaire à Navarrenx de 1902 à son décès en 1948 ; maire et conseiller général de Navarrenx), étant celui qui avait autorisé, en mars 1939, la construction du camp dit de Gurs sur les territoires de Dognen, Préchaccq-Josbaigt et Gurs, en Béarn ; lui, Paul Verdalle, dont l’épouse (à Dognen, le 26 janvier 1895)  était Mathilde-Marie Labourdette (Dognen, 19 février 1871 – Navarrenx, 5 juin 1956), cousine d’Elina-Janine-Alice Labourdette (Paris 16e, 21 mai 1919 – Le Mesnil-le-Roi, 30 septembre 2014). Cf ici l’arbre généalogique de ces Labourdette originaires de Dognen, proche de Navarrenx, et comportant de célèbres carossiers et architectes. Fin de l’incise à propos d’Elina Labourdette.

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    Mais il me fallait aussi, bien sûr, lire, et le plus attentivement possible, « L’Histoire de Madame de La Pommeraye et du marquis des Arcis » de Denis Diderot…

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    À suivre dès demain…

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    Ce mardi 3 janvier 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Découvrir et écouter les sensuelles Chansons d’Ottorino Resphigi (suite)…

    Après le très beau CD Pentatone 5186 872 « Respighi Songs » du ténor Ian Bostridge et la pianiste Saskia Giorgini

    _ cf mon article «  » du 26 janvier 2022 _,

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    voici que le CD Bis SACD 2632 vient nous proposer à son tour un superbe « Crepuscolo _ Songs by Ottorino Respighi« , par le ténor Timothy Fallon, accompagné, au piano, par Ammiel Bushakevitz

    _ cf l’article, le 29 août 2022, de Jean-Charles Hoffelé, sur son site Discophilia, intitulé « Le Chant du faune« … _,

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    afin de mieux parfaire notre découverte de l’œuvre du grand Ottorino Respighi (Bologne, 9 juillet 1879 – Rome, 18 avril 1936) …

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    LE CHANT DU FAUNE

    Ian Bostridge hier _ cf mon article «  » du 26 janvier dernier… _, Timothy Fallon aujourd’hui,

    les ténors anglais ou américains sont au disque, depuis l’exemple princeps laissé par Robert Tear qui grava la version avec orchestre de Deità silvane, les seuls défenseurs des merveilles que Respighi leur aura expressément écrites (même si les sopranos se les sont attribuées parfois) avec en tête les timbres, la vocalité spécifique, des grands ténors italiens de son temps.

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    Pourtant, Timothy Fallon, dont la voix est autrement ample, caractérisée, que les blancheurs magiques de Ian Bostridge, replace idéalement _ voilà _ ce grand bouquet dans le paysage de la mélodie italienne depuis Martucci, conjuguant l’exaltation des sentiments et la sensualité d’une écriture _ oui _ qui se réfugie dans l’imaginaire antique pour mieux exposer son érotisme _ c’est cela.

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    Admirablement chanté, avec des abandons qui ne sont jamais langueurs, et le feu des mots _ oui _ toujours débordant la ligne vocale, admirablement accompagné aussi par un pianiste qui fond son clavier dans les timbres de son ténor, l’album dore ses paysages et ses apparitions dans une prise de son magnifique, donnant de l’espace pour le grand engloutissement d’In alto mare, une minute saisissante qui rappelle que Respighi fut aussi _ mais oui _ un génie du théâtre lyrique.

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    Sensualité, vertige, panthéisme s’allient _ voilà _ grâce à ces deux interprètes inspirés par cette atmosphère décadente, quasi D’Annunzienne _ oui _, qui je crois bien est ici saisie, hors Tramonto, pour la première fois.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Crepusculo

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    Ottorino Respighi (1879-1936)

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    Deità silvane, P. 107
    6 Melodie, P. 89 (2 extraits : No. 1. In alto mare ; No. 2. Abbandono)
    Contrasto, P. 66
    L’ultima ebberezza, P. 8
    Stornellatrice, P. 69
    5 Canti all’antica, P. 71
    Storia breve, P. 52
    6 Liriche, Series 1, P. 90 (2 extraits : No. 1. O falce di luna ; No. 6. Pioggia)>
    6 Liriche, Series 2, P. 97 (extrait : No. 6. Il giardino)
    Lagrime, P. 9
    4 Scottish Songs, P. 143
    Notturno in E-Flat Major, P. 11
    Nebbie, P. 64

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    Timothy Fallon, ténor
    Ammiel Bushakevitz, piano

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    Un album du label BIS Records BIS 2632

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    Photo à la une : le ténor américain Timothy Fallon et le pianiste Ammiel Bushakevitz, à droite – Photo : © Kirsten Nijhof

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    À découvrir, donc,

    avec très grand plaisir…

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    Ce samedi 24 décembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • De bonnes nouvelles de l’excellent violoncelliste suisse Christian Poltéra : un très réussi CD Bis Joseph Haydn – Paul Hindemith

    Parmi les assez nombreux excellents violoncellistes d’aujourd’hui,

    Christian Poltéra déçoit bien rarement.

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    À preuve,

    ce récent CD Bis SACD 2507 « Haydn Cello Concertos in C & D – Hindemith Trauermusik« ,

    dans lequel le violoncelliste suisse _ né à Zurich en 1977 _ dirige aussi, de son violoncelle, le Münchener Kammerorchester.

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    Bien sûr, ce répertoire, bien connu pour sa qualité, compte pas mal de très bonnes interprétations au disque ;

    mais la réalisation, justissime, de Christian Poltéra est sans défaut.

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    Un avis partagé par Pierre-Jean Tribot, sur le site de Crescendo, en date du 22 août 2022,

    en un article intitulé « Haydn revisité en perspective par Christian Poltéra« :

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    Haydn revisité et en perspective par Christian Poltéra

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    LE 22 AOÛT 2022 par Pierre Jean Tribot
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    Joseph Haydn (1732-1809) : Concerto pour violoncelle n°1 en Ut Majeur, Hob.VIIb:1  : Concerto pour violoncelle n°2 en Ré majeur, Hob.VIIB:2 ; Symphonie n°13 en Ré majeur, Hob I:13 (« Adagio« ) ;

    Paul Hindemith (1895-1963) : Trauermusik pour violoncelle et orchestre à cordes.

    Münchener Kammerorchester, Christian Poltéra.

    2021. Livret en anglais, allemand et français. 61’20’.’ BIS-2507.

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    Le violoncelliste suisse Christian Poltéra poursuit ses pérégrinations à travers le répertoire pour violoncelle _ voilà _ avec une nouvelle étape centrée sur deux piliers du répertoire : les deux concertos de Haydn, mis en perspectives avec la Trauermusik, jouée ici dans sa rare version pour violoncelle, bien moins pratiquée que la version pour alto.

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    Les concertos pour violoncelle de Haydn comptent parmi les œuvres les plus enregistrées _ en effet _, souvent par des jeunes solistes en quête de notoriété. On pointe trop souvent un concept interprétatif démonstratif et survitaminé qui galvaude en partie l’esprit de ces partitions. Heureusement, avec Christian Poltéra on entre au cœur de l’art de l’interprétation _ voilà. Le musicien impose un climat de musique de chambre (il faut rappeler que l’effectif orchestral est réduit) _ oui _ avec un superbe travail sur les dynamiques, les nuances et les moindres détails des partitions. Haydn scintille ici comme une pierre précieuse dans une _ sereine _ lumière d’été _ oui. Le Münchener Kammerorchester est le partenaire idéal et on apprécie son adaptabilité et sa justesse de ton et de style. Le haut degré technique et la qualité d’écoute mutuelle de ces musiciens font de l’interprétation de ces concertos, une nouvelle référence. Nos oreilles n’avait pas été aussi enthousiastes depuis l’album de Jean-Guihen Queyras pour Harmonia Mundi, il y a déjà près de 20 ans !

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    Le bonheur est complété par le superbe “Adagio” de la Symphonie n°13 qui met en avant le violoncelle.

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    Dans Hindemith, le ton est grave, et les musiciens imposent le climat de retenue et de noirceur requis _ c’est sobrement et justement dit. Un CD parfaitement équilibré.

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    Son : 10 – Livret : 10 – Répertoire : 10 – Interprétation : 10

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    Pierre-Jean Tribot

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    Un CD dont je ne voulais pas me passer, et qu’il m’a fallu commander.

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    Ce vendredi 23 Décembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un nouvel enthousiasmant CD de Zefiro et Alfredo Bernardini : « Grand Tour a Venezia _ Heinichen Lotti Pisendel Veracini Vivaldi Zelenka », le CD Arcana A 534

    Alfredo Bernardini, hautboïste _ je l’avais découvert et admiré vivement lors de Masterclasses, chez Philippe Humeau, à Barbaste _, dirige avec brio, panache, vivacité et élégance son toujours excellent Ensemble : Zefiro.

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    Et voici que, de Zefiro et Alfredo Bernardini, paraît un nouveau CD Arcana, A 534,

    qui nous offre un très beau programme autour des rapports entre la cour de Saxe (et ses musiciens : Pisendel, Heinichen, Zelenka)

    et la Cité de Venise (avec Vivaldi, Veracini, Lotti).

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    Voici ce que dit de ce très beau CD, sur le site de Crescendo, Christophe Steyne,

    en un article du 17 décembre dernier, intitulé « Influence croisée entre Venise et la cour de Dresde : Zefiro tire un feu d’artifice » :

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    Influence croisée entre Venise et la Cour de Dresde : Zefiro tire un feu d’artifice !

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    LE 17 DÉCEMBRE 2022 par Christophe Steyne
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    Grand Tour a Venezia.

    Francesco Maria Veracini (1690-1768) : Ouverture no 6 en sol mineur. Georg Pisendel (1687-1755) : Concerto pour violon no 2 en ré majeur JunP I.7. Antonio Lotti (1667-1740) : Sinfonia de l’opéra Ascanio. Johann David Heinichen (1683-1729) : Concerto pour deux hautbois en mi mineur Seibel 222. Jan Dismas Zelenka (1679-1745) : Ouverture a 7 concertanti en fa majeur ZWV 188. Antonio Vivaldi (1678-1741) : Concerto per l’orchestra di Dresda en sol mineur RV 577.

    Zefiro. Alfredo Bernardini, direction et hautbois. Paolo Grazzi, hautbois. Lorenzo Cavasanti, Emiliano Rodolfi, flûte à bec. Alberto Grazzi, basson. Cecilia Bernardini, Claudia Combs, Ayako Matsunaga, Monika Toth, Rossella Croce, Ulrike Fischer, Isotta Grazzi, Matilde Tosetti, violon. Stefano Marcocchi, Teresa Ceccato, alto. Gaetano Nasillo, Sara Bennici, violoncelle. Riccardo Coelati Rama, violone. Francesco Corti, clavecin, positif. Evangelina Mascardi, luth.

    Mai 2021. Livret en anglais, français, italien. TT 66’11. Arcana A534

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    Survivance et prolongement de la peregrinatio academica, le voyage d’initiation que les jeunes gens de l’aristocratie _ d’abord anglaise, puis, plus largement, européenne _ devaient effectuer dans les hauts-lieux de la culture européenne _ en Italie, tout particulièrement… _ contribuait à la formation politique et artistique des élites. C’est dans ce cadre pédagogique que Frédéric-Auguste Ier de Saxe (1670-1733) envoya en 1716 son fils à Venise pour son Cavaliertour, qui dura six mois. L’orchestre de la Cour de Dresde attirait les meilleurs musiciens de l’époque ; Frédéric-Auguste II (1696-1763) en emmena quelques-uns lors de son séjour dans la cité sérénissime, qui accueillait quelques compositeurs natifs (comme Vivaldi ou Lotti) ou de passage (Veracini, né à Florence et devenu organiste de la Basilique San Marco, Heinichen arrivé de Leipzig). Ce brassage marqua les œuvres, tant leur style que leur facture, stimulée par les brillants virtuoses de la Cour saxonne, tel le hautboïste Johann Christian Richter qui inspira au Prete rosso ses créations pour anches les plus ardues _ voilà. Certains compositeurs se plièrent au goût de cette Cour _ polono-saxonne… _, que séduisait le style français. D’autres y furent même ensuite invités, comme Heinichen que le fils ramena avec lui, mais aussi Lotti convié par Auguste le Fort l’année suivante, puis Veracini en 1720.

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    C’est cet extraordinaire réseau d’échanges et d’émulation qu’illustre le présent album _ voilà _, lançant un pont entre Dresde et Venise, et révélant les influences croisées entre ces deux majeurs foyers artistiques. Parfois sous forme d’hommage revendiqué, ainsi le Concerto per l’orchestra di Dresda où l’auteur des Quatre Saisons exploite un vertigineux laboratoire a molti strumenti (deux flûtes, deux hautbois, basson, cordes) conclu par un impétueux allegro. La même ivresse s’empare de l’étourdissante Folie qui parachève l’Ouverture a 7 concertanti de l’excentrique _ génialissime _ Zelenka, le fantasque Bohémien !

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    Le programme compte aussi un Concerto pour deux hautbois d’Heinichen, qui abondera le répertoire de la Cour par divers opus poly-instrumentaux, auxquels Reinhard Göbel consacra un remarquable double-album (Archiv, 1992). Le style français prisé par August der Starke est sensible dans la Sinfonia de l’opéra Ascanio ; or l’on s’étonne un peu que ce CD ait choisi celle des six Ouvertures de Veracini qui corresponde le moins à cette dilection. Le Concerto pour violon de son industrieux rival Georg Pisendel (une dissension qui poussa son confrère italien à se défenestrer !) révèle certes la diversité des faveurs musicales en vogue dans la « Florence de l’Elbe », dont témoigne le Gemischter Stil.

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    Depuis les vinyles de Nikolaus Harnoncourt, la discographie et les concerts viennent périodiquement enrichir l’hommage à cette Hofkapelle qui, jusque la Guerre de Sept ans, put resplendir aux oreilles des Princes-Électeurs de Saxe et souverains de Pologne _ voilà. Un récent _ superbe ! _ CD d’Alexis Kossenko à l’Abbaye de Royaumont _ le CD Aparté AP 258 _ en revigorait le faste par des moyens gargantuesques. Peut-être moins gourmand, d’un trait plus sec qui resserre la trame rythmique et aiguise les lignes, Alfredo Bernardini et son incisif _ oui : ultra-vivant ! _ ensemble Zefiro font ici assaut de tout le zèle imaginable. Des phrasés expressifs quoique drus arment une interprétation aussi précise que chatoyante. Des vertus augurées dans un récital « Dresden » enregistré en novembre 2016 pour le même éditeur _ le CD « Dresde 1720«  Arcana A 438 _, dans une veine chambriste. Tous les coups sont permis pour faire revivre l’éclat et le théâtre _ voilà _ de ces pages. On ne saurait distinguer un pupitre ou un moment tant le travail d’équipe signe un triomphe collectif _ oui, comme il se doit pour ces concerti con  molti istromenti… On en sort épaté. La captation dynamique et haute en couleurs _ oui _  achève de nous combler. Admirable de bout en bout _ tout à fait ! Il y a deux ans au Réfectoire des moines, l’attelage Les Ambassadeurs / La Grande Écurie dressait une table de rois. Zefiro tire aujourd’hui le feu d’artifice qui magnifie ce festin.

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    Son : 9 – Livret : 9,5 – Répertoire : 9-10 – Interprétation : 10

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    Christophe Steyne

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    À comparer aussi avec les très récentes étincelantes réussites de Julien Chauvin (et son Concert de la Loge) et Amandine Beyer (et ses Gli Incogniti) en ce même brillantissime répertoire…

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    Ce jeudi 22 décembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa