Catégorie : Philo

  • Au sujet de la si belle Dordogne : Marcel Conche, Altillac et Beaulieu (et Montaigne)

    Jeudi soir dernier,

    conversant tranquillement une heure durant avant notre entretien de 18 heures à la Station Ausone

    à propos de 1938, nuits,

    …

    Hélène Cixous et moi-même,

    …

    évoquons Montaigne,

    Castillon-la bataille et ses tendres verts bords de Dordogne,

    ainsi que la superbe courbe épanouie et combien sérénissime du fleuve

    à Cabara _ qu’aime tant Hélène.

    Elle prononce à son propos le mot de « sublime« . Et c’est mille fois mérité !

    Quel lieu !

    …

    …

    Je demande alors à Hélène si elle connaît aussi les bords de la Dordogne à Beaulieu, en Corrèze ;

    …

    mais ne me vient pas alors à la bouche _ honte à moi ! _ le nom de Marcel Conche,

    un de ses plus célèbres habitants,

    et magnifique philosophe,

    auteur, entre autres, d’un Lucrèce et d’un Montaigne,

    qui m’ont marqué !

    …

    …

    Et voilà que le lendemain, faisant un tour dans la librairie,

    avant d’aller assister à l’entretien, au Studio Ausone,

    entre l’ami Michaël Fœssel

    et l’ami Nicolas Patin,

    …

    je tombe sur une table du rayon Philo

    sur le tout dernier ouvrage _ il est paru au mois de février dernier _ de Marcel Conche,

    intitulé Regard(s) sur le passé, aux Éditions HD Essais.

    …

    Marcel Conche est né le 27 mars 1922, à Altillac en Corrèze

    _ c’est juste sur l’autre rive de la Dordogne, face à Beaulieu _ ;

    et il vit désormais à Treffort _ non loin de Bourg-en-Bresse, dans l’Ain.

    …

    …

    Quelle jubilation de le lire !!! 

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    …
    Ce samedi 25 mai 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Aller écouter Michaël Foessel présenter son passionnant « Récidive 1938 » à la Station Ausone vendredi 24 mai prochain

    En remerciement-hommage à Michaël Foessel,

    philosophe

    d’une singulière lucidité,

    pour son passionnant Récidive 1938, qui vient de paraître aux PUF
    …
    …
    Récidive 1938 :
    Tombé presque par hasard sur l’année 1938, un philosophe inquiet _ oui _ du présent est allé de surprise en surprise. Au-delà de ce qui est bien connu (les accords de Munich et la supposée « faiblesse des démocraties »), il a découvert des faits, mais aussi une langue, une logique et des obsessions étrangement parallèles _ voilà ! _ à ce que nous vivons aujourd’hui. L’abandon _ trahison _ de la politique du Front populaire, une demande insatiable d’autorité, les appels de plus en plus incantatoires _ c’est-à-dire de plus en plus éloignés des procédures d’une démocratie effective ! _ à la démocratie contre la montée des nationalismes, une immense fatigue _ hélas ! _ à l’égard du droit et de la justice : l’auteur a trouvé dans ce passé une image _ assurément  troublante _ de notre présent. Récidive ne raconte pas l’histoire de l’avant-guerre. Il n’entonne pas non plus le couplet attendu du « retour des années 30 ». Les événements ne se répètent pas _ non _, mais il arrive que la manière de les interpréter _ au présent de leur actualité _ traverse _ expression d’une assez parente contamination _ la différence des temps. En ce sens, les défaites anciennes de la démocratie _ soit l’abandon de ce qui allait bientôt mener à la supression, carrément, de la république à Bordeaux à la mi- juin 40, puis Vichy, au mois de juillet _ peuvent _ et devraient _ nous renseigner _ voilà ! _ sur les nôtres. Récidive est _ ainsi _ le récit d’un trouble _ quant au vécu (et au pensable : urgent !) de notre présent politique _ : pourquoi 1938 nous éclaire-t-elle tant sur le présent ?
    …
    et qu’il viendra présenter à la Station Ausone vendredi 24 mai prochain,
    en un entretien _ qui promet assurément beaucoup ! _ avec l’excellent Nicolas Patin, historien,
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    voici, simplement, le courriel _ sans rien de personnel _ que je viens d’adresser au philosophe
    dont j’apprécie depuis longtemps le travail.
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    Cf mes articles des 23 janvier 2011, 18 janvier 2011, 8 août 2011 et 22 avril 2010 ;
    …
    a aussi existé un podcast (de 65′) de sa présentation chez Mollat le 18 janvier 2011
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    Voici donc ce simple courriel à Michaël Foessel :

    …
    …
    Achevant à l’instant ma lecture de Récidive 1938,
    …

    je tiens à vous dire, cher Michaël, ma vive admiration
    pour la pertinence féconde de ce très riche travail
    historico-philosophique.
    …
    Sa méthode : l’imprégnation méthodique de courants dominants de l’esprit d’une époque (1938) via la lecture la plus large de la presse, c’est-à-dire ses divers journaux
    _ avec aussi la notation hyper-lucide de la cécité de cette presse à certains événements : trop latéraux à leurs (étroites et répétitives) focalisations intéressées ! _ ;
    …
    plus le rappel _ issu de votre culture philosophique _, de quelques vues singulières de penseurs particulièrement lucides : Bernanos, Mounier, Pierre Klossowski ;
    et Hannah Arendt, Walter Lippmann _ le créateur du concept de néo-libéralisme _, Marc Bloch ;
    Maurice Merleau-Ponty aussi.
    Sans compter votre analyse de L’Enfance d’un chef, de Sartre.
    …
    Mais aussi l’éclairage que vous y cherchez _ et trouvez ! (cf votre très fécond Epilogue) _ pour l’intelligence (urgentissime !) de notre préoccupant présent,
    face au massif rouleau compresseur de la propagande des pouvoirs _ politiques, médiatiques, etc. _ assénant, avec le plus éhonté cynisme (très a-démocratique, lui aussi), 
    la pseudo-évidence _ confortée par l’élimination de vrais débats de fond _ de leur idéologie…
    …
    Et les chiens de garde veillent au grain…
    …
    Ce présent-ci, et comparé à celui de 1938, est assez effrayant !
    même si l’à-venir demeure, bien sûr, ouvert…
    …
    Francis Lippa
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    …
     
    Je viendrai vous écouter vendredi chez Mollat…
    Nicolas Patin est lui aussi très bon !
    …
    P. s. :
    avez-vous rencontré dans vos lectures sur l’année 1938 le nom du sénateur de la Gironde Georges Portmann,
    bras droit de Pierre-Etienne Flandin,
    et qui sera auprès de lui, à Vichy, en janvier-février 1941, son Secrétaire d’Etat à l’Information ?
    …
    Mon père, le Dr Benedykt Lippa (Stanislawow, 1914 – Bordeaux, 2006),
    fut l’assistant en ORL de Georges Portmann à la Fac de Médecine de Bordeaux en 1940-41-42 ;
    et c’est Portmann _ bien informé _ qui a permis à mon père d’échapper à la Gestapo au début du mois de juin 1942…
    …
    Cf l’article de mon blog le 12 novembre 2014 :
    …
    J’ai en effet travaillé
    et sur les mouvements de Résistance, 
    et sur les Collaborations…
  • Le Tract n°3 de Gallimard : Faute d’égalité », de Pierre Bergounioux », ou un salut au surgissement d’une absence…

    Telle _ ici à nouveau _ une nouvelle variation

    sur un thème _ social et politique _ qui lui tient très à cœur,

    …

    et probablement assez fortement réactivé

    par l’événement durablement profond

    des Gilets Jaunes,

    …

    …

    dans la série des Tracts Gallimard,

    pour sa troisième parution _ de « mars 2019« … _,

    …

    Pierre Bergounioux

    nous propose ici un texte de 26 pages _ pages 3 à 29 _

    intitulé Faute d’égalité.

    …

    …
    En voici le résumé

    qu’en quatrième de couverture

    lui-même en donne :

    …

    « Pierre Bergounioux entreprend ici de saisir les origines et la signification du mouvement social que la France a vécu ces derniers mois. Il enracine sa réflexion dans l’histoire des nations et des idées occidentales, en vertu de l’axiome selon lequel tout le passé est présent dans les strucures objectives et la subjectivité des individus qui font l’histoire. Ainsi se poursuit, jusque dans les formes les plus contemporaines de la contestation, en pleine crise du capitalisme et de la représentation politique, le rêve égalitaire qui nous est propre« .

    …

    …

    Avec aussi ce commentaire

    _ nommément _ signé de lui :

    …

    « On attendait d’énergiques initiatives,

    des changements effectifs,

    de vrais événements.

    Ils ne se sont pas produits.

    Cinq décennies _ depuis 1968 _ont passé en vain, à vide, apparemment.

    …

    Et puis ce qui aurait dû être

    et demeurait latent,

    absent fait irruption dans la durée« .

    …

    …

    Ce jeudi 4 avril 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La remarquable acuité philosophique de Barbara Stiegler en son « Il faut s’adapter : un nouvel impératif politique »

    Le mardi 5 mars dernier,

    eut lieu à la Station Ausone,

    la quatrième et dernière séance de la saison 2018-2019

    de notre Société de Philosophie de Bordeaux,

    …

    avec la présentation par notre collègue Barbara Stiegler

    de son récent _ et lumineux et brillant _ essai de philosophie politique :

    Il faut s’adapter : un nouvel impératif politique,

    paru aux Èditions Gallimard.

    …

    …

    En voici le podcast (de 69′) ;

    …

    ainsi que la vidéo.

    …

    …

    En voici aussi la quatrième de couverture :

    …

    D’où vient ce sentiment diffus, de plus en plus oppressant et de mieux en mieux partagé, d’un retard généralisé _ des personnes, des citoyens _, lui-même renforcé par l’injonction permanente _ et massive _ à s’adapter au rythme des mutations d’un monde complexe ? Comment expliquer cette colonisation progressive du champ économique, social et politique par le lexique biologique _ voilà _ de l’évolution ? La généalogie _ selon une méthode nietzschéenne _ de cet impératif nous conduit dans les années 1930 aux sources d’une pensée politique, puissante et structurée, qui propose un récit très articulé sur le retard _ ou néotonie _ de l’espèce humaine par rapport à son environnement _ culturellement mouvant _ et sur son avenir _ à construire. Elle a reçu le nom de « néolibéralisme » : néo, car, contrairement à l’ancien _ libéralisme (classique) _ qui comptait sur la libre régulation du marché pour stabiliser l’ordre des choses, le nouveau en appelle _ lui _  aux artifices de l’État (droit, éducation, protection sociale) afin de transformer l’espèce humaine _ voilà _ et construire ainsi artificiellement le marché : une biopolitique _ pour reprendre le terme foucaldien _ en quelque sorte. Il ne fait aucun doute pour Walter Lippmann _ 1889 – 1974 _, théoricien américain de ce nouveau libéralisme, que les masses sont rivées à la stabilité de l’état social (la stase, en termes biologiques), face aux flux qui les bousculent. Seul un gouvernement d’experts peut tracer la voie de l’évolution des sociétés engoncées dans le conservatisme des statuts. Lippmann se heurte alors à John Dewey _ 1859 – 1952 _, grande figure du pragmatisme américain _ voilà _, qui, à partir d’un même constat, appelle à mobiliser l’intelligence collective des publics, à multiplier les initiatives démocratiques, à inventer par le bas _ lui _ l’avenir collectif. Un débat sur une autre interprétation possible du sens de la vie et de ses évolutions au cœur duquel nous sommes plus que jamais.

    …

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    Ce samedi 16 mars 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa