Catégorie : Philo

  • Pénétrer toujours plus avant dans le formidable travail défricheur de penser de Baptiste Morizot : avancer maintenant dans la lecture de son essentiel « Les Diplomates – Cohabiter avec les loups sur une autre carte du vivant », aux Editions Wildproject : le livre fondateur, absolument, de l’œuvre de Baptiste Morizot…

    En poursuivant ma lecture éblouie de son « Sur la piste animale » – recueil de 7 articles décisifs d’expériences de pistages d’animaux sauvages : pas seulement le loup, mais aussi l’ours et la panthère des neiges, en divers continents – et de son « Manières d’être vivant – Enquêtes sur la vie à travers nous » – ample retour d’expérience philosophique cette fois – , j’approfondis ma découverte-approche du travail défricheur de penser magnifiquement pionnier de Baptiste Morizot – né à Draguigan  le 26 septembre 1983 – , par la lecture de son maître travail qu’est son formidable « Les Diplomates – Cohabiter avec les loups sur une autre carte du vivant« , paru en sa première édition le 26 mars 2016 aux Éditions Wildproject…

    …

    La première édition de « Sur la piste animale« , aux Éditions Actes-Sud, remonte au 11 avril 2018 ;

    et la première édition de « Manières d’être vivant – Enquête sur la vie à travers nous« , aux Éditions Actes-Sud, remonte au 5 février 2020…

    …

    Mes lectures de Baptiste Morizot ont donc hélas bien du retard…

    …

    Et pourtant,

    le premier à m’avoir parlé du travail de Baptiste Morizot est mon ami et collègue professeur de lettres au lycée Nord-Bassin d’Andernos Franck Jouandoudet, expérimentateur remarquable d’écologie de terrain, notamment à propos des oiseaux, qui le 15 octobre 2017 m’a demandé ceci dans un courriel, à 11h 04 :

    « Tu connais Baptiste Morizot ?  Tu ne veux pas le faire venir à Bordeaux ? « …

    …

    Le 8 novembre 2017, à 14h 27, en réponse à un autre courriel de Franck Jouandoudet me demandant cette fois si je ne posséderais pas l’adresse-mail de Baptiste Morizot, j’avais répondu ceci  :

    « Non, je n’ai pas le lien – pour le moment du moins… – de Baptiste Morizot, dont j’ai acheté Pour une théorie de la rencontre _ Hasard et individuation chez Gilbert Simondon (chez Vrin). En attendant celui sur les loups : Les Diplomates…« .

    Dont acte…

    …

    Et le 11 novembre 2017, à mon envoi, à 8h 25 , à l’ami Étienne Bimbenet d’un courriel où je lui demandais :

    « Disposerais-tu par hasard de l’adresse électronique de Baptiste Morizot, l’auteur des Ambassadeurs ? , mon ami et collègue Franck Jouandoudet désire le joindre afin de l’inviter à venir parler des loups sur les bords du Bassin d’Arcachon« ,

    le cher Étienne m’avait répondu ceci, à 9h 30 :

    « Mon cher Titus Curiosus,
    La voici.
    Mille fois d’accord avec ton enthousiasme, concernant Jean Clair et Pierre Bergounioux : cette attention qu’ils ont à la « présence » de toute chose, ce don des choses au quotidien…
    Je te souhaite un bon week end, avec un bisou au petit Alban
    – mon petit-fils ; Étienne a son fils prénommé lui aussi Alban – 
    Étienne« …

    …

    Voilà pour le moment, pour cette généalogie de mon retard à la découverte du travail passionnant de recherche et penser pionnier de Baptiste Morizot.

     

    Cependant, le 17 décembre dernier, en adressant à Pierre Crétois, le président de notre chère Société de Philosophie de Bordeaux un lien à mon article « https://encherchantbien.fr/admirer-le-sur-la-piste-animale-de-baptiste-morizot-pour-ses-analyses-sagaces-de-la-curiosite-en-actes/« ,

    j’avais ajouté :

    « Nous avons failli avoir Baptiste Morizot pour une conférence à la Station Ausone il y a quelques années ; je ne me souviens pas pourquoi cela ne s’était pas fait… » …

    …

    Pierre m’avait répondu très vite, à 11h 13 , ceci :

    « On aurait aimé avoir Baptiste il y a deux ans, en effet. Il avait d’abord accepté mais finalement décliné car trop sollicité. Il me semble bien que c’était le moment où il avait notamment été rédac chef de Socialter pour un numéro spécial. Mais, il ne faut pas renoncer : je le connais un peu, Ferhat le connaît bien, si nous décidons de l’inviter, nous coordonnerons nos forces ! « …

    …

    Et, de fait, la proposition d’inviter Baptiste Morizot pour son « Raviver les braises du vivant – ou Manières d’être vivant » décidée par notre réunion du 11 juin 2021 à l’université Bordeaux-Montaigne, acceptée par Baptiste Morizot, et initialement prévue pour le mardi 20 octobre 2021 à la Station Ausone de la librairie Mollat à Bordeaux, avait dû être annulée in extremis pour une indisponibilité de Baptiste Morizot, que nous a communiquée Pierre Crétois le 10 octobre 2021 :

    « Chères et chers collègues, 

    Malheureusement Baptiste Morizot m’a écrit il y a quelques jours pour m’informer qu’il ne pourrait pas faire le déplacement le 20 octobre. Nous sommes en train de réfléchir avec la librairie Mollat pour trouver un autre créneau. Je vous en informerai – et ce créneau n’a pas alors hélas été trouvé…
    Mes excuses les plus sincères pour cette annulation de dernière minute. La prochaine conférence (après celle de Barbara Stiegler ce jeudi) sera le 26 janvier avec Etienne Balibar. Au plaisir de vous y croiser.
    Bien à vous,« …

    …

    Mais nous allons, pour la saison 2025-2026, y remédier…

    …

    En attendant,

    j’en suis à la page 113 de ma lecture enchantée de « Les Diplomates – Cohabiter avec les loups sur une autre carte du vivant« , en son édition Wildproject 23 de mars 2023 ;

    dont voici la quatrième de couverture :

    « Il s’agit avant tout d’un problème géopolitique : réagir au retour spontané du loup en France, et à sa dispersion dans une campagne que la déprise rurale rend presque à son passé de « Gaule chevelue ». Le retour du loup interroge notre capacité à coexister avec la biodiversité qui nous fonde – à inventer de nouvelles formes de diplomatie.

    Guidé par Charles Darwin, Konrad Lorenz, Temple Grandin, Lucy King… et de nombreu·ses autres « diplomates », ce livre esquisse un monde où nous vivrons « en bonne intelligence avec ce qui, en nous et hors de nous, ne veut pas être domestiqué »

    Le livre fondateur de l’œuvre de Baptiste Morizot »…

    …

    Ce vendredi 26 décembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Mot de remerciement-gratitude à Concetta Cavallini pour sa lumineuse intelligence ultra-sensible de Montaigne en sa magnifique conférence d’hier après-midi à l’Académie de Bordeaux, en conclusion-apothéose du mois Montaigne 2025 à Bordeaux

    Chère amie montanienne, chère Concetta,
     
    En vous remerciant à nouveau et très chaleureusement pour votre merveilleuse conférence montanienne « La mort chez Montaigne : préméditation ou expérience ? » d’hier après-midi dans les beaux salons de l’Académie de Bordeaux – vous êtes magnifiquement allée au fond des choses !.. – ,
     
    et à propos du refus de simplement « passer le temps » de Montaigne, et son ultime mot fondamental de « cultiver la vie » en son final « De l’expérience » (Essais, III, 13),
    et en toute modestie forcément de ma part,
     
    voici sur mon blog encherchantbien.fr mon article du 26 février 2025 :
    dans lequel je cite les deux passages si puissants de cet essai testamentaire si positif de Montaigne !
     
    La question de l’usage du temps de la vie est au cœur de mon regard philosophique existentiel personnel…
    Et Montaigne en est une très éminente boussole…
     
    Ainsi qu’aussi en mon commode récapitulatif de vidéos et podcasts d’entretiens enregistrés (en date du 29 avril 2025) :
    voici un lien à la vidéo de mon entretien avec mon ami montanien lui aussi Bernard Sève à propos de son magistral Les Matériaux de l’art (60′), en date du 14 janvier 2025 à la Station Ausone de la librairie Mollat à Bordeaux…
     
    …
     
    Comme je vous l’ai brièvement évoqué hier soir, Montaigne est LE voisin de mon enfance sur les bords de la belle Dordogne, puisque nous allions à pieds de chez nous, à Castillon-la-Bataille où mon père était médecin, jusqu’au château de Montaigne, et sa magique tour, dont j’ai gravi maintes fois l’escalier…
     
    Et s’il vous reste encore un peu de patience (et diligence),
    voici encore un lien à cet article-ci, en date du 26 février 2025 :
    à un moment où je réfléchissais à une sorte d’ébauche de CV pour, à la demande de mon ami Joël Dehais, l’actuel président de l’Académie de Bordeaux, satisfaire à ce passage obligé du CV à présenter à une candidature (si improbable !) à un siège à l’Académie de Bordeaux (en manque de philosophes…), de la part de quelqu’un qui déteste et les titres et l’auto-promotion…
     
    Francis Lippa
    vice-président (eh oui !) de la Société de Philosophie de Bordeaux
     
    P. s. :
     j’aimerais pouvoir lire et relire le texte de votre mervelleuse conférence d’hier soir, qui va si loin dans l’intelligence sensible de lecture de ce que Montaigne (voyage en Italie compris) nous a laissés…
    J’ai beaucoup apprécié aussi vos remarques orales, en réponse à divers interlocuteurs, sur l’importance de la diversité des lectures (et lecteurs !) de Montaigne, notamment en fonction des âges de la vie, et des « expériences » de chacun : ce mot si montanien (comme celui d’ « essai ») figurant aussi dans le titre même de votre conférence…
    Vous avez été lumineuse.
    …
     
    J’ajoute in extremis encore ceci, extrait de l’article inaugural de mon blog encherchantbien.fr en date – déjà ! – du 3 juillet 2008 dans lequel j’énonçai ce que serait ce blog ouvert ce jour-là à la demande de la librairie Mollat :
    et qui comportait ce passage montanien éminemment crucial :
     
    …

    J’évoquerai l’ombre tutélaire et protectrice (depuis un 13 septembre 1592)
    – l’ombre “amie” –
    de Montaigne,
    et l’humour infini – “tant qu’il y aura(it) de l’encre et du papier” ; ainsi qu’”à sauts et à gambades” –
    de ce merveilleux (et humble) essayeur gascon ;

    Montaigne
    – le maître (sans disciple),
    dans les couloirs limpides du labyrinthe duquel
    (à qui consent de jouer – en « diligent lecteur » tout de même ! – à l’y suivre, ou plutôt ac-compagner, et converser avec !..)
    introduit lumineusement le récent livre, indispensable, de Bernard Sève, “Montaigne. des règles pour l’esprit” (aux PUF en octobre 2007) –

    Montaigne “fondant”
    – au participe présent du verbe “fonder” – ,
    et sans le moins du monde le chercher,
    par la seule grâce (et autorité
    – non didactique, loin de la chaire et du moindre “titre”) de son espiègle exemple
    cf le défi à “l’indiligent lecteur” : “Quitte mon livre !” – ;

    Montaigne « fondant » donc
    – sans rien « fonder » –
    ce qui va tout aussitôt,
    et en Angleterre d’abord (où “il” est aussitôt traduit),
    devenir un genre, et littéraire, et philosophique
    – lui ne les disjoint certes pas !
    ou plutôt “il” n’est pas, lui, Montaigne, dans (dedans, enfermé dans) les “genres”,
    tant son génie mutin et facétieux
    en même temps qu’il n’y a – vraiment pas ! – plus sérieux ni grave,
    est, “à sauts et à gambades”, trans-genres – ;

    Montaigne “fondant”, donc,
    pour dorénavant en quelque sorte, si j’ose dire
    – lui n’en sait fichtre rien ! et combien s’en rirait ! -,
    “fondant”,
    si l’on y tient,
    l’”essai”
    – lui ne disant (et c’est la chose même !) qu’“essais“,
    au pluriel et sans article
     –
    tel, ou tels, par exemple, ceux, très vite (dès 1597),
    ceux de Francis Bacon :
    celui (1561-1626) du tournant du XVIIème siècle élisabéthain,
    pas le génie tourmenté – pictural – , et sublime, du siècle qui vient de passer (1909-1992, pour cet autre),
    un des « fondateurs », ce Bacon de Verulam là, philosophe et politique (« chancelier d’Angleterre« ),
    par l’”essay“, donc,
    de la “méthode expérimentale” du connaître (qui est un juger)…

    …

    Ce vendredi 28 novembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Impressionnante et magnifique conférence de Concetta Cavallini, en conclusion de ce mois Montaigne à Bordeaux : « La mort chez Montaigne : préméditation ou expérience ? », cet après-midi à l’Académie Nationale des Sciences, Belles Lettres et Arts de Bordeaux…

    C’est une toute fait impressionnante et vraiment magnifique conférence que Concetta Cavallini, professeur de langue et littérature françaises à l’Université Aldo Moro de Bari, a prononcée cet après-midi à l’Académie Nationale des Sciences, Belles Lettres et Arts de Bordeaux, en conclusion-couronnement de ce mois Montaigne 2025 à Bordeaux :

    « La mort chez Montaigne : préméditation ou expérience ?« …

    …

     

    …

    Ce jeudi 27 novembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La jouissive folie de l’allégresse de Mozart, selon Clément Rosset, en son jubilatoire essai « Mozart ou le silence » (1967), que publie Le Passeur poche…

    C’est bien la jouissive « folie de l’allégresse » de Mozart, selon l’expression magnifiquement choisie par son auteur, Clément Rosset (Carteret, 12 octobre 1939 – Paris 5e, 25 mars 1018), en son jubilatoire essai « Mozart ou le silence » (1967), que vient de publier ce mois de septembre 2025 Le Passeur poche…

    …

    A l’opposé des clichés montrant Mozart romantique, maçonnique ou révolutionnaire, auteur d’une œuvre religieuse, métaphysique et autobiographique, l’auteur présente un musicien fou – mais pas au sens pathologique – , créateur d’une musique folle d’allégresse, pure et finalement proche du silence – en son refus avéré du logos, et sa distance l’égard des livrets, en ses opéras… Essai rédigé par Clément Rosset, donné à son ami Didier Raymond – spécialiste de Schopenhauer – et publié initialement sous le nom de ce dernier en 1990 – au Mercure de France.

    …

    Dès la publication en 1960 de son premier livre, La philosophie tragique, Clément Rosset ne cessa plus d’écrire. Non seulement des livres de philosophie, mais aussi des récits, des pièces de théâtre, des essais sur ses artistes de prédilection. Parmi ces derniers, Mozart et le silence, écrit en 1967.

    À l’époque, Rosset le proposa à un éditeur – Le Mercure de France, apprenons-nous maintenant – qui le refusa. Le texte resta alors inédit pendant une vingtaine d’années. Après quelques hésitations, Rosset offrit le manuscrit à son ami Didier Raymond, et le livre parut, sous la signature de ce dernier, au Mercure de France en 1990 avec pour titre Mozart, une folie de l’allégresse.

    Ce même livre fut réédité par Le Passeur en 2013 sous le titre Le cas Mozart et toujours sous le nom de Didier Raymond. Il est aujourd’hui présenté au public sous son titre original et dûment signé Clément Rosset, rendant ainsi justice à son auteur à titre posthume.

    À contre-sens des clichés en vigueur qui accordent un sens ou une intention aux airs sublimes de Don Giovanni, de Cosi fan tutte ou des Noces de Figaro, Rosset oppose une musique pure, proche du silence et débarrassée de tout prétexte ou de toute arrière-pensée – voilà ! Rien que de la pure jubilation musicale… Ainsi Mozart s’affirme comme le compositeur d’une musique « folle », celle de l’allégresse inconditionnelle – voilà ! – face à la tragédie de l’existence.

    …

    Oui, voilà qui est excellemment perçu par l’oreille musicale ainsi que très précisément détaillé par l’intelligence si fine et si libre du cher Clément Rosset en ce jubilatoire essai de 1967 !

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    Ce dimanche 9 novembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa