Catégorie : Photographie

  • Question : lesquels des « Tirages Fresson » de Bernard Plossu, sont ceux que je préfère ?.. Pour commencer, les images de nature : montagnes, déserts, campagnes, forêts…

    Bernard Plossu est un adepte bien connu de marches-randonnées dans la nature _ plus ou moins sauvage… _ :

    montagnes, déserts, hauts-plateaux, voire grandes prairies,

    campagnes, et même jardins,

    ainsi que sous-bois et forêts…

    …

    …

    En ce chapitre-ci d’une « nature » au sein de laquelle cheminer, sac au dos

    _ et appareil-photo à portée immédiate de main, tel le large filet pour le collecteur de papillons (cf ici Vladimir Nabokov…)… _,

    un peu à l’aventure,

    …

    au moins 7 images (sur 80) de ce « Tirages Fresson« 

    sont consacrées à des images disons _ et pour bien mal le résumer _ « vertes« ,

    je veux dire peu ou prou « écologiques« ,

    …

    avec des degrés d’ailleurs fort divers entre sauvagerie et civilisation,

    entre nature quasi vierge _ « wilderness«  américaine (cf Catherine Larère…) _, et culture _ européenne _ un tant soit peu peignée…

    …

    …

    En ce « Tirages Fresson » qui vient de paraître,

    au moins 7 images de « nature » se trouvent aux pages

    …

    13 (« Ardèche, France, 2012« ),

    …

    15 (« Taos Mountain, Nouveau-Mexique, États-Unis, 1978« ),

    …

    29 (« Californie, États-Unis, 1977« ),

    …

    30-31 (« Cantal, France, 2014« ),

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    53 (« Port-Cros, France, 2011« ),

    …

    69 (« Sud du Nouveau-Mexique, États-Unis, 1980« )

    …

    La librairie Artazart, sur les bords du Canal Saint Martin à Paris, vous propose de venir à la rencontre du photographe Bernard Plossu pour la parution de son album Western Colors, ce jeudi 23 juin à partir de Nouveau Mexique, Photographie Couleur, Onirique, Peinture, Rencontre, Yeux, Photographie Numérique, Photographie De Voyage, Les Photos Noir Blanc

    …

    …

    et 80 (« Giverny, France, 2010« ).

    …

    …

    On remarquera au passage l’imprécision _ bien évidemment par force ! _ de localisation _ quelque part… _ des sites

    où ont été saisies ces images… 

    …

    …

    Ce qui donne, cette fois au sein de ma liste de 13 images entre toutes préférées,

    pour ce qui concerne le chapitre de l’ »extérieur-nature« ,

    …

    le fait que j’ai retenu 2 images proprement sidérantes, à mon œil,

    …

    les images des pages 30-31 (« Cantal« )

    _ peut-être un poil trop majestueuse (spectaculaire !) et photogénique, celle-ci, pour pouvoir servir véritablement d’emblème de la singularité extraordinaire du mode de faire, foncièrement modeste, aux antipodes du « m’as-tu vu« , de Plossu…,

    et servir, du moins à mon goût personnel, pardon !, de couverture à l’album :

    mais quelle infiniment tendre sensualité caressante se dégage des courbes, au premier plan, de cette merveilleuse « vue verte«  surplombante d’un très vaste, quasi infini, panorama cantalien, en Auvergne…

    Bernard Plossu n’est pas l’homme des bien trop époustouflants vertigineux à-pics des Dolomites… _

    …

    et 53 (« Port-Cros« )

    _ celle-ci (peut-être une image inédite ; à moins, et c’est plus vraisemblable !, qu’elle n’ait déjà paru, en 2013, en un album que je ne possède hélas pas ! : « L’Incertaine apparence de Port-Cros«  de Bernard Plossu et François Carrassan, paru aux Éditions de l’Égaré, en 2013 : un album probablement tiré alors à très peu d’exemplaires…) est, entres toutes, ma préférée : celle que j’aurais personnellement encouragé à choisir pour la couverture !

    Quel infiniment doux plaisir sensuel de cheminer-s’enfoncer sans se perdre sur (ou dans) le chemin de ce vert sous-bois à la fois un peu sombre et combien chaleureusement lumineux d’Eden méditerranéen, accueillant, où vagabonder à l’envi sans jamais risquer de se perdre… Le paradis est juste là ! Et l’on s’y meut, en une île ! cette île de Port-Cros…

    Port-Cros, Porquerolles, l’ïle du Levant : le paradis même du « Pierrot le fou » de Godard, dont Bernard avait si justement saisi les orgasmiques « ambiances«  en quelques magiques images de son si beau Plossu Cinéma, en 2010 (aux Éditions Yellow now) ; cf mon article du 27 janvier 2010 : … _ ;

    …

    …

    ainsi que, aussi,

    et cette fois dans ma liste supplémentaire de 22 autres images, cette fois,

    _ il est si difficile de réduire le nombre de ses choix ! _,

    …

    les 2 images, encore,

    …

    des pages 69 (« Sud du Nouveau-Mexique« )

    _ ici encore un chemin, ou plutôt cette fois une route pierreuse, mais désertique, sec et aride, celui-ci ! Et cette fois encore, un Plossu emblématique, et presque trop, pour le coup, pour que j’eusse choisie cette image-ci comme couverture… Et, à dire vrai, ma préférence, très subjective, bien sûr (et injuste !), va au Plossu européen, et même, assez souvent (mais pas exclusivement non plus : cf ici même son extraordinairement beau « Giverny« , de la page 80, ou, et à propos des villages, son admirable « Bourgogne« , de la page 81…), au Plossu méditerranéen… _

    …

    et 80 (« Giverny« )

    _ une nature superbement peignée, cette fois, mais surtout pas trop, non plus, ici chez Monet : une merveille de classicisme (français, je le constate…) ouvert, à la fois retenu et déboutonné, et hyper-détendu, idéalement paisible, en sa respiration, pleine de fantaisie, amusée, et en même temps d’une idéale sérénité ; paradisiaque encore, mais d’une autre façon : apollinienne, dirai-je, cette fois, plutôt que dionysiaque (comme était le si chaleureux « Port-Cros« ) : quelle sublimissime renversante image, que ce « Giverny« – là, en son tendre délicatissime équilibre-déséquilibre (à la Marivaux), si français !..

    …

    …

    Mais on comprend très bien aussi le degré d’embarras de choix de Bernard Plossu à sa table de travail,

    face aux nécessaires choix éditoriaux à réaliser, à la profusion fastueuse de ses images, offertes, là, sous ses yeux ;

    …

    disponibles images, parmi _ et au sein de _ ses innombrables richissimes planches-contact _ qui les recèlent et les conservent _ ;

    …

    Bernard Plossu en face de ses milliers de somptueuses images saisies, qui, beaucoup d’entre elles, méritent vraiment, les unes ou les autres

    _ et surtout celles au tout premier abord apparemment les plus « ratées«  ! _,

    une nouvelle chance de parvenir à paraître, au moins une fois, quelque jour à venir, à nos yeux de regardeurs, à notre tour :

    …

    en quelque prochain nouvel album, ou quelque prochaine nouvelle exposition.

    …

    Oui, parmi les images qui n’ont pas été retenues cette fois-ci, pour ce « Tirages Fresson« -ci,

    des centaines, probablement, l’archi-méritaient _ et méritent toujours _ pleinement,

    mille fois davantage même, peut-être parfois, que celles sur lesquelles a porté, ce jour-là, le magnifiquement judicieux choix, déjà !, de leur auteur-capteur-saisisseur-receveur-partageur, à sa table de La Ciotat _ comme je l’y ai vu procéder, le 22 juillet 2008, pour son « Plossu Cinéma« , assis que j’étais auprès de Michèle Cohen et de Pascal Neveux, présents là pour ce tout premier choix…

    …

    …

    Mais, et soyons-en certains,

    ce n’est, pour ces belles endormies, sommeillant, pour le moment encore, en leurs planches-contact,

    que partie remise, pour la prochaîne occasion de publication d’un album, ou d’une exposition ;

    …

    et grâce, bien sûr aussi, à la médiation féérique, décisive, elle aussi, du tirage de l’image,

    par les doigts de fées de magiciens

    tels que, ici, de père en fils _ Pierre, Michel, Jean-François _, les Fresson, à Savigny-su-Orge…

    …

    …

    Car Bernard Plossu sait mieux que personne tout ce qu’il doit à la perfection infiniment soignée du travail de ses tireurs d’images préférés,

    son épouse, Françoise Nunez, et Guillaume Geneste ;

    …

    et, ici, pour ces fabuleux tirages-couleurs-Fresson,

    Pierre, Michel et Jean-François Fresson, à Savigny-sur-Orge… ;

    …

    dont la perfection infiniment soignée _ pardon de la répétition !, mais il faut y insister, comme le fait d’ailleurs lui-même, et à nouveau,  après le « Plossu couleurs Fresson » de 2007, le titre si justement reconnaissant de cet album de 2020 : « Tirages Fresson« … _ de ce travail de tirage

    lui permet, à lui _ le rencontreur passionné d’images à faire sourdre-surgir, de ce réel inattendu à apprendre à vraiment, et vraiment presque partout, surprendre et percevoir vraiment (il faut insister aussi, et toujours, sur ce très profond souci de vérité de Bernard Plossu à toutes les étapes de son travail, et son refus absolu et même forcené du moindre trucage falsificateur !), en un clin d’œil, sur le champ, décisif ; et saisir, pour l’éternité désormais, par ses images photographiques qui vont être engrangées, conservées, tirées et publiées… _,

    de vraiment se consacrer quasi exclusivement _ voilà ! c’est simplement un gain de temps et d’énergie à répartir (de confiance !)… _ à la pure rencontre _ miraculeuse _ offerte de ce si vaste réel à parcourir,

    ce réel tout à la fois le plus normal et quotidien possible _ et ce peut-être celui-là même de sa propre maison à La Ciotat, comme jadis à Grenoble ; comme celui d’absolument le plus banal n’importe où (telle la plus simple chambre d’hôtel)… _, et en même temps fantastiquement riche, et à quasiment inépuisable profusion _ pour qui sait, « sur le motif » d’abord, et c’est bien sûr le principal, le percevoir (puis, une fois « pris« , « saisi » sur la pellicule photographique et conservé, bien sûr encore apprendre à le reconnaître et identifier, très a posteriori, à sa table de travail), en sa merveilleuse fulgurance poétique iconique _, de formidables fabuleuses surprises ;

    …

    dont, Kairos aidant, et hic et nunc,

    lui va pouvoir réaliser, l’éclair d’un clic instantané sur la pellicule photographique, ces fantastiques images vraies

    qui vont demeurer à partager _ en une admirable œuvre réalisée _ pour jamais :

    …

    le défi, quasi permanent alors _ en ces très intenses autant que très sereines (de concentration paisible, vierge de tout parasite…) chasses aux papillons iconiques « sur le motif« … _, est immense…

    …

    …

    Que de merveilleux trésors de poésie _ déjà réalisés, mais encore en partie dormants, en attente qu’ils sont de « réalisation finale«  lors du tirage sur du papier adéquat… _ attendent donc, encore,

    dans les inépuisables rangements de planches-contact de Bernard Plossu, chez lui, à La Ciotat,

    la grâce de lumière d’un tirage parfait enfin réalisé ;

    …

    puis d’un livre édité, ou d’une exposition exposée !

    …

    …

    Et,

    tout en bout de course, et presque accidentelle _ et assez pauvre en nécessité _,

    la découverte émerveillée, consécutive,

    par nous,

    de nos regards éblouis de spectateurs _ de ces images, dans le livre, ou à l’exposition _ attentifs admiratifs,

    infiniment reconnaissants de ces sublimes éclats si merveilleusement bienfaisants

    de lumière

    que nous recevons instantanément alors, tout en bout de course, en cadeau…

    …

    …

    Car ces couleurs nous font vraiment du bien…

    …

    …

    Ce dimanche 8 novembre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Question : lesquels des « Tirages Fresson » de Bernard Plossu, sont ceux que je préfère ?.. La question du choix de l’image de la couverture de cet album « Tirages Fresson »

    Et encore avant de me plonger dans la contemplation, une par une, des 13 images auxquelles va ma prédilection en ce sublime « Tirages Fresson » de l’ami Bernard Plossu,

    …

    un tout dernier questionnement-réflexion préalable :

    celui à propos du choix de l’image de la couverture de cet album de 2020, aux Éditions Textuel,

    …

    qui est aussi l’image inaugurale de l’album, page 13,

    légendée « Ardèche, France, 2012 » :

    …

    …

    Bernard Plossu : tirages Fresson

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    Soit une image qui ne fait partie,

    ni de ma sélection des 13 images préférées,

    ni même de la liste des 22 autres que j’aime aussi beaucoup…

    …

    …

    À flanc de montagne, sur le bord de ce qui pourrait être un vague sentier, mal tracé _ probablement parce que guère fréquenté, en ces contrées cévenoles de montagne, à plus de 1700 mètres d’altitude… _, sur lequel est en train de cheminer le photographe,

    et juste avant la pente vertigineuse qui sépare cette montagne d’une autre,

    recouverte, elle, d’un touffu manteau vert sombre, presque noir, d’une très étendue forêt uniforme, sur laquelle s’étend, surplombante et plutôt menaçante, une épaisse nuée grise lourde d’orages à venir,

    parmi des herbes d’un vert déjà jaunissant, dressées _ vent aidant, sur ces sommets _ vers le ciel, et magnifiquement éclairées, elles _ en un premier plan qui occupe la moitié de l’image, du coin à gauche en bas, jusqu’au coin en haut à droite _ par quelque rayon d’un soleil peut-être automnal,

    la touffe, large, drue et bien ronde, à peu près au centre de l’image, d’un buisson, lui, bien vert _ et d’un vert bien foncé, pas du tout jaunissant…

    …

    …

    Je dois dire que ni par ses couleurs, ni par ses formes, cette image ne retient mon attention…

    …

    …

    Alors pourquoi cette image a-t-elle été choisie comme emblématique de cet album _ très (et très heureusement !) divers, comme toujours chez Plossu… _,

    plutôt que d’autres mille fois plus poétiques, du moins à mon regard de spectateur, moi qui ne suis pas un marcheur-randonneur de sentiers de montagnes ?

    …

    …

    J’ai _ par courriel _ posé la question à l’ami Plossu ;

    dont voici la _ très courte _ réponse avant-hier, à 10h 42 :

    …

    « on a eu bien du mal à choisir, avec les gens de textuel, la bonne couv  !« …

    …

    …

    Peut-être, me dis-je, l’intérêt éditorial d’une thématique vaguement écologique…

    …

    À moins qu’il ne s’agisse d’un très bon souvenir personnel _ de l’auteur de l’image photographique _ de randonnée en Ardèche ;

    une randonnée de montagne cévenole peut-être à partir de la maison des amis Bernard et Annie Mirabel, de Bernard Plossu, au Pont d’Aleyrac…

    …

    …

    Et il se trouve que mon intuition est assez bonne !!! :

    …

    cette même image en couleur _ et associée à la même, mais cette fois en noir et blanc, à la page 129 _,

    et cette fois légendée « Aux environs du mont Mézenc« ,

    se trouve en effet à la page 128 de l’extraordinairement merveilleux « Le Pays des petites routes _ en Ardèche« ,

    paru en 2011, en co-édition :

    aux Éditions Yellow now (de l’excellent Guy Jungblut)

    et La Fabrique du Pont d’Aleyrac (de Bernard et Annie Mirabel)…

    …

    …

    Le pays des petites routes en Ardèche

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    Et à ce propos,

    fait, elle, bien partie de mon choix des 13 images préférées ici, 

    la fabuleusement puissante image _ d’un tout simple escalier noir, en bois, à l’intérieur d’une maison (probablement située, elle, au Pont d’Aleyrac, en Ardèche : environ à mi-chemin entre le Mont Mézenc et La Voulte-Sur-Rhône) _, page 43,

    légendée « Chez les Mirabel, Ardèche, France, 2012 » :

    …

    quelle étonnante force d’emprise cette image a sur nous !..

    …

    …

    image

    …

    …

    je la commenterai bien sûr un peu plus tard…

    …

    …

    Alors que j’adore, que dis-je, je vénère, j’idolâtre,

    les images _ du sublimissime « sofa rouge de Carlos Serrano, à Madrid, 1975« , qui se trouve à la page 95 de l’album de 2007 ; et des plus que fascinantes, magiques !, « clés de Zanot, Milan, Italie, 2009« , à la page 93 de l’album de 2013… _ choisies idéalement (!) pour les couvertures

    du « Plossu Couleurs Fresson« , de 2007, pour l’exposition, à Nice, au Théâtre de la Photographie et de l’Image

    …

    …

    Plossu couleur Fresson : exposition, Nice, Théâtre de la photographie et de l'image, 21 déc. 2007-16 mars 2008

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    et du « Couleurs Fresson« , de 2013, aux Éditions Hazan

    …

    …

    Couleurs Plossu : séquences photographiques 1956-2013

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    Deux merveilleux fabuleux albums

    de précédents recueils de ces si extraordinairement poétiques « tirages Fresson » en couleurs…

    …

    …

    Bien sûr, à suivre…

    Cela n’était qu’un énième hors d’œuvre…

    …

    …

    Ce samedi 7 novembre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Question : lesquels des « Tirages Fresson » de Bernard Plossu, sont ceux que je préfère ?.. D’abord le pourquoi du choix de la couleur plutôt que du noir et blanc…

    Hier, je me suis résolu à un choix de 13 images, parmi les 80 du récent admirable « Tirages Fresson » de Bernard Plossu,

    paru chez Textuel :

    …

    …

    Il va donc me falloir mettre quelques mots et phrases sur ces prédilections singulières…

    …

    …

    Mais à l’instant,

    peut-être pour me rassurer un peu avant d’affronter cette singularité de chacune de ces 13 images,

    et aussi commencer à me mettre en jambes sur les raisons de cette option plossuïenne de la couleur,

    …

    je viens de relire le chapitre terminal (pages 195 à 202) de l’excellent entretien de Bernard Plossu avec Christophe Berthoud, « L’Abstraction invisible« ,

    paru en septembre 2013,

    le chapitre intitulé, justement, « Couleur & noir et blanc« .

    …

    …

    Le choix de la couleur _ plutôt que du noir et blanc _ est pour Bernard Plossu essentiellement une affaire d’ »ambiance » _ absolument spécifique, chaque fois _

    et de « raisons poétiques » _ propres _ (page 95).

    …

    « Parce que je recherche avant tout _ par la photo, l’obtention de la restitution finale d’ _ une ambiance _ celle de ce réel surprenant à l’instant si puissamment ressenti : exactement, d’ailleurs, comme avec le noir et blanc ! _,

    je ne vois _ tout d’abord pas _ pas la différence avec la manière dont le cerveau _ photographique _ fonctionne en noir et blanc« , commence Bernard par répondre à la question _ en effet basique _ de Christophe Berthoud : « Qu’est-ce qui t’incite à opter pour la couleur ou pour le noir en blanc ?« .

    …

    Juste avant d’ajouter :

    « Ceci dit,

    c’est vrai qu’il y a un « réflexe _ une impulsion immédiate _ couleur » _ je vais contredire ce que je viens d’énoncer _ où tout à coup tu vois _ ce qui s’appelle voir !!!  _ une tâche jaune _ qui rencontre et accroche ton regard _ où c’est effectivement la couleur _ plus que la forme, ici _ qui t’attire _ voilà : et c’est la spécificité de cette « ambiance«  colorée-ci, en son étrange singularité, qu’il s’agit, maintenant, de saisir et servir : le mieux possible, photographiquement ; telle une réponse immédiate, ici et sur le champ, à un défi iconique ! ; agir photographiquement sur le champ le plus adéquatement possible, en vue de ce qui sera le rendu le plus juste, le plus vrai, de cette émotion (et « ambiance » propre et unique), en l’image photographique qui va en résulter… _, et tu fais _ alors _ une image que tu n’aurais pas forcément faite en noir et blanc. (…)

    Je crois que les deux cas se rencontrent. Parfois tu es vraiment dans la similitude _ du cas du noir et blanc et du cas de la couleur _, parfois tu es dans le détail _ archi-singulier _ de couleur _ même. (…)

    Quand c’est une question d’ambiance, il m’arrive _ même, parfois _ de faire les deux, comme un jeu _ juste pour voir ludiquement, puis comparer, ce qui pourra sortir chaque fois en fait de justesse du « rendu«  photographique final, à venir, de cette émotion originelle éprouvée ici au plus vif de l’archi brève bourrasque kinesthésique déclencheuse, éprouvée, sur ce vif, telle l’opportunissime alerte formidablement bienveillante d’une piqûre de guêpe, fonctionnant comme l’éclair fulgurant d’un formidablement judicieux avertissement du geste photographique à avoir, ici et maintenant (et pas ailleurs ni plus tard : trop tard !), en vue de la plus parfaite charge intensive possible de « vérité poétique«  de l’image photographique qui viendra en résulter. L’épreuve d’un tel formidable jeu (à plus ou moins long terme éreintant, aussi…), sous les auspices follement généreux du diaboliquement malin et terriblement cruel Kairos (sans rattrapage possible de ce qui n’aura pas été, sur le champ même, saisi !), étant, bien sûr, on ne peut plus décisif dans la pratique photographique, face à l’inépuisable trésor offert et disponible du réel si merveilleusement sensible, hyper-kinesthésique, de Bernard Plossu : par la qualité singulière rare de sa vigilance supérieurement attentive. Quel œil il a !

    Mais je produis _ quantitativement, à la différence d’un Saul Leiter, par exemple _ plus de noir et blanc que de couleur. » (pages 197-198).

    …

    …

    Et page 201, à la question « Comment archives-tu tes images ?« ,

    …

    Bernard Plossu répond : « Il n’y a que moi qui m’y retrouve.

    …

    En général, je classe par année,

    parfois non, dans le cas de commandes par exemple, comme les vêtements Woolrich ou les commandes d’architecture : il existe un dossier Ricciotti, un dossier Fuksas, un dossier Hondelatte…

    …

    Sinon oui,

    j’archive par année, par pays _ c’est tout ce que je supporte comme légende de toute façon _ voilà qui rejoint parfaitement mes remarques d’hier, au seul souvenir de commentaires d’accrochages d’expos de Bernard…

    J’essaye aussi de constituer des dossiers par thèmes _ en vue de futurs petits livres cohérents, par exemple _ : les chats, les arbres, les natures mortes. (…)

    J’ai également des dossiers de choses plus abstraites, comme l’amour, la lune, la mort… des énormes dossiers. »  

    …

    …

    Ainsi, pour ce qui me concerne,

    ne m’attaquerai-je que demain à affronter la passablement difficile haute question de la passionnante singularité _ fascinante _ des images choisies ici en ma prédilection…
    …

    …

    Ce vendredi 6 novembre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Quels sont les récents « Tirages Fresson » de Bernard Plossu que je préfère ?.. Un choix de 13 images de ma prédilection

    Et encore,

    avant de procéder à un commentaire un peu détaillé de mes préférences

    parmi les 13 images,

    issues du splendide « Tirages Fresson«  qui vient de paraître aux Éditions Textuel,

    …

    Bernard Plossu : tirages Fresson

    …

    que _ non sans mal _ j‘ai choisies, parmi les 80 de cette collection,

    …

    je vais d’abord en faire la liste, forcément subjective _ mais ensuite, je m’en expliquerai… _,

    et dans l’ordre, pour le moment, de la pagination :

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    1) page 17 : « Giverny, France, 2011« 

    2) page 18 : « Palerme, Italie, 2008« 

    3) page 26 : « Milan, Italie, 2009« 

    4) page 27 : « Livourne, Italie, 2014« 

    5) pages 30-31 : « Cantal, France, 2014 » 

    6)  page 43 : « Chez les Mirabel, Ardèche, France, 2012« 

    7) page 53 : « Port-Cros, France, 2011« 

    8) page 64-65 : « Jumièges, France, 2017« 

    9) page 68 : « Purroy, Aragon, Espagne, 2018« 

    10) page 73 : « Nice, France, 2008« 

    11) page 81 : « Bourgogne, France, 2010« 

    12) pages 90-91 : « Île de Capraia, Italie, 2014« 

    et 13) page 98 : « Île de Ventotene, Italie, 2010« .

    …

    …

    Ce sont elles que j’essaierai de commenter.

    …

    …

    J’aurais pu étoffer cette liste de 13 images préférées en l’augmentant de 22 autres _ qui me plaisent aussi beaucoup ! _,

    pour la porter au nombre de 35 _ ce qui est tout de même un peu beaucoup _ ;

    et j’ai donc préféré me limiter à 13 :

    …

    choisir et préférer, c’est aussi écarter, laisser…

    …

    …

    Voici donc ces 22 autres images de ce merveilleux Tirages Fresson de 2020,

    que je m’abstiendrai, pourtant _ du moins pour certaines d’entre elles (et magnifiques ! mais probablement déjà bien connues !) ; cependant, pas mal de ces 22 images finiront par échapper au bourreau : celles (et ici j’anticipe rétrospectivement) des pages 19, 42, 44, 45, 46, 57, 69 : soit 7 sur les 22… _, de commenter ici :

    …

    …

    1° page 19 : « Livourne, Italie, 2014« 

    2° page 21 : « Milan, Italie, 2008« 

    3° page 22 : « La Ciotat, France, 2011« 

    4° page 29 : « Californie, États-Unis, 1977« 

    5° page 37 : « Côte belge, 1977« 

    6° pages 40-41 : « Taos, Nouveau-Mexique, États-Unis, 1977« 

    7° page 42 : « Ligurie, Italie, 2008« 

    8° page 44 : « Dans le train, Italie, 2008« 

    9° page 45 : « Barcelone, Espagne, 2019« 

    10° page 46 : « Mexico, Mexique, 1966« 

    11° page 47 : « Françoise, Paris, France, 1986« 

    12° page 57 : « Milan, Italie, 2008« 

    13° page 60 : «  Grenoble, France, 1974« 

    14° page 61 : « Madrid, Espagne, 1975« 

    15° page 67 : « Ranchos de Taos, Nouveau-Mexique, États-Unis, 1977« 

    16° page 69 : « Nouveau-Mexique, États-Unis, 1980« 

    17° page 74 : « Île de Molène, France, 2008« 

    18° page 76 : « Mexique, 1966« 

    19° page 80 : « Giverny, France, 2010« 

    20° page 93 : « Obón, Espagne, 2016« 

    21° page 95 : « Mexico, Mexique, 1966« 

    et 22° page 96 : « Californie du Sud, États-Unis, 1974« 

    …

    …

    Sur la question des « listes »,

    je renvoie à mon article du 4 avril 2010 : , à propos du livre passionnant de mon ami Bernard Sève : De haut en bas, philosophie des listes, paru aux Éditions du Seuil en mars 2010 ; il creuse excellemment la question…

    …

    …

    Demain, je commenterai donc mon choix de ces 13 images

    de ma prédilection…

    …

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    Ce jeudi 5 novembre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa