Catégorie : Photographie

  • Des bouffées de souvenir : « Alabama Song » _ ou Brecht par The Doors _ et Edward Hall, « La Dimension cachée » : la « mine » que sont les « notes » de Bernard Plossu…

    Une brassée de souvenirs (excellents) en remontée du (joyeux) passé,

    en cet échange de courriels avec Bernard Plossu : voici…
    …
    Le 29 mars 09 à 22:51, Bernard Plossu a écrit :
    …
    des petites notes (dans le train : « en route vers Carcassonne« …)…

    plo
    …
    De : Bernard Plossu

    A : Amicus X

    Envoyé le : Dimanche, 29 Mars 2009 22:48
    Sujet : notes
    …
    Dans le livre « Quinze hommes splendides » de Yvonne Baby, Bresson parle de « bizarre mélange de hasard et de prédestination« , ça me fait un peu penser à ma lubie de parler de « rencontre de sagesse et de délire » en photographie…

    …

    Page 60, Robert Bresson cite Corot : « il ne faut pas chercher mais attendre« , citation que je cite toujours, tout le temps…
    …
    Robert Bresson parle, tourne, réfléchit autour du silence, de son rôle, sa présence plus forte que le bruit (que la musique), le non-bruit… Et même on pourrait dire que sa musique est une forme de silence, non ? elle ne dit pas quoi penser (grossière erreur de penser que Bresson est moral, on le disait janséniste, je dirais plutôt « puriste », comme Dreyer dans « Ordet » : chef d’œuvre d’image avant tout).

    …

    De son côté, Edward Hall (mon maître et ami) a analysé, décortiqué, le rôle des odeurs dans la société américaine, qui mourra un jour de ne plus en avoir.

    …

    Etc… Je passe les notes qui suivent…

    …

    Ma réponse (à ce passage-là ; qui « me retient » tout spécialement…) :

    …

    —–E-mail d’origine—–
    De : Titus Curiosus

    A : Bernard Plossu

    Envoyé le : Lundi, 30 Mars 2009 6:24
    Sujet : Re: notes : Kairos + Edward Hall + Brecht par Didi-Hubermann
    …
    La « rencontre » me passionne, comme tu le sais (notamment par ce que j’ai pu aussi en écrire :
    « Pour célébrer la rencontre« , que publia sur son site (« Ars Industrialis« , en mars 2007) Bernard Stiegler ;
    « Cinéma de la rencontre : à la ferraraise _ ou un jeu de halo et focales sur fond de brouillard(s) : à la Antonioni« , ce gros essai inédit).
    …
    Sur le hasard, et sa réception, le concept (grec) de « kairos » va très loin…
    Je n’aime pas beaucoup, en revanche, le mot (de Bresson) de « prédestination« .
    Je préfère plutôt ton cocktail à toi de « sagesse et délire« 
    ; même si « délire » n’est peut-être pas le terme (un peu trop « mode » ; « jeune »…) le plus adéquat à mes yeux, du moins…
    Mais l’oxymore est parlant…
    …
    Sur le silence, oui… : un espace où peut _ et où seulement peut _ se déployer le jeu de la créativité
    pour un artiste…

    …
    Le livre que je suis en train de lire, de Georges Didi-Huberman, « Quand les images prennent position _ l’œil de l’Histoire 1« ,
    traite pleinement de cela
    à travers le montage photos/légendes/épigrammes poétiques
    que Brecht a élaboré en son « Kriegsfibel« 
    (« ABC de la guerre«  ) qui ne put être publié qu’en 1955…

    …

    « Le livre se vendit très médiocrement, laissant à Brecht, peu avant sa mort, l’impression douloureuse que le public allemand cultivait un « refoulement insensé de tous les faits et jugements concernant la période hitlérienne et la guerre » (selon une expression de Brecht lui-même, citée par Klaus Schuffels, en une présentation intitulée « Genèse et historique« , de l’édition française, traduite par Philippe Ivernel, de cet « ABC de la guerre« , aux Presses Universitaires de Grenoble, en 1985)…

    …

    Ce livre (rare) de Brecht devrait te passionner.

    …

    Je ne crois pas, cependant, qu’on en trouve facilement des exemplaires, que ce soit en allemand, ou en français (cf la note page 30 du livre de Didi-Hubermen, pour toutes les précisions : Brecht ne put publier »Kriegsfibel« , et encore pas comme il le voulait _ il dut y opérer des « coupures » ; ainsi que promettre un second volume (qui aurait été) plus « positif », lui… _, qu’en 1955

    _ né le 10 février 1898 à Augsbourg, en Bavière, Bertolt Brecht est mort très vite après cette publication de novembre 1955 : le 14 août 1956, à Berlin-Est, pour être précis : il n’a donc pas eu le temps d’écrire cette « suite »…)…
    …
    J’en suis page 198 de ce (très beau !) livre de Didi-Huberman ; et il me reste 60 pages.
    J’écrirai bien sûr mon prochain article sur lui…

    …
    Le concept central, à partir de celui de « montage/démontage »
    étant celui de « rythme« …
    C’est fondamental.

    …
    « Ne pas chercher, mais attendre« , dis-tu : oui ; et encore, sans traquer ; seulement être prêt à recevoir,
    et sans crispation, forcément… « Kairos » dit ici l’essentiel…

    Se reporter à ce que j’ai pu en écrire
    et en mon (petit) article (de mars 2007), et en mon (gros) essai (terminé en janvier 2008)…
    …
    Que tu parles de Edward Hall
    comme ton « maître et ami« 
      est assez extraordinaire, pour moi : je parle de ses livres (« La Dimension cachée« , « Le langage silencieux » ; et « Au-delà de la culture« , « La danse de la vie _ temps culturel, temps vécu« , etc…) à mes élèves chaque année…

    …

    Il faudra que tu me racontes un peu
    comment vous vous connaissez…

    …
    Edward Hall est un maître génial de l’attention !!!

    …
    Titus

    …

    La réponse de Bernard, enfin :

    …

    De :   Bernard Plossu

    Objet : Re : notes : Kairos + Edward Hall + Brecht par Didi-Hubermann
    Date : 31 mars 2009 10:22:34 HAEC
    À :   Titus Curiosus

    …

    Je voyais très souvent Hall à Santa Fe !
    (il m’a même cité plusieurs fois dans ses articles !)

    …
    Il a écrit un petit texte d’intro aussi à mon livre « Bernard Plossu’s New Mexico » publié il y a pas longtemps aux USA à University of New Mexico Press, on le trouve pas cher sur Abebooks ….
    …
    et je commence le texte de mon livre  » The African desert » publié à University of Arizona Press (Usa aussi) par une citation de « La Dimension cachée »
    (on le trouve aussi pas cher sur Abebooks, mais le problème des livres américains est l’envoi postal qui peut être plus cher que le livre !)
    …
    Sa théorie de la proxémie s’applique totalement à la distance juste que la focale du 50 mm me permet en photo !
    …
    J’ai passé du temps voici 10 jours avec David Lebreton

    _ cf mon article du 7 août sur le superbe « Éloge de la marche«  de David Lebreton, en mai 2000 : « Continuer d’apprendre à marcher« … _,

    à Digne ensemble : il est à 100 % le successeur de Hall !
    …
    plo
    …
    Jamais lu encore Didi-Huberman, mais on me le conseille de toutes parts !
    …
    Merci de m’en parler si bien
    …
    b

    …

    ps :

    à propos  de Brecht, un de mes « 33 tours » préféré a toujours été Lotte Lenya chantant « Surabaya Johnny » de « L’Opéra de 4 sous« , tu connais surement : sublime ! ! !
    …

    …

    Oui !!! je le vénère aussi ;

    et je collectionne même les chansons (et interprétations) de Brecht/Weil : outre Lotte Lenya, bien sûr _ plusieurs disques !!! _, Gisela May, Marianne Faithfull, Cathy Berberian, Milva _ j’aime tout particulièrement sa voix si chaude ! _, Teresa Stratas, Ute Lemper, etc… J’ai aussi un album de 2 CDs passionnants d’enregistrements des années trente et quarante, intitulé « From Berlin to Broadway« , édité par Pearl : GEMM CDS 9189 ; plus un autre d’extraits de cette compilation-là… Et encore un étonnant (et remuant les tripes) « September songs _ the music of Kurt Weill« , avec, parmi bien d’autres, Nick Cave, P. J. Harvey, David Johansen, Elvis Costello, Charlie Haden, Betty Carter, Lou Reed; et même Bertolt Brecht lui-même _ en 1930 : ne pas manquer !!! _ ; et Kurt Weil _ le charme ! _ ; et Lotte Lenya (en 1955) ; et encore William B. Burroughs : un CD Sony SK63046, en 1997… Le temps va son train… J’aime aussi, un peu à part _ quelle féminité ! _ le « Speak low« , particulièrement raffiné (= « sofistiqué » !), d’Anne Sofie Von Otter, en 1994 (CD Deutsche Grammophon 439 894-2) ; pour compléter cette somptueuse et fort variée palette d’interprétations…

    …
    Ainsi, l’autre jour, n’ai-je pas pu résister à l’écoute, au rayon Musique de la Librairie Mollat, juste à l’instant où j’y effectuais mon petit tour, presque de routine (pour jeter un œil _ ou une oreille _ aux derniers arrivages), à une interprétation par Les Doors _ ou par la voix sublime de Jim Morrisson ? mais les autres aussi y sont très bien ! _ d’ »Alabama Song« , sur un Live (de mars 1967) « At the Matrix« , à San Francisco (double CD DMC 8122-79884-8 : une merveille !) : j’ai acheté l’exemplaire unique ; et me le repasse en boucle… C’est renversant de beauté…

    …

    Cela m’a rappelé, en outre, mon copain Pierre Géraud _ qui vit depuis longtemps à l’île de La Réunion _, chez lequel passait si souvent la musique des disques-vinyle _ je revois les pochettes ; comme je ré-entends les chansons ; et la voix si prenante de Jim Morrisson ! _ des Doors : ce devait être cette extraordinaire année 1969, l’été de laquelle notre groupe (de philosophie) auto-intitulé (!) « Freud » _ sur l’œuvre duquel nous « planchions » passionnément dans les sous-sols de la Fac des Lettres, Cours Pasteur, à Bordeaux _, avons, suite à la vision du film de Buñuel, « La Voie Lactée« , entrepris notre « pélerinage » à Compostelle : en fait l’aller-retour Bordeaux-Santander en vélo (un peu plus de 1000 kilomètres ; et camping sauvage : il pleuvait aussi pas mal) ! Quel merveilleux voyage de plus de cinq semaines… Dira-t-on jamais assez le charme des (rudes !) côtes des (ultra-vertes !!!) montagnes basques, et des ventas où se désaltérer, et se restaurer : tortillas, o huevos con jamón : le vélo creuse passablement l’appétit ! Un soir à Deva, nous avons même dîné deux fois _ la seconde rien que pour tenir compagnie à d’autres (joyeux !) convives de l’auberge… C’est (assez) beau, la jeunesse (= la décennie des « vingt ans »…) !

    …

    Et tout cela « revient » magnifiquement _ les « bouffées de souvenirs »… _ en écoutant Brecht et Les Doors ;

    comme en me souvenant de ce que dit si finement Edward Hall, dans cette « Dimension cachée« …

    …

    Merci donc de tes « notes« , envoyées _ comme il se doit _ « au débotté« .., Bernard…

    …

    Titus Curiosus, le 1er avril 2009

  • Tenants et aboutissants de l’interview des Obama par Mariana Cook en 1996 ; et « réactions » des lecteurs-abonnés du Monde

    Simplement pour information,

    et en tant que « tenants » et « aboutissants » de cette si précieuse « interview » de Michelle et Barack Obama en 1996 par la photographe Mariana Cook, “En 1996, les confidences de Michelle et Barack Obama“ _ en plus de la photo non publiée alors _,

    …

    ces deux fort intéressants articles « en suivant », en quelque sorte, du Monde :

    …

     « Genèse d’un entretien exclusif »

    et « les réactions des lecteurs-abonnés du Monde.fr  » :

    …

    « C’était une après-midi de novembre 1996. La photographe Mariana Cook se souvient _ la remarque est déjà intéressante _ d’un appartement modeste, près de l’université de Chicago. Elle se souvient d’un parquet en bois, de peintures balinaises et de statues africaines. Elle se souvient surtout d’un couple, amoureux et très naturel _ voilà… Lui, Barack, était avocat et écrivain. Il venait de terminer son premier livre, « Les Rêves de mon père« , et songeait à se présenter au Sénat _ ce qui n’était pas rien, tout de même… Elle, Michelle, parlait du bébé qu’ils voulaient avoir. Tous deux étaient très présents _ un terme assez significatif _ dans la vie communautaire de leur quartier et de la ville.
    …
    Mariana Cook se souvient d’avoir fait six ou sept rouleaux de pellicule en deux heures et avoir été touchée par le charme du couple _ en effet ! et il ne s’est pas « évaporé »… Elle était allée à Chicago pour un projet de livre sur les couples. Un ami lui avait signalé les Obama, qui s’étaient mariés en 1992. Elle les a donc photographiés et interrogés, mais ils ne seront pas dans le livre… Car « Chronicle Books« , l’éditeur, les a supprimés à l’impression. « Trop ordinaires« . Il a préféré un autre couple noir plus « exotique » _ l’édition est assez souvent « impayable » !.. A ce jour, cet entretien n’a donc jamais été publié.
    …
    Mariana reverra Michelle en 2007 au début de la campagne de son mari, lors d’un rallye à Martha’s Vineyard. Elles parleront d’enfants. Michelle en a deux, Mariana un, une fille de 14 ans, avec Hans Kraus, le plus important marchand de photographies du XXe siècle. Chez les Kraus-Cook, la photographie est une passion _ tiens donc : elle a au moins du regard !.. C’est le B. A. BA de la photo !!! Mariana y est venue très jeune. Fille d’un couple flamboyant, elle est une enfant timide au-delà de toute expression.
    …
    Pour aller vers les autres, s’ouvrir un tant soit peu _ voilà… _, mais néanmoins rester protégée _ par l’écart de la distance photographique _, Mariana choisira la photographie. Son professeur particulier : Ansel Adams _ cf « 400 photographs » (aux Éditions Little Brown and Company) ; le (beau !) livre est bien présent sur les tables du rayon Beaux-Arts (de la librairie Mollat, rue Vital-Carles). Son maître : Walker Evans _ cf, par exemple, et parmi bien d’autres : « Walker Evans _ la soif du regard » de Gilles Mora & John T. Hill, aux Éditions du Seuil en 2004. Son mentor à l’université Yale : Walter Rosenbaum.
    …
    Mariana reste très méconnue dans le monde photographique, malgré ses huit livres et ses trente expositions. Groupie francophile, pour un projet raté avec Agathe Gaillard, elle a photographié à la fin des années 1980 toute une partie de l’intelligentsia française, de François Mitterrand à Jacques Attali, d’Alain Finkielkraut à Patrice Chéreau. Son prochain livre de portraits de mathématiciens, intitulé « An Outer View of the Inner World« , sera publié au printemps par l’université de Princeton.

    …

    Jean-Jacques Naudet
    Article paru dans l’édition du 11.01.09.

    …
    Et :

    …

    A la suite de « En 1996, les confidences de Michelle et Barack Obama« , les réactions des lecteurs-abonnés au monde.fr

    …

    LE MONDE | 10.01.09 | 13h51  •  Mis à jour le 10.01.09 | 20h24

    …
    FSP 10.01.09 | 21h37

    Un vrai plaisir _ oui ! _ à lire cette remarquable interview. Merci _ bien ! _ au journaliste du Monde qui a eu l’idée _ lumineuse ! _ de le publier. Par ces temps de crise, c’est rassurant _ quelque part, probablement, en effet… _ de savoir _ avec confiance, du moins... _ qu’il y a une réelle épaisseur humaine _ mais oui ! _ derrière ce couple présidentiel.

    …

    Yves C. 10.01.09 | 20h51

    Une bouffée d’intelligence et d’humanisme dans ce monde de plus en plus centré _ par les media !!! complices ! _ sur les ‘people‘ et autres ‘VIP‘. Il n’est donc pas interdit _ encore tout à fait… _ de désespérer !

    …

    Africa-survie 10.01.09 | 20h46

    Quelle bouffée d’air ! Quelle sagesse, quelle simplicité ! Comme quoi, ils existent encore des hommes et des femmes pour lesquels il y a d’autres valeurs en dehors du fric : les valeurs humaines _ on peut le dire ainsi ; ou bien « non-inhumaines », comme le dit Bernard Stiegler… Bonne chance _ certes… _ à Michelle et Barack OBAMA.

    …

    Bertrand D. 10.01.09 | 20h10

    Vu son ancienneté et son contexte, cet article est important _ oui ! _ et très encourageant _ en effet ! _ quant à la personnalité _ au singulier _ du nouveau couple _ vrai, lui… _ présidentiel américain.

    …

    Gilles Chenaille 10.01.09 | 19h22

    C’est extrêmement intéressant _ oui _, et les profils psychologiques de Barack et Michelle O. ressortent bien _ photographiquement ? _ de cette série de questions-réponses. Et donnent à Barack une certaine profondeur de pensée et de sentiment _ oui _, une épaisseur humaine _ ne courant pas trop les rues ; ni les allées des pouvoirs… _, qui confortent la sympathie que j’éprouve instinctivement pour ce bonhomme _ comme pas mal d’autres de par le monde ; mais pas tous, non plus : ne nous leurrons pas trop…

    …

    Juliana P. 10.01.09 | 18h56

    La 7ème université dans la liste de l’Ivy League s’appelle « Princeton » et non pas « Portsmouth« .

    …

    we want more ! 10.01.09 | 18h51

    Le sens de l’autre et de l’intérêt collectif, la simplicité, la modestie, l’efficacité et la compétence, la noblesse d’âme, la générosité… _ tout cela, en effet ! _, ça rassure un peu _ à côté de (et face à) tant de forces cyniques _ sur l’humanité en ces périodes _ hélas, cela ne se constate que trop ! _ nauséabondes… Pourvu qu’ils agissent, pourvu qu’ils résistent, pourvu qu’ils se ne fassent pas simplement abattre _ certes ! Si seulement pouvait _ aussi _ émerger un Obama en France !

    …

    michel l. 10.01.09 | 18h51

    D’accord avec les priorités d’alors _ oui _ des Obama ! Souhaitons qu’elles persistent _ oui _ au contact du pouvoir _ une constance et une cohérence semblent toutefois émerger, au moins des grands discours, si importants (Sprinfield, Chicago) de la campagne de 2008…

    …

    Parigot 10.01.09 | 18h48

    Il n’y a pas d’ »Université de Portsmouth » dans l’Ivy League. Il faut certainement lire « Dartmouth College« …

    Erreur de l’auteur (peu probable si elle est américaine, Dartmouth est très connu), de la traductrice, de la rédaction du Monde ? Pour l’amour du ciel, quelqu’un pourrait-il RELIRE pour éviter des erreurs de cet acabit ? Il n’en faut pas plus pour détruire la crédibilité d’un journal….

    …

    Renaud D. 10.01.09 | 18h18

    Humanité, simplicité, intelligence… ces gens sont admirables de classe, sans prétention _ probablement : Chapeau !

    …

    Alain B. 10.01.09 | 18h16

    Bravo pour le « scoop » ; je ne suis pas people, mais j’avoue que je suis ému _ c’est en effet le mot juste… c’est rassurant _ quelque part _ que des personnalités de ce type soient « à la tête » de l’Etat dominant ; ou en tout cas dont nous ne pouvons mésestimer le rôle, en bien ou en mal… _ et cela changerait un peu…

    …

    henri 10.01.09 | 17h55

    tiens ! un président peut marcher _ le mot est intéressant _ à autre chose qu’au « bling bling » démago !?

    …

    Joseph E. 10.01.09 | 17h43

    Quand on referme « Les Rêves de mon père« , on cerne mieux son auteur : Obama. On voit combien il est « articulate« , comme disent les américains. Les Mitterrand, De Gaulle, et tous ces présidents écrivains avant le pouvoir, ont un plus sur les autres : l’écriture _ sans doute : la capacité, en s’en donnant le temps, de réfléchir _ ; qui permet souvent de se poser les vraies questions de la vie _ Oui ! La France est _ ou a été ; voire fut… _ un grand pays de l’écriture. Qu’elle en fasse un critère de choix de ses dirigeants _ est-ce un voeu pieux ? Cela lui évitera _ au futur ? ou au conditionnel, plutôt ?.. _ la pensée unique. Nous autres, n’avons pas cette chance en Afrique.

    …

    Edouard F. 10.01.09 | 17h22

    Barack et Michelle Obama sont deux personnages époustouflants _ probablement _, de vrais _ le mot devient presque incongru _ humanistes comme on aimerait en rencontrer plus souvent dans la vie. J’en suis presque ému _ bis _ …

    …

    philippe R. 10.01.09 | 17h22

    Obama est la seule chance pour les USA de s’en sortir. Cela va être difficile, mais avec un couple pareil, on ne voit pas qui pourrait mieux faire _ sans doute… tels que furent les Roosevelt, Franklin et Eleanor… Souhaitons leur 8 ans à la Maison Blanche… Mais le diable est toujours dans les détails _ certes _ ; et les détails aux USA, les diablotins sont toujours _ du moins assez souvent ; mais le pire n’est pas forcément absolument certain ! _ là pour les faire sortir. Yes he Can !

    …
    Emilie G 10.01.09 | 16h06

    C’est « Sidley Austin« …

    …

    ERIC F. 10.01.09 | 15h27

    Assez passionnant et assez peu people… Vivent les euphémismes !

    …

    FOXTERRIER Groupie du MONDE 10.01.09 | 15h132/2

    Voilà qui augure de bonnes choses pour l’Amérique et la cause des femmes, face à toutes les « FIRST » pas toujours « first » ; c’est un peu plus relevé, sans méchanceté, que de faire des révérences et sussurer dans un micro ! L’Elysée et le gouvernement n’ont qu’à bien se tenir, face à ce DUO DE CHOC ! TRES CHIC , PAS TOC _ on peut peut-être le dire ainsi… _ ET AU Q.I. HARMONIEUSEMENT DEVELOPPE ! On ne va pas rêver ; et cela sera, c’est évident, « AMERICA FIRST » ; MAIS PAS COMME DES PIGNOUFS Républicains !

    …

    LIONEL P. 10.01.09 | 15h06

    C’est fantastique _ presque trop beau pour être vrai ?.. au point de devoir se pincer pour s’assurer de ne pas rêver ?.. _ … La capacité à se mettre à la place de l’autre _ oui ! _, l’attention _ intensive ! même… _ à l’avenir des enfants les plus fragiles… Le désir de travailler les valeurs du collectif _ que signifie donc « socialisme » ?… Ici, en France, au pays de la baguette, celle qui fait mal, pas celle qui nourrit, notre nouveau chef incarne la démolition du collectif _ et des services publics _ et le chacun pour soi _ charité bien ordonnée !.. _ au service du profit, de l’argent et la revanche des plus forts, des plus brutaux économiquement et politiquement au détriment des autres _ relire aussi les articles de Paul Krugman sur l’histoire des Etats-Unis depuis un siècle… Alors, oui, on attend _ aussi en France _ un Obama _ et pas un clone, pour la photo, l’affiche, le micro et la caméra !

    …

    FOXTERRIER Groupie du MONDE 10.01.09 | 15h06

    C’est ni plus ni moins qu’un régal ! Lire une interview si simple, équilibrée dans ses questions, avec une liberté donnée aux intervenants ! Bravo au journaliste _ c’est une artiste ! _ ! Félicitations ! Excellente idée du MONDE de nous offrir comme cadeau de NOEL ! du bon travail ! PLEIN D’ENSEIGNEMENT ET DE DELICATESSE _ un terme bien significatif !.. _ ! Grand DIEU, que les journalistes en prennent de la graine ! Il faut dire aussi que cette interview prend tout son jus _ en effet ; il y fallait de la constance, de la patience, de la persévérance… _ du fait de l’élection ! Mais cette MICHELLE Obama est impressionnante ! 1/2

    …

    Francesco A. 10.01.09 | 14h57

    Décidément, ils me plaisent vraiment bien ces deux là ! L’espoir fait vivre _ davantage que les spéculations des mathématiques appliquées financières !.. _, et ces deux là sont bien en Vie ! _ oui _ ça fait du bien…

    …

    ChrisCraft 10.01.09 | 14h38

    Pour une fois, sur un sujet « people« , un document intéressant. Bravo Le Monde d’avoir publié. Cela a déja un intérêt historique. Et rassure un peu vis à vis du candidat Obama, qui n’a pas mégoté sur le populisme pendant sa campagne… (les Obama fans, attendez vous à être déçus!) _ le seul réflexe (sur 23) de lecteur non généreux…
    …

    Jean A. 10.01.09 | 14h22

    D’où il se confirme que dans cette crise structurelle grave _ on peut le dire _, on pouvait difficilement espérer un président US meilleur _ oui ; et politiquement ; pas seulement éthiquement ! Haut les cœurs !

    …

    Dont acte…

    …
    Titus Curiosus, ce 11 janvier, au réveil…

  • Sur la vie (et/ou la « philosophie ») d’un blog

    Quelques intéressants _ significatifs _ échanges de messages à propos d’articles du blog sur la « vie d’un blog » (ou sa « philosophie »)…
    …

    De :   Titus Curiosus

    Objet : A propos d’autres arts que la musique
    Date : 30 novembre 2008 09:21:18 HNEC
    À :   jpc
    _ amateur passionné d’Inde !

    …

    Ces 2 articles-ci (des 28 et 29 novembre) :

    « Ce que j’apprends d’un blog : l’expo “la photo américaine à la BNF” sur le passionnant blog “Amateur d’Art”, de (ou par…) “Lunettes rouges”, sur le site du Monde »

    et

    « Ce que j’apprends d’un blog (2) : confirmation qu’il commence enfin (!) à se dire que le roi (d’”Art”) est nu »

    Pour penser un peu à d’autres choses que les attentats de Bombay…
    …

    De :   jpc

    Objet : Rép : A propos d’autres arts que la musique
    Date : 1 décembre 2008 12:55:13 HNEC
    À :   Titus Curiosus

    …

    Excellent, ton deuxième article.

    …

    Mais, à lire les commentaires

    …

    _ vraisemblablement celui de « cul d’ours occidental » :

    « Crève, Occident, crève… Je suis très fatigué par l’achat d’une voiture d’occasion… Crève, Occident… Oui, je préfère l’église au musée, oui, je veux prier, je veux ressentir, je veux me révolter… Crève, Occident… Une bonne guerre, tu vas l’avoir, la raison se pourrit… « Personne n’a pu donner une définition de l’Art, Môssieu ! » – non. De l’amour, non plus ; de Dieu, non plus ; de moi, non plus ; de l’électricité, de la lumière, non plus. Ah, les beaux arguments. De mon cul, non plus. Crève, Occident. Du courage, du courage, le néant (der thal) est là devant nous, allez, allez, est-ce que j’en ai des solutions, moi ? œuvrez, priez, adorez, sanglotez, faites n’importe quoi, mais cachez-vous, cachez-vous, éjaculez un bon coup avant de crever, trouvez-vous, « Trovarsi« , « Connais-toi toi-même« , à bas la réussite, à bas la gloire (je sais : « Ils sont trop verts » _ ces raisins-ci !), et MEMENTO MORI, souviens-toi que tu dois mourir, mais crève, crève vite, dans ta lumière interne, n’oublie pas que le Jugement Dernier, pas la télé, pas la critique, pas les articles, le vrai Jugement Dernier, c’est toi qui te le donneras, si tu es encore un peu lucide, sur ton lit de mort… MAIS AVANT TOUT, CREVE… » _
    …

    au texte polémique que tu analyses, j’ai l’impression que c’est peine perdue.

    Les paroles ne servent plus à rien, elles sont détournées et manipulées à des fins d’expressions narcissiques et laxatives.

    Je t’admire de continuer à dire des choses tant il me semble que le silence est devenu la seule forme d’expression signifiante…

    …
    JP

    …

    Et ma réponse de ce matin :

    …

    De :   Titus Curiosus

    Objet : Sur le silence « seule forme d’expression signifiante »
    Date : 2 décembre 2008 05:37:11 HNEC
    À :   jpc

    …
    A propos du silence,
    voici les sujets de dissertation que je suis en train de corriger, justement :
    Le silence a-t-il un sens ?
    L’Art est-il un langage ?
    Le langage permet-il de tout dire ?
    …
    cf aussi cette thèse de Wittgenstein : « Ce dont on ne peut parler, il faut le taire » (in « Tractatus logico-philosophicus« )…
    Les pistes de solution se trouvant du côté des différences entre « dire » (= « parler ») et « signifier » ;
    soient les « chemins du sens »,
    face à l’absurde, au vide, au rien au néant ; et au nihilisme _ « le désert gagne » (Nietzsche
    , cette fois, in « Ainsi parlait Zarathoustra«  _ IV, « Parmi les filles du désert« ).

    …

    De même que face au bling-bling
    _ et autres brillants paravents des « affaires » qui continuent de « tourner » et « fleurir » (= sont « florissantes ») ;
    et, encore, « the show must go on« …
    …
    Titus

    …

    Et aussi, cet échange-ci, avec « Lunettes rouges » :

    …

     De :   webmaster

    Objet : [En cherchant bien…] Commentaire : « Ce que j’apprends d’un blog : l’expo « la photo américaine à la BNF » sur le passionnant blog « Amateur d’Art », de (ou par…) « Lunettes rouges », sur le site du Monde »
    Date : 30 novembre 2008 19:23:39 HNEC
    À :   Titus Curiosus

    Répondre à :   lunettes.rouges

    …

    Merci de cette lecture de mon billet _ in « Ce que j’apprends d’un blog : l’expo “la photo américaine à la BNF” sur le passionnant blog “Amateur d’Art”, de (ou par…) “Lunettes rouges”, sur le site du Monde« .
    C’est vrai que cette fois-ci j’ai eu des commentaires de qualité (ce qui n’est pas toujours le cas sur mon blog, même si ça y dérape rarement autant que chez Passou).
    Et vive la curiosité !!!

    …

    Titus Curiosus

    Objet : Rép : « Seventies »
    Date : 30 novembre 2008 19:43:46 HNEC HNEC
    À :   lunettes.rouges

    …

    Merci à vous !
    Etablir de telles conversations un peu éclairées ; qui ne se contentent pas de squatter le blog

    _ comme je trouve que c’est le plus souvent le cas, en effet, sur le blog de Pierre Assouline _
    est, personnellement ce que je souhaite « réaliser » par ce blog du site de la librairie Mollat…
    …
    Donner le goût de découvrir des œuvres
    me passionne, en essayant de se former le goût avec « honnêteté », l’esprit libre et ouvert, sans « esprit de chapelle »…

    …
    Cela dit,
    découvrant hier matin le catalogue « 
    Seventies » à la librairie Mollat,
    j’ai été « un peu déçu » par le livre lui-même, car il ne suffit pas d’exposer les images d’une collection,
    pour « réussir » un grand livre ;
    il y faut une certaine « unité » ;
    et/ou, du moins, la « patte » d’un regard d’artiste…

    …
    Ce qu’offrent maints albums de « grands » photographes, tels que Ray Metzker, Saul Leiter, Robert Frank, parmi des parutions récentes ;
    et comme je l’ai entendu dire, viva voce,
    et, mieux encore, vu pratiquer
    par l’ami Bernard Plossu
    …
    …
    Même si pas mal des photos retenues ici, en ce « Seventies« , sont effectivement splendides…
    Je pense que je ne résisterai pas longtemps encore à l’achat de ce livre,
    témoin d’une riche activité de collection,
    …
    Bien à vous,
    vive la curiosité,
    vivent les artistes !
    …
    Titus Curiosus

    …
    De :   lunettes.rouges

    Objet : RE: [En cherchant bien…]
    Date : 30 novembre 2008 19:50:06 HNEC
    À :   Titus Curiosus

    …

    C’est le catalogue de l’exposition au CAPC, non ? Très pédagogique, mais pas
    ébouriffant.
    J’étais à Bordeaux ce week-end, principalement pour le festival au CAPC,
    mais aussi vu la galerie ACDC devant l’école des Beaux-Arts et l’expo sur la
    femme américaine « Portrait of a Lady » à la galerie des Beaux-Arts.

    …

    De :   Titus Curiosus

    Objet : Rép : « Seventies »
    Date : 30 novembre 2008 20:02:37 HNEC
    À :   lunettes.rouges

    …

     Non, je parle de l’album « Seventies« , à la BNF…
    …
    Tant que j’y suis,
    vendredi 12 décembre je visiterai avec Bernard Plossu ses 2 actuelles expos marseillaises.
    …
    A celle de la Charité (« Écrivains de rencontre« , avec Patrick Sainton

    _ cf  http://www.vieille-charite-marseille.org/),

    il a « intégré » le portrait qu’il a fait de moi l’année dernière, en septembre, lors du vernissage de son expo toulousaine.
    Quand je ne suis qu’un « écrivant »…
    …
    Et le lendemain, le samedi 13 décembre (à 17 heures),
    je donnerai une conférence à la NonMaison à Aix,
    sur le sujet de « Pour un NonArt du rencontrer« …
    Michèle Cohen doit y diffuser la séquence ferraraise de « Par-delà les nuages » d’Antonioni (en 1995)…
    …
    A suivre,
    Titus

    …

    Et ce mot de Michèle Cohen à propos de l’article « Ce que j’apprends d’un blog (2) : confirmation qu’il commence enfin (!) à se dire que le roi (d’”Art”) est nu » : « vraiment magnifique » ; qui me va droit au cœur.

    …

    …

    Titus Curiosus, ce 2 décembre 2008

    …

    Post-scriptum _ le 3 au petit matin :

    …

    Sur cet idéal d’un blog comme vraie « conversation« 

    (= « conversation vraie » !..),

    ce mot _ important ! _ de Solis (S. T.), posté le 3 novembre

    _ à propos de ma lecture des “Promenades sous la lune” de Maxime Cohen, aux Éditions Grasset (en mon article « Sous la lune : consolations des misères du temps » du 24 octobre) :

    …

    Posté par Solis

    Le 3 novembre 2008 :

    …

    « Impressionnante analyse

    d’un livre qui mériterait plus de lecteurs, car, s’il “agace” parfois, il enthousiasme souvent.

    …

    Merci de votre lecture sans affectation ;

    si chaque auteur pouvait s’honorer d’une poignée de lecteurs comme vous,

    il trainerait moins d’aigreur dans les Salons

    où l’on ne cause plus guère.

    …

    Que revienne l’âge de la conversation ! »

    …

    S.T.

    …

    Voilà : c’est à un tel

    nouvel

    « âge de la conversation« 

    …

    que j’ose avoir une foi de charbonnier (et « chevillée au corps », encore !..),

    envers et contre tous les mépris

    des nihilismes

    qui se déchaînent,

    digues, fragiles (et négligées d’être avec assez de soins « entretenues »),

    rompues ;

    …

    et leurs cortèges

    d’assourdissants vacarmes de blings-blings

    qui les « accompagnent » de leurs carillons et fanfares

    et sunlights aveuglants,

    médiatiques, en renfort ;

    …

    afin de rien moins que

    faire taire

    les voix pas (encore assez) « impressionnées »,

    ni « achetées »

    _ telles celles serviles, « achetées », « du sérail » _ ;

    …

    afin de faire taire

    les voix

    de ceux qui doivent bien convenir

    et crier

    qu’en fait ce « roi

    _ paon de parade _ est nu » :

    …

    écouter ici, sur « le paon« , le merveilleux chant _ en son plus « droit » ! _ de Maurice Ravel

    (sur le texte d’une imparable justesse _ de vérité (cruelle ?) _ de Jules Renard !)

    des « Histoires naturelles » (en 1906) :

    …

    « Il va sûrement se marier aujourd’hui.

    Ce devait être pour hier. En habit de gala, il était prêt.

    Il n’attendait que sa fiancée. Elle n’est pas venue. Elle ne peut tarder.

    Glorieux, il se promène avec une allure de prince indien et porte sur lui les riches présents d’usage.

    L’amour avive l’éclat de ses couleurs et son aigrette tremble comme une lyre.

    La fiancée n’arrive pas.

    Il monte au haut du toit et regarde du côté du soleil.

    Il jette son cri diabolique :

    Léon ! Léon !

    C’est ainsi qu’il appelle sa fiancée.

    Il ne voit rien venir et personne ne répond.
    Les volailles habituées ne lèvent même point la tête..

    Elles sont lasses de l’admirer.

    Il redescend dans la cour,

    si sûr d’être beau qu’il est incapable de rancune.
    Son mariage sera pour demain.

    Et, ne sachant que faire du reste de la journée,

    il se dirige vers le perron.

    Il gravit les marches comme les marches d’un temple, d’un pas officiel.

    Il relève sa robe à queue

    toute lourde des yeux qui n’ont pas pu se détacher d’elle.

    Il répète encore une fois la cérémonie…« 

    …

    Choisir la version la plus âpre :

    ni Gérard Souzay,

    ni Susan Graham, qui me viennent d’abord sous les doigts, ne sont assez « nus », ici…

    Camille Maurane me convient déjà mieux ;

    …

    il me faudrait mettre la main sur un José Van Dam,

    tapi quelque part, en quelque récital,

    selon mon (bon) souvenir…

    …

    Bref,

    « ce roi est nu« …

  • Ce que j’apprends d’un blog : l’expo « la photo américaine à la BNF » sur le passionnant blog « Amateur d’Art », de (ou par…) « Lunettes rouges », sur le site du Monde

     Ce que j’apprends _ sur l’art de photographie (et son histoire) _ d’un article : « la photo américaine à la BNF« 

    sur le passionnant blog « Amateur d’Art« , de (ou par…) « Lunettes rouges« ,

    sur le site du Monde ;

    à propos de l’expo à la Bibliothèque Nationale de France « Seventies : le choc de la photographie américaine« , à la galerie photographique du « site Richelieu », 58 rue Richelieu, du 29 octobre 2008 au 25 janvier 2009…

    …

    …

    Je me contenterai, en forme de commentaire minimal

    _ réduit, ici, à l’acte premier (et minimal, au moins, par là) de « LIRE » vraiment _

    surtout de mettre en gras
    après le très remarquable article « 
    la photo américaine à la BNF » _ sur le blog « Amateur d’Art » de « Lunettes rouges« , sur le site du Monde (http://lunettesrouges.blog.lemonde.fr/  ),
    …

    ce qui dans ses commentaires (http://lunettesrouges.blog.lemonde.fr/2008/11/24/la-photo-americaine-a-la-bnf/#comments ) vraiment très éclairés,

    …

    attire (= sollicite) mon attention ;

    et nourrira

    et la connaissance, toujours trop lacunaire ;
    et la réflexion ;

    …

    « cultivant » par là

    probablement un peu judicieusement,

    et parfois même  assez jubilatoirement _ youpeeh !.. _

    la curiosité
    et d’un Titus Curiosus ;

    et, en relais,
    celle aussi des curieux qui le lisent _ et/ou le liront…
    …
    Un très rapide commentaire sur les tropismes de « curiosité »

    _ peu artistiques (peu plasticiens, peu musiciens, et même, peu « vraiment littéraires » _

    de nous autres, Français,

    …

    concluera cet article…
    …

    …

    Bonne lecture !
    …
    Voici l’article ;

    que suivront les commentaires

    des lecteurs, souvent fort « cultivés » en matière d’art photographique !..

    ….

    24 novembre 2008
    La photo américaine à la BNF

    La Bibliothèque Nationale Richelieu présente, jusqu’au 25 janvier, une sélection de 320 photographies de sa collection américaine des années 70s. C’est une présentation thématique, plutôt didactique, qui rend bien compte de la période, de l’évolution de la photographie pendant cette décennie. « C’est l’histoire d’une libération, d’une découverte, puis d’un refaçonnage de la vision. » Ici n’est pas le lieu pour un cours d’Histoire (mais la matière en est là), mais sachez néanmoins que l’exposition se déroule en six séquences : des précurseurs, l’influence du snapshot (séquence un peu attrape-tout, mais la plus intéressante), géométrie et espace, paysage, matière et forme, et finalement le miroir obscur (qui s’ouvre vers surréalisme et fantasmes). Ce dont je veux vous parler, c’est ce qui est à la marge,

    ce qui se dévoile soudain,

    ces quelques photos qui soudain vous ébranlent.

    …

    joe-deal1227571940.jpg

    …

    La série « The Fault Zone« , de Joe Deal, vous ébranlerait au sens premier, car ce travail sériel longe la faille de San Andreas en Californie : dans ces paysages habités malgré le danger, on voit ici et là des signes imperceptibles qui détonent dans le calme confortable de l’endroit, des remblais, des rochers amoncelés, des dénivelés. Ce sont des dissonances annonciatrices de catastrophes futures avérées. La série les banalise, les apprivoise, les rend domestiques, jusqu’au jour où la nature furieuse balaiera tout. Ces photos simples, froides, sans apprêts n’en sont que plus inquiétantes (« The Fault zone », San Fernando, California, 1978).
    …

    ken-ruth1227571951.jpg
    …

    Tout aussi frontalement brutale est cette photo de mariage, « The Wedding picture » (1979), de Ken Ruth : ni têtes, ni jambes, le buste et le giron de la mariée en robe blanche brodée, émergent de l’obscurité. L’homme n’est qu’une masse noire informe, on ne voit que sa main puissante et le filet blanc de sa manchette. La main droite de la femme, dans son dos, se crispe sur son bras gauche avec une violence insoutenable. La marque de ces doigts dit la nervosité, l’angoisse, la peur, le désamour. C’est, sans yeux, sans poses, une photo éminemment sentimentale.

    …

    gary-winogrand1227571921.jpg

    …

    Un peu plus loin, une jeune femme, un cornet de glace à la main, rit aux éclats devant un homme sans tête, qui n’est qu’un mannequin de vitrine : ce Winogrand-là (New York, 1972) est comme une revanche sur la photo de mariage.

    …

    bruce-gilden1227571909.jpg

    …

    Les photos de rue sont pour la plupart des scènes de communauté, d’échange, de communion, de confrontation, de désir, mais parfois, au milieu d’une d’elles, apparaît la marge, l’exclusion, la bizarrerie, invisible dans la foule. Bruce Gilden a ainsi su saisir cette femme dans une rue de la Nouvelle Orléans (1987), masse sombre et voûtée que nul ne voit, sinon lui, aux dépens de la chemise rayée du premier plan.
    …

    kenneth-josephson1227571961.jpg

    …

    Le bizarre est aussi une affaire de forme. Kenneth Josephson joue à cadrer de manière étrangère, à faire écho au paysage au sein même de la photo, à insérer un double décimètre indiquant l’échelle du paysage dans un jeu d’abyme, parfois de manière plutôt drôle. Ce que nous voyons ici, est-ce un cadre de photo, ou un cadre de paysage ? Seule l’ombre portée du photographe peut apporter la réponse (Los Angeles, 1982).
    …
    Des anecdotes ? Sans doute, mais, sous ces titres génériques, des anecdotes impensables dans la décennie précédente, des visions différentes, un autre rapport aux gens et aux paysages.

    …

    24 novembre 2008

    …

    Publié Expos Paris | 18 Commentaires | Lien permanent | Alerter

    …

    …
    Et maintenant, voici les _ très riches ! _ « commentaires » publiés :

    …

    Commentaires
    …

    1.

    Mais fotos em paris.
    Beijos
    Monica
    Rédigé par : irineu | le 25 novembre 2008 à 10:59

    …

    2.

    C’est un beau parcours qui se révèle là. Peut-être le profil d’une autre Amérique. Loin de Mickey, de John Wayne et du bling-bling décérébrant. Et si Obama faisait bientôt de son pays un musée haut, musée bas, que l’on parcourerait (sic) de long en large afin de savourer TOUS ses fruits ? On the road again, je suis prêt. Et vous, CHEESE ?
    Rédigé par : Vince Vint@ge | le 25 novembre 2008 à 11:35

    …

    3.

    Bonjour Marc,

    J’ai trouvé cette exposition assez décevante, peut-être du fait de sa prétention exhaustive. Il y a trop d’absents pour qu’on puisse parler de « photographie américaine des années soixante-dix« . D’abord les artistes conceptuels (Dan Graham avec «Homes For America» aurait constitué un formidable prolongement à Ed Ruscha). Il y a d’autres absents, les photographes du banal, de l’anodin qui ont généralisé l’usage de la photographie couleur (Shore, Meyerowitz, Eggleston). Seule une photo d’Eggleston est présentée ici, et encore, bien cachée et mal éclairée au fond de l’expo. L’accrochage de la seule œuvre d’Ed Rucha est surprenant : un livre accroché au mur, la preuve que cette photo là, continue à être mal appréhendée ici.

    L’expo donne une importance démesurée à la Street Photography démontrant que l’exposition se déroule bien au pays des héritiers de Cartier-Bresson. Les expérimentations photographiques concernent soit des auteurs dont le travail (dépassé aujourd’hui) a « cartonné » dans les années 80 (Les Krim) ou alors des expérimentations formelles qui restent dans le cadre d’une photographie autoréférencée (Burk Uzzle).

    Ces partis pris empêchent de mesurer à quel point les années soixante-dix furent la scène d’un immense brassage entre des pratiques purement photographiques (historiques et “street”), des expérimentations formelles (Shore / Eggleston bien plus que Uzzle) et conceptuelles. Cette période est essentielle dans l’émergence des travaux des photographes / scénographes des années 80 (parmi lesquelles Philip Lorca di Corcia _ dont l’œuvre m’a personnellement beaucoup intéressé, me permettrai-je d’ajouter _ , Jeff Wall et d’autres).

    Enfin, le découpage est un peu trop didactique, en effet. Du coup, il porte atteinte à la lecture de l’œuvre de certains photographes et notamment Friedlander et Winogrand.

    Cela étant dit, si on évacue la question de la prétention initiale de l’expo et que l’on parle de la collection BNF même (puisque c’est de ça qu’il s’agit), il faut reconnaître qu’elle est très belle et que certaines séries sont éblouissantes (Winogrand, Arbus et Larry Clark).
    Rédigé par : Assia Naïl | le 25 novembre 2008 à 11:38

    …

    4.

    Bonjour,

    De quelle décennie parlez-vous? S’il s’agit des années 70, je crains qu’elle ne soit qu’un prétexte : ce que nous voyons à la BNF est tout simplement l’accrochage hasardeux d’une collection, assortie de classifications ridicules et enveloppée dans un concept inopérant. Exactement le genre d’entreprise dont je sortais furieux quand j’avais 20 ans, en me demandant pourquoi les échos publics étaient si unanimes.
    Car que vient faire ici Bruce Gilden, clairement hors-sujet si l’on s’en tient à l’énoncé ?
    Pourquoi encore Shore ou Eggleston (une photo pour lui !) sont-ils quasi-absents, si ce n’est parce que monsieur Lemagny n’aimait pas la couleur ?
    Quelles perspectives la mise en espace nous ouvre-t-elle ?
    Etc., etc., etc.
    Il aurait été tellement simple de déballer la collection et de dire : “Voilà ce que nous avons”. De penser un accrochage pertinent en faisant appel exactement aux mêmes images plutôt que de monter cette recension à prétentions historique, inévitablement biaisée par le matériau disponible.

    Si l’on oublie la forme de cette exposition et le catalogue qui l’accompagne, il faut bien dire que l’on y voit des images magnifiques et que l’ensemble confirme la place de certains _ Baltz par exemple, vers le haut, et Uzzle ou Harbutt, de toute évidence pas au niveau _ alors que d’autres, comme le remarquait le commentaire précédent, sont sacrifiés.
    Quelles que soient les frustrations qu’elle génère, il faut donc voir cette exposition, pour le casting incroyable et l’impact des tirages.
    Y aller averti aidera à s’épargner l’exaspération et à profiter sans retenue d’une matière qui se fait de plus en plus rare.
        Rédigé par : C. | le 25 novembre 2008 à 12:34

    …

    5.

    Au delà de l’exposé historique, ces gens là (les absents, mais aussi Clark, Arbus, Deal, Ruscha…) inventent une nouvelle façon de faire parler la photo, loin de la dénonciation frontale des misères et du discours ressassé sur l’autre visage de l’Amérique.
    On aborde du coup d’autres sujets, l’ennui et la monotonie du quotidien (Eggleston, Shore, Clark, Ruscha). On réinvente le road trip (Shore) et le portrait du territoire (Deal, Ruscha) hors des mythes. On aborde l’inhumanité des lieux où vivre (Dan Graham, même si c’est un gros raccourci) …
    Surtout, la photo dit le moins de choses et ouvre des portes à d’autres lectures. Une photo où on se sent libre de penser, libéré de toute prescription.

    Au final, c’est surtout de ça dont l’expo oublie de parler.
    Rédigé par : Assia Naïl | le 25 novembre 2008 à 12:50

    …

    6.

    Une petite remarque !
    Ne trouves-tu pas étrange qu’il n’y ait qu’une photo couleur _ et en plus qui clôt le parcours ?
    Est-ce le simple fait de l’absence de telles photos dans les collections de la BNF, et si c’est le cas, n’aurait-on pas du être averti ?
    Et si c’est un choix, n’aurait-il pas dû être expliqué plus clairement ?
    Parce qu’on ressort avec l’impression que la couleur, l’existait pas encore ; et ça c’est bien étrange !!
    C’est vraiment ce qui m’a suprise dans cette expo!
    Rédigé par : Alexie | le 25 novembre 2008 à 13:24

    …

    7.

    Oui, l’expo est un peu terne et un peu sérieuse… De là à parler de « visiteur exaspéré au final« , il ne faut rien exagérer…
    Il ne faut pas bouder son plaisir. Les photos sont belles.
      Elles viennent d’une collection gouvernée par des choix, des manques et des ratages (comme toute collection) ; d’où l’absence, je pense, de photos de Stephen Shore, précurseur lui aussi d’une autre vision de l’Amérique…

    J’ai trouvé que l’exposition complétait bien le travail accompli depuis quelques années par certains commissaires, notamment au Jeu de Paume et à Sully, autour de la photo américaine des année 50/70. Cf. Stephen Shore, Ruscha, Friedlander.
    …

    Mais c’est vrai, j’ai eu la chance d’être curieuse et de voir ces expos sans parfois rien connaître de ces artistes…

    Pour ma part, je me suis pris les photos de Larry Clark en pleines gencives (je connaissais son travail de cinéaste, mais non de photographe) _ la série intitulée “teenage lust” est magnifique, très violente et bouleversante.
    Rédigé par : Cécile B | le 25 novembre 2008 à 15:01

    …

    8.

    Sinon, Lunettes rouges, la « wedding picture » … oui … oui … bien sûr …
    J’ai eu du mal à la quitter _ Je l’ai lâchée à regret _ J’y suis revenue.
    Je suis revenue la contempler au moins cinq fois !!!

    Rédigé par : Cécile B | le 25 novembre 2008 à 15:12

    …

    9.

    Je rejoins le concert des déçus.
    Un enchaînement hétéroclite d’œuvres qui, je le confirme, donne très vite le sentiment d’un accrochage aléatoire, en vrac, de pièces qui méritaient mieux que ça.
    Etrange aussi le parti pris de ne pas exposer de photos couleurs, même si il est vrai que la photographie couleur n’a été admise dans les institutions qu’à partir des années 80… Et ça repose donc, et encore, la question de la lisibilité de cette expo qui aurait pu être tout autre chose si elle s’était voulue un peu plus ambitieuse.
    Rédigé par : arslan | le 25 novembre 2008 à 18:34
    …

    10.

    Comme il est dit plus haut, Jean-Claude Lemagny, le conservateur du cabinet des estampes, ne s’intéressait pas à la photographie en couleur, et à peine à celle qui est montrée dans cette exposition…
    C’est la raison de l’aspect fragmenté de cette collection qui, historiquement, n’est pas représentative. La réflexion semblant avoir été réduite au minimum, on ne comprend pas grand-choses aux intentions des commissaires, à la période et à ses enjeux, ou du moins on comprend qu’il faut encore aller puiser dans des anthologies incomplètes pour se refaire l’histoire (ceux qui ont par exemple assisté à la conférence de Larissa Dryansky à la Mep il y a deux ans seront un peu plus avancés).
    Rédigé par : susanna | le 25 novembre 2008 à 19:38
    …

    11.

    Merci de le rappeler avec autant de force, mais, en effet, c’est l’exposition d’une collection, pas un panorama représentatif.
    Elle repose en effet les questions des définitions excluantes de la photographie de la part des critiques et commissaires des années 70s : noir et blanc ou couleur, et prudence face au conceptuel. Ce n’est pas que « Monsieur Lemagny n’aimait pas la couleur« , c’est que sa vision de la photo à cette époque était conditionnée par certains paramètres culturels (disons, pour simplifier, Henri Cartier-Bresson), historiques ou personnels (son père était graveur), et que la collection a été construite sur ces bases (il y aurait sans doute une histoire critique de la collection BNF à écrire, mais ce n’était pas mon propos).

    Mais, à l’intérieur de ce cadre pré-défini, j’ai trouvé, pour ma part, à votre différence, le discours assez clair et le parcours, certes trop didactique, mais plutôt lisible (à l’exception de la série sur les gens ordinaires, incompréhensiblement déplacée), ni aléatoire, ni hétéroclite tant qu’on veut bien en accepter les prémisses.

    Le seul commentaire sur lequel je ne sois pas d’accord est le second d’Assia Naïl :
    “la photo dit le moins de choses et ouvre des portes à d’autres lectures. Une photo où on se sent libre de penser, libéré de toute prescription.
    Au final, c’est surtout de ça dont l’expo oublie de parler.
    ”
    Les photographes dont tu regrettes l’absence auraient certes aussi ouvert des portes, d’autres portes, mais ceux présentés ici me semblent être à même d’offrir des espaces de liberté tout aussi enivrants, que ce soit Larry Clark, Gary Winogrand, John Deal ou Kenneth Josephson. Et c’est là, me semble-t-il, la rupture face aux deux décennies précédentes, ce refaçonnage de la réalité, cette liberté face aux règles établies. J’ai eu le sentiment que l’expo parlait justement de ça, dès la première section d’ailleurs.
    Rédigé par : Lunettes Rouges | le 25 novembre 2008 à 20:28

    …

    12.

    10 posts, l’Amérique intrigue toujours. On veut nous bombarder avec les Chinois, les Russes et les Indiens ; mais, n’en déplaise au marché de l’art qui surgonfle les cotes pour attirer les collectionneurs bling bling de ces contrées-là, les Etats-Unis restent une grande mythologie. Un territoire déjà peinture, photo ou film. Du Cinémascope et du Technicolor en live.
    Rédigé par : Vince Vint@ge | le 25 novembre 2008 à 20:31

    …

    13.

    Lunettes rouges,
    M. Lemagny n’aimait vraiment pas la couleur, et il s’est au fil des ans enfermé dans sa propre utopie. Un regard à son dernier livre, “L’ombre, la matière, la fiction” _ en 1995, publié par Nathan/Bibliothèque nationale _ est édifiant de ce point de vue, quinze ans après sa sortie. Mais Lemagny a fait un gros travail pour aider à la reconnaissance de la photographie en France et on peut lui pardonner de ne pas avoir été totalement réceptif à certains courants. Cette collection, avec ses défauts, reste tout de même un beau morceau.

    Ceci dit, l’exposition est effectivement claire, et, comme vous le dites, il faut accepter les prémisses. Pour ma part, je trouve celles-ci singulièrement louvoyantes. Malgré tout, avec “Objectivités” et ces photos américaines, on a actuellement à Paris de quoi comprendre un peu mieux la photographie d’aujourd’hui.
    Rédigé par : susanna | le 25 novembre 2008 à 21:23

    …

    14.

    C’est un commentaire mal formulé en fait ; et qui contredit en partie le précédent… Tu as raison, ceux que tu cites ouvrent au même titre que les autres et la cellule “Arbus” à l’entrée réjouit dès le premier coup d’œil. Par “c’est surtout de ça dont l’expo oublie de parler”, je pensais plus à la variété des pratiques, y compris celle qui ne figure pas dans les collections, quitte à la mentionner uniquement.

    Pour ceux qui sont exposés, c’est une vraie chance de pouvoir les voir à Paris, comme le dit Susanna. D’autant plus qu’une partie des “absents” est à « la Maison rouge » en ce moment.
    Rédigé par : Assia Naïl | le 25 novembre 2008 à 23:37

    …

    15.

    Je rejoins ce que dit “Lunettes rouges”.

    La BN (et notamment Richelieu) monte régulièrement quelques expos d’ampleur faisant le tour transverse et approfondi d’un sujet (voir il y a bien bien longtemps “Tous les savoirs du monde” ou encore “Proust” ou plus récemment “Artaud”). Elles se tiennent souvent à Tolbiac.

    Pour ce qui est de la BN Richelieu, les expos, bien souvent, me semble-t-il, pour beaucoup les pratiquer, valorisent et donnent à voir aux visiteurs les fonds d’estampes, d’enluminures et de photos (car ces fonds, nationaux, très riches et extraordinaires, se doivent d’être accessibles à tous et toutes et pas seulement aux chercheurs).
    Les commisssaires, contrairement à ce que disent certains posts, s’en cachent rarement et mettent carte sur table dès le début de l’expo.

    Après on peut toujours regretter et critiquer :
    _ la manière dont une collection s’est constituée (c’est toute la question des musées et des bibliothèques : comment être en prise avec le réel, être fouineur, avoir du flair et de l’intelligence, avoir l’esprit d’avant-garde… et les moyens pour le faire)
    ,
    _ les choix frileux ou contestables des commissaires d’expo (mais c’est ausssi la dure loi du goût de quelques-uns et de la sélection dans la sélection !!),
    _ l’état d’esprit de certains conservateurs… régulièrement et volontairement conservateurs…
    _ la muséographie souvent sobre, austère et terne des expos à Richelieu (mais ça fait du bien aussi … Au moins, le regard ne se disperse pas et ne s’attarde que sur les œuvres présentées),
    _ et enfin, et là j’insiste, le constant manque affreux de mise en perspective historique des expos de la BN Richelieu…
    Pour certaines expos _ et par exemple celle-ci, je n’en tiens pas compte… _, je navigue à vue et me laisse séduire. Pour d’autres, c’est plus ennuyeux…
    (voir l’expo “Daumier” extrêmement pauvre à ce niveau _ je ne suis pas spécialiste du XIXème et de la Monarchie de Juillet, de ses turpitudes et de ses mouvements d’opposition révolutionnaires socialistes ou républicains ! Malgré une petite culture générale encore présente, j’en ai bavé. J’ai dû compulser des manuels d’histoire en sortant !!) (mais je m’éloigne de la photo des années 70…)
    Rédigé par : Cécile B | le 26 novembre 2008 à 14:12

    …

    16.

    Chère Cécile B,

    La vie des artistes, mise en contexte historique, me fait penser à cette phrase du toréador et astrologue espagnol du XVIII Diego Torres Villarroel, que “l’Histoire était le pénible exercice de déterrer des cadavres déjà pourris”. L’historien qui se veuille humain ne peut pas s’empêcher de faire son travail avec des remous dans l’estomac.
    Rédigé par : Manuel Montero | le 26 novembre 2008 à 20:32

    …

    17.

    « l’Histoire était le penible exercice de déterrer des cadavres déjà pourris » (Diego Torres Villarroel)
    Oui, j’ai bien connu sa tante, Maria Elena Torres Villarroel del Sol.

    A part ça, la science humaine, et pourquoi ne pas mettre la recherche artistique là-dedans, et la mort font bon ménage, Platon ne disait-il pas : “Philosopher, c’est apprendre à mourir” ?

    Et pensons à la démarche d’un Opalka, rien que ça. Blanc sur blanc, tel une peinture-linceul, ou la chronique d’une mort annoncée.
    Rédigé par : Vince Vint@ge | le 27 novembre 2008 à 19:56

    …

    18.

    Je me devrais d’arrêter le lettrisme que je fais avec mes miettes ? Il est oraculaire, donc une prospection propre à la science artistique. Je peux sentir la mort et nonobstant la mémoire invente une nouvelle vie.
    Rédigé par : Manuel Montero | le 28 novembre 2008 à 01:28
    …

    …

    Pour faire un peu personnellement le point sur tout cela, très riche :

    …

    les commentaires sont certes « inégaux » ; mais beaucoup, et même la plupart, sont fort bien informés (= cultivés) ; et donc on ne peut plus enrichissants pour le lecteur.

    Par là, ce blog-ci (« Amateur d’Art« , de « Lunettes rouges », donc), me paraît même globalement plus précieux à lire en ce qui concerne les interventions des lecteurs-commentateurs

    que ma référence « littéraro-culturelle » (sic) : « La république des livres » ;

    si riche et intéressante, elle, par la densité d’information (sur ce qui se publie) _ et « appréciations cultivées » _ de son auteur, Pierre Assouline ;

    mais un peu moins par la majorité _ à ce qu’il me paraît (et suis bien contraint d’en juger) _ des commentaires de bien des intervenants qui le « squattent » _ avancerais-je :

    …

    voilà qui est me semble-t-il

    _ et c’est sur ce point-ci, que je veux mettre ici mon accent ! _

    révélateur

    des tropismes du « public » « culturel »

    _ je ne peux m’empêcher chaque fois que j’emploie de ce mot-ci, de « culturel« , de ressentir, le regard sourcilleux, et ô combien à juste titre ! de Michel Deguy, penché juste au-dessus de moi, légèrement en arrière, et en surplomb, tout près de mon épaule _ ;

    …

    voilà qui est révélateur

    des tropismes du « public » « culturel » _ et désormais « blogger » _

    français,

    toujours (bien) trop peu assez curieux

    _ peu assez « vrai lecteur », « vrai écouteur », « vrai regardeur » _ ;

    …

    et,

    en conséquence (puis cause, par feed-back) de la faiblesse insigne de cette « curiosité », pas assez « attentive intensive »,

    (bien) trop peu assez familiarisé, aussi (ou non plus, ce « public »),

    pour se frotter _ et avec régularité (et amour, passion !) _ à davantage d’étrangeté _ « inquiétante » :

    …

    soient des « fantômes« ,

    …

    « fantômes » aimés et régulièrement fréquentés, eux, d’un Hervé Guibert

    _ écrivain, auteur de « Vous m’avez fait former des fantômes » (paru aux Éditions Gallimard en octobre 1987) ; et aussi (grand) photographe _,

    et d’un Eugène Green

    _ écrivain, auteur du magnifique et très important « Présences _ essai sur la nature du cinéma » (publié en coédition par Desclée de Brouwer et les Cahiers du cinéma en octobre 2003), homme de théâtre, et aussi (grand) cinéaste ;

    …

    d’Hervé Guibert, vient de paraître, ce mois de novembre, « Articles intrépides _ 1977-1985 » ;

    et d’Eugène Green, ce mois de septembre dernier, « La Reconstruction« _ ;

    ..

    voilà qui est (grandement) révélateur, donc,

    des tropismes du « public » « culturel » (et désormais « blogger ») français

    toujours (bien) trop peu assez curieux,

    je reprends le fil de ma phrase,

    …

    des arts plastiques _ et donc de la photo ! _ ;

    ainsi que de la musique, d’ailleurs ;

    …

    par rapport à l’écrit

    _ je ne dirais toutefois pas : « le littéraire » ;

    soit, et encore une fois, le révélateur symptomatique (!) d’une certaine (bien dangereuse…) superficialité ;

    …

    quand pareilles curiosités _ plus fines… _ me semblent assez mieux partagées par d’autres publics latins,

    usagers des langues (et cultures) espagnoles, italiennes et portugaises, par exemple…

    …

    A moins que ce ne soit là le simple fruit

    de l’impact _ à force de blietzkrieg : bombardement massif et permanent _ du décervelage à immense échelle des media

    et de l’appauvrissement, renforcé encore ces temp-ci, de « l »école » !!!

    …

    Et sur cette question, et ce danger-ci (de la « pulvérisation » de la « culture » en « milieu scolaire »),

    et face à toutes les manœuvres destructrices

    et propagandes anesthésiantes, en constante inflation et avancées,

    lire l’excellentissime « École : mission accomplie » _ eh oui ! _

    du lucidissime Pierre Bergounioux _ « Entretiens avec Frédéric Ciriez et Rémy Toulouse« , paru aux Prairies ordinaires en août 2006…

    …

    Avec les conséquences _ tout bonnement suicidaires ! _ qui sapent au quotidien

    le sol fragile _ tout se tenant et se délitant solidairement… _

    de « civilisation » d’une humanité » « non-inhumaine« …

    …

    Ce que la photographie _ et américaine : elle a ses « lucides » ! _ aussi peut « montrer », quand elle est celle de « regardeurs » sans complaisance, mais libres…

    …
    Titus Curiosus, ce 28 novembre 2008