Catégorie : Villes et paysages

  • Du génie de la curiosité : hier à l’Académie de Bordeaux, remise du prix Manley Bendall 2025 à l’astrophysicien Milan Maksimovic ; et éloge posthume de Nicolas Grimaldi, philosophe, par Jean-Pierre Poussou, son collègue et ami…

    Présent hier à 16h à la séance de l’Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Bordeaux qui recevait Milan Maksimovic pour sa direction du « Grand Atlas du Soleil « paru aux Editions Glénat, et lauréat du prix Manley Bendall 2025 que lui a remis Mme Sylvie Vauclair, astrophysicienne toulousaine et membre correspondant de l’Académie de Bordeaux,

    j’ai été très sensible à la très claire présentation par Milan Maksimovic de ce travail à la fois personnel et collectif, mettant particulièrement en relief  la fondamentale et permanente activité de recherche – jamais achevée mais toujours, toujours infiniment questionnante ; c’est là la base de tout le travail d’exploration du réel des diverses disciplines scientifiques… – ,

    quand le grand public,

    de même que tout  metteur à son profit – pour des applications techniques d’abord (cf les techno-sciences ; lire ici les travaux de Gilbert Simondon (1984 – 1989) et de Gilbert Hottois (1946 – 2019) ; et ce que j’en évoque en mes articles « Demain mardi 22 novembre 2022, à la Station Ausone à Bordeaux à 18 h, entretien avec Pascal Chabot : une invitation…«  et « Dans le prolongement de son essai « La Philosophie de Simondon » (en 2003), les admirables entretiens filmés de Pascal Chabot dans le superbe film « Simondon du désert », de François Lagarde (en 2012)…«  en date du 21 et du 29 novembre 2022…), puis des usages économiques de ces applications techniques-ci, ainsi que des mises à profit politiques et sociales de ces applications économiques, etc. – des découvertes scientifiques,

    s’intéressent, et de manière très réductive, essentiellement aux résultats de cette connaissance considérée par eux – faussement hélas pour ce qui concerne les sciences expérimentales, jamais achevées… – , comme absolument certaine…

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    Et comme cela a été aussi parfaitement énoncé, la recherche fondamentale la plus gratuite et désintéressée, loin des enjeux d’intérêts pratiques à court ou très court terme, est celle qui paradoxalement – parce qu’elle voit plus loin que les intérêts immédiats… – permet le plus et le mieux, même si c’est forcément lent et toujours indirect, d’accumuler des succès d’applications, des « progrès » très effectifs de ces démarches scientifiques – dont les critères de « progrès » sont effectivement très divers, variables, et la plupart du temps même contradictoires, et souvent dramatiquement conflictuels : ce qui est jugé « progrès«  par et pour les uns, étant jugé « détérioration-régression-recul » par et pour les autres : le jugement d’appréciation-valorisation étant bien sûr entièrement fonction des critères choisis, qui ne sont pas nécessairement, et loin de là, universels : cf l’exemple de la mise en place à Lyon en 1830 des métiers à tisser Jacquard, et les révoltes des canuts lyonnais en 1831 et 1834, réprimées dans le sang… – , qui rapportent très gros, d’abord dans les techniques, puis en économie, ainsi qu’en politique aussi…

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    De fait, en ses détaillés et très clairs exposés hier après-midi des divers phénomènes solaires tels qu’ils sont, pas à pas, lentement et très minutieusement, explorés par les chercheurs scientifiques,

    Milan Maksimovic – spécialisé, lui, dans l’étude des vents solaires – , a parfaitement mis en évidence ce travail capitalissime de l’invention des hypothèses à d’abord imaginer – cf ce que, à partir du travail passionnant de mon amie Marie José Mondzain, je me suis permis de qualifier de travail d’ « imageance« … – , puis expérimentalement et peu à peu élaborer et mettre en œuvre, à partir d’outils extrêmement précis qu’il a fallu, eux aussi, et peu à peu, step by step, imaginer, concevoir, inventer et créer ;

    ce qui nous montre lumineusement que la science est d’abord une démarche et une méthode, ainsi qu’un chantier en mouvement permanent et d’une très grande complexité, sans cesse mobile et ouvert au questionnement et à la remise en cause de ses résultats provisoires, et pas du tout – sauf en mathématiques et en logique – une connaissance absolument et définitivement certaine, et donc achevée…

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    D’où la très grande importance de l’épistémologie, discipline philosophico-scientifique, pour faire la lumière sur ce chantier infiniment ouvert en son extrême complexité, et ses questionnements permanents, en les sciences expérimentales, dont fait partie l’astrologique-physique dont nous a parlé hier si clairement Milan Maksimovic – né le 5 février 1968…

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    D’autre part,

    en ouverture de la séance, Jean-Pierre Poussou a fait l’éloge de son ami et collègue Nicolas Grimaldi (Paris, 24 décembre 1933 – Lyon, 13 février 2026), correspondant de l’Académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Bordeaux,

    dont Jean-Pierre Poussou me confiera qu’il a prononcé l’homélie lors de la cérémonie des obsèques de son ami au Crématorium de Biarritz le 23 février dernier.

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    Et comme Nicolas Grimaldi l’a lui-même narré en un entretien en date du 2 juillet 2012, avec Martin Duru, publié par Philosophie Magazine sous le titre « Je ne veux plus que souffler sur les braises de la vie« , Nicolas Grimaldi résidait – en dehors de son temps de travail professionnel – depuis 1968 dans le sémaphore de Ciboure :

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    Celui qui fut un grand professeur à la Sorbonne réside aujourd’hui, presque retiré, sur la Côte basque. Cherchant la vérité dans la solitude, il brasse dans son œuvre des thèmes atemporels – le désir, le temps, l’amour… Et cultive une éthique de la joie – voilà – comme communion avec les autres.

    À quelques mètres en contrebas – du sémaphore de Socoa où réside Nicolas Grimaldi : il l’a acheté en 1968 – , les vagues de l’océan Atlantique se brisent sur d’étranges feuilletés de schiste et répandent leur embrun. De l’autre côté, derrière un flanc de collines verdoyantes, c’est l’Espagne – la belle silhouette du Jaizquibel domine Fontarabie. Nous sommes à l’extrême pointe de la Côte basque. Plus précisément, sur les hauteurs de Ciboure, commune mitoyenne de Saint-Jean-de-Luz, dont la baie s’offre au regard. Hôte exquis, Nicolas Grimaldi nous reçoit dans son singulier repaire, un ancien sémaphore qu’il a aménagé et dans lequel il vit depuis plus de quarante ans – 1968 ; et en effet, chaque fois que je passais à Socoa, longeant le sémaphore, je pensais à Nicolas Grimaldi, que je n’ai jamais rencontré : il a obtenu un  poste à la Faculté des Lettres de Bordeaux alors que je n’y étais plus étudiant ; et quand je me suis remis à fréquenter la Société de Philosophie de Bordeaux, au cours de la décennie 90 du siècle dernier, Nicolas Grimaldi n’enseignait plus à Bordeaux ; il avait été nommé à la Sorbonne… La bâtisse est solide, austère, dominée par sa petite tour caractéristique. L’horizon, ciel et mer confondus, s’étend directement en face, si bien que le sentiment d’être à l’écart de tout s’impose inexorablement. C’est là que cet ancien grand professeur d’université – il a notamment été onze ans en poste à la Sorbonne – construit en solitaire son œuvre, où la métaphysique dialogue avec les arts et la littérature. Comme en écho avec l’endroit où il habite, Nicolas Grimaldi arpente inlassablement des thèmes atemporels : la conscience, le désir, le temps, l’imaginaire, l’amour, le sens de la vie… L’entretien se déroule d’abord dans un salon élégant avec vue, dont les murs sont recouverts de certaines de ses toiles – « Peindre me fatigue en me reposant », confie-t-il, en amateur de paradoxes. Après une escapade en voiture dans l’arrière-pays, la discussion se poursuit dans un restaurant de fruits de mer, côté espagnol, à Pasajes. Le philosophe ne s’y était pas rendu depuis un moment et il est effaré de voir à quel point l’environnement urbain a changé, s’est bétonné : « Je ne me reconnais plus dans ce monde. » Mais trêve de mélancolie. Où qu’il soit, Nicolas Grimaldi s’exprime dans une langue très élaborée, parfois délicieusement surannée – à en rappeler l’existence de l’imparfait du subjonctif… Si l’expression « parler comme un livre » lui va comme un gant, nous sommes néanmoins face à un volcan. À chaque question posée, il commence sa réponse par un murmure caressant, presque hésitant, qui bute, se cherche ; puis trouvant la voie, il s’embrase, incandescent, comme possédé. L’un de ses essais s’intitule Socrate, le sorcier et montre en quoi le maître de Platon envoûtait ses interlocuteurs. Même devant une langouste grillée, tel est Nicolas Grimaldi : un sorcier, un mage consumé par la pensée. Et l’incendie de se propager à ceux qui l’écoutent.

    Comment en êtes-vous venu à vivre dans cet ancien sémaphore ? Sans être totalement coupé du monde, ce lieu dégage une impression d’isolement. Dans votre œuvre, vous décrivez la solitude comme la situation fondamentale de l’homme…

    Il me faut en référer à mon histoire familiale. Mon grand-père, né en 1880, fut enrôlé dans la marine lors de son service militaire. Après avoir navigué quatre ans sur l’océan Indien, il fut affecté au fort de Socoa – en contrebas du sémaphore – , qui ferme la baie de Saint-Jean-de-Luz. Au début de la monarchie de Juillet, on avait construit, le long de la Côte basque, des sémaphores. Celui-ci faisait office de bureau télégraphique : des signaux visuels y étaient envoyés aux navires, qui répercutaient les messages aux destinataires. En 1922-1923, il a été jugé mal situé, et un nouveau sémaphore a été édifié plus en avant dans les terres – à côté de la Tour de Bordagain, à Ciboure… Il a ensuite été laissé à l’abandon, puis vendu par la Marine. Ayant passé des pans de mon enfance à Saint-Jean-de-Luz – auprès de sa grand-mère maternelle – , j’ai fait l’acquisition de cette ruine en 1968 et l’ai rendue habitable. Ce lieu est en effet une sorte d’ermitage, de refuge, qui a une fonction d’ascèse. Il me rappelle que nous sommes nés et que nous mourrons seuls, et que ce n’est que dans la solitude que nous pouvons découvrir la vérité. De la même manière que chez Descartes, ce n’est qu’en se retirant de tout – en son poële… – , en doutant de l’existence de l’Univers tout entier, que s’acquiert la certitude fondatrice, le cogito, à partir duquel le reste prend sens. Ainsi, ce lieu, parce qu’il est une solitude, peut être considéré comme propice, je ne dirais pas à la méditation à la façon de Descartes, mais tout du moins à la réflexion et à l’épreuve de la vérité.

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    Lire aussi ce bien beau portrait, « Nicolas Grimaldi,  le phare qui éclaire l’humain« ,

    sous la plume de Robert Maggori, en 2013 :

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    PORTRAIT

    Du haut de son phare au Pays basque, où il vit depuis 1968, le philosophe lit, peint, écrit, scrutant l’éternelle insatisfaction des hommes, incapables de vivre dans le présent.
    Par ROBERT MAGGIORI

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    Il est des lieux plus propices que d’autres à la méditation. Droit devant, la mer et le ciel se confondent sous le même gris perle. La maison s’avance sur le promontoire tel un bateau échoué. A droite, par ses innombrables fenêtres, on aperçoit, comme autant de photos encadrées, Ciboure et la baie de Saint-Jean-de-Luz. A gauche, la houle s’écrase sur la corniche, qui s’étend jusqu’à Hendaye. C’est l’ancien sémaphore de Socoa, construit à l’époque de Guizot – un temps bureau télégraphique, désaffecté en 1922, puis vendu par la marine. «J’ai fait l’acquisition de ce qui était alors une ruine en 1968, quand j’ai quitté Paris. Aujourd’hui, c’est mon île, c’est là qu’habite Robinson Crusoé.»

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    Si Robinson avait été gardien de phare, il eût pu nommer toutes les vagues – la toute proche énorme Belharra… – qui enchantent les surfeurs, deviner le temps à venir au seul bruit du vent ou à la couleur de la mer. Mais il est philosophe : son océan est celui de la musique, «musique de chambre, uniquement», et de la peinture, ses falaises, celles que créent les murs de livres. «Je suis presque toujours seul, donc toujours en mauvaise compagnie. Mais ne soupçonnez pas une existence monacale ! J’ai la chance d’avoir les visites de mes anciens élèves, je lis, je peins, j’écris, et si je mange avec frugalité, ce n’est pas par vertu, ni souci de santé, mais parce que, des mets, je ne sens plus l’arôme, ayant, à la suite d’une opération, perdu l’odorat. Ce n’est rien, pourtant ! L’essentiel est de comprendre que la beauté du monde et de la vie est dans chaque instant !»
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    Un voltigeur, un danseur, un magicien

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    Si la philosophie apporte, à la longue, sinon une sagesse du moins un style, cela se reconnaîtrait, chez Nicolas Grimaldi, à l’élégance du port et des gestes, à la courtoisie, à l’exquise délicatesse de ses manières, à son écriture, précise, sobre, juste relevée par la sonorité rare de l’imparfait du subjonctif. Lorsqu’il parle, guidant son verbe par la gesticulation des mains, il est moins mesuré : il voudrait tout dire, en flots torrentiels, tout faire comprendre, ne pas oublier la moindre nuance, et bientôt déclame, tonitrue, chante et enchante. Il a ainsi envoûté, au lycée de Colmar, à l’hypokhâgne de Janson-de-Sailly ou de Molière, à la khâgne de Jules-Ferry, aux universités de Brest, Poitiers, Bordeaux, Paris, des générations d’étudiants, qui le décrivent comme un voltigeur, un danseur, un magicien.
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    Professeur émérite à la Sorbonne, où il a occupé la chaire d’histoire de la philosophie moderne puis de métaphysique, il s’inscrit volontiers dans le sillage de Maurice Savin, lui-même disciple d’Alain. «Tous deux peignaient… Et moi aussi ! Lorsque je peins, je suis entièrement possédé par ce qui se passe sur la toile, à tout instant elle change, elle se perd également à tout instant, de sorte que rien ne m’en distrait. A l’inverse de l’attention spéculative, qui a quelque chose d’épuisant, la peinture repose par un épuisement tout opposé, à savoir qu’elle absorbe. Si j’étais un véritable peintre, il suffirait de voir un seul de mes tableaux pour savoir qu’il est de moi, sans besoin de voir la signature. Or ce n’est pas le cas. J’ai peint principalement pour comprendre ce que c’est que peindre, si bien que beaucoup de mes peintures, selon les années, sont « dans l’atmosphère de », de Juan Gris, de Nicolas de Staël, du Cavalier bleu, de Kandinsky, de Franz Marc, d’August Macke, de Paul Klee…» Mais s’il est un philosophe auquel Nicolas Grimaldi fait aussitôt penser, c’est bien à Vladimir Jankélévitch : «On me disait que je parlais comme lui avant même que je l’eusse entendu ! Quand je l’ai découvert, j’ai eu comme une révélation : Jankélévitch, c’était le style que j’attendais en philosophie.»

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    «Ma deuxième mort, c’est 68»

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    A la Sorbonne, en mai 68, Jankélévitch épouse corps et âme l’insurrection étudiante. Grimaldi du bout des lèvres, et moins encore : «Si la révolte et les grèves n’avaient été qu’ouvrières, j’aurais adhéré totalement. Mais le dadaïsme généralisé m’a gêné, meurtri, comme les tentatives de destruction de la culture, qu’on disait « bourgeoise ». J’ai vu là une conspiration contre l’esprit. Je me suis réfugié à Socoa. Vous savez, j’ai eu une « première mort » parce que je n’ai connu ma mère que mourante. Avoir une enfance sans mère, ça compte, car votre première expérience est celle d’une déperdition, d’une privation – qui m’a semblé par la suite être originaire en toute conscience, comme si toute conscience naissait orpheline d’on ne sait quoi. Et ma deuxième mort, c’est 68. Depuis, je n’ai fait que me survivre à moi-même. Tout ce que j’avais imaginé comme devant être le style d’un professeur, d’un écrivain, d’un philosophe, tout ce qu’il me semblait devoir attendre de moi-même ne pouvait plus être partagé de personne. L’expérience de 68, c’est d’être monté sur un vaisseau de ligne qui avait sombré, je n’avais plus ni amis ni bagages, plus rien, il y avait bien un perroquet, une chèvre, eh bien j’allais vivre comme ça, sans semblables, dans un sémaphore. Dans toutes les universités où je suis allé par la suite, j’ai fait cours – avant je faisais classe – en lycée. Faire classe, c’est apporter ce qu’on est, ce qu’on a cru mériter de soi-même, par beaucoup de travail, et faire cours, c’est apporter ce qu’on sait – ou qu’on cherche. J’avais changé de vie, j’avais même changé de métier.»

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    La blessure semble encore vive. Grimaldi l’a vécue comme une destruction de sa «carte d’identité». «Mon père, Dominique, un instituteur corse qui a ensuite passé des concours pour entrer à la Poste, était un leader syndical, un des fondateurs de Force ouvrière, engagé dans le Parti socialiste. Le Parti socialiste, je l’ai quitté en novembre 1968. Je trouvais alors la gauche plus désespérante encore que la droite. Mon père n’a jamais déjeuné ou dîné en famille, sauf pendant l’Occupation. Il était toujours en réunion, à travers toute la France, rentrait à une heure du matin… Mais je n’ai jamais été très intime de ses combats. J’avais un dissentiment très ancien avec lui. Lorsqu’en 1944, je suis revenu à Paris pour aller au lycée, j’ai repris une vie familiale presque normale. J’étais un élève brillant, mais c’est une chose dont mon père ne tirait aucune vanité, dont il prenait presque ombrage. Il disait : « Mon petit, il n’y a pas d’hommes supérieurs ; le talent, ça n’existe pas ; la seule chose qui différencie les hommes, c’est le travail. » Quand je lui déclarai, à 13 ans, que je voulais devenir poète, mon père affectait de prononcer « pouët », pour dire que c’était être mangeur de vent… Il n’avait que mépris. Une anecdote très sotte mais indicative. J’étais en troisième et on nous avait demandé de décrire quelque chose. J’avais décrit une après-midi au bois de Boulogne, avec « les barques sur le lac et le soleil qui clapotait ». Le professeur avait mis « très joli » en marge. Mon père inspectait tous mes devoirs, regardait les notes, épluchait ça comme un commissaire de police. Il voit cette observation en marge et s’écrie : « Qu’est-ce que c’est que ce fou, un soleil qui clapote, t’as déjà vu ça ? »»

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    Nicolas Grimaldi ne sera pas poète. Le questionnement philosophique le saisit adolescent. «Dans ma pensée, il n’y a pas eu de rupture. Je n’ai eu qu’une seule naissance, ma naissance à une question – voilà. Très jeune, j’ai senti, avec une grande intensité, que tous les hommes sont malades d’eux-mêmes. En 1950, tous mes camarades étaient ou chrétiens ou communistes, donc tous espéraient entrer un jour dans le royaume, et moi, je pressentais qu’il n’existe pas de royaume – voilà, voilà… – où la vie ne puisse être qu’ivresse ou extase… Toute la question fut de comprendre comment il est possible qu’il y ait dans la nature un être aussi dénaturé que l’homme. Seul l’homme se demande : que dois-je faire de moi-même – accéder à un supplément d’être ?.. – pour n’avoir pas raté ma vie ? Que faut-il attendre de la vie pour qu’il ne suffise pas d’avoir vécu pour l’avoir gagnée ? J’en suis resté là jusqu’au bout, aujourd’hui encore.»

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    Les thèmes les plus proches de l’expérience de chacun

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    A mesure qu’il va la développer, Grimaldi «positionne» son œuvre à l’interface de la métaphysique, de l’éthique, de l’art et de la littérature (Leopardi, Proust, Pessoa, Amiel, Kafka, Simenon). Il sera toujours taraudé par l’idée que ce qu’on a acquis – modes d’être, qualités, fonctions, rangs et statuts – ne l’a été qu’en se privant de tout ce qu’on aurait pu développer – mais ce leitmotiv, il le fera entendre en déclinant les thèmes les plus proches de l’expérience de chacun : l’amour, la liberté, le désenchantement, la jalousie, la solitude, la traîtrise, la banalité, la «démence ordinaire», le fanatisme, l’imaginaire… Les livres sur ces questions sortiront de l’ombre un penseur que l’on qualifiait jusque-là, de façon restrictive, de «spécialiste de Descartes», et, par suite, comme un historien de la philosophie.

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    «J’ai toujours eu le souci de n’en être pas un. Comme un musicien, j’ai fait mes gammes, mes exercices, tous les jours. L’histoire de la philosophie m’a servi à cela : j’ai entretenu mes dispositions, mais en même temps, je me suis appliqué à ne point le laisser paraître, à l’instar du danseur qui ne laisse pas voir le travail que ses arabesques ont nécessité. Comme professeur, je dirais aussi que, de même qu’il y a une sorte de bassesse à laisser le prix sur les choses que l’on offre, de même laisser soupçonner la peine qu’a exigée un cours serait une forme d’indélicatesse à l’égard de nos élèves. Quant à être « spécialiste de Descartes », cela me ferait plutôt rire. Car je n’ai pas travaillé Descartes plus que beaucoup d’autres philosophes, et je n’ai pas plus travaillé Descartes que je n’ai travaillé Malebranche, Kant, Hegel ou Bergson… Je me suis préparé toute ma vie à écrire un ouvrage sur Leibniz, mais la situation éditoriale en a toujours ajourné le projet, si bien que je ne le ferai jamais. L’occasion universitaire a fait que je me suis trouvé en charge de la chaire d’histoire de la philosophie moderne et du Centre d’études cartésiennes qui lui était afférent. Les quelques livres que j’ai publiés sur Descartes sont plutôt des recueils d’études, d’articles, de conférences. Descartes est peut-être l’auteur avec lequel j’ai le moins d’affinités.» – voilà !

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    Sans doute Grimaldi minimise-t-il son apport aux études cartésiennes. Mais il reconnaît une proximité «fraternelle» avec l’auteur du Traité des passions lorsqu’il le rapproche des moralistes du Grand Siècle, La Rochefoucauld ou La Bruyère, ou lorsqu’il souligne la fécondité de sa notion de générosité : «Elle traduit, me semble-t-il, une sorte de sentiment du « quant-à-soi », pris en un sens particulier : je ne vais pas me plaindre de ma situation comme si un autre en était responsable, non, c’est à moi seul qu’il appartient d’accomplir et réaliser tout ce qui me paraît le meilleur.»

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    «Le drame de la conscience»

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    Ce que Grimaldi voit dans l’idée de générosité chez Descartes est en fait le verso du problème que toute sa pensée a tenté d’éclairer : comment les hommes peuvent-ils réaliser ce qui leur paraît le meilleur, si leur situation est celle d’«égarés» ; s’ils sont toujours en attente de ce qui viendrait combler l’hiatus entre réalité et possibilités, et savent cette attente vaine ; si, sur les chemins tortueux de l’existence, ils trouvent embûches, mines, culs-de-sac ; si, libres, confrontés à une gamme illimitée de choix, ils avancent cahin-caha, et parfois échouent, entre dépendance et indépendance, espoir, illusion et désenchantement… Bergson disait que tout philosophe, au fond, n’a qu’une seule chose à dire, et la redit sans cesse. «Je ne sais pas si Bergson avait raison de penser cela. Mais ce qu’il a dit s’appliquerait de part en part à ma propre expérience : qu’y a-t-il que l’homme poursuive sans cesse et n’atteint jamais ? D’où vient qu’il manque à l’homme quelque chose qu’il ne parvient pas à déterminer, de sorte qu’il lui suffit de l’obtenir pour découvrir que ce n’était pas ce qu’il avait désiré ? Pascal dit : « Jamais personne, sans la foi, n’est arrivé à ce point où tous visent continuellement. Tous se plaignent… Nous ne nous tenons jamais au temps présent, tout nous déçoit toujours. » Inconstance, ennui, inquiétude, voilà la condition de l’homme. Toute mon entreprise est d’avoir tenté de rendre raison de l’anthropologie pascalienne, sans recourir à aucun des fantasmes de sa théologie, et sans Dieu, voilà.»

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    D’où viennent ce manque et cette inévitable déception ? D’abord de ce que Grimaldi nomme le «drame de la conscience». Avant même qu’on puisse prendre conscience de quoi que ce soit, il n’y a dans la conscience, si on peut dire, que «la pure attente de l’intuition à venir». L’attente est la «précondition» de la conscience, elle en est la matière première. Mais cela ne va pas sans créer quelques leurres, notamment celui de «vivre dans l’illusion que ce qui est important n’est pas encore commencé. On attend des temps nouveaux parce que le présent est insupportable», alors que «tout à l’inverse, c’est l’exaspération de notre attente qui rend insupportable le présent».

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    Puisqu’elle est attente avant d’être, la conscience se condamne à attendre ce qui n’est pas et à se morfondre dans ce qui est. On l’éprouve tout au long de la vie : on peut certes se réaliser tant bien que mal avec ce qu’on est et ce qu’on fait, mais, se dit-on, on va se réaliser pleinement quand viendra la prochaine chance, la prochaine opportunité, la fonction, la rencontre, la proposition, l’œuvre, l’occasion prochaines. «Quoi qu’un homme ait poursuivi et quoi qu’il ait attendu, rien ne le contente», puisqu’infinis sont les possibles ouverts à son attente. Alors de deux choses l’une : on n’attend plus rien de la vie, ce qui est une façon de la faire mourir, ou on «attend tout», ce qui exige la médiation de l’imaginaire. «Que concevons-nous ou qu’imaginons-nous qui ne laisse plus rien à attendre ? Ce ne peut être que l’infini (auquel on ne peut rien ajouter), l’éternité (par rapport à laquelle rien n’est à venir), la perfection, la plénitude ou la béatitude.» D’où le crédit donné aux fantasmes, à la tentation d’abandonner «la réalité de ce qu’on sent, pour la réalité qu’on joue», pour un théâtre dans lequel l’illusion du bonheur serait gommée par le bonheur de l’illusion.

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    «Si l’attente est l’étoffe de la conscience, l’imaginaire en est la fibre. Contrairement à ce que Sartre a prétendu, la perception et l’imagination, le réel et l’irréel ne sont pas deux mondes étanches, structurellement séparés. La figure emblématique de l’imaginaire, c’est l’hallucination, l’envoûtement, de sorte que, comme dans tout envoûtement, la conscience est capable de vivre l’irréel comme s’il était la suprême réalité, et le réel comme s’il était moins que rien. Et cela fait aussi bien la croyance, le fanatisme, les religions, etc. Et peut-être aussi la jalousie, presque entièrement fantasmatique.»

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    «Une sorte de générosité vitale»

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    L’énergie pétillante avec laquelle Grimadi s’exprime semble contraster le désabusement qui sourd de son propos. De fait, le philosophe n’est pas du tout un «Schopenhaueur d’aujourd’hui», pour qui «la vie oscille, comme un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l’ennui». Il échappe au pessimisme parce qu’il se veut un «penseur de la vie» – c’est même cela, dit-il, qui, «plus qu’une sorte de co-sanguinité morale, me rapproche de Bergson et de Jankélévitch». Or la vie est «élan». «J’ai mon identité hors de moi, je suis à moi-même mon propre manque parce que je suis vivant, au sens où le propre de la vie n’est pas d’ »être », mais de se propager, de se répandre par sa propre nature, et de s’éprouver d’autant plus qu’elle se diffuse, qu’elle se communique davantage. Aussi le « bien » n’est-il pas quelque chose d’extrinsèque, d’extérieur, que je m’efforce d’acquérir. Le véritable bien, le véritable bonheur, ce par quoi je me sens d’autant plus vivre, c’est au contraire de m’épancher, dans une sorte de générosité vitale.»

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    Mais qu’est-ce qui fait que ce déploiement vitaliste produise forcément le bien, et non une surpuissance dominante, «colonisatrice», destructrice ? «En tant qu’être vivant, tout ce que je suis, je l’ai reçu, et je l’ai reçu comme si la vie s’accomplissait à travers moi, comme si je n’étais qu’une médiation, un « moment » de la vie. C’est la vie qui se poursuit elle-même à travers moi, car évidemment, le propre de la vie est de s’enfermer toujours dans un individu, mais pour se perpétuer à travers lui. Et l’illusion inhérente à la vie c’est, pour chaque individu, de croire qu’il est le centre de la vie et de ramener tout à lui, au lieu que la vie ne tend qu’à rayonner à partir de lui. Pour éviter toute « volonté de puissance », il faut d’abord détruire cette illusion.» On pourrait dès lors penser qu’une position morale découle immédiatement du fait que chacun soit un «médiateur de la vie» et donc qu’autrui soit «toujours déjà là», avant moi.

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    Le travail et l’amour

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    «Psychologiquement, je m’éprouve d’abord dans la solitude, dans la séparation, dans l’abandon. Je suis tout seul dans mon lit et ne peux rien sans les autres, les autres ne sont pas d’abord ceux vers lesquels mon être va se diffuser, mais ceux dont j’attends toute chose. Ensuite, je pourrai leur « donner ma vie ». Or il ne s’agit pas seulement de la donner biologiquement, encore faut-il infuser, transfuser l’intensité de ce que je sens – en une expression – , afin que les autres fassent leur propre substance de la mienne. D’un point de vue moral, donner la vie, c’est plus facile à dire qu’à faire, car je veux bien donner de l’argent, je veux bien donner des leçons ou aider quelqu’un à accomplir sa tâche, mais comment puis-je donner ma vie sans imposer ma personne et, par là, imposer une contrainte, une sorte d’aliénation, auxquelles les autres ne sont pas prêts… Il me semble que nous n’avons que deux manières d’irradier notre vie sans imposer notre personne : c’est le travail et l’amour. Dans l’amour, je donne ma vie,mais sans ma personne, tandis que dans le travail, c’est par une sorte de dévotion anonyme, clandestine, secrète – si bien que je dirais que le travail est la forme la plus discrète et la plus délicate de l’amour.»

    …

    Voilà qui n’est pas simple. Comment donner et «se donner» ? Comment éviter de «se fondre» en l’autre ? «Il y a aussi cette forme que Descartes appelait l’amour de bénévolence ou l’amour de dévotion, par lequel je me voue à la perfection, à la réalisation de l’autre. Comment dirais-je ? Que la personne aimée soit comme une œuvre en état d’inachèvement. Un même violon, un même piano ne sonnent pas de la même façon selon le musicien qui en joue. Eh bien ce que j’ambitionnerais, ou ce que l’amour me fait ambitionner, c’est que la personne aimée puisse « sonner » d’une manière plus émouvante, plus personnelle, grâce à ma présence, à mon attention, à ma vigilance, que sans moi. J’ambitionnerais qu’elle n’eût pas pu être autant elle-même sans moi qu’avec moi.» Ceci vaut pour n’importe quel amour ? «Cela vaut même pour le travail du professeur, qui est de rendre la pensée aussi contagieuse – voilà – qu’une émotion ! Ce qui me semble le plus analogiquement proche de cet amour que j’évoque, c’est la complémentarité de deux solistes jouant une partition piano-violon, où chacun soutient le chant de l’autre, le porte, lui apporte un surcroît de couleur, de chair, de rythme, et par conséquent de vitalité.»

    …

    Je tiens aussi à signaler ici que Nicolas Grimaldi a donné une communication à la Société de Philosophie de Bordeaux le 4 février 1977, intitulée « Science et philosophie« …

    …

    …

    Milan Maksimovic, Nicolas Grimaldi,

    pour un éloge de l’élan vital fécond et généreux de la curiosité.

    …

    Ce vendredi 3 avril 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Simple actualisation du listing des podcasts et vidéos des entretiens de Francis Lippa avec de passionnants très divers auteurs-interlocuteurs, ce 26 mars 2026 : un riche catalogue d’entretiens enregistrés disponibles, pour des jubilations à partager, au présent dans la salle, ainsi qu’au loin, urbi et orbi, tel un très précieux legs à destination de tous et chacun d’un peu curieux de vraies valeurs de par le vaste monde un peu bienveillant…

    Dans le cadre des diverses salles (Salon Albert-Mollat, Salle du 91 rue Porte-Dijeaux, Studio Ausone, Station Ausone, ainsi que Théâtre du Port-de-la-Lune, à Bordeaux) organisées à cet effet par la Librairie Mollat, à Bordeaux,

    voici un listing actualisé, ce jeudi 26 mars 2026, des 47 enregistrements disponibles de mes entretiens enregistrés avec divers auteurs -interlocuteurs passionnants, la plupart d’entre eux sur mon initiative, et quelques uns dans le cadre aussi des saisons de la Société de Philosophie de Bordeaux, dont je suis vice-président :

    …

    1)  Yves Michaud, philosophe, Qu’est-ce que le mérite ? (52′) le 13 octobre 2009 : un podcast.

    2)  Jean-Paul Michel, poète et éditeur, Je ne voudrais rien qui mente dans un livre (62′), le 15 juin 2010 : un podcast.

    3)  Mathias Enard, écrivain, Parle-leur de rois, de batailles et d’éléphants (57′), le 8 septembre 2010 : un podcast.

    4)  Emmanuelle Picard, historienne, La Fabrique scolaire de l’histoire (61′), le 25 mars 2010 : un podcast.

    5)  Fabienne Brugère, philosophe, Philosophie de l’art (45′), le 23 novembre 2010 : un podcast.

    6)  Baldine Saint-Girons, philosophe, Le Pouvoir esthétique (64′), le 25 janvier 2011 : un podcast.

    7)  Jean Clair, conservateur du patrimoine et écrivain, membre de l’Académie française, Dialogue avec les morts & L’Hiver de la culture (57′), le 20 mai 2011 : un podcast.

    8)  Danièle Sallenave, écrivain, membre de l’Académie française, La Vie éclaircie _ Réponses à Madeleine Gobeil (55′) le 23 mai 2011 : un podcast.

    9)  Marie-José Mondzain, philosophe, Images (à suivre) _ de la poursuite au cinéma et ailleurs (60′), le 16 mai 2012 : un podcast.

    10) François Azouvi, historien, Le Mythe du grand silence (64′), le 20 novembre 2012 : un podcast.

    11) Denis Kambouchner, philosophe, L’École, question philosophique (58′), le 18 septembre 2013 : un podcast.

    12) Isabelle Rozenbaum, photographe, Les Corps culinaires (54′), le 3 décembre 2013 : un podcast.

    13) Julien Hervier, écrivain biographe, Ernst Jünger _ dans les tempêtes du siècle (58′), le 30 janvier 2014 : un podcast.

    14) Bernard Plossu, photographe, L’Abstraction invisible (54′), le 31 janvier 2014 : un podcast.

    15) Régine Robin, philosophe, Le Mal de Paris (50′), le 10 mars 2014 : un podcast.

    16) François Jullien, philosophe, Vivre de paysage _ ou l’impensé de la raison (68′), le 18 mars 2014 : un podcast.

    17) Jean-André Pommiès, historien, Le Corps-franc Pommiès _ une armée dans la Résistance (45′), le 14 janvier 2015

    18) François Broche, historien, Dictionnaire de la collaboration _ collaborations, compromissions, contradictions (58′), le 15 janvier 2015 : un podcast.

    19) Corine Pelluchon, philosophe, Les Nourritures _ philosophie du corps politique (71′), le 18 mars 2015 : un podcast.

    20) Catherine Coquio, écrivain, La Littérature en suspens _ les écritures de la Shoah : le témoignage et les œuvres & Le Mal de vérité, ou l’utopie de la mémoire (67′), le 9 septembre 2015 : un podcast.

    21) Frédéric Joly, essayiste, Robert Musil _ tout réinventer (58′), le 6 octobre 2015 : un podcast.

    22) Ferrante Ferranti, photographe, Méditerranées & Itinerrances (65′), le 12 octobre 2015 : un podcast.

    23) Bénédicte Vergez-Chaignon, historienne, Les Secrets de Vichy (59′), le 13 octobre 2015 : un podcast.

    24) Frédéric Martin, éditeur, Vie ? ou Théâtre ? de Charlotte Salomon (61’), le 25 novembre 2015 : un podcast.

    25) Marcel Pérès, musicien, Les Muses en dialogue _ hommage à Jacques Merlet (64’), le 12 décembre 2015 : un podcast.

    26) Yves Michaud, philosophe, Contre la bienveillance (64′), le 7 juin 2016 : un podcast.

    27) Karol Beffa, compositeur, et Francis Wolff, philosophe, Comment parler de musique ? & Pourquoi la musique ? (32′), le 11 octobre 2016 : un podcast.

    28) Etienne Bimbenet, philosophe, L’Invention du réalisme (65′), le 6 décembre 2016 : un podcast.

    29) Olivier Wieviorka, historien, Une Histoire des Résistances en Europe occidentale 1940-1945 (54′), le 8 mars 2017 : un podcast.

    30) Michel Deguy, philosophe, poète et écrivain, La Vie subite _ Poèmes, biographies, théorèmes (75′), le 9 mars 2017 : un podcast.

    31) Frédéric Gros, philosophe et écrivain, Possédées (58′), le 6 avril 2017 : un podcast.

    32) Sébastien Durand, historien, Les Vins de Bordeaux à l’épreuve de la seconde guerre mondiale (55′), le 6 juin 2017 – non diffusable publiquement, hélas, pour des raisons techniques : l’entretien est passionnant ! À défaut, lire le livre : « Les Vins de Bordeaux à l’épreuve de la Seconde Guerre mondiale : 1938-1950, une filière et une société face à la guerre, l’Occupation et l’épuration« , paru aux Éditions Memoring…

    33) François Jullien, philosophe, Dé-coïncidence (61′), le 17 octobre 2017 : un podcast.

    34) René de Ceccatty, écrivain et biographe, Enfance, dernier chapitre (52′) & La Divine comédie (30′), de Dante (traduction en vers et en français de René de Ceccatty), le 27 octobre 2017 : un podcast.

    35) Marie-José Mondzain, philosophe, Confiscation _ des mots, des images et du temps (65′), le 7 novembre 2017, au Théâtre du Port-de-la-Lune : un podcast et une vidéo

    .36) Pascal Chabot, philosophe, L’homme qui voulait acheter le langage (49′), le 20 septembre 2018 : un podcast.

    37) Nathalie Castagné, traductrice / Goliarda Sapienza, écrivain : Carnets (49′), le 29 avril 2019 : un podcast.

    38) Jean-Paul Michel, poète et éditeur : Défends-toi, Beauté violente ! & Jean-Paul Michel « La surprise de ce qui est«  & Correspondance 1981-2017 avec Pierre Bergounioux  (82′), le 3 mai 2019 : : un podcast et une vidéo

    39) Hélène Cixous, écrivain : 1938, nuits (62′), le 23 mai 2019 : un podcast et une vidéo

    40) Denis Kambouchner, philosophe : Quelque chose dans la tête & Vous avez dit transmettre (62′), le 26 novembre 2019 : un podcast.

    41) Karol Beffa, compositeur : L’Autre XXe siècle musical (53′), le 25 mars 2022 : un podcast et une vidéo 

    42) René de Ceccatty écrivain et biographe : Le Soldat indien (9′), le 4 novembre 2022 : un podcast et une vidéo

    43) Pascal Chabot, philosophe : Avoir le temps : Essai de chronosophie ainsi que Après le progrès & Les sept stades de la philosophie & Global burn-out & L’Âge des transitions & Exister, résister _ ce qui dépend de nous & Traité des libres qualités (64′), le 22 novembre 2022 : un podcast et une vidéo

    44) François Noudelmann, philosophe : Les Enfants de Cadillac ainsi que Le Toucher des philosophes : Sartre, Nietzsche, Barthes au piano & Les Airs de famille. Une philosophie des affinités & Le Génie du mensonge _ les plus grands philosophes sont-ils de sublimes menteurs ?  & Penser avec les oreilles & Un tout autre Sartre (61′), le 9 janvier 2024 : un podcast et une vidéo.

    45) Bernard Sève, philosophe : Les Matériaux de l’art (60′), le 14 janvier 2025 : un podcast et une vidéo.

    46) Manuel Cornejo, musicologue : Maurice Ravel : Correspondance, écrits et entretiens (73′), le 17 avril 2025 : un podcast et une vidéo.

    47) Thibaut Sallenave, philosophe : Peut-on vraiment passer à côté de sa vie ? De la quête de sens au supplément d’être (59′ 20), le 24 mars 2026 : un podcast et une vidéo.

    …

    Et aussi, à la Cité du Vin, à Bordeaux :

    Nicolas Joly, viticulteur – le vigneron prodigieux du prestigieux vignoble de La Coulée de Serrant, en Anjou… – , et Gilles Berdin, éditeur : La Biodynamie (94′), le 17 janvier 2017  : une vidéo.

    Stéphane Guégan, conservateur du patrimoine, à propos de la très réussie exposition à la Cité du Vin Bistrot ! De Baudelaire à Picasso (96′), le 28 mars 2017 : une vidéo.

    …

    En forme d’œuvre un peu atypique de ma modeste part de lecteur-admirateur un peu attentif – j’aime passionnément l’interlocution très soigneusement préparée par des lectures successives, en même temps qu’entièrement improvisée, l’instant-t, Kairos aidant, au fil des écoutes hyper-attentives mutuelles réciproques, hyper-empathiques, en un échange oral le plus possible enthousiasmant, pour la qualité de la réception présente et à venir, urbi et orbi !.. – ,

    dont je suis fier…

    …

    Pour une jubilation à partager très loin,

    …

    À suivre !..

    …

    Ce jeudi 26 mars 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La merveille des bouteilles lancées à la mer et rencontrant un de leurs destinataires inconnus : à propos d’Edmond Gaudin (1844 – 1920) et une trace de sa présence à Santoña en 1891. Un passionnant et très prometteur échange de courriels avec l’historien Luis Javier Escudero…

    Voici un très intéressant échange de courriels concernant le luzien Edmond Gaudin (Saint-Jean-de-Luz, 17 novembre 1844 – Saint-Jean-de-Luz, 28 décembre 1920), qul semble avoir eu des activités industrielles, de salaisons de poissons – des anchois ? – , à Santoña, en 1891, que je viens d’avoir avec l’historien Luis Javier Escudero, auteur notamment de l’ »Historia de los Salazoneros italianos de Cantabria« , parue à l’édition Universidad de Cantabria, le 1er Octobre 2013…

    …

    Après quelques recherches, j’ai aussi trouvé ceci, extrait du « Los primeros fabricantes de la industrialisas conservera en Santoña« , publié par Luis Javier Escudero en janvier 2004 :

    « L’año 1891, de la localidad gala de San Juan de Luz, aterriza en Santoña el industrial Edmundo Gauden – sic – que decide establecerse en la villa, realizando para ello un contrato de arriendo de un local en la Calle Gonzalez Ahedo esquina Juan José Ruano a la sociedad Amorisa y Compania. En este loval y en otro de la Calle Ortiz Otanez se repartio la vida laboral de este industrial hasta su despedida en 1925 » : voilà, voilà…

    …

    Mais voici pour commencer le courriel initial, reçu de Luis Javier Escudero, samedi 7 mars, à 18h 13 :

    …

    Sujet
    EDMOND GAUDIN
    Message
    Bonjour.

    Je m’appelle Javier Escudero. Je suis historien et je me consacre à l’étude de l’industrie de la pêche et de la conserve dans le nord de l’Espagne. Je vous écris car j’ai vu que vous possédez des informations sur M. Edmond Gaudin, probablement né au milieu du XIXe siècle et qui a travaillé dans l’industrie du sel – des conserves de salaisons de poissons – dans plusieurs ports de la côte cantabrique. J’ignore s’il possédait une conserverie de poisson dans sa ville natale. Ici, il dirigeait une importante entreprise italienne (Domenico Pelazza). Je souhaiterais savoir si vous disposez d’informations concernant M. Gaudin.

    Je vous remercie par avance de votre attention.

    Cordialement, Javier Escudero

    …

    Et voici mon courriel de réponse, envoyé avant-hier samedi à 20h 31:

    …

    Merci, Monsieur,

    de votre message me demandant des précisions sur le luzien Edmond Gaudin – Saint-Jean-de-Luz, 17 novembre 1844 – Saint-Jean-de-Luz, 28 décembre 1920 – , présent à Santoña depuis 1891, et l’entreprise quittant Santoña en 1925, soit 5 ans après le décès d’Edmond Gaudin), m’apprenez-vous…
    …
     C’est dans le cadre de mes recherches sur la parenté basque de Maurice Ravel (1875 – 1937), fils de la cibourienne Marie Delouart (1840 – 1917) – cf mon livre avec Guy Lalanne « Sur les pas de la parenté basque de Maurice Ravel – à Ciboure et Saint-Jean-de-Luz » publié par Jakintza à Ciboure le 2 novembre 2025 – que je me suis intéressé à la famille Gaudin-Bibal au domicile desquels Maurice Ravel a fréquemment séjourné à Saint-Jean-de-Luz, et cela depuis son enfance et adolescence :  sa grand-tante Gachucha Billac (Ciboure, 2 juin 1819 – Saint-Jean-de-Luz, 17 décembre 1902) faisait en effet fonction de gouvernante des 7 enfants Gaudin…
     
    Maurice Ravel était d’ailleurs aussi cousin avec Magdeleine Hiriart (Saint-Jean-de-Luz, 10 mars 1875 – Saint-Jean-de-Luz, 19 juin 1968), l’épouse – à Saint-Jean-de-Luz le 28 septembre 1901 – du fils ainé d’Edmond Gaudin et son épouse Annette Bibal : Charles Gaudin (Saint-Jean-de-Luz, 19 novembre 1875 – Bimbo, 13 septembre 1910). 
    …
    Notre très riche  « Sur les pas de la parenté basque de Maurice Ravel – à Ciboure et Saint-Jean-de-Luz » est disponible à l’Association Jakintza, 27 Quai Ravel, 64500 Ciboure : située dans la demeure même où est né le 7 mars 1875 Maurice Ravel ! Guy Lalanne, le co-auteur de ce livre, en est le président.
    …
    J’ignorais jusqu’ici ce que vous m’apprenez des entreprises de salaisons à Santoña du mariner luzien Edmond Gaudin…
    Et ce que viens de découvrir ensuite dans votre « Los Primeros fabricantes de la industria conservera en Santona » concernant l’installation en 1891 d’une entreprise d’Edmond Gaudin au coin des rues Gonzalez Ahedo et Juan José Ranco… 
     
    Je connaissais seulement l’association entreprenariale de son fils Pascal Gaudin (Saint-Jean-de-Luz, 31 janvier 1883 – Oulches-Hurtebise, 12 novembre 1914) avec Pascal Elissalt (Saint-Jean-de-Luz, 19 juillet 1878 – Ciboure, 14 janvier 1941), dans l’île des Récollets, à Ciboure ; et le Quai s’appelle désormais Quai Pascal Elissalt… ;
    cf sur cela l’article de mon blog encherchantbien.fr en date du 21 avril 2022 :
     
    Article que voici :
    …
    …
    En poursuivant les recherches sur les Bibal-Gaudin à Ciboure et Saint-Jean-de-Luz entre 1900 et 1914 : l’association entreprenariale à Ciboure entre Pascal Gaudin et Pascal Elissalt…
    …

    …

    Suite à ma conversation téléphonique de jeudi 14 avril dernier (cf mon article en suivant du lendemain 15 : « « ),

    …

    et suite à un premier résultat concernant le lieu et la date du décès du peintre luzien Pascal Bibal, indiqué en mon article du mardi 19 : « « ,

    …

    voici, et toujours dans l’élan fécond de cette même conversation téléphonique du jeudi 14 avril, voici, donc maintenant, ce jeudi 21 avril, quelques nouveaux résultats de ces mêmes recherches, concernant cette fois les entreprises, sur le territoire de la commune de Ciboure, au début du XXe siècle, de Pascal Gaudin et Pascal Elissalt ;

    …

    ainsi que quelques précisions concernant la proximité _ et les apparentements, même, ayant existé… _entre Pascal Gaudin (Saint-Jean-de-Luz, 31 mars 1883 – Oulches-Hurtebise, sur le Chemin des Dames, 12 novembre 1914) et Pascal Elissalt (Saint-Jean-de-Luz, 19 juillet 1878 – Ciboure, 14 janvier 1941),

    …

    tels que transmis à mes correspondants présents de la famille Gaudin-Courteault :

    …

    Chers amis,

    À la recherche de plus d’informations sur la participation de membres de la famille Bibal (et Gaudin) à diverses entreprises à Ciboure, d’une part, de conservation de poissons, d’autre part de chantiers navals, en association, d’une part, avec un Letamendia (dont j’ignore pour le moment le prénom), et, d’autre part, avec Pascal Elissalt, je me suis plongé dans les 240 pages du remarquable et très détaillé « Ciboure – Ziburu 400 ans d’histoire » de Guy Lalanne, édité par Jakintza en 2016.

    Si je n’y ai hélas rien trouvé sur l’histoire – importante ; et encore aujourd’hui de pleine actualité ! – des divers chantiers navals de Ciboure – ce qui est tout de même assez étonnant ! – , en revanche, s’y trouvent de fort intéressants chapitres, d’une part, sur l’histoire de l’île des Récollets (aux pages 96 à 103), et, d’autre part, sur l’histoire des usines de conservation de poissons de Ciboure (aux pages 188 à 193).
    C’est à la page page 103 que le nom de Pascal Elissalt apparaît dans le chapitre consacré à l’île des Récollets, quand, « le 27 septembre 1907, – les frères – Pascal et Jean-Pierre Elissalt, négociants et armateurs luziens, achetèrent – à un certain Paulin Maya, d’Auch – les immeubles, dont la chapelle – de l’île des Récollets – , à usage d’usine de salaisons. » Les propriétaires privés précédents avaient été les entrepreneurs Noubel et de Laussen ; puis, en 1873, Léopold Dupuy ; en 1881, l’architecte Philippe Seron ; puis, Ernest Castro ; puis, Joseph Miura, d’Ainhoa ; puis, en 1900, Jeanne-Cécile Latge, épouse d’Antonin Peigne, négociant toulousain, « qui transforma les bâtiments en une modeste usine de salaisons. Ce fut la première usine de Ciboure » ; et « en 1905, nouvelle vente à Paulin Maya, d’Auch » ; et enfin les frères – Pascal et Jean-Pierre – Elissalt, le 27 septembre 1907.
    …
    Le nom d’un Bibal – pas plus que d’un Gaudin – n’est ici mentionné
    …
    Pas davantage, non plus, dans le chapitre consacré aux « Usines de conserves au quartier Zubiburu », qui  débute ainsi, à la page 188 :
    « A proximité du site des Récollets existaient au tout début du XXe siècle les ateliers de salaisons Dumas, Caloni et Letamendia – pas de mention ici non plus du nom d’un associé Bibal, ni Gaudin… – sur des terrains remblayés gagnés sur les marécages de la Nivelle, au pied du talus de la voie ferrée, mais côté sud. La première usine de conserves à l’huile en boîtes métalliques fut construite à partir de 1913 par les frères Chancerelle, Bretons de Douardenez, sur les terrains Dumas qui accueillirent peu à peu toute l’activité industrielle de Ciboure liée à la pêche. Les usines de conserves de Ciboure (Chancerelle, Elissalt, Consathoma, Soubelet, Laffitau, Pêcheries de Gascogne, Etablissements Maritimes Basques à Socoa) employèrent près de six cent personnes ».
    …
    Et un peu plus bas :
    « Avant la construction des immeubles de Zubiburu en 2007, le quartier était occupé par plusieurs usines de conserves de poisson. Celles-ci s’étendaient de part et d’autre de l’avenue Bourousse :
    . à gauche et le long du chemin de fer, on pouvait distinguer les établissements Laffitau, Canet, Chancerelle et Consathoma (conserves de sardines, thon, maquereau)
    . à droite de l’avenue Bourousse, l’usine Pascal Elissalt, « Conserverie moderne » ».
    …
    Voilà pour le moment.
    …
    Et je poursuis mes recherches ;
    et demeure bien sûr à votre disposition pour toutes nouvelles précisions et questions…
    Bien à vous, chers amis,
    Francis Lippa, à Bordeaux
    …
    P. s. :
    je viens de découvrir aussi ce jour un lien de parenté entre ceux qui ont été associés, Pascal Elissalt (Saint-Jean-de-Luz, 19 juillet 1878 – Ciboure, 14 janvier 1941) et Pascal Gaudin (Saint-Jean-de-Luz, 31 janvier 1883 – Oulches-Hurtebise, 12 novembre 1914) :
    …
    côté Elissalt, par la tante Marie Harispe (1838-1916) – Marie Harispe (St-Jean-de-Luz, 15 avril 1838 – St-Jean-de-Luz, 25 décembre 1916) épouse de Jean Elissalt (St-Jean-de-Luz, 21 juillet 1826 – St-Jean-de-Luz, 29 septembre 1900), le frère de son père Pierre Elissalt (Saint-Jean-de-Luz, 14 avril 1837 – 25 décembre 1923) – de Pascal Elissalt (St-Jean-de-Luz, 19 juillet 1878 – Ciboure, 14 janvier 1941) ;
    …
    côté Gaudin, par la belle-sœur Magdeleine Hiriart (1875-1968) – Magdeleine Hiriart (St-Jean-de-Luz, 11 mars 1875 – St-Jean-de-Luz, 19 juin 1968), l’épouse de son frère Charles Gaudin (St-Jean-de-Luz, 19 novembre 1875 – Bimbo, 13 septembre 1910) –  de Pascal Gaudin (St-Jean-de-Luz, 31 mars 1883 – Oulches-Hurtebise, 12 novembre 1914).
    …
    Je remarque aussi que Pascal Elissalt et Pierre Gaudin (St-Jean-de-Luz, 7 février 1878 – Oulches-Hurtebise, 12 novembre 1914), tous deux nés à Saint-Jean-de-Luz l’année 1878, ont très probablement été condisciples à l’école… 
    …
    L’arrière-grand-père de Magdeleine Hiriart (St-Jean-de-Luz, 11 mars 1875 – St-Jean-de-Luz, 19 juin 1968) – l’épouse de Charles Gaudin et belle-sœur de Pierre et Pascal Gaudin – ,
    est en effet – via la mère, Marie Dimatz, (St-Jean-de-Luz, 28 octobre 1844 – St-Jean-de-Luz, 9 juillet 1932) et la grand-mère, Magdeleine Harispe (St-Jean-de-Luz, 10 mars 1802 – St-Jean-de-Luz, 1er mars 1883), de cette Magdeleine Hiriart – Pierre Harispe (St-Jean, 17 août 1755 – St-Jean, 11 octobre 1821).
    …
    Lequel Pierre Harispe (1755-1821) se trouve être aussi l’arrière-grand-oncle de Pascal Elissalt – via sa tante –  l’épouse de son oncle Jean Elissalt (1826-1900) – Marie Harispe (St-Jean-de-Luz, 15 avril 1828 – St-Jean-de-Luz, 25 décembre 1916), et son grand oncle Augier Harispe (St-Jean-de-Luz, 28 août 1787 – St-Jean-de-Luz, 9 février 1870),  qui est lui-même (1787-1870) fils de Pierre Harispe (1755-1821) et frère de Magdeleine Harispe (1802-1883)
    …
    L’association entreprenariale, à Ciboure, de Pascal Gaudin et Pascal Elissalt repose ainsi sur une proximité certaine – et un apparentement effectif – des familles luziennes Elissalt et Gaudin
    …
    Et sur ces liens ayant existé entre les Bibal-Gaudin et les Elissalt, je renvoie aussi aux détails de mon article du 18 août 2019 : 

    …

    Ce jeudi 21 avril 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    Fin ici de mon article en date du 21 avril 2022…
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    En conséquence de quoi, cher Monsieur,
    je serai ravi de pouvoir vous rendre le moindre service sur la connaissance des Gaudin de Saint-Jean-de-Luz…
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    C’est grâce à de telles, au départ improbables, connexions de curiosités de chercheurs que parfois – via Internet – la connaissance progresse… 

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    Ce dimanche 8 mars 2026, Titus Curiosus- Francis Lippa

  • En parcourant très attentivement par la lecture les 9 livres jusqu’ici publiés de Jean-Marie Planes concernant son Bordeaux et son Sud-Ouest, c’est une œuvre qui a précisément pour sujet et pour cœur brûlant la ville de Bordeaux (et le Sud-Ouest limitrophe), consubstantiellement liés à la vie si sensuellement sensible, en son écriture, de son auteur, qui se découvre et nous atteint, à la lecture, au plus proche et délicatement intense de nous…

    En parcourant très attentivement par la lecture soigneuse, attentive aux moindres détails – assez souvent à décrypter… – les 9 livres jusqu’ici publiés de Jean-Marie Planes qui concernent – et émanent, à vif, de – son Bordeaux et son Sud-Oest – « Le Jardin public« , en 1994 (Confluences) ; « Une Ville bâtie en l’air« , en 1996 (Confluences) ; « Les Quinconces« , en 1999 (Confluences) ; « Tsanga, tsanga, fragments malgaches« , en 1999 (Mollat) ; « Une Chanson qui nous ressemble« , en 2001 (Confluences) ; « Reste avec nous car le soir tombe« , en 2004 (Mollat) ; « Le Chemin de Macau« , en 2017 (Arléa) ; « Une Vie de soleil« , en 2019 (Arléa) ; « En visitant les musées de Bordeaux« , en 2021 (Confluences)…  ; et restent à publier d’autres recueils de ses très nombreux articles, par exemple de critique littéraire, pour le journal Sud-Ouest – ,

    c’est une œuvre qui a précisément pour sujet et pour cœur brûlant la ville de Bordeaux (et le Sud-Ouest limitrophe), consubstantiellement liés à la vie – ressentie ainsi que remémorée : mais pourquoi donc écrire, sinon pour apprendre à être d’abord tellement mieux à soi, face à l »écoulement des jours qui filent, passent et fuient… – si sensuellement sensible, en son écriture, de son auteur, qui se découvre et nous atteint, à la lecture, au plus proche et délicatement intense de nous..

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    Et cela, dans un style, assez à la Chardonne, où règne une immense pudeur de fond de maintien, au final contrôlée ; en particulier concernant les personnes de son privé, le plus souvent, sinon toujours, minimalement indiquées, au très furtif passage, par une simple initiale – pas davantage – de prénom…

    Mais c’est l’enchantement profus et généreux, via le filtre-tamis des mots, du ressenti des impressions si nuancées et si délicates – sans la si petite que ce soit ombre-tache de mauvais goût de préciosité, ni encore moins le moindre soupçon d’exhibitionnisme : pouah ! – de l’auteur, ainsi qu’un art impressionniste parfait des touches fines de la palette raffinée et pourtant sobre – le mot précis toujours juste faisant instantanément et en finesse, j’y insiste, mouche en son phrasé svelte, vibrant et cursif… – de ses descriptions cursives – tout va toujours très vite, et file : à la Morand ; mais lui avait le cœur sec, et je remarque au passage que Jean-Marie Planes ne manquait jamais de le relever chaque fois qu’il évoque Morand… – de lieux et de paysages, qui  règne en l’écriture somptueuse – à la fois sobrement retenue et délicieusement épanchée : un oxymore réussi, qu’il s’autorise en s’y livrant à son écritoire… – de Jean-Marie Planes, pour enchanter, avec humilité et simplicité tempérée – c’est bien sûr là un très heureux effet du bienvenu climat dont nous jouissons à Bordeaux… – , la lecture à laquelle nous sommes ainsi, du coin de notre œil de lisant – et comme par-dessus l’épaule de l’écrivant à l’œuvre, juste en train, lui, à l’instant même, tout frais, de l’effectuer à sa plume sur le papier… – , autorisés à nous pencher, en lisant ce qu’il vient, consentant à peine, mais tout de même se livrant ainsi en ce filtre propice et incitateur de la joie de l’écriture, de nous laisser un peu regarder – et ainsi l’accompagner un peu aussi, lui, de notre complicité approbatrice de simple lecteur à distance, en temps en en lieu, de ce qu’il nous laisse, et a laissé, désormais, qu’il n’est plus là… – , au fil de la souplesse toute d’élégance foncière de la course respirante et maintenant, désormais, respirée, de ses phrases qui s’écrivaient alors, en son présent de vivant et écrivant – l’un après l’autre – à vif…

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    Beaucoup, beaucoup, nous est ainsi donné-laissé à recueillir, à notre tour de simple lecteur un peu attentif, en cette distance de délicatesse si magnifiquement retenue et millimétrée, en sa pudeur, d’épanchements, de sa délicieuse sprezzatura à l’écritoire, de Jean-Marie Planes – sur cette sprezzatura, lire l’indémodé et admirable « Livre du Courtisan«  de Baldassare Castiglione (1478 – 1529)…

    Le style, fluidissime, étant au service de l’extraordinaire précision – parfois pudiquement floutee… – , du rendu, par l’expression ainsi maîtrisée de l’écriture, du vécu même, fulgurant et à vif – jouissant et souffrant, brûlant même parfois, à l’occasion, tout à la fois tout cela, oxymoriquement, quasi en permanence… – , de l’auteur qui nous a quittés il y a maintenant un an, le 16 janvier 2025…

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    Ce lundi 19 janvier 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa