Étiquette : Anna-Magdalena Bach

  • Quand le génie de Bach se niche aussi ailleurs que dans ses œuvres magistrales universellement admirées, dans ses œuvres didactiques improvisées pour l’apprentissage de ses élèves, dès les années 1720 : l’éclairage simplement éblouissant de Pierre Hantaï en les 43 brèves pièces de son racinaire et fondamental, de fond, CD « Maître Bach », sur le génie de compositeur de Bach, saisi ainsi en sa fabrique basique…

    Quand le génie de Johann Sebastian Bach se niche aussi ailleurs que dans ses œuvres magistrales universellement admirées, dans ses « petites » œuvres didactiques improvisées pour l’apprentissage de ses élèves, dès les années 1720 : c’est là l’éclairage tout simplement éblouissant de Pierre Hantaï en les 43 brèves pièces de son merveilleux CD Mirare MIR 808 « Maître Bach » – enregistré à Poigny-la-Forêt du 10 au 13 juin 2025…

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    En forme de suite un peu élaborée et un peu détaillée à mon article d’hier 2 octobre « Le sublime « Maître Bach » de Pierre Hantaï en ligne directe avec l’essentiel de l’atelier à la fois de composition et d’enseignement de Johann Sebastian Bach : un choix-florilège magistral de 43 brèves pièces à destination première de ses élèves-apprentis, par un plus que jamais justissime et inspiré Pierre Hantaï, en état de grâce…« …

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    Inlassable bourreau de travail, Johann Sebastian Bach (Eisenach, 21 mars 1785, Leipzig, 28 juillet 1750) a assez peu daigné publier d’œuvres siennes de son vivant : l’opus 1 de Bach est en effet, en 1726, la – sublimissime – « Première Partita« …

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    Mais, à destination de ses nombreux élèves, au premier chef desquels ses fils, et tout d’abord Wilhelm Friedemann Bach (Weimar, 22 octobre 1710 – Berlin, 1er juillet 1784), il compose sans relâche, et au fil des besoins de ses élèves singuliers, de très nombreuses pièces didactiques : par exemple le « Clavier-Büchlein for Wilhelm Friedemann Bach » commencé le 22 janvier 1720 ; le recueil des « Inventions & Sinfonias » de 1723 ; les « Petits Livres d’Anna Magdalena Bach » (née Anna Magdalena Wilcke : Zeitz, 22 septembre 1701 – Leipzig, 27 février 1760 ; seconde épouse du maître, celle-ci a épousé Johann Sebastian Bach à Köthen le 3 décembre 1721), commencés en 1722 et 1725 ; le « Clavier bien tempéré » commencé lui aussi en 1722 ; ou encore les divers « Petits Préludes et fugues » qui nous sont parvenus par de simples copies manuscrites et tardives de quelques uns de ses derniers élèves, dont Johann Christian Kittel (Erfurt, 18 février 1732 – Erfurt, 17 avril 1809) et Johann Peter Kellner (Gräfenroda, 28 septembre 1705 – Gräfenroda, 19 avril 1772)… 

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    C’est dans ce richissime et simplissime vivier-là – ainsi que le précise la remarquable présentation de Dennis Collins aux pages 4 à 7 du livret du CD – qu’est allé puiser pour composer merveilleusement le programme (de 43 pièces) de son éblouissant CD « Maître Bach« , l’admirable génie de Pierre Hantaï – qui n’est pas un fanatique de l’interprétation, ni au concert, ni au disque, d’œuvres intégrales des compositeurs : il leur préfère mille fois sa sélection personnelle de pièces de son choix, et présentées dans le CD dans l’ordre qui lui convient…

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    Le florilège qui en ressort est une splendeur musicale,

    et constitue une nouvelle preuve que le génie de Bach est dans la moindre de ses très brèves pièces, même fonctionnellement simplement didactiques…

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    Un autre chef d’œuvre de Bach, ainsi, racinaire, basique, fondamental et de fond, de son œuvre tout entier,

    et devant lequel s’incliner bien bas, dans l’enthousiasme absolu et enchanteur de l’écoute ainsi offerte à nous par ce disque fondamental, lui aussi, de Pierre Hantaï, si l’on veut…

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    Ce samedi 3 octobre 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Une entrée magique et délicieuse dans la Hausmusik de la famille Bach à Leipzig : le merveilleux parfait volume 10 du « Johann Sebastian Bach – The Complete Works for Keyboard » (en 3 CDs) du magicien Benjamin Alard, avec, en Anna Magdalena Bach, la bouleversante de simplissime fraîcheur Gerlinde Sämann, soprano : le bonheur pur du quotidien familial des jours musicaux des Bach en leur domicile de Leipzig…

    C’est bien une magique et délicieuse entrée dans la très intime Hausmusik de la famille Bach à Leipzig – de 1725 à 1745 environ… – que nous offre le merveilleux volume 10 du « Johann Sebastian Bach – The Complete Works for Keyboard » (en 3 CDs HMM 902495.97) du magicien Benjamin Alard – cf mon article du 14 octobre 2024 : « Le fabuleux concert Bach (BWV 593, 528, 530 et 564) de l’exceptionnel Benjamin Alard à l’orgue Dominique Thomas de l’église Saint-Vincent de Ciboure le dimanche 6 octobre dernier… » … – , avec, en justissime incarnation d’Anna Magdalena Bach chanteuse, la magnifique, bouleversante en son absolue simplicité-pureté d’incarnation, Gerlinde Sämann, soprano – et en consultant la notice Wikipedia la concernant  (je ne la connaissais pas jusqu’ici), je découvre, tout à la fin, cet ultime détail : que Gerlinde Sämann, née en 1969 à Nuremberg, est aveugle…

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    Le premier de ces 3 CDs est consacré aux Sonates en trio BWV 525 – 530,

    interprétées ici pour moitié sur un clavecin Philippe Humeau (Barbaste, 1993) d’après un Carl Conrad Fleischer (Hambourg, 1720), avec un pédalier de Quentin Blumenroeder (Haguenau, 2021), et pour moitié sur des clavicordes assemblés par Emile Jobin (Boissy-l’Aillerie, 2018) d’après un Christien Gottfried Friederici (Gera, 1773), et Jean Tournay (Noville-les-Bois, 1996) d’après un David Tannenberg (Lititz, fin du 18e siècle), avec un pédalier de Quentin Blumenroeder (Haguenau, 2021) :

    le clavicorde, tout de délicatesse et de limitée amplitude sonore – et de petite taille – , étant l’instrument par excellence du travail à domicile et pour soi, pas pour le concert, du claviériste

    – et je garde un souvenir très ému de Pierre Hantaï jouant (merveilleusement !) de son doux clavicorde, dans le large couloir de l’abbaye, à la porte de la cellule, à l’étage, où chacun de nous résidions, en le monastère de Saint-Michel-en-Thiérache, au mois d’août 1995, pour les séances d’enregistrement du CD « Un Portrait musical de Jean de La Fontaine » de La Simphonie du Marais, pour EMI ; et que je tournais, en bas dans l’abbatiale où avait lieu l’enregistrement, les pages de la partition d’Elisabeth Joyé : Pierre veillant ainsi sur le sommeil et les réveils et les biberons de leur bébé ; c’était magique…

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    Et les deux autres CDs de cette intime Hausmusik de la maison Bach à Leipzig, sont consacrés à une merveilleuse et confondante de simplicité – comme vraiment jamais jusqu’ici ! – interprétation du « Notenbüchlein für Anna Magdalena Bach« , par Benjamin Alard sur un clavicorde de Johann Adolf Haas (Hambourg, 1763), de la collection du musée instrumental de Provins, avec la voix pleine de charme quasi rustique de Gerlinde Sämann, soprano : 

    nous voici – bien loin, et très heureusement, des salles de concert – invités dans le plus intime de l’intérieur familial des Bach à Leipzig…

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    Et tout, dans ce magique coffret, est de la plus parfaite précision et justesse, et poésie, par les soins minutieux jusqu’aux moindres détails de Benjamin Alard,

    jusqu’à son texte de présentation, page 8, de son choix – extrêmement minutieux – des instruments, et au texte de présentation ultra-précis et passionnant de Peter Wolny, aux pages 9 à 17 du livret…

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    Je relève aussi, à la page 67 de ce livret, la dédicace de ce volume 10 « à la mémoire de Caroline Budan-Gautrot (3 juin 1951 – 4 décembre 2024), musicienne passionnée et co-fondatrice de l’Académie Bach d’Arques-la-Bataille aux côtés de son époux Philippe Gautrot » – dont je me souviens de l’accueil très chaleureux chez eux, lors de mon passage, invité à Arques par l’ami Jean-Paul Combet pour une petite conférence, au presbytère, de ma part – ;

    ainsi que les « Mille mercis à – la chère – Elisabeth Joyé et Daniel Gianinazzi pour leur généreuse mise à disposition du clavecin de Philippe Humeau« …

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    Nous voici conviés à partager – comme jamais jusqu’ici au disque ! il me faut le souligner… – le merveilleux et simplissime quotidien musical du domicile – lumineux de toutes sortes de musiques, très diverses, telles que conservées, manuscrites (et de plusieurs mains de membres de la famille), en ce préciosissime « Notenbüchlein » offert par Johann-Sebastian en 1725 à sa chère épouse Anna-Magdalena (Zeitz, 22 septembre 1701 – Leipzig, 27 février 1760) : un document unique et irremplaçable sur la pratique familiale de la musique au second quart du XVIIIe siècle en Allemagne, à Leipzig… – des Bach, entre 1725 et 1745 :

    un pur bonheur pour nous aussi qui pouvons le partager ainsi, ce quotidien musical des Bach, par notre écoute de petites souris, hôtes en catimini – on s’y croit tout à fait ! – , de ce logis des Bach à Leipzig,

    grâce à ce travail parfait de réalisation dans les moindres détails – tant proprement musicaux qu’organologiques : le choix des instruments, ce clavecin, ces clavicordes ! mais aussi le choix extraordinaire de la voix fraîche et si juvénile (!) de Gerlinde Sämann, bouleversante de simplissime humanité, pour incarner si merveilleusement Anna-Magdalena Bach… – de Benjamin Alard…

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    Ce dimanche 18 mai 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Pour une fois, un partage de déception et agacement, pour un CD passablement raté : le CD Hyperion « Notebooks for Anna-Magdalena » de Mahan Esfahani…

    Il est rare que je prenne la plume pour dézinguer un CD qui me déçoit au point de passablemenl m’irriter…
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    Mais c’est hélas la cas pour le CD Hypérion CDA 68387 « Notebooks for Anna-Magdalena« , dont l’écoute au magasin m’avait scandalisé : comment un label de la qualité d’Hyperion avait-il bien pu autoriser la parution d’un tel CD, au son inaudible (!), qui ne rend en rien justice à ce si délicieux cahier de musique intime et familiale de la main de la seconde épouse, Anna-Magdalena, de Johann-Sebastian Bach ?..

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    Et si je me le permets,

    c’est parce que je retrouve sous la plume de Christophe Steyne, pour le magazine Crescendo, à la date d’avant-hier 13 mars, en son article intitulé « Cahiers pour Anna Magdalena : bal des fantômes au logis du Cantor » ,

    tout ce que j’avais éprouvé à l’audition irritée de ce CD…

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    Cahiers pour Anna Magdalena : bal des fantômes au logis du Cantor

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    LE 13 MARS 2024 par Christophe Steyne
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    Notebooks for Anna Magdalena. Oeuvres de Johann Sebastian (1685-1750), Carl Philipp Emanuel (1714-1788), Johann Christian (1735-1782) Bach, François Couperin(1668-1733), Gottfried Heinrich Stölzel (1690-1749), Johann Adolf Hasse (1699-1783).

    Carolyn Sampson, soprano. Mahan Esfahani, clavicorde, clavecin. Juin 2021.

    Livret en anglais, français, allemand.

    TT 76’49.

    Hyperion CDA68387

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    Après la parution chez le même label de plusieurs albums légitimement remarqués (Partitas, Toccatas…), Mahan Esfahani poursuit son parcours en Bach par la petite porte : les carnets pour la seconde épouse _ Anna-Magdalena _, datés de 1722 et 1725. Lesquels incluent principalement des pages du pater familias _ Johann-Sebastian _, mais aussi des jeunes membres de la fratrie _ des fils _, et d’autres compositeurs que la musicologie a progressivement identifiés, expliquant certaines mentions attributives. Le programme ici entendu s’avère conforme à l’inventaire de ces manuscrits. Malgré l’éviction des Partitas (BWV 827, 830), des Suites françaises (BWV 812-816) bien connues par ailleurs, et de certaines variantes de tonalité, l’essentiel est là, quasi exhaustif. On trouve même deux versions du Menuet BWV 841 & Anh 114, et du _ merveilleux ! _ Bist Du bei mir, chacun joué au clavecin et clavicorde.

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    Le parcours inclut les pages vocales, ici confiées à la soprano Carolyn Sampson, rappelant qu’Anna Magdalena était admirée comme chanteuse professionnelle auprès de la cour d’Anhalt-Cöthen. Même si une réputation domestique et didactique entoure ces deux recueils, et celle d’une simplicité d’exécution qui ne prétend pas au chef-d’œuvre, le livret du disque entend restituer un intérêt dégagé de toute misogynie à ces pages qui se pratiquaient dans le cercle familial : « ce ne serait pas si mal de nous essayer à la musique qu’ils considéraient assez dignes d’accompagner leurs pensées et actions les plus intimes ».

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    Dans la discographie, quelques anthologies du Nötenbuchlein mêlaient clavier(s) et voix à un consort plus ou moins fourni : clavecin, orgue et viole (Gustav Leonhardt, Rudolf Ewerhart, Johannes Koch) autour d’Elly Ameling (Electrola DHM, 1966) ; clavecin, clavicorde, violoncelle (Nicolas McGegan, David Bowles) autour de Lorraine Hunt (Harmonia Mundi, 1991) ; luth, arpanetta, harpes, orgue, viole (Stephen Stubbs, Andrew Lawrence-King, Erin Headley) autour d’un panel de chanteurs (Teldec, 1991) ; clavecin et violoncelle (Luc Beauséjour, Sergei Istomin) autour de la soprano Karina Gauvin (Analekta, 1995) ; violon, viole, clavicorde, orgue positif, clavecin (Julien Chauvin, Christine Plubeau, Aurélien Delage, Olivier Baumont) autour d’Anne Magouët (Bayard, 2015).

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    Quant à lui, le présent enregistrement alterne un clavicorde d’après un exemplaire bavarois de Johann Heinrich Silbermann, et un clavecin de Miles Hellon (Londres, 1992) d’après Mietke. Dans un avertissement en page 11, teinté d’une ironie dont il cultive le malin plaisir au gré de la présentation de ses albums, Mahan Esfahani précise que l’art de Carolyn Sampson « est responsable de toute amélioration qui pût advenir dans mon jeu solo. Comme d’habitude, les insuffisances sont entièrement miennes ». Aucune insuffisance dans l’interprétation proprement dite, mais les deux instruments apparaissent aussi plats qu’insipides _ hélas ! hélas ! hélas ! _, et se trouvent encore miniaturisés par la prise de son _ indigentissime !!! Pâles spectres en perspective _ voilà…

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    Ces pages semblent alors émaner d’une fade boîte à musique _ en effet _, ce qui n’est pas pour extraire de l’insignifiante mignardise _ voilà ! _ le cortège de menuets, polonaises et autres musettes. Même la délectable Bergerie de Couperin devient un vain tripotage de fils de soie par une araignée neurasthénique _ ouaf, ouaf. En cette galerie de camées, la voix ample, délicate et suave de Carolyn Sampson, largement épanouie dans la réverbération, ne peine guère à s’imposer voire, par contraste, à se surexposer. Et même si le style cultive une humilité bienvenue. Heureusement, la mezza voce est de mise pour le Schaffs mit mir, Gott, sinon le clavicorde serait inaudible. Dommage que les louables intention et réalisation artistiques se trouvent mouchées par ces instruments si médiocrement captés _ voilà. Même dans l’optique da camera, cette réduction ectoplasmique ressemble trop souvent à une veillée un soir de chandelle morte. Le résultat déçoit, ennuie _ agace et irrite surtout _, et reflète une bien piètre image du foyer du Cantor, qu’on imagine laboratoire fertile et non futile _ voilà. Sur une thématique voisine, on reviendra _ bien _ plutôt aux _ excellentissimes _ pénates de Francesco Corti (Arcana, 2020), autrement attrayantes _ et c’est même peu dire. Car ce nouveau CD, après Concerto nach italienischen Gusto que nous avions récompensé d’un Joker et qui crevait l’écran, ne passe hélas pas _ et même pas du tout _ la rampe.

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    Son : 4 – Livret : 9 – Répertoire & interprétation : 7

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    Christophe Steyne

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    Aller, et même courir, au délicieux CD « Little Books » _ le CD Arcana A 480 ; cf mon article « «  du 7 mai 2022 _ de l’admirable Francsco Corti.

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    Ce vendredi 15 mars 2024, Titux Curiosus – Francis Lippa

  • Un atelier familial Bach jubilatoirement effervescent : ce que nous en révèle de merveilles en gestation le flamboyant CD « Little Books _ Johann-Sebastian Bach » du magnifique magistral Francesco Corti

    C’est le double CD « Winged Hands _ The Eight Great Suites & Overtures _ George Frideric Handel » Arcana A499 _ enregistré à Lonigo en février 2021 _,

    qui m’a fait _ enfin ! _ découvrir _ comment avait-il échappé jusqu’alors à mon attention ?.. _ et admirer ce prodigieux musicien _ un génie de l’interprétation la plus vivante et la plus juste ! _ qu’est l’arétin Francesco Corti _ toscan, il est né à Arezzo en 1984.

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    Et le très vif plaisir de ce splendide CD Handel m’a conduit à rechercher illico presto à me procurer le précédent CD _ enregistré à Crema en mai 2019 _ de ce claveciniste toscan, paru peu avant, lui aussi, chez Arcana :

    le CD « Little Books _ Johann-Sebastian Bach« , soit le CD Arcana A480.

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    Et je dois dire que, à l’écoute en boucle de cette nouvelle galette discographique, je suis confondu d’admiration devant, ici et à nouveau, autant de présence, de vie…

    ainsi que de la plus parfaite justesse de compréhension tellement intime des œuvres si merveilleusement interprétées

    par ce splendide maître _ d’à peine 35 ans lors de l’enregistrement de ce sublime CD « Little Books _ Johann-Sebastian Bach« … _ qu’est Francesco Corti.

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    Vite, vite, découvrir de précédentes réalisations discographiques de cet interprète prodigieux !!!

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    Quels sont donc les secrets de cette subjuguante maestria musicale de Francesco Corti ?…

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    Et pas seulement dans l’interprétation de Bach

    que, déjà, j’éprouve _ jusqu’à ce point ! _ la bien peu banale impression de percevoir en vérité pour la première fois ! _ rien moins !..

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    Voilà ! 

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    Avec ce naturel, cette fluidité, cette joie

    à la fois si profonde en même temps que très légère, en sa douce mais magistralement affirmée si juste intensité…

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    Et c’est vraiment stupéfiant de ressentir cela,

    et à ce degré et hauteur-là…

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    Quelle maestria,

    mais qui s’efface complètement au plus grand service de l’œuvre elle-même ! Et rien qu’elle !

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    Comme quoi le medium de l’interprétation, ici musicale _ et que ce soit au concert ou au disque _,

    constitue un décisif maillon déclencheur et passeur de la rencontre-perception vraie avec une œuvre

    demeurée, elle, et jusqu’à nous, sur du simple et fragile _ et quasi muet, pour qui ne sait pas, ou sait mal, le lire vraiment _ papier…

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    Magique transfiguration-réincarnation de l’interprétation quand elle sait confiner au génie…

    _ et sans le moindre m’as-tu vu – l’ai-je bien descendu ?, que l’on m’entende bien !..

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    Une dernière remarque à propos de ce stupéfiant et si évident CD « Little Books _ Johann-Sebastian Bach » de Francesco Corti :

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    au-delà de la magistrale grâce inouïe de cette interprétation de Francesco Corti ;

    et du choix de l’instrument lui-même, un magnifique clavecin du facteur Andrea Rastelli (de Milan, en 1998) d’après un Christian Vater  (de Hanovre, en 1738)

    _ et sans rien dire de la parfaite prise de son de ce CD Arcana _ ;

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    il me faut ici souligner que c’est l’art même de composer le programme (inédit) de ce disque

    qui lui aussi est tout simplement merveilleux :

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    en plus de 5 chefs absolus d’œuvre de Johann-Sebastian Bach lui-même en son atelier de musique,

    que sont les BWV

    815a (un Prélude _ à visionner et écouter ici _),

    815 (un tout premier état de la Suite française n°4 en mi majeur),

    998 (un Prélude, Fugue et Allegro en mi majeur),

    992 (le Capriccio sopra la lontananza del fratello dilettissimo en si majeur)

    et 691 (la transcription du chant « Wer nun den lieben Gott lasst walten« )

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    Francesco Corti a admirablement choisi aussi,

    pris au sein de ces si précieux pour nous « Petits Livres » de musique manuscrits constitués par Johann-Sebastian Bach pour son propre usage et celui des membres de sa famille _ au premier chef son fils aîné Wilhelm-Friedemann, et sa seconde épouse Anna-Magdalena, mais bien d’autres encore… _,

    les superbes pièces suivantes de compositeurs qui ont retenu, à un titre ou un autre, mais toujours musicalement, l’attention de Bach :

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    de son prédécesseur à Saint-Thomas de Leipzig Johann Kuhnau (1660 – 1722) :

    la très belle et inspirante Suonata Quarta (extraite des 6 Sonates bibliques) « Hiskia agonizzante  e risanato » ;

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    de Johann-Adolf Hasse (1699 – 1783) :

    l’amusante et distrayante _ »une chansonnette« , disait fort justement Bach… _ Polonaise en sol majeur BWV-Appendice 130 ;

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    de son maître, à Lunebourg, le grand Georg Böhm (1661 – 1733) :

    le grandiose et éblouissant Prélude en sol mineur,

    suivi ici de la Fugue et du Postlude qui l’accompagnent ;

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    de l’admiré maître français François Couperin (1668 – 1733) :

    le tendre Rondeau « les Bergeries », extrait du « Second Livre des Pièces de Clavecin« , en si majeur BWV Ans. 183 ;

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    et de son très cher ami _ et parrain de Carl-Philipp-Emanuel… _ Georg-Philipp Telemann (1681 – 1767), transcrite ici, et merveilleusement, par Bach pour le clavecin seul :

    cet autre chef d’œuvre absolument splendide et rayonnant de joie qu’est l’Ouverture pour orchestre en mi majeur TWV 55:Es4.  

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    Chapeau, l’artiste,

    Francesco Corti !!!

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    Tout coule de source _ la source Bach… 

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    Et bien sûr à suivre…

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    Ce samedi 7 mai 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa