C’est bien une magique et délicieuse entrée dans la très intime Hausmusik de la famille Bach à Leipzig – de 1725 à 1745 environ… – que nous offre le merveilleux volume 10 du « Johann Sebastian Bach – The Complete Works for Keyboard » (en 3 CDs HMM 902495.97) du magicien Benjamin Alard – cf mon article du 14 octobre 2024 : « Le fabuleux concert Bach (BWV 593, 528, 530 et 564) de l’exceptionnel Benjamin Alard à l’orgue Dominique Thomas de l’église Saint-Vincent de Ciboure le dimanche 6 octobre dernier… » … – , avec, en justissime incarnation d’Anna Magdalena Bach chanteuse, la magnifique, bouleversante en son absolue simplicité-pureté d’incarnation, Gerlinde Sämann, soprano – et en consultant la notice Wikipedia la concernant (je ne la connaissais pas jusqu’ici), je découvre, tout à la fin, cet ultime détail : que Gerlinde Sämann, née en 1969 à Nuremberg, est aveugle…
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Le premier de ces 3 CDs est consacré aux Sonates en trio BWV 525 – 530,
interprétées ici pour moitié sur un clavecin Philippe Humeau (Barbaste, 1993) d’après un Carl Conrad Fleischer (Hambourg, 1720), avec un pédalier de Quentin Blumenroeder (Haguenau, 2021), et pour moitié sur des clavicordes assemblés par Emile Jobin (Boissy-l’Aillerie, 2018) d’après un Christien Gottfried Friederici (Gera, 1773), et Jean Tournay (Noville-les-Bois, 1996) d’après un David Tannenberg (Lititz, fin du 18e siècle), avec un pédalier de Quentin Blumenroeder (Haguenau, 2021) :
le clavicorde, tout de délicatesse et de limitée amplitude sonore – et de petite taille – , étant l’instrument par excellence du travail à domicile et pour soi, pas pour le concert, du claviériste
– et je garde un souvenir très ému de Pierre Hantaï jouant (merveilleusement !) de son doux clavicorde, dans le large couloir de l’abbaye, à la porte de la cellule, à l’étage, où chacun de nous résidions, en le monastère de Saint-Michel-en-Thiérache, au mois d’août 1995, pour les séances d’enregistrement du CD « Un Portrait musical de Jean de La Fontaine » de La Simphonie du Marais, pour EMI ; et que je tournais, en bas dans l’abbatiale où avait lieu l’enregistrement, les pages de la partition d’Elisabeth Joyé : Pierre veillant ainsi sur le sommeil et les réveils et les biberons de leur bébé ; c’était magique…
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Et les deux autres CDs de cette intime Hausmusik de la maison Bach à Leipzig, sont consacrés à une merveilleuse et confondante de simplicité – comme vraiment jamais jusqu’ici ! – interprétation du « Notenbüchlein für Anna Magdalena Bach« , par Benjamin Alard sur un clavicorde de Johann Adolf Haas (Hambourg, 1763), de la collection du musée instrumental de Provins, avec la voix pleine de charme quasi rustique de Gerlinde Sämann, soprano :
nous voici – bien loin, et très heureusement, des salles de concert – invités dans le plus intime de l’intérieur familial des Bach à Leipzig…
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Et tout, dans ce magique coffret, est de la plus parfaite précision et justesse, et poésie, par les soins minutieux jusqu’aux moindres détails de Benjamin Alard,
jusqu’à son texte de présentation, page 8, de son choix – extrêmement minutieux – des instruments, et au texte de présentation ultra-précis et passionnant de Peter Wolny, aux pages 9 à 17 du livret…
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Je relève aussi, à la page 67 de ce livret, la dédicace de ce volume 10 « à la mémoire de Caroline Budan-Gautrot (3 juin 1951 – 4 décembre 2024), musicienne passionnée et co-fondatrice de l’Académie Bach d’Arques-la-Bataille aux côtés de son époux Philippe Gautrot » – dont je me souviens de l’accueil très chaleureux chez eux, lors de mon passage, invité à Arques par l’ami Jean-Paul Combet pour une petite conférence, au presbytère, de ma part – ;
ainsi que les « Mille mercis à – la chère – Elisabeth Joyé et Daniel Gianinazzi pour leur généreuse mise à disposition du clavecin de Philippe Humeau« …
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Nous voici conviés à partager – comme jamais jusqu’ici au disque ! il me faut le souligner… – le merveilleux et simplissime quotidien musical du domicile – lumineux de toutes sortes de musiques, très diverses, telles que conservées, manuscrites (et de plusieurs mains de membres de la famille), en ce préciosissime « Notenbüchlein » offert par Johann-Sebastian en 1725 à sa chère épouse Anna-Magdalena (Zeitz, 22 septembre 1701 – Leipzig, 27 février 1760) : un document unique et irremplaçable sur la pratique familiale de la musique au second quart du XVIIIe siècle en Allemagne, à Leipzig… – des Bach, entre 1725 et 1745 :
un pur bonheur pour nous aussi qui pouvons le partager ainsi, ce quotidien musical des Bach, par notre écoute de petites souris, hôtes en catimini – on s’y croit tout à fait ! – , de ce logis des Bach à Leipzig,
grâce à ce travail parfait de réalisation dans les moindres détails – tant proprement musicaux qu’organologiques : le choix des instruments, ce clavecin, ces clavicordes ! mais aussi le choix extraordinaire de la voix fraîche et si juvénile (!) de Gerlinde Sämann, bouleversante de simplissime humanité, pour incarner si merveilleusement Anna-Magdalena Bach… – de Benjamin Alard…
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Ce dimanche 18 mai 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

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