Étiquette : CD Un Portrait musical de Jean de La Fontaine

  • Nouvelles remarques de commentaire à mon éloge du disque du mardi 26 mai dernier…

    En une nouvelle suite aux échanges de commentaires, avec mes amis le philosophe Bernard Sève et le médecin rhumatologue Joël Dehais, que rapportait mercredi 27 mai dernier mon article « L’apport de l’écoute seulement audio de la musique, quand est respecté l’idéal de probité de l’interprétation au service le plus exclusif possible de l’œuvre même (suite)…« , en réponse à mon article de la veille « Un éloge du merveilleux médium qu’est le disque, un échange de courriels hier 25 mai avec Eric Rouyer : du tissage entre le temps et l’éternité… » dans lequel je rapportais mes échanges avec l’ami Eric Rouyer, l’éditeur dynamique du label de disques Le Palais des Dégustateurs,

    voici, ce samedi 30 mai, mon échange de courriels avec le musicien, compositeur, chef d’orchestre et professeur au conservatoire de musique de Toulon, Laurent Melin :

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    De Laurent Melin, hier à 12h 03, ceci, par courriel adressé à mon blog :

    …

    Je voudrais intervenir en tant que musicien professionnel, depuis ma lointaine province du bord de mer, et aussi en tant qu’enseignant de conservatoire depuis des années. 
    Le cri d’Eric (que je salue au passage! Notre projet commun arrive à son terme, il comprendra cette « private joke » de compositeur…) me paraît cependant bien légitime : il y a un océan entre l’offre du marché pour des archives accessibles à tous, mais dont la profusion et la variété des supports finissent par noyer un peu la visibilité – trop d’information tue l’information – et la réalité des pratiques sur le terrain. 
    C’est cette dernière qu’Eric défend avec son énergie coutumière, car elle est effectivement en danger. Depuis que nos « élites » dirigeantes décomplexées attaquent plus ou moins frontalement le milieu culturel et qu’un discours, en vérité manipulatoire, est relayé ad nauseam pour discréditer le supposé « élitisme » de la culture, la défendre sur le terrain, au quotidien, devient un apostolat autant qu’une lutte vitale, sans quoi les fameux supports de tous poils, accessibles d’un clic ou d’une platine, ne seront bientôt plus que ruines dormant sous la poussière. 

    Un concert se vit en direct, la musique s’invente uniquement dans l’instant partagé de l’écoute, notre patrimoine musical s’entretient par la pratique, non pas sur les étagères muséales. 

    Et que dire de notre jeunesse, assaillie de propositions commerciales tous azimuts, qui n’a plus les outils pour recevoir et goûter les beautés de notre art ? On pouvait croire que les conservatoires seraient un îlot préservé de défense et d’entretien de ce beau patrimoine… Que nenni ! Rattrapés par la logique mercantile des tutelles qui ne pensent que par chiffres et statistiques, la pression nous a rejoints et nous nous soumettons de plus ou moins bonne grâce à une dictature du politiquement correct pour maintenir l’existant, gonfler les effectifs « quel qu’en soit le prix »… Démagogie ? 

    Notre art se vit, se partage au quotidien et sur le terrain, avec générosité et ouverture à tous les publics, à condition de leur en donner l’accès et non pas de le confisquer par « élitisme « et d’en réduire toujours plus le territoire.

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    Et voici ma réponse à ce courriel d’hier de Laurent Melin, ce matin à 8h 59 :

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    En forme de conversation à distance, et par l’écrit…
     
    Mes coordonnées :
    Francis Lippa
    à Bordeaux
    Je suis aussi vice-président de la Société de Philosophie de Bordeaux – avec, insérés en rouge, mes commentaires…
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    Je voudrais intervenir – sic – en tant que musicien professionnel – chef d’orchestre, compositeur, etc. – , depuis ma lointaine province – la Provence, Toulon – du bord de mer – moi, Francis Lippa, je suis philosophe, mélomane et bordelais – , et aussi en tant qu’enseignant de conservatoire – le CRR de Toulon – depuis des années – 2005 précisément. 
    Le cri d’Eric – Rouyer, le maître d’œuvre du très prospecteur label discographique Le Palais des Dégustateurs – (que je salue au passage ! Notre projet commun – de quoi s’agit-il donc ?.. – arrive à son terme, il comprendra cette « private joke » de compositeur… – qu’est aussi Laurent Melin – ) me paraît cependant bien légitime : il y a un océan entre l’offre du marché – du disque – pour des archives – sous forme d’enregistrements conservés – accessibles à tous, mais dont la profusion et la variété des supports – en dehors du seul disque… – finissent par noyer un peu la visibilité – trop d’information tue l’information – et la réalité des pratiques – musicales, dont bien sûr le concert, mais pas seulement lui, et même de très loin… – sur le terrain. 
    C’est cette dernière – la pratique musicale de terrain, donc – qu’Eric défend – comment plus précisément ? – avec son énergie coutumière, car elle est effectivement en danger – elle aussi, en effet, comme l’est l’enseignement, et toute la culture, réduits de plus en plus à l’os par des politiciens à très trés courte vue (démagogique) , celle de leur propre ré-élection ou élection à venir… Depuis que nos « élites » dirigeantes décomplexées attaquent plus ou moins frontalement – financements réduits ou carrément coupés, au tout premier chef – le milieu culturel et qu’un discours, en vérité manipulatoire, est relayé ad nauseam pour discréditer le supposé « élitisme » de la culture – hélas, je connais bien moi aussi cet angle d’attaque ! et m’emploie quotidiennement à le combattre… – la défendre sur le terrain, au quotidien, devient un apostolat – que je m’emploie, moi aussi, jour après jour, par exemple
     par mon blog quotidien encherchantbien.fr ; par ma cinquantaine d’entretiens effectifs réalisés à la librairie Mollat à Bordeaux, notamment en tant que vice-président de la Société de Philosophie de Bordeaux, et immédiatement accessibles par podcasts et vidéos ; par mes deux contributions au colloque « Lucien Durosoir (1878 – 1955) : un musicien moderne né romantique » au Palazzetto Bru-Zane à Venise en février 2011 ; « Une poétique musicale au tamis de la guerre : le sas de 1919 – la singularité Durosoir » et «La Poésie inspiratrice de l’œuvre musical de Lucien Durosoir : romantiques, parnassiens, symbolistes, modernes » ; par le CD « Un Portrait musical de Jean de La Fontaine » de la Simphonie du Marais réalisé à Saint-Michel-en-Thiérache au mois d’août 1995 et paru chez Virgin-Veritas en mars 1996, et dont je suis l’auteur, à partir de mes recherches d’une année sur le sujet, pour 90% du programme, ainsi que le rédacteur de présentation du livret ; par mon activité de « conseiller artistique » de La Simphonie du Marais auprès de Hugo Reyne durant la décennie des années 90, quand celui-ci était professeur de flûte à bec au CNR de Bordeaux ; puis auprès de Jean-Paul Combet créant et dirigeant le brillant label Alpha… – autant qu’une lutte vitale – j’en ai fort bien conscience moi aussi et m’emploie quotidiennement, à ma place et sur mon blog, à y résister ! –  sans quoi les fameux supports de tous poils, accessibles d’un clic ou d’une platine, ne seront bientôt plus que ruines dormant sous la poussière – certes : il n’existe de mélomanes que sur le terreau bien vivant lui-même d’une pratique et d’une culture musicale très actives… Si celles-ci s’appauvrissent et végètent, la mélomanie (discophile ou pas) se réduira elle aussi comme peau de chagrin, en effet… Et toute la culture authentique aussi…

    Un concert se vit en direct – sauf si il a été aussi enregistré et peut être ré-écouté – , la musique s’invente uniquement dans l’instant partagé de l’écoute – pas tout à fait : à l’écritoire silencieuse aussi (et d’abord !) du compositeur la composant... – , notre patrimoine musical s’entretient – certes : c’est presque seulement ainsi qu’il va demeurer vivant : il n’y a de culture vivante que …réellement cultivée, attentive et animée de vraie curiosité ! – par la pratique, non pas sur les étagères muséales – s’empoussiérant faute d’être visitées ; mais une collection de disques et d’enregistrements, chez un particulier ou en une médiathèque, n’est pas exclusivement muséale tant que les enregistrements sont régulièrement écoutés et passionnément même appréciés… Encore faut-il, bien sûr, avoir appris à aimer la musique : en l’ayant soi-même ou bien pratiquée, ou bien appris à l’écouter et partager avec enthousiasme avec des interlocuteurs si possible eux-mêmes passionnés ; les deux, donc,  avec plaisir et même (et surtout !) passion…

    Et que dire de notre jeunesse, assaillie – acheteuse alléchée par la publicité qu’elle est, et source de profits pour les vendeurs… – de propositions commerciales tous azimuts, qui n’a – scandaleusement – plus les outils – culturels – pour recevoir et goûter les beautés de notre art ? On pouvait croire que les conservatoires seraient un îlot préservé de défense et d’entretien de ce beau patrimoine… Que nenni ! Rattrapés par la logique mercantile – voilà l’ennemi fauteur de barbarie à poison lent, ou rapide !.. – des tutelles qui ne pensent que par chiffres et statistiques – utiltarisme et course au profit (pour soi) aidant… – , la pression nous a rejoints – dans les conservatoires de musique aussi – et nous nous soumettons de plus ou moins bonne grâce à une dictature du politiquement correct pour maintenir l’existant, gonfler les effectifs « quel qu’en soit le prix »… Démagogie ? – oui : suicidaire à petit feu de la civilisation…

    Notre art se vit, se partage au quotidien et sur le terrain – mais aussi à distance : par la médiation de l’écoute archi-attentive et intense, mais oui !, d’enregistrements, de la part de mélomanes discophiles passionnés – avec générosité et ouverture à tous les publics, à condition de leur en donner l’accès – mais il n’y a pas, là, que la pratique de la musique en un conservatoire, ou l’assistance à un concert 
    enthousiasmant qui en soient les voies d’accés, même si l’expérience du partage des émotions est en effet cruciale : mais il existe hélas aussi des concerts ennuyeux, bâclés et ratés, de même qu’il y a aussi des leçons de pratique musicale ennuyeuses, bâclées et ratées dans les conservatoires… – et non pas de le confisquer par « élitisme » – de classe ? financier ?.. – et d’en réduire toujours plus le territoire – partager très effectivement le goût et même la passion de la musique (et de la culture authentique) est bien, en effet, une nécessité civilisationnelle de toute première urgence, dont ne partagent hélas ni la conscience ni le simple constat, la plupart de nos politiques…

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    Avec l’ajout de ce petit commentaire de synthèse final mien :

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    L’angle de vue du mélomane qui n’est pas lui-même musicien, à la recherche d’une écoute la plus idéale possible des œuvres des compositeurs via des interprétations accessibles à l’écoute par le concert ou par le disque, n’est forcément pas le même que celui d’un musicien professionnel dont la pratique personnelle de la musique est quotidienne, et pour lequel l’enregistrement d’une de ses œuvres au disque, pour un compositeur, ou d’une de ses interprétations, pour un interprète, est rare, très rare, ou même carrément inexistant, en particulier aujourd’hui.
     
    En mon article, c’est d’une préférence personnelle d’écoute de la musique, tranquillement chez moi, sur ma platine, sans que rien ne vienne parasiter mon écoute attentive (et ad libitum répétable), à la différence de l’assistance – passagère, fugace : sans possibilité de ré-écoute, forcément – à un concert, avec des sollicitations autres que d’écoute : visuelles par exemple, que je fais part…
     
    Ce ne sont pas les interprètes ni leurs prestations individuelles qui m’intéressent, mais leur degré de capacité à servir au mieux, avec humilité et probité – je n’apprécie pas du tout les m’as-tu vu, ni les auto-centrés narcissiques… – , l’œuvre du compositeur elle-même, en sa singularité ; ce qui n’élimine en rien, et surtout pas, l’engagement de la ferveur de la part des interprètes…
    Et très loin de mésestimer les interprètes, je suis au contraire très à l’affut – très curieux de, et ouvert à – de nouvelles belles interprétations au disque, toujours en quête de leur approche renouvelée et la plus juste possible – voilà l’idéal à approcher, et que certains côtoient parfois ! – de l’œuvre du compositeur !!!
    Quitte à revenir écouter des interprétations en les recherchant dans les disques de ma collection personnelle, en permanence à portée de ma main, sans dépendre du bon vouloir fluctuant de sites électroniques…
     
    Quant aux concerts, je m’y rends parfois, à l’occasion, et avec très vif appétit même, disposé et ‏tout prêt à m’y enthousiasmer !
    Le dernier de ces concerts à ce jour pour moi, ce fut celui du 1er mai dernier, à Saint-Lon-les-Mines, en Chalosse, pour le Festival Durosoir 2026, avec le quatuor Diotima :
    Pour un autre concert qui m’a beaucoup impressionné, cf par exemple mon article du 16 octobre 2024 :
    consacré à un magistral récital Bach de Benjamin Alard donné à l’église Saint-Vincent de Ciboure, le 6 octobre précédent…
    Ciboure, Saint-Lon-les-Mines : je peux me déplacer un peu loin de Bordeaux…
     
    Ce qui prime absolument pour moi en une interprétation musicale, c’est donc le service le plus juste et le plus probe possible de l’œuvre du compositeur…
    Mais, n’étant pas moi-même musicien, pour ces découvertes ou jouissances renouvelées d’œuvres de musique, je suis forcément tributaire de l’écoute de leurs interprétations, et ne suis certes pas un ingrat à l’égard des interprètes de l’œuvre du compositeur, loin de là…
     
    Si vous consultez les articles de mon blog encherchantbien.fr, signés Titus Curiosus – je suis un curieux insatiable ! – ,
    vous les jugerez même probablement bien trop enthousiastes – juvénilement, dit Eric Rouyer…
     
    Cf aussi ces 2 vidéos d’entretiens que j’ai eus, sur mon invitation personnelle, à la Station Ausone de la librairie Mollat à Bordeaux,
    avec le compositeur Karol Beffa le 25 mars 2022 : vidéo  ;
    et le musicologue ravelien Manuel Cornejo le 17 avril 2025 : vidéo .
    Au vif plaisir de poursuivre cet échange avec vous, M. Melin,
     
    Francis Lippa, à Bordeaux
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    Et à suivre bien volontiers…
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    Ce samedi 30 mai 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Redécouvrir Mademoiselle Hilaire chanter dans les ballets de cour de Lully pour Louis XIV…

    Redécouvrir Mademoiselle Hilaire (Hilaire Dupuis, 1625 –  1709) chanter dans les ballets de cour de Jean-Baptiste Lully, tel est le plaisir que nous vient nous offrir le très original et même pionnier CD L’Encelade ÉCL 2502 « Mademoiselle Hilaire – Lully – Lambert – Cavalli «  que vient nous proposer Virginie Thomas…

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    Nous donner à entendre des extraits des Ballets de cour pour Louis XIV, est en effet plutôt rare !..

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    La copieuse – pages 7 à 13 – et très détaillée notice du livret de ce CD, intitulée « La sage demoiselle Hilaire« , que signe Lisandro Abadie est aussi très intéressante, et cite par exemple le rôle formateur décisif qu’a exercé auprès de Michel Lambert (1610-1696), de sa belle-sœur Hilaire Dupuis (1625-1709) et de son gendre Jean-Baptiste Lully (1632 – 1687), le chanteur et compositeur Pierre de Nyert (ca. 1597 – 1682), que le roi Louis XIII tenait à avoir en permanence auprès de lui, comme valet de sa chambre, pour lui chanter et lui jouer du luth ;

    mais elle semble ignorer qu’en le livret du CD Virgin Veritas 7243 5 45229 2 5 « Un Portrait musical de Jean de La Fontaine » de la Simphonie du Marais – enregistré à l’abbaye de Saint-Michel-en-Thiérache au mois d’août 1995 – , j’apportais de notables précisions sur ce natif de Bayonne Pierre de Nyert ;

    en un CD qui – au passage je l’indique – est encore le seul à ma connaissance, en 2025, à faire entendre l’admirable air – hélas encore à ce jour un hapax ! –« Si vous voulez que je cache ma flamme » de Pierre de Nyert, interprété là, en 1995 – il y a 30 ans déjà… – , par Bernard Deletré…

    Et cela à partir de l’ »Épitre à Monsieur de Niert » qu’en 1677 La Fontaine écrivit contre Lully, et dans laquelle La Fontaine exprimait ses fidèles goûts musicaux…

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    Cf là-dessus les précisions données en mon article « Musiques de joie : A deux ou à cinq voix, le jubilatoire Tout l’univers obéit à l’amour de Jean de La Fontaine et Michel Lambert, ou le sublime raffinement des Airs de cour à la française« , en date du 29 mai 2020...

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    Ce vendredi 19 décembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Les délices de Chambonnières : les merveilles originales du CD « Chambonnières Overseas » (Alpha 1156) de Louise Acabo

    Ce sont de lumineux et magiques souvenirs musicaux, du mois d’août 1995, en l’abbatiale de Saint-Michel-en-Thiérache où avait lieu l’enregistrement du splendide CD Virgin Veritas »Un Portrait musical de Jean de La Fontaine » de La Simphonie du Marais, que viennent réveiller joliment à ma mémoire le magnifique, et très original, lui aussi, à sa façon, CD Alpha 1156 – enregistré à Schiedam au mois d’octobre 2024 – « Chambonnières Overseas » de la jeune claveciniste Louise Acabo…

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    En effet, pour ce déjà très inventif  « Portrait musical de Jean de La Fontaine« , dont – conseiller artistique de La Simphonie du Marais que j’étais alors, pour Hugo Reyne – , j’avais été pour 90 % l’auteur du programme de ce CD, il se trouve que j’avais eu le grand plaisir de tourner les pages de la partition de la « Pavane en ré mineur » de Jacques Champion de Chambonnières, qu’interprétait, sur un beau clavecin Alain Anselm – d’après des modèles français du XVII siècle – , la chère Elisabeth Joyé :

    un morceau de 4′ 10 que l’on peut écouter – et il sonne merveilleusement bien ! – à la plage 23 de ce mémorable, et formidablement bien accueilli alors par la critique discographique – cf ce qu’en dit, au passage, mon article « De Philis à Psyché, ou la découverte, 24 ans plus tard, d’une licence poétique dans le CD (de 1996) « Un Portrait musical de Jean de La Fontaine », dans l’Air de cour « Tout l’univers obéit à l’amour » de Michel Lambert et Jean de La Fontaine, de 1659 » en date du 3 juillet 2020… – , CD « Un Portrait musical de Jean de La Fontaine« …

    Un Jean de La Fontaine qui aimait tout particulièrement « Hardel, Chambonnières, les Couperins », comme il le déclarait, en 1677, en sa passionnante et très éclairante « Epitre à M. de Nyert« …

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    Et je signale aussi, au passage, l’article que le 23 mai 2024, « Une délicieuse évocation musicale de Marie-Françoise Certain, claveciniste du Grand Siècle, appréciée notamment de Jean de La Fontaine…« , j’ai consacré au très joli CD « Le Salon de la rue du Hasard : Melle Certain, claveciniste du Grand Siècle« , de la jeune Mathilde Mugot, pour le label Seulétoile…

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    Quant à la réalisation, à Schiedam, au mois d’octobre 2024, de ce très original CD « Chambonnières Overseas«  – admirez cette belle vidéo de présentation du CD par Louise Acabo (de 3′ 02)… – , elle nous apprend d’abord combien tant les musiciens eux-mêmes, que leurs musiques, traversaient les frontières des Etats, ici surtout entre France et Angleterre,

    dont nous découvrons avec ravissement des œuvres d’influence française de musiciens anglais tels que John Roberts (autour de 1673), MatthewLocke (c. 1621 – 1677), Albertus Bryne (c. 1621 – 1668), Christopher Preston (autour de 1673),

    marqués par de splendides musiques de Jacques Champion de Chambonnières (c. 1601 – 1672), Johann-Jakob Froberger (1616 – 1667), ou Jean-Henri d’Anglebert (1629 – 1691) ; seul manque ici à ce tableau que brosse avec infiniment de poésie, et une pointe très élégante et émue de mélancolie, très anglaise, le merveilleux et magnifique Louis Couperin (c. 1626 – 1661), particulièrement cher à mon cœur…

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    Un CD magnifique !!!

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    Ce vendredi 22 août 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Une entrée magique et délicieuse dans la Hausmusik de la famille Bach à Leipzig : le merveilleux parfait volume 10 du « Johann Sebastian Bach – The Complete Works for Keyboard » (en 3 CDs) du magicien Benjamin Alard, avec, en Anna Magdalena Bach, la bouleversante de simplissime fraîcheur Gerlinde Sämann, soprano : le bonheur pur du quotidien familial des jours musicaux des Bach en leur domicile de Leipzig…

    C’est bien une magique et délicieuse entrée dans la très intime Hausmusik de la famille Bach à Leipzig – de 1725 à 1745 environ… – que nous offre le merveilleux volume 10 du « Johann Sebastian Bach – The Complete Works for Keyboard » (en 3 CDs HMM 902495.97) du magicien Benjamin Alard – cf mon article du 14 octobre 2024 : « Le fabuleux concert Bach (BWV 593, 528, 530 et 564) de l’exceptionnel Benjamin Alard à l’orgue Dominique Thomas de l’église Saint-Vincent de Ciboure le dimanche 6 octobre dernier… » … – , avec, en justissime incarnation d’Anna Magdalena Bach chanteuse, la magnifique, bouleversante en son absolue simplicité-pureté d’incarnation, Gerlinde Sämann, soprano – et en consultant la notice Wikipedia la concernant  (je ne la connaissais pas jusqu’ici), je découvre, tout à la fin, cet ultime détail : que Gerlinde Sämann, née en 1969 à Nuremberg, est aveugle…

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    Le premier de ces 3 CDs est consacré aux Sonates en trio BWV 525 – 530,

    interprétées ici pour moitié sur un clavecin Philippe Humeau (Barbaste, 1993) d’après un Carl Conrad Fleischer (Hambourg, 1720), avec un pédalier de Quentin Blumenroeder (Haguenau, 2021), et pour moitié sur des clavicordes assemblés par Emile Jobin (Boissy-l’Aillerie, 2018) d’après un Christien Gottfried Friederici (Gera, 1773), et Jean Tournay (Noville-les-Bois, 1996) d’après un David Tannenberg (Lititz, fin du 18e siècle), avec un pédalier de Quentin Blumenroeder (Haguenau, 2021) :

    le clavicorde, tout de délicatesse et de limitée amplitude sonore – et de petite taille – , étant l’instrument par excellence du travail à domicile et pour soi, pas pour le concert, du claviériste

    – et je garde un souvenir très ému de Pierre Hantaï jouant (merveilleusement !) de son doux clavicorde, dans le large couloir de l’abbaye, à la porte de la cellule, à l’étage, où chacun de nous résidions, en le monastère de Saint-Michel-en-Thiérache, au mois d’août 1995, pour les séances d’enregistrement du CD « Un Portrait musical de Jean de La Fontaine » de La Simphonie du Marais, pour EMI ; et que je tournais, en bas dans l’abbatiale où avait lieu l’enregistrement, les pages de la partition d’Elisabeth Joyé : Pierre veillant ainsi sur le sommeil et les réveils et les biberons de leur bébé ; c’était magique…

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    Et les deux autres CDs de cette intime Hausmusik de la maison Bach à Leipzig, sont consacrés à une merveilleuse et confondante de simplicité – comme vraiment jamais jusqu’ici ! – interprétation du « Notenbüchlein für Anna Magdalena Bach« , par Benjamin Alard sur un clavicorde de Johann Adolf Haas (Hambourg, 1763), de la collection du musée instrumental de Provins, avec la voix pleine de charme quasi rustique de Gerlinde Sämann, soprano : 

    nous voici – bien loin, et très heureusement, des salles de concert – invités dans le plus intime de l’intérieur familial des Bach à Leipzig…

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    Et tout, dans ce magique coffret, est de la plus parfaite précision et justesse, et poésie, par les soins minutieux jusqu’aux moindres détails de Benjamin Alard,

    jusqu’à son texte de présentation, page 8, de son choix – extrêmement minutieux – des instruments, et au texte de présentation ultra-précis et passionnant de Peter Wolny, aux pages 9 à 17 du livret…

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    Je relève aussi, à la page 67 de ce livret, la dédicace de ce volume 10 « à la mémoire de Caroline Budan-Gautrot (3 juin 1951 – 4 décembre 2024), musicienne passionnée et co-fondatrice de l’Académie Bach d’Arques-la-Bataille aux côtés de son époux Philippe Gautrot » – dont je me souviens de l’accueil très chaleureux chez eux, lors de mon passage, invité à Arques par l’ami Jean-Paul Combet pour une petite conférence, au presbytère, de ma part – ;

    ainsi que les « Mille mercis à – la chère – Elisabeth Joyé et Daniel Gianinazzi pour leur généreuse mise à disposition du clavecin de Philippe Humeau« …

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    Nous voici conviés à partager – comme jamais jusqu’ici au disque ! il me faut le souligner… – le merveilleux et simplissime quotidien musical du domicile – lumineux de toutes sortes de musiques, très diverses, telles que conservées, manuscrites (et de plusieurs mains de membres de la famille), en ce préciosissime « Notenbüchlein » offert par Johann-Sebastian en 1725 à sa chère épouse Anna-Magdalena (Zeitz, 22 septembre 1701 – Leipzig, 27 février 1760) : un document unique et irremplaçable sur la pratique familiale de la musique au second quart du XVIIIe siècle en Allemagne, à Leipzig… – des Bach, entre 1725 et 1745 :

    un pur bonheur pour nous aussi qui pouvons le partager ainsi, ce quotidien musical des Bach, par notre écoute de petites souris, hôtes en catimini – on s’y croit tout à fait ! – , de ce logis des Bach à Leipzig,

    grâce à ce travail parfait de réalisation dans les moindres détails – tant proprement musicaux qu’organologiques : le choix des instruments, ce clavecin, ces clavicordes ! mais aussi le choix extraordinaire de la voix fraîche et si juvénile (!) de Gerlinde Sämann, bouleversante de simplissime humanité, pour incarner si merveilleusement Anna-Magdalena Bach… – de Benjamin Alard…

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    Ce dimanche 18 mai 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa