Étiquette : audace

  • Dans la série des Grands Entretiens de France-Musique : passion et probité sereines d’Alain Planès

    Les entretiens, tout spécialement, me séduisent, quand ils sont magnifiquement conduits, et, plus encore, que la personne écoutée, parle vraiment _ en vérité ! _, et est passionnante.

    Parmi les grands modérateurs d’artistes, qui ont marqué les ondes, à la radio ou à la télévision : Claude Maupomé, Jacques Chancel, Denise Glaser.

    …

    Savoir provoquer en douceur la confidence confiante, et savoir écouter, en le faisant advenir, le détail le plus précis et révélateur du récit d’un créateur ou d’un interprète abordant quelques arcanes de sa recherche _ et c’est là un art très subtil que de savoir parler et savoir écouter… _,

    apporte alors beaucoup à l’auditeur attentif sur le meilleur de l’aventure humaine en sa singularité en quelque sorte artisanale, prise sous l’angle du métier.

    …
    Depuis lundi dernier, 26 février,

    Jean-Baptiste Urbain, tous les jours de cette semaine-ci, à 13 heures, sur France-Musique

    s’entretient _ presque 30 minutes _  avec le pianiste _ ou claviériste _ Alain Planès. Et c’est absolument passionnant !

    De passion et probité sereines.
    …

    Voici donc des liens aux podcasts de ces 5 précieuses émissions :

    …

    1° « Comme tout surdoué, j’ai souffert étant enfant« .

    2° « Dans l’Indiana, j’ai découvert la liberté : je me suis retrouvé face à moi« 

    3° « Le rôle de l’interprète, c’est de faire découvrir la musique aux gens. Il faut avoir de l’audace« 

    4° « Debussy est un génie inouï. C’est une musique d’une si grande profondeur« 

    5° « Mirò est le peintre le plus musical qui existe. Sa peinture, c’est du contrepoint« 

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    A écouter, et méditer…

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    …

    Ce mercredi 28 février 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

     

     

  • A propos du « nominalisme radical » de Michel Deguy et de la « confiscation » du mot « radical » selon Marie-José Mondzain

    À propos du « nominalisme radical » de Michel Deguy _ selon son merveilleux La Vie subite _ poèmes, biographèmes, théorèmes (aux Éditions Galilée) _

    et de la « confiscation » du mot « radical » selon Marie-José Mondzain _ en son passionnant Confiscation des mots, des images, du temps (aux Éditions Les Liens qui libèrent) _,

    voici le texte du courriel que je viens d’adresser à Michel Deguy et Marie-José Mondzain,

    suite à un échange de courriels avec mon ami et collègue Mathias Arnault, présent à la Station Ausone lors du magnifique entretien avec Michel Deguy à propos de La Vie subite _ poèmes, biographèmes, théorèmes :

     

    …

    Chers amis,

    en sa lettre hebdomadaire, intitulée, hier, « Mille façons de raconter »,
    la librairie Mollat cite, à propos de son « podcast de la semaine » (!),
    l’entretien que j’ai eu _ mais cette lettre ne va toutefois pas jusqu’à citer mon nom, cependant… _ avec Michel Deguy,
    en utilisant l’expression forte _ merci !! _ de « Retrouvez aussi en podcast la belle et profonde rencontre avec Michel Deguy », accessible à l’écoute (en 75′) par ce lien même…

    …

    L’expression « belle et profonde rencontre » me touche, forcément,

    en tant que source de proposition de cette rencontre,

    et plus encore acteur _ sur le vif de nos échanges : on peut y percevoir le rythme très parlant, lui aussi, des respirations et des silences, en même temps que la vivacité ou la sérénité des prises de parole, et aussi le merveilleux humour… _  sur le plateau de la Station Ausone…

    …
    J’ajoute qu’ à ce jour j’ignore si la vidéo qui a été réalisée de cet entretien sera prochainement accessible et diffusée, ou pas _ ce sera le podcast…

    …

    Voici donc ce que je viens de répondre à l’instant à l’ami Mathias Arnault, qui a assisté avec le plus vif intérêt, à l’entretien du jeudi 9 mars dernier,
    et qui me donne quelques réflexions _ stimulantes _ de sa part,

    notamment sur les rapports entre poésie et philosophie selon Michel Deguy :

    …

    …
    Ecouter parler-penser Deguy, et, mieux encore, s’entretenir-dialoguer avec lui, est en effet très enrichissant.

    …

    Il faut revenir regarder de plus près ce que Michel Deguy nomme son « nominalisme radical » :
    expression cruciale

    à relier à la magnifique méditation de Marie José Mondzain sur la confiscation du mot « radicalisation »
    en son très important (et urgent) Confiscation des mots, des images et du temps qui vient de paraître aux Éditions des Liens qui libèrent,
    qu’elle m’a adressé,
    et pour laquelle je suis, et en train d’écrire un article sur mon blog En cherchant bien, et de proposer à la librairie Mollat d’inviter son auteur, Marie-José Mondzain, à venir en parler in vivo en un entretien à la Station Ausone _ ce sera au Théâtre du Port-de-la-Lune, le 7 novembre 2017 ; et en voici la vidéo (de 65′)…

    …

    Ainsi qu’il faut revenir-regarder-étudier de plus près la poétique du « comme si comme ça » de Michel Deguy ;
    ainsi que sa pratique (poétique) _ active et créatrice _ de la « semblance » _ à oser penser, avec audace autant que justesse des rapprochements vraiment pertinents entre choses _ envers une « identité éclatée, multipliée », ouverte, tant des concepts que des choses ainsi rapproché(e)s.
    Car c’est via nos usages des concepts et via nos usages des mots (de la langue) que les choses, en leur étrangèreté de départ, nous sont (ou deviennent) humainement accessibles et (un peu) plus aisément formulables, y compris et surtout en leur fondamentale complexité et singularité : sans amalgame grossier qui les trahirait…

    …

    Tout cela mérite explicitation, bien sûr.

    …

    À ré-écouter _ grâce au podcast _ parler-penser in vivo _ rien ne remplace cela ! _ Michel Deguy,

    nous constatons que son humour très fin et magnifiquement subtil, nous éclate (de rire) à la figure ;
    et l’on comprend sa position-thèse de penser, de penser vraiment, en poète et poèmes, et pas seulement par concepts philosophiques : à la Deleuze, pour le dire un peu vite, selon sa caractérisation-formule fameuse du philosopher.

    …

    Cf ainsi de Michel Deguy la thèse de l’identité profonde, radicale 
    _ ou plutôt que d’identité, il vaut mieux parler de « semblance » ; celle-ci étant, à chaque fois, sur le champ, à établir ! à tenter, s’y risquer, au coup par coup… ; soit une fondamentale et radicale métaphoricité ! commune à tous les signes vraiment humains, y compris les authentiques œuvres d’art _
    entre mots ;
    ou plutôt entre phrases, comme je l’ai un peu repris là-dessus, en m’appuyant, en pensée du moins, sur la générativité de la parole _ toujours nécessairement articulées en phrases à créer _ selon Chomsky.

    Soit  la thèse de la fondamentale et radicale semblance entre mots, concepts, et choses : à faire conjointer !
    Sans non plus les séparer artificiellement _ par l’analyse, par exemple linguistique, à la Saussure _, puisque mots, concepts et choses se renvoient dynamiquement les uns aux autres.

    …

    Sur cet accès aux choses mêmes (et à ce que Michel Deguy nomme plus largement « le terrestre« ), ré-écouter déjà ce qu’en dit dans l’entretien, Michel Deguy.

    …

    Et il faudrait, en effet, appliquer cette correction-ci appliquée aux mots,
    à la fois aux concepts et aux choses : tous (générativement) ouverts, dans les usages et/ou approches qu’en permanence nous, humains _ pas encore trop inhumains _, en faisons, tentons _ hors des clichés, lieux-communs éculés et slogans…

    …

    Et il me semble qu’il y a de cela quand Michel Deguy se réfère, comme modèle de méthode de son penser, aux « mythèmes » de Lévi-Strauss,
    à propos à la fois de ses « biographèmes », « théorèmes », mais aussi, et d’abord, « poèmes »,

    selon le sous-titre même de son La Vie subite…

    …

    Prendre le temps de ré-écouter le podcast, est, déjà, plus que jubilatoire !

    …

    La lettre de Mollat, intitulée « Mille façons de raconter », quant à elle, dit simplement, mais c’est beaucoup ! :
    « Retrouvez aussi en podcast la belle et profonde rencontre avec Michel Deguy » : rencontre, voilà : entre nous deux, interlocuteurs improvisant sur le vif nos phrases sur le plateau éclairé _ et même éblouissant pour l’occasion : par l’intensité des projecteurs (destinés à la prise vidéo) _ de la Station Ausone…

    …

    A suivre,

    …

    Francis

    …

    Fin de ma citation de moi-même.

    …

    Titus Curiosus, ce samedi 18 mars 2017

    …

    P. s. : la veille, le mercredi 8 mars,

    j’avais eu le grand plaisir de m’entretenir, à la Station Ausone également, avec l’excellent (et très brillant, à l’oral comme à l’écrit) Olivier Wieviorka, à propos de son superbe Une Histoire de la Résistance en Europe occidentale 1940-1945 (aux Éditions Perrin), qui fait suite à sa brillante synthèse, en 2011, et toujours aux Éditions Perrin : Histoire de la Résistance 1940-1945.

    Ce nouvel opus portant sa focale sur la conduite mouvementée et complexe des Résistances intérieures européennes par les Anglo-Américains, depuis Londres (et aussi Washington) ; alors que le précédent opus portait sur les Résistances intérieures de la France seulement.

    Voici un lien vers ce podcast (de 54′) de mon entretien avec Olivier Wieviorka

  • Sur un enquêteur-passeur de vérité : le cinéaste-documentariste Leo Hurwitz (1909-1991) _ une oeuvre (de courage et de souffle) à découvrir

    Découvrant dans Le Monde de ce jour, 20 mars 2011, un passionnant article de Jacques Mandelbaum, La Part maudite du rêve américain,

    focalisé tout particulièrement sur l’œuvre (filmique)

    _ qui continue d’en déranger beaucoup, en dépit du passage du temps (cf l’information donnée à la fin de l’article sur l’attitude des autorités américaines, même sous présidence Obama !) _

    du cinéaste documentariste Leo Hurwitz (1909-1991),

    …

    je l’adresse illico

    à mon ami Bernard Plossu,

    qui a rencontré et connu _ et vénère ! _ le très grand Paul Strand (1890-1976),

    qui lui-même travailla avec Leo Hurwitz

    _ voilà ce qui m’a fait accorder une attention toute spéciale à cet article (et à Leo Hurwitz !) _ ;

    …

    ainsi qu’à Georges Didi-Huberman,

    dont le travail en cours quant à L’Œil de l’Histoire _ cf ses passionnants Quand les images prennent position et Remontages du temps subi ; cf aussi mes articles sur ces deux livres majeurs : celui du 14 avril 2009, L’apprendre à lire les images de Bertolt Brecht, selon Georges Didi-Huberman : un art du décalage (dé-montage-et-re-montage) avec les appoints forts et de la mémoire activée, et de la puissance d’imaginer ;  et celui du 29 décembre 2010, La désobéissance patiente de l’essayeur selon Georges Didi-Huberman : l’art du monteur dans “Remontages du temps subi” … _

    porte sur de pareilles dialectiques (créatrices !) au montage _ probe ! _ d’images au service de davantage de vérité !!!

    par l’intensité (d’un art juste !)…

    …

    Voici donc

    _ truffé de mes farcissures _

    l’article La Part maudite du rêve américain,

    de Jacques Mandelbaum,

    paraissant ce 20 mars dans l’édition du Monde :

    …

    …

    La Part maudite du rêve américain

    | 19.03.11 | 14h58  •  Mis à jour le 19.03.11 | 14h58

    …

    Voilà déjà trois ans que Javier Packer-Comyn, citoyen et cinéphile belge de 42 ans, a pris les commandes, à Paris, de Cinéma du réel, l’un des plus prestigieux festivals de films documentaires au monde. La manifestation, qui présente cette année quelque deux cents films, n’a pas à s’en plaindre, sa fréquentation ayant augmenté de plus de 30 %. Parallèlement à la compétition, la programmation patrimoniale est notablement devenue un pôle attractif. C’est particulièrement le cas de cette 33e édition, qui présente un passionnant panorama du documentaire engagé américain.

    …

    Hommage est d’abord rendu à une figure majeure du genre, Leo Hurwitz, mort en 1991 dans un relatif anonymat. Réalisateur pour le compte de la chaîne CBS de l’intégralité du procès Adolf Eichmann, en juin 1961, à Jérusalem _ c’est en effet, déjà, bien intéressant _, son nom fut évoqué lors de la sortie d’Un spécialiste (1999), un montage de cette archive _ voilà _ réalisé par Eyal Sivan et Rony Brauman. Pour autant, et l’homme et l’œuvre restent largement méconnus.

    …

    Issu de l’immigration juive de Russie, Leo Hurwitz naît à Brooklyn en 1909. Il étudie le cinéma à Harvard puis adhère, en 1931, à la Film and Photo League, un collectif de cinéastes proches du Parti communiste qui, en contrepoint au cinéma hollywoodien, veulent témoigner _ voilà _ de la lutte et de la répression des classes populaires aux États-Unis durant la Grande Dépression.

    …

    Sous l’influence de l’avant-garde cinématographique soviétique _ c’est à noter ! _, Hurwitz s’éloigne _ bientôt : trois ans plus tard _ de cette structure pour fonder en 1935, avec Irving Lerner et Ralph Steiner, la coopérative Nykino, sur des bases esthétiques qui prônent un dépassement _ voilà ! _ du documentaire. Cette recherche du « film révolutionnaire » qui synthétiserait _ voilà ! par quelque aufhebung… _ l’exactitude _ vérité littérale _ du document et la liberté _ justesse (profonde) d’esprit et de cœur ! _ de la fiction _ là intervient l’art (davantage en mouvement !) de l’artiste… _ donne enfin naissance, en 1937, à Frontier Films, société de production _ sur de tels principes ! _ qui compte parmi ses membres le photographe Paul Strand _ l’immense artiste, ami (et vénéré !) de l’ami Plossu… _ et le cinéaste Joris Ivens _ de Paul Strand, le récent Paul Strand in Mexico (aux Éditions Aperture) est disponible en librairie : sur les tables du rayon Beaux-Arts de la librairie Mollat, au moins… L’association sombre en 1941, l’effort de guerre, puis la guerre froide, rayant pour longtemps de la carte toute tentative de ce genre aux États-Unis.

    …

    Cette rétrospective permet de découvrir six films de Leo Hurwitz réalisés entre 1941 et 1980.

    Les plus remarquables sont Native Land (co-réalisé avec Paul Strand _ le re-voici ! _ en 1941), chronique impitoyable du dévoiement de l’idéal _ aïe ! aïe ! aïe ! _ des Pères fondateurs et de l’injustice sociale qui règne aux États-Unis ; Strange Victory (1948), stigmatisation au vitriol _ boum ! _ de la ségrégation raciale gangrenant la nation qui vient de délivrer le monde du nazisme ; An Essay on Death (1964), hommage au président assassiné John F. Kennedy en forme de méditation panthéiste sur la mort ; A Woman Departed (1980), monumental et bouleversant « tombeau » _ un genre donnant parfois, sinon (assez) souvent, l’occasion d’œuvres (un peu plus) sublimes (que d’ordinaire)… : cf les tombeaux de Froberger et de Louis Couperin ; ou Le Tombeau de Couperin, de Maurice Ravel… _ dédié à son épouse décédée en 1971, Peggy Lawson, qui revisite l’histoire politique du XXe siècle.

    …

    Irritant, déroutant, exaltant

    …

    Ce parcours _ courageux et relativement singulier _ révèle un cinéaste étrange, irréductible _ voilà ; nous retrouvons ici la singularité, non politique certes, mais esthétique (en son très haut « Idéal d’Art« , en son cas), d’un Lucien Durosoir ! Irritant par certains aspects (l’emphase, l’ubiquité de la voix off, l’omniprésence de la musique) _ tous des traits d’irruption forte (dans le film) de l’artiste : un peu loin de l’impassibilité du documentariste des « faits«  bruts ! _, déroutant par d’autres (l’équilibre précaire _ vibrant, justement ! _ entre documentaire, images d’archives et scènes reconstituées) _ voilà bien de l’audace ; et de la vulnérabilité ! _, et néanmoins exaltant _ nous retrouvons bien là un des traits du « sublime«  tel que l’analyse si finement et justement Baldine Saint-Girons, en son indispensable Pouvoir esthétique… Par son art dialectique du montage _ cf, donc, les travaux si éclairants de Georges Didi-Huberman ! notamment sur le génie de Brecht en son livre de photos sur la guerre de 39-45… _, par la puissance _ voilà : un facteur éminemment décisif ! à l’heure des robinets d’eau tiède uniformisée : surtout le moins de vagues possible… _ de son témoignage _ un acte crucial ; cf, ici, les travaux de Carlo Ginzburg ; ainsi Unus testis, pages 305 à 334 in l’important Le fil et les traces _ vrai faux fictif, traduit par Martin Rueff _, par son indignation  jamais désarmée _ voilà _, pour employer un mot redevenu d’actualité _ bonjour, Monsieur Stéphane Hessel !.. La collision _ oui ! _ entre vision personnelle et ambition unanimiste _ oui ! au nom du « peuple » entier : il n’est pas encore tout à fait assassiné… _, élégie intime et embrasement politique _ intimement unis, tissés… _, patriotisme et internationalisme, fait de cette œuvre au génie bancal _ oui : le « génie«  (cf ce qu’en dit Kant, en sa Critique de la faculté de juger…) l’est toujours si peu que ce soit, « bancal« , en ses avancées fortement singulières… _, perpétuellement à contre-courant, le lieu d’une utopie _ vive : au (haut) nom de l’Homme, et a contrario des bassesses utilitaristes ; cf Ernst Bloch, Le Principe-Espérance, et Cornelius Castoriadis, L’Institution imaginaire de la société…

    …

    Au programme également _ de ce festival Cinéma du réel au Centre Pompidou… _, un document inédit entouré d’un grand mystère : Henchman Glance (Le Regard du bourreau). Il s’agit d’un remontage _ coucou, Georges Didi-Huberman ! _ réalisé récemment par Chris Marker d’une bande filmée par Hurwitz _ toujours lui _ durant le procès Eichmann, mais non intégrée _ alors _ à son film. Celle-ci fut tournée hors audience alors que le maître d’œuvre de la « solution finale » _ Adolf Eichmann, en l’occurrence _ découvrait en compagnie de son avocat le film d’Alain Resnais, Nuit et brouillard, qui devait être produit plus tard comme pièce du procès. Cette séance (samedi 2 avril, à 18 h 15 _ à noter ! au Centre Pompidou, pour ce visionnage du Regard du bourreau, donc, de Chris Marker re-montant ce qu’avait filmé, « hors audience« , Leo Hurwitz, en juin 1961… _) sera présentée par les historiennes Sylvie Lindeperg et Annette Wieviorka, ainsi que par le fils du cinéaste, Tom Hurwitz.

    …

    On trouve enfin dans la programmation intitulée « America is hard to see« , un plus large échantillon de ces documentaires alternatifs américains.

    …

    Entre les contre-actualités _ voilà ! _ de la Film and Photo League

    et les œuvres de Frontier Films,

    ces archives sont précieuses,

    car elles sont les seules à dévoiler _ voilà ! _ un pan occulté _ encore… _ de l’histoire contemporaine américaine, depuis les grandes marches de la faim des années 1930 jusqu’à la répression qui frappe les syndicalistes, en passant par les exactions commises contre la minorité noire.

    …

    On notera _ encore aussi _ dans cet ensemble _ riche et original _,

    la première projection française de With the Abraham Lincoln Brigade in Spain (1938), saisissant court-métrage _ merci ! _ du photographe Henri Cartier-Bresson _ 1908-2004 _ retrouvé en 2010, consacré aux volontaires américains sur le front de la guerre civile espagnole.

    …

    Ce riche ensemble, qui fait partie intégrante du patrimoine américain, n’en a pas moins suscité une étonnante réaction :

    …

    contrairement à l’habitude, l’ambassade des États-Unis a refusé _ tiens, tiens ! sur quelles consignes ? _ toute participation financière aux frais de cette présence américaine au festival,

    faisant savoir à Javier Packer-Comyn que la programmation « n’est pas conforme à l’image que veut donner le pays« … _ le souci de la vérité ne l’emporte donc pas encore sur une palette, somme toute, toujours bien étroite d’« intérêts«  ! Nonobstant le président Obama !.. De quoi donc ce « refus«  est-il l’indice ?.. Ah ! la realpolitik !!!

    …

    Cinéma du réel.

    Centre Pompidou,

    place Georges-Pompidou, Paris 4e,

    M° Rambuteau. Tél. : 01-44-78-45-16.

    …

    Du 24 mars au 5 avril.

    Cinemadureel.org

    …

    Jacques Mandelbaum

    …

    Article paru dans l’édition du 20.03.11
    …

    …

    Un article et une manifestation

    décidément

    bien intéressants :

    …

    sur l’œuvre

    assez singulière : encore dérangeante par ses audaces,

    et « vraie« 

    d’un Leo Hurwitz :

    …

    à aller découvrir…

    …

    Titus Curiosus, ce 20 mars 2011

  • L’expo Joseph Charroy au Novo Local, aux Capucins, à Bordeaux : un talent « vrai » discrètement éclate

    Joseph Charroy,

    jeune photographe bordelais

    de très grand talent (!!!),

    expose au Novo Local, aux Capucins

    _ 16 rue Jules Guesde, à Bordeaux _

    jusqu’au vendredi 1er avril :

    …

    une collection de ses photos _ noir et blanc, ici… _, sur un mur ;

    …

    ainsi qu’une collection de « petites huiles » _ en couleurs _

    de sa compagne Florence Cats,

    lui répondant sur le mur en face :

    …

    tous deux

    ont en projet

    la publication _ ils recherchent un éditeur ! _ d’un « carnet de voyage« ,

    dans les Pyrénées (entre autres : par Saint-Béat),

    en Languedoc-Roussillon, aussi _ Lunas : les noms aussi, pas que les lieux, leur plaisent… _,

    et aussi un peu en Espagne,

    intitulé « Chats lunatiques » :

    …

    les textes de ce carnet

    sont de la main de Florence ;

    …

    au fil de ses impressions (de voyage),

    celle-ci

    cite aussi

    des passages

    qui lui plaisent _ et entrent en résonance… _

    des livres qu’elle lit alors ;

    …

    ainsi, par exemple, Nocturne indien, d’Antonio Tabucchi  ;

    …

    ou, encore, La Joie, de Georges Bernanos… :

    …

    tout vient faire ainsi « correspondance« ,

    en quelque sorte…

    …

    …

    Parmi

    les photos _ très, très belles  :

    en l’éclat de leur vérité ! vous allez en juger… _

    de Joseph,

    …

    voici une veduta _ nocturne _

    de leur (familière ! ils la surplombent !) place Saint-Michel :

    …

    admirable !

    …

    photo

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

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    …

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    …

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    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    Et voici aussi celle-ci,

    de « Nino » :

    …

    photo

    …

    Et voici encore,

    bien qu’absente de cette exposition-ci au Novo Local

    de ce mois de mars 2011,

    une ancienne photo, « au miroir« ,

    qui m’avait beaucoup plu,

    quand j’ai fait la connaissance de Joseph Charroy,

    lors d’une conférence de Bernard Plossu,

    à la Bibliothèque Municipale de Bordeaux, à Mériadeck ;

    c’était le vendredi 12 février 2010, à 18h30 _ je le retrouve sur mon agenda _ :

    …

    Joseph Charroy avait apporté

    un beau lot, en une boîte, de son travail photographique,

    afin de le montrer,

    en vrac,

    à Bernard Plossu,

    présent à Bordeaux, ce soir-là, donc,

    et parfaitement accessible _ comme il l’est toujours… _ ;

    …
    voici aussi le courriel

    _ du lendemain, le 13 février, à 20h 12… _

    dans lequel Joseph

    témoignait

    de cette rencontre

    et de cet échange

    avec Bernard Plossu :

    …

    Merci beaucoup pour votre attention
    Pour moi cela a été une très belle rencontre, passionnante et très touchante. J’avais rarement entendu parler de la photographie d’une façon aussi généreuse et vraie. Je me suis senti très proche de cette approche de la photo (les
    « photographes féminins« , le rapport à l’intimité, la simplicité, la sensualité, le plaisir de photographier et d’en parler…).

    Beaucoup de choses à dire, mais j’étais un peu tétanisé, et tout cela était un peu rapide.

    Mais j’y repense beaucoup.

    J’ai pris pas mal de photos aujourd’hui, j’ai réussi à me procurer le livre de photos sur Marseille,

    je viens de regarder votre blog, c’est très vivifiant de lire cette parole sur la photographie (j’ai imprimé les articles pour pouvoir les lire tranquillement en regardant des photos)…
    Je vous envoie quelques photos (ce sont des scans de tirages et la qualité d’image laisse un peu à désirer…)

    Encore merci et à bientôt j’espère

    …

    …

    http://abordage1.free.fr/photos%20dos/joseph/leti5.jpg

    …

    Un admirable double portrait

    en abyme…

    …

    …

    Courrez au Novo Local des Capucins,

    16 rue Jules Guesde,

    tous les après-midis, du mardi au vendredi, entre 17 et 19 heures,

    jusqu’au vendredi 1er avril compris…

    …
    Joseph Charroy est déjà un très grand !

    _ parole, aussi,

    et immédiatement,

    de Plossu…

    …

    …

    Titus Curiosus, ce 16 mars 2011

    …

    …

    Post-scriptum :

    …

    La ville de Bordeaux

    dispose de beaux talents _ vrais ! _

    à faire valoir

    une ville

    qui a prétendu au beau titre de « Capitale européenne de la culture« …
    …
    Qu’elle ne se contente pas

    de seulement ré-utiliser d’anciens talents

    déjà bien confirmés,

    anciens _ et/ou déjà morts _,
    et qui, de plus, lui sont assez lointains : un peu d’audace vraie, aussi,

    et créative,

    s’il vous plaît !..

    …
    Cf mon article précédent du 12 mars dernier : OPA et titrisation réussies sur “l’art contemporain” : le constat d’un homme de goût et parfait connaisseur, Jean Clair, en “L’Hiver de la culture” sur le si juste livre de Jean Clair : L’Hiver de la culture, aux Éditions Flammarion, collection Café Voltaire,

    à propos de la reconnaissance due aux artistes « vrais »

    de leur vivant…

    …

    Et sur la venue à Bordeaux _ à l’excellente galerie Arrêt sur l’image, de l’excellente Nathalie Lemire-Fabre, et à la Bibliothèque de Mériadeck… _ ces jours de février 2010 _ un an et un mois, à peine : alors qu’il me semble que c’était quasi en une autre vie… : je ne m’ennuie donc pas ! _ de l’ami Plossu,

    cf mon article du 14 février 2010 Bernard Plossu de passage à Bordeaux : la photo en fête ! pour un amoureux de l’intime vrai…

    …

    il me semble, à la re-lecture, ne pas avoir pris de ride : comme quoi !.. La fraîcheur « dure » !