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  • Une célébration de la lumière : les « Passacailles » de Christian Gardair, à la Galerie Le Troisième Œil

    Vendredi soir dernier, 3 septembre, à partir de 18 heures,

    vernissage de l’exposition Bleu Gironde et passacailles, à la galerie Le Troisième Œil, 17 rue des Remparts, à Bordeaux.

    …

    C’est l’ami Alain Béguerie qui avait suggéré que nous nous y retrouvions, avec nos amis Lucien et Christine Orio : quelle richissime initiative !

    …
    D’autant qu’en arrivant sur les lieux, j’y trouve l’ami Jean Bauer,

    et que c’est en sa compagnie _ idéale ! _ que je découvre les Passacailles du rez-de-chaussée : Jean Bauer me détaille d’expert (!) l’inspiration musicale _ le séquencement des portées… Boulez… le nombre 5… _ de ces pièces toute récentes ; avant de nous confronter, à l’étage, aux Bleu Gironde, davantage géographiques _ avec, aussi, passage d’ombres et nuées…

    …

    Je croise aussi les amis de Baldine Saint-Girons, au domicile desquels j’avais fait la connaissance de leur ami commun, Christian Gardair : c’était à la suite de la présentation _ très impressionnante ! jamais je n’avais été aussi impressionné par une si forte « présence » d’une personne ;

    sinon, peut-être, Aharon Appelfeld lors de son passage dans les salons Albert-Mollat (et au centre Yavné), le 19 mars 2008 ! _

    par Baldine Saint-Girons, de son livre époustouflant, L’Acte esthétique (paru aux Éditions Klincksieck, en janvier 2008)…

    …

    Voici quelques une de mes impressions de ces Passacailles, si somptueusement lumineuses _ quelle qualité de joie !!! _, de Christian Gardair :

    …

    La joie
    de ce que donne à regarder Christian Gardair
    irradie _ aussi puissamment que parfaitement tranquillement _ : avènement et règne

    très simples
    de la pureté claire advenue
    et célébrée
    du jour : sa lumière…

    …
    Comme souvent dans les lignes les plus simplement contrapointées de Bach
    …
    (c’est aussi un peu oxymorique !
    mais sans aller rien rechercher, puisque tout est déjà tout simplement et pleinement là :
    il n’y a qu’à s’y tourner
    et y cueillir, y puiser : prendre, saisir, tenir, dans la douceur à peine d’un geste

    et noter

    pour le rendre, le re-donner, tout aussitôt
    immédiatement
    et en parfaite simplicité, à son tour
    , en effet _ sans maniérismes,
    ce
    « tout« … _, au regard

    invité) ;
    …
    comme, spécialement, dans les pièces familiales les plus simples et radieusement heureuses :
    celles, de joie, des Petits livres d’Anna-Magdalena, de Wilhelm-Friedemann, etc.

    …

    …
    Personnellement,
    me soumettre, avant-hier soir, à la Passacaille

    figurée
    fut un pur (et très clair _ et assez rare, aussi, à ce degré d’évidence !) bonheur :
    quelle puissance d’énergie toute simple (lumière !)
    sourd, parfaitement tranquillement, de « cela« ,
    de ces lignes (avec éclaboussement des couleurs) ainsi « exposées« ,
    et sur l’espace offert de la toile,
    et sur les cimaises du lieu d’exposition ;

    …
    comme dans la poursuite (à variations : en ces « portées » patiemment et artisanalement continuées, en leur jeu _ car cela est ludique, « joué« …)
    d’une transposition
    ,
    peut-être,
    de ce que peut être pour lui, acteur du geste de peinture,
    le moment extrait de la chair du temps (et des jours) qui défile(-nt), généreusement
    , dieux merci ! ;
    …
    en une transposition, donc,
    de ce que peut être pour lui, en tout simple passeur
    en l’acte, pour lui, de peinture :
    …
    une transposition
    d’expérience à peine figurée ; mais il faut cette forme de marque, tout de même,
    de minimale et patiente, sérieuse, et peut-être obstinée

    (comme le retour _ mental _ de la ritournelle serait obsédant si celle-ci ne donnait pas lieu à « cela« , ce jeu sonore-là, cette musique… _ peu formelle : ni calviniste, ni luthérienne, en tout cas ! pour moi…)
    inscription du geste ;
    …
    en une transposition de ce que peut être pour lui le moment
    paisible (ainsi que le paysage _ long et large _ de cette Gironde)
    de se soumettre
    au regard (humble et reconnaissant !) presque sans limites de son estuaire,
    du coteau, avec vignes, à Berson ;

    …
    et ce tissage de séries _ superposées plus qu’alignées, en leur succession continuée _ de lignes
    variées
    en leur continuité-poursuite
    et l’éclat tranquille
    _ très apaisant _ de la giclée _ très joyeuse _ et de l’élan sérié des
    couleurs,
    comme contenues
    _ afin de donner (= rendre) toujours plus d’éclat ! en cette mesure probe… ; c’est quasi plotinien ! _, en leur variété défilant
    et se défiant les unes les autres
    à grands éclats de rire pur (ceux de l’intensité spontanément vive des touches),
    dans les cases
    _ ou festons _ qui s’ouvrent, fines, fines, quasi infimes ;
    …
    et ce tissage tramé (et enclos dans le cadre tout tracé, peint, en les bords,
    et jusqu’en les côtés mêmes de la toile, eux aussi,
    de ces épaisseurs superposées de couches contrapointées de tramages hyper-colorés),

    …
    ce tissage-tramage
    est musique,
    à la Bach :

    …
    comme pour _ un cadeau ! une offrande ! _ l’épouse chanteuse Anna-Magdalena
    et les jeux digitaux
    _ et quodlibet en prime _ des enfants,
    Wilhem-Friedmann, Carl-Philipp-Emanuel, etc…

    …

    Tout cela m’évoquant aussi
    l’irradiation magnifique de Cántico

    (1928, 75 poèmes ; 1936, 125 poèmes ; 1944, 270 poèmes ; 1951, 334 poèmes)
    du merveilleux Jorge Guillén
    (Valladolid, 18 janvier 1893 – Malaga, 6 février 1981).
    Jorge Guillén a aussi traduit en castillan Le Cimetière marin de Paul Valéry, en 1930.
    …

    Sur Paul Valéry,
    cf cet article récent de mon blog :

    Vie de Paul Valéry : Idéal d’Art et économie du quotidien _ un exemple

    …

    Voilà.

    …

    Le jeudi 16 septembre, la galerie Le Troisième Œil accueillera Yves Boisseleau pour une lecture de son livre Le Corps du délit, illustré par Christian Gardair…
    …
    Et Baldine Saint-Girons,

    poursuivant sa magistrale analyse de l’aisthesis,

    après le merveilleux L’Acte esthétique,

    nous donne Le Pouvoir esthétique :

    je le commenterai ici prochainement ; je viens de le lire ces deux jours ;

    un travail lumineux sur un sujet aux impacts civilisationnels majeurs…

    …

    Voilà, là, des célébrations du jour _ quelles qualités de bleu !!! _

    qui font du bien ;

    je cite Baldine Saint-Girons, à la page 133 de son Pouvoir esthétique :

    …

    « Ce pouvoir (esthétique) est celui d’une cosmothérapie, dont l’instrument est une culture définie à la fois comme culture de l’âme (cultura animi), épanouissant les forces spirituelles ; comme culture commune, un « nous pensons » (cogitamus) ; et comme culture ouverte, non exclusive, non méprisante. La véritable culture doit permettre une « tonification de la vie » en induisant un élan créatif et en renouvelant « l’expérience salutaire de l’émergence »…«  _ ces deux dernières expressions sont empruntées à La Poétique de l’espace, de Gaston Bachelard.   « …

    …

    Venez-vous exposer au bleu tout à la fois apaisant et « tonique » de ces Passacailles…

    …
    Titus Curiosus, ce 5 septembre 2010

  • Trois (belles !) curiosités musicales _ dont une au splendide catalogue Alpha : les chansons de Gustave Nadaud, par Arnaud Marzorati

    En rafale,

    voici trois (très belles !) « curiosités » musicales discographiques :

    …

    1) la première est à mettre au compte du splendide _ voire époustouflant ! cette saison 2010 ; cf mon article du 14 mars 2010 : « Alpha, éditeur de la “présence” (au disque) de la musique : François Lazarevitch et Yves Rechsteiner, entre Céline Frisch et Benjamin Alard _ un catalogue de merveilles !« … _ catalogue Alpha :

    …

    il s’agit du CD Alpha 160,

    une nouvelle pépite de ce sourcier assez prodigieux qu’est Jean-Paul Combet :

    soit le récital La Bouche et l’oreille, composé de 17 chansons, de Gustave Nadaud (1820-1893),

    auteur-compositeur _ à la fois ! _ de ces petites merveilles,

    qu’a su dénicher ce musicien magnifique _ je veux dire bien plus qu’un magnifique interprète-chanteur _ qu’est Arnaud Marzorati, baryton.

    …

    Celui-ci explore, en effet, très méthodiquement, depuis une dizaine d’années, le répertoire _ un peu trop en déshérence, ces derniers temps, hélas ! de quoi nous privons-nous, aussi stupidement !?! _ de la chanson française :

    …

    depuis son premier CD pour Alpha (je veux dire en tant qu’initiateur de projet _ de concert ou de disque _ ; pas en tant qu’interprète pour divers chefs…),

    le CD Alpha 075 (enregistré en 2004) de chansons de Jacques Prévert (1900-1977) & Joseph Kosma (1905-1969) : Et puis après… ;

    …

    puis, le CD Alpha 111 (enregistré en 2006) de cantates françaises de Jean-Baptiste Stuck (1680-1755) : Tyrannique empire… ;

    …

    et aussi  le CD Alpha 131 (enregistré en 2007) de chansons de Pierre-Jean de Béranger (1780-1857) : Le Pape musulman & autres chansons…

    …

    Et maintenant voici que ce CD La Bouche et l’oreille de 17 chansons (paroles & musique, s’il vous plaît !) de Gustave Nadaud

    est une réussite absolue

    qui nous donne à écouter et jouir de tout un (grand) art de la chanson _ davantage pour des concerts privés, dans des salons un peu (mais pas trop !) encanaillés : avec juste ce qu’il faut d’esprit !, que pour des cafés-concerts, ou des concerts publics immenses… _ ;

    …

    et quand Gustave Nadaud se dit lui-même « modéré« ,

    cela donne la mesure de ce qui pouvait alors se dire, ou plutôt se chanter ! et avec quelle poésie !

    d’un art qui sait être « populaire » sans être ni vulgaire, ni populiste ! et raffiné, plein d’esprit _ français, justement !

    …

    Arnaud Marzorati nous offre tout cela avec précision, subtilité et liberté, tout à la fois,

    jubilatoirement accompagné qu’il est _ comme au concert ! _ de musiciens (Daniel Isoir, au piano ; Stéphanie Paulet, au violon ; Alexandre Chabod, à la clarinette ; et Paul Carlioz au violoncelle) qui savent servir ce genre (entre deux, mais avec la liberté de ses audaces !) et ce répertoire…

    …

    Combien la chanson _ et la langue, le français parlé ! _ ont « perdu » _ en finesse comme en force de percussion ! _ depuis ce temps :

    en gros celui du second empire et de la troisième république !

    …

    Quel plaisir d’écouter cette langue-là servie ainsi !!!

    …
    Qu’on en juge avec la chanson d’ouverture de ce récital, « La Vie moderne« , composée en 1857 :

    …

    « Vois-tu, là-bas, le tourbillon,

    Qui, dans sa course échevelée,

    Trace ce flamboyant sillon

    A travers mont, plaine et vallée ?

    Flamme et fumée, éclat et bruit,

    S’éteindront sans laisser de traces :

    Sais-tu quel est le char qui fuit ?

    C’est ton existence qui passe !

    …
    Oui, le temps a doublé son cours,

    L’humanité se précipite

    Tous les chemins deviennent courts ;

    L’océan n’a plus de limites.

    La vie était longue autrefois ;

    Sur la pente elle est entraînée ;

    Nous vivons plus en un seul mois

    Que nos aïeux dans une année.

    …
    La nature avait des poisons :

    Le génie humain les révèle ;

    Il arrache aux vieux horizons

    Une perspective nouvelle.

    Il a d’invisibles moteurs,

    Des agents subtils, des essences

    Qui savent calmer nos douleurs

    Et décupler nos jouissances.
    …
    Les fleurs n’ont plus besoin d’été ;

    Les fruits n’attendent plus l’automne ;

    Ce que le sol n’a pas porté,

    L’industrie active le donne.

    Nous avons fait de nos loisirs

    La mer et le ciel tributaires ;

    Nos appétits et nos plaisirs

    Épuisent les deux hémisphères.

    …
    Mais à peine respirons-nous

    Dans cette course haletante ;

    La vapeur nous emporte tous

    Debout sur la machine ardente.

    L’essieu se fatigue et se rompt,

    Usé, vaincu par la distance ;

    Ainsi bientôt se briseront

    Les ressorts de notre existence.

    …

    L’aiguille avance ; soyons prêts !

    Nous mourrons vieillis avant l’âge ;

    Nos fils nous suivront de plus près

    Dans le vertigineux voyage.

    Ils auront la vie, à leur tour,

    Plus rapide encore et meilleure ;

    Ce que nous usons dans un jour,

    Ils l’épuiseront dans une heure.
    …
    Ô le terrible enseignement !

    Songes-y, l’instant est suprême.

    Où trouveras-tu le moment

    De te recueillir en toi-même ?

    Beau voyageur, tu vas partir :

    As-tu pris soin de bien vivre,

    Ou le temps de te repentir ?

    Le convoi passe, il faut le suivre !

    …
    Vois-tu, là-bas, le tourbillon« …

    …
    C’est superbe ! Une « vanité » à la Paul Virilio !

    …

    Bravo les artistes !

    Et bravo l’éditeur (d’Alpha : Jean-Paul Combet _ il accomplit

    …

    (« monacalement« , dit Christophe Huss, en lui rendant, lui aussi hommage ! ;

    soit, replacé dans le contexte de l’article de Christophe Huss :

    « Il est clair qu’Harmonia Mundi a été ces cinq dernières années le phare de l’édition phonographique classique, l’éditeur qui a offert de beaux produits et des révélations artistiques dans de nombreux domaines

    (cette considération n’enlève rien au génie de Jordi Savall sur Alia Vox,

    au travail monacal d’Alpha _ voilà ! « monacal« , concerne la solitude, la rigueur, la vertu, presque l’austérité ; sinon la sainteté !.. _,

    aux explorations de CPO

    et à la constance de Bis)…« ,

    disait-il en chroniquant un concerto pour clarinette de Mozart pas terrible, produit par Harmonia Mundi USA ;

    et situant ainsi ce qui se fait actuellement de mieux, artistiquement, sur le marché de l’édition discographique !..)

    …

    il (= Jean-Paul Combet) accomplit un travail rare et magnifique ;

    et cette saison-ci, tout particulièrement, est quasi sans déchets !)…

    …

    Mes deux autres satisfactions de « curiosité » concernent, elles, la période (des Arts ; de la musique) dite « baroque » : mais en des versions, toutes deux _ même si très diversement ! _ toutes de finesse et de subtilité.

    …
    2) D’abord, un rare _ par les pièces choisies ! d’abord… _ CD de musique de luth française au tournant des XVII & XVIII èmes siècles :

    le CD Manuscrit Vaudry de Saizenay, interprété par Claire Antonini (CD AS Productions ASM 004)

    d’après un des deux manuscrits conservés à la Bibliothèque municipale de Besançon (en l’occurrence le premier des deux : cote 279.152, très exactement !), de la main et du choix de Jean Etienne Vaudry de Saizenay, seigneur de Saizenay et Poupet, en Franche-Comté (non loin de Salins).

    …

    Né le 26 septembre 1678 à Saizenay, ce conseiller au Parlement de Besançon (de 1704 à 1725, date à laquelle il résigna sa charge) _ et qui mourut à Besançon le 21 juillet 1742 _, prit, pendant ses études à Paris, des leçons des maîtres luthistes Guillaume Jacquesson et Robert de Visée.

    …
    « Il entreprit alors de noter les nombreuses pièces de luth et de théorbe qu’il avait pu recueillir, souvent même auprès de ses maîtres ou de quelques uns des plus célèbres luthistes de son temps« , nous apprend, page 6, l’excellente notice du livret de ce CD, sous la plume plus qu’experte (!) de notre Claude Chauvel bordelais !.. Et « la rédaction de ses deux livres _ les seuls de sa main qui nous soient parvenus _ s’est poursuivie pendant plusieurs années, comme en témoigne la diversité stylistique du répertoire consigné« , pages 6-7.

    …

    Mais « alors que les luthistes du XVIIème siècle ont bien souvent une vision rétrospective _ et presque mélancolique _ de leur répertoire, Vaudry, sans ignorer la tradition des Gaultier et de Du Fault, fait une large place aux œuvres de ses proches contemporains Du But le Fils, Mouton et Gallot«  _ apparaissent ainsi, aussi, les noms de Emond (noté aussi « Aymond« , ou « Hémon« ), Du Pré (dit « d’Angleterre« ), Jacquesson ; ainsi que de Hardel (le claveciniste)…  De même que « pour son instrument, il n’hésite pas à transcrire : Lully, Marin Marais, Forqueray, Couperin, les pièces de théorbe et de guitare de Visée, Corelli, voire des chansons et autres vaudevilles à la mode«  _ soit le tout-venant de ce que pratiquait alors au quotidien un luthiste : interprète pour son plaisir, et celui de ses proches…

    …

    Aussi « son livre, rédigé d’une main uniforme (excepté les premières pièces), abonde (-t-il) en détail techniques (doigtés, tenues) et en signes d’interprétation (agréments, harpégements, séparations). Source unique _ voilà ! _ pour de nombreuses pièces, il en corrige parfois le texte ou précise les attributions. »  Avec cette conséquence notable que « la meilleure connaissance que nous avons aujourd’hui du répertoire du luth en France, au XVIIème siècle, doit beaucoup _ voilà _ à la passion _ musicienne autant que musicale : elles étaient alors confondues pour l’essentiel ! la musique se pratiquait plus qu’elle ne s’écoutait seulement… _ de Vaudry, autant qu’à sa diligence.« 

    …

    Ainsi « sa seule bibliothèque musicale, riche de publications les plus récentes _ alors : « contemporaines«  (de lui), dirions-nous maintenant _, prouve suffisamment le goût et l’éclectisme du personnage.«  Et « on déplorera, malheureusement, la disparition _ provisoire ? _ de trois autres manuscrits de luth qui figuraient dans la collection » ; « et, on le présume, quelques livres gravés, dont ceux pour la guitare de Robert de Visée« , page 7 du livret.

    …

    Tout un monde pour nous est ainsi restitué ! en ce récital de ce disque, sous les doigts fins, habiles et poétiques de Claire Antonini, sur un luth à 11 chœurs (un instrument réalisé par Paul Thomson, à Bristol, en 1997)…

    …

    Nous qui avons découvert aussi, naguère, en Jean de La Fontaine, un admirateur éperdu de cette musique si merveilleusement poétique : cf par exemple son éloquente (contre le trop « bruyant » et pas assez poétique nouveau genre musical qu’était le très ambitieux, lui, opéra de Lully…) « Épître à Monsieur de Nyert« 

    …

    (et mon texte pour le livret du CD « Jean de La Fontaine : un portrait musical« , par la Simphonie du Marais et Hugo Reyne : CD EMI 7243 5 45229 2 5, en 1996 ; CD dont j’avais composé le programme avec Hugo Reyne :

    …

    pour évoquer musicalement cette incisive et nostalgique, tout à la fois, « Épître à Monsieur de Nyert » _ dans laquelle le poète, amoureux fou de musique (et authentique initiateur de la critique de réception musicale ! La Fontaine fonde cette « esthétique«  : cela ne se sait pas assez ! même de la part de ce lafontainien éminent qu’est Marx Fumaroli : cf son Le poète et le roi _ La Fontaine en son siècle, paru en 1997) citait, mêlant les instruments et les genres :

    …

    « Boesset, Gaultier, Hémon, Chambonnières, La Barre,

    Tout cela seul déplaît, et n’a plus rien de rare ;

    On laisse là Du But, et Lambert et Camus ;

    On ne veut plus qu’Alceste, ou Thésée, ou Cadmus« … _

    …

    Avait été choisie alors la courante « L’Immortelle » du Vieux Gaultier, Ennemond,

    qu’interprète magiquement, au théorbe, Vincent Dumestre, en ce disque enregistré l’été 1995 en l’abbatiale de Saint-Michel-en-Thiérache : j’y étais…)…

    …

    De même que nous avons découvert, aussi, et exploré, plus avant, ce goût, ou plutôt cette passion, pour cette musique,

    aujourd’hui si méconnue _ mais que nous rendent les interprètes ! quand on va les écouter ! au concert comme au disque ! _,

    dans les lettres « chantantes » si savoureuses de Madame de Sévigné à sa fille : toutes deux pratiquaient (plus que passionnément : à la folie !) la musique, et l’une, le chant, l’autre, la danse…

    …
    Enfin,

    3) un CD d’une virtuosité époustouflante au service de la poésie de la musique

    _ si rayonnante ! à conseiller d’urgence aux neurasthéniques ! _ :

    …

    l’interprétation par le génial flûtiste à bec Maurice Steger (et The English Concert, dirigé par Laurence Cummings, du clavecin…)

    …

    de versions orchestrées par Francesco-Xavero Geminiani,

    et avec des agréments (virtuosissimes !) « of severall Eminent Masters« ,

    tels que les Signori Cateni & Valentini, Pietro Castrucci, Christopher Petz, ou Jacques Paisible, tous présents alors à Londres,

    …

    des Sonates opus V d’Archangelo Corelli,

    telles qu’elles eurent un succès fou (et durable : tout au long du XVIIIème siècle !) à Londres et en Angleterre, et tout le Royaume-Uni !

    …

    Le CD Harmonia Mundi Mr. Corelli in London _ Recorder Concertos ; La Follia (after Corelli’s op.5) CD HMU 907523,

    par Maurice Steger, The English Concert & Laurence Cummings,

    est ainsi une merveille de plaisir fou : rare !

    …

    Peut-être ce CD va-t-il même parvenir à détrôner la « merveille des merveilles » qu’est le double CD des Partitas (Clavier-Übung-I) de Jean-Sébastien Bach, par l’extraordinaire Benjamin Alard, l’album Alpha 157,

    …

    qui ne quitte pas ma platine depuis plus d’un mois

    _ non plus que celle de Vincent, du rayon Musique de la librairie Mollat,

    ainsi qu’il me l’a confié ;

    et je ne crois pas trahir là un secret ! Il le fait largement partager !..

    …

    Un CD de pur bonheur ! A passer sans se lasser en boucle…

    …
    Titus Curiosus, ce 27 avril 2010

  • Tendresse et juvénilité d’un merveilleux récital de Céline Frisch : « Aux sources du jeune Bach » (CD Alpha 149)

    Réussir _ en sa « composition » ! _ un récital, tant au concert qu’au disque, au CD, est fort délicat !.. Que d’arbitraire artificiel, le plus souvent, en ces propositions d’interprètes musiciens ! et d’éditeurs de disques, alors pas assez scrupuleux…

    …

    Des exceptions, cependant. Et remarquables ! Magnifiques !

    …

    Somptueuses, même,

    comme ici, en ce récital « magique » autour du « jeune Bach« , en le CD « Die Quellen des Jungen Bach » de Céline Frisch _ soit « Les Sources du jeune Bach » : le terme est on ne peut plus juste ; « sources« , elles sont à jamais jaillissantes, comme cela s’entend, et s’écoute, excellemment !.. _ :

    …

    le premier CD _ le CD Alpha 149 : à relever sur son calepin ! _ que nous propose cette année l’excellentissime catalogue Alpha de Jean-Paul Combet…

    …

    Par exemple, aussi, le programme,

    il est vrai, celui-là même, de Frédéric Chopin lui-même, interprète _ assez rare ! _ en concert (accompagné ici, le 21 février 1842, d’acolytes-amis de très grand choix : Pauline Viardot-Garcia, la chanteuse et compositrice _ aussi, elle-même ; ainsi que sœur de Maria Malibran _, pour trois interventions de chant ; et le violoncelliste et compositeur _ encore, lui aussi _ Auguste Franchomme, pour un solo de violoncelle :

    ces pièces-là sont absentes du récital de ce CD, exclusivement consacré aux œuvres de piano de Chopin de ce concert-ci : 5 « Préludes« ,  3 « Études« , 4 « Nocturnes« , 3 « Mazurkas« , l’ »Andante spianato« , opus 22, la « Ballade » opus 47, l’ »Impromptu » opus 51 & la « Grande Valse » opus 42… ;

    l’art de « passer » de l’un à l’autre est magnifique, tant de la part du concepteur du concert et compositeur, Frédéric Chopin, que de la part de l’interprète musicien au piano, l’extrêmement fin Alain Planès…) :

    …

    pour un concert

    _ et pour un public limité : très vite, Chopin préfère, en effet, se faire écouter plutôt dans des salons que dans des salles de concert : « devant un public aussi restreint que choisi« … ;

    « Chopin est un poète de l’intimité et ne révèle son génie _ voilà ! _ que devant le petit nombre :

    « Il était l’homme du monde intime, des salons de vingt personnes », écrit Georges Sand » ;

    c’est que, fondamentalement, « l’art de Chopin est un art de chambre » ;

    et «  »je n’aime pas paraître en public », confie lui-même Chopin à Lenz en 1842, avant un concert. Ce rapport conflictuel avec la scène va d’ailleurs de pair avec un trait de son pianisme : Chopin ne joue pas fort« , indique éloquemment Nicolas Dufetel dans sa présentation du livret du CD que je suis en train de présenter… _

    …

    pour un concert donné le 21 février 1842

    _ « à huit heures du soir« , avait dit la « Revue et Gazette musicale de Paris » du 2 mai suivant, dans les « salons de M. Pleyel« , à Paris, à propos d’un concert-récital similaire de Frédéric Chopin, le 23 avril 1841, cette fois-là : un an auparavant, donc… _ :

    …

    « dans les nouveaux salons Pleyel sis au 20 de la rue de Rochechouart, aujourd’hui détruits  : Chopin donne un de ses très rares concerts, espéré depuis des semaines, voire des mois« , indique, en ouverture, page 5, du (très bon) livret, la présentation « Un Concert de Chopin dans les salons Pleyel en 1842« , par Nicolas Dufetel,

    …

    le programme , donc, du CD, lui aussi somptueux : « Chopin chez Pleyel« , par Alain Planès,

    et sur un piano Pleyel de 1836 (appartenant à la collection du facteur Anthony Sidey) :

    …

    il s’agit du merveilleux CD HMC 902052 paru chez l’éditeur Harmonia Mundi l’automne dernier _ je l’évoquai seulement, très vite, en mon article du 2 novembre « une flopée de merveilles de musiques, et une passionnante exposition, aussi, “Deadline”, cette Toussaint » : je ne l’avais pas encore écouté, seulement acheté ! _, auquel j’ai eu grand tort de ne pas consacrer jusqu’ici d’article : un des plus beaux CDs de l’année passée, 2009 !

    …

    Mais j’en viens à ce sublime récital _ de pièces de clavecin, cette fois _ à propos de la formation _ elle-même géniale ! _ du génie, davantage qu’en gestation, en éclosion, en explosion

    _ quelle formidable juvénilité : j’admirai il n’y a guère, c’était le 17 octobre 2009, celle du très jeune Mendelssohn : « Le bonheur de Félix Mendelssohn : son Octuor, avec Christian Tetzlaff, en un CD AVI (en public, au Festival de musique de chambre “Spannungen”‘de Heimbach) » !

    et encore le 9 janvier 2010 : « Découvrir (encore) au CD des oeuvres (encore) inédites de Félix Mendelssohn« …

    Que dire de celle, juvénilité, du jeune Bach, quand c’est à sa « source«  même _ de fondamentale jeunesse ! _ que s’est formé Felix Mendelssohn via son maître (de musique) Zelter ! ainsi que je l’avançai dans cet article joyeux du 17 octobre ! _

    …

    à propos de la formation du génie

    en explosion _ confondante ! _

    du jeunissime pour l’éternité _ ad majoram gloriam Dei ! _ jeune Bach !!!

    …
    Il faut dire

    que les « maîtres » que se donne le jeune Bach _ pour les « Toccatas«  en mi mineur BWV 914 et en sol mineur BWV 915 ; ainsi que pour le si merveilleux (unique, lui) « Capriccio sopra la lontananza del fratello diletissimo » BWV 992 _ tendrissime ! _, qu’a choisis Céline Frisch pour ce CD-récital-ci Alpha 149 _

    sont rien moins que

    …

    Johann Adam Reincken _ un musicien si jubilatoire : à découvrir d’urgence ! il a vécu à Hambourg de 1623 à 1722 ; où il était titulaire de l’orgue de l’église Sainte-Catherine ; un des plus extraordinaires musiciens toutes époques confondues !!! De Reincken, nous est donnée ici une « Toccata » en sol majeur, qui « s’ouvre par une sorte de récitatif, comme improvisé. Toccare, jouer : le musicien touche le clavier de l’instrument au gré de sa fantaisie, allant de surprise en surprise. Tel est le propre du stylus phantasticus qui émerveille le jeune Jean-Sébastien. Et les épisodes se suivent, un fugato, puis, après un passage de libre transition, un second fugato, en rythme ternaire, avant une brillante péroraison. Chacun des morceaux étant plus bref que le précédent, ce resserrement donne à l’œuvre le sentiment d’une urgence » ; « voilà donc l’archétype du « praeludium » nord-allemand, que Bach retrouvera chez Bruhns ou Buxtehude et qui fécondera ses premières pièces pour le clavecin et pour l’orgue« , commente excellemment Gilles Cantagrel, page 13 du livret… _ ;

    …

    Dietrich Buxtehude _ inutile de présenter cet autre héros du jeune Bach, mieux connu, célébré, et interprété, tant au concert qu’au disque, lui ; ce héros du stylus phantasticus, de même que son ami Reincken ! Buxtehude était titulaire des orgues de l’église Sainte-Marie de Lübeck ; il a vécu (et sa musique a rayonné, jusque très loin de Lübeck et de la mer baltique) de 1637 à 1707 ; et Bach a séjourné auprès de lui trois mois pleins, en 1705, faisant, l’année de ses vingt ans, l’aller-retour Arnstadt-Lübeck, séparées par 4oo de nos kilomètres, à pied ; cf le livre passionnant de Gilles Cantagrel, auteur du livret de ce CD Alpha 149, « La Rencontre de Lübeck« , aux Éditions Desclées de Brouwer, en octobre 2003… ; cf aussi, du même Gilles Cantagrel, les indispensables « Dietrich Buxtehude et la musique en Allemagne du Nord dans la seconde moitié du XVIIe siècle » et « De Schütz à Bach _la musique du baroque en Allemagne« , aux Éditions Fayard… De Buxtehude, Céline Frisch a choisi la « Suite » en do Majeur BuxWV 226, dont Gilles Cantagrel souligne bien le souci « de toujours créer l’unité dans la diversité« , une « leçon que Bach ne manquera pas de mettre à profit« , page 14… _ ;

    …

    Johann Jakob Froberger _ le maître de la tendresse ; qu’il a prodiguée par toute l’Europe, de Vienne à Rome, de Bruxelles et Amsterdam, et Londres à Paris, entre le Stuttgart de sa naissance, en 1616, et l’Héricourt, proche de Montbéliard, de son décès, en 1667, à cinquante et un ans : la clé probablement, quoique très discrète !, de tout le répertoire de clavier de tout le Baroque !!! rien moins ! : « référence formelle et expressive de la musique pour clavecin de toute la seconde moitié du XVIIème siècle« , le formule le livrettiste, page 14. De Froberger, Céline Frisch nous donne la deuxième « Toccata«  en ré mineur du Livre de 1649 et, de ce même Livre, la deuxième « Suite«  en ré mineur : « la succession des pièces de la « Suite«  parcourt les chapitres d’une narration fascinante, comme une confession : « allemande » navrée, « courante » à la sombre ardeur, « sarabande » meurtrie, avant que ne jaillisse enfin une très bréve et volontaire « gigue«  », est-il présenté, page 15… _ ;

    …

    et Johann Kaspar Kerll _ autre maître prodigieux ; et proprement merveilleux ! de tendresse, encore : sauf un séjour de dix ans à la cour de Vienne, il fut surtout maître de Chapelle de la Cour de l’Électeur de Bavière à Munich ; il a vécu de 1627 à 1693. « Ses quatre « Suites« , dit Gilles Cantagrel page 15, héritent directement de l’art de Froberger, et à travers lui de la manière de Frescobaldi«  ; Kerll s’y distinguant peut-être, ici, « par son sens de la concision et de la densité polyphonique« , avant que n’éclate et ne se déploie une splendide « Passacaglia« , « avec ses chromatismes droits et renversés, ses foucades et son ornementation foisonnante : un prodige d’imagination« , pages 15 & 16…

    …
    En plus du merveilleux choix de cet éventail « Toccatas » versus « Suites » qui constitue l’axe de ce si beau récital de Céline Frisch, pour éclairer la formation du génie du jeune Bach

    _ soit comme un versant italien et un versant français de « génie de musique« … Qu’à lui seul Froberger représente excellemment : il en est peut-être bien la principale « source » d’inspiration, en effet, via ses voyages à Rome (où il découvre Frescobaldi : c’est le versant « Toccatas« ) et à Paris (où il rencontre Louis Couperin : c’est le versant « Suites« …) ! _,

    le toucher de clavecin  _ un clavecin allemand d’Anthony Sidey, indique le livret, page 5 _ et le jeu même de Céline Frisch sont confondants de tendresse ! en une virtuosité merveilleusement « retenue » : un très, très grand disque,

    qui entame l’année 2010 d’Alpha dans le sublime !!! de la gravité si heureusement jouée _ les « Toccatas » _ & dansée _ les « Suites« … Ou « l’unité dans la diversité » de Bach…

    …
    Titus Curiosus, ce 19 janvier 2010

  • Découvrir (encore) au CD des oeuvres (encore) inédites de Félix Mendelssohn

    Le moment des soldes peut être propice à ne pas laisser notre (petite) curiosité « passer à côté » de « merveilles ».

    A preuve : un très étonnant, et surtout de toute beauté ! CD « Mendelssohn Rarities » du jeune pianiste italien Roberto Prosseda, comportant « 4 Sonatas, 3 Studies » & « 2 Fugues« , que j’avais bien stupidement « négligé » _ il s’agit du CD Decca 476 5277 (enregistré en décembre 2005) _ ;

    …

    alors que j’avais acquis, par le même interprète et chez le même éditeur, au moment de leur apparition simultanée sur les étals des disquaires, cette année-ci passée, 2009 (l’année du bi-centenaire de la naissance de Félix Mendelssohn-Bartholdy : 1809-1847), son CD « frère » « Mendelssohn Discoveries _ rare piano works«  _ le CD Decca 476 3038 (enregistré en janvier 2005)…

    …

    Ce CD acquis, lui, dès sa parution (en France) l’année dernière,

    comportait des pièces de piano à vrai dire un peu disparates, datant de périodes de création du compositeur étalées dans le temps :

    de 1821, pour une « Sonatina« , en mi majeur,

    à un arrangement pour le piano, en 1844, de pièces _ « Scherzo« , « Notturno« , ainsi que l’archi-célèbre « Marche nuptiale« … _ transcrites de la musique de scène pour le « Songe d’une nuit d’été » (exécutée pour la première fois à Potsdam lors d’une représentation de la pièce de Shakespeare mise en scène par le compositeur et Ludwig Tieck, suite à une commande du roi de Prusse Frédéric-Guillaume IV en personne) :

    …

    ainsi un « Capriccio » en mi bémol majeur, de 1821 ;

    une « Fantaisie » en do mineur / ré majeur, de 1823 ;

    un « Andante » en ré majeur, vers 1826 ;

    un « Andante con moto« , intitulé « Albumblatt » « 21 Mai« , en la majeur, de mai 1830 ;

    un « Adagio » & « Presto« , en si bémol mineur, composé en juillet 1833 et réélaboré un mois plus tard ;

    et divers « Lieder ohne Worte« , au nombre de quatre dans ce récital-ci : composés en 1828, 1830, 1837 et en 1841 ; et non retenus dans les 8 recueils de pièces portant ce titre _ op. 19, 30, 38, 53, 62, 67, 85 & 102 ; qui en rassemblèrent, par brassées de six, 48…

    …

    Alors que le CD «  »Mendelssohn Rarities _ 4 Sonatas, 3 Studies » & 2 Fugues » se caractérise, au contraire, par une très remarquable unité de style, de genre et d’inspiration  : les quatre Sonates, comme les trois Études, datant de 1820 _ l’année des onze ans de Félix Mendelssohn _ ;

    alors que les deux Fugues sont, elles, de 1826.
    …

    On y découvre en effet rien moins que la très grande inspiration bachienne _ cf mon article du 17 octobre 2009 : « Le bonheur de Félix Mendelssohn : son Octuor, avec Christian Tetzlaff, en un CD AVI (en public, au Festival de musique de chambre “Spannungen”‘de Heimbach)« … _ qui allait si magnifiquement innerver et les treize « Symphonies pour cordes«  _ d’entre 1821 et 1825 _  et ce chef d’œuvre des chefs d’œuvres mendelssohnien qu’est l’ »Octuor » opus 20 _ de 1825 _ du jeune _ mais pas seulement par son âge alors… _ Félix Mendelssohn ;

    et qui témoignent assez éloquemment de ce que ce musicien prodige doit à son maître Carl Friedrich Zelter (1758-1832).

    …

    Zelter avait été l’élève de Carl-Friedrich-Christian Fasch (1736-1800) _ formé par son père, le tout à fait excellent Johann-Friedrich Fasch (1688-1758) : un compositeur à découvrir de toute urgence si on l’ignore à ce jour !!! _ ;

    ainsi que l’ami de Carl-Philipp-Emanuel Bach (1714-1788) :

    qui, tous deux, lui avaient légué leur amour profond de la musique _ et de l’art sans pareil ! _ de Johann-Sebastian Bach…

    …

    C’est cette inspiration-là _ splendide ! _ qui innerve _ merveilleusement ! _ ce très beau récital de Roberto Prosseda _ enregistré en décembre 2005, donc _ ; et qui nous est parvenu, par la grâce de la distribution _ même tardive , au moins pour la France… _ par Decca, à l’occasion de l’ »année-anniversaire » de 2009 :

    …

    comme quoi la « manie » surtout « commerciale » de la célébration des anniversaires peut avoir de la fécondité aussi pour notre joie _ toute gratuite, elle ! _ de mélomane…

    …
    Car nous pouvons découvrir en cette musique _ et en cette interprétation si « vivante« … _ -là tout un pan assez méconnu _ et un peu délaissé, il faut le noter, par les interprètes, sauf un Daniel Barenboim, ou une Marie-Catherine Girod _, l’œuvre pour piano seul, de Félix Mendelssohn…

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    Titus Curiosus, ce 9 janvier 2010

    …
    Post-scriptum :

    …

    A l’appui de ma préférence,

    cet article précis et très judicieux de David Hurwitz sur le site Classics-Today.com :

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    MENDELSSOHN RARITIES
    FELIX MENDELSSOHN
    Four Sonatas ; Three Etudes ; Two Fugues
    Roberto Prosseda (piano)
    Decca – 476 5277 (CD)
    No Reference Recording

     

    rating

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    If you enjoy early Mendelssohn (and you can argue that much of it is better than late Mendelssohn _ cf le CD « Mendelssohn Discoveries _ rare piano works » cité plus haut…), you’ll certainly want this disc, containing as it does four totally unknown piano sonatas. Each has three movements, and each is based in a minor key : F, E, A, and C. This is a good thing : Mendelssohn in minor keys _ de même que le génial Carl-Philipp Emanuel Bach… _ has his own special brand of musical pathos, and it was to some extent present from the beginning. Of the four sonatas the F minor and E minor are quite large in concept and are very successful, even though the composer was only about 11 _ certes ! _ when he wrote them. The little A minor sonata comes closest to the style of Haydn and Mozart _ appris auprès de ses autres maîtres (de piano) : Franz Lauska, Marie Bigot, puis Ludwig Berger _, with its central minuet enclosed by two very short, quick movements.

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    The remainder of the disc consists of three etudes, in C major, A minor, and D minor, and two fugues, in E-flat and C-sharp minor respectively. Both are imposing pieces ; the latter, which is a double fugue, is particularly ample in scale and quite grand _ oui ! _ in terms of its musical architecture. It’s fascinating to see how often Mendelssohn was drawn to minor keys, given his reputation _ bien erronée _ as a somewhat facile, reserved artist. While this isn’t exactly music dripping with emotion in the mode of, say, Berlioz (or even Schumann), it certainly isn’t shallow _ oh ! non ! Félix Mendelssohn en cela est aussi un parfait mozartien… _, and of course it’s unfailingly pleasing to the ear _ ô combien ! quelle juvénilité, quelle vie, et si merveilleusement tissées à cette foncière élégance du plus profond du cœur !!!

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    As in his first volume of « Mendelssohn rarities« , pianist Roberto Prosseda proves a reliable guide to these unfamiliar pieces, and he is very well recorded. He has the right lightness of touch _ oui ! _ in the quick movements of the sonatas, and he never makes the mistake of treating the music more sententiously than it deserves. His legato playing in the slow movements is also very sweet, but tastefully so, never cloying. I do wish that he had put a bit more oomph and character into the beginnings of the two fugues (from whence comes the rule that contrapuntal music need not be expressive at the start ?), but this is a minor quibble, as the performances are technically fully up to the task at hand. Very appealing indeed !

    …

    David Hurwitz