Étiquette : Baroque

  • Gustav Leonhardt transcripteur, pour le clavecin, des Sonates et Partitas pour violon et des Suites pour violoncelle de Johann Sebastian Bach

    Le claveciniste italien Roberto Loriggian nous propose

    en un album Brilliant 95757

    de 3 CDs

    …

    les transcriptions pour clavecin

    des 3 Sonates et 3 Partitas pour violon seul (BWV 1001, 1002, 1004, 1005, 1006 et 1010)

    ainsi que de 2 des Suites pour violoncelle  seul (BWV 1011 et 1012)

    réalisées par Gustav Leonhardt (30 mai 1928 – 16 janvier 2012).

    …

    Voici un article de présentation de ce triple album

    sous la plume de Bertrand Abraham :

    …

    …

    Qu’est Gustave Leonhardt comme transcripteur ? : d’abord un continuateur prolongeant le geste de Bach, qui lui-même re-destinait une pièce à un ou d’autres instruments, ou en faisait la matière d’une autre œuvre. L’illustre Néerlandais s’inscrit donc à plein dans la tradition baroque ; son « approche » de ce qui était « scriptible » au XVIIIe saisit, au-delà, les particularités intimes de la « langue-Bach ». Tâche ardue et humble — Leonhardt copiait à la main ses transcriptions. C’est aussi un « révélateur » (au sens photographique) : il développe ce qui était en sorte déjà-là car l’écriture « solo » implique et présuppose une écriture à plusieurs voix : tel Socrate, il accouche celle-ci de ce dont elle a toujours été grosse, la dévoile à elle-même, et ce faisant, tisse par ses transcriptions une gigantesque toile où s’instaurent de nouvelles relations à l’intérieur de l’Œuvre, qui court-circuitent les catégories établies. Ceci sans faire du clavecin le convertisseur universel et idéal des œuvres transcrites, qu’il prend simplement dans un « autre prisme ». Il ne s’agit pas de chercher un refoulé ou une vérité enfouie, mais de donner au texte un autre écrin. En « exposant » autrement l’œuvre. C’est aussi un pédagogue : il donne à re-découvrir après-coup, l’original dans sa nudité. Interprétation magistrale de ces pages par Roberto Loreggian, dans l’esprit même où elles ont été conçues. Cependant, une prise de son avec une forte réverbération pourrait empêcher certains auditeurs de profiter au mieux de l’interprétation. (Bertrand Abraham)

    …
    …

    Une réalisation intéressante.

    …

    Pour les curieux.

    …

    …

    Ce lundi 11 février 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • « Extravagantes Seicento » et le splendide répertoire Schmelzer-Biber-etc. à la cour des Habsbourg dans la seconde moitié du XVIIe siècle

    En simple prolongement à mon article d’hier

    à propos d’une excellente après-midi de musique (et 4 CDs) :

    …

    …

    je tiens à mettre l’accent

    sur la performance éblouissante d’interprétation

    d’un répertoire jubilatoire,

    qui, déjà, littéralement me transporte :

     

    …

    celui de la musique de chambre à la cour des Habsbourg _ au sens le plus large _

    dans la seconde moitié du XVIIe siècle (ou Seicento, en italien),

    …

    par le magnifique jeune ensemble italien Girandole Armoniche

    composé d’Esther Crazzolara, Teodoro Baù et Federica Bianchi,

    …

    en son CD Arcana A113 intitulé Extravagantes Seicento :

    …

    une musique instrumentale raffinée,

    souvent de forme, à l’italienne, sonate ;

    ou, à la française, suite :

    …

    ainsi, en ce CD, aux plages 7 à 10,

    une extraordinaire Sonatina anonyme (mais possiblement de Biber),

    pour viole de gambe ou violon solo,

    …

    comportant une entrée, intitulée Sonatina,

    et les quatre danses de base de la Suite :

    une Allemande, une Courante, une Sarabande _ sublimissime _ et une Gigue.

    …

    Le répertoire est copieux et vaste ;

    …

    et bien des trésors merveilleux dorment encore

    en maintes bibliothèques

    de châteaux ou d’abbayes

    de par le vaste empire d’Autriche ;

    …

    n’attendant que la curiosité des musicologues

    pour les découvrir,

    et celle des interprètes

    pour les faire retentir

    au concert, ou en CD…

    …

    pour l’enchantement renouvelé des mélomanes.

    …

    …

    Et la collection Arcana a assurément eu du nez _ et de l’oreille ! _

    en découvrant un aussi prometteur ensemble chambriste baroque.

    …

    Une excellente relève d’interprètes

    de ce si beau répertoire,

    est ainsi assurée !

    …

    …

    Ce dimanche 10 février 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Une nouvelle pépite d’or de La Compagnia del Madrigale : le CD Cipriano de Rore « Vieni, dolce Imeneo » _ ou la perfection de l’interprétation

    Pas un seul des CDs

    de La Compagnia del Madrigale

    qui ne soit décidément un pur chef d’œuvre !

    …

    …
    Et celui qui paraît ce mois de janvier

    ne déchoit pas davantage que les précédents

    _ je veux dire leurs merveilleux et sublimes CDs Gesualdo, Marenzio, Monteverdi, L’arte del Madrigale, tous parus chez Glossa ;

    et leur Orlando furioso, paru chez Arcana _

    à cette règle de constat _ admiratif ! _ de fait !

    …

    …

    Celui de ce jour

    est un CD consacré à l’œuvre de Cipriano de Rore,

    et est intitulé Vieni, dolce Imeneo _ Madrigali ;

    …

    soit le CD Glossa GCD 922808.

    …

    …

    Ici, je me permets un simple rappel de dates

    concernant ces compositeurs

    auxquels La Compagnia a consacré ces si somptueux enregistrements,

    …

    dans l’horizon de leurs rapports de filiations _ artistiques _,

    auprès des cours des _ si raffinées _ principautés italiennes

    de la Renaissance _ et de la naissance du Baroque _,

    …

    au premier chef, celle des Este à Ferrare,

    mais aussi, celle des Gonzague à Mantoue, et celle des Farnese à Parme :

    …

    …

    Cipriano De Rore (Renaix/Ronse, 1515/16 – Parme, 1565) ;

    Luca Marenzio (Coccaglio, près Brescia, 1553 – Rome, 1599) ;

    Carlo Gesualdo (Venosa, 1566 – Gesualdo, 1613) ;

    Claudio Monteverdi (Crémone, 1567 – Venise, 1643).

    …

    …

    A cette liste,

    …

    j’ajouterais pour ma part,

    à titre de jalons intermédiaires

    entre Cipriano de Rore (décédé en 1565) et Luca Marenzio (né en 1553),

    …

    les noms de compositeurs décisifs, eux aussi,

    dans le raffinement _ inouï _ des cours de ces principautés italiennes,

    _ d’abord celle des Este à Ferrare,`

    mais aussi celle des Gonzague à Mantoue

    et celle des Farnese à Parme, j’insiste là-dessus _ ;

    …

    ainsi que dans la composition de madrigaux,

    …

    tels que

    Giaches de Wert (Bornem, 1535 – Mantoue, 1596)

    et Luzzasco Luzzaschi (Ferrare, c. 1545 – Ferrare, 1607),

    …

    tous deux très effectivement élèves de Cipriano de Rore à Ferrare,

    où celui séjourna, de 1547 à 1559, auprès du duc

    _ modèle d’esthète-mécène d’un extrême raffinement (et en tous les arts) pour toute l’Europe ! _

    Hercule II d’Este (1508 – 1559)

    _ dont l’épouse était Renée de France (1510 – 1574),

    fille du roi de France Louis XII (1462 – 1515),

    et sœur de la reine Claude (1499 – 1524), la première épouse de François Ier (1494 – 1547) _ :

    …

    peut-être pour de futurs _ voire prochains _ enregistrements

    de La Compagnia del Madrigale…

    …

    …

    Cf aussi mes récents articles du 24 juin

    et du 14 juillet derniers (2018)

    à propos de CDs consacrés à l’œuvre de Cipriano de Rore.

    …

    …

    Quelle chance de pouvoir physiquement _ sonorement, je veux dire _ jouir de telles musiques

    en de telles sublimes interprétations !!!

    …

    …

    Ce dimanche 20 janvier 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le trop méconnu (indépendant et persifleur !) Stradella : sa comédie en musique « Doriclea », sur un livret du prince Flavio Orsini

    Alessandro Stradella

    (Bologne, 3 juillet 1643 – Gênes, 25 février 1682)

    est un très grand compositeur

    de l’époque baroque _ à son moment d’excellence en Italie _,

    …

    à l’œuvre bien trop méconnue de nous aujourd’hui

    _ à peine sait-on de Stradella le caractère tragique de sa vie (de fuites successives)

    et son issue : sous la lame d’un spadassin !

    …

    …

    Sa musique

    est pourtant puissante

    et plus qu’intéressante.

    …

    À preuve,

    …

    l’entreprise discographique du chef italien Andrea De Carlo,

    qui en est aujourd’hui,

    avec cette Doriclea _ un triple CD Arcana A 454 _

    à son cinquième volet : 

    …

    après La Forza delle stelle _ le CD Arcana A 377 _,

    San Giovanni Crisostomo _ le CD Arcana A 389 _,

    Santa Editta _ le CD Arcana A 396 _,

    et Santa Pelagia _ le CD Arcana A 431 _,

    …

    voici donc ce jour

    cette comédie romaine

    à destination de la fastueuse cour des Orsini _ dans les années 1670 _,

    …

    Doriclea,

    en 3 CDs :

    …

    ce copieux coffret de 3 CDs Arcana A 454 _ de 188 minutes.

    …

    …

    Le registre de la comédie chantée de l’ère baroque

    n’est jusqu’ici pas très couru,

    pas plus au concert, qu’au disque.

    …

    …

    Cette réalisation-ci par Andrea De Carlo,

    à la tête de son orchestre Il Pomo d’Or,

    et avec six _ très bons _ chanteurs :

    …

    Emöke Baráth, soprano,

    Giuseppina Bridelli, , mezzo-soprano,

    Xavier Sabata, contreténor,

    Gabriella Martelacci, contralto,

    Luca Cervoni, ténor,

    et Riccardo Novaro, baryton,

    …

    tient parfaitement la route,

    …

    et nous révèle de la meilleure des façons

    _ et sans baisse d’intensité le long de ces trois heures de musique _

    ce pan méconnu du répertoire…

    …

    …

    De quoi satisfaire la curiosité un peu pointue des mélomanes…

    …

    …

    S’y découvre un Stradella d’esprit indépendant

    et persifleur.

    …

    …

    Ce vendredi 16 novembre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa