Étiquette : Beethoven

  • L’enivrante magie du violon magistral (et de Transylvanie) de Johanna Martzy (1924 – 1979)…

    Le coffret de 9 CDs Warner « Johanna Martzy Her Columbia Gramophone Recordings«  _ Warner 0190296488573 _

    nous restitue l’enivrante magie du violon transylvanien de Johanna Martzy (Timisoara, 26 octobre 1924 – Zurich, 13 août 1979)…

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    Merci à l’article « Légende » de Jean-Charles Hoffelé sur son site Discophilia, en date du 21 août dernier, de nous avoir rappelé, à l’occasion de la parution de ce précieux coffret de 9 CDs Warner, l’excellence de cette violoniste virtuose…

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    LÉGENDE

    Willem Mengelberg la dirigeant à Budapest en 1943 fut soufflé : belle fille certes, mais d’abord un violon si parfaitement joué, avec cette pointe de paprika, une pure fantaisie dans les accents, un archet très libre tel celui des ménétriers de sa Transylvanie natale _ la Transylvanie natale aussi de Béla Bartók (Nagyszentmiklós, 25 mars 1881 – New-York, 26 septembre 1945)….

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    Peu après elle s’exile, fuyant la montée des Nationalistes hongrois. Apatride comme tant d’autres de ces Hongrois de Roumanie, elle s’installe en Suisse, remporte en 1947 le Concours de Genève.

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    À l’avènement du « long playing », Elsa Schiller, muse de Deutsche Grammophon, lui fait graver quelques pièces de virtuosité puis deux concertos : le 4e de Mozart avec Jochum, parfait de style, d’expression pudique, et le Dvořák, piquant mais nostalgique, d’un caractère bien trempé en accord avec la battue fouettée de Fricsay : on n’a pas fait mieux _ c’est dire !

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    Walter Legge, alerté, lui signe un contrat. Cadeau de noces, le Concerto de Brahms avec son Philharmonia et Kletzki. Résultat : magie pure_ voilà ! _ , un archet infini, des phrasés affirmés (Hubay avait dû les lui souffler) ; jamais le Finale ne fut si hongrois et pourtant si peu appuyé.

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    La poignée d’enregistrements qu’elle concéda à His Master’s Voice suffira à faire son art légendaire, et ses long playing la lubie des collectionneurs. Après ce Brahms d’anthologie _ oui _, rien que du grand répertoire classique, le Mendelssohn deux fois, surtout le 3e Concerto de Mozart où l’on croirait entendre dans l’Andante La Comtesse des Noces (Sawallisch n’y est pas pour peu).

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    Legge avait rendu les armes, Martzy lui avait fait comprendre qu’elle seule était maîtresse à bord, par l’art, mais aussi par le carnet de chèques _ cf aussi la remarque de Nicolas Derny sur sa rupture avec Legge. Elle enregistrerait ce qu’elle voulait, et d’abord les Sonates et Partitas de Bach, l’Évangile d’Enesco puis de Menuhin, qu’aucun archet féminin n’avait osé aborder au disque. Lecture claire, ardente, qui fait tout entendre de ce violon polyphonique _ voilà.

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    Puis, délivré absolument de Legge, pour Electrola, tout ce que Schubert aura écrit pour le violon et le piano, ensemble resté magique, plus proche du ton si humain d’un Busch que de ceux qui s’y risqueront ensuite.

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    Tout cela n’avait pas été réuni depuis un ancien coffret Toshiba réservé au marché japonais, l’éditeur proposant ici une nouvelle mouture sonore conçue par Art et Son Studio qui rend plus sensible ce jeu ardent _ oui _, son art étant admirablement détaillé par la plume de Nicolas Derny dans un essai qui fera date.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Johanna Martzy

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    Her Columbia Grammophone Recordings

    The Complete Warner Classics Edition

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    CD 1

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    Johannes Brahms (1833-1897)
    Concerto pour violon et orchestre en ré majeur, Op. 77
    Philharmonia Orchestra – Paul Kletzki, direction

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    CDs 2-4

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    Johann Sebastian Bach (1685-1750)
    Les Sonates et Partitas pour violon seul (Intégrale)
    Sonate No. 1 en sol mineur, BWV 1001
    Partita No. 1 en si mineur, BWV 1002
    Sonate No. 2 en la mineur, BWV 1003
    Partita No. 2 en ré mineur, BWV 1004
    Sonate No. 3 en sol majeur, BWV 1005
    Partita No. 3 en mi majeur, BWV 1006

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    CD 5-7

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    Franz Schubert (1797-1828)
    Sonate pour violon et piano en ré majeur, D. 384
    Sonate pour violon et piano en la mineur, D. 385
    Rondeau brillant pour violon et piano en si mineur, D. 895
    Fantasie pour violon et piano en ut majeur, D. 934
    Sonate pour violon et piano en sol mineur, D. 408
    Sonate pour violon et piano en la majeur, D. 574 « Grand Duo »
    Jean Antonietti, piano

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    CD 8

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    Felix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847)
    Concerto pour violon et orchestre No. 2 en mi mineur, Op. 64

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    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Romance pour violon et orchestre No. 1 en sol majeur, Op. 40
    Romance pour violon et orchestre No. 2 en fa majeur, Op. 50
    Philharmonia Orchestra – Paul Kletzki, direction

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    CD 9

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    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Concerto pour violon et orchestre No. 3 en sol majeur, K. 216

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    Felix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847)
    Concerto pour violon et orchestre No. 2 en mi mineur, Op. 64
    Philharmonia Orchestra – Wolfgang Sawallisch, direction

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    Johanna Martzy, violon

    Un coffret de 9 CD du label Warner Classics 0190296488573
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    Photo à la une : la violoniste Johanna Martzy – Photo : © Warner Classics

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    Quel violon !!!

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    Ce mercredi 24 août 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Et puis regarder-écouter Josep Colom en un concert de « Moments musicaux », à la Fondation Juan March, à Madrid, le 10 octobre 2018

    Et pour découvrir encore le trop méconnu Josep Colom,

    cette fois en concert, en un programme de « Moments musicaux« ,

    sans pièces de Frederic Mompou et Manuel Blasco de Nebra, mais de Schubert (4), Schœnberg (4), Beethoven (2), Bach (1), Chopin (1) et Brahms (1) :

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    Arnold Schœnberg : Klavierstuck Op. 19 nº 3 ;

    Ludwig van Beethoven : Andante, de la Sonate nº 13 en Mi bémol majeur Op. 27 nº 1, “Quasi una fantasia” ;

    Franz Schubert : Impromptu D 899 nº 3 ;

    Frédéric Chopin : Étude en La bémol majeur Op. 25 nº 1 ;

    Arnold Schœnberg : Klavierstuck Op. 19 nº 1 ;

    Johann-Sebastian Bach : Prélude en Do mineur BWV 871, du Clavier bien tempéré ;

    Franz Schubert :  Moment musical D 780 nº 4 ;

    Arnold Schœnberg : Klavierstuck Op. 19 nº 4 ;

    Franz Schubert : Moment musical D 780 nº 5 ;

    Johannes Brahms :  Rhapsodie Op. 119 nº 4 ;

    Ludwig van Beethoven :  Allegretto, de la Sonate nº 6 en Fa majeur Op. 10 nº 2 ; 

    Franz Schubert : Moment musical D 780 nº 6 ;

    Arnold Schœnberg : Klavierstuck Op. 19 nº 6 ;

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    voici de quoi se réjouir musicalement avec cette superbe vidéo de 85′

    de Josep Colom en ce très beau concert donné le 10 octobre 2018 à la Fondation Juan March à Madrid _ Josep Colom a ici 71 ans…

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    Ce dimanche 24 avril 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’avènement du somptueux « Printemps » bouleversant de Gérard Poulet et Jean-Claude Vanden Eynden au Palais des Dégustateurs

    Une nouvelle fois Éric Rouyer nous offre un enregistrement discographique somptueusement hors pair, pour la simple et pure beauté d’une interprétation la plus honnête et juste possible des œuvres ainsi données à l’écoute du public.

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    Ainsi en va-t-il du merveilleux « Printemps » pour violon et piano n°5, op. 24, de Beethoven, pour le CD PDD 026 du Palais des Dégustateurs,

    tel que donné ainsi par un juvénile parfait Gérard Poulet et un solidement protecteur Jean-Claude Vanden Eynden…

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    Ce vendredi 18 mars 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Une nouvelle appréciation du double CD du concert d’adieu « Mozart – Beethoven » de Nikolaus Harnoncourt à Zurich en novembre 2011

    Avec un peu de retard sur la parution en octobre 2021 du double CD « Farewell from Zurich » de Nikolaus Harnoncourt _ soit l’album de 2 CDs Prospero 0020 _,

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    que j’avais chroniqué le 9 octobre 2021, en rapportant la chronique sur ce même double CD, ce même jour, intitulée « Atelier«  de Jean-Charles Hoffelé sur son site Discophilia, en un article que j’avais intitulé « « ,

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    voici que le site de ResMusica publie, à son tour, sur ce même CD-événement, et sous la plume de Bénédict Hévry, un article excellemment détaillé intitulé « Les ravageurs adieux zurichois de Nikolaus Harnoncourt enfin publiés » ;

    c’est-dire ici enfin écoutés...

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    Voici donc cette chronique de ce jour :

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    Les ravageurs adieux zurichois de Nikolaus Harnoncourt enfin publiés

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    La label suisse Prospero publie enfin les bandes des ultimes concerts de Nikolaus Harnoncourt à la Tonhalle de Zürich en novembre 2011. Sont opposées plus que réunies la Sérénade « Gran Partita » de Mozart et la Symphonie n° 5 de Beethoven.

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    Le 10 février 2011 s’éteignait à quatre-vingt huit ans Claus Helmut Drese, ancien intendant de l’Opéra de Zürich. Dès ses débuts sur place, il avait invité Nikolaus Harnoncourt à assurer la direction musicale de la trilogie montéverdienne confiée scéniquement à Jean-Pierre Ponnelle _ oui : un triple événement, qui fit date. Le chef autrichien dirigea là, par la suite, ses premiers opéras de Mozart dans la fosse, dont entre autres un Idoménée appelé à faire date _ lui aussi, à nouveau.

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    Pour cet ultime concert de novembre 2011, dédié à la mémoire de Drese _ voilà _, Amadeus était derechef convié pour une très singulière Sérénade « Gran Partita » KV 361 tantôt pulpeuse, tantôt ironique cérémonie des Adieux : une vision entre rires et larmes, entre drame intense et confidences intimes (les trios des deux menuets !), dont le sublime adagio se mue en procession quasi funèbre, la romance en sublime et crépusculaire oraison. Amoureusement préparée _ en effet _ dans le moindre détail l’été précédent, en la demeure austère de St-Georgen du maestro, par douze vents solistes et une contrebasse à cordes (dont sont tirés de surprenants effets au fil du pénultième thème et variations) issus de la phalange locale hélvétique, cette présente captation n’est pas sans quelques minimes scories liées aux aléas du direct – un hautbois premier soliste au son un rien pincé et nasillard, des cors faiblards à l’orée de l’adagio – ni sans quelques énoncés disruptifs, tels ceux du premier thème du Molto allegro liminaire, ou de l’ultime reprise du second menuet expédié prestissmo, bien dans la manière théâtrale et dramatique si typique du chef : le final affiche une hardiesse presque intrépide par ses rebonds rythmiques presque rageurs. Mais il règne aussi ailleurs, dans les vastes espaces nocturnes des mouvements intermédiaires, un sentiment d’indicible sérénité _ voilà _ presque fraternelle – les échanges entre clarinettes et cors de basset – de fragile beauté _ oui _ entre instantanéité hédonisme et geste architectural _ pour cette œuvre sublime… L’élévation du discours musical y reste toujours à hauteur d’homme, subtile exploration des replis de l’âme, sans l’écrasante monumentalité d’un Klemperer, ou sans les abysses métaphysiques d’un Furtwängler (tous deux chez Warner). Harnoncourt par cette alternance de force et de tendresse _ oui _, d’emportement et de sagesse, tourne le dos à son propre enregistrement « officiel » de studio avec les Wiener Bläsersolisten (Teldec/Warner, 1984), disque-manifeste bien plus univoque et quelque peu péremptoire de linéarité.

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    En seconde partie de ces concerts, Nikolaus Harnoncourt, musicien du « Tragique » par excellence, convoque Beethoven pour une torrentielle _ voilà _ (re)lecture de la Symphonie n° 5. Des diverses versions sous sa direction aujourd’hui couramment disponibles, voici sans aucun doute la plus radicale  _ oui _, la plus discutable, mais aussi la plus passionnante, l’ultime enregistrement live pour Sony avec le Concentus Musicus se révélant, en comparaison, de conception proche, mais d’avantage classique et unitaire dans sa réalisation destinée au disque, malgré un contexte là aussi live. A Zurich, l’approche interrogative _ voilà _ au plus près du texte n’empêche nullement ici une restitution de l’œuvre hautement suggestive et personnelle _ mais oui.

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    Le premier mouvement atteint une raucité implacable et incendiaire _ oui _ par ses tempi échevelés mais assumés, par le travail sur le «grain» sonore, (cordes senza vibrato, petite harmonie très présente et sèchement articulée, cuivres pointus, présence des timbales) que par ces tempi échevelés ou par ces ruptures discursives quasi expressionnistes (tempo fluctuant, retard « calculé » de l’attaque des cors à 0’43 ou à 2’05 , generale-pause prolongée et angoissante lors de la coda à 5’50, aux ultimes mesures précipitées accelerando, à la limite de l’implosion). Rarement le Destin _ voilà _ aura-t-il été ainsi saisi à la gorge ! L’Andante con moto respire davantage, avec un très subtil éclairage des voix secondaires, avec cette alternance ambivalente d’ambiances tantôt nostalgiques tantôt conquérantes, avec de très solides assises des cordes graves. Le scherzo – joué comme à l’habitude pour Harnoncourt avec sa grande reprise – et le final enchaîné sont plus proches de conception des autres enregistrements du maître, notamment dans l’articulation et l’agogique du fugato du trio, ou le surlignage des détails d’orchestration (choral de trombones, traits irradiants du piccolo) mais sans, par exemple, l’excentricité étonnante des accords conclusifs de l’ultime captation viennoise. Cependant, règne ici avant tout cette force mate _ voilà _, cette urgence de l’instant, cette électricité palpable et suffocante _ oui _ liée au direct dans ce contexte si particulier d’Adieux à un orchestre chéri. Après un dernier accord d’une puissance tellurique et dévastatrice, (oserions-nous dire karajanesque ?) le public ne rompt un long silence pour de très enthousiastes vivats qu’après plusieurs secondes, estomaqué par cette écrasante leçon de rhétorique quasi guerrière et cette vision de l’œuvre placée sous tension permanente.

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    Il est heureux que ces concerts à l’aura légendaire aient pu reparaître cinq ans après la disparition de Nikolaus Harnoncourt, avec l’aval de la veuve du maestro dans des conditions techniques idéales, et avec le support d’une présentation luxueuse. Pour compléter ce portrait idoine d’un artiste en perpétuelle interrogation _ oui… _, quelques extraits des répétitions des deuxième et troisième mouvements de la Symphonie n° 5 montre à quel point la dialectique discursive du chef s’éloigne du simple texte pour rejoindre, par des images suggestives, la plus palpable des réalités musicales. En soi, cette précieuse dizaine de minutes – hélas uniquement traduite en anglais dans le libretto – demeure pour le profane une leçon de musique _ oui _, par delà les querelles autour d’une introuvable ou improbable « authenticité ».

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    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Sérénade n° 10 en si bémol majeur KV 361 « Gran Partita ». Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n° 5 en ut mineur, opus 67 augmentée d’extraits de la répétition des deuxième et troisième mouvements.

    Philharmonia Zürich, direction : Nikolaus Harnoncourt.

    2 CDs Prospero.

    Enregistrés du 25 au 27 novembre 2011 en la grande salle de la Tonhalle de Zürich.

    Textes de présentation en allemand, anglais, français et japonais.

    Durée totale : 100 min.

     

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    Une réalisation mémorable.

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    Ce vendredi 4 février 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa