Étiquette : Beethoven

  • L’art en constant débat fécond et jouissif avec le réel, de même qu’avec lui-même, et selon une échelle de degrés divers d’ »artisticité » : au cœur et à la pointe du travail de penser l’art et les divers arts, de Bernard Sève en son magistral « Les Matériaux de l’art »…

    A la page 16 de son Introduction de son Les Matériaux de l’art« ,

    Bernard Sève présente le « primat _ voilà _ donné _ en son essai _ à la notion d’artisticité _ il en propose ainsi le concept _ sur la notion d’art » _ en ce travail sien de penser l’art (et les arts) qu’il se met alors à nous présenter _,

    et à la page suivante il avance l’affirmation puissante « d’une continuité d’artisticité, du « taux d’art » _ selon divers degrés… _ contenu dans les objets« , en précisant que « la question « cet objet est-il ou non de l’art ? » est remplacée par la question « quel est le degré d’artisticité de cet objet ? » ; l’art n’est  _ ainsi _ plus une essence, mais une variable » _ comportant toute une échelle de degrés qui seront forcément à évaluer, plus ou moins spontanément ou avec recul, par le goût (des amateurs d’art que nous sommes, plus ou moins, et à divers degrés, nous-mêmes…).

    …

    Des degrés d’artisticité dont Bernard Sève vient offrir _ aux pages 17-18 _ un exemple à l’appui :

    « Cet échelonnage de l’artisticité _ des diverses œuvres, et des divers artistes _ peut passer au travers même de l’œuvre entier d’un artiste. Delacroix _ en son « Journal« , à la date du 9 mai 1853 _ soutenait que Mozart et Racine étaient si parfaits _ en leur production _ qu’on n’en mesurait plus le génie _ quasi constant, donc, pour ce qui les concerne, selon Delacroix _, alors que Shakespeare et Beethoven, plus inégaux, laissaient voir, grâce à leurs moments faibles, la puissance de leur art » _ une puissance mise en œuvre afin de réussir à mieux atteindre et, à nouveau, se hisser à un taux supérieur d’artisticité, en leurs « moments forts« …

    …

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    Et page 20, Bernard Sève détaille aussi ceci :

    « Selon moi, relève de l’art, toute pratique humaine effectuant diverses opérations _ qu’il va très précisément détailler, en six riches chapitres, au cours des 557 pages de ce travail passionnant _ sur des matériaux matériels ou immatériels, de telle sorte que ces pratiques ne se réduisent pas _hic saltus, hic Rhodus ! _ à une visée exclusivement utilitariste (qu’elles peuvent _toutefois parfois  _ accompagner dans une certaine mesure), qu’elles soient marquées _ à des degrés divers, donc _ par la richesse de la fantaisie, la liberté _ voire l’audace _ de l’imagination et le souci de cohérence _ réquisits de cette artisticité visée en leurs opérations spécifiques par les artistes _, et que les œuvres produites puissent susciter chez leurs récepteurs (lecteurs, auditeurs, spectateurs, etc.) des émotions spécifiques, elles-mêmes irréductibles aux dimensions vitales et utilitaires des émotions humaines. La notion d’artisticité s’en déduit« …

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    « L’art _ étant, et cela quasi constamment, d’abord en les artistes qui s’emploient à le produire _ en débat avec lui-même » _ comme avec le réel auquel l’art se confronte ainsi et répond…

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    Et pour cela, « partir du matériau _ voilà ! pour le penseur-philosophe qui s’emploie à penser et comprendre l’art en son effectivité _ me paraît _ méthodiquement _ conforme à la nature même de l’art _ c’est-à-dire la nature des opérations particulières très concrètement effectuées par les artistes eux-mêmes : Bernard Sève insistant aussi sur ce qu’il nomme, toujours page 16 : « l’ancrage de la réflexion (qu’il entreprend et va mener; lui, ici) dans le travail effectif des artistes, plutot que dans une doctrine philosophique préalable« .

    Ce concept _ de matériau, donc : à analyser en entrée de l’essai… _ commande toute la séquence artistique _ à laquelle vont se livrer très effectivement les successives opérations de l’artiste _ : au matériau répondent les outils et techniques utilisés pour le travailler, le corps et l’esprit qui manient les outils, les inévitables collaborations. C’est de la nature des matériaux utilisés que dépend en grande partie le destin ultérieur de l’œuvre  : sa fragilité, sa résistance aux divers types d’érosion, la nature des restaurations dont elle est susceptible, mais aussi sa capacité à faire l’objet d’usages seconds (remplois, citations, plagiats, et même les faux) » _ par des artistes ultérieurs…

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    Et même :

    « Ce que l’artiste aime d’abord, ce qui l’inspire, ce sont les matériaux » _ qu’il a là sous la main, et dont il apprend à disposer, peu à peu, à sa main… _, etc._, écrit Bernard Sève page 27, en ouverture de ce richissime essai.

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    « Les œuvres d’art présentent une valeur particulière (de quelque man!ère qu’on le comprenne), qui justifie en aval les pratiques de conservation-restauration et d’usage second, qui justifie en amont le temps, l’argent, la passion, je dirais même l’amour, que les artistes engagent dans leurs créations« , lit-on aussi page 13 ;

    ce qui confère aux œuvres d’art une singulière spécificité au sein à la fois des autres objets de la culture, et des réalités de la nature.

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    Demain mardi 14 janvier, à 18h00, à la Station Ausone de la librairie Mollat, rue de la Vieille-Tour, et pour la seconde conférence de la session 2024-2025 de notre chère Société de Philosophie de Bordeaux,

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    la joie de l’entretien sur le vif avec Bernard Sève sur son très beau travail de penser le plus réalistement et justement la création artistique à partir des usages non strictement ni exclusivement utilitaires de ses matériaux un peu durables _ matériels comme immatériels _ de départ…

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    Ce lundi 13 janvier 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Comment qualifier le plus justement possible l’exceptionnel talent musical de ce pianiste merveilleux qu’est Pavel Kolesnikov ?

    Au surlendemain de mon article éperdu d’admiration « « ,

    je me demande comment qualifier le plus justement possible l’exceptionnel talent musical de ce pianiste si merveilleux qu’est Pavel Kolesnikov _ né à Novossibirsk le 25 février 1989, et installé depuis longtemps (2011) à Londres… _ ?

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    Mais déjà, je peux commencer par reprendre et surligner en rouge les qualificatifs que je lui ai donnés rien que dans les titres des 7 articles de mon blog « En cherchant bien » qui ont précédé celui d’avant-hier 19 juillet 2024 _ pour le CD à quatre mains Harmonia Mundi HMM 902 716, avec son compère, parfait lui aussi, Samson Tsoy (enregistré à Dobbiaco au mois de novembre 2023, qui vient de paraître, lui, ce mois de juillet 2024, cette fois pour le label Harmonia Mundi _,

    des articles que l’on pourra, bien sûr, parcourir grâce à ces liens- ci :

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    1) _ le 5 avril 2018 : «  » 

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    2) _ le 10 octobre 2018 : « « 

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    3 )_ le 23 octobre 2018 : « « 

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    4) _ le 2 juillet 2022 : « « 

    …

    5) _ le 6 juillet 2022 : « « 

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    6) _ le 11 août 2022 : « « 

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    _ 7) le 15 novembre 2022 : « « 

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    Et au passage, je m’avise que ma discothèque personnelle possède à ce jour 6 des 7 CDs de Pavel Kolesnikov enregistrés pour le label Hyperion, entre août 2013 et janvier 2021, à Monmouth et à Londres :

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    1) le CD Hyperion CDA 68 028 « Tchaikovsky – The Seasons » _ enregistré à Monmouth du 16 au 18 août 2013

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    2) le CD Hyperion CDA 68 137 « Chopin – Mazurkas » _ enregistré à Monmouth du 20 au 24 août 2015

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    3) le CD Hyperion CDA 68 224 « Louis Couperin » _ enregistré à Monmouth du 14 au 16 mars 2017 ;

    le CD qui m’a fait découvrir et admirer (via Louis Couperin que je vénère !) le talent profond de Pavel Kolesnikov, au mois d’avril 2018…

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    4) le CD Hyperion CDA 68 237 « Beethoven » _ enregistré à Monmouth du 21 au 23 juin 2017

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    5) le CD Hyperion CDA 68 273 « Chopin – Impromptus – Valses – Mazurkas«  _ enregistré à Monmouth au mois de juillet 2018 ; et c’est celui-ci qui manque à ce jour en ma discothèque personnelle, je viens de m’en aviser…

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    6) le CD Hyperion CDA 68 338 « Johann Sebastian Bach – Goldberg Variations » _ enregistré à Londres du 16 au 18 décembre 2019

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    7) le CD Hyperion CDA 68 383 « Reynaldo Hahn – Poèmes & Valses » _ enregistré à Londres du 7  au 9 janvier 2021

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    Voilà donc un début un peu prometteur pour tenter de cerner le plus justement possible l’idiosynceasie musicale magique de Pavel Kolesnikov…

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    À suivre…

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    Ce dimanche 21 juillet 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Eblouissant Michael Spyres, une nouvelle fois sublimement au sommet, en un somptueux « In the shadows – Wagner », dans lequel il élargit encore son répertoire, ici jusqu’à Wagner, de son autorité naturelle d’une rayonnante douce évidence et parfait art du chant… Chapeau bien bas, Monsieur !

    Après son flamboyant CD « Baritenor«  _ enregistré à Strasbourg en août et octobre 2020, avec l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg dirigé par Marko Letonja, soit le CD Erato 019029516664 ; cf, par exemple, mon article du 22 octobre 2021 « « … _

    et son passionnant CD « Michael Spyres – Contra-Tenor«  _ enregistré à Lonigo (Vicence) en septembre 2022, avec Il Pomo d’Oro dirigé par Francesco Corti, soit le CD Erato 5054197203467 ; cf, par eremple, mon article « «  du 5 mai 2023… _,

    …

    voici qu’aujourd’hui _ regardez ici cette vidéo de présentation de leur CD par Michael Spyres et Christophe Rousset (d’une durée de 6′ 52) : elle est vraiment très intéressante dans la précision même des détails donnés, et par Michael Spyres, et par Christophe Rousset, et sur la composition magnifique du programme de ce trèsremarquable CD, et dans le choix et la fraîcheur, comme d’improvisaion pour une première sur la scène, de leur interprétation enregistrée et partagée ici des divers airs si minutieusement et intelligemment choisis… _  l’incomparable Michael Spyres nous fait la grâce d’un admirable somptueux CD « In the shadows – Wagner » _ enregistré à Paris, Salle Colonne, en décembre 2022, avec cette fois Les Talens lyriques dirigés par Christophe Rousset, soit le CD Erato 5054197879821 _ dans lequel il met en parfaitement convaincante lumière beaucoup de ce que l’ombrageux génie musical de Richard Wagner (1813 – 1883) _ ici en un air d’Arindal de l’opéra « Les Fées«  (créé en 1834), en un air de Cola Rienzi de l’opéra  « Rienzi«  (créé en 1842), et dans un air de Lohengrin de l’opéra « Lohengrin«  (créé en 1848) ; regardez-ici cette vidéo de l’enregistrement (d’une durée de 5′ 09) _ doit, aussi, même si c’est resté jusqu’ici assez peu visible _ et pas assez remarqué, avant, justement, la curiosité sagace et experte du merveilleux Michael Spyres… _, à certains de ses prédécesseurs compositeurs du premier XIXe siècle opératique,

    de 1807, pour la date de création de l’opéra « Joseph » d’Étienne Méhul, à 1833, pour la date de création de l’opéra « Hans Heilig » de Heinrich Marschner,

    pour ce qu’il en est du choix réalisé ici en ce programme magnifique (!) de ce que Richard Wagner doit à ses immédiats prédécesseurs en l’histoire de la musique et l’opéra… :

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    Étienne Méhul (1763 – 1817) _ pour un air de Joseph dans « Joseph » (créé en 1807) ; admirez-ci ce sublime podcast (d’une durée de 5′ 06)… _,

    Ludwig Van Beethoven (1770 – 1827) _ pour un air de Florestan dans  « Fidelio » (créé en 1814) _,

    Gioachino Rossini (1792 – 1868) _ pour un air de Leicester dans « Elisabetta, regina d’Inghilterra«  (créé en 1815) ; écoutez-ici le podcast (de 9′ 57) _,

    Giacomo Meyerbeer (1791 – 1864) _ pour un air d’Adriano dans « Il Crociato in Egitto » (créé en 1824) _,

    Carl Maria Von Weber (1786 – 1826) _ pour un air de Max dans « Freischütz » (créé en 1821) _,

    Daniel Auber (1782 – 1871) _ pour un air de Masaniello dans « La Muette de Portici » (créé en 1828) ; écoutez-ici le podcast (de 5′ 01) _,

    Gaspare Spontini (1774 – 1851) _ pour un air de Heinrich dans « Agnes von Hohenstaufen » (créé en 1829) ; écoutez-ici le podcast (de 5′ 12) _,

    Vincenzo Bellini (1801 – 1835) _ pour un air de Pollione dans « Norma » (créé en 1831) _

    et Heinrich Marschner (1795 – 1861) _ pour un air de Konrad dans  « Hans Heiling » (créé en 1833). 

    …

    …

    Et, à nouveau,

    Michael Spyres, ténor, avec une autorité naturelle qui jamais ne force rien, mais vient délicatement, doucement, illuminer tout,

    avec la clarissime évidence de son timbre magnifique, de sa voix si justement posée, de sa parfaite élocution en les diverses langues, français, italien, allemand, et de son idéal art du chant le plus naturel qui soit,

    vient cette fois encore ici nous surprendre,

    et fait merveille absolue !

    …

    Et c’est tout simplement, et à nouveau _ j’y insiste, pardon, mais comment ne pas rendre les armes devant un tel, à nouveau sublime, sommet d’art du chant ?!. _ un éblouissement…

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    Chapeau bien bas, l’artiste !

    Bravissimo, Monsieur !

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    Ce mardi 5 mars 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un passionnant CD « Vers la flamme » de Severin von Eckardstein, avec un somptueux radieux comme jamais Opus 111, la 32e et dernière Sonate pour piano de Beethoven…

    Ce jour,

    découverte d’un passionnant CD « Vers la flamme » de Severin von Eckardstein _ le CD CAvI-Music 8553531 ; regarder et écouter (en allemand) ici le trailer de présentation de ce CD (d’une durée de 5′ 45) par l’interprète lui-même, quasi timidement et d’une voix douce… _ avec surtout un somptueux, très impressionnant, et radieux Opus 111, la 32e Sonate pour piano, en ut mineur, de Beethoven…

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    Cf, notamment, ce commentaire déjà significatif il y a deux jours, et sous le titre de « Transsubstantiation«  _ entre l’interprète à son piano et les successifs compositeurs à l’œuvre (dont lui-même pour une brève Improvisation de 3′ 26…), probablement… _, de Jean-Charles Hoffelé sur son site Discophilia :

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    TRANSSUBSTANTIATION

    Autour de l’Opus 111, qui est un monde en soi _ c’est formidablement juste ! Quelle splendissime œuvre finale de Beethoven au piano !, déjà… _, Severin von Eckardstein organise une savante cosmogonie qui vécut d’abord comme programme de concert. Après l’épreuve de la scène, l’un des plus saisissants maîtres contemporains de l’instrument _ rien moins ! _ sera donc entré au b-sharp Studio de Berlin pour confier aux micros de Martin Kistner ce voyage équilibré entre deux pôles d’une même amplitude, l’ultime Sonate de Beethoven et son échappée cosmique, le propre arrangement par l’artiste _ en effet ! _ du moins idéalement pianistique des poèmes de Richard Strauss, Tod und Verklärung.

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    Pour le second pari gagné, l’élévation spirituelle encore un peu lisztienne du premier thème, le grand macabre de l’agonie où le pianiste fait entrer tout l’orchestre dans son piano, sont, sous son œil, saisissants _ voilà. Pour l’Opus 111, dès le Maestoso, le ton prophétique, puis l’éther _ génialissime _ de l’Arietta, proclament qu’il est peut-être temps pour lui, qui est si peu l’homme des intégrales, d’embrasser _ il en a la puissance comme titanesque, lui pourtant timide en sa parole… _ tous ces mondes que _ le titanesque explorateur en sa composition-création _ Beethoven a réuni dans un univers.

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    Mais le piano ! Ce Bechstein _ D 282 _ à l’aigu à la fois criard et palot qui dépare les dernières mesures de Vers la flamme, il ne le transcendera vraiment que dans les proclamations et les anges rugissants du Regard de l’Eglise d’amour ou dans son improvisation méphistophélique qui semble répondre à Messiaen. Parfois trop d’idées nuisent à la musique.

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    LE DISQUE DU JOUR

    Vers la flamme

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    Alexandre Scriabine
    (1872-1915)

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    Vers la flamme, Op. 72

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    Richard Strauss (1864-1949)

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    Tod un Verklärung,
    Op. 24, TrV 158 (arr. pour piano seul : Eckardstein)

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    …
    Olivier Messiaen (1908-1992)

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    Regard de l’Eglise d’amour

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    Severin von Eckardstein (né en 1978)

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    Improvisation

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    Ludwig van Beethoven (1770-1827)

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    Sonate pour piano No. 32 en ut mineur, Op. 111
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    Severin von Eckardstein, piano

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    Un album du label CAvi-Music 8553531
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    Photo à la une : le pianiste Severin von Eckardstein – Photo : © Irène Zandel

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    Mais quel somptueux, radieux et tout à fait irrésistible Opus 111, nous est donné ici !..

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    Ce jeudi 21 décembre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    Post-scriptum :

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    Voici aussi le texte (en anglais) qui accompagne le trailer de présentation de ce CD par Severin von Eckardstein lui-même :

    …

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    In this album I combine several important works from different eras that poignantly address the transition from the earthly to the transcendent _ tel est ainsi le propos. The title of the album is based on Scriabin’s small composition « Vers la flamme« . This work is contrasted with my arrangement of Richard Strauss’ orchestral work « Tod und Verklärung« , Messiaen’s « Regard de l´Eglise d’amour » and an improvisational transition _ par Severin von Eckardstein lui-même _ to Beethoven’s Sonata op. 111.

    …

    Scriabin had a fascination with “fire” and often used it as an image of how one should experience art. In his opinion, every musical event should trigger a kind of “firestorm” that leads people to salvation. What’s particularly exciting for me as a pianist is that Scriabin writes few dynamic symbols into the score, and he basically gives the pianists a lot of freedom _ voilà. That’s why I decided to record the ending “pianissimo”. This logically develops directly from Scriabin’s message : After an outsized power of sound in the introduction to the finale, Scriabin slowly begins to reduce this dense, powerful earthly resonance. To loosen the grounding…

    …

    I see Beethoven’s last sonata as the work of an old man who is marked by life and who at the same time draws a final conclusion from it _ oui. The work appears to be age-related and therefore quite compact and authoritative _ en effet. On the other hand, it was precisely through this deep gray seriousness and mercilessness that Beethoven reached a point at which he suddenly freed himself _ voilà _ from his typical objective monumentality _ oui _ and, almost unintentionally – or at least intentionally, we don’t know – granted a deep insight into him as a human being. It seems to me like a fusion of the personal and the impersonal on a higher level. That’s exactly what I’m trying to achieve in terms of sound. It is about inner distance and yet a compact, uncompromising access.

    …

    For Strauss, unlike Beethoven, it is not about sublimity, but about earthly struggle, about extreme situations. In the orchestra there are these strongly energetic Sturm und Drang phases and then this sudden collapse. This is all very clearly described. It is dark and tragic, these are elements that particularly appeal to me. I like these obscure tones on the piano. With this transcription I wanted to add something very personal of myself _ voilà _ to this program.

    …

    Messiaen fascinated me from the start with his natural but never aggressive sound power. Similar to Beethoven, even in the 20th century he was able to use an universal, almost impersonal sound language to create a large, clear space in which cardinal human emotions could unfold unadulterated. The “Contemplation on the Church of Love” is a mental condensation of the previous cycle. Almost like Mahler, the piece begins with a depiction of the rough, primal elements of nature and their anarchy, but at the same time under the control of a benevolent superior power (may it be God), from which an indescribable pull emanates, into which we humans can almost let ourselves fall. You can feel right from the start that the chaotic image already has a huge unifying force that continues to assert itself.