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  • Deux réactions-réponses (par courriels) à mon article de déception-exaspération à l’encontre du très décevant, et même irritant, CD « Le Violon de Rameau » : les réponses d’Eric Rouyer et Antenor…

    Hier 1er septembre, et pour la toute première fois,

    ce ne sont pas des demandes de précisions concernant des recherches généalogiques de la part de lecteurs ayant trouvé mention sur mon blog encherchantbien.fr d’un membre de leur famille sur lequel ils s’interrogeaient et étaient heureux de découvrir des éclairages jusqu’alors inconnus d’eux,

    mais, cette fois, une réaction-réponse à un article d’appréciation musicale, en l’occurrence l’article en date du 29 août dernier « Quand une jolie idée de projet donne un bien décevant résultat musical dans sa réalisation discographique : le très médiocre CD « Le Violon de Rameau » de Théotime Langlois de Swarte et William Christie…« …

    …

    Un lecteur, Antenor, en effet, m’a adressé hier 1er septembre à 16h 48, le remarquable courriel suivant de remerciement :

    « Merci beaucoup ! Vous avez exprimé clairement ce que je pensais, bien tristement d’ailleurs, sur ce CD, alors que moi-même je suis aussi un idolâtre de Rameau !
    Alors que sa discographie est plutôt rare et précieuse comparée à d’autres géants du baroque, je trouve qu’il faut être bien outrecuidants pour imaginer un violon et un clavecin rendre hommage à l’opulente musique orchestrale de Rameau… Une basse de viole par exemple eut été du meilleur effet ; on sait à quel point Rameau tient à la basse ! Un autre instrument au continuo, pour étoffer une harmonie qu’on sait riche et variée, peut-être plus de cohérence en effet dans l’assemblage, et plus de relief aussi …
    Dans tous le cas, et surtout en ramiste passionné, je partage votre tristesse !« …

    …

    Mais au-delà de la réponse un peu trop convenue que j’ai rédigée sur mon blog, j’ai plaisir à donner ici la réponse plus personnelle que j’ai adressée hier soir à Antenor ;

    la voici donc :

    …

    Sur ce CD « Le Violon de Rameau » que j’ai vertement critiqué sur mon blog encherchantbien.fr , j’ai reçu, le 29 août dernier, en réponse presque immédiate à l’envoi de mon article très critique à l’égard de ce CD, ce courriel amusé d’Éric Rouyer, le patron du label de disques Le Palais des Dégustateurs, avec qui je corresponds régulièrement, comportant simplement ces mots-ci : « C’est la première que vous sortez ainsi les griffes ?! Si rarement que cela apaise l’esprit … Étonnant ! »…

    Car je préfère en effet me taire plutôt que de dire du mal d’une réalisation artistique, me réservant au plaisir du partage de mes enthousiasmes…
     
    Mais le courriel – d’approbation – que vous avez adressé à mon blog, m’a fait du bien.
    Parfois, il faut dire « Halte là ! », et « Reprenez-vous… ».
    Merci donc de votre commentaire à l’appui de mon cri d’indignation musical…
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    La musique que j’aime est en effet celle de la joie, qui est toujours un peu complexe, et pas au premier degré – avec une nécessaire once (légère et douce, et peut-être avec humour…) du tragique de toute vie, mais sans se plaindre surtout… – , comme chez Mozart ou Monteverdi, et tous les plus grands : Ravel aussi… 
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    Ce mercredi 2 septembre 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • La paradoxale très grande réussite du CD « 48° North – Caldara, from Venice to Vienna » de The BanXies sur un programme dans lequel la musique d’Antonio Caldara (Venise, 1670 – Vienne, 1736), compositeur surtout de très nombreux opéras, occupe seulement 9 plages sur les 25 du CD, et avec des pièces seulement de son Op. 1 de Sonates en trio, publié à Venise en 1693, les 14 autres étant dévolues à des pièces de compositeurs qui ont marqué Caldara, d’une façon ou d’une autre, sa vie durant : Legrenzi, Bach, Ferdinand de Médicis, Porpora, Vivaldi, Marini, Froberger, Biber, Muffat et Fux… Un magistral défi magistralement accompli par The Banxhies…

    C’est une paradoxale très grande réussite qu’accomplit le CD Alpha 1260 « 48°North – Caldara, from Venice to Vienna » – enregistré à Paris aux mois de septembre et octobre 2025 – de The BanXies, sur un programme dans lequel d’Antonio Caldara (Venise, 1670 – Vienne, 28 décembre 1736), compositeur surtout de très nombreux opéras, 9 plages seulement sur les 25 du CD, sont consacrées à Caldara lui-même, et, de plus à son opus précoce, son Op. 1 de Sonates en trio, publié à Venise en 1693 – il avait 23 ans… – , chez l’éditeur Giuseppe Sala,

    les 14 autres de ce programme, portant, elles, sur des pièces d’autres  compositeurs, qui ont marqué, d’une façon ou d’une autre, Caldara, ou qu’il a rencontrés, ici ou là, sa vie durant : Legrenzi, J-S Bach, Ferdinand de Médicis, Porpora, Vivaldi, Marini, Froberger, Biber, Muffat et Fux, et qui sont ici magistralement interprétées par The Banxhies, soient Roxana Rastegar et Yaoré Talibart, violons, Suzanne Wolff, violoncelle et Louise Acabo, clavecin et orgue, rejointes, pour 4 pièces de ce programme, par l’organiste Emmanuel Arakélian…

    Un magistral défi magnifiquement accompli…

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    Si seulement deux œuvres, sur les 15 que comporte le programme de ce CD, sont ici données en leur intégralité – la Sonate en trio 0p 1 n°5 en mi mineur d’Antonio Caldara, aux plages 1 à 4 du CD ; et la Sonate en trio en sol mineur K. 320 de Johann-Joseph Fux, aux plages 22 à 25 – , les autres n’étant données qu’en extraits,

    il faut aussi saluer bien bas les interprétations données ici par les Banxhies et Emmanuel Arakélian d’extraits de quelques formidables chefs d’œuvre splendidissimes de la musique – tels la magistrale Toccata II, FVWV 102 de Johann-Jakob Froberger à la plage 16 (4′ 18), ou le Praeludium de la Sonate du Rosaire n°1 « Annunciatio » de Heinrich-Ignaz-Franz Biber, trois extraits du Concerto grosso en sol mineur, de l’« Armonico Tributo«  de Georg Muffat, ainsi que l’Adagio  de la Sonate pour violon en ré majeur de celui-ci, entre autres merveilles, pour n’en citer ici que quelques uns… – dont les réalisations en ce CD rivalisent – rien moins ! – avec les meilleures données au disque jusqu’ici !

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    Et il faut aussi saluer la précision du texte de présentation du CD justifant le parcours de vie, de Venise à Vienne, d’Antonio Caldara, et les diverses rencontres, de personnes ainsi que d’œuvres, ayant marqué celui-ci et son évolution : c’est en 1715 que Caldara est appelé à Vienne comme vice-maître de chapelle de la cour de l’empereur Charles VI, sous l’autorité de Fux, et qu’il s’y installe avec sa famille. « Compositeur favori de Charles VI, il connaît alors sa période la plus féconde. Sa production est immense et son style évolue, conjuguant la virtuosité italienne à la tradition contrapuntique germanique, institutionnalisée par Fux dans son traité Gradus ad Parnassum (1725). Ce style particulier lui vaut une admiration considérable. (…) Malgré une hiérarchie officielle qui place Fux au-dessus de lui, mais un salaire plus élevé pour Caldara (!!!), aucune rivalité ne semble troubler leur collaboration. Fux lui témoigne même son admiration en lui confiant la direction de son monumental opéra Costanza e fortezza à Prague en 1723 – lors d’un de mes voyages à Prague, au cours de la décennies des années 90, et alors que j’étais conseiller artistique de la Simphonie du Marais, j’avais acheté à Prague, et à destination de Hugo Reyne, une édition de la partition de ce monumental et très marquant « Costanza e fortezza«  de Fux… Caldara se retrouve alors à la tête d’un orchestre monumental de deux cents musiciens, réunissant parmi les plus grands virtuoses de l’époque, tels que Johann Joachim Quantz et Giuseppe Tartini, ainsi qu’un chœur de cent chanteurs. (…) Caldara meurt en 1736 à l’âge de 66 ans, après avoir passé les 20 dernières années de sa vie à Vienne. Il est inhumé dans la crypte de la cathédrale, au son des cloches réservées aux princes. Il laisse derrière lui une œuvre immense, et son influence se prolonge bien au-delà de sa génération : si Johann Sebastian Bach et Georg Philipp Telemann  l’admirent de son vivant, les maîtres de la seconde école de Vienne étudieront et copieront plus tard sa musique pour s’en imprégner. Avec la disparition de Caldara, c’est tout un pan de l’histoire viennoises qui s’achève : Charles VI meurt 4 ans plus tard, puis Fux à son tour – en 1741 – ; l’esthétique évolue, et le monde baroque s’efface progressivement au profit d’un nouvel idéal sonore« .   

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    À mon goût personnel, la seconde et dernière Sonate en trio donnée en son intégralité de ce CD, aux plages 22 à 25, la Sonate en trio en sol mineur K. 320 de Johann Joseph Fux, est assez peu intéressante – et plus généralement je ne cache pas que je n’ai jamais vraiment apprécié Fux en CD ; cf par exemple les remarques de mon article « L’étrange cas Johann-Joseph Fux (1660 – 1741) et les très inégales surprises du CD « If Music… » (Purcell – Handel- Fux – Bach) du contre-ténor Jakub Jozef Orlinski, avec le piano très inattendu ici de Michal Biel…«  en date du 8 avril 2026…

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    Et pour Antonio Caldara,

    j’avais beaucoup apprécié le CD Glossa 922514 « Antonio Caldara – Trio Sonatas » d’extraits de ses Sonates en trio Op 1 et Op. 2, d’Amandine Beyer et Leila Schayegh – enregistré du 5 au 7 mai 2014 – ,

    ainsi que le CD Alpha 426 « Maddalena ai piedi di Cristo« , de Damien Guillon et son Banquet céleste – enregistré les 2 et 3 octobre 2017…

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    Il n’empêche que, à la différence du CD « Le Violon de Rameau » qui ma profondément déçu, et même irrité (!) – cf mon article « Quand une jolie idée de projet donne un bien décevant résultat musical dans sa réalisation discographique : le très médiocre CD « Le Violon de Rameau » de Théotime Langlois de Swarte et William Christie… » en date du 29 août dernier… – , ce CD-ci « 48°North – Caldara, from Venice to Vienna » des BanXies suscite mon enthousiasme et emporte ma conviction en dépit de son d’abord très paradoxal hommage ici – surtout à travers diverses marquantes rencontres de son parcours musical de Venise à Vienne… –  à Antonio Caldara, compositeur encore assez mal connu, peut-être du fait qu’il est surtout un compositeur très prolixe d’opéras, difficiles – et très couteux ! – à produire en disques…

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    Et en tout cas, les Banxhies, soient Roxana Rastegar et Yaoré Talibart, violons, Suzanne Wolff, violoncelle et Louise Acabo, clavecin et orgue, sont assurément un ensemble à suivre de très près…

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    Admirez-les ici en cette trop brève vidéo (de 2′ 21) du Grave de la Sonate Op. 1 n°5 d’Antonio Caldara,

    filmée à la Schola Cantorum Basiliensis, par Sergio Flores…

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    Ce mardi 1er septembre 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Ecouter le lumineux jeu apollinien de Francesco Piemontesi dans les deux Concertos pour Piano de Johannes Brahms, Op. 15 (de 1859) et Op. 83 (de 1881), avec Manfred Honeck dirigeant le Gewandhausorchester Leipzig…

    Parce que j’aime beaucoup, beaucoup Brahms (Hambourg, 7 mai 1833 – Vienne, 3 avril 1897),

    ainsi que le jeu du pianiste Francesco Piemontesi (Locarno, 7 juillet 1983) – auquel j’ai consacré jusqu’ici pas moins de 10 articles de mon blog encherchantbien.fr depuis celui en date du 26 décembre 2018 « Un pianiste très éminent, à suivre : Francesco Piemontesi, en un concert Liszt, à Lugano« … – ,

    il m’était difficile de passer à côté des deux récents CDs Brahms de celui-ci, avec Manfred Honeck (Nenzing, 17 septembre 1958) dirigeant le Gewandhausorchester Leipzig fondé en 1781 :

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    _ le CD Pentatone PTC 518 7461 « Brahms – Piano Concerto n°2 and Three Intermezzi Op. 117 » – enregistré à Leipzig les 10 et 11 avril 2025, et paru le 19 septembre 2025 – et sur lequel sont consultables les articles de Christophe Huss « «2e concerto de Brahms», Francesco Piemontesi et Manfred Honeck » (Le Devoir, 26 septembre 2025), David A. McConnell « Review: Brahms – Piano Concerto No. 2 – Piemontesi, Gewandhausorchester, Honeck » (The Classic Review, septembre 2025), Patrice Lieberman « Francesco Piemontesi et Manfred Honeck, Brahms aux sommets » (Crescendo Magazine, 27 octobre 2025), Salvatore Sciafani « Transparence et lyrisme : Piemontesi et Honeck font chanter Brahms au Gewandhaus » (ResMusica, 7 novembre 2025) et, en un avis dissonant, Dave Hurvitz « Basically Boring Brahms from Piemontesi and Honeck » (Classics Today.com , 21 mars 2026) ;

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    _ et le tout nouveau CD Pentatone PTC 518 7417 « Brahms – Piano Concerto n°1 and Six Pieces Op. 118 » – enregistré à Leipzig les 18 et 19 décembre 2025, et qui vient tout juste de paraître… – , pas encore critiqué en revues…

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    Eh bien, j’apprécie beaucoup ce jeu apollinien, fluide et si lumineux, du pianiste tessinois Francesco Piemontesi, qui appartient pour moi à la famille des pianistes auxquels vont mes préférences pour leur absolu naturel, si proche de l’intimité, sans esbroufe, tels un Steven Kovacevich (San Pedro, 17 octobre 1940), un  Aleksei Lioubimov (Moscou, 16 septembre 1944), ou encore un Ronald Brautigam (Amsterdam, 1er octobre 1954), parmi pas mal d’autres…

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    Et dans Brahms j’aime beaucoup aussi, bien sûr, l’immense Evgeni Koroliov (Moscou, 1er octobre 1949)…

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    De même que je me souviens avec toujours très vive émotion du CD Decca – enregistré à Londres du 20 mai au 1er juin 1962 – de Clifford Curzon avec George Szell dans le Concerto pour Piano n°1 de Brahms…

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    À suivre donc, avec très grand plaisir, 

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    Ce dimanche 30 août 2026, Francis Lippa – Titus Curiosus

  • Magnifier le magique coffret de 3 CDs DG « Bohuslav Martinů – The Symphonies – Bamberger Symphoniker – Jakub Hrusa » : la célébration de Crescendo Magazine hier, après mon article en date du 21 mai dernier…

    Magnifier le magique coffret de 3 CDs DG 486 7810 « Bohuslav Martinů – The Symphonies – Bamberger Symphoniker – Jakub Hrusa » : la célébration de Crescendo Magazine hier 27 août par Serge Martin « Jakub Hrůša magnifie le puzzle multiforme des symphonies de Martinů« , après mon article « Bohuslav Martinů au pinacle : ses 6 symphonies sublimement interprétées par les Bamberger Symphoniker dirigés par un Jakub Hrůša en état de grâce… » en date du 21 mai dernier,

    tel est ce jour le 21ème article, depuis celui du 25 septembre 2021 « Ecouter les fantasques « Nuits magiques » de Bohuslav Martinů…« ,  que je consacre à ce compositeur que je porte au pinacle, selon mon principe que la plus belle musique fait un immense bien, qu’il importe d’aider à partager le plus largement possible…

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    Jakub Hrůša magnifie le puzzle multiforme des symphonies de Martinů

    par Serge Martin

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    Bohuslav Martinů (1890-1959) : Symphonie n° 1 H. 289 ; Symphonie n° 2 H. 295 ; Symphonie n° 3 H. 299 ; Symphonie n° 4 H. 305 ; Symphonie n° 5 H. 310 ; Symphonie n° 6 « Fantaisies symphoniques » H. 343.

    Bamberger Symphoniker, Jakub Hrůša, direction. Texte de présentation en anglais. 3 CD DGG 4867810.
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    Crescendo avait annoncé cette intégrale Martinů dans ses cinq albums pour passer la semaine du 16 mai dernier. La disponibilité physique du coffret permet d’affiner – voilà – une perception déjà fort favorable. En premier lieu pour la personnalité du chef Jakub Hrůša, qui accomplit depuis plusieurs années de bien belles choses – absolument ! – à la tête de son Orchestre symphonique de Bamberg. Un succès qui lui a valu de prendre la succession de Pappano à Covent Garden. En second lieu parce que l’orchestre de Bamberg – comportant, déjà, de nombreux musiciens tchèques d’origine – a une tradition avec Martinů, dont il a gravé en 1987-1988 la deuxième intégrale des symphonies sous la baguette de Neeme Järvi (après la version historique de Václav Neumann). Ensuite parce que la belle intégrale de Jiří Bělohlávek à la tête de la Philharmonie tchèque n’avait pu être menée à bon port. C’est dire si nous avions besoin – oui – d’un enregistrement bénéficiant de toute l’excellence technique actuelle, mise au service d’un chef qui ait une vision d’ensemble – voilà – de ce superbe massif symphonique en constante mutation – oui.

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    Un écho tardif mais concentré de l’art de Martinů

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    Paradoxalement, Martinů ne vint que fort tard au genre symphonique. Il a 52 ans lorsque Serge Koussevitzky crée à Boston, en 1942, la première symphonie qu’il lui a commandée. La sixième et dernière symphonie sera achevée en 1953 et créée deux ans plus tard. Toute l’œuvre symphonique de Martinů a donc été écrite sur une durée d’un peu plus de dix ans – voilà. L’époque de leur composition croise la tension des années de guerre – oui – et, après celle-ci, les atermoiements du compositeur pour un retour dans sa patrie, où, redoutant l’influence soviétique, il ne retourna pas, préférant s’installer en France – c’est bien cela.

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    C’est dire si cette musique reflète à la fois – voilà, voilà le creuset complexe et riche – la dynamique de la société américaine, l’esprit de finesse de l’impressionnisme français et un chaleureux sentiment national qui s’exprime par le recours à des mélodies populaires et des mouvements de danse.

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    Un merveilleux travail de synthèse – exactement !

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    Autant de pistes dont Hrůša fait un usage méticuleux – soigneux en même temps que fluide – tout en restituant à l’ensemble sa personnalité très particulière – singulière, en effet. On est fasciné par sa capacité à générer cette indicible rumeur des cordes, que l’on croyait propre à la Philharmonie tchèque mais qui, dès le « moderato » introductif de la 1re symphonie, impose son climat aussi secret qu’obsédant – voilà, voilà.

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    Le chef construit également à merveille le climat organique de ces œuvres, suscité par l’accumulation de courtes cellules, motiviques et rythmiques, qui crée un climat d’effervescence – sans pathos – tout au long de l’exécution. Le jeu complexe des répétitions en vient presque à faire de Martinů un précurseur inattendu de la musique répétitive. Une chose est certaine : l’attention minutieuse aux archétypes de l’écriture de Martinů permet au chef de bâtir de passionnants ensembles qui s’imposent autant pour leur mobilité créatrice – oui – que, par contraste, pour la profondeur – voilà : ce sont des mots présents et récurrents en mes propres articles de mon blog encherchantbien.fr – de certains mouvements lents. Il reste chez le compositeur tchèque des accents de mélancolie poignante – oui – , un sens permanent de l’interrogation – oui : rien d’asséné – qu’il faut savoir servir pleinement sans jamais s’appesantir – absolument ! – — et, ici, Hrůša fait merveille – oui !

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    L’écriture de Martinů délègue un rôle moteur aux instruments solistes – oui – , particulièrement les bois et les cuivres, qui créent des dialogues, brefs mais pertinents, avec la masse orchestrale, un peu à l’instar de ceux du ripieno et du tutti propres au concerto grosso – oui – , dont le compositeur était d’ailleurs friand. Et ici, les solistes survoltés du Symphonique de Bamberg jouent à fond le rôle de relance pertinente et vivace – oui – de la forme musicale.

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    Autant de qualités qui permettent à Jakub Hrůša de s’inscrire sans conteste à la tête de la discographie actuelle de ces symphonies – voilà. On peut alors apprécier le mélange de légèreté printanière et de gravité pensive – oui – de la première symphonie, l’effervescence rythmée de la deuxième, l’engagement déterminé de la 3e avec ses références beethovéniennes en temps de guerre, la joie salvatrice de la libération de la 4e — qui entoure un largo central introspectif —, la force rythmique de la 5e conjuguée à des moments d’éternité dans ses sections lentes – oui, oui. Le tout débouchant sur la prodigieuse synthèse – voilà – de la 6e symphonie, qui récupère et récapitule dans un geste magnifique toutes ces fidélités stylistiques qui font le prix de l’écriture de Martinů – c’est parfaitement dit là. On a rarement été aussi minutieux dans le détail et aussi architecte dans la construction discrète de ces grands ensembles qui ont la discrétion – qualité martinienne : pas de tapage, pas d’esbroufe – de ne pas s’afficher comme tels. Une intégrale qui fait désormais référence – tout à fait : un régal !

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    Son : 9 — Livret : 7 — Répertoire : 10 — Interprétation : 10

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    Écouter Martinů fait grand bien.

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    Ce vendredi 28 août 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa