Étiquette : chef d’oeuvre

  • A cœur et à vif : quelques remarques sensibles à propos du saisissant CD « Anton Bruckner – Symphony n° 9 – Carlos Païta », PDD 043 du Palais des Dégustateurs, cette belle reconnaissance intitulée « Noir, c’est noir : Bruckner par Carlos Païta », dans Crescendo Magazine : une affolante éperdue course à l’abîme et à une totale effrayante déréliction, à la Egon Schiele, pour ce chef d’œuvre laissé inachevé par Bruckner, en une interprétation-incarnation diaboliquement juste…

    A propos du saisissant CD « Anton Bruckner – Symphony n° 9 – Carlos Païta », le tout récent CD PDD 043 du Palais des Dégustateurs – en un courriel en date du 3 mars dernier, j’en accusai réception auprès de l’ami Eric Rouyer par ce tout simple constat, complétant ma signature : ‘‘Francis, qui adore la Symphonie n° 9« … –,

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    voici tout simplement ce juste et éloquent article signé Pierre-Jean Tribot sur le site de Crescendo Magazine, joliment intitulé « Noir, c’est noir : Bruckner par Carlos Païta« , en date de tout juste hier mardi 11 mars – avec quelques brèves incises, au passage, de ma part – :

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    Noir, c’est noir : Bruckner par Carlo Païta

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    LE 11 MARS 2025 par Pierre Jean Tribot
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    Anton Bruckner (1824-1896) :  Symphonie n°9 en ré mineur, WAB 109. Philharmonic Symphony Orchestra, direction : Carlo Païta. 1992. Livret en français et en anglais. Durée 51’28’’. Palais des dégustateurs PDD043.

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    Dans le cadre de sa – passionnante et très nécessaire – série – de CDs – consacrée à Carlo Païta, le Palais des Dégustateurs propose un enregistrement de concert inédit – voilà ! – du chef d’orchestre dans la Symphonie n°9 de Bruckner. Cet enregistrement est particulièrement intéressant – oui !  et même davantage… -, car le chef n’avait pas laissé de témoignage de studio dans cette symphonie ; en effet, il n’a enregistré pour son label Lodia que les Symphonies n°4 et n°8.

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    Au premier examen du disque, on est  frappé – déjà ! – par le minutage annoncé : 51’28’’ ! Certes, comparaison n’est pas raison, mais c’est déjà un indicateur de la houle orchestrale – voilà : une houle ! ; et elle est proprement saisissante !!! – qui traverse – et porte et emporte – cette interprétation.

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    Carlos Païta prend la partition à bras le corps – on ne saurait mieux dire : c’est totalement physique !!! – , c’est sans répits, c’est brassé et tumultueux ! Le climat est sombre, crépusculaire – oui -, et le chef impose une noirceur – oui : c’est l’expression juste !  – sans pareille – voilà ! – au mouvement initial “Feierlich, misterioso” – qui nous empoigne et nous emporte, sans un instant rien relacher en intensité de cette terrible étreinte physique !.. Le célèbre “Scherzo. Bewegt, lebhaft – Trio. Schnell” , mené en 8”25’’ est ahurissant de tension – lui aussi -, avec un trio à l’urgence totale – oui, oui ! – ne laissant pas – en effet… – le moindre répit émotionnel. Quant à ‘l’Adagio. Langsam. Feierlich” conclusif _ où personnellement je me suis laissé noyer et asphyxier, tétanisé… -, il poursuit – par des moyens inverses – cette course à l’abîme, ne préservant pas la moindre pause de répit dans cet océan de variantes d’obscurité et d’orages des ténèbres – dans lequel nous nous enfonçons sans pouvoir en rien lutter, tétanisés que nous sommes… Carlo Païta préserve l’arc dramatique et ne ménage pas la moindre seconde de transition, galvanisant – voilà – les pupitres de son orchestre, le repoussant au-delà de ses limites.

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    Bien sûr, la prise de son de concert présente quelques limites en termes de restitution, mais la houle orchestrale de cette interprétation unique dans la discographie – voilà – en fait une version à connaître absolument – c’est certain ! Les brucknériens tant mystiques que métaphysiciens vont sans doute détester, mais les amoureux de l’art de la direction d’orchestre – mais de la musique aussi et surtout : il ne s’agit pas seulement, en effet, d’un simple tour de force de virtuosité de la direction d’orchestre de la part de Carlos Païta ; c’est beaucoup plus profond que cela ! Cela concerne l’essence même de l’œuvre en l’épaisseur et profondeur de sa chair musicale la plus à vif même… – vont se repasser ce disque en boucle ! – absolument… Et ce final est pour mon écoute ici par Païta une terrifiante déréliction (conduisant même à très court terme à la mort par tétanie et épuisement des forces vitales…) à la Egon Schiele (Tulin an der Donau, 12 juin 1890 – Vienne, 31 octobre 1918 ; je ne sais ce qu’aurait pensé de ce rapprochement-ci Anton Bruckner lui-méme (Ansfelden, 4 septembre 1824 – Vienne, 11 octobre 1896), compatriote autrichien de Schiele, certes, mais d’une toute autre génération : ils n’ont même pas pu se connaître ; et appartiennent aussi à des univers artistiques a priori très éloignés : nulle once de mysticisme, par exemple, en l’œuvre picturale, sublime elle aussi, d’Egon Schiele…

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    Son : 7 – Livret : 9 – Répertoire : 10 – Interprétation : 10

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    Pierre-Jean Tribot

     

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    Mes incises inserrées ici en ce très juste commentaire de Pierre-Jean Tribot, mettent donc l’accent sur la course à l’abîme affolante et effrénée des deux premiers mouvements de cette grandissime – sublime –  9e Symphonie d’Anton Bruckner, suivis de la terrible déréliction, alentie elle, jusqu’à immobilité, à la Egon Schiele, du 3e mouvement, de cette œuvre sublime, oui, laissée inachevée par le compositeur, comme effaré et bras coupés en cette ultime création, transcendante et immanente à la fois, de sa part, et qui le submerge…

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    Une interprétation-incarnation saisissante, j’insiste, de la part de ce chef singulier – et diaboliquement juste ! –qu’est Carlos Païta (Buenos-Aires, 10 mars 1932 – Buenos-Aires, 19 décembre 2015), et qui va infiniment loin et profond, donc, pour ce chef d’œuvre lui-même foudroyant d’Anton Bruckner…

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    Un CD du Palais des Dégustateurs qui marque donc à cœur et à vif !

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    Ce mercredi 12 mars 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Réception d’une nouvelle pièce, importante même si un peu marginale, du puzzle et d’une œuvre et d’une vie, et de leurs rencontres un peu marquantes : le « Monsieur Miroir – La vie extravagante de Serge Tamagnot » de l’ami René de Ceccatty, à paraître le 7 mars prochain aux Editions du Canoë, de l’amie Colette Lambrichs…

    Chère Colette,

    Cher René,
     
    d’abord un grand merci pour l’envoi de ce « Monsieur Miroir – La vie extravagante de Serge Tamagnot » (à paraître le 7 mars prochain aux Editions du Canoë),
    qui me paraît, déjà, prendre une place tout à fait importante – même si au premier regard un peu marginale – dans le passionnant très riche parcours d’écriture au moins de René…
     
    Bien sûr, je vais lire très attentivement ces plus de 400 pages – avec aussi plusieurs cahiers de photos -,
    comme de nouvelles pièces du puzzle et d’une œuvre et d’une vie, et leurs rencontres un peu marquantes – tout cela très entrelacé, comme de bien entendu…
     
    Avec gourmandise, et amitié,
     
    Francis
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    Voilà donc l’amical « accusé de réception » que j’ai adressé ce matin à mes amis Colette Lambrichs et René de Ceccatty, l’inventive et courageuse éditrice des Editions du Canoë, et l’auteur et ami dont j’ai appris à connaître presque tout l’œuvre, et que j’admire énormément, avant de me mettre à la lecture de ce tout nouvel essai biographique de René.
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    Cf tout spécialement mes articles assez détaillés des
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    Mais se replonger d’abord surtout dans l’admirable essai (en 1994) « Violette Leduc, éloge de la batarde« , où apparaît très bien Serge Tamagnot, et où René de Ceccatty dévoile déjà beaucoup de lui-même, au cours de cette exploration biographique des pérégrinations de Violette-la-batârde…
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    Vies, rencontres et œuvres se mêlant, interférant très richement…
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    Ce mardi 18 février 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Admirer le CD Alpha 1013 « Bartok – Concerto pour orchestre – Concerto pour alto » d’Amihai Grosz, alto, et l’Orchestre National de Lille dirigé par Alexandre Bloch : une bouleversante incarnation du chef d’œuvre ultime de Bela Bartok…

    J’aime profondément Bartok,

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    et l’article de la rubrique « Ecoute en aveugle » consacré au Concerto pour alto de Bela Bartok, de Michel Le Naour, aux pages 74 à 79 du numéro 269 de ce mois de février 2025 du magazine Classica,

    plaçant cette interprétation du Concerto pour alto de Bartok par l’altiste Amihai Grosz et l’Orchestre National de Lille placé sous la direction d’Alexandre Bloch du CD Alpha 1013 _ enregistré à Lille au mois de juillet 2022 _, en tête du palmarès des interprétations enregistrées au disque choisies ici pour être comparées _ par Lise Berthaud, Thomas Deschamps et Michel Le Naour _,

    m’a vivement incité à me procurer dare-dare le CD Alpha 1013, en le commandant à mon disquaire préféré.

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    Et dès la réception de ce CD et ma première écoute, je suis en effet absolument enthousiasmé par cette incarnation de ce bouleversant chef d’œuvre, ultime qui plus est, de Bela Bartok !

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    Sur cet éblouissant et si juste magistral CD,

    j’ai trouvé un très bel article de commentaire, en date du 18 octobre 2023, sous la plume de Hugo Papbst,

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    que voici :

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    Alors que le XXè se remet de la barbarie nazie, et dans une ultime séquence pacificatrice, Bartok, hongrois expatrié aux USA, livre ses dernières partitions, les plus personnelles et les plus déchirantes. Les 2 Concertos joués ici appartiennent au corpus des œuvres créées après sa mort, propre à l’année 1945, où le témoin des atrocités commises en Europe, alors condamné, chante l’humanité et la beauté de sa Hongrie natale…

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    Le Concerto pour orchestre est ainsi une œuvre ambitieuse pour grand orchestre, d’autant plus représentative du dernier Bartok qu’il s’agit de sa dernière pièce totalement achevée _ voilà.
    D’abord, l’Introduzione en est sur les 5, la plage la plus longue qui déroule un tapis sourd et grave… que les musiciens lillois éclairent de teintes mordorées, aux rares nuances instrumentales. Climats denses voire inquiétants propres à un cycle en réalité kaléidoscopique et qui plonge très profondément dans les cultures métissées du compositeur ; s’y précisent cependant des tensions et une intranquillité très emblématiques de la période qui est celle de l’Exilé aux USA _ en l’année 1945 _ ; ainsi ce nocturne « danubien » préliminaire, auquel répond un vivace aux rythmes « bulgares » ; puis le tranquillo « arabisant », énoncé avec suavité par le hautbois (des plus enjoués).
    Le « Giucco delle coppie » / jeu de couples est une fantaisie d’un mordant quasi stravinskien dans la distribution des timbres successifs (bassons, hautbois, clarinettes, flûtes puis trompettes avec sourdine…) tous comme enivrés en badinages « serbo-croates », dont l’orchestre saisit la pulsion chorégraphique : série de pas à deux voire à trois…

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    Homogènes, détaillés,
    l’Orchestre National de Lille et Alexandre Bloch
    éclairent et font vibrer le dernier Bartók crépusculaire…

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    Une très juste commentaire, en date, lui, du 18 octobtre 2023, pour un CD magnifique, des 2 chefs d’œuvre ultimes, d’une beauté déchirante en même temps que sublimée, de l’immense, génial, génialissime, Bela Bartok !

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    Ce vendredi 14 février 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Et découvrir le chef d’œuvre de Valentin Silvestrov « Requiem für Larissa » dans l’interprétation bouleversante, live à Munich le 17 juin 2011, du Chœur et de l’Orchestre de la Radio de Munich, sous la direction magnifique du chef estonien Andres Mustonen…

    Dans ma découverte progressive de l’œuvre musical du compositeur ukrainien Valentin Silvestrov,

    je me suis procuré le CD BR Klassik 900344 du Chœur et de l’Orchestre de la Radio de Munich, et les chanteurs Priska Eser, Jutta Neumann, Andreas Hirtreiter, Wolfgang Klose et Michael Mantaj, sous la direction inspirée du chef estonien Andres Mustonen, enregistrés live à Munich le 17 juin 2011 :

    une interprétation bouleversante d’un immense chef d’œuvre…

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    Ce Mardi 21 janvier 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa