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  • Partage d’enthousiasme pour cette merveille qu’est le coffret des 3 CDs de l’Intégrale des Mélodies pour voix seule de Gabriel Fauré par Cyrille Dubois, ténor, et Tristan Raës, au piano

    Le 3 juin dernier,

    dès mon achat du coffret « Complete Songs » de 3 CDs des Mélodies pour voix seule de Gabriel Fauré, par le ténor Cyrille Dubois, et son complice attitré au piano Tristan Raës, pour le label Aparté _ AP284 _,

    je n’ai pas ménagé mon enthousiasme

    en mon article « « …

    …

    …

    Or voici que ce 6 août 2022, sur le site de ResMusica,

    Matthieu Roc exprime à son tour son parfait enthousiasme

    en un superbe article intitulé, lui, « Dans son Intégrale des Mélodies de Fauré, Cyrille Dubois surclasse tous ses prédécesseurs » :

    …

    on ne saurait mieux dire !!!

    …

    …

    Voici donc cet article

    dont je partage pleinement la satisfaction pour le travail éblouissant, et si simple et évident à l’écoute, de Cyrille Dubois et Tristan Raës :

    …

    …

    …
    …

    Le duo ristan Raës et Cyrille Dubois a déjà montré de quelles merveilles il était capable, dans Boulanger et dans Liszt _ 2 CDs dans lequel j’ai personnellement pu, moi aussi, les admirer : cf mes articles du 2 mars 2020 « «  et du 25 novembre 2019 : « « … Chanter Fauré n’était pas sans risque, mais avec tant de talents et de simplicité _ voilà _, la réussite est encore une fois éclatante.

    …

    …

    Ce n’est _ certes _ pas la première intégrale des mélodies de Fauré, ni même la première à être entièrement chantée par des artistes français ou francophones « native speaker ». Mais c’est la première à être confiée entièrement à un seul chanteur _ voilà ! _, au risque de quelques discrètes transpositions, qui ne dérangeront pas _ du tout _ les mélomanes. Le choix d’une présentation en trois concerts, un par CD, avec une progression chronologique interne est adroite, et permet d’éviter le didactisme. Mais c’est un peu une précaution inutile : le charme de cette interprétation est tel qu’en écoutant chaque mélodie, on en oublie laquelle vient avant ou après, et même qui l’a déjà chantée, tant est bluffant le « miracle Cyrille Dubois » _ c’est dit !

    …

    …

    Il faut expliciter ce miracle… On connait toutes les qualités conjuguées du ténor et du pianiste. L’émission claire et simple du premier (pas opératique du tout _ en effet… ; et c’est bien sûr très heureux ici… _), la délicatesse _ discrète comme il sied _ du second, la fluidité _ oui ! _ de leurs phrasés conjoints, la douceur des timbres _ oui, oui ! _, le raffinement _ parfait _ de leurs couleurs et de leurs nuances, tout cela confère aux mélodies une transparence totale _ d’un naturel parfait ! _ : transparence des lignes, transparence des textures, et transparence du texte _ soit l’idéal de la clarté française ! Tout est fin, tout est clair, tout est évident _ exactement… Les impressions, les climats se créent avec justesse _ comme il le faut absolument ! _ dans chaque mélodie et dans chaque cycle. Mais ce qui est qui est porté à un niveau exceptionnel, c’est la diction _ oui _ de Cyrille Dubois. Sans jamais être ni surarticulée, ni floutée, ni affectée _ en rien, jamais _ , elle restitue à l’oreille de l’auditeur une immédiateté de perception _ et intelligence, et saveur idéale _ des textes admirables de Verlaine, de Renée de Brimont, de Sully Prudhomme, etc. Cette immédiateté a la vertu de recentrer complètement le texte au cœur de chaque mélodie _ voilà _, au cœur de notre émotion _ aussi _, qui devient alors autant littéraire que musicale _ parfaitement. Fini, l’ _ insupportable et rédhibitoire _ effort de l’auditeur pour comprendre un texte qui se surimprimerait à la musique : il apparait immédiatement. Souvent même, on a l’impression que la prosodie de la poésie engendre la musique _ oui… _ au moment-même qu’on l’écoute (Au bord de l’eau ! Lydia !) _ et c’est dire là tout le suprême de l’art de mélodiste de Gabriel Fauré lui-même... Ça, personne encore ne nous l’avait donné, avant Cyrille Dubois et Tristan Raës.

    …

    …

    C’est donc avec joie, et même un certain étonnement, que nous redécouvrons _ voilà _ les mélodies de Fauré et les poésies sur lesquelles elles ont été bâties. Les Cinq mélodies « de Venise » et le Clair de Lune de Verlaine expriment à merveille le sentiment amoureux et tous ses sous-entendus d’espoir et d’angoisse. Le lyrisme contenu mais rempli de tendresse de La bonne chanson fait mouche, lui aussi. La luxuriance virginale de La chanson d’Eve, et sa prémonition de la mortalité à venir sont magnifiques _ rien moins ! Tout n’est pas élégiaque, et notre tandem est capable d’emportement, voire de violence dans Fleur jetée. La douleur du lamento de T. Gautier Chanson du pêcheur est glaçante de désespérance. Après un rêve, plus extatique qu’érotique, est riche comme jamais de seconds degrés ambigus. Les célèbres Berceaux, apanage des grandes voix sombres (Denise Scharley, José Van Dam…) qui savent y donner les échos d’une tragédie intense, trouvent ici une distanciation au-delà de l’émotion, mais d’une empathie extraordinaire _ voilà. Une lecture différente, mais tout aussi prenante.

    …

    …

    Aucune des 103 mélodies de Fauré n’échappe à ce ré-éclairage, à cette revitalisation littéraire et délectable _ oui _ opérée par Cyrille Dubois et Tristan Raës. C’est toute l’intégrale qui est ré-authentifiée, comme si elle était chantée pour la première fois dans _ l’intimité chaleureuse et hyper-attentive de _ notre salon _ tout à fait. Certes, on pourrait trouver quelques très rares et minuscules reproches techniques à leur faire. Certes, ils ne nous feront pas oublier Régine Crespin, Berthe Montmart… Maurane, Souzay, Panzéra… Mais parmi les très honorables intégrales gravées existant déjà – et qui recèlent d’authentiques trésors – il est évident qu’ils occupent désormais la toute première place _ oui _, et sans doute pour longtemps. Dans le monde richissime mais toujours peu fréquenté de la mélodie française, c’est un évènement, si non un avènement _ c’est là parfaitement exprimé.

    …
    …

    Gabriel Fauré (1845-1924) : intégrale des mélodies.

    Cyrille Dubois, ténor ; Tristan Raës, piano.

    3 CD Aparté.

    Enregistrés en juillet et aout 2020, et en juin 2021, salle Colonne à Paris.

    Présentation en anglais et en français.

    Textes des poèmes français fournis, avec traduction en anglais.

    Durée totale : 3h 52′

    …

    …

    Un événement discographique majeur, donc, que ce coffret si idéalement réussi des Mélodies de Fauré

    par l’art parfait de Cyrille Dubois et Tristan Raës !

    …

    …

    Ce samedii 6 août 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

     

  • Question : lesquels des « Tirages Fresson » de Bernard Plossu, sont ceux que je préfère ?.. Et en venir à proposer son choix, principalement méditerranéen, ici …

    Hier,

    j’ai commencé à répondre bien plus précisément, enfin !, à ma question initiale, du 3 novembre dernier _ … _,

    …

    en me résolvant, en trois _ bien difficiles ! _ étapes successives, à des choix plus drastiques,

    …

    d’abord de 12 images _ à comparer aux 13 de ma première liste d’images préférées du 5 novembre (in l’article …) _,

    …

    puis de 4 _ « Palerme, Italie, 2008« , « Port-Cros, France, 2011« , « Purroy, Espagne, 2018 » et « Giverny, France, 2010« , aux pages 18, 53, 68 et 80, de l’album… _,

    …

    et enfin l’image ultime de « Purroy, Espagne, 2018« , à la page 68 _ une page de gauche, pourtant, de l’album _ de ce sublime recueil de 80 « Tirages Fresson« .

    …

    …

    Avec ce bref commentaire d’image-ci, de ma part :  » « Purroy, 2018 » :  une image merveilleusement  pure _ ce bleu (d’une première porte, de face, et du ciel), ce rose (d’un toit de tuiles), ce blanc lumineux (des murs des diverses maisons), ce beige (d’une haute paroi, jusqu’au ciel : un clocher ? une tour ?..) _, en même qu’assez structurée, mais de guingois _ avec la pente, au centre, de quelques marches, à peine perceptibles, qui descendent et aspirent la dynamique du regard ainsi que du mouvement (nous aussi allons descendre ces quelques marches), vers une porte sur laquelle flotte au vent un rideau de protection ; avec le contre-champ, au premier plan et sur la gauche, du noir de l’ombre qui vient illuminer ce qui est ensoleillé, et qu’accompagnent, aussi, les amorces, courbes, d’un sentier montant vers la gauche ; et, de l’autre côté, l’oblique de ce très haut et massif mur beige (d’une tour ?), sur la droite et jusqu’en haut… Une image sublime !« …

    …

    …

    De même que je me suis demandé

    si ce sublime « Tirages Fresson » de 2020, ne consistait pas,

    après les merveilleux « Plossu couleurs Fresson » de 2007, et « Couleurs Plossu _ séquences photographiques 1956 – 2013« , de 2013,

    en un  simplement nouveau choix récapitulatif, en 2020, par Bernard Plossu, de ses extraordinaires _ vraiment ! _ « tirages couleurs » par trois générations de Fresson, Pierre, Michel, Jean-François, à Savigny-sur-Orge.

    …

    …

    Comme si ce nouveau superbissime album venait tout simplement « remplacer » _ en tenant compte, bien sûr aussi, de quelques nouvelles superbes images réalisées entretemps, tel par exemple ce « Purroy, Espagne, 2018 » d’il y a deux ans ; 14 nouvelles images, d’entre 2014 et 2019, sont en effet ici présentes, parmi la sélection des 80…) _, les deux précédents albums récapitulatifs, désormais épuisés en librairie, et donc indisponibles… 

    …

    Et je profite de cette remarque pour rappeler, au passage, le lumineux article, sur son blog, de Fabien Ribéry, en date du 24 octobre dernier : « Michel Fresson, le traducteur, par Bernard Plossu, photographe« …

    …

    …

    L’opération de choisir est, et bien sûr en la moindre de ses occurrences _ et cela dès le règne animal ; j’ignore si les végétaux ont eux aussi, ou pas, à opérer des choix : la question est à creuser par les étiologues… _, cruciale, voire vitale :

    vivre, c’est forcément choisir ;

    avoir à opérer, et en permanence, des choix _ à commencer par vers où se déplacer, où mettre son prochain pas, pour tout individu animal qui se déplace…

    …

    Et c’est donc opérer des préférences…

    Celles-ci étant particulièrement difficiles à réaliser en situations _ comme ici _ de très grand embarras du choix…

    …

    …

    D’autant que les images ici en concurrence _ de prédilection _ présentent déjà une merveilleuse réjouissante variété ;

    que je me suis efforcé de classer un peu en la répartissant, cette « variété plossuienne« , en divers « genres » d’images :

    …

    les images « d’extérieurs » (« de nature«  _ plus ou moins vierge et sauvage, ou cultivée _ ; « de villages«  _ Bernard aime y percevoir (et comme ressusciter, re-soudre) des traces lumineuses de vie ! pas encore complètement définitivement tarie… _ ; « de villes et métropoles«  _ entre agitation débridée et oasis de silence… _ ; ainsi que de « avec vue sur la mer« …) ;

    les images « d’intérieurs«  _ marquées par une très profonde poésie d’étrangèreté du plus banal et quotidien, qui touche au cœur le simple banal spectateur que nous sommes… _,

    ainsi, aussi, que des images « tendant vers l’abstraction«  _ qu’apprécie tout spécialement Bernard Plossu lui-même, tel un étai quasi invisible (cf son « L’Abstraction invisible« , aux Éditions Textuel) de la fabrique complètement intériorisée de la moindre de ses images…

    …

    …

    Après,

    il revient bien sûr à chacun

    d’opérer son propre choix de préférences _ un choix plus ou moins idiosyncrasique, bien sûr, aussi ; et idéalement à rebours de « clichés« … _

    parmi le richissime compendium proposé ici par les 80 images, si variées _ donc _, de ce somptueux « Tirages Fresson« …

    …

    …

    Et en y réfléchissant,

    j’ai fini par écarter en mes propres choix _ terminaux ? pas vraiment : tout regard peut s’enrichir et s’affiner, devenir plus perspicace… _ les « images d’intérieur » qui me touchent tant, elles aussi, pourtant,

    au profit de 4 « images d’extérieur » _ « Palerme, Italie, 2008« , « Port-Cros, France, 2011« , « Purroy, Espagne, 2018 » et « Giverny, France, 2010« … _

    …

    probablement parce que le regard de Plossu constitue d’abord pour moi, regardeur,

    une fastueuse ouverture sensible _ et sensorielle ; que servent, bien évidemment, aussi, les si extraordinaires opérations de tirage, en leur atelier artisanal, de rien moins que trois générations de Fresson… _ sur les beautés _ d’abord visuelles, et comme en avant-goût de sensations de plaisir des autres sens… _ que viennent possiblement nous offrir nos sorties physiques _ hors de nous et nos étroits égocentrismes narcissiques _ « dans le monde » ;

    et tout particulièrement, pour moi, le monde éminemment chaleureux de la civilisation de la Méditerranée,

    avec les exemples, ici, de Palerme, Port-Cros, Purroy.

    …

    Un monde, même comme ici, quasi vierge de personnes ;

    et pourtant la vie y est omni-présente, portée et sublimée en ces silences lumineux et colorés comme à son comble…

    …

    …

    J’attends, aussi, toujours _ et avec la jubilation qu’on peut deviner ! _, l’album fabuleux que sera « Les Îles de la Méditerranée (Grèce, Italie, Espagne, France)« 

    dont m’a parlé maintes fois l’ami Bernard Plossu

    _ ici, en ce « Tirages Fresson« , nous disposons de 3 images d’îles méditerranéennes : « Palerme, 2008« , « Port-Cros, 2011 » et « Ventotene, 2010« , aux pages 18, 53 et 68 : soient 2 îles italiennes et une île française…

    …

    J’espère ardemment, bien sûr, que ce projet idéal de publication est bien toujours présent, sinon déjà dans les pré-tuyaux _ mentaux… _ de quelque éditeur, au moins en quelque recoin, bien ferme et assuré, de la tête de Bernard Plossu !..

    …

    Surtout après l’éclatant succès parisien, chez Artazart _ 83 Quai de Valmy, Paris 10e _, ce récent 12 novembre,

    de la signature par Bernard d’un somptueux Collector _ à tirage limité _ du magazine De l’Air :

    …

    cf ici la vidéo (de 7′ 46) de cet événement réjouissant…

    …

    …

    Un tel album des « Îles de la Méditerranée » par le regard unique (!) de Bernard Plossu

    ferait un événénement à la fois iconique et éditorial somptueux et considérablement marquant !!!

    …

    Et je veux croire qu’un des divers _ et assez nombreux _ éditeurs-amis de l’œuvre photographique de Bernard Plossu,

    se laissera convaincre d’entreprendre la réalisation

    de pareil chef d’œuvre !

    …

    …

    Ce dimanche 22 novembre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Question : lesquels des « Tirages Fresson » de Bernard Plossu, sont ceux que je préfère ?.. Le critère décisif de la joie iconique…

    Ce mardi,

    je viens poursuivre la réflexion rétrospective entâmée de rédiger hier

    en mon article : ,

    …

    au final de ma proposition d’un nouveau choix de 12 images supplémentaires

    _ en plus des 13 + 22 de mon choix du 5 novembre dernier : … ; je crains toujours de ne pas retenir assez ce qui mérite d’être vraiment conservé, ne serait-ce qu’au souvenir… _,

    afin de pouvoir « rattraper » in fine les images que j’aurais peut-être à tort un peu trop vite écartées,

    que j’aurais un peu inconsidérément refusé de retenir,

    …

    lors de mes choix de 13, puis de 22 images « préférées« , le 5 novembre dernier,

    en mon article 

    …

    …

    Je reprends donc ici, pour amorcer la réflexion d’aujourd’hui,

    les lignes finales de mon article d’hier.

    …

    …

    Et à la réflexion,

    ce troisième parcours d’images (de rattrapage !) _ en fait, un contrôle d’épreuve a posteriori du degré de fiabilité de mon propre jugement de regardeur… _ afin de vérifier rétrospectivement que je n’avais surtout pas fait de tort à nulle image en l’ayant injustement écartée de mes « préférées« ,

    en fait me rassure,

    en venant conforter, mais oui !, mes deux précédents choix (de 13, puis 22 images) _ cf mon article du 5 novembre : … _ ;

    …

    c’est là que je m’étais arrêté hier ;

    je vais donc poursuivre et accomplir maintenant ma réflexion rétrospective…

    …

    …

    Oui,

    même si il est tout à fait possible, et peut-être même à l’infini, de trouver quelque véritable agrément à chacune, sans exception, de ces 80 images proposées par le choix même _ forcément raisonné _ de publication de son auteur, par ce « Tirages Fresson » de l’ami Bernard Plossu,

    …

    il faut bien admettre aussi que le goût _ plus ou moins riche et complexe _ du regardeur

    dispose, lui aussi, de sa marge, non certes _ heureusement pas tout à fait ! _ d’arbitraire, mais d’une part incompressible de subjectivité _ pouvant, mais surtout devant (!) viser, à certaines conditions (de visée), à une légitimité incontestable, à dimension d’universalité ; et ici je suis parfaitement Kant en ses lumineusement décisives analyses du jugement esthétique de goût en sa « Critique de la faculté de juger«  !.. _ ;

    …

    une part incompressible de subjectivité, voilà,

    liée à l’idiosyncrasie, plus ou moins singulière _ et très souvent, hélas, bien peu personnelle… _, et forcément partielle _ à suivre, ici, « La Monadologie » de Leibniz… _ de la propre formation, histoire personnelle, culture,

    et pas seulement culture iconique,

    du regardeur…

    …

    Et donc le regardeur a bien le droit, et surtout le devoir !, lui aussi _ forcément ! _, de hiérarchiser _ réflexivement, s’il le faut _ ses propres préférences,

    et donc, a fortiori, ses propres réticences _ quand elles lui sont véritablement propres !.. et non, comme le plus souvent, paresseusement panurgiennes… _,

    à condition expresse, bien sûr, de pouvoir les justifier,

    et avec un maximum d’exigence de vérité _ c’est-à-dire de justesse de son acte de juger, de goûter _ : le mieux possible…

    …

    …

    Et donc dans mon cas,

    et pas seulement en matière de goût iconique,

    par exemple aussi en matière de goût musical _ cf la significative série à cet égard de mes articles de 106 « Musiques de joie » du premier confinement : … ;

    et le critère spinozien (de « L’Éthique« ) de la joie étant à mes yeux, ici comme partout, existentiellement fondamental ! _,

    ou de goût littéraire,

    …

    j’ai peu à peu apppris à comprendre que je privilégie _ à l’instar aussi du passionnant constat de Jean-Louis Chrétien en son remarquable essai, en 2007, « La joie spacieuse _ essai sur la dilatation« … _ ce qui vient, par la joie, la vraie joie, augmenter véritablement notre puissance existentielle _ heureuse _ fondamentalement dynamique d’être,

    c’est-à-dire de devenir,

    de vraiment nous accomplir _ à dimension d’éternité : « Deviens ce que tu es !« , le formulait Nietzsche _ ;

    …

    et donc,

    en ces sublimes « Tirages Fresson » de l’ami Plossu,

    …

    je privilégie le jeu subtil, naturel, fluide, et toujours discret, chez lui en son œuvre, mais formidablement libérateur de puissance heureuse,

    de la lumière et de ces fabuleuses couleurs

    que Bernard Plossu,

    en tout premier lieu _ et tout premier moment, sur le vif, Kairos aidant… _ et là-même, hic et nunc, « sur le motif » que vient lui offrir de formidablement bonne grâce _ « aide-toi, et le Ciel t’aidera«  !.. _ la générosité du réel _ tout le réel (presque sans exception) rencontré ! sans vraiment presque nul reste, ni déchet, à jeter à la poubelle… _,

    a appris à savoir si bien, dans le réel offert, rencontrer, reconnaître ;

    et puis, en ses images photographiques _ à quelque dimension d’éternité, ici aussi _, capter, fixer, retenir _ sur la pellicule _ ;

    …

    et que, au final, il possède !

    _ à moins que ce ne soit lui qui soit génialement possédé par ce jeu si riche et subtil de lumière et couleurs naturelles du réel quasi à l’infini offert à lui… _ ;

    …

    cet art d’instantanément repérer à saisir photographiquement, oui,

    parmi ce réel divers, furtif, mobile, parfois évanescent, et à peine visible à la plupart

    _ mais que lui sait tout spécialement se donner une totale liberté de percevoir, immédiatement, à la seconde (quelle vista ! quel œil !), et en sa vérité, en le croisant, à l’aventure, n’importe où, n’importe quand, mais assurément pas n’importe comment ! _,

    de très judicieuses potentielles images ;

    …

    puis, ensuite, cet art _ complémentaire et absolument indispensable _ de conforter à « réaliser » pleinement (et accomplir !) de telles images, hors de la pellicule initiale ;

    puis diffuser, par le choix crucial, à sa table de travail, des images qui vont être « à tirer » _ en l’occurrence, ici, par les merveilleux bienveillants sorciers Fresson, en leur antre magique de Savigny-sur-Orge _ parmi le labyrinthe invraisemblablement touffu et emmêlé, si divers, des images encore dormantes (et encore inaccomplies) sur ses planches-contact ;

    …

    se placera alors, ensuite et complémentairement, le nécessaire accomplissement _ à dimension d’éternité _ de l’opération _ fondamentale, bien sûr, elle aussi ! _ du tirage,

    et par d’autres mains que les siennes, mais des mains de fées, envers lesquelles l’ami Plossu a totale confiance ! ;

    …

    puis, encore, par la mise en place – réalisation de l’exposition _ avec le commissaire de l’exposition, lors de l’opération d’accrochage sur les cimaises… _

    ainsi que par l’organisation – réalisation _ avec l’éditeur, pour l’opération tout aussi essentielle, elle aussi, et à son tour, de mise en pages _ du beau  livre,

    qui _ exposition et beau livre _ seront proposés aux futurs regardeurs que nous sommes ;

    …

    pour nous offrir, à notre tour, à nous les regardeurs un tant soit peu attentifs, qui ne voudront pas, nous non plus, laisser échapper notre chance,

    je veux dire la chance insigne _ émerveillée _ de pouvoir, de ces images, partager un peu quelque chose du splendide bonheur iconique

    propre, de ces images devant nos yeux réalisées.

    …

    Soit,

    et à chacune de ces étapes,

    tout un merveilleux parcours complexe et coordonné d’extrêmes exigences, pour chaque opération, de regards _ de chacun des participants-intervenants de cette chaîne… 

    Par un enchaînement quasi miraculeux et cohérent _ à chacun de ces stades _ de grâces !

    …

    …

    Par conséquent,

    et pour en revenir plus précisément à mon propre cheminement de regardeur

    de ce si riche volume de ‘‘tirages Fresson » des Éditions Textuel,

    …

    ce troisième choix-ci _ de « rattrapage » de ce que mes premiers regards auraient éventuellement pu manquer _ de 12 images,

    après celui du choix des premières 13, et celui du choix complémentaire de 22

    _ et même si d’autres feront, selon leur propre idiosyncrasie, d’autres choix, encore, que les miens : à chacun le prisme de sa palette… _,

    …

    vient, au final, conforter mon attitude de regardeur aimant privilégier en son regard

    la joie…

    …

    La joie spacieuse.

    …

    …

    Ce mardi 17 novembre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Question : lesquels des « Tirages Fresson » de Bernard Plossu, sont ceux que je préfère ?.. Pour continuer, les images de villages

    Pour ma seconde journée d’exploration de mes 13 images préférées du magnifique « Tirages Fresson » de Bernard Plossu,

    que viennent de publier ce mois de septembre les Éditions Textuel,

    …

    je vais me consacrer maintenant aux admirables (!!!) images de villages

    _ Bernard Plossu appréciant tout particulièrement ces tranquilles villages, un peu perdus, sommeillant bienheureusement à l’écart des grandes routes, et surtout des circuits touristiques, qui les abiment tellement, et détruisent si vite leur plus subtile vraie poésie, au profit de misérables clichés vendeurs !!!.. _

    de cet album ;

    …

    images qui sont au nombre de trois,

    pour ce qui est mon tout premier choix de 13 :

    …

    …

    1) à la page 68 : « Purroy, Aragon, Espagne, 2018« 

    …

    …

    …

    …

    3) aux pages 90-91 : « Île de Capraia, Italie, 2014 » 

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    auxquelles j’adjoindrai une quatrième,

    issue, elle, de ma liste complémentaire de 22 autres images admirées :

    …

    …

    à la page 92 : « Obón, Espagne, 2013« .

    …

    XYPflEVA

    …

    …

     

    Bernard Plossu aime spécialement saisir de tendres _ le plus souvent, mais pas toujours ; il est aussi de plus rudes ! _ images de villages anciens, aux humbles mais solides architectures vernaculaires,

    et presque chaque fois vierges de toute figure humaine _ les habitants, pour l’heure de la saisie de l’image, sont demeurés chez eux, ou ailleurs que dans ces petites rues ou placettes… _,

    dont il sait nous montrer, à l’occasion, l’admirable « ambiance » de sérénité heureuse ;

    …

    ainsi que la beauté obstinément résistante d’architectures vernaculaires _ que la modernité n’a pas trop touchées _,

    présentées parfois

    (« Purroy, 2018 » _ aux admirables couleurs pastel : le bleu tendre d’une porte couleur de ciel ; le rose un peu délavé des tuiles des toits ; et le léger déglingué dansant des formes des bâtiments, posés là de bric et de broc, au gré du relief montueux de ce petit village si délicieusement pentu et accueillant… : quel absolu chef d’œuvre ! ici encore une merveille de couverture possible pour ce si beau « Tirages Fresson« … _,

    « Capraia, 2014 » _ autre merveille,

    qui, tant par ses formes (celles chères aux peintres-cubistes) que par ses étranges couleurs, n’est pas sans me rappeler étrangement la fantastique ruelle en impasse, à l’intérieur du château de Prague, où Franz Kafka se rendait pour écrire au calme, en une minuscule maisonnette, à flanc de rempart… _)

    dans ce que ces images captées peuvent offrir de formes appréciées des cubistes,

    voire des abstraits (« ) ;

    …

    ou en une atmosphère voisine de l’univers à la fois paisible et bien tenu, de Chardin (« Bourgogne, 2010« 

    _ encore une autre admirable composition (et encore un absolu chef d’œuvre !), très française, ici, et splendide en son humilité un peu cossue (nous sommes ici en l’opulente, Bourgogne, et pas dans le très pauvre Aragon de la province de Huesca, pour l’admirable (!!!) « Purroy, 2018« …), qui ne se pousse, en tout cas, pas du col, dans un splendide camaïeu tendre de nuances d’ocre rose pour les maisons, solidement ancrées sur le sol, en une sorte de sublime puzzle un peu anguleux, plutôt à la Cézanne… ;

    et sans précision supplémentaire de localisation, pour ce village de parfait équilibre (à la Poussin, ou à la Couperin ; avec juste, et à peine, les infimes menues dissonances harmoniques qui manqueraient, sinon !..) ;

    une précision géographique qui n’intéresse pas outre mesure le saisisseur de l’image : le nom de la Province, « Bourgogne« , lui suffisant largement ; et probablement pas mal d’autres villages de cette assez riche contrée pourraient-ils lui fournir d’assez voisines images, avec un coefficient assez apparenté de pure poésie… _ ),

    ou du solide aixois Cézanne _ nous sommes assurément bien là en France…

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    Ce lundi 9 novembre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa