Étiquette : couleurs

  • Question : lesquels des « Tirages Fresson » de Bernard Plossu, sont ceux que je préfère ?.. Pour commencer, les images de nature : montagnes, déserts, campagnes, forêts…

    Bernard Plossu est un adepte bien connu de marches-randonnées dans la nature _ plus ou moins sauvage… _ :

    montagnes, déserts, hauts-plateaux, voire grandes prairies,

    campagnes, et même jardins,

    ainsi que sous-bois et forêts…

    …

    …

    En ce chapitre-ci d’une « nature » au sein de laquelle cheminer, sac au dos

    _ et appareil-photo à portée immédiate de main, tel le large filet pour le collecteur de papillons (cf ici Vladimir Nabokov…)… _,

    un peu à l’aventure,

    …

    au moins 7 images (sur 80) de ce « Tirages Fresson« 

    sont consacrées à des images disons _ et pour bien mal le résumer _ « vertes« ,

    je veux dire peu ou prou « écologiques« ,

    …

    avec des degrés d’ailleurs fort divers entre sauvagerie et civilisation,

    entre nature quasi vierge _ « wilderness«  américaine (cf Catherine Larère…) _, et culture _ européenne _ un tant soit peu peignée…

    …

    …

    En ce « Tirages Fresson » qui vient de paraître,

    au moins 7 images de « nature » se trouvent aux pages

    …

    13 (« Ardèche, France, 2012« ),

    …

    15 (« Taos Mountain, Nouveau-Mexique, États-Unis, 1978« ),

    …

    29 (« Californie, États-Unis, 1977« ),

    …

    30-31 (« Cantal, France, 2014« ),

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    53 (« Port-Cros, France, 2011« ),

    …

    69 (« Sud du Nouveau-Mexique, États-Unis, 1980« )

    …

    La librairie Artazart, sur les bords du Canal Saint Martin à Paris, vous propose de venir à la rencontre du photographe Bernard Plossu pour la parution de son album Western Colors, ce jeudi 23 juin à partir de Nouveau Mexique, Photographie Couleur, Onirique, Peinture, Rencontre, Yeux, Photographie Numérique, Photographie De Voyage, Les Photos Noir Blanc

    …

    …

    et 80 (« Giverny, France, 2010« ).

    …

    …

    On remarquera au passage l’imprécision _ bien évidemment par force ! _ de localisation _ quelque part… _ des sites

    où ont été saisies ces images… 

    …

    …

    Ce qui donne, cette fois au sein de ma liste de 13 images entre toutes préférées,

    pour ce qui concerne le chapitre de l’ »extérieur-nature« ,

    …

    le fait que j’ai retenu 2 images proprement sidérantes, à mon œil,

    …

    les images des pages 30-31 (« Cantal« )

    _ peut-être un poil trop majestueuse (spectaculaire !) et photogénique, celle-ci, pour pouvoir servir véritablement d’emblème de la singularité extraordinaire du mode de faire, foncièrement modeste, aux antipodes du « m’as-tu vu« , de Plossu…,

    et servir, du moins à mon goût personnel, pardon !, de couverture à l’album :

    mais quelle infiniment tendre sensualité caressante se dégage des courbes, au premier plan, de cette merveilleuse « vue verte«  surplombante d’un très vaste, quasi infini, panorama cantalien, en Auvergne…

    Bernard Plossu n’est pas l’homme des bien trop époustouflants vertigineux à-pics des Dolomites… _

    …

    et 53 (« Port-Cros« )

    _ celle-ci (peut-être une image inédite ; à moins, et c’est plus vraisemblable !, qu’elle n’ait déjà paru, en 2013, en un album que je ne possède hélas pas ! : « L’Incertaine apparence de Port-Cros«  de Bernard Plossu et François Carrassan, paru aux Éditions de l’Égaré, en 2013 : un album probablement tiré alors à très peu d’exemplaires…) est, entres toutes, ma préférée : celle que j’aurais personnellement encouragé à choisir pour la couverture !

    Quel infiniment doux plaisir sensuel de cheminer-s’enfoncer sans se perdre sur (ou dans) le chemin de ce vert sous-bois à la fois un peu sombre et combien chaleureusement lumineux d’Eden méditerranéen, accueillant, où vagabonder à l’envi sans jamais risquer de se perdre… Le paradis est juste là ! Et l’on s’y meut, en une île ! cette île de Port-Cros…

    Port-Cros, Porquerolles, l’ïle du Levant : le paradis même du « Pierrot le fou » de Godard, dont Bernard avait si justement saisi les orgasmiques « ambiances«  en quelques magiques images de son si beau Plossu Cinéma, en 2010 (aux Éditions Yellow now) ; cf mon article du 27 janvier 2010 : … _ ;

    …

    …

    ainsi que, aussi,

    et cette fois dans ma liste supplémentaire de 22 autres images, cette fois,

    _ il est si difficile de réduire le nombre de ses choix ! _,

    …

    les 2 images, encore,

    …

    des pages 69 (« Sud du Nouveau-Mexique« )

    _ ici encore un chemin, ou plutôt cette fois une route pierreuse, mais désertique, sec et aride, celui-ci ! Et cette fois encore, un Plossu emblématique, et presque trop, pour le coup, pour que j’eusse choisie cette image-ci comme couverture… Et, à dire vrai, ma préférence, très subjective, bien sûr (et injuste !), va au Plossu européen, et même, assez souvent (mais pas exclusivement non plus : cf ici même son extraordinairement beau « Giverny« , de la page 80, ou, et à propos des villages, son admirable « Bourgogne« , de la page 81…), au Plossu méditerranéen… _

    …

    et 80 (« Giverny« )

    _ une nature superbement peignée, cette fois, mais surtout pas trop, non plus, ici chez Monet : une merveille de classicisme (français, je le constate…) ouvert, à la fois retenu et déboutonné, et hyper-détendu, idéalement paisible, en sa respiration, pleine de fantaisie, amusée, et en même temps d’une idéale sérénité ; paradisiaque encore, mais d’une autre façon : apollinienne, dirai-je, cette fois, plutôt que dionysiaque (comme était le si chaleureux « Port-Cros« ) : quelle sublimissime renversante image, que ce « Giverny« – là, en son tendre délicatissime équilibre-déséquilibre (à la Marivaux), si français !..

    …

    …

    Mais on comprend très bien aussi le degré d’embarras de choix de Bernard Plossu à sa table de travail,

    face aux nécessaires choix éditoriaux à réaliser, à la profusion fastueuse de ses images, offertes, là, sous ses yeux ;

    …

    disponibles images, parmi _ et au sein de _ ses innombrables richissimes planches-contact _ qui les recèlent et les conservent _ ;

    …

    Bernard Plossu en face de ses milliers de somptueuses images saisies, qui, beaucoup d’entre elles, méritent vraiment, les unes ou les autres

    _ et surtout celles au tout premier abord apparemment les plus « ratées«  ! _,

    une nouvelle chance de parvenir à paraître, au moins une fois, quelque jour à venir, à nos yeux de regardeurs, à notre tour :

    …

    en quelque prochain nouvel album, ou quelque prochaine nouvelle exposition.

    …

    Oui, parmi les images qui n’ont pas été retenues cette fois-ci, pour ce « Tirages Fresson« -ci,

    des centaines, probablement, l’archi-méritaient _ et méritent toujours _ pleinement,

    mille fois davantage même, peut-être parfois, que celles sur lesquelles a porté, ce jour-là, le magnifiquement judicieux choix, déjà !, de leur auteur-capteur-saisisseur-receveur-partageur, à sa table de La Ciotat _ comme je l’y ai vu procéder, le 22 juillet 2008, pour son « Plossu Cinéma« , assis que j’étais auprès de Michèle Cohen et de Pascal Neveux, présents là pour ce tout premier choix…

    …

    …

    Mais, et soyons-en certains,

    ce n’est, pour ces belles endormies, sommeillant, pour le moment encore, en leurs planches-contact,

    que partie remise, pour la prochaîne occasion de publication d’un album, ou d’une exposition ;

    …

    et grâce, bien sûr aussi, à la médiation féérique, décisive, elle aussi, du tirage de l’image,

    par les doigts de fées de magiciens

    tels que, ici, de père en fils _ Pierre, Michel, Jean-François _, les Fresson, à Savigny-su-Orge…

    …

    …

    Car Bernard Plossu sait mieux que personne tout ce qu’il doit à la perfection infiniment soignée du travail de ses tireurs d’images préférés,

    son épouse, Françoise Nunez, et Guillaume Geneste ;

    …

    et, ici, pour ces fabuleux tirages-couleurs-Fresson,

    Pierre, Michel et Jean-François Fresson, à Savigny-sur-Orge… ;

    …

    dont la perfection infiniment soignée _ pardon de la répétition !, mais il faut y insister, comme le fait d’ailleurs lui-même, et à nouveau,  après le « Plossu couleurs Fresson » de 2007, le titre si justement reconnaissant de cet album de 2020 : « Tirages Fresson« … _ de ce travail de tirage

    lui permet, à lui _ le rencontreur passionné d’images à faire sourdre-surgir, de ce réel inattendu à apprendre à vraiment, et vraiment presque partout, surprendre et percevoir vraiment (il faut insister aussi, et toujours, sur ce très profond souci de vérité de Bernard Plossu à toutes les étapes de son travail, et son refus absolu et même forcené du moindre trucage falsificateur !), en un clin d’œil, sur le champ, décisif ; et saisir, pour l’éternité désormais, par ses images photographiques qui vont être engrangées, conservées, tirées et publiées… _,

    de vraiment se consacrer quasi exclusivement _ voilà ! c’est simplement un gain de temps et d’énergie à répartir (de confiance !)… _ à la pure rencontre _ miraculeuse _ offerte de ce si vaste réel à parcourir,

    ce réel tout à la fois le plus normal et quotidien possible _ et ce peut-être celui-là même de sa propre maison à La Ciotat, comme jadis à Grenoble ; comme celui d’absolument le plus banal n’importe où (telle la plus simple chambre d’hôtel)… _, et en même temps fantastiquement riche, et à quasiment inépuisable profusion _ pour qui sait, « sur le motif » d’abord, et c’est bien sûr le principal, le percevoir (puis, une fois « pris« , « saisi » sur la pellicule photographique et conservé, bien sûr encore apprendre à le reconnaître et identifier, très a posteriori, à sa table de travail), en sa merveilleuse fulgurance poétique iconique _, de formidables fabuleuses surprises ;

    …

    dont, Kairos aidant, et hic et nunc,

    lui va pouvoir réaliser, l’éclair d’un clic instantané sur la pellicule photographique, ces fantastiques images vraies

    qui vont demeurer à partager _ en une admirable œuvre réalisée _ pour jamais :

    …

    le défi, quasi permanent alors _ en ces très intenses autant que très sereines (de concentration paisible, vierge de tout parasite…) chasses aux papillons iconiques « sur le motif« … _, est immense…

    …

    …

    Que de merveilleux trésors de poésie _ déjà réalisés, mais encore en partie dormants, en attente qu’ils sont de « réalisation finale«  lors du tirage sur du papier adéquat… _ attendent donc, encore,

    dans les inépuisables rangements de planches-contact de Bernard Plossu, chez lui, à La Ciotat,

    la grâce de lumière d’un tirage parfait enfin réalisé ;

    …

    puis d’un livre édité, ou d’une exposition exposée !

    …

    …

    Et,

    tout en bout de course, et presque accidentelle _ et assez pauvre en nécessité _,

    la découverte émerveillée, consécutive,

    par nous,

    de nos regards éblouis de spectateurs _ de ces images, dans le livre, ou à l’exposition _ attentifs admiratifs,

    infiniment reconnaissants de ces sublimes éclats si merveilleusement bienfaisants

    de lumière

    que nous recevons instantanément alors, tout en bout de course, en cadeau…

    …

    …

    Car ces couleurs nous font vraiment du bien…

    …

    …

    Ce dimanche 8 novembre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Question : lesquels des « Tirages Fresson » de Bernard Plossu, sont ceux que je préfère ?.. La question du choix de l’image de la couverture de cet album « Tirages Fresson »

    Et encore avant de me plonger dans la contemplation, une par une, des 13 images auxquelles va ma prédilection en ce sublime « Tirages Fresson » de l’ami Bernard Plossu,

    …

    un tout dernier questionnement-réflexion préalable :

    celui à propos du choix de l’image de la couverture de cet album de 2020, aux Éditions Textuel,

    …

    qui est aussi l’image inaugurale de l’album, page 13,

    légendée « Ardèche, France, 2012 » :

    …

    …

    Bernard Plossu : tirages Fresson

    …

    …

    …

    …

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    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    Soit une image qui ne fait partie,

    ni de ma sélection des 13 images préférées,

    ni même de la liste des 22 autres que j’aime aussi beaucoup…

    …

    …

    À flanc de montagne, sur le bord de ce qui pourrait être un vague sentier, mal tracé _ probablement parce que guère fréquenté, en ces contrées cévenoles de montagne, à plus de 1700 mètres d’altitude… _, sur lequel est en train de cheminer le photographe,

    et juste avant la pente vertigineuse qui sépare cette montagne d’une autre,

    recouverte, elle, d’un touffu manteau vert sombre, presque noir, d’une très étendue forêt uniforme, sur laquelle s’étend, surplombante et plutôt menaçante, une épaisse nuée grise lourde d’orages à venir,

    parmi des herbes d’un vert déjà jaunissant, dressées _ vent aidant, sur ces sommets _ vers le ciel, et magnifiquement éclairées, elles _ en un premier plan qui occupe la moitié de l’image, du coin à gauche en bas, jusqu’au coin en haut à droite _ par quelque rayon d’un soleil peut-être automnal,

    la touffe, large, drue et bien ronde, à peu près au centre de l’image, d’un buisson, lui, bien vert _ et d’un vert bien foncé, pas du tout jaunissant…

    …

    …

    Je dois dire que ni par ses couleurs, ni par ses formes, cette image ne retient mon attention…

    …

    …

    Alors pourquoi cette image a-t-elle été choisie comme emblématique de cet album _ très (et très heureusement !) divers, comme toujours chez Plossu… _,

    plutôt que d’autres mille fois plus poétiques, du moins à mon regard de spectateur, moi qui ne suis pas un marcheur-randonneur de sentiers de montagnes ?

    …

    …

    J’ai _ par courriel _ posé la question à l’ami Plossu ;

    dont voici la _ très courte _ réponse avant-hier, à 10h 42 :

    …

    « on a eu bien du mal à choisir, avec les gens de textuel, la bonne couv  !« …

    …

    …

    Peut-être, me dis-je, l’intérêt éditorial d’une thématique vaguement écologique…

    …

    À moins qu’il ne s’agisse d’un très bon souvenir personnel _ de l’auteur de l’image photographique _ de randonnée en Ardèche ;

    une randonnée de montagne cévenole peut-être à partir de la maison des amis Bernard et Annie Mirabel, de Bernard Plossu, au Pont d’Aleyrac…

    …

    …

    Et il se trouve que mon intuition est assez bonne !!! :

    …

    cette même image en couleur _ et associée à la même, mais cette fois en noir et blanc, à la page 129 _,

    et cette fois légendée « Aux environs du mont Mézenc« ,

    se trouve en effet à la page 128 de l’extraordinairement merveilleux « Le Pays des petites routes _ en Ardèche« ,

    paru en 2011, en co-édition :

    aux Éditions Yellow now (de l’excellent Guy Jungblut)

    et La Fabrique du Pont d’Aleyrac (de Bernard et Annie Mirabel)…

    …

    …

    Le pays des petites routes en Ardèche

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    Et à ce propos,

    fait, elle, bien partie de mon choix des 13 images préférées ici, 

    la fabuleusement puissante image _ d’un tout simple escalier noir, en bois, à l’intérieur d’une maison (probablement située, elle, au Pont d’Aleyrac, en Ardèche : environ à mi-chemin entre le Mont Mézenc et La Voulte-Sur-Rhône) _, page 43,

    légendée « Chez les Mirabel, Ardèche, France, 2012 » :

    …

    quelle étonnante force d’emprise cette image a sur nous !..

    …

    …

    image

    …

    …

    je la commenterai bien sûr un peu plus tard…

    …

    …

    Alors que j’adore, que dis-je, je vénère, j’idolâtre,

    les images _ du sublimissime « sofa rouge de Carlos Serrano, à Madrid, 1975« , qui se trouve à la page 95 de l’album de 2007 ; et des plus que fascinantes, magiques !, « clés de Zanot, Milan, Italie, 2009« , à la page 93 de l’album de 2013… _ choisies idéalement (!) pour les couvertures

    du « Plossu Couleurs Fresson« , de 2007, pour l’exposition, à Nice, au Théâtre de la Photographie et de l’Image

    …

    …

    Plossu couleur Fresson : exposition, Nice, Théâtre de la photographie et de l'image, 21 déc. 2007-16 mars 2008

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    et du « Couleurs Fresson« , de 2013, aux Éditions Hazan

    …

    …

    Couleurs Plossu : séquences photographiques 1956-2013

    …

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    …

    …

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    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    Deux merveilleux fabuleux albums

    de précédents recueils de ces si extraordinairement poétiques « tirages Fresson » en couleurs…

    …

    …

    Bien sûr, à suivre…

    Cela n’était qu’un énième hors d’œuvre…

    …

    …

    Ce samedi 7 novembre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La respiration océanique de Silvia Baron Supervielle en son « En marge », en contrechant des toiles ouvertes et nettes de son amie peintre Geneviève Asse

    La collection Points-Seuil s’enrichit,

    ce mois de mai 2020,

    d’une importante édition, de 720 pages, de « Poèmes choisis » _ à méditer ! _ de Silvia Baron Supervielle,

    …

    réunis sous le titre de En marge (Points-Seuil P5212) ;

    …

    et avec une lucidissime préface parfaite _  de 7 pages, sans gras, et tirée au cordeau _ de René de Ceccatty,

    intitulée _ coucou, Yves Bonnefoy _  « L’arrière-pays« …

    …

    …

    Ces poèmes ont tous été écrits en français ;

    …

    mais certains d’entre eux ont déjà connu l’honneur d’une parution en recueil, à Buenos-Aires, en 2013, aux Éditions Adriana Hidalgo,

    en une édition bilingue français – espagnol (traduits, pour cette occasion-là, du français).

    …

    …

    Cette édition-ci, En marge,

    reprend l’écriture originelle des poèmes, en français

    _ parus, isolés, dans des revues, seulement,

    ou bien en de précédents recueils : Lectures du vent, en 1988 ; L’Eau étrangère, en 1993 ; Après le pas, en 1997 ; Essais pour un espace, en 2001 ; Pages de voyage, en 2004 ; Autour du vide, en 2008 ; et Sur le fleuve, en 2013 _ ;

    mais leur sélection, ici, par l’auteur, est « sensiblement différente » de celle de 2013.

    …

    …

    La préface de René de Ceccatty,

    toujours magnifiquement analytique et synthétique tout à la fois,

    saisit d’emblée l’idiosyncrasie de la poïétique même de Silvia Baron Supervielle ;

    …

    qui ne distingue pas vraiment ce qui est prose ou poésie en son œuvre ;

    …

    et qui,

    par son inscription _ particulièrement choisie _  dans l’espace à la fois très ouvert et délimité de la page

    _ mais avec beaucoup de blanc : pour la respiration… _,

    trouve un contrechant avec l’œuvre si singulière et tout simplement belle

    des tableaux si impressionnants en leur sobriété et nuances de couleur

    de son amie peintre Geneviève Asse.

    …

    …

    Une parution poétique marquante,

    et singulière ;

    …

    œuvre de toute une vie de respiration par et dans la poïesis même de l’écriture ;

    …

    ainsi que son inscription géographique

    _ sur et dans la page, qui en est comme soulevée de mille brises océaniques et/ou souffles de chair _

    à la fois ferme et nette,

    et aussi estompée,

    …

    livrée, page après page, au lecteur fasciné et rêveur du livre.

    …

    …

    Ce mercredi 1er juillet 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • A propos du Roma de Bernard Plossu : un très bel article de Fabien Ribéry

    Ce jour,

    mon ami Bernard Plossu m’a fait parvenir un superbe article de Fabien Ribery

    à propos de son superbe album, aux Éditions Filigranes,

    Roma.

    …

    …

    Voyages à Rome, par Bernard Plossu, photographe

    …

    par fabienribery

    …
    …

    …
    © Bernard Plossu
    …
    …
    « Tout au 50 mm en noir et blanc, effets interdits, vision pure, classique – moderne quoi !»
    Il y a le monde, oui, peut-être, gisant là comme un pantin effondré _ qui se découvre, ainsi donné et surtout saisi, au vol, en marchant voire dansant, en une sorte de sidération émerveillée, mais active et lucidissime : quel œil fantastiquement lucide que celui de Plossu ! _, et le monde _ aussi : quel plus ! délicieusement richissime, instantanément cultivé pluriellement, tout surgit immédiatement en ce regard… _ selon William Klein, Robert Frank, Walker Evans, Pablo Picasso, Jean Siméon Chardin, Giorgio Morandi, et Le Bernin, Borromini, Mimar Sinan _ c’est-à-dire le monde vu par bien d’autres artistes éclaireurs vivaces du regard (sur les espaces) ; et pas des moindres ; et des plasticiens d’abord (photographes, peintres, sculpteurs, architectes), mais pas uniquement ; la culture faite sienne par soi est nécessairement ouvertement plurielle (la musique y a aussi sa part, comme la cuisine, et les odeurs et les parfums, un peu typés ; comme les couleurs). La culture, ce sont des ponts, des voies, et pas des murs ou des remparts et fossés…
    Il nous faut Paul Cézanne pour approcher un peu ce qu’est une pomme _ certes ; et l’on connaît l’assidue fréquentation aixoise par Plossu de l’atelier de Cézanne au chemin des Lauves…
    Il nous faut Marcel Proust pour comprendre les mystères du temps _ merveilleusement retrouvé, repris, et travaillé, re-travaillé.
    …
    …
    …
    © Bernard Plossu
    …
    Il nous faut Le Christ voilé _napolitain _ de Giuseppe Sanmartino pour ne plus craindre de mourir totalement.
    Il nous faut Ordet de Carl Theodor Dreyer _ là, j’y suis un peu moins : Rome est ultra-catholique… _ pour recommencer à prier.
    Et il nous faut maintenant Bernard Plossu pour entrer à Rome _ entrer est magnifiquement choisi ! Entrer, et arpenter, ré-arpenter, joyeusement, à l’infini…
    Livre publié par Filigranes Editions – tirages de l’ami italianophile Guillaume Geneste -, Roma _ 1979 – 2009  _ est le fruit de trente ans d’arpentages _ ce mot qui me plaît tant ! cf mes 5 articles sur Arpenter Venise du second semestre 2012 : , , et … _, de déambulations, de flâneries amoureuses _ voilà _ dans la ville délicieuse _ on ne le soulignera jamais assez : quelles délectations nouvelles rencontrées à l’improviste chaque fois !
    …
    …
    voilà
    …
    © Bernard Plossu
    …
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    Le regard est d’un passionné de cinéma (De Sica), de peinture (La Scuola Romana), de littérature (Andrea Camilleri _ mais plus encore les vraies romaines que sont Rosetta Loy et Elisabetta Rasy ! _), parce que la culture _ plurielle, formidablement, et sans casiers jamais clos : la culture vraie, ce ne sont que des ouvertures et des invites à regarder toujours mieux un peu plus loin et d’abord tout à côté ; et pas toujours fétichistement au même endroit et sous la même sempiternelle focale… _ n’est pas que l’apparat de la domination analysé par Bourdieu, mais un mode d’accès majeur _ voilà : accéder (et surmonter) n’est pas si courant, tant nous en barrent les clichés des copier-coller à l’identique de la comm’ _ à l’autre, à l’être, à soi _ oui : l’autre, l’être, soi : constitué de myriades de pièces s’ajointant (et s’enrichissant ainsi) à l’infini d’une vie vraiment ouverte.
    Ici, les ruines ne sont pas abordées comme un spectacle de délectation romantique _ à la Gœthe lors de son long séjour (de plus de deux années) romain : c’est seulement à la fin de son séjour que Gœthe en vient à s’affranchir enfin des clichés partagés ; cf mes articles des 22 et 23 mai 2009 :  et … Et en les relisant, je me rends compte que je m’y entretenais avec Bernard Plossu ! _, mais comme une source de vie _ oui ! _, une puissance _ éminemment constructive de joie bien effective _ existentielle _ à la Spinoza _, des directions sensibles _ à arpenter, step by step, toujours un petit pas plus loin ; cf le regard sur Rome du sublime L’Eclisse d’Antonioni (en 1962)…
    A Rome, malgré la vulgarité marchande effrayante (relire les Ecrits corsaires de Pier Paolo Pasolini _ cher à mon ami René de Ceccatty _ ; revoir Ginger et Fred, de Federico Fellini), nous pouvons ne pas être seuls, mais portés, aspirés, exaltés _ oui _, par des siècles de raffinement, de délicatesse _ oui _, de _ très _ haute civilisation.
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    © Bernard Plossu
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    Pour Plossu, Rome est un aimant, un amer, un amour : « Rome m’attire sans arrêt, j’y vais presque chaque année et je photographie en désordre _ oui _, surtout rien de systématique ni d’organisé ! _ bien sûr : en parfaite ouverture à l’inattendu du plus parfait cadeau de l’imprévu non programmé, qu’il va falloir saisir au vol de sa marche dansée, quand il va être croisé… Divin Kairos ! Quartier par quartier _ bien sûr : aux frontières-passoires étranges, par exemple celles du Ghetto du Portico d’Ottavia, avec sa fantastique pâtisserie… _, n’écoutant que mon instinct et surtout ma passion _ pour Rome _ : je suis amoureux fou de cette ville et, en même temps _ c’est un autre pan essentiel du goût de Bernard pour quelque chose d’essentiel de l’Italie _, de toutes les petites îles italiennes où je vais le plus souvent possible » _ et je suis impatient aussi de la publication à venir de ses regards sur les îles (surtout les plus petites : les plus îliennes des îles !) de la Méditerranée.
    A Rome, il y a les amis, installés ou de passage _ les Romains de longtemps, c’est tout de même mieux… _, le couple Ghirri, l’architecte Massimiliano Fuksas, Jean-Christophe Bailly, Patrick Talbot qui lui fait découvrir l’intégralité du _ sublime _ palais Farnèse _ pas seulement la galerie des Carrache _ (un cahier de plus petit format est inséré dans l’ouvrage), tant d’autres.
    Toute occasion, invitation, proposition, est _ certes _ bonne _ utile _ à prendre _ pour le photographe voyageur _, qui permettra d’effectuer _ voilà : œuvrer, et s’accomplir, en photographe de la plus pure et simple, non banale (à qui sait la percevoir et la capter), quotidienneté... _ de nouvelles photographies, de faire des découvertes _ voilà le principal ; en tous genres, et à foison !
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    © Bernard Plossu
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    Non pas d’épuiser le lieu _ ce qui est bien heureusement impossible : quel fou rêverait de cela ? _, mais de l’ouvrir toujours davantage _ et l’attention aux détails les plus particuliers des instants intensément ressentis, au passage si furtif du présent, mais ainsi saisis (par le pur instantané de l’acte photographique) en leur éternité, est ici tout particulièrement d’une richesse incroyablement profonde et infinie pour qui les regarde, ne serait-ce qu’un instant, ainsi vivifié-magnifié, maintenant… Voilà ce qu’apporte le regard sur le livre.
    Aucune grandiloquence _ superficiellement décorative et extérieure, répétitive _ ici _ non : rien que du singulier délicieux raffiné _, mais de l’intimité _ oui _, de la familiarité _ mieux encore _, du simple _ comme le plus chaleureux et fraternel de ce qu’offre une vie, notamment dans les rues _, comme dans un tableau du maître Camille Corot.
    Le sublime est un kiosque à journaux inondé de soleil, une devanture de magasin, un tunnel de périphérique, une moulure de cadre, une chaise, les longues jambes d’une passante, un pavé luisant, un if _ l’un après l’autre, et en une telle diversité : à l’infini de ce qui se prodigue si généreusement à qui passe ; tels les si incroyables merveilleusement imprévisibles, et surtout plus délicieux les uns que les autres, parfums des glaces de Giolitti, Via degli Uffici del Vicario, 40, peut-être le centre même du monde. A fondre de bonheur sous la langue… Il y a aussi les restaurants romains que connaît si bien ma fille Eve, pour avoir été romaine une année…
    Venant de Santa Fe, passé par le désert _ oui : le contraste est assez impressionnant, mais pas tant que ça, à un peu y réfléchir : il y a en chaque vie un côté de Guermantes et un côté de chez Swann… _, Bernard Plossu découvre à Rome _ et s’en réjouit à l’infini _ un summum de présence _ voilà : fémininine, généreuse, maternelle ! _, une énigme métaphysique _ offerte _ à sa mesure, une joie de Nouvelle Vague _ cinématographique aussi, en effet _ poursuivie jusqu’à aujourd’hui _ sauf que le cinéma italien a, lui aussi, maintenant, pas mal hélas décliné. Bernardo Bertolucci est décédé le 26 novembre 2018.
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    © Bernard Plossu
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    De la classe _ toujours : et à un point extraordinaire ! _ en pantalon moulant ou robe de soirée, de la piété _ aussi, et aussi populaire _, des palais _ à foison ; des églises aussi, même si le plus souvent fermées au public ; avoir la chance d’y pénétrer quelques instants, à l’occasion furtive de quelque messe ou cérémonie, se prend et reçoit avec gratitude comme un petit miracle…
    Des statues ont perdu leur nez, ou leur tête, ou leur phallus, si belles et fortes dans leur vulnérabilité même _ une richesse poétique du temps et de son œuvre ouverte.
    Cité du dieu unique des catholiques, Rome est aussi _ bien sûr _ païenne, polythéiste _ oui _, animée de mille entités de grande vigueur _ assurant sa pérennité.
    Le photographe la parcourt en tous sens _ bien sûr, Rome, elle aussi, est un labyrinthe : peu de voies qui soient tout uniment droites _ à pied, la regardant aussi de la vitre d’un train, d’un autobus, d’une voiture _ un dispositif très plossuien, intégrant (et surmontant) une dimension de défi à la vitesse, tout en étant protecteur : une distance demeure, hors viol. Et aidant au cadrage…
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    © Bernard Plossu
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    Rome est Cinecittà, kinésique, cinétique, cinématographique _ oui.
    Vous arrivez à Roma Termini _ ou à Roma Ostiense, parfois aussi : en plein cœur déjà de la Ville… _ mais tout ne fait pourtant que commencer, recommencer, reprendre vie _ voilà, avec éclat, mais sans excès de théâtralité : pas pour quelque galerie extérieure ! juste pour dérouler son propre innocent plaisir, sa joie… Ni vulgarité trash, ni affèterie, jamais, chez Plossu… _ dans la bande passante _ voilà _ de votre regard _ dont témoigneront quelques unes, heureuses, des milliers de photos alors prises.
    Un pyramidion, une arche, un parapluie _ oui.
    Des voitures, des escaliers, des jardins _ belles spécialités romaines, en effet.
    Des empereurs, des cyclistes, des naïades _ voilà ; les fontaines sont aussi une splendeur romaine…
    Comme dans ce que donnent à apercevoir de Rome, par exemple, les merveilleux Journal intime de Nanni Moretti (en 1993) et La Luna de Bernardo Bertolucci (en 1979).
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    © Bernard Plossu
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    Des rails et des murailles.
    Le Colisée _ sans y _ et ses lions.
    Les toitures et les chambres d’hôtel _ Bernard m’a fait cadeau d’un tirage d’une magique vue de nuit prise d’une fenêtre de sa chambre d’hôtel près de Sant’Eustacchio… Un quartier que j’idolâtre, moi aussi, autour du sublime Panthéon, et non loin de Navona.
    Les anonymes, le peuple, la rue _ si importants ici, en la noblesse sans apprêts de leurs allures chaloupées et rapides.
    Roma témoigne du corps de son auteur _ marchant, dansant, lui aussi _, d’un esprit _ ouvert _ sans cesse en mouvement, d’une volonté de voir _ vraiment ce qui passe, se croise, dans le plus vif de l’instant bientôt évanoui _, encore et encore, jusqu’à l’ivresse _ oui, comme en témoignent les photos qui restent. Bref, ce qu’offre Rome à qui s’est dépris des œillères des clichés.
    Roma _ le livre que, page après page, nous regardons _ traverse le temps, entre ici et là, regarde un arbre, une place, une foule, un prêtre, une femme.
    Roma ? Amor fati bien sûr _ en ayant le malicieux divin Kairos de son côté, avec soi : à la suite du regard de Bernard Plossu…
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    Bernard Plossu, Roma, 1979-2009, textes Alain Bergala, Patrick Talbot et Bernard Plossu, Filigranes Editions, 2019, 320 pages
    Filigranes Editions
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    © Bernard Plossu

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    Roma, pour rajeunir dans l’éternité la plus fraîche et vive que peut offir une vie

    _ sa vie à soi, ouverte au meilleur le plus réjouissant de la vie des autres,

    par la grâce d’un vrai pur regardeur tel que Bernard Plossu _,

    ou la joie même.

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    Un bien bel article de Fabien Ribery.

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    Pour un nouveau chef d’œuvre de l’ami Bernard Plossu.

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    Ce samedi 11 janvier 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa