Étiquette : délicatesse

  • La délicatesse et l’élégance magnifiques de Yoann Moulin en son périple en trois volets, pour Ricercar (Collection German Harpsichord Baroque Music I, II et III), dans le répertoire de la musique pour clavecin allemande du XVIIe siècle, sur trois superbes clavecins de Philippe Humeau : chapeau l’artiste !

    Ainsi qu’en témoigne la toute spéciale admiration exprimée en mon article du 15 mai dernier « Transcendant Yoann Moulin en un merveilleux éclairage, en son CD « Ein Klavierbüchlein », des sources, à Lünebourg, Celle, Hambourg et Lübeck, de l’œuvre en gestation de Johann-Sebastian Bach (1685 – 1750)… » pour le jeu magnifique de Yoann Moulin sur son clavecin en le CD Ricercar RIC 475 « Buxtehude – Bruhns – Reinken – Böhm – Bach – Yoann Moulin«  – enregistré à Centeilles au mois de septembre 2024 – ,

    j’ai désiré me procurer les deux premiers volumes de sa « Collection German Harpsichord Baroque Music« ,

    soient les deux précédents CDs Ric 394 « Heinrich Scheidemann – Samuel Scheidt – Cantilena Anglica Fortunae – Selected Harpsichord Works – Yoann Moulin«  – enregistré à Centeilles au mois d’avril 2018 – et RIC 433 « Weckmann – Tunder – Froberger – Ritter – Selected Harpsichord Works – Stylus Luxurians – Yoann Moulin«  – enregistré à Centeilles au mois de mai 2020 –

    que j’avais assez étrangement laissés passer (!!!), les deux – alors que je connaissais déjà l’immense talent d’interprète de Yoann Moulin par plusieurs de ses précédents CDs… – à leur parution, respectivement en 2018 et 2021… 

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    Et si j’ai pu tout aussitôt me procurer le premier de ces deux CDs, le RIC 394 – de 2018 – , qui sommeillait au nom de Scheidemann sur une des étagères de mon disquaire préféré, en revanche il m’a fallu commander le RIC 433 – de 2021 – , que j’ai attendu ce vendredi 6 juin pour l’avoir entre les mains et l’écouter-admirer intensément à son tour !!!

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    Le 26 janvier 2022, sur Crescendo Magazine, était paru l’article « Second volume d’une anthologie du clavecin baroque allemand par Yoann Moulin » de Christophe Steyne,

    un peu tiède – déjà son titre ; mais la tiédeur porte seulement sur le degré d’application par l’interprète de l’adjectif « fantasticus« …

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    Alors que ce jour, l’écoute ultra jouissive de ce CD, littéralement me transporte !

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    Second volume d’une anthologie du clavecin baroque allemand par Yoann Moulin

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    LE 26 JANVIER 2022 par Christophe Steyne
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    Stylus luxurians. Matthias Weckmann (1616-1674) : Toccate en mi mineur et ré mineur ; Canzone en ré mineur et ut mineur ; Partita en si mineur ; Toccata vel praeludium en ré mineur. Heinrich Scheidemann(c1595-1663) : Benedicam Domino. Franz Tunder(1614-1667) : Praeludium en sol mineur. Johann Jacob Froberger(1616-1667) : Ricercare XI en ré mineur. Christian Ritter (c1645-c1725) : Suite en ut mineur ; Sonatina en ré mineur. Yoann Moulin, clavecin. Livret en français, anglais, allemand. Mai 2020. TT 56’09. Ricercar RIC 433

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    En avril 2018 fut enregistré le premier volume – RIC 394 – d’une anthologie que le label dirigé par Jérôme Lejeune consacre au clavier germanique du XVIIe siècle : il se partageait entre Heinrich Scheidemann et Samuel Scheidt, deux élèves de Sweelinck à Amsterdam. L’angle de cette série est apparemment chronologique, moyennant tuilage puisqu’on retrouve Scheidemann dans ce second volume – RIC 433 – , par le biais d’un Benedicam Domino dérivé d’un motet de Hieronymus Praetorius, que l’on entend plus couramment aux tuyaux (il figurait par exemple dans l’album North German organ masters de Gustav Leonhardt, Sony 1994). Le programme se voue – principalement, et avec bonheur ! – à Matthias Weckmann, auquel Ricercar avait déjà dédié un plein CD (mars 1998) sous les doigts de Siebe Henstra (clavecins et clavicorde).

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    À l’instar de Froberger – immense et merveilleux : je le vénère ! – , Weckmann cultiva les influences italienne et française – oui. Elles s’expriment respectivement dans les formes de canzone & toccata, et dans la Suite de danses inspirées par la Cour louis-treizième. Dommage que les Suites en mi et ut mineur aient été écartées, d’autant que la durée permettait aisément de les inclure. On croise en revanche un Praeludium que Franz Tunder – magnifique, lui aussi – écrivit pour l’orgue, et deux œuvres de Christian Ritter, témoin de la génération suivante qui lui aussi puisa à divers modèles : la Suite en quatre parties d’esprit français, et une Sonatina dans la veine des polyptiques buxtehudiens.

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    La prestation de Yoann Moulin valorise facture et esthétique de ces différentes manières : le caractère impérieux et questionneur des Toccatas dans le sillage de Frescobaldi – en effet – , la piquante volubilité de la Canzone en ré mineur, la schistosité imitative de la Canzone en ut mineur. Pour autant, son jeu reste globalement moins contrasté que dans l’excellente intégrale gravée par Noëlle Spieth (Solstice, 1991) et se distingue par sa concentration, son intériorité, sa sérénité, sa fluidité – oui, oui – , toutes vertus qui, disque après disque, portent la marque stylistique de cet interprète – c’est très bien vu. Entre l’art déclamatoire et « une rhétorique sensuelle qui ne symbolise plus le divin mais s’adresse désormais aux sentiments de l’être humain » (nous dit l’artiste dans la notice), on sent Yoann Moulin mieux en phase avec cette finesse-là – tout simplement merveilleuse – que dans l’exacerbation du fantasque et des passions de l’âme.

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    On appréciera cette délicatesse – voilà, voilà… – dans un Ricercar de Froberger d’une exquise gracilité – oui. La Partita de Weckmann, la Suite de Ritter apparaissent même un brin fragilisées, non de technique, mais de ton, d’humeur, comme pour préserver l’intimisme – oui – dérivé de l’art des luthistes. Cette retenue convient bien aux Allemandes et Sarabandes, peut-être moins aux Courantes qui restent sur la réserve. Dans Ritter, l’instrument semble d’ailleurs un peu effacé, comme si les micros lui offraient une moindre ampleur. Ce second tome invite un clavecin de Philippe Humeau d’après Ruckers, mais celui que nous entendons ici (photographié dans le livret mais non présenté) n’est pas le même : son ravalement traduit le changement d’époque. L’intelligence et la touchante sensibilité de Yoann Moulin ravissent l’écoute – voilà, voilà – et sont attendues dans le prochain volume qui, si l’on a bien compris le livret, devrait se focaliser sur la Suite à la française.

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    Son : 8,5 – Livret : 8 – Répertoire : 9 – Interprétation : 9

    Christophe Steyne

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    Yoann Moulin est décidément un grand, un très grand – auprès d’un Benjamin Alard et d’une Elisabeth Joyé, qu’en ses livrets de CDs Yoann Moulin ne manque pas de très amicalement saluer… –  interprète de ce sublime répertoire…

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    Ce vendredi 6 juin 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le vraiment intime Chopin du merveilleux CD « Chopin intime » de Justin Taylor, sur l’idéalement idoine pianino Pleyel de 1839 : un bonheur rajeuni !..

    C’est un vraiment merveilleux portrait de Chopin – à l’œuvre chez lui à son pianino  – saisi dans l’intimité feutrée de sa composition sur son Pianino Pleyel de 1839, que vient nous offrir l’assez inattendu claveciniste  – jusqu’ici !.. – Justin Taylor, en un supérieurement réussi – bravissimo maestro ! admirez ici cette vidéo de 4′ 26 du magnifique « Nocturne » n°20 qui ouvre ce récital… – CD Alpha 1132 – enregistré à Rosario – Bever, en Belgique, au mois d’octobre 2024 ; et avec une prise de son formidable de l’ami Hugues Deschaux…

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    Le programme de ce saisissant délicieux, mais aussi, et même surtout, justissime CD, est centré principalement et au départ sur son choix des « Préludes » n° 2, 4, 5, 9, 10, 16 et 18 de Chopin, dont l’écriture convient en effet idéalement à ce jeu d’ »équilibre assez miraculeux entre diction et rondeur » de ces pièces, ainsi que les qualifie parfaitement Justin Taylor dans sa présentation – sobrement intitulée « J’avais envie de partager ce dialogue rare qui existe entre une œuvre et un instrument« … – du livret…

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    Des pièces complétées par d’autres idoinement choisies par l’interprète...

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    Comme quoi interpréter Chopin passe non seulement par savoir être fidèle à sa bien connue admirable filiation mozartienne, bien sûr, mais aussi par une filiation jusqu’ici un peu moins bien identifiée : celle à l »égard d’un François Couperin, maître en « sensibilité, souplesse, rondeur » et infiniment subtile délicatesse ; ce à quoi aide considérablement ce merveilleusement feutré et velouté Pianino Pleyel de 1839 – « C’est un « petit » piano droit (six octaves et demie) au cadre en bois, doté d’une très belle résonance naturelle du fait de ses petits étouffoirs. Il a un timbre un peu voilé dans les aigus – Liszt parlait d’une sonorité « argentine et voilée – une sonorité envoûtante que l’on a peu l’habitude d’entendre au piano. La mécanique est très fluide, les marteaux sont légers, et il n’y a que deux cordes par note. Le son nous parvient directement puisqu’il s’agit d’un piano droit, ce qui ajoute à la proximité spécifique à cet instrument. Toutes ces caractéristiques en font un piano avec peu de tension, ce qui permet une grande souplesse dans le timbre, un instrument sur lequel on travaille chez soi, et qui en même temps peut nous faire voyager« , indique excellemment Justin Taylor en son livret… – qu’a idoinement choisi Justin Taylor pour cet enregistrement…

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    Bravo à tous ces jeunes interprètes _ Justin Taylor est né à Angers le 16 juin 1992 : il a 32 ans… – dont tant les idée que les interprétations, viennent formidablement renouveler avec bonheur – oui, vraiment : je pense ici aux supérieures et très marquantes (magistrales !) réalisations discographiques de ces magiciens pianistes trentenaires que sont un Ammiel Bushakevitz, 39 ans (Jerusalem, 9 avril 1986), un Adam Laloum, 38 ans (Toulouse, 25 février 1987), un Pavel Kolesnivov, 36 ans (Novossibirsk, 25 février 1989) ou un Samson Tsoy, 36 ans (Aktobe – Kazakhstan, 24 octobre 1988), tous merveilleux, et dont j’ai tout dernièrement encore chanté les louanges… – la joie de notre écoute, en un répertoire pourtant déjà bien balisé, et depuis longtemps, par les plus grands interprètes, et presque saturée à nos oreilles en voie d’être blasées, à force d’habitudes trop bien installées, et presque encalminées…

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    Il me faut bien, ces derniers temps-ci, à la fois constater ce magnifique renouvellement – et sans absolument rien de forcé ! tout en absolue justesse à l’égard des œuvres si merveilleusement servies, et ainsi rajeunies, mais oui… – des interprétations , et, mieux encore, m’en réjouir, et surtout les en féliciter !!!

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    Avoir la connaissance d’une admirable œuvre musicale, c’est déjà énorme,

    mais avoir la chance de découvrir toujours de nouveaux chefs d’œuvre d’interprétation – cette fois – de ces chefs d’œuvre musicaux-là – déjà hyper-connus, quasi jusqu’à saturation… –, nous en renouvelant complètement – c’est-à dire rajeunissant, voilà ! – l’écoute pour nous les faire vraiment redécouvrir, ces chefs d’œuvre, tels qu’au tout premier jour même de leur création par le compositeur lui-même,

    c’est proprement merveilleux et vraiment formidable…

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    Immense gratitude donc à ces passeurs – et « renouveleurs » de jouissance ! – de ces trésors de musique,

    au moins de notre part – en bout de chaîne – à nous, qui pouvons avoir ainsi le bonheur – à l’écoute très admirative de ces interprétations (au concert comme au disque) si merveilleusement renouvelées de ces chefs d’œuvre déjà connus et reconnus… – de les partager avec eux, les interprètes, et après, bien sûr, le compositeur qui les a créés,

    à notre modeste tour de simples mélomanes !

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    Toute une miraculeuse assez rare chaîne – « Tout ce qui est beau est difficile autant que rare« , conclut, d’expert et en beauté, son « Ethique« , le cher Spinoza… – d’incroyables joies advenant et survenant en ces diverses exigeantes opérations,

    qu’il faut toute sa vie apprendre à réaliser, accueillir et recevoir, avec justesse et humilité…

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    Ce samedi 16 avril 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • De l’accès à l’interprétation à l’accès à l’œuvre même : mieux s’enquérir de plus récentes interprétations des Sonates pour piano de ce doux et délicat « Wanderer » qu’a été, sa vie durant, Franz Schubert…

    Jusqu’ici, et alors que je suis un enthousiaste passionné des Lieder de Schubert ainsi que de sa musique de chambre, et alors que j’accroche aussi superlativement à l’enchantement de ses pièces courtes pour piano (« Impromptus« , « Moments musicaux » et autres brèves « Klavierstücke« …),

    il me faut bien avouer que, même interprétées par de très grands noms du piano – Wilhelm Kempf, Rudolf Serkin, Alfred Brendel, par exemple… – , jamais les – grandes – « Sonates » pour piano de celui-ci – les Sonates D. 894, D. 958, D. 959 et D. 960 – , n’ont jusqu’ici – j’y insiste – rencontré mon modeste enthousiasme :  je n’ai jamais adhéré à ce que d’aucuns ont – très incompréhensiblement à mon goût jusqu’ici – qualifié de « divines longueurs de Schubert » en ces Sonates pour piano…

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    Si bien que j’en concluais, bien trop hâtivement – évidemment ! – , que c’était ce Schubert-là lui-même – rien que ça !, du moins ces œuvres-là, ces Sonates… –  qui n’était pas de mon goût…

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    Jusqu’à la révélation complètement renversante de ce miraculeux CD « Franz Schubert – Fantasies » d’Ammiel Bushkevitz – enregistré à Eppelheim du 8 au 11 janvier 2024, et publié tout récemment par Hänssler Classic : le 3 janvier 2025, sous la référence HC 24025 – ,

    dont viennent de parler, le 12 et le 13 avril derniers, mes enthousiastes articles « Le « Schubert au sommet », de paradis, « à un degré d’accomplissement rarissime », de Samuel Hasselhorn, baryton, et Ammiel Bushakevitz, pianiste : la perfection de leur CD « Franz Schubert – Licht und Schatten », avec aussi le miraculeux sublimissime « Franz Schubert – Fantasies » de ce même fabuleux musicien-pianiste qu’est AmmIel Bushakevitz : deux révélations musicales absolument bouleversantes…« 

    et « Les passionnantes questions-réflexions d’Ammiel Bushakevitz sur Schubert et la « Fantaisie », à propos de sa « Wanderer Fantaisie » Op. 15 (D. 760), sa « Sonate-Fantaisie » Op. 78 (D. 894), la « Fantaisie pour piano à 4 mains » Op. posthume 103 (D. 940) et la « Fantaisie pour violon et piano » Op. posthume 159 (D. 934)…« …

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    Mon approche de ces Sonates pour piano de Schubert s’avère donc avoir été aussi liée – prenais-je ainsi enfin, tardivement, conscience ! – à mon écoute personnelle de leurs interprétations – et via le biais de leurs divers interprètes, au disque – ,

    qu’il me fallait donc impérativement – et au plus vite, si possible… – rafraîchir, cette approche – jusqu’ici malheureuse, malencontreuse, donc… – de ces « Sonates » de Schubert, avec des pianistes au toucher un peu plus plus délicat, un peu plus tendre, et, plus secrètement aussi, jubilatoire – sans recherche de démonstration de virtuosité pour la virtuosité (à la Liszt, à la Paganini…) des doigts courant sur le clavier !.. – , tel que celui, miraculeux – de pure tendresse éblouie, naturelle, évidente sans la moindre once d’ostentation auto-centrée : c’est en effet rien moins qu’à l’âme même, si délicate, de Franz Schubert qu’Ammiel Bushakevitz nous offre enfin d’accéder !.. – , d’Ammiel Bushakevitz – au moins déjà en ce CD-ci, « Fantasies« , qui venait de me tomber sous l’oreille, pour mon tout pur et simple enchantement de mélomane…

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    Ainsi viens-je de penser au jeu d’un Adam Laloum – que j’apprécie beaucoup pour sa tendre délicatesse et sa naturelle fluidité, un peu à la Radu Lupu (qu’il me faut absolument ré-écouter, lui surtout !, en ses « Sonates » de Schubert)… – , dont j’ai laissé passer, à sa parution – en  janvier 2024 , le CD « Adam Laloum – Franz Schubert – Piano Sonata D. 959 – Moments musicaux D. 780« , au seul motif – bien indû ! j’en prends conscience… – que ces « Sonates » de Schubert, en tant qu’œuvres – rien que ça ! – , ne me convenaient guère jusqu’alors…

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    Je vais donc très vite m’enquérir de CDs de ces œuvres de Schubert – je veux dire ces « Sonates » – , en des interprétations plus récentes – susceptibles de rencontrer enfin maintenant ma modeste satisfaction – , telles que, par exemple – et sans exclusive aucune, bien sûr : je pense aussi à un Pavel Kolesnikov, ou un Samson Tsoy, ces autres très délicats et doux enchanteurs, qui me comblent… – , celles d’un Adam Laloum – cf mon article en date du 22 février 2020 : « Une apothéose d’Adam Laloum ? La douceur naturelle renversante de ses Schubert D. 894 et 958… » ; l’intitulé de cet article employant déjà la bien significative expression de « douceur naturelle renversante » ; et j’ai ré-écouté la belle interprétation d’Adam Laloum de cette si belle « Sonate » D. 894 : quel chef d’œuvre !.. – ,

    en recherche d’un possible plus fidèle rendu de ce qu’un fin musicologue, Jean-François Boukobza, a judicieusement qualifié du « regard à la fois doux et désenchanté sur le monde » de ce « Wanderer » que, sa vie durant, a été, et l’homme, et le compositeur, Franz Schubert…

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    A suivre donc…

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    Ce mardi 15 avril 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La splendide et délicate tendresse Muffat par Bernard Foccroulle sur les Grandes Orgues 1710 de la Chapelle Royale de Versailles…

    Georg Muffat (Megève, 1er juin 1653 – Passau, 24 février 1704) est un compositeur délicieux, à la jointure magnifique des goûts français – Lully, rencontré à Paris… – , italiens – Frescobaldi, Pasquini, Corelli : les deux derniers rencontrés  Rome… – et allemands…

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    Et voici que Bernard Foccroulle vient de nous proposer un choix assez copieux de 8 des 12 Toccate de l’ »Apparatus Musico- Organisticus » que le compositeur megevan a publiées en ce recueil, en 1690

    – ma discothèque personnelle bénéficie déjà de l’intégrale de ces 12 « Partite » en un superbe double CD Ars Musici AM 1108-2 « Georg Muffat – Apparatus Musico-Organisticus 1690″, par le merveilleux Michael Radulescu, sur l’Orgue Sieber de la Michaelkirche de Vienne, enregistré su 25 au 28 mai 1997…  – ,

    en y joignant la « Sonata a violino solo » publiée à Prague en 1677, et conservée en un trés précieux exemplaire en la bibliothèque du palais épiscopal de Kromeriz, interprétée ici par le concours du splendide violon de Marie Rouquié,

    en un très beau CD Château de Versailles CVS 131 – enregistré aux Grandes Orgues 1719 de la Chapelle Royale de Versailles du 22 au 24 octobre 2023…

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    Toute la tendresse de l’art délicat, subtil et solaire – et si français ! – de Georg Muffat – un compositeur merveilleux que j’adore ! – nous y est magnifiquement donnée…

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    Ce lundi 7 avril 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa