Étiquette : délicieux

  • Faire mieux connaître les bijoux de la musique française demeurés trop méconnus : le CD « So Poétique ! », d’un goût parfait de délicatesse et raffinement, sans mièvrerie ni préciosité, de Cyrille Dubois (suite)…

    En quelque sorte en renfort à mon article « Une nouvelle brillantissime pépite du très épatant ténor Cyrille Dubois : un superbissime récital de mélodies françaises avec orchestre, le CD « So Poétique ! « avec le Brussels Philharmonic dirigé par un excellent Pierre Dumoussaud. Un trésor de plus que ravissantes découvertes de l’art français du chant entre 1870 et 1914… » en date du 12 avril 2026,

    avant-hier 27 mai, est paru sur ResMusica, et sous la plume de Matthieu Roc, l’article « Cyrille Dubois, chantre de la mélodie française avec orchestre« , faisant lui aussi un vif éloge du CD Alpha 1214 « So Poétique ! » en son fervent et très réussi service en faveur de la musique française méconnue,

    que j’ai bien sûr plaisir à partager ici ;

    …

    Cyrille Dubois, chantre de la mélodie française avec orchestre

    …

    Après son excellent récital « So romantique » (Clef ResMusica) composé de raretés du répertoire lyrique pour ténor léger, continue son service en faveur de la musique française méconnue avec « So poétique ! », un disque dédié aux mélodies avec orchestre.

     

    …

    , dans son excellente notice de présentation, explique que ce répertoire des mélodies françaises avec orchestre est à la fois spécifique et encore peu exploré. Voilà de quoi stimuler l’intérêt des enfants de la révolution baroque, c’est-à-dire nous tous, mélomanes et artistes curieux de vérité historique et gourmands de couleurs sonores différentes – voilà. Ces mélodies françaises présenteraient dans leur grande majorité un accompagnement instrumental réduit, léger, qui permet au chanteur de ne pas forcer la voix et de prioriser la mise en valeur du texte, et ceci les différencierait des Lieder avec orchestre d’outre-Rhin. Autre caractéristique : nombre d’entre elles seraient restées inconnues, car n’ayant pas dépassé le stade fragile de manuscrit. Bien sûr, on peut trouver des contre-exemples, mais quand Alexandre Dratwicki énonce les noms de Saint-Saëns, Massenet, Gounod, Godard, Dubois, Caplet, Vierne, de La Tombelle, Holmès, Fauré, Franck, David, Thomas…on est bien obligé de reconnaitre notre faible connaissance de ce qu’il appelle « un continent oublié du répertoire romantique français », malgré les progrès récents dus à l’activité du , partenaire de cette parution.

    …

    Voici donc, sans être exhaustif, Le Soir de Gounod, délicieux de couleurs crépusculaires, puis l’énergique Embarquez-vous ! – à découvrir en cette vidéo… – de . Des trente mélodies avec orchestre de Saint-Saëns, nous en avons trois ici, dont seule Extase a été gravée récemment par Tassis Chritoyannis et l’Orchestra della Svizzeria italiana. Le rayonnant Lever de soleil sur le Nil était, semble-t-il, inédit. Il y a beaucoup de merveilles à redécouvrir et surtout, simplement, à découvrir. Avouons une tendresse particulière pour le piquant Ne nous oubliez pas d’, et l’envoûtante Berceuse pyrénéenne de Fernand la Tombelle, mais tout le programme est d’une belle hauteur d’inspiration, y compris – hum, hum... – les exquises bondieuseries Pourquoi les oiseaux chantent de , Procession de Franck et En prière de Fauré. Pour alléger le programme et estomper un possible excès de sucre, on y a inséré quelques vers simplement parlés, et trois magnifiques pièces orchestrales de : Lamartine, Alfred de Musset, Victor Hugo. Ca ne vient pas mal.

    …

    Si on évite l’effet de saturation en confiserie, c’est surtout grâce au remarquable travail sur les couleurs – oui – opéré par les artistes. – une fois encore excellent ! – à la baguette gère avec une précision d’orfèvre les sonorités du , très souple et transparent – absolument. Dans cette dentelle musicale, n’a aucune peine à dérouler son souffle long, son phrasé exceptionnel, ses nuances subtiles et la prodigieuse intelligibilité de sa diction – oui, oui, oui, oui : quatre fois oui… Ce point est à louer avec vigueur – en effet ! – : entendre chaque mélodie et comprendre chaque mot sans avoir à lire le livret – voilà ! – , c’est rare même avec un piano – tout à fait ! Avec un orchestre, c’est exceptionnel – absolument. Son talent – rare – de diseur joue alors à fond, et valorise le texte au premier plan – absolument – , confirmant ainsi pleinement – oui – l’exposé d’ – ainsi que le choix du titre « So Poétique ! » donné à ce CD…

    …

    Un excellent album – voilà ! – , utile à la connaissance de la musique française et d’un goût parfait – oui !!! – , sur lequel se précipiteront tous ceux qui aiment la délicatesse et le raffinement – voilà, voilà ! -, sans les confondre avec mièvrerie (étrangère à ce programme) et préciosité (où n’est jamais) – tout cela d’une parfaite justesse…

    …
    Charles Gounod (1818-1893) : Le soir, Ma belle amie est morte ; Benjamin Godard (1849-1895) : Embarquez-vous, 3 fragments poétiques Op. 13 No. 1 Lamartine, No. 2 Alfred de Musset, No. 3 Victor Hugo ; Camille Saint-Saëns (1835-1921): Aimons-nous, Extase, Lever de Soleil sur le Nil ; Louis Vierne (1870-1937) : Chanson d’automne ; Théodore Dubois (1837-1924) : Printemps, Pourquoi les oiseaux chantent ; Gabriel Fauré (1845-1924) : Les roses d’Ispahan ; Fernand de La Tombelle (1854-1928) : Berceuse pyrénéenne, Sonnet d’Estienne de la Boétie ; Jules Massenet (1842-1912) : Le poète et le fantôme ; Augusta Holmès (1847-1903) : Ne nous oubliez pas ; Gabriel Fauré (1845-1924) : En prière ; César Franck (1822-1890) : La procession ; Félicien David (1810-1876) : La vengeance des fleurs ; Ambroise Thomas (1811-1896) : Le Soir. Cyrille Dubois, ténor ; Brussels Philarmonic ; Pierre Dumoussaud, direction. 1 CD Alpha-Classics. Enregistré du 31 mars au 4 avril 2025 à Flagey, Bruxelles. Notice de présentation en français, anglais, allemand. Textes des poésies fournis avec traduction en anglais. Durée : 68:43

    …

    …

    Un travail musical parfait, et délicieux à savourer !

    …

    Ce vendredi 29 mai 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La perfection superlative de l’ « A Chloris » de Reynaldo Hahn par Benjamin Appl en le très original programme de son CD « Forbidden Fruit », avec son compère pianiste James Baillieu _ ou atteindre l’acmé de sérénité du plaisir…

    Qu’on commence par écouter _ en boucle si nécessaire… _ la plage 11, d’une durée de 3’10, de l’assez extraordinaire CD « Forbidden Fruit » du baryton allemand Benjamin Appl _ Ratisbonne, 26 juin 1982 _ et de son compère pianiste James Baillieu _ Afrique-du-Sud, mars 1982 _,

    le très original CD Alpha 912, enregistré à Lugano du 27 au 30 juillet 2020, et paru seulement _ du fait de sa marquante a priori peu commerciale singularité ?!? _ le 23 juin 2023 ;

    …

    soit une interprétation plus que parfaite

    _ entre bien d’autres enregistrées d’excellente qualité ; cf par exemple mon article du 23 mai 2020 : « « ,

    dans lequel je donnais à écouter deux interprétations très réussies de la sublime « À Chloris » de Reynaldo Hahn (Caracas, 9 août 1874 – Paris, 28 janvier 1945), sur un poème de Théophile de Viau (Clairac, 1590 – Paris, 25 septembre 1626 ; le poète avait été condamné à mort pour libertinage…) ;

    un poème lui-même sublimissime (on découvrira l’entièreté de 100 vers des Stances « À Cloris«  aux pages 64 à 67 du passionnant « Après m’avoir tant fait mourir Œuvres choisies«  de Théophile de Viau, paru en 2002 en la collection Poésie-Gallimard… ; le poème datant de 1621)

    …
    S’il est vrai, Chloris, que tu m’aimes,
    Mais j’entends, que tu m’aimes bien.
    Je ne crois point que les rois mêmes
    Aient un bonheur pareil au mien.
    Que la mort serait importune
    De venir changer ma fortune
    Pour la félicité des cieux !
    Tout ce qu’on dit de l’ambroisie
    Ne touche point ma fantaisie
    Au prix des grâces de tes yeux.

    …

    _ une interprétation, assez étonnante, par Philippe Jarrousky, en sa voix pour une fois non pas de haute-contre, mais de ténor, en son très réussi CD « Opium«  (Virgin Classics 50999 216621 2 6, un CD sorti en 2009) ;

    _ et une autre, celle-ci, par Véronique Gens, en son très réussi, lui aussi, CD « Néère«  (Alpha 215, un CD sorti en 2015) ;

    en un article que je concluais par ces mots « Reynaldo Hahn sait être prodigieusement simplement délicieux« … _

    …

    soit une interprétation plus que parfaite de ce chef d’œuvre insurpassable de la mélodie française qu’est le si délicatement fondant « À Chloris » du cher Reynaldo Hahn…

    …

    …

    Quelle diction française ! et au service de quel chant ! à un tel degré admirables !

    Quel art superlatif de si merveilleusement incarner ce qu’il chante _ en français comme en anglais, et, bien sûr, en allemand ; et cela en des genres aussi divers, voire carrément opposés, aux antipodes les uns des autres, tels que la mélodie, le lied ou la chanson canaille de cabaret !… _ possède ainsi ce décidément prodigieux interprète chanteur-diseur qu’est Benjamin Appl, avec la complicité radieuse, elle aussi _ attentivissime ! _, du magique piano de James Baillieu…

    …

    Quelle enchanteresse incarnation, donc, ici,

    lumineuse de douce, légère, méditative, claire, et tendre gravité _ à fondre on ne peut plus sereinement d’infiniment délicat plaisir : la « grâce«  même ainsi attrapée et restituée… _, de ce sublimissime « À Chloris« … 

    …

    …

    Et demain,

    après pareille toute simple mise en bouche auditive enchanteresse,

    je reviendrai me pencher, cette fois en détails, sur l’originalité remarquable de ce véritable bijou discographique assurément singulier (!) _ ce qui permet probablement de comprendre (mais pas justifier !) la longueur du délai (de trois années !) écoulé entre l’enregistrement, en juillet 2020, et la parution de ce  CD, en juin 2023 : lors de leur enregistrement de juillet 2020, à Lugano, Benjamin Appl et James Baillieu avaient tous les deux 38 ans… _ qu’est tout ce CD « Forbbiden Fruit » _ Alpha 912 _, de Benjamin Appl et son compère pianiste, excellentissime lui aussi, James Baillieu…

    …

    …

    Ce samedi 29 juillet 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La discographie désordonnée et incomplète de l’oeuvre musical de Nicola Porpora (1686 – 1768) : à enrichir et compléter urgemment…

    Suite aux frustrations évoquées en mon article d’hier 2 juin «  » de ne pas découvrir assez au disque de l’art de Nicola Porpora en faveur du chantant violoncelle, dont il a pourtant été un des découvreurs,

    …

    et en cherchant à faire un bilan rétrospectif un peu exhaustif de la discographie réalisée _ sinon disponible… _ jusqu’ici de Nicola Porpora (Naples, 10 août 1686 – Naples, 3 mars 1768),

    …

    je suis bien forcé de constater un assez grand désordre, et pas mal d’absences criantes en cette discographie de ce très marquant compositeur du XVIIIe siècle ;

    absences bien dommageables pour la curiosité en éveil du mélomane….

    …

    …

    De fait, j’ai tout de même découvert l’existence d’un double CD Brillant intitulé « Porpora Cello Concertos & Sonatas » par les soins du violoncelliste Rinato Crisculo et de l’Ensemble Musica Perduta,

    dont une vidéo accessible sur youtube permet de prendre connaissance par l’oreille d’une interprétation intégrale de ce Concerto en sol majeur de Nicola Porpora : 

    de la minute 61′ 25 jusqu’à la minute 78′ 55 de cette vidéo, soit la fin de ce concerto-ci.

    …

    …

    Et le Largo donné par le Concert de La Loge de Julien Chauvin et Christian-Pierre La Marca à la plage 4 du CD « Legacy« , et d’une durée de 3′ 23 sur ce CD Naïve, en une superlative interprétation, et dont voici la très précieuse vidéo,

    est accessible aussi, de la minute 70′ 32 à la minute 74′ 15, de cette vidéo-ci du double CD Brilliant de l’Ensemble Musica Perduta.

    …

    Mais hélas l’interprétation, cette fois, n’est guère engageante…

    Pas grand chose à voir, en tout cas, avec les talents lumineux et enthousiasmants de Christian-Pierre La Marca et Julien Chauvin à la tête de son concert de La Loge, en le merveilleux Largo de leur CD « Legacy« .

    …

    Ce CD dont je me plais à donner à nouveau ici l‘excellente présentation vidéo _ réalisée le 8 février 2023 _ par Christian-Pierre La Marca et Julien Chauvin...

    …

    …

    De ce CD « Legacy« , et toujours de la main de Nicola Porpora, mais cette fois en sa cantate « Gli orti esperidi« , créée le 28 août 1721, à, Naples, au Palais royal, sur un livret de Métastase,

    voici encore cet air magnifique, avec Philippe Jaroussky, avec un superbe accompagnement de violoncelle de Christian-Pierre La Marca, « Giusti amor, tu che m’accendi« ,

    à déguster en cette vidéo de 6′ 52…

    …

    …

    Où l’on mesure comme jamais l’idéale harmonie entre la voix qui chante et le violoncelle, comme l’a si bien saisi, le tout premier _ déjà, du moins, dès 1721… _, le subtil et sensible Nicola Porpora…

    …

    …

    Bref, l’ensemble de ce qu’a légué spécialement pour le violoncelle _ qu’il pratiquait _ Nicola Porpora (1686 – 1768)

    demeure encore à proposer aux mélomanes au disque en une version qui soulève vraiment l’enthousiasme,

    …

    comme ont su le réaliser _ mais trop parcimonieusement pour ce qui concerne Porpora lui-même… _ Christian-Pierre La Marca et Julien Chauvin en leur enthousiasmant CD « Legacy » _ privilégiant là, et d’un certain point de vue cela peut se comprendre, ces deux formidables chefs d’œuvre que sont les deux sublimes Concertos pour violoncelle, n°1 et n°2, de l’héritier direct de Porpora au violoncelle, Joseph Haydn (1732 – 1809), qui fut, et grâce à leur ami commun Métastase, son élève à Vienne au cours de la décennie 1750… ; cf aussi le cadeau inestimable de ce radieux fragment de la rare Sinfonia concertante pour violon, alto et violoncelle Kv. 320e Anh 104, de Mozart, donné à la plage 5 du CD : une autre merveille encore (de 9′ 34)… _,

    très appétant pour mieux découvrir tout ce qu’a fait _ et légué _ ce délicieux mélodiste qu’a été Nicola Porpora non seulement pour le chant _ cela étant bien connu, et assez bien servi au disque… _, mais aussi pour le violoncelle…

    …

    …

    Vers un CD « Legacy II » ?

    …

    Nous voudrions l’espérer…

    …

    …

    Ce samedi 3 juin 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • « Rifkin’s Festival », ou trois délicieux petits tours au Festival de Saint-Sébastien, une douce comédie auto-ironique et presque testamentaire de Woody Allen en 2020…

    En forme de suite à mon article «  » du 19 avril dernier,

    …

    ce dimanche ceci,

    à propos, cette fois, du tout dernier film de Woody Allen paru jusqu’ici sur les écrans _ en février 2020 _ ainsi qu’en DVD _ en novembre 2021 _,

    le délicieux, un peu plus auto-ironique cette fois, et même un poil testamentaire _ mais sans lourdeur _, « Rifkin’s Festival » ;

    ou une adorable balade à la merveilleuse Saint-Sébastien au moment de son très agréable Festival de cinéma… 

    …

    …

     

    …

    …

    Ce dimanche 23 avril 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa