Étiquette : délicieux

  • Redécouvrir ou découvrir, et en toute saison, la délicieuse petite musique de Michele Mascitti (1664 – 1760)…

    La période du Covid m’avait empêché de me procurer un 5ème CD _ après les 2 CDs de son « Opera prima« , par l’Ensemble Baroques-Graffiti (les CDs APO 156 et 157, de l’éditeur Acte Préalable, parus en 2008 ; le vraiment superbe CDs de son Op. 2, « 6 Sonate da camera« , pour le label espagnol Cantus, paru en 1997 ; et le CD de son « Opera ottava« , le CD Arcana A 111, paru en 2018 _ du compositeur italo-parisien Michele Mascitti, soit le CD Arcana A 473 de ses « Sonate a violino solo e basso Opera nona » de 1738,

    dont j’avais cependant signalé l’insigne parution en mon article du 19 avril 2020 : «  » _ cf aussi mon précédent article du 28 septembre 2018 : « « …

    …

    …

    Après l’avoir expressément commandé, voilà, j’ai reçu ce CD Arcana A 473, et ma curiosité est satisfaite.

    …

    Mais jusqu’ici, il me faut avouer que ma préférence va au CD Cantus C 9610 de l’Op. 2, par le violoniste Fabrizio Cipriani et le violoncelliste Antonio Fantinuoli, enregistré à Cravasco, en Ligurie, en novembre 1994, et paru en 1997 :

    à écouter ici même ; c’est délicieux,

    et en toute saison… 

    …

    …

    Ce dimanche 22 janvier 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • En forme de gratitude envers la grâce de l’art merveilleux d’Emmanuel Mouret

    Cher Emmanuel Mouret,

     
    il me paraît bien normal que les créateurs puissent, de temps en temps, recevoir quelques témoignages de « joie » et « gratitude »
    de ceux qui ont reçu pareillement leurs œuvres…
     
    Et c’est bien de la « joie » que procurent vos comédies on ne peut plus sérieuses quant au fond des choses aussi magnifiquement abordé
    que dans « Un Baiser, s’il vous plaît ! »,
    ou ce merveilleux « Mademoiselle de Joncquières » : un chef d’œuvre !..
     
    À propos de celui-ci, 
    je dois vous dire que j’admire tout particulièrement à la fois celles des scènes, mais aussi ceux des dialogues, qui semblent être entièrement de votre cru,
    je veux dire ne reposant en tout cas pas sur le texte même de Diderot en son « Jacques le fataliste »…
    Avec quelle justesse les avez-vous ainsi imaginés et inventés, ces scènes et ces dialogues : le résultat est d’une évidence et vérité magiques !
     
    Et cela de façon à incarner extraordinairement lumineusement sur l’écran – et sans jamais la moindre lourdeur : tout ici virevolte ! -, ce qui n’est qu’à peine suggéré, très elliptiquement, par le texte même de Diderot.
    Chapeau ! C’est admirable de justesse… 
    Et Diderot, dont le récit manie habilement la vivacité malicieuse de l’ellipse (du récit de l’hôtesse, toute occupée et bousculée qu’elle est sans cesse par ses impérieux offices), n’aurait peut-être pas, voilà !, mieux fait…
     
    Comment avez-vous donc procédé pour parvenir à ce résultat, avec une si formidable évidence ?
    De quels textes, de quelles œuvres vous êtes-vous donc si merveilleusement inspiré ?
    Il est vrai que la langue du XVIIIe français est très souvent magnifique
    – et personnellement je porte au pinacle l’élégance pointue étourdissante de Marivaux…
     
    Et je ne parle pas de tout le reste de vos choix : les lieux de tournage, les décors, les costumes, les musiques.
    Et la magique direction des acteurs, bien sûr…
    Non plus que la géniale invention de l’amie-confidente (mais non complice) de la marquise ;
    ou la cruciale décision de changer ce nom de « Duquênoi » pour celui, noblissime, de « Mademoiselle de Joncquières » ; et d’en faire si justement le titre du film…
    Une grâce même advient là.
     
    Tout est ainsi parfait pour nous mettre immédiatement et continuement dans l’esprit de ce chef d’œuvre de Diderot qui a servi de base à cette histoire, au départ, de « saugrenu mariage »
    qui vient sublimement renverser les perfides manigances vengeresses sournoises de Mme de La Pommeraye, persuadée qu’elle était d’avoir idéalement réussi son coup :
    le furtif, à peine visible, mais bien perceptif mouvement de gorge que ne peut réprimer la marquise à l’ultime image du film étant le coup de grâce du puissant démenti que celle-ci se reçoit…
     
    Ou ce qui, dans le jeu d’échecs des volontés et des déterminismes, vient malicieusement déjouer les plus machiavéliques calculs…
     
    Voilà ce que je me demande, très admirativement, cher auteur…
     
    Et encore bravo pour cet extraordinaire travail de préparation et de réalisation.
     
    …
     
    Je n’ai pas encore eu accès au DVD de votre « Une autre vie » ;
    et je m’apprête à regarder, non sans impatience, celui de « Chronique d’une liaison passagère », accessible à partir du 24 janvier prochain.
     
    Mais j’aime décidément beaucoup votre jeu de variations sur ce thème auquel vous êtes fidèle, et qui vous réussit si bien…
     
    Ce vendredi 13 janvier 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa
    …
    …
    P. s. :
    …
    et pour bien mesurer le génial apport cinématographique du film aux ellipses du texte de Diderot (et du très malicieux récit de la truculente hôtesse un peu pressée et bousculée, mais qui sait si pertinemment tenir en haleine et relancer la curiosité de ses deux auditeurs impatients…) en son « Jacques le fataliste et son maître« ,
    jeter aussi un coup d’œil à mes deux tout récents articles de lecture un peu attentive de ce texte si subtil et réjouissant de Diderot, les 8 et 9 janvier derniers :
    Un tel art du récit peut donc tout aussi bien être cinématographique, comme le montre ce décidément délicieux « Mademoiselle de Joncquières ».
    Voilà.
  • Le délicieux « Attrape-moi si tu peux », de Steven Spielberg (en 2002), attrapé hier par hasard sur la 7 à 13h 35 : un réjouissant régal de cinéma…

    C’est hier, peu après 13h 35, que je suis branché sur la 7,

    et ai pu ainsi suivre le tout à fait délicieux film _ jusqu’ici inconnu de moi ! _ de Steven Spielberg, tourné en 2002, « Attrape-moi si tu peux » _ à partir d’un récit du principal protagoniste, Frank Abagnale Jr, paru en 2000, et sous ce même titre de « Catch me if you can » (« Attrape-moi si tu peux« , aux Éditions Stanké, en 2003 en France)… _, avec une distribution impeccable, à partir d’un casting parfait absolument magnifique :

    …

    Leonardo di Caprio, Tom Hanks, Christopher Walken, Nathalie Baye, Martin Sheen, etc.

    …

    …

     

    …

    …

    Ce vendredi 30 décembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Musiques de joie : le délicieux Aria « Bist du bei mir » (de Gottfried-Heinrich Stölzel) du second Petit Livre de Clavier d’Anna-Magdalena Bach, en 1725, par Sibylla Rubens et Michael Behringer

    Parmi les musiques de joie pures et fondantes de tendresse

    _ et marquantes, dans le souvenir du mélomane un peu familier de quelques riches recoins de l’œuvre multiforme de Bach _,

    …

    sonne toujours en la mémoire _ reconnaissante _

    le délicieux petit Aria Bist du bei mir,

    noté en 1725 dans le second Petit Livre pour le Clavier d’Anna-Magdalena Bach ;

    …

    longtemps attribué à Johann-Sebastian Bach sous le numéro de catalogue BWV 508 

    _ c’est seulement en 2000 qu’un exemplaire de la partition d’origine, considérée jusqu’alors comme comme perdue, a été retrouvé …au conservatoire de Kiev _,

    il est, en fait, extrait de l’opéra de Gottfried-Heinrich Stölzel (Grünstädtel, 13 janvier 1690 – Gotha, 27 novembre 1749)

    Diomède, ou l’innocence triomphante,

    représenté le 16 novembre 1718 à Bayreuth _ Stöltzel et Bach se sont rencontrés et ont tissé des liens d’amitié musicale…

    …

    …

    Bist du bei mir, geh’ ich mit Freuden
    zum Sterben und zu meiner Ruh’.
    Ach, wie vergnügt wär’ so mein Ende,
    es drückten deine schönen Hände mir die getreuen Augen zu !
    …
    Si tu restes avec moi, alors j’irai en joie
    Vers ma mort et mon doux repos.
    Ah ! comme elle serait heureuse, ma fin,
    Tes jolies mains fermant mes yeux fidèles !

    …

    …

    L’interprétation _ adorable ! _ de Sibylla Rubens, soprano, avec le clavecin de Michael Behringer,

    dans le double CD Clavier-Büchlein für Anna Magdalena Bach, 1725,

    de l’édition bachakademie, du label Hänssler 106, en 1999,

    …

    me paraît convenir admirablement,

    en son émouvante sobriété et parfaite justesse d’expression,

    à ce que pouvait être la pratique, au quotidien, d’Anna-Magdalena _ qui était cantatrice _, et des siens, au domicile des Bach, en 1725, à Leipzig :

    …

    c’était le 22 mai 1723 que la famille Bach s’était installée à Leipzig, où Johann-Sebastian Bach avait obtenu, le 22 avril 1723, le poste de Kantor à l’église Saint-Thomas ; poste laissé vacant par le décès du Kantor précédent, Johann Kuhnau, le 5 juin 1722…

    …

    Et Anna-Magdalena Wilcke (Zeitz, 22 septembre 1701 – Leipzig, 27 février 1760),

    cantatrice, donc,

    était devenue le 3 décembre 1721, à Köthen, la seconde épouse de Johann-Sebastian Bach,

    veuf, au mois de juillet 1720, de sa première épouse Maria-Barbara Bach, à Köthen le 3 décembre 1721.

    …

    Anna-Magdalena Bach eut alors à élever les 4 enfants orphelins de leur mère Maria-Barbara :

    …

    Catharina-Dorothea (Weimar, décembre 1708 – Leipzig, 14 janvier 1774),

    Wilhelm-Friedmann (Weimar, 22 octobre 1710 – Berlin, 1er juillet 1784),

    Carl-Philipp-Emanuel (Weimar, 8 mars 1714 – Hambourg, 14 décembre 1788)

    et Johann-Gottfried-Bernhard (Weimar, 11 mai 1715, Iéna, 27 mai 1739) ;

     

    …

    et Anna-Magdalena Bach eut elle-même 13 enfants, nés de 1723 à 1742,

    parmi lesquels les compositeurs Johann-Christoph-Friedrich (Leipzig, 21 juin 1732 – Bückeburg, 26 janvier 1795) et Johann-Christian (Leipzig, 5 septembre 1735 – Londres, 1er janvier 1782) ;

    son aînée a été Christiana-Sophia-Henrietta (Leipzig, printemps 1723 – Leipzig, 29 juin 1726) ;

    et sa petite dernière _ la treizième _ est Regina-Susanna (Leipzig, 22 février 1742 – Leipzig, 14 décembre 1809).

    …

    …

    On trouve sur le web plusieurs vidéos

    à divers titres intéressantes _ ou à divers titres frustrantes _

    de ce délicieux Bist du bei mir :

    …

    j’apprécie particulièrement

    l’interprétation sobre et émouvante _ sans maniérisme aucun, comme il se doit _, du ténor anglais _ très heureusement familier du répertoire (et interprétations) baroques _ Charles Daniels, en 2018 ;

    ou celle _ probablement assez proche de ce que devait être la pratique, au quotidien, des enfants Bach, chez eux, à Leipzig, en 1725 _ du petit garçon tchèque David Cizner, âgé de 10 ans _ il est né le 12 février 2002 à Prague _ en 2012 ;

    …

    et un peu moins, celle, un peu trop opératique à mon goût, de la grande Janet Baker, en 1973 ;

    ou celle, un peu trop lente et doloriste, de la si souvent merveilleuse Aafje Heynis, en 1956 

    _ ces deux interprétations-là antérieures à ce qu’a permis d’apprendre le revival baroque des Deller, Leonhardt, Harnoncourt…

    …

    Mais aucune de celles-ci n’a la fraîcheur et la merveilleuse évidence _ de Hausmusik , en 1725, à Leipzig… _

    de l’interprétation du CD Hänssler

    par Sibylla Rubens et Michael Behringer :

    à écouter ici…

    …

    …

    Comparer des interprétations est aussi assez intéressant ;

    cela aide à se former le goût…

    …

    …

    Ce mercredi 27 mai 2020, Tituss Curiosus – Francis Lippa