Étiquette : Discophilia

  • Découvrir un jeune interprète, le pianiste Alexander Malofeev, en un répertoire (russe) avec lequel je n’ai personnellement guère d’atomes crochus, sur la foi de la lecture de comptes-rendus enthousiastes : une expérience de la délicatesse féérique d’un toucher adamantin qui nous fait accéder au cœur préservé du plus secret et toujours à vif de l’intime à jamais nostalgique de Nikolai Medtner (1880-1951) et Serguei Rachmaninov (1873-1943)…

    œœDécouvrir un jeune interprète, le pianiste Alexander Malofeev – né à Moscou le 21 octobre 2001, et installé à Berlin depuis la fin de l’année 2022 – , en un répertoire (russe : Glinka (Novo Spasskoïe, 1804 – Berlin, 1857), Medtner (Moscou, 1880 – Londres, 1951), Rachmaninov (Semionov, 1873 – Beverley Hills, 1943), Glazounov (Saint-Pétersbourg, 1865 – Nelly-sur-Seine, 1936) – tous les quatre un jour expatriés de leur Russie natale... – ) avec lequel je n’ai personnellement guère d’atomes crochus, sur la foi de la lecture de comptes-rendus enthousiastes – de Bertrand Boissard aux pages 70-71 du numéro 753 de ce mois de mars 2926 (le double CD y est « Diapason d’or« ) ; et de Jean-Charles Hoffelé en son article « L’Élégiaque » en date su 17 mars dernier … – en son double CD Sony 19802936922 – enregistré à Berlin du 20 au 22 février et du 1er au 6 mars 2025, soient 9 jours ; et Alexander Malofeev a alors 24 ans… – :

    telle est l’expérience à laquelle je me livre ce dimanche matin 22 mars…

    …

    De l’article remarquable de justesse et précision de Bertrand Boissard, je retiens ici la forte conclusion :

    « Plus qu’un immense pianiste – « de ce nouveau maître du piano » qu’est magnifiquement déjà Alexander Malofeev, ainsi que l’annonce le titre de l’article, page 70 – Alexander Malofeev s’affirme comme une forte et originale personnalité artistique : ce premier album en offre l’éclatante démonstration, et nous rend impatients de le retrouver« …

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    L’ÉLÉGIAQUE

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    « forgotten melodies », j’attendais tout un album Medtner, mais non, Alexander Malofeev ouvre ici son carnet secret de la musique de son pays natal, qu’une certaine nostalgie d’exil aura transformé en élégie.

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    Le nouveau petit prince du piano russe aura pris à revers les récents virtuoses tapageurs du Conservatoire de Moscou, toucher adamantin – voilà ! – , goût de l’intime – oui ! – palette de couleurs subtile – des traits dont je suis pour ma part éminemment fervent !!! – , tout un art que je n’avais plus entendu depuis Feinberg ou Ginzburg, avec cela une volatilité soudain stupéfiante : le grand déploiement de l’envol de L’Alouette, quelle splendeur ailée !

    …

    Il commence chez Glinka, rapprochant la pincée de Mazurkas, la Valse ou la Polka de l’univers Chopin – dont il doit être déjà un interprète d’exception – et après Medtner la poursuivra chez Sergei Rachmaninoff pour une sélection de pièces secrètes entourant une Deuxième Sonate débarrassée de tout effet, soudain plus émouvante que spectaculaire, une sorte d’anti-Horowitz où la virtuosité ne se voit jamais – comme il se doit et se devrait toujours !

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    Ici, son clavier semble sans marteaux – wow ! – , tout en couleurs, en ondes, en irisations ou en fulgurances – re-wow !!! – , comme il le sera dans les quatre merveilles prises chez Alexander Glazounov dont l’œuvre de piano n’est décidément pas assez courue.

    …

    Fil rouge de ce voyage, la nuit, dont la Sonate, les danses et les canzonas des Mélodies oubliées – de Medtner, qui donnent son titre à ce double album – explorent l’univers, entre conte et fantastique.

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    Il faut être assez poète pour varier si subtilement le kaléidoscope où Nikolai Medtner fait tourner son petit motif tendre et nostalgique, le jeune homme en saisit chaque inflexion, cueillant l’émotion dans un toucher magique – wow !!! –  ; et de conclure – plage 14 du CD n°1 – hors du cycle par l’Elfenmärchen, irréel à force de caresses, musique de perles. Je crois bien que Medtner est son univers, qu’il y persévère !

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    La prise de son (Maximilien Ciup a posé ses micros dans la Jesus-Christus-Kirche – à Berlin, où réside désormais Alexander Malofeev… – ) fait un peu trop ! entendre le jeu de pédales.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Forgotten Melodies
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    Mikhail Glinka (1804-1857)

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    L’Alouette (No. 10, extrait du cycle « Adieu à Sant-Pétersbourg » ; version pour piano seul : Balakirev)
    Mazurka en ut majeur
    Mazurka en ut mineur
    Polka en ré mineur
    Abschiedwalzer en sol majeur

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    Nikolaï Medtner (1880-1951)

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    Vergessene Weisen I, Op. 38
    2 Skazki, Op. 48 (extrait : No. 2. Elfenmärchen)

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    Sergei Rachmaninoff (1873-1943)

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    5 Morceaux de fantaisie, Op. 3 (2 extraits : No. 2. Prélude en ut dièse mineur ;
    No. 1. Élégie en mi bémol mineur)

    Fragments (Andante semplice) en la bémol majeur
    Sonate pour piano No. 2 en si bemol mineur, Op. 36
    12 Romances, Op. 21 (extrait : No. 5. Lilas – version pour piano seul : Rachmaninoff)
    Études-Tableaux, Op. 33 (3 extraits : No. 3. Grave ; No. 7. Moderato ; No. 8. Grave)

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    Alexandre Glazounov (1865-1936)

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    Étude en mi majeur, Op. 31 No. 3 (La nuit). Allegretto quasi andantino
    Chant des Bateliers de la Volga, Op. 97 (version pour piano seul)
    Idylle en fa dièse majeur, Op. 103
    3 Miniatures pour piano, Op. 42 (extrait : No. 3. Valse. Allegretto)

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    Alexander Malofeev, piano

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    Un album de 2 CD du label Sony Classical 198029369229
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    Photo à la une : le pianiste Alexander Malofeev –
    Photo : © Evgeny Evtyukhov

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    Pour découvrir ici le toucher de ce piano magique d’Alexander Malofeev,

    regardez cette vidéo (de 6′ 52) de la « Canzona serenata » Op. 36 n°8 de Medtner, enregistrée en concert à Francfort le 15 septembre 2022…

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    Quel art magique de servir si idéalement – sans le moindre pathos sirupeux, ni encore moins la plus petite once d’histrionisme grandiloquent – l’art profondément méditatif et si subtilement délicat et profondément intérieur, intime et onirique, de Nikolaï Medtner et de Sergueï Rachmaninov, subtilement agrémenté de pièces nostalgiques elles aussi, de Mikhail Glinka et Alexandre Glazounov :

    tous des exilés de Russie…

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    Immense merci à la magie si touchante de cet interprète prodigieux qu’est Alexander Malofeev !!!

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    Ce dimanche matin 22 mars 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Entre chaloupés et syncopes, et magnifiques subtilités rythmiques, la très sensible intelligence du jeu de Guillaume Coppola en son marquant CD « Satie amoureux » au charme singulier un peu fou…

    Entre chaloupés jazzy et syncopes ironiques – merveilleuses subtilités rythmiques ! – , la très sensible intelligence du jeu de Guillaume Coppola nous offre un très marquant et idéalement réussi (!) CD Alpha 1192 « Satie amoureux » – enregistré à Paris au mois de mai 2015 – en forme d’hommage discographique parfaitement senti à Erik Satie (Honfleur, 17 mai 1866 – Paris, 1er juillet 1925), pour l’anniversaire des 100 ans du décès de celui-ci…

    …

    J’ai entendu jouer naguère, dans les salons Mollat, Guillaume Coppola – de plus très sympathique ! – ,

    mais n’avais, jusqu’ici, pas trop d’affinités avec l’univers poétique de la musique d’Erik Satie, dont ont paru l’année 2025 pas mal de CDs-hommages de divers excellents pianistes…

    …

    Et l’intitulé de ce CD « Satie amoureux » n’était pas non plus sans me surprendre quelque peu : Satie amoureux ? Tiens donc !?..

    …

    Et c’est l’article « Carte du tendre » de Jean-Charles Hoffelé – à l’oreille très fiable – consacré à ce CD « Satie amoureux« , paru sur son site Discophilia le 11 mars dernier, qui m’a laissé me convaincre d’aller y jeter une oreille – regardez et écoutez ceci ! – , et cela pour ma très grande satisfaction !

    …

    Oui, Guillaume Coppola a bien tout compris de l’univers poétique musical assez singulier de cet atypique et à l’abord épineux Erik Satie,

    et il le sert même ici rien moins qu’idéalement !!!.. Bravissimo !

    …

    …

    CARTE DU TENDRE

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    Jacques Leguerney, raillant Satie, gloussait : « de la musique de boîte d’allumettes ! » et certains pianistes, en effet, l’auront fait tout sec, et docte, et froid – voilà, voilà, voilà ! épineux, viens-je de dire – , ses musiques tirées par les épingles que Picasso a mis dans son portrait. France Clidat y osa le ton caf’conc – voilà ! – , du brio, de la générosité, soudain Satie n’était plus dans sa boîte et toute la Belle Epoque l’envahissait, fabuleuse découverte pas assez célébrée.

    …

    Guillaume Coppola sur les splendeurs secrètes d’un grand Steingraeber, qu’il caresse comme avec des plumes à la place des doigts, nous replonge dans les amours orageuses du compositeur et de Suzanne Valadon, dixit le pianiste dans sa brève note d’intention.

    …

    Mais ce que j’entends d’abord dans l’intimité que déroule le fil de ce beau disque, c’est Satie seul, dans le réduit d’Arcueil, assis à son piano droit, et se jouant à lui-même les charmes de Je te veux, les capricieux envols de la Fantaisie-Valse où passe comme le souvenir de Chabrier, le piquant d’une Diva de l’Empire où Hans Ourdine a réussi à faire entrer dans le clavier la voix de la chanteuse et Guillaume Coppola quasi ses mots – voilà, voilà… Tout cela d’une parfaite justesse d’appréciation !

    … 

    L’album distille une sécrète nostalgie – oui – , même la Sonatine de Clementi, posée pour modèle à la Sonatine bureaucratique, n’y fait pas hiatus : sa petite fantaisie est si bien accordée aux trois « portraits » brossés par Satie. Comme ce Steingraeber est beau ! Guillaume Coppola ne serait-il pas tenté d’y oser – maintenant – un peu de Chabrier, un peu de Poulenc ?

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Satie amoureux
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    Erik Satie (1866-1925)

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    Je te veux, valse chantée
    (version pour piano : Satie)
    Valse-Ballet
    3 Gymnopédies (extrait : No. 3. Lent et grave)
    Gnossiennes
    (3 extraits : No. 1. Lent ; No. 4. Lent ; No. 2. Avec étonnement)
    Fantaisie-Valse
    Tendrement
    Poudre d’or
    Bonjour Biqui, bonjour !
    Gnossienne « No. 7 » (extrait de « Le Fils des étoiles)
    Vexations (extraits : Thème de la basse ; Première harmonisation du motif ;
    Seconde harmonisation du motif)

    Danses gothiques (extrait : No. 1. À l’occasion d’une grande peine)
    Prélude de la porte héroïque du ciel
    3 Valses distinguées du précieux dégoûté
    Sonatine bureaucratique
    Nocturne No. 6
    Désespoir agréable
    Jack-in-the-Box (extrait : No. 1. Prélude)
    Le Piccadilly
    La Diva de l’Empire (version pour piano seul : Hans Ourdine)
    Rag-Time Parade (version pour piano seul : Hans Ourdine)
    3 Morceaux en forme de poire (2 extraits : VI. En plus. Calme ;
    VII. Redite. Dans le lent)

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    Muzio Clementi (1752-1832)

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    Sonatine pour clavier en ut majeur, Op. 36 No. 1

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    Guillaume Coppola, piano

    Un album du label Alpha Classics 1192
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    Photo à la une : le pianiste Guillaume Coppola – Photo : © Lyodoh Kaneko

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    Un CD d’un très grand charme un peu fou !, comme il le faut…

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    Ce samedi 14 mars 1026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La merveille des bouteilles lancées à la mer, et rencontrant quelque destinataire inconnu (épisode 2) : le claveciniste et chef Cédric Costantino s’étonnant de voir mention de son nom en un article mien en date du 8 juillet 2020 à propos d’un CD « Nicolas Lebègue » du claveciniste Agustin Alvarez, qu’il ne connait pas, et de ce qui s’en est suivi…

    La merveille des bouteilles lancées à la mer, et rencontrant quelque destinataire inconnu (épisode 2) :

    le claveciniste et chef Cédric Costantino s’étonnant de voir mention de son nom en un article mien en date du 8 juillet 2020 à propos d’un triple CD Brilliant « Nicolas Lebègue » du claveciniste Agustin Alvarez, qu’il ne connait pas,

    alors qu’il était en recherche d’articles consacrés à son tout récent CD Indésens IC 094 « Du Mont – Couperin – De Grigny – Partout amour me vient chercher – Ensemble Capella Leonid – sous la direction de Cédric Costantino et Philippe Foulon«  – enregistré à Saint-Michel-l’Observatoire les 21 et 22 juillet 2022  – ;

    et de ce qui s’en est suivi...

    …

    D’abord, le courriel d’incompréhension (et déception) de Cédric Costantino en date du 27 février dernier à 23h 47 :

    …

    Sujet
    Pourquoi étiquette Cedric Costantino
    Message
    Bonsoir,

    Vous chroniquez un très beau disque Nicolas Lebègue, mais pas le disque Partout amour vient me chercher dont je suis le chef et forcément, cherchant à savoir qui parle de mon disque, je tombe sur cet étrange mélange qui certes ne m’aide pas, ni même le claveciniste que je ne connais pas. Puis-je avoir une explication ? Et êtes-vous intéressé à chroniquer mon propre disque. Très cordialement, Cédric Costantino

    …

    Mon courriel de réponse le lendemain matin, à 7h 38 :

    …

    Merci, Monsieur, de votre message de cette nuit.

    Le mieux serait d’échanger des précisions par téléphone.

     
    J’ignore tout jusqu’à présent de votre CD « Partout amour vient me chercher », dont les compositeurs – Louis Couperin, Henry Du Mont, Nicolas de Grigny – en effet, m’intéressent…
    Je n’en trouvé nulle part mention jusqu’ici dans la presse spécialisée,
    ni davantage de présence effective sur la table de mon disquaire à Bordeaux…
     
    Quant au CD de clavecin de Nicolas Lebègue dont vous avez trouvé mention sur mon blog,
    je ne sais pas trop duquel il s’agit – il s’agit, je l’apprendrai plus tard, du triple CD Brilliant « Nicolas Lebègue«  d’Agustin Alvarez auquel j’avais commencé de consacrer, le 8 juillet 2020, une chronique « Le répertoire méconnu du Grand Siècle : l’œuvre de clavecin de Nicolas Lebègue (ca. 1631 – 1702)« , dans laquelle je rapportai l’article de Jean-Charles Hoffelé intitulé « Grand Siècle« , de ce même 8 juillet 2020 ; et c’est en une incise à cet article de Jean-Charles Hoffelé, que j’avais fait référence à un ancien article de Cédric Costantino, sur ResMusica, le 26 mai 2005, intitulé, lui, « Nicolas-Antoine Lebègue par Paola Erdas, De la Gravité dans la musique française« … Voilà pour tout remettre en ordre... – , ni quel en est le claveciniste...
     
    A bientôt donc, et bien à vous,
    ravi de pouvoir, si je puis, vous rendre service pour aider à faire mieux connaître ce répertoire baroque français qui me tient effectivement très à cœur :
    je porte au pinacle, et depuis très longtemps, l’œuvre entier de Louis Couperin.
    Vous en trouverez des exemples en cherchant un peu des articles consacrés à Louis Couperin sur mon blog…
     
    Francis Lippa, à Bordeaux
     
    P. s. :
    je viens de lire votre très intéressant entretien d’avril 2025 avec Huguette Grémy-Chauliac,
    qui fut votre professeur – ainsi que marraine, me confiera bientôt Cédric Costantino… Elle est âgée aujourd’hui de 97 ans.
    …
    Depuis, je suis allé commander ce CD Indésens IC 094 « Du Mont – Couperin – De Grigny – Partout amour me vient chercher – Ensemble Capella Leonid – sous la direction de Cédric Costantino et Philippe Foulon«  à mon disquaire préféré, qui l’a reçu très vite ;
    et je lui consacrerai très bientôt une chronique détaillée…
    …
    Ce lundi 9 mars 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Le Duphly varié de Loris Barrucand en son beau CD « Eclats et derniers feux -Jacques Duphly » à L’Encelade…

    « Duphly semble avoir cultivé une certaine ambivalence stylistique nourrie par diverses influences« , voilà qui résume mon impression de très plaisante variété à l’écoute du riche choix de pièces de Jacques Duphly, de diverses influences, en effet, qu’a souhaité mettre en valeur Loris Barrucand en son remarquable CD L’Encelade ECL 2584 – enregistré à Valezan du 27 au 30 juillet 2025 – « Éclats et derniers feux -Jacques Duphly« …

    …

    CD sur lequel j’ai trouvé une très détaillée et pointue critique de Viet-Linh Nguyen, intitulée « Le Monde d’hier » sur le site de La Muse Baroque, en date du 20 février dernier :

    …

    CDS & DVDS, CRITIQUES

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    Le monde d’hier (Duphly, Eclats et derniers feux, Loris Barrucand – L’Encelade)

    …

    duphly barrucand

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    “Eclats et derniers feux”

    Jacques DUPHLY (1715-1789)
    Pièces de clavecin extraites des Livres I (1744), II (1748), III (1756) et IV (1768)

    Loris Barrucand, clavecin Antony Sidey d’après Jean-Henri Hemsch

    Un CD digipack, enregistré du 27 au 30 juillet 2025 à l’église Saint-François-de-Sales de Valloire (Savoie). L’Encelade, 62′

    …

    Peut-on rêver dates plus évocatrices que celles de la vie de Jacques Duphly ? Ce dernier naît en 1715, année de la mort du Roi Soleil. Il meurt le lendemain de la prise de la Bastille, le 15 juillet 1789. Il s’éteint discrètement en son logement, trois pièces au deuxième étage de l’hôtel de Juigné — qui se situait à l’emplacement actuel de l’école des Beaux-Arts — où il vivait en compagnie de son fidèle domestique Nicolas Depommier, qui le servait depuis trente ans. Sur la fin de sa vie, il vivait au milieu de ses livres, cent quatre volumes, dont des œuvres de Voltaire et des partitions. Mais son inventaire après décès ne mentionne pas même un clavecin.

    …

    Jacques Duphly fut l’un des grands et derniers représentants du clavecin des Lumières. Gustav Leonhardt lui-même, que l’on a trop souvent réduit à son image de protestant rigoriste, a apprécié ce clavecin trop facilement décrit comme galant. Un premier enregistrement, raide et sec, parut chez Sony en 1973, mais c’est surtout dans celui de chez Harmonia Mundi, en 1991, qu’il rendit justice en quelques pièces à celui qui s’inscrivit en partie dans la filiation des Couperin et des Rameau. D’ailleurs, ces pièces manuscrites furent un temps attribuées à Rameau.

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    Jean-Patrice Brosse en fut un ardent défenseur, lui qui a consacré à ce compositeur deux des trois intégrales — il l’enregistra d’ailleurs par deux fois ! — la première d’une rare élégance n’étant hélas jamais reparue en CD (EMI), la seconde plus vive mais moins rêveuse (Pierre Verany) — nous le décrit comme « une figure de solitaire modeste, introverti, dépressif peut-être ». Pas de portrait, peu de descriptions, peu de renseignements sur sa vie. Aucune charge d’organiste. Il fut l’élève de François d’Agincourt, connut le succès, composa ses quatre livres de clavecin jusqu’à l’âge de 53 ans, puis, progressivement, se retira de la vie parisienne. Lui qui pourtant était l’un des professeurs de clavecin les plus en vue de la capitale et fréquentait, dans ses grandes années, la haute société culturelle parisienne des années 1740. On trouve d’ailleurs nombre de dédicaces dans les titres de ses œuvres. L’État ou Tableau de Paris de Jèze, paru en 1757, le fait figurer en bonne position. Pascal Taskin lui-même donne le prix de ses leçons : six livres, c’est-à-dire autant que Balbastre.

    …

    Certes, le Troisième Livre est imprégné d’influences un peu plus italiennes et modernes. Le Quatrième, relativement court et contenant également des pièces accompagnées au violon, use et abuse un peu des rodomontades, de la basse rudimentaire d’Alberti, sacrifiant à la mode du pianoforte. Les mélodies sont un peu faciles, mais en même temps on y trouve “La du Bucq“, “La de Vaucanson” ou “La Pothoüin“, magnifiques chefs-d’œuvre dignes des époques précédentes.

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    A chacun son Duphly. Le nôtre a été profondément marqué par la vision de majesté nostalgique d’un Leonhardt, ou de Scott Ross, notamment dans les live à Radio France du 15 janvier 1983. Et puisqu’on parle de Scott Ross, comment ne pas mentionner la poésie alanguie d’Élisabeth Joyé, chez Alpha, sur ce même clavecin historique du château d’Assas lui-même ? Ou encore de Catherine Latzarus (Calliope), cette grande ramiste. D’autres, et non des moindres, ont voulu tirer Duphly vers davantage de sanguinité. C’est le cas de Christophe Rousset dans son superbe double opus chez Aparté, enregistré dans la Galerie Dorée de la Banque de France. Est-ce que les boiseries Régence et leurs mouvements l’ont inspiré ? C’est un enregistrement magique qui concilie à la fois une certaine nervosité bouillonnante, sans tomber dans la facilité, et des articulations d’une transparence éclairante qui éblouissent comme un soleil d’hiver.

    …

    Daquin louait son toucher. En 1753, il écrit : « On lui trouve beaucoup de légèreté dans le toucher et une certaine mollesse qui, soutenue par des grâces, rend à merveille le caractère de ces pièces. ». Ce n’est pas le chemin que prend Loris Barrucand, qui choisit un Duphly nettement plus énergique, et nous propose une vision radicalement différente, extrêmement variée de Duphly : il dessine avec ductilité et jubilation un Duphly fier, cuivré, plein d’entrain, parfois de morgue, d’une assertivité virtuose. À l’inverse du caractère introverti décrit par Jean-Patrice Brosse, ce Duphly souhaite croquer la vie à pleines dents. Et d’ailleurs, son valet est mentionnait encore pour le dimanche 12, dans sa liste de courses du “sirop de groseille”. le claveciniste a saisi ce Duphly gourmand…

    …

    Sur un clavecin d’Anthony Sidey (d’après Jean-Henri Hemsch) capté d’un peu (trop) près, très viril, carré, “La de Vaucanson” joue les montagnes russes. C’est normal, le Quatrième Livre en met plein la vue. Mais “La Félix” du Second, extrêmement bien balancée, est plus démonstrative que tendre. “La de Latour” est brillante, mondaine : c’est une coquette. Il faut attendre le “Rondeau” du Premier Livre pour qu’enfin Loris Barrucand esquisse un sourire au lieu de rire aux éclats. Ce rondeau de premier rendez-vous, à la timidité d’une midinette, à la gêne d’une Françoise Hardy, sait dans sa pudique discrétion retrouver une éloquence qu’on attendait. De même, si “La d’Héricourt” est un peu sévère, avec cette main gauche très présente, elle sait par ses chromatismes, ses sautes d’humeur, tracer un portrait délié et original.

    …

    Autre passage très attendu, la deuxième “La de Drummond” du Quatrième Livre, remarquablement chantante, lyrique, très classique dans son Empfindsamkeit. Il y a du Rousseau dans cette “Drummond“. Si les Menuets ou l’Allemande du Deuxième Livre laissent froid, si l’Allemande du Premier Livre est abordée sur un tempo un peu trop pas lent, de même que la Courante du même livre, La Vanloo par son équilibre est réminiscente de Rameau mais le toucher dénote une dureté tendue, ciblée.

    …

    Et puis, sans doute le meilleur pour la fin, “La Pothoüin“, d’une densité complexe, aux lignes condensées, peu de lumière, tel un malaise en mineur d’une profondeur mouvante. Tout cela se finit sur une vaste chaconne. Elle lorgne moins sur un spleen diffus à la Lully que sur une grandeur théâtrale et colorée, quasi orchestrale. Elle est dansante, elle est démonstrative, elle est souriante, elle est presque triomphante. Cette pièce majeure du Troisième Livre, incontournable, mais que beaucoup de clavecinistes omettent à dessein dans leur anthologie, étale sa superbe. Loris Barrucand s’y vautre avec une jubilation talentueuse et une excitation croissante.

    …

    Le Mercure de France de janvier 1756 écrivait : « M. Duphly vient de mettre au jour son troisième livre de pièces de clavecin qui se vend aux adresses ordinaires. Son talent et son mérite sont trop connus pour avoir besoin d’être prônés. Le nom seul de l’auteur fait l’éloge de l’ouvrage. » Saluons cette parution variée et enthousiaste, et qui redonne à Jacques Duphly un visage pluriel. Un Duphly moins taiseux, moins attachant et moins sensible peut-être qu’à l’ordinaire, mais qui, comme l’indique le titre, jette avec brio ses éclats et les derniers feux du clavecin de l’Ancien Régime, celui d’un monde qui s’éteint au son des cordes et des sautereaux.

    …

    Alors, en ce 15 juillet 1789, alors que Paris est en ébullition et que bientôt le royaume entier se consumera, l’on se demande simplement si Monsieur Duphly — que le Journal Général de la France recherchait le 27 novembre 1788 pour savoir s’il était encore en vie (au sujet d’arrérages sur des rentes viagères) — l’on se demande si Monsieur Duphly a pu, avant son trépas, déguster en paix un dernier sirop de groseille et dire adieu à un monde finissant qu’il représentait si bien.

    …

    Viet-Linh Nguyen

    Technique : captation claire et franche, avec le clavecin capté de près (on entend les bruits mécaniques par moments).

    …

    Écoutez donc ici – de la plage n°7 de son CD L’Encelade ECL 2504 – sous les doigts de Loris Barrucand et sur un clavecin Anthony Sidey d’après Jean-Henri Hemsch, »La De Drummond » du 4e livre de Duphly (de 1768), une pièce dont Jean-Charles Hoffelé – qui a écrit un peu plus tard sur ce CD de Loris Barrucand, le 23 avril 2026, un article qu’il a choisi d’intituler « L’intime et le vif« … – a pu dire, en un autre article intitulé, lui, « Découvrir Duphly » en date du 30 juillet 2024 :

    « Si ce n’est pas Mozart qui pointe dans La De Drummond !« …

    Ainsi pourrez-vous en juger… 

    …

    Ce mercredi 4 mars 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa