Étiquette : Enrico Gatti

  • Musiques de joie : le vivant baroque autrichien de Johann Heinrich Schmelzer

    Un autre foyer de flamboyance baroque de musiques de joie

    fut l’Autriche des Habsbourg

    de la seconde moitié du XVIIe siècle

    …

    autour, notamment, de Johann Heinrich Schmelzer

    (Scheibbs, 1623 – Prague, 20 mars 1680).

    …

    …

    J’aime beaucoup _ et depuis longtemps : les années 80 _ l’œuvre de ce compositeur,

    …

    et éprouve un peu de mal à choisir un CD de sa musique,

    entre les interprétations _ de ma discothèque personnelle _ de (ou/et dirigées par)

    …

    Hélène Schmitt _ par exemple le très beau CD Alpha 109, de 2007 _,

    Paolo Pandolfo _ par exemple le CD Glossa GCD 80003, enregistré en 1991 _,

    Enrico Gatti _ par exemple le CD Symphonie SY 91507, de 1991 _,

    René Clemencic _ par exemple le CD Preiser Records 93389, dont j’ignore l’année d’enregistrement _,

    Gunar Letzbor _ par exemple le CD Chesky Records CD 173 , de 1998 _,

    Lorenz Duftschmid _ par exemple le CD Arcana A33, de 1996 _,

    William Dongois _ par exemple le CD Accent ACC 24324, de 2017 _,

    John Holloway _ par exemple le CD ECM, de 1997 _,

    Andrew Manze _ par exemple le CD Harmonia Mundi HMU , de 1996 _,

    etc.

    …

    …

    Et je me décide pour le CD Symphonia

    de Sonate a 2, 3, 5, 6 da « Sacro-Profanus Concentus Musicus 1662 » et « Duodena Selectarum Sonatarum 1659 »,

    de l’Ensemble Aurora

    …

    dirigé, du violon, par Enrico Gatti,

    …

    avec Odile Edouard, violon,

    Paolo Pandolfo , violes de gambe ténor et basse,

    Eunice Brandao, viole de gambe ténor,

    Sigrid Lee et Gaetano Nasillo, violes de gambe basses, 

    Roberto Sensi, violone,

    et Guido Morini, clavecin et orgue.

    …

    …

    Ce dimanche 29 mars 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Maria Tecla Andreotti (Turin, 1956 – Paris, 2020), interprète, avec Christophe Coin, d’Evaristo Felice Dall’Abaco

    Au moment même où j’achevais de rédiger mon article d’hier

    ,

    …

    j’apprenais brutalement hier soir

    sur le site de Res Musica _ Décès de la flûtiste Maria-Tecla Andreotti _

    le décès de Maria-Tecla Andreotti

    (Turin, 1956 – Paris, 1er mars 2020),

    l’épouse du violoncelliste Christophe Coin,

    …

    par  lesquels  j’avais pu découvrir pour les premières fois,

    d’abord à Barbaste _ dans la petite église de Lausseignan _, à un concert de fin de stage auprès de Philippe Humeau, auquel je m’étais rendu

    (participait aussi à ce concert mon ami flûtiste Philippe Allain-Dupré

    _ qui m’a donné les dates de ces deux concerts : le 25 avril 1992 à Barbaste, et le 29 avril 1992 à Saint-André-de-Cubzac _),

    puis, à un autre concert donné peu après à Saint-André-de-Cubzac,

    …

    des œuvres d’Evaristo Felice Dall’Abaco,

    qui m’avaient ébloui

    _ je n’ai jamais oublié le nom de ce compositeur véronais !

    de même que je n’ai jamais été déçu par les œuvres de lui auxquelles j’ai pu accéder ensuite, essentiellement par des CDs…

    …

    …

    La curiosité très aigüe et inextinguible des musiciens-interprètes

    et leur très vif plaisir à faire partager et diffuser l’enthousiasme de leurs découvertes,

    que ce soit au concert ou au disque,

    …

    est un maillon décisif de l’accès à la musique des mélomanes

    qui ne sont pas eux-mêmes musiciens-interprètes

    lecteurs des partitions…

    …

    …

    Bien sûr, le fait que Maria-Tecla Andreotti Coin

    soit la compagne du violoncelliste et chef d’orchestre qu’est Christophe Coin,

    n’est pas pour rien

    dans le fait que ce soit un violoncelliste tel que Christophe Coin

    _ ou un autre merveilleux violoncelliste tel que Bruno Cocset,

    qui a enregistré des œuvres des Dall’Abaco père et fils _

    qui ait interprété

    et fait connaître

    la musique merveilleuse d’Evaristo Felice Dall’Abaco !

    …

    …

    Puis, Christophe Coin et Maria-Tecla Andreotti

    _ ainsi que le Quatuor Mosaïques _

    sont venus à de nombreuses reprises donner des concerts à Bordeaux, au Grand-Théâtre…

    …

    …

    En relisant le post-scriptum, du 27 décembre 2008, à mon article du 26 décembre ,

    …

    j’y découvre de décisives précisions données par mon ami Philippe Allain-Dupré,

    que j’avais consulté alors pour affiner mon témoignage ;

    …

    et notamment le fait que c’est l’immense Enrico Gatti

    _ la crème du violon baroque !!! on ne le répètera jamais assez !

    Enrico Gatti est né à Pérouse le 4 juin 1955  _

    qui avait apporté à Barbaste les partitions de la Sonate II de l’Opus 3 d’Evaristo Felice Dall’Abaco.
    …

    …

    Le voici donc tel quel, ce post-scriptum :

    …

    …

    Philippe-Allain Dupré, à la mémoire duquel j’ai fait appel hier

    à propos de ma découverte

    _ éblouie ! et je comprends d’autant mieux maintenant pour quelles raisons (d’interprétation, aussi !!!) _

    d’une œuvre _ mémorable ! _ de Dall’Abaco

    à l’occasion du concert final du stage de perfectionnement d’interprétation baroque à Barbaste,

    comble mes desiderata en me rappelant, documents à l’appui, que ce concert (de fin de stage, auprès de Philippe Humeau, en son fief de Barbaste)

    avait été donné deux fois :

    …

    le samedi 25 avril 1992, en l’église de Lausseignan _ tout à côté de Barbaste _ ;

    puis le mercredi 29 avril, en l’église de Saint-André-de-Cubzac ;

    …

    au programme,

    outre la Sonata II de l’opus 3 de Dall’Abaco (pour 2 flûtes à bec, flûte traversière, hautbois, 2 violons, basson, violoncelle et 2 clavecins) _ qui m’avait tant impressionné _,

    une Canzone à 6 de Giovanni Picchi,

    la Cantate « Ô Maria« , de Johann-Hermann Schein,

    une Chanson ornée sur le thème de « Vestiva i colli », de Giovanni Battista da Palestrina/Francesco Rognoni,

    « La Romanesca«  et la Canzone quarta, à 2 clavecins, d’Antonio Valente et Giovanni Priuli,

    des Scherzi, d’Agostino Steffani,

    un Quarteto (pour flûte traversière, hautbois, violon et basse continue), de F. Riedel

    et un Air de la Cantate 127 de Jean-Sébastien Bach…

    …

    …
    La soprano _ des pièces chantées _ était _ la merveilleuse _ Maria-Christina Kiehr ;

    et,

    notamment pour la Sonate II de l’opus 3 de Dall’Abaco

    …

    choisie par Enrico Gatti, me précise Philippe : et c’est bien sûr très important !!!

    …

    les parties de flûtes à bec étaient tenues par Claire Michon et Jean-Marc Andrieu,

    celle de flûte traversière, par Philippe Allain-Dupré,

    le hautbois,  par Alfredo Bernardini,

    les 2 violons, par Odile Edouard et Enrico Gatti,

    le basson, par Nicolas Pouyanne,

    le violoncelle, par Hendricke Ter Brugge

    et les 2 clavecins, par Elisabeth Joyé et Pierre Hantaï _ excusez du peu !..

    …

    C’est donc à deux reprises, que j’avais eu le bonheur, ce printemps-là, de la découverte somptueuse ! de cette pièce si belle,

    de ce compositeur de si grande qualité !!! ;

    …

    et qui ne m’a jamais déçu, au disque ;

    …

    quant au concert,

    nous ne disposons pas tous les jours d’un Enrico Gatti, toujours si juste, si chantant, si probe,

    pour en être l’inspiré maître d’œuvre..

    …

    Bref,

    j’ai toujours à l’oreille,

    de ce concert (de 1992, donc : il y a seize ans),

    le charme puissant d’Evaristo-Felice Dall’Abaco…

    …

    …

    Je me souviens donc avec émotion et gratitude

    de Maria-Tecla Andreotti…

    …

    …

    Ce dimanche 8 mars 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • A Barbaste, Philippe Humeau raccroche le tablier

    Ce matin,

    sur le Site de Res Musica,

    et sous la signature de Alain Huc de Vaubert,

    un article signalant l’interruption des activités du facteur de clavecins de Philippe Humeau, à Barbaste :

    …

    Le facteur de clavecins Philippe Humeau raccroche le tablier

    …

    …

    Que de magnifiques souvenirs des master classes 

    et des concerts de tant d’années

    _ Cf par exemple mon article  du 26 décembre 2008, quand j’évoque mon immense plaisir d’avoir entendu pour la première fois, en la petite église du hameau de Lausseignan, une œuvre d’Evaristo Felice D’all’Abaco (1675 – 1742) : il s’agissait de la sonate n°11 de l’opus 3, pour 2 flûtes à bec, flûte traversière, violoncelle et 2 clavecins ; et le concert avait eu lieu le dimanche 3 mai 1992 ; mon agenda en fait foi… _

    de Barbaste !

    …

    …

    Le facteur de clavecins Philippe Humeau raccroche le tablier

    …

    Ce mercredi 16 octobre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La tâche bien ardue de parvenir à rendre le génie (et le charme absolu) de Purcell en son interprétation

    Depuis pas mal d’années déjà,

    bien trop rares à mon goût sont les enregistrements discographiques _ même anglais ! _

    qui sachent nous restituer vraiment et pleinement _ en toute plénitude _ le génie musical de Purcell,

    Henry Purcell (1659 – 1695) ;

    …

    et son charme secret

    si profond ;

    en même temps que si évidemment sensible

    _ et reconnaissable une fois qu’on y a goûté…

    …

    …

    Or, un peu par hasard ce jour,

    …

    voici que je tombe

    _ bien en vue sur le rayon des nouveautés de CDs de ma chère librairie Mollat _

    sur une réédition _ par Outhere, fin 2018 _

    d’un enregistrement Linn Records

    datant de 2011 :

    …

    Twelve Sonatas in Three Parts ;

    …

    soit le CD Linn Records CKR 374,

    par l’ensemble Retrospect _ que dirige l’excellent Matthew Halls _ ;

    …

    constitué de

    Sophie Gent, violon,

    Matthew Truscott, violon,

    et, pour la basse continue, Jonathan Mansion, basse de violon,

    et Matthew Halls, clavecin et orgue.

    …

    …

    Ces Twelve Sonatas in Three Parts ont été publiées,

    et avec le plus grand soin,

    par le compositeur lui-même, en 1683.

    …

    …

    Eb bien ! c’est là une réussite absolue !

    …

    Peut-être supérieure même

    à l’enregistrement purcellien de Jordi Savall des Fantaisies pour les violes,

    chez Astrée, en 1995 :

    un chef d’œuvre

    de l’interprétation de la musique de chambre de Purcell…

    …

    …

    Mais je prendrai bien soin de rappeler la bien belle version, aussi, de ces Sonatas of III Parts

    donnée en 1990 _ en Belgique _ par le Ricercar Consort,

    …

    composé de ces très remarquables musiciens que sont

    François Fernandez, violon,

    Enrico Gatti, violon,

    Philippe Pierlot, basse de viole

    et Bernard Foccroulle, à l’orgue _ de l’église Saint-Apollinaire de Bolland.

    …

    Soit le CD RIC 080088.

    …

    …

    Et je soulignerai aussi la très grande qualité de la notice de ce  livret,

    en 1990,

    sous la plume du maître d’œuvre de Ricercar :

    Jérôme Lejeune.

    …

    …

    Cependant,

    une écoute comparée de ces deux interprétations

    _ de 1990 (par le Ricercar Consort) et 2011 (par l’ensemble Retrospect) _,

    me fait me prononcer en faveur de la plus récente :

    …

    plus vive, plus tonique, plus joyeuse

    _ puisque c’est à la joie que me porte ma complexion,

    plutôt qu’au dolorisme (à la Dowland, « semper dolens« , pour aller un peu vite)…

    …

    …

    Existe aussi,

    par ce magnifique ensemble Retrospect (de Matthew Halls)

    un second _ ou plutôt premier, puisque paru deux ans auparavant, en 2009 _ enregistrement de la musique de chambre de Henry Purcell,

    d’égal esprit :

    …

    celui des Ten Sonatas in Four Parts

    _ publiées, elles, après le décès de Purcell (le 21 novembre 1695), par sa veuve, Frances, en 1697 ;

    …

    mais qui, comme le précisait, en 1994, Jérôme Lejeune, en la notice du CD Ricercar RIC 127140,

    semblent de composition antérieure à celles des Twelve Sonatas In Three Parts, publiées par Henry Purcell lui-même en 1683 ;

    …

    et Jérôme Lejeune d’indiquer encore ceci :

    …

    « Faut-il encore signaler que

    l’édition réalisée _ en 1697, donc _ par Madame veuve Purcell

    avait, afin d’éviter de s’exposer à trop de frais, préféré un système d’imprimerie à caractères mobiles, plus économique,

    aux belles gravures réalisées pour la première collection » en 1683… _,

    …

    toujours chez Linn Records, en 2009, cette fois.

    …

    Mon souhait : disposer aussi de ce premier CD de Retrospect…

    …

    …

    Comme il est difficile _ aux interprètes _ de réussir à attraper vraiment ce miraculeux charme fou-là,

    celui de la géniale idiosyncrasie purcellienne, veux-je dire ;

    …

    et comme il est jouissif _ aux mélomanes _ de l’écouter ainsi

    si jubilatoirement ressuscité…

    …

    …

    Ce samedi 12 janvier 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

    …

    …

    P. s. : parmi les réussites discographiques les plus miraculeusement idoines à la si merveilleuse idiosyncrasie purcellienne,

    je n’aurais bien sûr garde d’oublier le splendide CD que Hugo Reyne et La Simphonie du Marais ont consacré, en novembre 1995, à ce compositeur, pour le tricentenaire de sa disparition, advenue le 21 novembre 1695 : le CD A Collection of Ayres for recorders, soit le CD Virgin Veritas 5451822.

    Via les diverses flûtes Bressan qu’animent les souffles des flûtistes, c’est Purcell lui-même qu’on entend jubilatoirement chanter !

    C’est magique : je viens de réécouter ce prodigieux CD enregistré les 21-22-23 mai 1995 à la chapelle de la Charité, à Bourg-en-Bresse.