Étiquette : Felix Mendelssohn

  • La poésie joueuse assez fabuleuse s’essayant de Joseph Haydn à son clavier en un assez imparable album de cinq Sonates pour piano de Denis Kozhukhin : une promesse de liberté davantage débridée à venir peut-être…

    C’est l’article « Fantaisie » de Jean-Charles Hoffelé, publié ce matin 30 juin sur son site Discophilia, qui m’a conduit à me procurer le CD Pentatone PTC 5187407 « Haydn – Sonatas » de Denis Kozhukhin – enregistré à San Francisco du 2 au 6 octobre 2024 – , et comportant les Sonates Hoboken 4, 31, 20, 47 et 34, respectivement de 1765, 1774-75, 1771, 1765-88 et 1782, et très variées…

    …

    Un pan du répertoire haydnien pas assez couru des interprètes pianistes…

    …

    …

    Voici donc cet article « Fantaisie » de Jean-Charles Hoffelé – avec de menues farcissures miennes, au passage – :

    …

    …

    FANTAISIE

    …

    …

    Toucher léger, clavier fusant, rythmes piquants – oui, oui : ce qui me plaît beaucoup, en effet ! – , que d’esprit – voilà ! Haydn est le propagandiste du scherzo… – dans les cinq Sonates qu’assemble Denis Kozhukhin dans un disque – Pentatone PTC 5187407 – où le clavier de Haydn semble d’abord fuir le classicisme – un peu amidonné.

    …

    Derrière le ton de pure fantaisie, le jeu si libre – oui ! – , tout un paysage assez Sturm und Drang – encore un peu trop timidement, cependant, à mon goût… – transparaît – voilà : pas encore débridé… – au long de cet album imparable, l’un des plus pertinents parcours discographiques qu’a connus le piano de Haydn – pas assez parcouru par les interprètes pianistes…
    …

    Les contrastes abondent, dessinant un univers – un peu – capricieux qui ne semble pas si éloigné que cela – encore un peu trop, à mon goût : à comparer avec les brides bien plus relâchées, et en verve, du jeune Felix Mendelssohn, que j’aime tant ! – des fantaisies étranges d’un Carl Philipp Emmanuel Bach – lui, je l’adore !!! – (Denis Kozhukhin ferait bien de s’y risquer), l’impertinence joueuse des Allegros contraste avec les ariosos des Andante (celui de la Sonate en ut mineur, où le pianiste ne traîne pas), l’irrévérence des Finales se dore d’une poésie joueuse assez fabuleuse – s’essayant du moins…

    Le disque se dévore, mais je reviens sans cesse au Molto vivace – c’est là le feu d’artifice espéré ! – qui conclut – jubilatoirement, enfin ! – la Sonate en mi mineur : Denis Kozhukhin la pare d’une grâce toute mozartienne – oui – : derrière le giocoso se glisse une ombre, moment magique.

    …

    LE DISQUE DU JOUR

    …

    Joseph Haydn (1732-1809)

    …
    Sonate pour clavier en
    ré majeur, Hob. XVI:4

    Sonate pour clavier en
    mi majeur, Hob. XVI:31

    Sonate pour clavier en
    ut mineur, Hob. XVI:20

    Sonate pour clavier en
    fa majeur, Hob. XVI:47bis

    Sonate pour clavier en
    mi mineur, Hob. XVI:34

    …

    Denis Kozhukhin, piano

    …

    Un album du label Pentatone PTC 5187407

    …

    Photo à la une : le pianiste Denis Kozhukhin – Photo : © Sasha Gusov

    …

    Un CD en forme de promesse…

    …

    Ce mardi 30 juin 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Pour l’île déserte (suite) : un nouveau justissime salut de la critique envers le jubilatoire CD des Ebène et Belcea des sublimes Octuors de Mendelssohn et Enesco, en un élan qui porte loin, juste et très profond…

    Le 11 janvier dernier, mon article « Et voici maintenant ce jubilatoire chef d’œuvre absolu d’élan irrépressible qu’est l’Octuor à cordes Op. 20 de Felix Mendelssohn, composé en 1825, à la perfection servi au disque en 2025 par le Quatuor Ébène et le Belcea Quartet, réunis en un admirable CD Erato « Octets – Mendelssohn – Enescu » : une irrésistible joie irénique pour l’éternité !.. » saluait bien bas l’admirable CD Erato 5021732997296 « Octets – Mendelssohn – Enescu -Quatuor Ébène – Belcea Quartet » – enregistré du 6 au 11 juillet 2025 au Schloss Elmau – en un article forcément dithyrambique…

    Bientôt renforcé, dix jours plus tard, le 21 janvier, par, et en forme de rappel, l’article « Le CD des sublimes « Octuors » de Mendelssohn et Enesco des Ébènes et Belcea salué, à son tour, par la critique : un CD jubilatoire, pour l’île déserte… « , suscité par la  lecture de l’article « Couplage classique » de Jean-Charles Hoffelé sur son site Discophilia pour Artamag…

    …

    Et voici  qu’hier 11 juin nos éloges ont été rejoints par l’enthousiasme de l’article « Octuors d’Enesco et Mendelssohn éblouissants par les quatuors Belcea et Ébène » de Jean-Claude Hulot sur le site de ResMusica,

    que voici :

    …

    Octuors d’Enesco et Mendelssohn éblouissants par les quatuors Belcea et Ébène

    …

    Le génie peut parfois impressionner par sa précocité – certes… – ; les octuors sortis de la plume d’un Mendelssohn de seize ans et d’un Enesco de dix-neuf – voilà, voilà ! – sont des chefs d’œuvre absolus – ô combien ! – , miracles d’inspiration et d’équilibre. 

    …

    L’octuor de Mendelssohn est l’une des premières manifestations – en effet – du génie si précoce de Felix alors âgé d’à peine seize ans. Tout est miraculeux – mais oui ! – dans cette pièce, l’écriture à la fois transparente et puissante – c’est cela– pour les huit instruments à cordes, l’équilibre et l’élan – à la fois – des deux mouvements extrêmes, la tendresse ineffable – oui, oui –  de l’andante et la grâce aérienne – oui ! – du scherzo digne pendant de celui du Songe d’une nuit d’été. La discographie de ce chef d’œuvre vif argent est considérable – c’est vrai – mais la nouvelle version ici chroniquée s’impose d’emblée – absolument – parmi les meilleures. Longuement rôdée en concert par les Ébène (ici tenant le rôle du premier quatuor) et les Belcea, elle s’impose par sa parfaite homogénéité, l’élégance et la fluidité – coulant de source – de leur jeu et ce rayonnement juvénile et joyeux – jubilatoire ! – qui forme la signature du musicien – c’est magnifiquement juste.

    …

    Plutôt que de chercher un complément parmi les œuvres du XIXᵉ siècle proches stylistiquement de Mendelssohn comme les doubles quatuors de Spohr ou l’octuor de Gade, successeur de Mendelssohn au Gewandhaus de Leipzig, les musiciens ont eu l’excellente idée de sortir l’œuvre sœur – voilà – de , elle aussi issue de la plume géniale et inspirée d’un musicien de dix-neuf ans (la notice pourtant enthousiaste et subtile de Raphaël Merlin, lui-même ancien violoncelliste du , place la composition pendant l’exposition universelle de 1889, mais – et le correctif est très juste – c’est bien celle de 1900 qui a vu naître la partition, Enesco étant né en 1881 !). Vaste et complexe architecture en quatre mouvements étroitement reliés entre eux, où une puissance quasiment orchestrale – oui – alterne avec un raffinement exceptionnel – en effet – , mêlant un post-romantisme proche de l’école de Franck à des accents typiquement roumains, c’est un chef d’œuvre monumental – oui – (près de quarante minutes) et – très – hautement inspiré ; à nouveau, les huit musiciens y développent une capacité à maîtriser l’architecture cyclique qui va de pair avec un sens du détail capable de mettre en valeur les nombreux épisodes qui enrichissent le discours ; cette fois les Belcea tiennent la première partie et l’on reste émerveillé par les solos de sur le Stradivarius « ex-Ferras », elle-même d’origine roumaine – oui – dans le thème à l’apparence d’improvisation – et c’est là un trait qu’Enesco partage avec Mendelssohn… – qu’Enesco lui destine à plusieurs reprises, l’une des plus belles inspirations du compositeur.

    …

    A nouveau, les Ébène et les Belcea s’installent au sommet – voilà ! – de la discographie. Leur réunion par les archets inspirés donne naissance à l’un des plus beaux disques de musique de chambre de l’année – tout à fait ! il faut y insister… Ils signent là un enregistrement appelé à rester mémorable – oui.

    …
    Octets.

    Felix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847) :  Octuor à cordes en mi bémol majeur opus 20.

    Georges Enesco (1881-1955) : Octuor en ut majeur opus 7.

    Quatuor Belcea et Quatuor Ebène.

    1 CD Erato. Enregistré du 6 au 11 juillet 2025 au château d’Elmau.

    Notice de présentation en français, allemand et anglais.

    …

    …
    Oui ! C’est bien là un CD pour l’île déserte.
    …
    Un ressourcement jubilatoire permanent !!!
    …
    …
    Et écoutez-en ceci, pour débuter l’élan, qui va loin, juste, et très profond…
    …
    Au jardin même du paradis…
    …
    …

    Ce vendredi 12 juin 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Une promesse magistralement tenue : la magique sensibilité de Ksenia Kouzmenko à son piano en son CD « Flowers We Are » pour honorer l’anniversaire des 100 ans de son ami György Kurtag…

    C’est une promesse magistralement tenue que celle de la sensibilité proprement magique, à son piano, de Ksenia Kouzmenko vient présentement nous offrir en son CD Cobra Records 0100 « Flowers We Are«  – enregistré à Schiedam du 20 au 22 octobre 2025  – , réalisé pour honorer en pure beauté l’anniversaire des 100 ans de son ami – depuis leur toute première rencontre l’été 1997 au Festival de Tanglewood où elle interpréta devant lui son « Grabstein für Stephan«  en tant que membre de l’Orchestre du Festival… – György Kurtag (né à Lugoj le 19 février 1926)…

    …

    Ce CD que, sur la foi du passionnant article du Magazine Crescendo, en date du 9 avril dernier, et sous la plume de Jean Lacroix, « Pour les 100 ans de György Kurtág, Ksenia Kouzmenko lui offre un bouquet multicolore« , j’avais très vite commandé à mon disquaire préféré, et qui vient de me parvenir : c’est un somptueux bouquet artistement composé de 38 petites merveilles savamment réunies et merveilleusement interprétées par Ksenia Kouzmenko, pour mettre en valeur 21 pièces très brèves portant toutes des noms de fleurs (dont 7 précisément intitulées « Flowers We Are« ) de György Kurtag, que voici :

    « All in a Garden Green » de Willial Byrd, « The Budding Lilies » et « The Reeds » (de 1722) de François Couperin, « Trockne Blumen » (de 1823) et « Heidenröslein » (de 1815) de Franz Schubert, « Fantasy on The Last Rose of Summer » (de 1827) de Felix Mendelssohn, « Why are the Roses so Pale ? » (de 1837) de Fanny Hensel, « The Silent Lotus Flower » (de 1843) de Clara Schumann, « Blumenstück » (de 1839) de Robert Schumann, « To a Violet » (de 1868) de Johannes Brahms, « Song of the Roses » (de 1896) d’Agathe Backer-Grondahl, « Bluebell » (de 1916) de Jean Sibelius, « Bluebells » (de 1908) de Selim Palmgren, « Narcissus » (de 1910) de Mel Bonis, « Lotus Land » (de 1905) de Cyril Scott, et « Daisies » (de 1916/1924) et « Lilacs » (de 1902/1914) de Sergei Rachmaninov… 

    …

    Pour les 100 ans de György Kurtág, Ksenia Kouzmenko lui offre un bouquet multicolore

    par Jean Lacroix
    …

    …

    Flowers We Are… Œuvres pour piano de György Kurtág (°1926) et d’Agathe Backer Grøndhal (1847-1907), Mel Bonis (1858-1937), Johannes Brahms (1833-1897), William Byrd ((1540-1623), François Couperin (16668-1733), Fanny Hensel (1805-1847), Felix Mendelssohn (1809-1847), Selim Palmgren (1878-1951), Serge Rachmaninov (1873-1943), Franz Schubert (1797-1828), Cyril Scott (1879-1970), Clara Schumann (1819-1896), Robert Schumann (1810-1856) et Jean Sibelius (1865-1957).

    Ksenia Kouzmenko, piano. 2025. Notice en anglais. 75’ 36’’. Cobra Records 0100.

    …

    Le 19 février dernier, György Kurtág célébrait son siècle d’existence. Pour l’occasion, la pianiste Laurence Mekhitarian proposait un récital que nous avons chroniqué ce jour-là. Il consistait en une sélection des Játékok du Hongrois, entrelacée avec les neuf pièces des Waldszenen de Schumann et trois extraits du cycle Sur un sentier recouvert de Janáček. Cet hommage était original ; celui que propose la pianiste Ksenia Kouzmenko, née à Minsk en Biélorussie, l’est tout autant. Cette artiste, pour fêter elle aussi le centenaire, adopte une voie différente de celle empruntée par Laurence Mekhitarian : elle a choisi le langage des fleurs, chez Kurtág et chez quinze autres compositeurs/trices, selon le même principe de l’entrelacement – voilà ! – entre les divers morceaux choisis.

    …

    Ksenia Kouzmenko, formée au Conservatoire de sa ville natale – Minsk, en Biélorussie – , puis à celui de La Haye, a suivi plusieurs masterclasses, notamment d’Ivan Moravec, György Sándor, Earl Wild et… Kurtág. Elle est entrée dans la musique de ce dernier en 1997, au Festival de Tanglewood – voilà ! – , en participant, sous la direction de Reinbert de Leeuw, à une exécution de Grabstein für Stephan (1989). Elle a participé ensuite à une masterclass donnée à La Haye par le maître, accompagné de son épouse Márta, et a joué devant lui la Sonate n° 31 op. 110 de Beethoven. La rencontre, dit-elle dans une note, a été chaleureuse et riche en conseils sur l’essence de la musique et la richesse de la sonorité. Des retrouvailles ont eu lieu en 2000, toujours à La Haye, lorsque Ksenia Kouzmenko a joué la partie solo de « … quasi una fantasia… » op. 27 n° 1 (1987/88), toujours avec de Leeuw. Elle a reçu alors des leçons privées des Kurtág. Sur la recommandation du compositeur, elle a interprété cette même œuvre au Festival de Lugano en 2004. Elle précise que ces échanges l’ont marquée et l’ont décidée à rassembler un matériel musical autour du thème des fleurs, destiné au  présent récital, un travail de deux années, suivi d’un enregistrement dans un studio hollandais, à Schiedam, en octobre 2025. Le présent album est son cadeau au centenaire.

    …

    Un généreux bouquet de 38 pièces constitue ce programme, qui fait, en toute logique, la part belle à Kurtág, avec 21 extraits de ses compositions, toutes très brèves. L’album tire son nom de son recueil « Virág az ember… » (« Flowers We Are… »), inspiré par le sermons d’un poète et pasteur hongrois qui vécut au XVIe siècle et est considéré comme l’un des fondateurs de la littérature de son pays. Kurtág a utilisé ces textes pour la première fois dans son opus 7, The Sayings of Peter Bornemisza, un duo pour soprano et piano, créé en 1968. Ce même thème revient aussi dans le Livre I des Játékok, entamés en 1973. Ksenia Kouzmenko a choisi un florilège de pièces fugaces autour du thème des fleurs, plusieurs portant le titre Flowers We Are. L’une remonte à ses 21 ans, l’année du mariage avec Márta, pianiste disparue en 2019. D’autres sont des « in memoriam », par exemple pour Lutoslawski ou pour l’artiste Árpád Illés (1908-1980). Dans le bouquet rassemblé par la pianiste, ces moments allusifs apparaissent comme des pétales que l’on pourrait cueillir, avec les délicates précautions requises.

    …

    Pour agrémenter les couleurs de cet assemblage floral qui émet un parfum poétique, Ksenia Kouzmenko a choisi, comme le ferait un professionnel des jardins, un éventail de pièces d’autres compositeurs qu’elle a placées en alternance avec celles de Kurtág. Le parcours va de la Renaissance anglaise (All in a Garden Green de William Byrd) et du Grand Siècle français (Les Lys et les Roseaux de François Couperin) à Serge Rachmaninov (Marguerites op. 38/3 et Lilas op. 21/5), offrant à quinze compositeurs un voisinage proche du Hongrois, dans l’atmosphère ou l’émotion. Vu le nombre de plages, les pièces sont courtes, elles aussi – en effet. On citera notamment, parmi les petites merveilles – oui ! – choisies, les Jacinthes des bois de Sibelius op. 85/5 (1916) ou celles de Palmgren  op. 22/5 (1906), le Pays du lotus op. 47/1 de Cyril Scot (1905), une fleur que met aussi en valeur Clara Schumann  dans son opus 13/6 de 1843, arrangée par Kouzmenko, le Chant des roses op. 39/4  (1896) de la Norvégienne Agathe Grøndhal,  A la violette op. 49/2 (1868) de Brahms, arrangé par Reger, ou les Fleurs séchées (1823) et les Roses des bruyères (1815) de Schubert, revues par Liszt et Cortot. Deux pages plus étoffées, dépassant chacune les six minutes, ajoutent de la fragrance à l’ensemble : la Fantaisie sur une chanson irlandaise « La dernière rose de l’été » op. 15 (1827) de Mendelssohn, et les Blumenstück op. 19 (1839) de Schumann.

    …

    Le florilège est riche, plongé dans un climat lyrique touchant et spontané, et servi par le jeu fluide, pudique et engagé à la fois – oui, oui : magnifique ! – de la soliste, dont on découvre en même temps un autre talent, celui de photographe. Cet album, dont il faut souligner la jolie présentation, propose en effet un grand nombre de clichés, en couleurs, de fleurs, réalisés par Ksenia Kouzmenko. L’alliance du récital pianistique et de la représentation de la nature est une vraie réussite et représente un cadeau raffiné pour fêter György Kurtág.

    …

    Son : 8,5    Notice : 10    Répertoire : 10    Interprétation : 10

    Jean Lacroix

    …
    …
    avec surtout la passionnante contribution de doublement expert – rhumatologue spécialiste des maux des musiciens, et musicien-mélomane – de mon ami Joël Dehais, en réponse à la réception de cet article et au visionnage – précieux ! – de la pourtant trop brève vidéo (de 1′ 33) qui y était insérée,
    avec ces mots si justes de Joël : « Quelle belle ergonomie à l’instrument et quelle sensibilité chez cette pianiste Ksenia Kouzmenko… et quel sens de la forme musicale chez György Kurtàg où tout est dit en si peu de temps !« …
    …
    …
    Un florilège magnifique, donc, que ce CD « Flowers We Are » en lumineux hommage à György Kurtag pour ses 100 ans !
    …
    Et une musicienne, Ksenia Kouzmenko, qu’il va falloir très attentivement suivre…

    …

    Ce mercredi 29 avril 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • En poursuivant mes écoutes-recherches d’incarnations vraiment jubilatoires de la joie-Telemann : le CD « Georg Philipp Telemann – VI Ouvertures à 4 ou 6 (1736) » de L’Orfeo Barockorchester dirigé par Carin van Heerden. A la recherche du grand vent et de la touche de rusticité du profondément généreux génie, ample et dynamique, de l’immense Telemann…

    En poursuivant mes écoutes-recherches d’incarnations vraiment jubilatoires de la joie-Telemann, et en fouillant les rayons de CDs de mon disquaire préféré, ailleurs que dans les bacs de nouveautés,

    je suis tombé sur le CD cpo 555 519-2 « Georg Philipp Telemann – VI Ouvertures à 4 ou 6 (1736) » de L’Orfeo Barockorchester dirigé par Carin van Heerden – enregistré à Wels, en Autriche, du 12 au 15 novembre 2021 – , auquel je n’avais pas prêté attention l’année dernière (2025)  de sa parution – déjà, se pose l’interrogation : pourquoi autant de temps (2021 / 2025) entre l’enregistrement et sa publication ?…

    …

    A l’écoute et ré-écoute des 81′ 20 de ses 6 « Ouvertures » de la série TWV 55 :

    en l’occurrence F1, A1, Es1, a1, D2 et g1,

    l’interprétation que donne ce CD cpo soigneusement peaufiné, me paraît  un peu trop jolie et impeccablement propre sur elle pour incarner vraiment la singularité généreuse du génie jubilatoire de Telemann, tout spécialement dans le répertoire tellement inventif et varié de ses splendides « Ouvertures » à la française – dont on a pu écrire : « sur les six cents ouvertures (ou suites) écrites pour orchestre par Telemann, seulement cent-trente-quatre nous sont parvenues« …

    …

    Peut-être cette impression négative ressentie mienne est-elle en partie due au choix malencontreux de 4 plutôt que 6 parties, ainsi qu’à l’instrumentarium pas assez riche en basses de cette interprétation de L’Orfeo Barockorchester, surtout si je le compare à ceux du CD des hautboïstes de prusse dans leur CD Talanton Tal 90012 «Georg Philipp Telemann – Bläsermusik für Hautboisten » que j’ai commenté hier probablement un peu trop sévèrement – j’ai été jusqu’à écrire : « l’interprétation est en effet plutôt poussive, et je dirais même ringarde« … – en mon article « Et à nouveau, et encore, Telemann : comme quoi même un CD pas top fait accéder au génie jubilatoire si singulier et multiforme de l’immense Georg Philipp Telemann, en particulier dans le registre somptueux de ses si inventives « Ouvertures » à la française… » ; mais j’avais tout de même (et très heureusement !) ajouté : « Mais l’extraordinaire est que cependant le génie fondamentalement jubilatoire de l’immensément généreux Georg Philipp Telemann, est bel et bien présent et tout à fait audible dans cette interprétation sans nul doute imparfaite par ces hautboïstes de prusse de 3 « Ouvertures » (TWV 55:F3 ; TWV 55:c1 et 55c2  ; TWV 44:F10) et 1 « Concerto à 5 » (TWV 44:D2)…« …

    …

    Voilà !

    Au delà des imperfections de l’interprétation, l’essentiel demeure donc la réussite de la visée de l’esprit de l’œuvre à incarner par l’interprétation musicale, que ce soit au disque ou au concert, et du génie singulier en sa spécificité du compositeur, ici le merveilleux Georg Philipp Telemann, à l’hédonisme qui n’est pas du tout de l’ordre du joli et de la mignardise de bonbonnière, mais dont la grande et vaste joie sent toujours quelque chose du souffle du grand vent et de la rusticité, qu’il avait rencontrés en ses débuts polonais à Sorau, et qui l’ont marqué de leur joie ample et dynamique pour toujours…

    …

    Et c’est bien de cet immense Telemann-ci qu’est issu l’Empfindsamkeit qui va bientôt souffler sur l’Allemagne, avec son cher filleul et successeur à Hambourg Carl-Philipp-Emanuel Bach, et dont on entend encore les formidables échos jubilatoires chez le jeune Felix Mendelssohn…

    …

    Ce vendredi 20 mars 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa