Étiquette : Ferrare

  • De Ferrare en 1593 avec Vittoria-Raffaella Aleotti (1575-1646), à Rome en 1689 avec la reine Christine de Suède (1626-1689) : le passionnant et très brillant CD « Christine de Suède liberata » de L’Escadron volant de la Reine…

    De Ferrare en 1593 avec Vittoria-Raffaella Aleotti (1575-1646) – et le très beau CD Deutsche Harmonia Mundi 19802841712 « Ghirlanda de Madrigali », cf mon article d’hier 10 juin : « La découverte inattendue d’une nouvelle pépite ferraraise : la « Ghirlanda de Madrigali » (publiée à Venise en 1593) de Vittoria Raffaella Aleotti (Ferrare, 1575 – Ferrare, 1646), qu’était en train d’écouter mon disquaire préféré…« … – ,

    à Rome en 1689 avec la reine Christine de Suède (1626-1689) : le passionnant – regardez ce trailer – et très brillant – admirez cet extrait ! – CD Mirare MIR 802 « Christine de Suède liberata » de L’Escadron volant de la Reine – enregistré à Noirlac du 16 au 21 janvier 2026, et paru le 29 mai dernier…

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    Et écoutez ici leur superbissime « Miserere » d’Allegri : une lumineuse merveille…

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    Je me suis personnellement intéressé à la reine Christine d’abord pour les liens qu’elle a eux avec René Descartes (La-Haye-en-Touraine, 31 mars 1593 – Stockholm, 11 février 1650) et maints autres Français,

    dont Pierre Chanut (Riom, 22 février 1601 – Livry-sur-Seine, 3 juillet 1662) ou Gabriel Naudé (Paris, 2 février 1600 – Abbeville, 10 juillet 1653), qui firent le voyage de Stockholm…

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    Et à plusieurs reprises – dont la première fois, c’était le 10 mars 1992, guidé par le Conservateur du Musée Corsini lui-même  : M. Sivigliano Alloisi (décédé en 2018)… – , j’ai visité le très beau et riche Palazzo Corsini à Rome, où existe toujours la chambre mortuaire de la reine Christine,

    et dont le Musée conserve bien des toiles de maîtres réunies là par cette très grande mécène des Arts, à l’origine aussi de l’Académie d’Arcadie…

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    Ce CD constitue une forme de reconstitution musicale, par les soins imaginatifs et remarquablement féconds de L’escadron volant de la Reine, de la cérémonie d’obsèques de la reine Christine – qui eut lieu à la grande et belle Chiesa Nuova, le 23 avril 1889 – , et qui rassemble tous les compositeurs qu’elle a, de près ou de loin, soutenus sa vie durant :

    « Nous avons mené une véritable chasse aux trésors dans les bibliothèques de Rome et d’Europe pour exhumer toute la musique funéraire – voilà ! – écrite par des compositeur liés à la reine ou à la ville » : soient Gregorio Allegri (Rome, 1582 – Rome, 20 février 1652), Giacomo Carissimi (Marino, 18 avril 1605 – Rome, 12 janvier 1874), Arcangelo Corelli (Fusignano, 17 février 1653 – Rome, 8 janvier 1713), Giuseppe Corsi (Celano, 1631-32 – Ancône ou Modène, après le 10 mars 1691), Johann Kaspar Kell (Adorf, 9 avril 1627 – Munich, 13 février 1693), Alessandro Melani (Pistoia, 4 février 1639 – Rome, 3 octobre 1703), Mario Savioni (Rome; 1608 – Rome, 22 avril 1685), Alessandro Scarlatti (Palerme, 2 mai 1660 – Naples, 22 octobre 1725), Alessandro Stradella (Bologne, 3 juillet 1743 – Gênes, 25 février 1682), Giuseppe Zamponi (Rome, 1615 – Bruxelles, février 1662), dont des extraits d’œuvres funéraires – splendides ! – ont été ainsi ajointés pour ce très beau programme d’hommage à une reine « libérée » (« liberata« ), en son palais romain, de sa vie terrestre… 

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    Un CD fort bienvenu, qui sait trés intelligemment sortir des sentiers courus et recourus par trop d’éditeurs de disques, ou de programmateurs de concerts, routiniers et paresseux…

    Pareille curiosité, et d’une telle qualité musicale surtout, fait forcément beaucoup de bien : il faut l’encourager…

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    Avis aux amateurs de splendides musiques – voilà ! voilà ! – à redécouvrir et goûter !

    De cette qualité-là, nous en redemandons !!!

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    Ce jeudi 11 juin 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La découverte inattendue d’une nouvelle pépite ferraraise : la « Ghirlanda de Madrigali » (publiée à Venise en 1593) de Vittoria Raffaella Aleotti (Ferrare, 1575 – Ferrare, 1646), qu’était en train d’écouter mon disquaire préféré…

    Pour enrichir le trésor du fabuleux terreau musical ferrarais du temps des Este, de 1438 à 1598 – cf mes deux articles de mise en situation historique en date des 2 et 3 septembre 2023 « Ce qu’apprend le « Guide de la Musique de la Renaissance » sur la musique à la cour des Este de Ferrare, de 1438 à 1598 (I)… » et « Ce qu’apprend le « Guide de la Musique de la Renaissance » sur la musique à la cour des Este de Ferrare, de 1438 à 1598 (suite – II)…« … – ,

    voici maintenant la découverte totalement inattendue que je viens de faire, par un presque complet hasard, lors de mon passage impromptu hier chez mon disquaire préféré, d’une compositrice ferraraise Vittoria Raffaella Aleotti(Ferrare, février 1575 – Ferrare, ca 1646), l’incomparable Vincent Dourthe passant à ce moment sur la platine du rayon Musique de la librairie Mollat, le CD Deutsche Harmonia Mundi 19802841712 « Ghirlanda de Madrigali – Vittoria Raffaella Aleotti » du Cantus Thuringa dirigé par Christoph Dittmar – enregistré à Weimar les 19 et 20 février 2021, puis 18 et 19 septembre 2023 ; et paru le 27 septembre 2024 – , un CD et une compositrice inconnus de moi jusqu’ici, en dépit de mon très puissant tropisme ferrarais – cf par exemple mon article du 16 décembre 2023 : « Ferrare, quand tu nous tiens… : Italo Calvino, Giorgio Bassani, Michelangelo Antonioni et l’ultra-raffinée civilisation ferraraise des Este : affinités et philiations…«  et plus encore celui du 31 août 2023 : « Un très intéressant témoignage d’Enrica Antonioni sur Michelangelo Antonioni et la sublime séquence ferraraise de son film (testamentaire…) « Al di là delle nuvole », en 1995…« . puisque c’est par le merveilleux ferrarais Michelangelo Antonioni (Ferrare, 29 septembre 1912 – Rome, 30 juillet 2007) et son éblouissant « Al di là delle nuvole«  que m’est venue cette ardente passion pour la si raffinée civilisation ferraraise, qui m’a fait rédiger mon gros essai « Cinéma de la rencontre : à la ferraraise _ ou un jeu de halo et focales sur fond de brouillard(s) : à la Antonioni«  en 2007…

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    Ce passionnant CD comporte aussi des œuvres pour claviers de deux compositeurs ferrarais auxquels a été très étroitement liée Vittoria Raffaela Aleotti :

    Luzzasco Luzzaschi (Ferrare, ca 1545 – Ferrare, 10 septembre 1607)

    et Ercole Pasquini (Ferrare, ca 1560 – Rome, ca 1619), le maître de musique de Vittoria Raffaella Aleotti…

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    Il est aussi intéressant de savoir que Luzzasco Luzzaschi (ca 1545 – 1607), Ercole Pasquini (ca 1560 – ca 1619) et Girolamo Frescobaldi (Ferrare, 13 septembre 1583 – Rome, 1er mars 1643) se sont succédés à l’orgue de l’Accademia delle Morte à Ferrare – sur cette confraternité ferraraise, on peut lire ceci : « La Ferrara del Seicento era dominata dal silenzio ? Una ricerca sulle Accademie della Morte getta nuova luce sul periodo più buio di Ferrara, dopo la fine degli Estensi« …

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    Et à propos de cette ferraraise Vittoria Raffaela Aleotti (1575 – 1846) – la toute première compositrice à avoir une œuvre publiée : à Venise en 1593… – , on peut écouter ce très intéressant podcast – fort bien illustré musicalement !, surtout par des extraits du CD Tactus TC 570101 « Sacrae Cantiones (pub. 1593)«  de la Cappella Artemisia dirigée par Candace Smith.. : un CD dont j’ignorais aussi jusqu’ici l’existence… – de l’excellente Anne Charlotte Rémond, mis en ligne par France-Musique le 7 avril 2022 : « Vittoria et/ou Raffaella Aleotti, nonne à Ferrare« , d’une durée de 25′ 11, à écouter ici...

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    Admirer ici cette vidéo (de 2′ 30) de Cantus Thuringa interprétant le madrigal « Horche la saga Aurora« ,

    sur un poème de Giovanni Battista Guarini (Ferrare, 10 décembre 1538 – Venise, 16 octobre 1612)…

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    Un splendide bijou ferrarais :

    quelle extraordinaire civilisation fut donc cette Ferrare d’entre 1438 et 1598…

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    Ce mercredi 10 juin 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Une nouvelle splendide et stupéfiante pépite de La Compagnia del Madrigale, le merveilleux CD « Giaches de Wert – Nono Libro de Madrigali – 1588 » : une musique et une poésie célestes…

    C’est une nouvelle splendide et stupéfiante pépite musicale et discographique que vient nous livrer, la toujours aussi parfaite (!) Compagnia del Madrigale, avec, une nouvelle fois, un absolument merveilleux CD, le CD Glossa GCD 922813 « Giaches de Wert – Nono Libro de Madrigali – 1588 » – enregistré à Cumiana du 30 juin au 3 juillet, puis le 3 octobre 2025 – ,

    avec cette fois – les vies passant, certains chanteurs se renouvellent – Carlotta Colombo et Francesca Cassinari, soprano, Elana Carzaniga et Isabella di Pietro, alto, Giuseppe Maletto et Raffaelle Giordani, tenore, et Matteo Belletto, basso,

    consacré au Livre IX de Madrigaux de Giaches de Wert (Wert-Bornem, 1535 – Mantoue, 6 mai 1595) :

    un somptueux cadeau de poésie et de musique à leur meilleur !..

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    Admirez simplement déjà ici le podcast de ce miraculeux « Mia benigna fortuna e’l viver lieto » (de 6′ 00), sur des vers de Pétrarque (« Canzionere« , 332)…

    C’est bouleversant de beauté divine…

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    Giaches de Wert est lui aussi passé par la cour des Este à Ferrare : comme son maître, dès 1561, le grand Cipriano de Rore (Renaix-Ronse, 1515 – Parme, 20 septembre 1565), lui-même élève du magnifique Adriaen Willaert (Rumbeke-Roulers, 1490 – Venise, 7 décembre 1562), ces formidables maîtres italo-flamands,

    dont seront issus, en Italie, et en liens puissants avec la brillante cour des Este à Ferrare, les ô combien superbes surgeons madrigalistes, eux aussi, Luzzasco Luzzaschi (Ferrare, 1545 – Ferrare, 10 septembre 1607), Luca Marenzio (Coccaglio, 18 octobre 1553 – Rome, 22 août 1599), et, à un peu de distance, le divin Claudio Monteverdi (Crémone, 15 janvier 1567 – Venise, 29 novembre 1643),

    tous idéalement servis au concert comme au disque – ainsi, bien sûr, que le génialissime Carlo Gesualdo (Venosa, 8 mars 1566 – Gesualdo, 8 septembre 1613), autre très insigne hôte, et si singulier, de la Ferrare, si lumineusement resplendissante des milliers de gouttelettes de brume venant du proche Pô, de cette brillantissime cour des Este de Ferrare à la Renaissance ; dont sont aussi les héritiers, modernes, cette fois, et en d’autres arts que la musique, les ultra-raffinés et hyper-subtils ferrarais, que sont, en leurs genres, mais avec cette même si étrange poésie, l’écrivain Giorgio Bassani (Bologne, 4 mars 1916 – Rome, 13 avril 2000) et le cinéaste Michelangelo Antonioni (Ferrare, 29 septembre 1912 – Rome, 30 juillet 2007) : ils étaient grands amis… – par cette constamment éblouissante Compagnia del Madrigale, fondée en 2008 par Giuseppe Maletto. Rossana Bertini et Daniele Carnovich (décédé en 2020), et que dirige maintenant Giuseppe Maletto…

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    Une musique et une poésie proprement célestes !

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    Ce dimanche 26 avril 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le comme prémonitoire adieu à la vie de Denis Raisin-Dadre (1956 – 2025) : son bouleversantissime CD « Lagrime di San Pietro – Lasso – Agostini », avec son magnifique ensemble Doulce Mémoire…

    Le comme prémonitoire adieu à la vie de Denis Raisin-Dadre (Vaux-sur-Mer, 25 juillet 1956 – Tours, 29 septembre 2025) : son bouleversantissime CD « Lagrime di San Pietro – Lasso – Agostini », avec son magnifique ensemble Doulce Mémoire…

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    Oui, c’est bien un bouleversantissime testament musical et discographique – quelle merveille d’intensité (!) dans la délicatissime, déchirante et presque insoutenable, douceur de ce double adieu musical sublimé, et à l’œuvre et à la vie, et de Roland de Lassus (Mons, 1532 – Munich, 14 juin 1594), et de Lodovico Agostini (Ferrare, 1534 – Ferrare, 20 septembre 1590) : les « Lagrime di San Pietro » (1594) de l’un, et les « Lagrime del Peccatore » (1586) de l’autre, sont en effet, chacun, leur œuvre ultime, et de profonde en même temps que très humble réconciliation… – qu’avec l’extraordinaire saisissant CD Alpha 1209 « Lagrime di San Pietro – Lasso – Agostini  » de son ensemble Doulce Mémoire – enregistré à l’Abbaye de Noirlac au mois de janvier 2025 – Denis Raisin-Dadre nous laisse, lui tragiquement disparu – assassinat ? suicide ? Qu’a donné l’enquête diligentée aussitôt par le procureur de la République ? Nous l’ignorons encore à ce jour… – en son domicile, à Tours, le 28 septembre 2025…
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    Et j’ai plaisir à renvoyer ici à la brève présentation du CD, à la page 60 – « Ici mêlées à celles de Lassus, les Lagrime d’Agostini sont l’opus ultime de ce musicien de la cour des Este… et le bouleversant testament de Denis Raisin-Dadre » lui-même – , et à l’article très détaillé que lui consacre l’excellent Denis Morrier à la page 84 du numéro 753 du magazine Diapason de ce mois de mars 2028 – le CD reçoit aussi la récompense archi–méritée d’un DIAPASON D’OR de ce magazine…
    Denis Morrier concluant ainsi son article de Diapason : « L’opus ultime d’Agostini sera donc devenu celui de Raisin-Dadre, qui achève son texte de présentation sur cette troublante citation du Cantique de Siméon : « Maintenant, Seigneur, laisse ton serviteur aller en paix »… »…
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    Le programme de ce CD, superbement conçu par Denis Raisin-Dadre, entremêle sans le moindre accroc à l’écoute, sinon de subtiles nuances et contrastes, les deux « Lagrime », celui « di San Pietro » de Lassus (de 1594, à Munich) et celui « del peccatore » d’Agostini (de 1586, à Ferrare), et après une brève somptueuse (!) impérieuse ouverture instrumentale empruntée au « Deficiat in Dolore » LV 977 de Lassus, s’ouvre et se clôt par deux sublimes Laudes anonymes chantées a capella : l’ultra-déchirant « Al pie del duro sasso », en plage 1 du CD, et le presque consolant « O Sacro Santo Legno », en plage 22 (et conclusive) de ce montage subtil et magnifique de Denis Raisin-Dadre…
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    En effet, s’entrecroisent ici 9 madrigaux choisis parmi les 21 des « Lagrime di San Pietro  » de Lassus, sur des textes de Luigi Tansillo (1510 – 1568) et un texte final, en latin « Vide homo », de Philippe Le Chancelier (1165 – 1236), d’après saint-Bernard de Clairvaux (1090 – 1133), avec 10 madrigaux choisis parmi les 21 des « Lagrime del Peccatore » d’Agostini :
    un montage superbe de Denis Raisin-Dadre, dont celui-ci explicite « cette mise en regard de ces deux œuvres testamentaires » de Lassus et Agostini », d’abord à la page 8 :
    « Mettre en regard ces deux œuvres, c’est mettre en valeur leurs contrastes, la retenue, l’intériorité, des Larmes de Saint-Pierre et l’effusion expressive des Larmes du pécheur  » ;
    puis à la page 10 de son lumineux livret :
    « La rigueur contrapuntique, la sublime retenue des émotions chez Lassus se révèlent encore plus – voilà ! – en contraste avec l’effusion émotionnelle des Larmes d’Agostini. Le chemin solitaire et douloureux de Pierre est adouci – plage 20 du CD – par le madrigal – « La Croce via fu« … – adressé à la Vierge, à la Samaritaine, et surtout par la possibilité d’une espérance donnée dans ce dernier madrigal : « La Croix fut jadis mort, elle est maintenant vie ».
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    Et Denis Raisin-Dadre d’ajouter in fine de sa présentation du livret, page 16, ces ultimes mots
    qui nous marquent encore davantage aujourd’hui que nous les découvrons, 5 mois après la disparition tragique du musicien, le 29 septembre 2025 :
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    « Au début et à la fin de ces Lagrime, j’ai voulu revenir à la simplicité, à la voix du peuple, celle qui chante les laudes, une musique simple, modeste, dépouillée des artifices et subtilités du madrigal spirituel. Ces refrains touchent le cœur aussi sûrement que le texte du Nunc dimittis – le cantique de Siméon, chanté lors de complies – si souvent mis en musique par Lassus à la fin de sa vie.
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    « Maintenant, Seigneur, laisse ton serviteur aller en paix selon la parole,
       Car mes yeux ont vu ton Salut. »  »…
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    Les 7 chanteurs (Amélie Raison, Camille Fritsch, Brice Clavier-Homberg, Olivier Coiffet, François-Olivier Jean, Matthieu Le Levreur et Guillaume Olry)
    et les 7 instrumentistes (Eva Godard, Sarah Dubus, Johanne Maître, Elsa Franck, Jérémie Papasergio, Adrien Reboisson et Rémi Lécorché) de ce Doulce Mémoire que dirige merveilleusement Denis Raisin-Dadre, méritent chacun et tous notre profonde admiration…
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    Je me souviens d’avoir parlé à Denis Raisin-Dadre, notamment lors d’un bien beau concert de bande de hautbois donné dans la majestueuse grange dimière du château de Lanquais, en Dordogne – entre Bergerac et Lalinde – par La Simphonie du Marais et Hugo Reyne, le 2 août 1992, il y a aujourd’hui presque 34 ans
    – Denis Mollat et son épouse Chantal étaient eux aussi présents ce jour-là à Lanquais ; et parmi les musiciens de cette belle bande de hautbois rassemblée par Hugo Reyne, intervenaient, aux côtés de Hugo et de Denis Raisin-Dadre, l’amie Laurence Pottier, et il me semble aussi Jérémie Papasergio, et peut-être Elsa Franck ; ces deux derniers qui maintenant prennent la suite de Denis Raisin-Dadre à la tête de l’ensemble Doulce Mémoire…
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    Profonde et très vive émotion !
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    Et admirez ici cette vidéo de 3’17 de Denis Raisin-Dadre dirigeant son Doulce Mémoire dans Lassus…
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    Ce dimanche 1er
    mars 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa