Étiquette : Gabriel Fauré

  • Immense concert Janáček – Durosoir hier soir au château Mombet à Saint-Lon-les-Mines, en Chalosse, par un Quatuor Diotima au plus haut inspiré, avec deux éblouissants et étourdissants chefs d’œuvre sublimes, le Quatuor à cordes n°2 « Lettres intimes » (de 1928), et le Quatuor en Ré mineur n° 2 (de 1922) : la puissance et la gloire…

    Immense concert Janáček – Durosoir hier soir au château Mombet à Saint-Lon-les-Mines, en Chalosse, par un Quatuor Diotima au plus haut degré inspiré – composé de Yunpeng Zhao, violon 1, Léo Marillier, violon 2, Franck Chevalier, alto, et Alexis Descharmes, violoncelle – , avec deux éblouissants et étourdissants chefs d’œuvre (!!!) sublimes, le Quatuor à cordes n°2 « Lettres intimes » (de 1928) de Leoš Janáček (Hukvaldy, 3 juin 1854 – Ostrava, 12 août 1928), et le Quatuor en Ré mineur n° 2 (de 1922) de Lucien Durosoir (Boulogne-sur-Seine, 5 décembre 1878 – Bélus, 4 décembre 1955)…

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    Avec toutefois, mais tout à fait indépendamment de la performance absolument magnifique des 4 musiciens du Quatuor Diotima, un énorme bémol – tout au moins pour ma part – : l’ineptie terriblement incroyable (mais hélas bien trop réelle) d’avoir laissé entrecouper les 4 mouvements des 2 Quatuors de Leoš Janáček et de Lucien Durosoir d’interventions musicalement totalement incongrues d’un récitant, en l’occurrence Mario Hacquard, déguisé d’abord en Janáček gominé, puis en Durosoir en habit bleu de poilu, et débitant pompeusement des extraits de lettres de délire érotique sénile de Leoš Janáček adressées à Kamila Stösslova dont il était tombé amoureux, puis de Lucien Durosoir adressées, du front de 14-18, à sa mère… Autant je peux apprécier la présentation d’un récitant discret, sur un ton purement informatif et neutre, de la musique à venir par un des musiciens-interprètes du concert, autant je suis absolument allergique à l’intervention théâtrale d’un comédien singeant affreusement le compositeur.

    Et dans le cas de Leoš Janáček, cela frôlait même dangereusement l’obscène.

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    D’abord, une lettre écrite – dans le silence de sa pensée – adressée à distance à un destinataire qui la lira – dans le silence aussi de sa propre pensée… – n’est absolument pas du registre de ce qui est dit dans la proximité de l’échange verbal de paroles ; et si Janáček s’est autorisé à écrire ces mots-là, c’est qu’il ne pouvait absolument pas les dire directement, face à face, à celle qu’il se disait alors à lui-même, à son écritoire, aimer et désirer… Ce que Janáček, en revanche, a fait de ces désirs éprouvés, c’est la sublime musique de cet extraordinaire Quatuor n° 2, d’abord intitulé « Lettres d’amour« , un titre bien vite rectifié, sur l’insistance de la destinataire, « Lettres intimes » : un amour de vieillesse jamais consommé…

    La musique transcende, et merveilleusement !, par un chef d’œuvre sublime, le sinistre et malheureux délire érotique sénile…

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    Dans le cas, de Lucien Durosoir et sa mère, la correspondance extrêmement affectueuse ne fait que poursuivre, en dépit de la distance de la séparation du fait de la guerre, le lien très puissant – et de toute leur vie – entre le fils et la mère, seulement distendu par la situation de la guerre qui les éloignait physiquement l’un de l’autre… Et qui ne donnera qu’après coup, de 1920 à 1934 – tant que sa mère vivra, infirme, et qu’il sera auprès d’elle – , les musiques si singulières que Lucien, jadis, avant 1914, violoniste virtuose, se mettra à composer dès 1920, et sans les publier : le public d’alors n’étant pas du tout prêt à les recevoir – Lucien Durosoir en avait une très claire conscience ! – pour les chefs d’œuvre que nous pouvons, désormais – le temps ayant passé, et la modernité ayant bien fait son chemin et son œuvre : Lucien Durosoir, né romantique, est pleinement moderne, et tourné vers l’avenir… – , pleinement y reconnaître…

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    Il n’empêche : dans un cas comme dans l’autre, ces deux musiques n’avaient pas à être aussi saugrement interrompues en leur fil si intense, si explosif et si continu aussi, dans chacun de ces deux sublimes chefs d’œuvre de la musique de chambre…

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    Mais il faut très chaleureusement féliciter Luc Durosoir, qui sert si admirablement l’œuvre sublime de son père Lucien, très volontairement laissée, par le compositeur, un durable temps endormie à reposer et mûrir – pour l’auditoire plus ouvert à venir – dans l’obscurité d’un tiroir dans la maison familiale de Bélus, de les avoir, une œuvre après l’autre, lui le fils, Luc, patiemment éditées, puis données à écouter en des concerts, et enfin enregistrées, toutes, en des CDs disponibles à l’écoute et à la reconnaissance de leur génie resplendissant dans le monde entier… 

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    Il y a deux ans, Luc Durosoir a fait le magnifique choix d’inviter, le 17 mai 2024 au château Mombet à Saint-Lon-les-Mines – cf mon article rédigé ce soir-là : « Puissance et génie de deux chefs d’oeuvre incisifs de deux compositeurs éblouissants du XXe siècle : le Quatuor n°3 (de 1934) de Lucien Durosoir et le Quatuor n°1 (de 1954) de György Ligeti, par un stupéfiant d’intelligence et sensibilité Quatuor Tana pour un très marquant concert « Durosoir invite Ligeti » au Festival Lucien Durosoir (Mai musical 2024) en Chalosse… Une révélation pour beaucoup et un émerveillement pour chacun !« … – le beau Quatuor Tana – spécialisé surtout dans la musique la plus contemporaine – pour un admirable programme constitué du Quatuor n° 1 de György Ligeti (de 1954) et du Quatuor n°3 de Lucien Durosoir (de 1934)…

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    Et c’est à nouveau un formidablement merveilleux choix d’inviter, ce 1er mai 2026, à nouveau au château Mombet à Saint-Lon-les-Mines, le Quatuor Diotima – excellentissime lui aussi dans le répertoire de la musique la plus contemporaine !.. Que l’on consulte sa passionnante discographie… – pour ce sublime programme composé des extraordinairement puissants Quatuors n° 2 de Lucien Durosoir (de 1922) et Leoš Janáček (de 1928), ce Quatuor Diotima qui avec son merveilleux CD Alpha 125 « Lucien Durosoir – quatuors à cordes » – les interprètes, au mois de décembre 2007, à La Borie, en sont : Naaman Sluchin et Yun-Peng Zhao, violons ; Franck Chevalier, alto ; ter Pierre Morlet, violoncelle ; et le CD était paru le 1r juin 2008… – m’a fait immédiatement m’enthousiasmer, dès la première écoute (!), pour cette musique si formidablement intense et puissante de Lucien Durosoir : cf mon article « Musique d’après la guerre« , en date du 4 juillet 2008 ; et que je propose ici à la fois dans sa version initiale de ce 4 juillet 2008, et dans sa version complétée du 28 juin 2020…

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    Le temps passant, et les interprétations au concert, au château Mombet à Saint-Lon-les-Mines, le 17 mai 2024, par le Quatuor Tana – Antoine Maisonhaute, Ivan Lebrun, violons ; Takumi Nozawa, alto ; Jeanne Maisonhaute, violoncelle – , du Quatuor n°3 en si mineur (de 1934), et puis ce 1er mai 2026, par le Quatuor Diotima, du Quatuor n°2 en ré mineur (de 1922) de Lucien Durosoir, ne font que renforcer, et plus qu’au centuple, ma certitude du génie exceptionnel (!!!) et très singulier de Lucien Durosoir, dont rien dans la musique française, n’atteint à un tel degré d’intensité et puissance tragique de sublimité – dans mes 2 contributions « Une poétique musicale au tamis de la guerre : le sas de 1919 ; la singularité Durosoir » et « La Poésie inspiratrice de l’œuvre musical de Lucien Durosoir : romantiques, parnassiens, symbolistes, modernes » données au colloque « Lucien Durosoir. Un compositeur moderne né romantique » au Palazzetto Bru-Zane à Venise le 21 février 2011, j’ai convoqué les noms de Beethoven et de Michel-Ange (ses longues et très puissantes colossales formes serpentines) pour proposer une sorte d’équivalence de puissance de création à celle, si singulière, donc, de Lucien Durosoir ; cf aussi les indications de mon article du 12 octobre 2022 : « La correspondance de guerre (1914 – 1919) de Lucien Durosoir et sa mère Louise, « Ma Chère Maman, mon Cher Enfant », à paraître le 11 novembre prochain chez Blackwater Press, à Charleston, West-Virginia, traduite en anglais par Elizabeth Auld…« …

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    Et je n’en admire que davantage la puissance –  aussi – de choix – quelle énergie ! quelle superbe inventivité ! – de Luc et Georgie Durosoir de composer leurs programmes, non dans un horizon musical passéiste, mais bien un horizon d’avenir pour notre XXIe siècle : cette dimension d’avenir qui était déjà si chère, vraiment, à Lucien Durosoir…

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    Et j’attends donc – et espère très vivement ! – que le programme des concerts de l’année prochaine au château Mombet associera à nouveau au génie si puissant et si singulier de l’œuvre de Lucien Durosoir (1878 – 1955) l’œuvre d’un compositeur aussi génial et d’avenir que le sont Leoš Janáček (1864 – 1928) et György Ligeti (1923 – 2006) : pourquoi pas l’extraordinaire György Kurtag (né à Lugo le 19 février 1926, et encore vivant…) ?.. Tant le génie propre de Lucien Durosoir a d’affinités avec le génie de ces magnifiques compositeurs d’Europe centrale…

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    Une dernière remarque sur la très belle prestation hier soir des Diotima au château Mombet de Saint-Lon-les-Mines, en Chalosse – tout près de la maison familiale de Lucien Durosoir à Bélus, et de Peyrehorade – :

    en forme d’apaisant et mélodieux final de ce concert, après le déchainement de ces tempêtes tragiques sublimes des 2 chefs d’œuvre de Lucien Durosoir (de 1922) et Leoš Janáček (de 1928), les Diotima nous ont offert une très belle transcription pour quatuor à cordes de la délicieuse mélodie « Les Berceaux » (Op. 23 n°1) de Gabriel Fauré (1845 – 1924) –  dont voici une belle vidéo (de 3′ 04) de l’interprétation de Sandrine Piau avec Susan Manoff : ces ravissants « Berceaux » de Gabriel Fauré se trouvant aussi à la plage 6 de leur CD Naïve 5250 « Après un rêve » – enregistré à Grenoble en juin 2010…

    Sur le choix de ce bis très contrasté de la mélodie de Gabriel Fauré après les deux Quatuors si tourmentés et étourdissants de Janáček et Durosoir, j’ai échangé quelques mots après le concert avec Franck Chevalier, dont le jeu à l’alto, très profond et charnel, est spécialement magnifique… Le public était ravi…

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    Ce samedi 2 mai 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Admirer, et plus encore si c’est possible, la merveilleuse sensibilité et intelligence de jeu d’Aline Piboule en sa fantastique « Sonate pour piano » d’Henri Dutilleux : un must discographique !!!

    Je veux clamer ici bien haut le très haut degré d’intensité de ma très chaleureuse admiration pour l’intelligence ultra-sensible du merveilleux – parfait ! – jeu de piano d’Aline Piboule interprétant la singulière « Sonate pour piano » (de 1948) d’Henri Dutilleux (Angers, 22 janvier 1916 – Paris, 22 mai 2013) en son « opus 1 en soliste » au disque – pour reprendre l’expression d’Aline Piboule elle-même à la page 8 du livret de son CD – , le très singulier et très marquant CD Artalinna ATL-A017 « Aline Piboule – Dutilleux & Fauré » – enregistré à Oxford du 18 au 20 août 2016… – que je viens de recevoir après l’avoir commandé le lundi précédent, 20 avril, à mon disquaire préféré à Bordeaux :  

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    une sonate dont l’interprète tenait à dire ceci : « Très certainement la Sonate de Dutilleux m’a sauvée à une époque  : elle seule avait le pouvoir de convoquer en moi énergie et exaltation – voilà ! (…) Je ressens dans cette partition tout l’enthousiasme – oui ! – d’un compositeur dans sa jeunesse, sa fougue au sein d’une architecture solide ; j’y entends, aux côtés d’influences très fortement françaises (mais également russes), une joie sensuelle – voilà ! – de « faire sonner le piano ». Un plaisir du son, de l’espace et des couleurs » – en toute l’extraordinaire richesse de ce rare chef d’œuvre d’Henri Dutilleux…

    Et Aline Piboule d’ajouter : « Dans son essai sur la virtuosité chez Liszt, Jankélévitch évoque la joie – voilà ; et nous la ressentons ici ! – que l’on peut ressentir lorsque l’on s’affranchit de la gravité, tel un danseur« …

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    J’ai comparé à cette magique interprétation-ci d’Aline Piboule, en 2016, à Oxford, une autre (enregistrée en 2000), et par une autre pianiste qu’elle, présente en un coffret Deutsche Grammophon de 6 CDs « Henri Dutilleux Edition » paru, lui, en 2014, et qui m’a laissé, elle, froid : rien de cette vie et de cette vérité essentielle qu’y révèle et magnifie le jeu si sensible et intelligent d’Aline Piboule, léger, véloce en même temps que profond et attentif aux moindres nuances, en l’enregistrement de ce CD-ci, assumé, et même revendiqué, en ce CD Artalinna « Aline Piboule – Dutilleux & Fauré« … 

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    Et voici une vidéo (de 23′ 26) enregistrée à Vitry-sur-Seine lors du Festival Claude Helffer en 2015, un an avant l’enregistrement pour Artalinna à Oxford, même si je place encore plus haut le sublime enregistrement d’Oxford d’août 2016 : c’est lui qu’il faut écouter vraiment ; et le CD Artalinna est toujours disponible…

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    Et je tiens à citer ici in extenso le bel et si juste article de Jean-Charles Hoffelé – immense merci à lui ! –  « Piano français« , en date du 20 avril 2017, qui m’a fait connaître – je l’ignorais jusqu’ici – l’existence de cet extraordinaire et singulier – quelle vie ! – CD Artalinna ATL-A017 « Aline Piboule – Dutilleux & Fauré« … :

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    PIANO FRANÇAIS

    Marier la Sonate de Dutilleux et deux pages majeures de Fauré, quelle étrange idée, non ? Mais lorsque la dernière mesure de la Ballade du second résonne et qu’y succède l’entre chiens et loups qui ouvre l’Allegro de la Sonate, une certaine poésie du son – voilà ! – , du phrasé de l’harmonie, si française – oui – , résonne.

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    Les ponts voulus par Aline Piboule entre ces deux opus que soixante-sept ans séparent laissent percer cette trame diffuse qui fait la singularité d’un art. Pour la Ballade de Fauré et ses nombreux chausse-trappes – Liszt égaré par son écriture fuyante laissera le piano au compositeur après quelques pages, sous l’œil amusé de Saint-Saëns – le ton ample, le son d’orchestre, la simplicité de l’allant mettent partout un ton d’évidence – oui. Cela ne traîne pas, mais pourtant cela rêve, quadrature du cercle que permet un vrai legato, vocal, ombreux.

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    Si la Sonate de Dutilleux commence sans la fièvre qu’y mettaient hier Monique de La Bruchollerie et aujourd’hui Arthur Ancelle, Aline Piboule persiste dans sa poésie trouble – oui, riche, complexe… – , éclairant le médium et le grave d’un clavier de peintre. Sommet de sa lecture d’une précision fanatique, le Lied, grande errance dont la ligne qu’elle soupèse avec art fait sourdre cette mélodie que Messiaen aurait pu composer. Et il faut entendre comment elle entre dans la grande architecture du Choral et variations, trompettes victorieuses, pour construire pas à pas la vaste structure voulue par Dutilleux.

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    La suite de l’album est de pure logique, puisque revenant à Fauré, elle déploie le vaste choral du Thème et variations, le chantant plutôt que le proclamant, l’animant dans le clavier mais sans frapper jamais, léger, joueur – oui, oui, sans jamais rien forcer… – puis soudain tragique. Piano versatile – riche, complexe, mais fluide et merveilleusement évident ! – qui va loin – très loin, profond… – dans cet opus souvent buriné par des mains plus avides. Ici le chant demeure toujours – oui – , vertu fauréenne qui éclaire les structures rythmiques les plus complexes, que porte un très beau Steinway généreusement capté.

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    Je me demande bien ce qu’elle ferait des Barcarolles ou des Nocturnes – c’est désormais réalisé, avec son merveilleux CD Harmonia Mundi HMM 902505 « Gabriel Fauré – Nocturnes & Barcarolles « ; cf mon article en date du 11 avril dernier : « Le rare talent, et à un tel degré de justesse aussi merveilleusement sensible, d’Aline Piboule : découvrir et admirer aussi, avec retard, son CD « Gabriel Fauré – Nocturnes et Barcarolles », de 2024 : une magie de pureté absolue d’interprétation-incarnation de la musique…« …

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Gabriel Fauré (1845-1924)

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    Ballade, Op. 19
    (version pour piano seul)

    Thème et variations, Op. 73

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    Henri Dutilleux (1916-2013)
    Sonate pour piano

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    Aline Piboule, piano

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    Un album du label Artalinna ATL-A017
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    Photo à la une : © Jean-Baptiste Millot

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    Et j’y ajoute ici ces quelques recensions d’articles de presse – avec quelques menues farcissures miennes – :

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    « Aline Piboule comprend aussi bien les deux musiques – Dutilleux et Fauré . Mieux, elle les sent – oui. Son instinct lui permet, entre autres, de boucler la boucle des périples les plus aventureux avec une rare évidence – absolument ! Et sa technique – parfaite – d’en éclairer chaque orientation avec fidélité. » (Pierre Gervasoni, Le Monde, 28 avril 2017)

    « L’on admire la pertinence et l’originalité – les deux ! – de ce premier disque en soliste (…) Si elle s’adapte aux particularités de chaque compositeur (son Fauré est gourmand, son Dutilleux tonique), Aline Piboule leur offre à tous deux un jeu puissant et gracieux – oui – , aux effusions – toujours – bien maîtrisées. » (Sophie Bourdais, Télérama, 14 juin 2017)

    « Disque splendide » – vraiment ! (Alain Lompech, Diapason, Juin 2017)

    « A travers une interprétation raffinée – oui – , architecturée, libre – oui, oui – , de la Sonate pour piano de Dutilleux, ainsi que de la Ballade op. 19 ou de Thème et variations de Fauré, elle affirme une autorité et une science du clavier – sans didactisme aucun, mais avec le plus parfait et profond naturel, et la joie de jouer… – dont il faudra se souvenir » (Michel Le Naour, Cadences, Septembre 2017)

    « le ton ample, le son d’orchestre, la simplicité de l’allant – oui – mettent partout un ton d’évidence – voilà ! Cela ne traîne pas, mais pourtant cela rêve, quadrature du cercle – en effet – permet un vrai legato, vocal, ombreux. »  (Jean-Charles Hoffelé, Discophilia, Avril 2017)

    « … une prise de son exemplaire. Dans les trois œuvres, [Aline Piboule] parvient à conjuguer le mystère et la lumière, la rigueur et la souplesse – oui, c’est cela. La riche texture polyphonique de Thème et Variation est d’une clarté absolue – oui – , mais sans sécheresse, avec bien de la sensualité – oui, voilà… – dans le toucher – merveilleux – (…) On admire également la subtilité – magnifique ! – de la gestion du flux musical, toujours sobre et rigoureux – et fruité – , avec de délicats dégradés de volume (…) particulièrement inventive dans le jeu des timbres et les chatoiements sonores. » (Jacques Bonnaure, Classica, Juin 2017)
    « Un très beau début qui suscite de grands espoirs » – qui seront splendidement avérés – (Jacques Bonnaure, Pianiste, Été 2017)

    « Très bien enregistré (…) une sonorité faite de délicatesse, de tendresse – oui, oui – , c’est merveilleusement phrasé, c’est une interprétation fantastique – oui – de cette Ballade de Fauré (…) simplicité et beauté de l’expression (…) » (à propos de la Ballade de Fauré) … « On ne l’entend jamais joué comme cela (…) Elle en propose une lecture un peu moins musclée, un peu moins athlétique, un peu moins hystérique, il y a une finesse – magnifique – dans le jeu d’Aline Piboule, une manière d’orchestrer son piano de manière différente, où il y aurait plus de place pour certaines des percussions, où l’on entendrait des vibraphones, des instruments à vents, des harpes, et pas forcément des grosses caisses, des cymbales (…) Cela donne un éclairage étonnant, surprenant, et très convaincant. » – mais oui – (à propos de la Sonatede Dutilleux, et notamment de son premier mouvement) (Philippe Cassard, 6 mai 2017)

    « C’est une merveille – absolument ! – d’intelligence musicale, de maîtrise pianistique, d’allant » (pour la Sonate de Dutilleux) … « Pas de Fauré de salon ici, c’est « toutes voiles dehors », presque caracolant dans la Ballade et c’est tout aussi enthousiasmant. Un grand disque de piano. » – tout à fait ! – (Thierry Vagne, 16 avril 2017)

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    Aline Piboule : une idéale et parfaite musicienne du piano…
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    Ce lundi 27 avril 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le rare talent, et à un tel degré de justesse aussi merveilleusement sensible, d’Aline Piboule : découvrir et admirer aussi, avec retard, son CD « Gabriel Fauré – Nocturnes et Barcarolles », de 2024 : une magie de pureté absolue d’interprétation-incarnation de la musique…

    La très intense – et assez rare à un tel degré – admiration éprouvée à l’écoute du CD Harmonia Mundi HMM 902776 d’Aline Piboule « Archipel – Claude Debussy – La Mer – John Ireland – Sarnia » – cf mon article d’avant-hier 9 avril « L’intense beauté de la « Sarnia : An Island Séquence » (1940-1941), chef d’œuvre de John Ireland (1879 – 1962), sous les doigts justes parfaits d’Aline Piboule : des images juste magiques de Guernesey, après Victor Hugo, ses dessins et ses écrits (1855-1870) et « La Mer » (1903-1905) de Claude Debussy…« … – m’a assez évidemment conduit à me procurer au plus vite le précédent CD de cette merveilleuse pianiste – née en 1980 – , le CD Harmonia Mundi HMM 902505 « Gabriel Fauré – Nocturnes & Barcarolles«  – enregistré à Paris en décembre 2023, et paru en 2024 pour célébrer en pure beauté (!) l’anniversaire des 100 ans du décès de Gabriel Fauré (1845 – 1924)… – , que j’avais laissé passer à sa parution…

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    Et à nouveau pur émerveillement d’un tel talent de justesse aussi merveilleusement sensible et à un tel degré de perfection d’interprétation-incarnation de tels chefs d’œuvre, d’Aline Piboule…

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    Ce CD Fauré (de 62′ 20) comporte un choix de 7 Barcarolles (les n° 2, 4, 5, 9, 10, 12 et 13) et 4 Nocturnes (les n° 5, 11, 12 et 13),

    ainsi que l’ »Improvisation » Op. 84/5, qui ouvre le récital…

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    Enchantez-vous ici à celle-ci (2′ 00) : quel magique toucher !..

    Quel art simplissime d’évidence : la pureté même – sans rien qui pèse, ni qui pose…. – de l’improvisation notée à la volée par le compositeur,

    comme cela doit être, ensuite, en toute interprétation ré-itérative, au concert comme au disque…

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    Et c’est ici, à nouveau en ce précédent CD Fauré, parfait de rendu, sans le moindre effort perceptible de l’interprétation-incarnation par Aline Piboule à son piano, de la magique fraîcheur native de l’originaire composition, enthousiaste, fluidissime et simplissime – quelle merveille ! – , de Gabriel Fauré (1845 – 1924)…

    Comme dans la « Sarnia » de John Ireland (1879 – 1962), l’enchantement Fauré est bien là !

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    Sur ce miraculeux CD Fauré d’Aline Piboule,

    on peut lire aussi le bel article de Bénédict Hévry, sur ResMusica, en date du 3 janvier 2025 : « Le sublime et crépusculaire Fauré d’Aline Piboule sur piano Gaveau d’époque » – ainsi, éventuellement, que l’article de Jean-Charles Hoffelé, sur Discophilia, en date du 20 août 2024 : « Du côté sombre« , dont je ne partage pas, cette fois-ci, l’excessive impression, ici, de noirceur : ce sublime Fauré-ci d’Aline Piboule est au contraire proprement lumineux…

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    Ce samedi 11 avril 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un superbe récital « Fauré en héritage » (Fauré – Ravel – Schmitt – Aubert – Boulanger – Bonis – Roger-Ducasse – Enesco – Koechlin – Ladmirault) du brillant Gaspard Dehaene : une très séduisante musique française de piano, adorable, qu’il nous faut redécouvrir…

    C’est un superbe récital « Fauré en héritage » (Fauré – Ravel – Schmitt – Aubert – Boulanger – Bonis – Roger-Ducasse – Enesco – Koechlin – Ladmirault)  – qui comporte pléthore de superbes pièces de piano de 9 élèves de Gabriel Fauré (1845-1924)… – que le très brillant Gaspard Dehaene – né à Paris le 19 mai 1987, et fils aîné de l’excellente pianiste, elle aussi, Anne Queffélec… – vient nous offrir avec son très beau CD Mirare MIR 776 – enregistré à Dobiacco du 3 au 6 mars 2025 – ,

    ntitulé ainsi afin de nous bien faire ressentir à l’oreille ce que fut pour toute une génération, en France – Maurice Ravel (1875-1937) – Florent Schmitt (1870-1958) – Louis Aubert (1877-1968) – Lili Boulanger (1893-1918) – Mel Bonis (1858-1937) – Jean Roger-Ducasse (1873-1954) – Georges Enesco (1881-1955) – Charles Koechlin (1867-1950) – Paul Ladmirault (1877-1944) – , de « composer avec Fauré » – c’est là le titre des deux textes du livret du CD, de la plume, l’un de Gaspard Dehaene, et l’autre, de celle d’Isabelle Porto San Martin… – : Gabriel Fauré (Pamiers, 12 mars 1845 – Paris, 4 novembre 1924), professeur, à partir de 1896, de composition musicale au Conservatoire de Paris, dont il sera le directeur de 1905 à 1920…

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    Une très belle façon, et un peu originale, de rendre hommage, via ses brillants élèves, au grand maître, à l’occasion de la commémoration des 100 ans de sa disparition… 

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    Écoutez donc ici...

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    Un CD infiniment séduisant,

    et qui ouvre le mélomane discophile sur un bien beau répertoire, adorable (!), de piano de musique française, pas assez interprété de nos jours,

    et à redécouvrir…

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    Ce mardi 20 janvier 2026, Titus Curiosus -Francis Lippa