Étiquette : Gustav Leonhardt

  • Musiques de joie : la sublime jubilatoire sublimation du deuil brutal d’un ami : le « Tombeau » sur la mort de Monsieur Blancrocher, de Johann-Jakob Froberger, par Gustav Leonhardt, et/ou Bob van Asperen

    Bien sûr,

    il y a quelque part du paradoxe à ranger parmi les « Musiques de joie »
    le sublime Tombeau sur la mort de Monsieur Blancrocher, de Johann-Jakob Froberger
    (Stuttgart, 18 mai 1616 – Héricourt, 7 mai 1667) :
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    « Tombeau fait à Paris sur la mort de Monsieur de Blancheroche »,

    « lequel se joue fort lentement, à la discrétion, sans observer aucune mesure »…
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    Une mort survenue une soirée de novembre 1652 lors d’une chute dans un escalier, chez lui,
    et en la présence en personne de l’ami Froberger…
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    La joie, en effet paradoxale, vient de la sublimité de l’écriture musicale
    …
    _ « sans observer aucune mesure », si ce n’est celle de l’adéquation de la musique à l’intensité-profondeur de la peine éprouvée, et donc très simplement ad libitum, tant pour le compositeur que pour l’interprète _
    …
    pour se situer à la hauteur terrible de l’effroi du chagrin de la perte
    et de la soudaineté de l’accident.
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    À aussi sublime œuvre, donc, de la main du compositeur,
    doit tenter de répondre la hauteur et parfaite justesse _ sans boursouflure, ni maniérisme, forcément _ de l’interprétation…
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    Je viens de ré-écouter,
    pêchées dans le désordre honteux de ma discothèque 
    _ certains CDs me demeurant, malgré mes efforts, trop partiels encore, de rangement, encore cachés ; et par là inaccessibles _,
    deux interprétations magistrales, en leur diversité même, de Bob van Asperen,
    en 2000 et en 2004,
    dans le double CD AEolus titré « Le Passage du Rhin », CDs AE 10024, sur un clavecin original Ruckers,
    et dans le CD AEolus titré « Pour passer la mélancolie », CD AEolus 100745, sur un clavecin original Labrèche ;
    …
    et une, sublimissime, de Gustav Leonhardt,
    en 1997,
    dans le CD Sony Classical Weckmann –  Froberger Toccatas & Suites K 62732, sur un clavecin d’après un Ruckers de 1624.
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    Oui, un extraordinaire chef d’œuvre de musique jubilatoire, en effet,
    mise au défi de la plus profonde justesse d’inspiration du moment _ au concert, ou au disque _ de l’interprète.
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    De fait, c’est au concert, et à plusieurs reprises,
    à Bordeaux même,
    que j’ai découvert _ et goûté _ ce sublimissime Tombeau de Monsieur Blancrocher de Johann-Jakob Froberger,
    sous les doigts de braise de l’immense Gustav Leonardt
    _ s’Graveland, 30 mai 1928 – Amsterdam, 16 janvier 2012…
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    Ce vendredi 8 mai 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Musiques de joie : le très jubilatoire Messie de Haendel, tout simplement

    George Frideric Handel 

    (Halle-sur-Saale, 23 février 1685 – Londres, 14 avril 1759)
    est un grand hédoniste
    _ pas fondamentalement un mystique ;
    ainsi Gustav Leonhardt ne chérissait-il guère Haendel…
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    Et c’est assez à juste titre, probablement, que son œuvre la plus universellement reconnue
    est le très jubilatoire Messie,
    donné pour la première fois à Dublin, le 13 avril 1742.
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    J’ai choisi ici l’interprétation fervente et équilibrée des Arts Florissants
    sous la direction de William Christie,
    en décembre 1993,
    avec les solistes Barbara Schlick, Sandrine Piau, Andreas Scholl, Mark Padmore et Nathan Berg ;
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    soit le double album Harmonia Mundi HMG 501498.99.
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    Ce jeudi 7 mai 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • A Barbaste, Philippe Humeau raccroche le tablier

    Ce matin,

    sur le Site de Res Musica,

    et sous la signature de Alain Huc de Vaubert,

    un article signalant l’interruption des activités du facteur de clavecins de Philippe Humeau, à Barbaste :

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    Le facteur de clavecins Philippe Humeau raccroche le tablier

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    Que de magnifiques souvenirs des master classes 

    et des concerts de tant d’années

    _ Cf par exemple mon article  du 26 décembre 2008, quand j’évoque mon immense plaisir d’avoir entendu pour la première fois, en la petite église du hameau de Lausseignan, une œuvre d’Evaristo Felice D’all’Abaco (1675 – 1742) : il s’agissait de la sonate n°11 de l’opus 3, pour 2 flûtes à bec, flûte traversière, violoncelle et 2 clavecins ; et le concert avait eu lieu le dimanche 3 mai 1992 ; mon agenda en fait foi… _

    de Barbaste !

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    Le facteur de clavecins Philippe Humeau raccroche le tablier

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    Ce mercredi 16 octobre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le Bach de Benjamin Alard justement reconnu

    Ce jour,

    sur son excellent site Discophilia,

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    Jean-Charles Hoffelé nous donne un bel article

    intitulé JSB : univers claviers 

    àpropos des deux premiers coffrets de CDs 

    que Benjamin Alard consacre à l’intégrale _ qui débute _ des œuvres pour claviers _ au pluriel ! _

    de Jean-Sébastien Bach,

    chez Harmonia Mundi.

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    Et rejoint en quelque sorte les articles que j’ai mis en ligne ici même

    en hommage à ce superbe travail musical et discographique en cours :

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    le 13 avril dernier :

    le 22 avril 2018 :

    le 30 mars 2018 :

    le 19 février 2012 :

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    Voici donc l’article de ce jour de Jean-Charles Hoffelé :

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    JSB : UNIVERS CLAVIERS

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    Les grands anciens, Helmut Walcha, Gustav Leonhardt, détestaient l’idée de spécialisation dans leur pratique instrumentale. Ils se proclamaient claviéristes, à l’aise aux buffets des orgues comme devant l’univers secret du clavecin. Benjamin Alard a toujours procédé comme eux, fait plutôt rare dans sa génération où côté baroque, les clavecinistes l’ont emporté sur les organistes _ Benjamin Alard n’a-t-il pas débuté son travail de claviériste sur l’orgue d’Arques-la-Bataille ?

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    Mais s’engageant chez J. S. Bach, qui depuis ses débuts est l’objet de son art, il savait bien que les deux instruments étaient inséparables, mieux, que la pensée de Bach comme son style ne se trouvaient complets qu’à condition de toucher l’orgue comme le clavecin.

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    L’idée est donc d’enregistrer tout ce que Bach composa pour les claviers. Long périple commencé _ ici, du moins, pour ces enregistrements pour Harmonia Mundi… _ dans l’Église Sainte-Aurélie de Strasbourg en mai 2017 sur le magnifique Silbermann que l’on sait, et qui suivrait la chronologie.

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    Le premier volume est empli des audaces du jeune virtuose, Benjamin Alard y déployant des trésors de musicalité qui soulignent la spiritualité des premiers opus en les contrastant avec les œuvres de ses contemporains qui furent ses modèles, Pachelbel, les aînés de la famille Bach, Frescobaldi (comme il joue la merveilleuse Bergamasca !), Böhm évidemment, inspirateur des Chorals de son temps de Lunebourg où les lignes se simplifient, le style s’épure et qu’Alard joue avec une clarté magique _ absolument !

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    Mais le plus beau CD – les œuvres obligent – du premier volume reste le troisième, où s’alternent le très flûté clavecin d’Emile Jobin d’après Ruckers, et le Silbermann. Clou du disque, et de tout l’album, à l’orgue le Capricio sopra la lontananza del suo fratello diletissimo, merveille de poèsie qu’on entend trop rarement sur cet instrument si propice à en propager les mélancolies, et où le jeune homme retrouve la nudité émue du discours qu’y tenait au clavecin Gustav Leonhardt. _ et c’est un compliment amplement mérité !..
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    Le second volume de ce voyage initiatique vient de paraître _ voilà. Adieu le Silbermann de Sainte-Aurélie, pour les débuts de la grande pérégrination hanséatique de J. S. Bach, de Lübeck à Hambourg, Benjamin Alard a choisi l’instrument de Saint-Vaast de Béthune (Freytag-Tricoteaux d’après Arp Schnitger), mais aussi un clavierorganum _ en effet.

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    Pas de clavecin, Bach est alors tout à ses orgues. Quatre CDs où se met en place _ oui _ l’univers Bach dans une plénitude lumineuse, Benjamin Alard interrogeant les textes, les jouant avec un naturel confondant _ oui _, musique du quotidien qu’élève son jeu d’une haute spiritualité _ c’est très juste. Hors Bach, une merveille : la grande Fantaisie sur le choral « An Wasserflüssen Babylon » de Johann Adam Reinken. _ un génie bien trop méconnu des mélomanes, en dépit de quelques trèss beaux CDs. Et il retrouve, comme sur le premier volume, le soprano très « knaben » de Gerlinde Sämann pour les chorals chantés _ et un charme très prenant opère à plein…

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    Juste un bémol : pour le flamboiement de ces années hanséatiques, les quatre disques du second volume auraient gagné à varier les instruments, et peut-être justement en allant physiquement sur les traces de Bach, à Hambourg ou Lübeck, quitte à franchir la frontière danoise comme le fit jadis Marie-Claire Alain.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Johann Sebastian Bach(1685-1750)
    L’œuvre intégrale pour claviers
    Vol. 1 : Le jeune héritier

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    Pièces de Johann Michael Bach (1648-1694), Girolamo Frescobaldi (1583-1643), Johann Christoph Bach (1642-1703), Johann Kuhnau (1660-1752), Georg Böhm (1661-1733), Johann Jakob Froberger (1616-1667), Johann Pachelbel (1653-1706), Louis Marchand (1669-1732), Nicolas de Grigny (1672-1703) & Johann Sebastian Bach (1685-1750)

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    Benjamin Alard, orgue, clavecin
    Un coffret de 3 CD du label harmonia mundi HMC 902450.52
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    Johann Sebastian Bach
    L’œuvre intégrale pour claviers
    Vol. 2 : Vers le Nord

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    Pièces de Dietrich Buxtehude (1637?-1707), Johann Pachelbel (1653-1706), Johann Adam Reinken (1643?-1722) & Johann Sebastian Bach (1685-1750)

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    Benjamin Alard, orgue
    Un coffret de 4 CD du label harmonia mundi HMC 902453.56
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    Photo à la une : l’organiste et claveciniste Benjamin Alard – Photo : © DR

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    Enchantement à suivre !!!

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    Ce lundi 17 juin 2910, Titus Curiosus – Francis Lippa