Étiquette : Gustav Leonhardt

  • Enfin un CD Frescobaldi idéalement accompli ! par Christophe Rousset

    Jusqu’ici, nul CD Frescobaldi

    _ pas même par la grâce de l’immense Gustav Leonhardt ! _

    ne m’avait véritablement satisfait !

    …

    de lui, Girolamo,

    le maître (1583 – 1643) vénéré de tant de compositeurs merveilleux

    _ à commencer par Johan Jakob Froberger (1616 – 1667)…

    …

    …

    Eh bien ! le maléfice vient de se rompre,

     

    …

    au moins pour ma satisfaction personnelle ! _ je commençais à désespérer gravement… ;

    ou bien était-ce moi-même qui me révélais incapable de pouvoir apprécier sa musique !!! _

    …

    avec le CD Aparté AP 202  de Christophe Rousset

    interprétant les Toccate e partie d’intavolatura di Cimbalo, libro primo

    (de 1615, mais données ici dans la version de 1637),

    …

    sur un clavecin original anonyme de la fin du XVIe siècle,

    remanié par Rinaldo de Bertonis, en 1736…

    …

    …

    Tout enfin, ici, coule et chante de source…

    …

    …

    Ce dimanche 28 avril 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Gustav Leonhardt transcripteur, pour le clavecin, des Sonates et Partitas pour violon et des Suites pour violoncelle de Johann Sebastian Bach

    Le claveciniste italien Roberto Loriggian nous propose

    en un album Brilliant 95757

    de 3 CDs

    …

    les transcriptions pour clavecin

    des 3 Sonates et 3 Partitas pour violon seul (BWV 1001, 1002, 1004, 1005, 1006 et 1010)

    ainsi que de 2 des Suites pour violoncelle  seul (BWV 1011 et 1012)

    réalisées par Gustav Leonhardt (30 mai 1928 – 16 janvier 2012).

    …

    Voici un article de présentation de ce triple album

    sous la plume de Bertrand Abraham :

    …

    …

    Qu’est Gustave Leonhardt comme transcripteur ? : d’abord un continuateur prolongeant le geste de Bach, qui lui-même re-destinait une pièce à un ou d’autres instruments, ou en faisait la matière d’une autre œuvre. L’illustre Néerlandais s’inscrit donc à plein dans la tradition baroque ; son « approche » de ce qui était « scriptible » au XVIIIe saisit, au-delà, les particularités intimes de la « langue-Bach ». Tâche ardue et humble — Leonhardt copiait à la main ses transcriptions. C’est aussi un « révélateur » (au sens photographique) : il développe ce qui était en sorte déjà-là car l’écriture « solo » implique et présuppose une écriture à plusieurs voix : tel Socrate, il accouche celle-ci de ce dont elle a toujours été grosse, la dévoile à elle-même, et ce faisant, tisse par ses transcriptions une gigantesque toile où s’instaurent de nouvelles relations à l’intérieur de l’Œuvre, qui court-circuitent les catégories établies. Ceci sans faire du clavecin le convertisseur universel et idéal des œuvres transcrites, qu’il prend simplement dans un « autre prisme ». Il ne s’agit pas de chercher un refoulé ou une vérité enfouie, mais de donner au texte un autre écrin. En « exposant » autrement l’œuvre. C’est aussi un pédagogue : il donne à re-découvrir après-coup, l’original dans sa nudité. Interprétation magistrale de ces pages par Roberto Loreggian, dans l’esprit même où elles ont été conçues. Cependant, une prise de son avec une forte réverbération pourrait empêcher certains auditeurs de profiter au mieux de l’interprétation. (Bertrand Abraham)

    …
    …

    Une réalisation intéressante.

    …

    Pour les curieux.

    …

    …

    Ce lundi 11 février 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Nouvel accord sur Reincken… et sur Clément Geoffroy…

    Le 17 octobre dernier, il y a tout juste dix jours,

    j’exprimai mon double enthousiasme

    en mon article  

    tant à l’égard d’un étonnant merveilleux compositeur incroyablement méconnu,

    Johann Adam Reincken (1643 – 1722),

    que vis-à-vis d’un très brillant jeune claveciniste, Clément Geoffroy, son interprète,

    …

    pour un superbe CD produit par L’Encelade,

    le CD Johann Adam Reincken : Toccatas, Partitas & Suites,

    ECL 1705.

    …

    …

    Eh bien,

    voici que sur son site,

    Discophilia, les chroniques de Jean-Charles Hoffelé,

    et en date du 22 octobre dernier,

    …

    celui-ci,

    toujours très avisé,

    émet un commentaire assez voisin

    à propos de ce très brillant disque :

    …

    LE CLAVECINISTE DU TABLEAU

    …

    …

    Jugez-en donc :

    …

    …

    LE CLAVECINISTE DU TABLEAU

    …

    …

    L’Hortus Musicus, quelques pièces de clavecin, trois pièces d’orgue, voilà tout ce que nous aura laissé durant sa longue existence (quatre-vingt-deux ans) Johann Adam Reincken, le claveciniste qui vous regarde droit dans les yeux au centre de la célèbre toile de Johannes Voorhoust que l’on peut admirer au musée de Hambourg. Buxtehude joue de la viole à ses côtés et le berce d’un regard extasié. Quelle merveille que cette allégorie de la musique ! et comme les pièces sereines et tendres, majestueuses et solaires qu’assemble Clément Geoffroy dans ce très bel album y sont bien assorties.

    …

    Le style français _ celui des Suites _ n’est jamais très loin dans ces musiques savantes qui ne renoncent pourtant jamais aux charmes, Reincken est un sensuel d’abord, ce que donne particulièrement à entendre le jeu vif et coloré de Clément Geoffroy qui envole le clavier du très piquant Emile Jobin d’après Ruckers, quel clavecin ! Idéal pour ces musiques où la danse le dispute aux toccatas et aux fugues.

    …

    D’avoir enfin tout un disque consacré à ce mince corpus que Gustav Leonhardt ou Carole Cesari n’avaient qu’effleuré permet de prendre la mesure de son importance _ oui ! _, la variété de ses affects, l’intelligence suprême de son harmonie qui fit attribuer la Toccata en la majeur à Purcell : une telle grâce dans l’éloquence pouvait prêter à confusion autant que la publication de l’œuvre dans un recueil anglais.

    …

    Johann Sebastian Bach savait bien l’importance de ce musicien pour les musiciens, il admirait son œuvre et avait transcrit au clavecin pour son usage domestique le Praeludium en ut majeur entre autres pièces tirées de l’Hortus Musicus.

    …

    Je ne peux plus quitter ces musiques brillantes et profondes, si subtilement et allégrement jouées par ce jeune claveciniste dont j’avais déjà admiré le premier album chez le même éditeur, courrez-y et commencez par la plage 14, ce Holländische Nachtigall au naturalisme délicieusement astringent.

    …

    …

    LE DISQUE DU JOUR

    Johann Adam Reincken(1643-1722)
    Toccata en la majeur
    Ballett, Partite diverse
    Suite en la mineur
    Toccata en sol mineur
    Fugue en sol mineur
    Praeludium en ut majeur
    Suite en ut majeur
    Holländische Nachtigahl
    Die Meierin. Partite diverse

    Clément Geoffroy, clavecin

    …
    …

    Un album du label L’Encelade ECL1705
    …

    …

    Photo à la une : © DR

    …

    …

    Ce jeudi 25 octobre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • A propos du double album « Nouvelles Suites » de Louis Couperin, par Christophe Rousset

    Pour prolonger

    beaucoup plus substantiellement

    mon bien trop bref aperçu _ un simple signal de parution _ du 5 septembre dernier

    …

    sur le double CD Nouvelles Suites (Harmonia Mundi HMM 902501.02) 

    que Christophe Rousset vient de consacrer au merveilleux Louis Couperin (1626 – 1661),

    …

    compositeur que je porte au pinacle de toute la musique française,

    …

    …

    voici le très bon article Nouvelle Suites de l’autre Couperin, par Christophe Rousset

    que Jean-Charles Hoffelé consacre ce jour à ce double album

    sur le site de Res Musica :

    …

    …

    NOUVELLES SUITES DE L’AUTRE COUPERIN, PAR CHRISTOPHE ROUSSET

    …

    Louis Couperin (1626-1661) : Onze Nouvelles Suites de clavecin.

    Christophe Rousset, clavecin.

    2 CD Harmonia Mundi.

    Enregistré à la Cité de la musique en janvier 2018.

    Livret en français et en anglais reproduisant un grand entretien avec Christophe Rousset et Jean-Claude Battault.

    Durée : 120:26

    …

    Couperin Nouvelles Suites Rousset HM

    …

    Le clavecin du grand Louis : Christophe Rousset exhausse l’art de Louis Couperin sur un instrument idéal.

    …

    Voici neuf ans Christophe Rousset abordait aux rives passionnées de la musique de Louis Couperin, alternant pour le label Aparté foucades et pointes sèches sur un beau Louis Denis de 1658, prétexte à un double album où l’instrument suscitait le répertoire. C’est encore  les noces d’un clavecin historique et d’une musique que célèbre ce nouvel enregistrement.

    En entendant Le Moutier de la Suite en Ut, on comprend que le splendide Couchet du Musée de la Musique est idéalement destiné au répertoire du XVIIe siècle, affaire de sonorité, qu’épice sa tierce pure, qui donne de ces musiques une autre image harmonique, plus roide.

    …

    Comme tous les interprètes du Grand Louis, Rousset a dû constituer ses propres suites, puisque les pièces nous sont parvenues en ordre dispersé _ voilà. Il les assemble logiquement par famille tonale, et soudain ce sont des univers particuliers _ on ne peut plus singuliers, en effet _ qui surgissent. Le génie _ voilà !!! _ de Louis Couperin aura été d’introduire dans une pratique du clavecin encore fortement influencée par l’art des luthistes _ oui _ une puissance expressive qui passe par une harmonie astringente. Rousset la fait entendre dans toute sa sauvage audace, aidé par ce clavecin impérieux, mais il souligne plus encore le goût du compositeur pour les grandes architectures, pour les gestes amples où parait un baroque à la fois sévère et fastueux.

    …

    Les fameux Préludes non mesurés où éclate le génie expressif du compositeur sont empoignés, déclamés, exposés, littéralement ils projettent les Suites dans de nouveaux univers d’expression comme de nature sonore. Sans négliger la fantaisie d’une Blandine Verlet, le ton âpre, le jeu visionnaire et roide que Rousset accorde à son instrument vont plus loin dans le théâtre de ce génie du baroque français, trop éclipsé _ faute de mieux connaître cette musique de Louis Couperin _ par son neveu François. Il faudrait un second volume pour qu’encore une fois cette adéquation parfaite résonne.

    …

    …

    Voilà.

    …

    …

    Mais on ne manquera pas de revenir

    aussi

    aux merveilleuses interprétations que donna,

    et à diverses reprises

    _ Philips, 1988, DHM 1999, Philips 1992, Alpha 2007, tout particulièrement ;

    et j’en oublie probablement pas mal d’autres… _

    de ces œuvres de Louis Couperin,

    …

    l’immense Gustav Leonhardt.

    …

    …

    Ce jeudi 18 octobre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa