Étiquette : idiosyncrasie

  • Jean-François Dandrieu (1681 – 1738) : l’élégance radieuse et tendrissime du Baroque français, par Jean-Baptiste Robin aux Grandes Orgues de la Chapelle Royale de Versailles

    Après un très beau CD Jean-François Dandrieu Pièces de caractère,

    par Marouan Mankar-Bennis, au clavecin 

    _ un CD Encelade ECL 1702 ;

    cf mon article du 22 mai 2018 : … _,

    en des œuvres extraites de ses trois grands Livres de Clavecin (de 1724, 1728 et 1734),

    …

    et un superbe _ éblouissant ! quelle découverte ! _ CD Opus 1 de Dandrieu (et Corelli),

    soit les 6 Sonates en trio de Jean-François Dandrieu, publiées _ ce fut sa première œuvre à l’être _ en 1705

    _ soit le CD Alpha 542 ;

    cf l’article très élogieux de mon blog le 16 août 2019 : … _,

    par Le Consort

    _ constitué de Théotime Langlois de Swarte, Sophie de Bardonnèche, Louise Pierrard, Hanna Salzenstein et Justin Taylor,

    un merveilleux ensemble ! _,

    …

    …

    voici que nous arrive

    un merveilleux (!) CD Dandrieu Magnificats,

    sur les Grandes Orgues de 1710 de la Chapelle Royale de Versailles,

    par l’organiste titulaire de cet orgue, Jean-Baptiste Robin

    _ soit le CD Château de Versailles Spectacles CVS 023

    (intitulé Volume 1 !) _ :

    …

    pour nous faire pénétrer en toute beauté

    l’idiosyncrasie ravissante _ quelle sublime tendresse ! _

    de ce magnifique compositeur (Paris, 1681 – Paris 17 janvier 1738)

    du premier tiers

    de l’élégantissime Baroque français.

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    Un pur ravissement !
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    Ce samedi 4 janvier 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    Je rejoins ici l’article fouillé et justissime de Frédéric Muñoz

    le 29 décembre dernier sur le site de Res Musica,

    intitulé Premier volet Dandrieu par Jean-Baptiste Robin à Versailles :

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    Premier volet Dandrieu par Jean-Baptiste Robin à Versailles

  • Comment interpréter Gesualdo et son irradiante singularité ?..

    Carlo Gesualdo da Venosa

    (Venosa, 8 mars 1566 – Gesualdo, 8 septembre 1613)

    est un de mes compositeurs préférés !

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    …

    Mais combien sont rares les interprétations de ses œuvres

    vraiment satisfaisantes

    _ et réellement idiosyncrasiques ?..

    …

    …

    Longtemps, de ses six livres de Madrigaux,

    ne m’a exclusivement agréé

    que l’interprétation du Quintetto Vocale italiano, d’Angelo Ephrikian

    _ avec les chanteurs Karla Schlean (soprano), Clara Foti (mezzo-soprano), Elena Mazzoni (contralto), Rodolfo Farolfi (ténor), Gastone Sarti (baryton) et Dimitri Nabokov (basse).

    …

    …

    Puis,

    m’a beaucoup plu _ voire même comblé ! _,

    livre à livre,

    celle de La Compagnia del Madrigale,

    pour les livres 6, 3 et 2

    _ de même, d’ailleurs, que la totalité de leurs CDs : chaque fois, une extase…

    Les chanteurs en sont Rossana Bertini, Francesca Cassinari (sopranos), Elena Carzaniga (alto), Giuseppe Maletto, Raffaele Giordani (ténors) et Daniele Carnovich (basse). 

    …

    …

    Alors que m’horripilaient

    toutes les autres interprétations,

    tout particulièrement du fait de la non-italianité criante des chanteurs.

    …

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    Alors quand est paru,

    le 28 novembre dernier,

    l’article de Jean-Charles Hoffelé sur son blog Discophilia

    intitulé D’amour à mort,

    …

    ai-je été quasi blessé

    de la chronique très négative _ et non argumentée ! _

    portée par ce critique que j’apprécie beaucoup en général

    à l’égard

    et de La Compagnia del Madrigale,

    et de leur CD du 2e livre de Madrigaux de Carlo Gesualdo ;

    …

    notamment par la comparaison faite par Hoffelé

    avec le double album

    que les Arts Florissants, dirigés par Paul Agnew

    _ avec les chanteurs Miriam Allan et Hannah Morrison (sopranos), Lucile Richardot et Mélodie Rubio (contraltos), Sean Clayton (ténor), Edward Grint (basse) et Paul Agnew lui-même (ténor) _,

    ont consacré aux Livres 1 et 2 des Madrigaux de Gesualdo !

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    …

    D’AMOUR À MORT

    La Compagnie del Madrigale s’est lancée voici quelques années dans une intégrale toujours en cours _ manquent encore les livres 1, 4 et 5 _ des Madrigaux de Gesualdo, je croyais l’entreprise salutaire _ certes ! _, après tout on n’avait pas vraiment d’alternative au geste expressionniste _ oui, éblouissant ! _ déployé par Angelo Ephrikian et ses chanteurs qui avaient enregistré dans des conditions difficiles la version princeps de l’ensemble des Livres.

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    Hélas, les nouveaux venus faisaient bien pâle figure _ ah ! non !!! _ et ce dès le premier disque, étrange que Glossa n’ait pas préféré confier une entreprise si périlleuse à La Venexiana _ tellement décevante, elle, depuis le départ de ses membres qui allaient fonder La Compagnia del Madrigale… Quel ensemble pourrait concilier le style musicologiquement juste avec l’expression si intense _ oui _ devinée _ oui _ par la petite troupe dépareillée d’Ephrikian ?

    …

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    Une divine surprise m’attendait à la poste dans une enveloppe d’harmonia mundi, un joli double album qui semble le premier volume d’une intégrale des six Livres selon Les Arts florissants emmenés par Paul Agnew.

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    Leur parcours Monteverdi m’avait bluffé _ pas moi ! _ ; dès Baci, soavi, e cari qui ouvre le Libro primo, les mots éclatent, assaillant les notes _ c’est vrai _ ; les affects brillent ; tout le feu du baroque italien exalte _ oui _ les couleurs et les accents de ces six voix, faisant résonner cette alliance coupante comme une pointe de diamant entre le mot et la note qui donne à la musique de Gesualdo ses vertigineuses _ en effet ! _ propriétés expressives. Car ici les mots dansent, dans la clarté aveuglante qu’impose Paul Agnew conduisant de son ténor ces efflorescences de sons.

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    Admirable, jusque dans la sensualité trouble de bien des pages qui ne sont pas sollicitées _ artificiellement _ mais simplement exposées dans leurs singulières harmonies _ oui. Lorsque l’on sait qu’à mesure que les Livres s’accumulent, cette langue si libre se radicalise encore _ oui _, je peine à me dire qu’il faudra attendre les prochains volumes, je les voudrais tous pour m’immerger enfin dans ce corpus de chefs-d’œuvre _ assurément ; et sans postérité.

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    LE DISQUE DU JOUR

    Carlo Gesualdo (1566-1613)
    Madrigaux à 5 voix, extraits des “Libro primo” et “Libro secondo”

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    Les Arts florissants
    Paul Agnew, direction

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    Un album de 2 CD du label harmonia mundi/Les Arts florissants HAF8905307.08
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    Photo à la une : le ténor et directeur des Arts florissants – Photo : © DR

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    J’avais renâclé à me procurer ce double album des Arts Flo (et Paul Agnew), redoutant un certain défaut d’italianité de leur part…

    …

    J’ai bien voulu cependant tenter l’expérience…

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    Et n’ai pas été déçu, bien au contraire,

    d’avoir écouté le conseil de Jean-Charles Hoffelé.

    …

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    Même si je ne change _ pas du tout ! _ d’avis sur La Compagnia del Madrigale !

    …

    Je dirai simplement que

    du Livre second des Madrigaux de Gesualdo,

    …

    nous disposons là

    de deux interprétations qui diffèrent

    quant à leur regard sur le parcours même de création du compositeur :

    …

    entre la tonalité des œuvres de la période de Ferrare (1594 – 1596),

    pour les quatre premiers Livres,

    et celle de la période de Gesualdo (1611 – 1613),

    pour les deux derniers _ sublimissimes…

    …

    La Compagnia del Madrigale se refusant, elle, à interpréter les premiers Livres de Madrigaux de Gesualdo

    de la manière qui conviendra aux deux derniers…

    …

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    Quant à l’appréciation de Jean-Charles Hoffelé

    sur la valeur des précédents CDs de La Compagnia del Madrigale

    _ leurs merveilleux et magiques Monteverdi (les Vespro), Marenzio (les livres 1 et 5 de Madrigaux), De Rore (Vieni, dolce Imeneo)

    et l’album Orlando furioso : madrigaux composés sur des poèmes de l’Arioste… _,

    je ne la partage _ ni ne comprends _ pas du tout !!!

    …

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    À quoi peut donc tenir cette exécration musicale ?

    Je me le demande bien…

    …

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    Ce jeudi 5 décembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Pierre Hantai : le connaisseur approfondi du monument considérable des Sonates de Domenico Scarlatti _ une réincarnation du génie musical du compositeur

    Le CD Scarlatti. Sonates/6 de Pierre Hantaï

    _ le CD Mirare  MIR422 _,

    avec les 17 nouvelles sonates de Domenico Scarlatti (1685 – 1757)

    qu’il nous offre,

    …

    est non seulement une nouvelle merveille discographique pour l’interprétation de la musique de ce compositeur vraiment extraordinaire,

    …

    mais un apport irremplaçable,

    de la part de Pierre Hantaï lui-même

    _ du fait de la profondeur de l’expérience acquise auprès de son arpentage minutieux (et génial !), année après année, des 555 Sonates en question _,

    à la connaissance fouillée de cet étrange monument

    _ en l’absence d’indications laissées par le compositeur lui-même, en accompagnement de ses Sonates (à la notable exception des 30 publiées (avec soin) par le compositeur à Londres en 1738, sous le titre d’Essercizi… _

    que constitue le presque massif de ces 555 Sonates,

    …

    par la note très détaillée _ signée de Pierre Hantaï _ qui nous est proposée aux pages 7 à 9 du livret,

    sous le titre _ éminemment modeste _ de Quelques remarques sur la chronologie de l’œuvre de Scarlatti.

    …

    Pierre Hantaï y reprend et développe des analyses et constatations commencées à donner par lui-même dans les déjà très précieux livrets de ses précédents CDs scarlattiens :

    …

    C’est peu à peu et lentement en son œuvre, en effet, que la musique de Scarlatti s’épanouit et laisse de mieux en mieux éclater son irradiant génie _ qu’un Chopin (1810 – 1849) aura bien su relever et noter, comme le souligne Pierre Hantaï.

    …

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    Pierre Hantaï, à la page précédente du livret, page 6, n’aura pas manqué d’étayer sa thèse d’une rencontre parisienne, « au printemps 1724, puis à l’été 1725 » entre Domenico Scarlatti et Jean-Philippe Rameau (1683 – 1764)

    _ avec, à l’appui de ce fait, l’usage, par Rameau, de quelques brillantes et idiosyncrasiques innovations scarlatiennes, dans L’Egyptienne, La Poule ou Les Trois mains…

    Alors que Scarlatti, en sa sonate K 547, « intègre à profusion le fameux thème des Cyclopes » de Rameau…

    …

    …

    Nul n’est besoin de préciser, en sus, que le génie de Domenico Scarlatti brille de mille feux sous les doigts merveilleux _ sans virtuosité gratuite ! _ de Pierre Hantaï en cette nouvelle pierre d’hommage au compositeur.

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    Comme si Domenico Scarlatti avait trouvé en Pierre Hantaï une incarnation nouvelle de son génie musical multiforme…

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    Ce vendredi 13 septembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le violoncelle dynamique du magnifiquement sympathique Gary Hoffman : un interprète merveilleux de vie !

    La semaine du 25 février au 1er mars,

    …

    c’est avec un très vif plaisir

    que j’ai pu suivre la très intéressante interview _ en cinq journées _,

    par Judith Chaine,

    en l’émission Les Grands Entretiens, sur France-Musique,

    du magnifiquement sympathique violoncelliste Gary Hoffman :

    …

    « Mon identité est liée à la musique« 

    « Les Hoffman, ils sont tous musiciens !« 

    « Bien jouer, je ne sais pas ce que ça veut dire« 

    « Il y a certaines choses qu’on ne peut pas vivre en-dehors de la scène« 

    et « Jouer les Suites de Bach, rien de plus effrayant« .

    …

    …

    Par lui, Gary Hoffman,

    je disposais surtout du magnifique CD ladolcevolta LDV35

    des deux Sonates pour piano et violoncelle de Johannes Brahms,

    avec l’excellente Claire Désert au piano.

    …

    Et je me suis procuré depuis

    le CD ladolcevolta LDV42

    de Schelomo, rhapsodie hébraïque pour violoncelle et orchestre, d’Ernest Bloch,

    et le Concerto pour violoncelle, d’Edward Elgar,

    avec l’Orchestre Royal Philharmonique de Liège, dirigé par Christian Arming.

    …

    C’est très beau !

    …

    …

    Et je me mettrai en chasse du CD

    de l’intégrale de l’œuvre pour violoncelle de Felix Mendelssohn

    _ un musicien que je vénère ! _,

    le CD ladolcevolta  LDV05,

    avec son compère pianiste David Selig.

    …

    …

    Des univers musicaux

    assurément bien différents,

    …

    mais tous interprétés _ en leur idiosyncrasie _ avec un merveilleux naturel,

    le plus vivant _ et juste ! _ qui soit !

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    …

    Rendons leur grâce !

    …
    …

    Ce dimanche 10 mars 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa