Étiquette : interprétation

  • Une nouvelle brillantissime pépite du très épatant ténor Cyrille Dubois : un superbissime récital de mélodies françaises avec orchestre, le CD « So Poétique ! « avec le Brussels Philharmonic dirigé par un excellent Pierre Dumoussaud. Un trésor de plus que ravissantes découvertes de l’art français du chant entre 1870 et 1914…

    Quelle épatante découverte (!) que ce superbissime récital de mélodies françaises avec orchestre du décidément toujours magnifique Cyrille Dubois , le CD Alpha 1214 « So Poétique ! « – enregistré à Bruxelles 31 mars au 4 avril 2025 – , avec le Brussels Philharmonic dirigé par un excellent Pierre Dumoussaud, et avec l’efficace collaboration du Palazzetto Bru-Zane, qui permet à Alexandre Dratwicki, son directeur artistique, d’offrir un remarquablement éclairant « La Mélodie avec orchestre au XIXe siècle« , aux pages 8 à 11 du livret de ce très important CD, apport très riche à l’histoire de l’art du chant français, en un pan encore bien trop méconnu de son histoire…

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    Ce CD « So Poétique ! « constitue comme une suite au CD Alpha 924 « So Romantique !«  – enregistré à Lille, avec l’Orchestre National de Lille placé également sous la direction de Pierre Dumoussaud, au mois de juillet 2021 – , consacré à un récital d’airs extraits d’Opéras français créés entre 1825 et 1913, et auquel j’avais consacré, le 19 mars 2023, mon article « Cyrille Dubois, ténor de grâce, dans le très riche et délicieux CD « So romantique ! » d’airs d’opéras romantiques français à re-découvrir et goûter : un régal…« …

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    Cette fois-ci, il s’agit d’un récital non pas d’airs de grands opéras, mais bien de mélodies, au caractère intimiste (« une musique intime, subtile, souvent introspective« ), mais dont « la version orchestrée se pare d’un nouveau raffinement, celui des couleurs instrumentales« , indique fort justement Alexandre Dratwicki, qui poursuit : « Le genre reflète alors un art de la suggestion : l’orchestre ne sert pas à amplifier la voix ou à souligner un drame théâtral, mais à évoquer une atmosphère, un paysage intérieur, à suggérer des images ou des impressions. D’où cette sensation de dentelle musicale tissée sur mesure autour du chanteur« .

    Un peu plus haut, Alexandre Dratwicki avait excellemment indiqué à propos de ce genre infiniment subtil de la mélodie française : « Ce genre est, dans son essence même, typiquement français. Il s’inscrit dans une longue tradition qui, depuis Lully – (1632 – 1687) et Philippe Quinault (1635 – 1688), son merveilleux librettiste, et, en amont, déjà, Michel Lambert (1610 – 1696), son beau-père, auteur d’admirables airs de cour… – , place le texte au cœur de l’œuvre vocale – et c’est évidemment fondamental ! Là où l’opéra italien privilégie la ligne mélodique et la virtuosité, et où la musique allemande, de Bach à Strauss, pousse la forme vers des architectures harmoniques grandioses et souvent monumentales, la tradition française reste fidèle à une sorte d’épure – ce point est en effet capital ! – : la clarté du sens, la lisibilité du vers, l’articulation du mot et son coloris émotionnel – voilà ! voilà ! – sont des priorités – consubstantielles à tout l’art français, rien moins, et son génie propre et éminemment singulier. C’est cette vision qui prévaut dans la mélodie française dès ses origines : une musique intime, subtile, souvent introspective« …

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    Et c’est en effet tout cela que sert si bien le toujours vraiment magnifique Cyrille Dubois – comme aussi ses confrères et ses consœurs « Sandrine Piau, Véronique Gens, Yann Beuron, Tassis Christoyannis, Hélène Guilmette, Thomas Dolié  » que cite, page 11 de ce livret Alexandre Dratwicki. « Des chanteurs – j’en apprécie en effet moi-même aussi la plupart – dont la sensibilité et la finesse d’interprétation s’accordent idéalement – oui ! – à la nature de ces œuvres. Ces interprètes venus de la mélodie avec piano et de l’exigence déclamatoire du baroque, trouvent dans l’orchestration un nouvel espace expressif  et une progression de carrière saine et sécurisante« .

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    Bref, un récital enthousiasmant de mélodies françaises avec orchestre du parfait Cyrille Dubois !

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    Et découvrez par exemple ici cette superbe vidéo (de 2′ 54) de la singulière et assez stupéfiante mélodie « Embarquez-vous ! » de Benjamin Godard (1849 – 1895) sur un poème d’Ulrich Guttinger (1787 – 1866), donnée à la plage 2 de ce si riche et passionnant CD, si brillamment interprété…

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    Ce dimanche 12 avril 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’intense beauté de la « Sarnia : An Island Séquence » (1940-1941), chef d’œuvre de John Ireland (1879 – 1962), sous les doigts justes parfaits d’Aline Piboule : des images juste magiques de Guernesey, après Victor Hugo, ses dessins et ses écrits (1855-1870) et « La Mer » (1903-1905) de Claude Debussy…

    C’est à la très intense beauté de la « Sarnia : An Island Séquence » (1940-1941), chef d’œuvre de John Ireland (1879 – 1962), que les doigts justes parfaits d’Aline Piboule nous font accéder en son magnifique CD Harmonia Mundi HMM 902776 « Archipel – Claude Debussy – La Mer – John Ireland – Sarnia  » – enregistré à Poitiers au mois de juillet 2025 – : des images proprement magiques de l’île anglo-normande de Guernesey, après Victor Hugo, en ses dessins et ses écrits de Guernesey (1855-1870) et Claude Debussy, en « La Mer » (1903-1905)…

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    Regardez et écoutez cette vidéo-ci (de 3′ 59)…

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    Ce jeudi 9 avril 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’étrange cas Johann-Joseph Fux (1660 – 1741) et les très inégales surprises du CD « If Music… » (Purcell – Handel- Fux – Bach) du contre-ténor Jakub Jozef Orlinski, avec le piano très inattendu ici de Michal Biel…

    D’une part,

    le compositeur autrichien Johann-Joseph Fux (Hirtenfeld, ca. 1660 – Vienne, 13 février 1741) constitue pour le mélomane que je suis, un cas tout à fait à part, celui d’un compositeur reconnu comme très important dans l’histoire de la musique et dans la Vienne impériale baroque, en même temps qu’un compositeur dont les interprétations-réalisations discographiques successives ne m’avaient étrangement jusqu’ici jamais convaincu, ni séduit.

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    Et d’autre part,

    voici que l’audition du tout récent CD Erato 5021732985316 « If Music… » (Purcell – Handel – Fux – Bach) – enregistré à Berlin du 1er au 6 décembre 2024 – du contreténor Jakub Josef Orlinski, avec le piano – mais oui ! – de Michal Biel, vient de me réserver diverses surprises très contrastées :

    _ une déception en son principal volet – de 9 plages du CD – Purcell : Purcell au piano, non, merci…

    _  une satisfaction, en revanche, en son volet – de 7 plages du CD – Haendel : il est vrai qu’il s’agit d’airs extraits des opéras (« Agrippina« , « Rodelinda« , « Serse« , « Rinaldo« , « Partenope« ) pour 6 d’entre eux, et d’un oratorio (« Semele« ) pour le 7e, qui conviennent mieux, même sans orchestre, à Jakub Jozef Orlinski…

    _  et une impressionnante révélation – et pour moi, c’est bien là le très surprenant sommet de ce disque ! – pour l’air profondément émouvant « Non t’amo per il ciel » de Fux, extrait de l’oratorio « Il Fonte della Salute, aperto della Grazia nel Calverio » – et alors même que ce sublimissime air du « peccatore contrito«  est ici accompagné par un piano (!) – ; dont l’interprétation, en 1999, par le contre-ténor Henning Voss dans le double CD cpo 999 680-2 « Il Fonte della Salute« , à la plage 16 du CD n°1, sous la direction de Martin Haselböck, ne m’avait pas du tout marqué, au point que je me demandais pourquoi un compositeur tel que Fux – l’auteur du très marquant « Gradus ad Parnassum«  ; cf mon article en date du 2 mars 2023 « La merveilleuse surprise d’un Jean Rondeau enfin justissime, et non hystérisé, en un magnifique programme « Gradus ad Parnassum », sur un superbe clavecin de Jonte Knif et Arno Pelto : de Palestrina à Debussy, en passant par Haydn, Mozart, Clementi et Beethoven, et bien sûr Fux, l’auteur du « Gradus ad Parnassum », en 1725 ; un miraculeux CD. Ou la révélation de ces oeuvres en leur absolu « naturel » par leur interprétation au clavecin…« … – jugé si important dans l’histoire de la musique, n’avait donné jusqu’ici que de récurrentes décevantes interprétations au disque …

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    Écoutez donc ici ce sublime bijou (de 8′ 42) de Johann-Joseph Fux

    en cette très émouvante interprétation de Jakub Jozef Orlinski accompagné par le piano de Michal Biel…

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    Ce mercredi 8 avril 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Royale, la reine Véronique Gens incarne superbement 8 reines tragiques (Atalante, Médée, Armide, Phèdre, Zaïde, Érinice, Circé, Déjanire) de 6 compositeurs de l’ Opéra baroque français, Jean-Baptiste Stuck, François-Joseph Salomon, Henry Desmarest, Jean-Philippe Rameau, Pancrace Royer et Antoine Dauvergne, en des oeuvres créées respectivement en 1709, 1713, 1722, 1733, 1739, 1749, 1760 et 1761 : un récital sublime d’incarnation…

    C’est vraiment royalement que la toujours magnifique Véronique Gens – Orléans, 19 avril 1966 – incarne 8 imposantes reines tragiques (Atalante, Médée, Armide, Phèdre, Zaïde, Érinice, Circé, Déjanire) du grand opéra baroque français, en l’occurrence « Méléagre » (1709), « Médée et Jason » (1713), « Renaud ou la Suite d’Armide » (1722), « Hippolyte et Aricie » (1733), « Zaïde reine de Grenade » (1739), « Zoroastre » (1749), « Canente » (1760) et « Hercule mourant » (1761), de 6 compositeurs du grand Opéra baroque français, qui sont Jean-Baptiste Stuck (1680 – 1755), François-Joseph Salomon (1649 – 1732), Henry Desmarest (1661 – 1741), Jean-Philippe Rameau (1683 – 1764), Pancrace Royer (1703 – 1755) et Antoine Dauvergne (1713 – 1797), en son superbe CD Alpha 1205 « Reines – Rameau – Dauvergne – Destouches « – enregistré à Metz du 30 mars au 1er avril 2025 – , avec l’Ensemble Les Surprises, sous la direction de Louis-Noël Bestion des Camboulas …

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    Et au passage je m’étonne que pour le titre de ce CD « Reines – Rameau – Dauvergne – Destouches« , a été choisi – par inadvertance ? et défaut de relecture ? – le nom d’André Cardinal Destouches (1672 – 1749), dont sont présents, aux plages 11 et 13 deux Airs pour les Sacrificateurs extraits de l’opéra « Callirhoé » (de 1712), mais dans lesquels n’intervient pas (!) Véronique Gens, à la place du nom d’Henry Desmarest (1661 – 1741), un compositeur merveilleux (!!), dont sont présents, extraits de son magnifique « Renaud ou la Suite d’Armide » (1722), 4 extraits, aux plages 7 à 10 du CD, dont 3 dans lesquelles Véronique Gens incarne, sublimement, son Armide… 

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    Et admirez ici cette vidéo (de 3′ 45) du sublime air de Phèdre « Quelle plainte en ces lieux m’appelle ? » de l’ »Hippolyte et Aricie » de Rameau, si magnifiquement incarnée ici par l’art de Véronique Gens…

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    Ce mardi 7 avril 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa