Étiquette : interprétation

  • Juste une oreille rapide au double CD « Forqueray – Intégrale des Pièces de Viole » de Myriam Rignol : un peu trop placide à mon goût…

    Mon affection-passion pour la musique française de l’époque dite baroque a fait que je me suis laissé tenter par le double CD Château de Versailles – Spectacles (n°12 de la collection « La Chambre des Rois« ) CVS 120 « Forqueray – Intégrale des Pièces de Viole » de Myriam Rignol, avec la complicité de Pau Marcos Vicens, Gabriel Rignol, Julien Wolfs, Lucile Boulanger et Mathilde Vialle…

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    qui, à l’écoute de ses 156′ 40, me laisse une impression de performance seulement anecdotique, sans véritable génie saisissant :

    que ce soit ceux des compositeurs de cette famille _ de plutôt turbulente réputation _, des Forqueray ;

    ou ceux des interprètes d’aujourd’hui...

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    À titre de simple information adjacente,

    voici ce qu’en a dit le 19 septembre dernier, en un article intitulé « Histoire de famille« ,  le bien bon Jean-Charles Hoffelé :

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    HISTOIRE DE FAMILLE

    Le père, le fils, le neveu. Chez les Forqueray, on aura saisi au cours des générations _ Antoine Forqueray (1671 – 1744), Jean-Baptiste Forqueray (1699 – 1782), Nicolas-Gilles Forqueray (1703 – 1761)…  _ toute l’évolution de la viole de gambe, de son apogée magnifié par le grand jeu d’Antoine, virtuose consommé victime de sa légende (de virtuose « diabolique« )… – dans son instructive note d’intention Myriam Rignol corrige le tir, je pense qu’elle ne le voit pas _ ce diabolique et sulfureux Antoine Forqueray _ si opposé à _ l’angélique rival _ Marin Marais – aux ariettes sans voix de Nicolas-Gilles en passant par les précis poétiques de Jean-Baptiste dont l’art se marie si naturellement à celui de son père à la façon des poupées gigogne.

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    Ajouts majeurs, les pièces à trois violes certainement du fils, où Myriam Rignol fait assaut de poésie et de caractère avec Mathilde Vialle et Pau Marcos Vicens.

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    La petite troupe varie à loisir les opus en les vêtant des cordes pincées du théorbe, de la guitare, du luth animés par Gabriel Rignol et du clavecin (Julien Wolfs). S’y ajoute parfois le dessus enchanteur de Lucile Boulanger, on tient enfin _ oui… _ tout ce que cette prodigieuse famille écrivit pour la grande caisse, dans des luxes de poésie, d’imagination, qui renouvellent une discographie relativement rare, préférant retrouver, par-delà les humeurs de Paolo Pandolfo, la lyrique un rien crépusculaire de Jordi Savall, ses tendresses maraisiennes, qui déjà éloignait le diable d’un art si noble.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Antoine Forqueray
    (1671-1744)

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    6 Pièces de viole

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    Nicolas-Gilles Forqueray(1703-1761)

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    Rondeau « que je regrette Papillon »
    Rondeau musette « N’espère plus jeune Lisette »

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    Jean-Baptiste Forqueray(1699-1782)

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    Allemande
    Courante
    Sarabande
    Pièces de viole avec la basse continue (1747 –
    d’après les pièces d’A. Forqueray)

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    Myriam Rignol, basse de viole
    Pau Marcos Vicens, basse de viole
    Gabriel Rignol, théorbe, luth, guitare baroque
    Julien Wolfs, clavecin
    Lucile Boulanger, dessus de viole
    Mathilde Vialle, basse de viole

    Un album de 2 CD du label Château de Versailles Spectacles CVS120
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    Photo à la une : la gambiste Myriam Rignol – Photo : © DR

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    Mais pour ce qui me concerne, en tout cas, je n’ai pas du tout été emballé par un peu trop de placidité de ces interprétations-ci :

    j’attends bien davantage de vie et d’élan, et surtout un petit grain supplémentaire de diabolique folie…

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    Ce dimanche 22 septembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • A tirer des larmes, un ultime double sublimissime CD Brahms (les Quatuors à cordes avec piano n° 2, Op. 26, et n° 3, Op. 60) avec Lars Vogt, qui nous pétrifie de bonheur musical…

    Comme pour compléter, et en musique s’il vous plaît !, mes articles «  » du 4 novembre 2023, et  «  » du 7 novembre 2023, qui tous deux mettent le doigt sur l’absolue fibre brahmsienne du piano de Lars Vogt,

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    ainsi que le salutaire récapitulatif «  » du 1er janvier 2024,

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    voici que l’excellent label Ondine nous fait l’inestimable et inattendu cadeau de publier encore, ce mois de septembre 2024, un double album ODE 1448-2D « Brahms – Piano Quartets N0s 2 & 4«  _ « Lars Vogt’s Last Recordings« … _ de Christian Tetzlaff, violon, Barbara Buntrock, alto, Tanja Tetzlaff, violoncelle, et Lars Vogt, piano,

    enregistrés,

    le n°2, Op. 26 en La Majeur, en studio à Brème, les 3 et 4 mars 2022 _ de cet Op. 26, écouter ici l‘Allegro non troppo (15′ 17), le Poco Adagio (11′ 14), le Scherzo – Poco allegro (11′ 14) et le Finale : Allegro (10′ 18)… _  ;

    et le n°3, Op. 60 en do mineur, Live à Heimbach, le 26 juin, au Festival ‘Spannungen’ qu’a fondé et que dirigeait de sa radieuse humanité le merveilleux Lars Vogt _ de cet Op. 60, écouter ici l’Allegro non troppo (9′ 51), le Scherzo – Allegro (4′ 20), l’Andante (4′ 57) et le Finale : Allegro comodo (10′ 24)… 

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    Et le temps a hélas manqué à Lars Vogt pour enregistrer aussi _ ne serait-ce que, lui aussi, en Live, mais Lars Vogt était trop épuisé en cette fin juin 2022 !.. _, avec ses très chers amis, si complices, Tetzlaff, le Quatuor avec Piano n°1, Op. 25 en sol mineur…

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    Voici donc de sublimissimes _ ultimes _ interprétations brahmsiennes de Lars Vogt _ quel idoine toucher !!! Et dans quel contexte personnel, et à Heimbach : c’est poignant et déchirant de parvenir à ce parfait jeu-là… _ et ses amis Tetzlaff _ du cancer dont il souffrait et qui finira par avoir raison de sa vitalité solaire, Lars Vogt, né à Düren le 8 septembre 1970, devait, en effet, décéder, à Erlangen, le 5 septembre 2022 ; soit 2 mois et 9 jours après cet ultime Brahms Live à Heimbach du 26 juin… _ qui nous tirent des larmes…

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    Brahms était probablement _ mais je n’ai que trop conscience, en affirmant cela, de dévaloriser si peu que ce soit ses sublimissimes aussi Schubert, Mozart, Mendelssohn… _ le compositeur idéal de Lars Vogt _ ré-écoutez ceci…

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    Le solaire piano de Lars Vogt _ et  jusqu’en les ultimes déchirements de son souffle vital indéfectiblement tendu, en son irréfragable élan, irrésistible, vers l’atteinte de l’essentiel… _, était bien l’incarnation _ et la trace qui demeure, tel un inépuisable legs de son infinie générosité… _ de la musique même…

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    Ce samedi 21 septembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un CD Boccherini décevant : le CD « Fandango – Boccherini – String Quintets », par la Ritirata de Josetxu Obregon…

    La déception que j’exprime ce soir à propos du CD Glossa GCD 923110 « Fandango – Boccherini – String Quintets » _ enregistré à Madrid au mois d’octobre 2023 _, par la Ritirata de Josetxu Obregon,

    bien tristounet _ regardez ici cette brève  vidéo (d’une durée de 1′ 36) du Quintette à cordes en Ré Majeur, Op. 40 No. 2, G. 341 : II. Tempo di Fandango… _,

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    est à la proportion du niveau de mon affection pour la musique de ce génie musical éminemment singulier et rayonnant de charme, qu’est le très cher Luigi Boccherini (Lucques, 19 février 1743 – Madrid, 26 mai 1805) ;

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    dont je suis avec un très vif intérêt les parutions discographiques…

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    Ni la vie, ni l’élan, ni la grâce légère et pulpeuse ne sont hélas au rendez-vous de cette interprétation-ci…

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    Ce vendredi 20 septembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Et pour prolonger l’enchantement Babayan, fondre de bonheur en l’écoutant interpréter, en 1992, un confondant tendrissime « Gaspard de la nuit », absolument dépouillé du moindre maniérisme et hystérisation ; soit la perfection même du très pudique en son expression jeu ravélien…

    Et pour prolonger l’enchantement Babayan _ cf mon article d’hier « « … _,

    fondre absolument de plaisir _ que dis-je ? fondre de bonheur ! _ en l’écoutant interpréter, en 1992, un confondant tendrissime « Gaspard de la nuit » en un sublimissime podcast de 23′ 46 _ de toute urgence l’écouter ici ! _, absolument dépouillé du moindre maniérisme et hystérisation : soit la perfection même, comme jamais, de l’infiniment pudique en son expression jeu ravélien…

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    Quel artiste !

    Et c’est Ravel en personne qui vient, sous les doigts de Sergei Babayan sur ce piano, nous parler ici…

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    En 1992, Sergei Babayan, né le 1er janvier 1961 à Gyumri, en Arménie, avait tout juste 31 ans…

    Quelle intelligence supérieure, déjà, de cette œuvre si exigeante pourtant _ et si souvent hystérisée par les interprètes… _ qu’est « Gaspard de la nuit« …

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    C’est bouleversant : écoutez et ré-écoutez encore ici…

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    Ravel est bien là tout entier présent…

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    Admiration !!!

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    Et encore _ en quelque sorte en bonus _ écoutez ici le podcast (de 12′ 05) de Sergei Babayan interprétant, toujours  en 1992, « La Valse » de Maurice Ravel _ un  poil trop retenu, ici, cependant, peut-être, du moins à mon goût ; et donc un cran au-dessous de son bouleversant de tendresse pudique « Gaspard de la nuit«  ; mais vous pourrez en juger par vous-même…

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    Comment de tels enregistrements de Sergei Babayan _ ici au sein du CD « Ravel, Liszt, Prokofiev » du label Connoisseur Society 41 95 paru en 1993, et demeuré confidentiel… _ ont-ils pu demeurer jusqu’ici aussi …confidentiels ?!?

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    Et dire que, pour ma part, il m’a fallu attendre, au mois de juin dernier, le choc du sublimissime CD Deutsche Grammophon « Rachmaninoff for two« , avec Daniil Trifonov _ cf l’enthousiasme dithyrambique de mon article «  » du 15 juin dernier _, pour découvrir enfin l’existence, à l’oreille, de ce prodigieux passeur de musique au piano qu’est ce génial Sergei Babayan…

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    Qui ne fait donc pas _ ou du moins pas assez… _ son travail de partage de ses émotions musicales ?…

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    Ce lundi 16 septembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa