Étiquette : interprétations

  • De premières recensions du passionnant coffret de l’Intégrale Ravel chez Warner Classics…

    Est paru le 4 septembre dernier, chez Warner,

    un forcément intéressant _ ne serait-ce que par ses choix _ coffret de 21 CDs de l’Intégrale _ ou presque _ de l’œuvre de Maurice Ravel.

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    Ravel: The Complete Works

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    Jusqu’ici,

    assez peu de recensions dans les médias de ce bien intéressant _ par ses choix d’interprétations, par conséquent ! _ monument discographique :

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    un assez rapide article de présentation _ signé François Laurent _ de l’objet,

    intitulé « Ravel pour tous les goûts« ,

    à la page 63 du numéro d’octobre, le n° 693, du magazine Diapason, au chapitre des « Rééditions » ;

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    un article intitulé « Tout Ravel, sur le blog de Jean-Pierre Rousseau, en date du 17 septembre ;

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    et maintenant, en date du 30 octobre, un article un peu plus détaillé de Stéphane Friédérich, intitulé « Vertiges et vestiges de l’intégrale Ravel de Warner Classics« ,

    sur le site Res Musica.

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    Voici donc cet article, avec ses choix, un peu détaillés :

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    Vertiges et vestiges de l’intégrale Ravel de Warner Classics

     

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    Ce coffret de 21 CDs Ravel/Warner Classics

    est ainsi vraiment passionnant…

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    Ce samedi 31 octobre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Pourquoi si peu de CDs consacrés, ce siècle-ci, à l’oeuvre de Jean-Marie Leclair (1697 – 1764) ?

    Jean-Marie Leclair (Lyon, 10 mai 1697 – Paris, 22 octobre 1764)

    est un très grand compositeur du Baroque français ;

    tout particulièrement _ mais pas exclusivement _ dans le répertoire du violon.

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    Formé au violon à Turin _ la capitale du royaume de Savoie _

    auprès du virtuose Giovanni Battista Somis (Turin, 25 décembre 1686 – Turin, 14 août 1763),

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    le lyonnais d’origine Jean-Marie Leclair

    est une cheville ouvrière clé de la réunion des goûts réunis, au XVIIIe siècle,

    entre l’Italie et la France…

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    C’est ainsi qu’il développe en France

    ces nouveaux genres musicaux nés de l’autre côté des Alpes

    que sont, notamment, la sonate et le concerto.

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    Ce jour,

    Jean-Charles Hoffelé, sur son site Discophilia,

    consacre un article intitulé Violon à la française

    à un coffret de 3 CDs du label Brilliant Classics _ n° 95290 _

    intitulé Jean-Marie Leclair Complete Violin Concertos,

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    par l’Ensemble Violini Capricciosi,

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    constitué de

    Igor Ruhadze (violon solo et leader),

    Daria Gorban et Marta Noelia Jimenez Vega (violons),

    Eirini Stratigopoulou, alto,

     Octavie Dostaler-Lalonde, violoncelle,

    Juan Diaz, contrebasse,

    et Alexandr Puliaev, clavecin.

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    Voici cet article,

    qui fait un point très opportun sur l’histoire discographique

    de ces Concertos pour violon (Op. 7 et Op. 10) de Jean-Marie Lelair.

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    VIOLON À LA FRANÇAISE

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    Les deux cahiers de Concertos que Jean-Marie Leclair écrivit à son usage _ de compositeur violoniste virtuose _ sacraient le règne absolu de l’instrument italien _ voilà _ qui, dans le répertoire français, avait supplanté la viole _ cf l’excellent triple album Ricercar, en 1993, Defense de la basse de viole contre les entreprises du violon et les prétentions du violoncelle, d’après l’œuvre, en 1740, de Hubert Le Blanc. La virtuosité folle, l’archet acrobatique, la main gauche agile et ferme _ oui _, tout installait de nouveaux standards techniques  _ mais artistiques aussi _ dont ces douze concertos _ en 1737 et 1745 _ célèbrent les fastes avec une fantaisie, une liberté, des audaces qui voguent entre Italie et France (lorsque les imitations de musette paraissent comme dans le Largo de l’Opus 10 No. 5), nouveaux concerts des Goûts Réunis _ selon l’expression de François Couperin (Paris, 10 novembre 1668 – Paris, 11 septembre 1733).

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    Leclair ne fut _ certes _ pas seul pour cette révolution parisienne : _ outre Louis-Gabriel Guillemain (Paris, 15 novembre 1705 – Chaville, 1er octobre 1770) _ Pierre Guignon _ Giovanni Pietro Ghignone (Turin, 10 février 1702 – Versailles, 30 janvier 1774 ; et lui aussi élève de Somis  _ lui disputa souvent la primauté, leurs concerts en joute sont restés célèbres, mais le génie de Leclair dominait toujours, dans ces concertos comme à l’Opéra, où Scylla et Glaucus _ créé à l’Académie royale de Musique le 4 octobre 1746 _ aura sacré la seconde apogée _ après Lully (Florence, 28 novembre 1632 – Paris, 22 mars 1687), et avec Rameau (Dijon, 25 septembre 1683 – Paris, 12 septembre 1764) _ de la Tragédie lyrique.

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    Les Concertos _ pour violons _ connurent une fortune _ relativement _ modeste au disque, Jean-François Paillard le premier les distribua à Huguette Fernandez et Germaine Raymond, y revint pour la stéréophonie avec Gérard Jarry ; à l’ère moderne, Jaap Schröder, en pionnier _ oui, en 1978 _, donna un relief saisissant à trois Concertos avec son ensemble d’Amsterdam, avant que Simon Standage _ surtout _ n’impose à l’intégrale _ en 3 CDs Chandos _ un modèle un rien trop classique, Fabio Biondi lui répondant pour une sélection en des termes équivalents.

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    Le paysage changea radicalement avec un disque divin de Monica Huggett ; et l’Opus 7 vivement enlevé par Luis Otavio Santos et Les Muffatti _ le CD Ramée 1202. Coda de ces relectures brillantes et historiquement informées, l’intégrale de Leyla Schayegh chez Glossa _ cf mes articles récents _, virtuose et impertinente _ oui, comme ce genre et l’époque de leur composition le réclament .

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    Celle que propose ici Igor Ruhadze et ses Violoni Capricciosi n’est en rien sage ou scolaire comme j’ai pu le lire ici où là, elle fuse souvent dans un jeu qui prend tous les risques, montre bien du caractère dans les Finales en gigue, ou les musettes ; mieux, si elle fait un Opus 7 brillant, ce que le recueil appelle, il me semble que son Opus 10, moins prisé _ jusqu’ici _ des violonistes – plus complexe, plus français _ oui ! _ avec ses nombreuses références aux danses – trouve toujours le ton juste, un peu nostalgique, avec des élégances _ voilà _ qui anticipent sur le classicisme de Mozart, si bien que l’intégrale s’ajoute à une discographie peu abondante, offrant au sein de celle-ci un angle singulier d’où ces admirables concertos _ merci ! _ se voient et s’entendent d’une façon différente.

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    LE DISQUE DU JOUR

    Jean-Marie Leclair (1697-1764)

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    6 Concertos pour violon, Op. 7 (Intégrale)
    6 Concertos pour violon, Op. 10 (Intégrale)

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    Igor Ruhadze, violon
    Ensemble Violini Capricciosi

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    Un coffret de 3 CD du label Brilliant Classics 95290
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    Photo à la une : le compositeur Jean-Marie Leclair – © BnF

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    Une parution bienvenue,

    en un répertoire superbe, pas encore assez couru des interprètes.

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    Ce jeudi 13 août 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Découvrir la version restaurée de La Petite Sirène d’Alexander von Zemlinsky dans l’interprétation dirigée par Marc Albrecht

    Ce jour,

    sous le titre de Sombre Sirène, 

    en sa chronique Discophilia,

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    Jean-Charles Hoffelé

    nous invite à écouter une nouvelle interprétation au disque

    _ par Marc Albrecht dirigeant le Netherlands Philharmonic Orchestra ;

    soit le CD Pentatone PTC 5186740 _,

    de la version restaurée par Anthony Beaumont _ en 2013 _

    de Die Seejungfrau, fantaisie pour orchestre d’après Andersen,

    _ composée en 1902-1903, la première eut lieu à Vienne en 1905 ; mais Zemlinsky ne l’inscrivit pas dans le catalogue de ses œuvres !  _

    d’Alexander von Zemlinsky (Vienne, 14 octobre 1871 – New-York, 15 mars 1942).

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    Voici donc cet article :

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    SOMBRE SIRÈNE

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    Au catalogue discographique des opus d’Alexander von Zemklinsky, Die Seejungfrau serait-elle en passe de supplanter la _ merveilleuse _ Symphonie lyrique ? Les chefs de la jeune génération _ tiens, tiens ! _ se passionnent pour cette partition où le mystère le dispute à l’éclat _ oui _, où Zemlinsky tord le cou à l’orchestre straussien _ voilà ! qui dominait sur la scène européenne en ces années d’ouverture du XXe siècle… _ en y faisant entrer et l’impressionnisme français _ oui _ et les tentations modernistes _ oui, oui _ de ce qui allait devenir _ en effet _ la nouvelle Ecole de Vienne _ autour de Schoenberg.

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    Zemlinsky fut d’ailleurs injuste avec son chef-d’œuvre de jeunesse _ Zemlinsky entamait alors sa trentaine _, il le retira de son catalogue, ne le mentionnant même plus _ rien que cela !!! _, donnant le manuscrit du premier mouvement à une amie, Marie Pappenheim, n’emportant dans son exil aux Etats-Unis que les deux autres mouvements pour mieux les oublier _ voilà ! _ au fond d’une valise.

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    L’œuvre attendra les années 1980 pour voir ses trois parties _ enfin _ réunies par les efforts conjugués de plusieurs musicologues ; ce sera le disque _ oui _ qui fera sa fortune, et plus encore depuis qu’Anthony Beaumont aura publié en 2013 son édition de la version originale : on découvrit alors un chef-d’œuvre à l’exact étiage du Pelleas und Melisande de Schoenberg _ l’œuvre fut écrite à Berlin entre juillet 1902 et février 1903 ; et elle fut créée au concert, à Vienne, conjointement à la Die Seejungfrau de Zemlinsky, en 1905. Thomas Dausgaard s’empara de l’œuvre (il l’enregistrera deux fois _ pour Chandos, en 1998 et pour Da Capo, en 2006 _, sans y revenir pourtant depuis l’édition d’Anthony Beaumont), ouvrant la voix à James Judd _ pour le label Naxos, en 2009 _, John Storgårds (qui signa le premier enregistrement _ en 2015 _ de la version originale _ pour le label Ondine, et avec le Helsinki Philharmonic Orchestra : l’écouter ici ! _), mais ce fut Cornelius Meister (CPO) qui en réalisa la gravure la plus saisissante _ pour le label CPO, en 2010 _ le 28 mai 2010, s’en tenant à l’état de l’œuvre avant le travail de Beaumont.

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    Marc Albrecht lui offre aujourd’hui _ pour le label Pentatone, spécialement renommé pour l’excellence de ses prises de son ! _ une réponse aussi éloquente avec une captation également en concert de la version Beaumont qui fait entendre toute la touffeur _ voilà ! _ d’un orchestre saturé de couleurs sombres, enchevêtré de motifs mahlériens, aux crescendo tsunami dévastateurs _ oui.

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    Secret des réussites de ces deux versions _ celle de Marc Albrecht, aujourd’hui, comme celle de Cornelius Meister, en 2010 _ : elles sont avant tout des narrations _ voilà ! _, Zemlinsky avait en effet pensé cette fantaisie orchestrale comme une pantomime virtuelle _ voilà. Marc Albrecht, si versé dans les œuvres de la Seconde Ecole de Vienne fait entendre les audaces d’une partition soudain visionnaire _ oui _ là où Cornelius Meister, encore dépendant de la version non corrigée, celle que l’on joua à compter des années 1980 (Peter Gülke en fut le divulgateur), immergeait son orchestre dans un postromantisme plus univoque. Mais peu importe, Meister ou Albrecht mettent chacun à leur façon en lumière ce conte _ musical d’après le conte d’Andersen : voilà… _ aux abysses aveuglants _ oui _, la prise de son _ parfaite _ des ingénieurs de Pentatone donnant à ce dernier un certain avantage.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Alexander von Zemlinsky(1871-1942)

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    Die Seejungfrau (édition de la version originale dans l’appareil critique d’Anthony Beaumont)

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    Netherlands Philharmonic Orchestra
    Marc Albrecht, direction

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    Un album du label Pentatone PTC5186740
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    Photo à la une : © D

     

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    Ou comment la recherche musicologique

    et l’interprétation de grands chefs pour le disque

    concourent

    à la résurrection de chefs d’œuvre un temps malmenés _ voire démembrés… _ par l’Histoire…

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    Ma discothèque comporte au moins trois interprétations de cette Die Seejungfrau d’Alexander von Zemlinsky,

    un compositeur que j’apprécie tout particulièrement :

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    celle par James Conlon, avec le Gürzenich-Orchester Kölner Philharmoniker, pour le label EMI, en 1996 ;

    celle par James Judd, avec le New-Zealand Symphony Orchestra, pour le label Naxos, en 2009 ;

    et celle par Emmanuel Krivine, avec l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg, pour le label Alpha, en 2016…

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    Ce samedi 25 juillet 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Musiques de joie : le délicieux Aria « Bist du bei mir » (de Gottfried-Heinrich Stölzel) du second Petit Livre de Clavier d’Anna-Magdalena Bach, en 1725, par Sibylla Rubens et Michael Behringer

    Parmi les musiques de joie pures et fondantes de tendresse

    _ et marquantes, dans le souvenir du mélomane un peu familier de quelques riches recoins de l’œuvre multiforme de Bach _,

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    sonne toujours en la mémoire _ reconnaissante _

    le délicieux petit Aria Bist du bei mir,

    noté en 1725 dans le second Petit Livre pour le Clavier d’Anna-Magdalena Bach ;

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    longtemps attribué à Johann-Sebastian Bach sous le numéro de catalogue BWV 508 

    _ c’est seulement en 2000 qu’un exemplaire de la partition d’origine, considérée jusqu’alors comme comme perdue, a été retrouvé …au conservatoire de Kiev _,

    il est, en fait, extrait de l’opéra de Gottfried-Heinrich Stölzel (Grünstädtel, 13 janvier 1690 – Gotha, 27 novembre 1749)

    Diomède, ou l’innocence triomphante,

    représenté le 16 novembre 1718 à Bayreuth _ Stöltzel et Bach se sont rencontrés et ont tissé des liens d’amitié musicale…

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    Bist du bei mir, geh’ ich mit Freuden
    zum Sterben und zu meiner Ruh’.
    Ach, wie vergnügt wär’ so mein Ende,
    es drückten deine schönen Hände mir die getreuen Augen zu !
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    Si tu restes avec moi, alors j’irai en joie
    Vers ma mort et mon doux repos.
    Ah ! comme elle serait heureuse, ma fin,
    Tes jolies mains fermant mes yeux fidèles !

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    L’interprétation _ adorable ! _ de Sibylla Rubens, soprano, avec le clavecin de Michael Behringer,

    dans le double CD Clavier-Büchlein für Anna Magdalena Bach, 1725,

    de l’édition bachakademie, du label Hänssler 106, en 1999,

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    me paraît convenir admirablement,

    en son émouvante sobriété et parfaite justesse d’expression,

    à ce que pouvait être la pratique, au quotidien, d’Anna-Magdalena _ qui était cantatrice _, et des siens, au domicile des Bach, en 1725, à Leipzig :

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    c’était le 22 mai 1723 que la famille Bach s’était installée à Leipzig, où Johann-Sebastian Bach avait obtenu, le 22 avril 1723, le poste de Kantor à l’église Saint-Thomas ; poste laissé vacant par le décès du Kantor précédent, Johann Kuhnau, le 5 juin 1722…

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    Et Anna-Magdalena Wilcke (Zeitz, 22 septembre 1701 – Leipzig, 27 février 1760),

    cantatrice, donc,

    était devenue le 3 décembre 1721, à Köthen, la seconde épouse de Johann-Sebastian Bach,

    veuf, au mois de juillet 1720, de sa première épouse Maria-Barbara Bach, à Köthen le 3 décembre 1721.

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    Anna-Magdalena Bach eut alors à élever les 4 enfants orphelins de leur mère Maria-Barbara :

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    Catharina-Dorothea (Weimar, décembre 1708 – Leipzig, 14 janvier 1774),

    Wilhelm-Friedmann (Weimar, 22 octobre 1710 – Berlin, 1er juillet 1784),

    Carl-Philipp-Emanuel (Weimar, 8 mars 1714 – Hambourg, 14 décembre 1788)

    et Johann-Gottfried-Bernhard (Weimar, 11 mai 1715, Iéna, 27 mai 1739) ;

     

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    et Anna-Magdalena Bach eut elle-même 13 enfants, nés de 1723 à 1742,

    parmi lesquels les compositeurs Johann-Christoph-Friedrich (Leipzig, 21 juin 1732 – Bückeburg, 26 janvier 1795) et Johann-Christian (Leipzig, 5 septembre 1735 – Londres, 1er janvier 1782) ;

    son aînée a été Christiana-Sophia-Henrietta (Leipzig, printemps 1723 – Leipzig, 29 juin 1726) ;

    et sa petite dernière _ la treizième _ est Regina-Susanna (Leipzig, 22 février 1742 – Leipzig, 14 décembre 1809).

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    On trouve sur le web plusieurs vidéos

    à divers titres intéressantes _ ou à divers titres frustrantes _

    de ce délicieux Bist du bei mir :

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    j’apprécie particulièrement

    l’interprétation sobre et émouvante _ sans maniérisme aucun, comme il se doit _, du ténor anglais _ très heureusement familier du répertoire (et interprétations) baroques _ Charles Daniels, en 2018 ;

    ou celle _ probablement assez proche de ce que devait être la pratique, au quotidien, des enfants Bach, chez eux, à Leipzig, en 1725 _ du petit garçon tchèque David Cizner, âgé de 10 ans _ il est né le 12 février 2002 à Prague _ en 2012 ;

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    et un peu moins, celle, un peu trop opératique à mon goût, de la grande Janet Baker, en 1973 ;

    ou celle, un peu trop lente et doloriste, de la si souvent merveilleuse Aafje Heynis, en 1956 

    _ ces deux interprétations-là antérieures à ce qu’a permis d’apprendre le revival baroque des Deller, Leonhardt, Harnoncourt…

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    Mais aucune de celles-ci n’a la fraîcheur et la merveilleuse évidence _ de Hausmusik , en 1725, à Leipzig… _

    de l’interprétation du CD Hänssler

    par Sibylla Rubens et Michael Behringer :

    à écouter ici…

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    Comparer des interprétations est aussi assez intéressant ;

    cela aide à se former le goût…

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    Ce mercredi 27 mai 2020, Tituss Curiosus – Francis Lippa