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  • Le « n’apprendre qu’à corps (et âme) perdu(s) » _ ou « penser (enfin !) par soi-même » de Dominique Baqué : leçon de méthodologie sur l’expérience « personnelle »

    Retour réflexif sur la lecture de

    “E-Love _ petit marketing de la rencontre“, par Dominique Baqué, aux Éditions Anabet ;

    de “Méfiez-vous, fillettes“ d’Yves Michaud, en son blog « Traverses » (sur le site de Libération) ;

    ainsi que de mon propre « Le “bisque ! bisque ! rage !” de Dominique Baqué (”E-Love”) : l’impasse (amoureuse) du rien que sexe, ou l’avènement tranquille du pornographique (sur la “liquidation” du sentiment _ et de la personne)« , mon article tout frais d’hier soir, sur ce même blog, « les carnets d’un curieux« …

    …

    Ma perspective, cette fois, « réflexive« , sera méthodologique ;

    et portera

    _ dans la perspective du « se conduire »

    (et « conduire« , comme faire se peut, et tant bien que mal, à la va comme je te pousse, « sa vie« ) _

    sur les modalités de l’ »apprendre » ;

    …

    je veux dire de l’ »apprendre par soi« ,

    et seulement (= rien que !) à son corps

    _ « corps et âme« ,

    ainsi que le dit Nietzsche en son important « Des contempteurs du corps« , du début d’« Ainsi parlait Zarathoustra » _ ;

    …

    sur les modalités de l’ »apprendre par soi« , donc,

    et seulement (= rien que !!!) à son corps _ « corps et âme« , donc _ défendant…

    …

    Ainsi que le pratique Dominique Baqué elle-même

    dans son (très) courageux et rageur _ ou rageur et (très) courageux _ « E-Love » : « petit marketing de la rencontre« ,

    ainsi qu’il est sous-titré sur la couverture du livre ;

    ou encore « E-Love » : « Amours & Compagnie« ,

    ainsi que cela apparaît, comme variante (à noter !!!), en page 1 du livre…

    …

    A mes yeux, cet « essai » « à cœur et corps perdu« 

    _ ainsi qu’elle-même l’écrit à l’ouverture même (page 3) de son livre :

    …

    je relis ce début :

    « Divorcée. Me voici donc divorcée. Je répète ces mots avec incrédulité comme s’ils ne me concernaient pas, comme s’ils n’avaient pas pu _ les mots ? la chose ? l’ambiguïté, déjà, est bien intéressante _ m’arriver, à moi. Surtout avec cet homme que j’avais aimé à corps et cœur perdus.« _  ;

    …

    cet « essai » « à cœur et corps perdu« , donc, représente un modèle

    _ oui ! par son simple et tout à fait modeste exemple : l’« essai » n’est-il pas qualifié, sur sa propre couverture, de « pamphlet » ?.. ;

    et je voudrais méditer, aussi, sur l’exemplarité ! _

    …

    cet « essai » « à cœur et corps perdu«  représente un modèle, donc

    _ je reprends et continue ma phrase… _,

    de ce qu’est l’ »apprendre à penser » : par soi-même ;

    …

    en apprenant _ learning _ de son expérience tâtonnante (de l’ »apprendre » à se conduire soi-même ; se conduire : raison et appétits « humainement«  emmêlés ;

    prendre garde, cependant _ et Montaigne, et Pascal, nous en avertissent ! _ à « ne pas faire la bête » à trop « vouloir faire l’ange« …)

    …

    Étant « enfants avant que d’être hommes« ,

    ainsi que le dit _ et à plusieurs reprises en son œuvre _ Descartes ;

    et pour commencer en la seconde partie de son « Discours de la méthode pour bien conduire sa raison et trouver la vérité dans les sciences » ;

    …

    voici le passage :

    …

    « Pour ce que nous avons tous été enfants avant que d’être hommes,

    et qu’il nous a fallu _ par incontournable « passage«  ! _ longtemps être gouvernés _ il faut bien des boussoles à qui subit l’attraction des aimants (et des sirènes) !.. _ par nos appétits

    et nos précepteurs,

    qui étaient souvent contraires _ indice avertisseur d’incertitude et, forcément, erreur ! _ les uns aux autres,

    et qui, ni les uns ni les autres, ne nous conseillaient peut être pas toujours le meilleur _ invite pressante ! à nous y ajuster… _,

    …

    il est presque impossible que nos jugements soient si purs, ni si solides qu’ils auraient été,

    si nous avions eu _ oh ! l’idéalisation ! _ l’usage entier _ mais sera-ce jamais le cas ? même à suivre l’œuvre entier de Descartes ? _ de notre raison dès le point de notre naissance,

    et que nous n’eussions jamais été conduits _ nous, « humains«  (en notre condition de l’« union intime de l’âme et du corps« ) _ que par elle.

    …

    Il est vrai que nous ne voyons point

    _ en 1637, nous n’en sommes qu’à l’orée de la modernité ; et son endémique prurit de « réformes«  (ou « réformite« ) !..

    Et les terriblement sanglantes « Guerres de religions« , en voie de s’achever en 1648 (au « Traité de Westphalie« ), vont peu à peu s’apaiser, tout de même, en seulement (moins brutale) « Querelle des Anciens et des Modernes« … _

    qu’on jette par terre toutes les maisons d’une ville,

    pour le seul dessein _ esthétique : Descartes le prend peu au sérieux… _ de les refaire d’autre façon _ = de pure forme _,

    et d’en rendre les rues plus belles ;

    …

    mais on voit bien que plusieurs font abattre les leurs pour les rebâtir,

    et que même quelquefois ils y sont contraints,

    quand elles sont en danger _ technique : critère plus sérieux, pour Descartes ! _ de tomber d’elles mêmes,

    et que les fondements n’en sont pas bien fermes

    _ ce que Descartes prend au sérieux, c’est la très concrète (et imminente) menace de ruine : l’écroulement !

    …

    A l’exemple de quoi

    je me persuadai (…)

    que pour toutes les opinions que j’avais reçues jusques alors en ma créance,

    je ne pouvais mieux faire que d’entreprendre, une bonne fois, de les en ôter,

    afin d’y en remettre par après,

    ou d’autres meilleures,

    ou bien les mêmes,

    lorsque je les aurais ajustées _ voilà le criterium : l’ajustement ! par la sagacité !!! _ au niveau de la raison _ la faculté fondatrice.

    …
    Et je crus fermement que, par ce moyen,

    je réussirais à conduire ma vie _ c’est l’enjeu ! _ beaucoup mieux que si je ne bâtissais que sur de vieux fondements,

    et que je ne m’appuyasse _ pratiquement _ que sur les principes que je m’étais laissé persuader en ma jeunesse,

    sans avoir jamais examiné s’ils étaient vrais…« .

    …

    J’en reviens à la démarche _ en son « essai » _ de Dominique Baqué ;

    à son courage (acquis : sur sa témérité) ;

    à sa sagesse (acquise : sur son « innocence« , sa bêtise, et ses aveuglements _ ou « illusions« , dirait un Freud _ ;

    de même que pour tout un chacun, bien sûr ! nul n’ayant _ pareil prodige se saurait (et se célèbrerait !) vite !!! _ la sagesse infuse !..

    et tant que la techno-science demeure(ra) impuissante à greffer (tout) un cerveau (!) _ et avec « mode d’emploi » « incorporé« , qui plus est (ou « serait« ) !!!

    …

    En quoi a donc pu consister sa niaiserie-naïveté-innocence ?

    Sinon d’avoir « envisagé » de (= « cherché à« ) rencontrer, via un « site de rencontre » du Net, à l’âge de 51 ans (elle en affichera « 45« ), « un homme (40-50 ans), cultivé et curieux, tendre et cérébral,

    pour construire une relation authentique« , (page 14) _ voilà la réalité escomptée :

    …

    « il me fallait un compagnon ; et vite«  (page 8), a-t-elle constaté « décidément« , « après une telle épreuve de plusieurs mois » (page 5) de « silence » « minéral«  (page 5) de solitude : « la réalité était sans appel : il n’y avait personne à mes côtés » ; « rien, absolument rien ne se présentait _ force m’était de le constater«  (page 6).

    …
    Avec l’aide _ « généreuse » _ d’« un ami » _ Jean-François _ d’« une de » ses « meilleures amies » _ Sandrine _,

    la « véritable stratégie de séduction » de l’annonce en quoi consiste « l’inscription sur un site de rencontres » (page 11) donne lieu à une « séance » qui « va être une épreuve pour moi », anticipe rétrospectivement en son récit, Dominique, au chapitre « L’annonce, la photographie« , page 12. « Séance«  qui permet de faire alors « réalistement«  le point sur ce que « cherche«  réellement Dominique ;

    sur ce

    à quoi, grâce à l’avisé Jean-François, elle va pouvoir, sinon savoir, du moins apprendre (= découvrir), à quoi « s’attendre«  un peu « réalistement« , donc ;

    ainsi qu’à la « présentation«  d’elle-même qu’elle doit alors (ici et maintenant) échafauder et mettre au point pour le site…

    …

    « Jean-François, homosexuel, drôle, extraverti, ayant le goût du théâtre et de la mise en scène«  (page 12) dispose ainsi de « tout ce qui peut m’aider« , fait ainsi le point Dominique.

    …
    « Jean-François me demande ce que je recherche exactement. Un peu prise de court, je réponds spontanément : « Un compagnon ». Voilà qui est on ne peut plus clair.

    …

    « _ Peut-être, mais ton compagnon, tu ne vas pas le trouver _ soit le mot-clé ! _ la semaine prochaine

    _ non plus que « sous les sabots d’un cheval au galop« , pourrait-on ajouter…

    …

    _ Oui, j’imagine ».

    …

    En fait, je n’imagine rien : je ne sais rien _ en effet ! _ de ce monde _ des « sites de rencontres« .

    _ « Il faut _ et c’est de la plus élémentaire prudence… _ que tu saches _ et le mot veut bien dire ce qu’il dit ! _ qu’il y a plein de mecs qui vont sur le Net pour baiser. Et beaucoup sont mariés. Ils ne te le diront pas… ».

    …

    Pour être franche, l’information est rude. J’accuse le coup _ (page 13) : ce monde des annonces du Net est lardé de chausse-trapes…

    …

     Etc… Le détail du récit est tout bonnement passionnant.

    …

    Après l’épreuve (« d’une heure d’écriture et de retouches« ) de la rédaction de l’annonce

    et avant celle de « la séance photo« ,

    « Jean-François, qui a bien conscience que je n’entends rien _ d’où danger ! _ au réseau, me prodigue ensuite quelques _ réalistes _ conseils et avertissements :

    …

    _ « Il arrivera peut-être que tu aies une histoire avec un mec, mais cela ne l’empêchera pas de continuer à être _ actif, et même hyper-actif _ sur le site ».

    …

    Je suis offusquée de cette mise en garde : j’ignore encore à quel point elle s’avèrera pertinente…

    …

    _ « Certains vont te demander de chatter. Laisse tomber. (…) Comme tu frappes lentement, tu vas t’énerver, et eux ils vont quitter le chat ».

    (…)

    _ « Enfin, tu ne fais jamais venir un homme chez toi la première fois ».

    …

    Mais on n’apprend (après entendre !) jamais « vraiment«  que sur le tas, à l’épreuve frontale (et blessante) du réel lui-même ; le reste ne faisant que « glisser«  au vent…

    …

    C’est ce que va faire aussi notre encore assez « innocente« , à tout du moins « inexperte« , « Alice« -« Cendrillon« 

    en ce pays des fausses merveilles du virtuel (et du mensonge) affiché sur l’écran, en avant du « réel« …

    …

    Sur « Alice » et les pays du « virtuel«  et du « réel« , lire _ au delà de l »Alice au pays des merveilles » de Lewis Caroll _ ; lire la passionnante lecture qu’en propose le _ plus que jamais, combien nous pouvons nous en rendre compte aujourd’hui ! _  sagace Gilles Deleuze en son « Logique du sens » (en 1969) … Fin de l’incise carollo-deleuzienne !

    …
    « D’autant

    _ comme j’y ai insisté en mon article précédent : « le bisque ! bisque ! rage ! de Dominique Baqué : « E-Love » _ l’impasse amoureuse du rien que sexe » _

    que la haine _ ou la rage ! _ se nourrit de vengeance, et que, oui, je voulais me venger de ce bonheur trop expansif que D. affichait, jusque dans les rues, m’avait-on rapporté«  (page 8) ; et que cette « donnée«  participe d’un certain aveuglement de Dominique,

    qui désire tellement « rendre«  à son « ex-mari«  « la monnaie de sa pièce«  d’un « compagnonnage«  trop complaisamment exhibé !!!

    …

    « Nul n’est exempt de dire des fadaises. Le malheur _ ou le ridicule ! _ est de les dire curieusement« 

    _ c’est à dire avec un trop grand soin (= efforts de sérieux, componction, fatuité ; manque d’humour) ;

    alors que ce qui échappe, avec légèreté, à la vigilance (par nonchalance),

    est (beaucoup) plus excusable par l’interlocuteur, ou lecteur.

    Montaigne, entamant avec son humour coutumier, le troisième livre _ ce sera le dernier _ de ses « Essais« , en 1592, demande au lecteur-interlocuteur un symétrique recul (d’humour) en sa lecture par rapport à l’humour que lui-même revendique en l’écriture de ces « essais » de son esprit

    _ sur l’esprit, lire de Bernard Sève, le merveilleux et prodigieux (de sagacité) « Montaigne. Des Règles pour l’esprit« , paru aux PUF en novembre 2007 ;

    ainsi, en forme d’hommage, que mon article du 14 novembre : « Jubilatoire conférence hier soir de Bernard Sève sur le “tissage” de l’écriture et de la pensée de Montaigne« …

    …

    Je poursuis, pour le pur plaisir, le discours de présentation de Montaigne :

    …

    Montaigne cite d’abord l‘ »Heautontimoroumenos » de Térence (auteur comique !) :

    …

    « Assurément, cet homme va se donner une grande peine pour dire de grandes sottises« .

    …

    Et il poursuit : « Cela ne me touche pas. Les miennes m’échappent aussi nonchalamment qu’elles le valent. D’où bien leur prend. Je les quitterais soudain, à peu de coût qu’il y eût. Et ne les achète, ni les vends que ce qu’elles pèsent. Je parle au papier comme je parle au premier que je rencontre. Qu’il soit vrai, voici de quoi… »

    …

    Et il entame la réflexion sur son sujet (« De l’utile et de l’honnête« ) :

    « A qui ne doit être la perfidie détestable, puisque Tibère la refusa à si grand intérêt… »

    Etc.

    …
    Fin de l’incise montanienne sur les fadaises (de la niaiserie)…
    …

    Il faudra bien (forcément !..) inlassablement et sans trop de relâche se coltiner aux efforts (et écorchures plus ou moins graves _ et cicatrisables !.. _ en résultant…) de l’apprentissage : par la méthode des essais _ et rectifications des erreurs :

    …

    parce que si « errare humanum est« , en revanche « perseverare diabolicum » !

    …

    C’est par là que

    le « teaching » _ de l’enseignant, du maître _ peut sans doute un peu un petit quelque chose

    à l’égard du « learning » _ de l’enseigné (actif), de l’élève (en voie de « s’élever« …) _

    de tout un chacun ;

    …

    et là se trouve l’enjeu majeur des tâches d’éducation et enseignement

    (ainsi _ car cela en est rien moins que le noyau ! _ que d’acculturation) ;

    …

    et des responsabilités

    tant individuelles et personnelles _ je les distingue _,

    que collectives : sociales, économiques et politiques ;

    tout particulièrement à l’heure de la particulièrement grave « crise » de « démocratie« 

    _ versus « gouvernance«  (de raffarinienne mémoire !) _

    …

    auxquelles tâches

    (d’éducation et enseignement _ et acculturation :

    versus décérébration à méga échelle de l’entertainment marchand _)

    et responsabilités

    (sociales, économiques, et surtout politiques)

    nous nous trouvons, de par le monde entier (« mondialisation » aidant), tout spécialement confrontés en ce moment même ; et pas qu’en France, en Grèce, ou ailleurs encore en Europe, ce mois de décembre-ci…

    …

    La « crise » dépassant largement la « crise financière«  des banques et du capitalisme (« de spéculation » des actionnaires et, en amont, des entrepreneurs investisseurs marchands),

    pour faire bien clairement ressentir à tous,

    et d’abord aux jeunes mêmes,

    que la « crise » (ou « tournant de l’Histoire« ) de ce moment-ci porte sur l’échelle même des valeurs ;

    …

    et que c’est bien de cette « réalité« -là dont il s’agit,

    de la valeur du (vrai) travail,

    des (vrais) efforts,

    du (vrai) temps et de la (vraie) attention et du (vrai) soin

    investis dans de (vraies) activités qui soient aussi de (vraies) œuvres…

    …

    Une des ironies du phénomène étant, par ailleurs _ à la marge _, le retour « à la mode » d’un Karl (et pas Groucho) Marx…

    …

    Aussi,

    et au-delà de l’investissement financier en direction des faiblesses _ de fiabilité (et de confiance) _ soudainement « avérées« 

    _ et en cascade, à partir de la déclaration (forcément peu discrète !) de faillite, le 15 septembre dernier, de la banque Lehman Brothers, à New-York _

    des établissements bancaires de par le monde entier,

    …

    s‘agirait-il de se mettre à réfléchir

    enfin

    un peu (= beaucoup !) plus sérieusement

    à de profonds investissements culturels et éducatifs

    _ loin des seules logiques de « bouclage«  (à la Éric Woerth) strictement d’« économie budgétaire«  des États…

    …

    Soit une affaire de (vrai) « pouvoir«  : entre les hommes…

    …

    « Yes, we can » : sera-ce un peu plus qu’un slogan électoral (même à succès) pour un 4 novembre d’un Barack No Drama ?..

    Nous _ sur toute la planète _ allons y être forcément attentifs…

    …

    De vraies grandes (larges et profondes) « réformes » s’imposent ici ;

    et pas à la marge

    _ ainsi que feint de s’étonner, en France, le ministre en charge de l’Éducation,

    devant l’ampleur des « résistances » lycéennes à sa pourtant « bien modeste » _ dixit lui-même _ « réforme » de la seule classe de « seconde » des lycées…

    …

    « Réformes » qui devraient mettre en cause aussi et d’abord _ en le débranchant quelque peu _ l’ignoble outil de propagande par l’entertainment qui crétinise à longueur de temps des millions et milliards de cerveaux

    (et leur « temps disponible« 

    _ selon la parole (d’expert) de Patrick Le Lay, répercutée par la fameuse dépêche AFP du 9 juillet 2004 _

    qui n’est pourtant pas infini, ce « temps disponible » : « Memento mori !« )

    par connection, techno-économiquement à la portée de la plupart, sur toute la planète

    et les conditionne à l’addiction aux marques _ « Coca-Cola« , etc. _ et à une peu réfléchie consommation (marchande) de masse…

    …

    Mais, je reviens à mon sujet :

    …

    le courage versus la témérité ;

    la lucidité versus l’aveuglement

    de Dominique Baqué

    les « cinq mois de pratique intensive du Net« ,

    ainsi qu’elle le formule à l’ouverture du chapitre final (« Une affaire de marketing…« ), page 119, de son « pamphlet » « E-Love« ,

    afin, aussi, de mettre en garde contre l’addictivité aux pratiques des « sites de rencontre« , et de ce qui s’ensuit _ bien réellement, via un « sexuellement » effectif, bien qu’éphémère, et si superficiel (en surface, sans « attachement« ) : « on » « passe » immédiatement à « autre chose« , en passant « au suivant ! » ; et si peu différent de la série de tous ceux qui viennent de le précéder (sur ce « marché » via le Net) !.. _ ;

    …

    et de ce qui s’ensuit, donc,

    de destructeur de (et pour) la personne qui tombe

    _ et pour quelque raison que ce soit : la rage (féroce) d’un divorce très mal subi ; la jalousie (panique) d’un « bonheur » (de remplacement) si complaisamment « affiché » (et plus ou moins innocemment « rapporté » par d’autres…) _

    dans ces rets-là ;

    …

    et de destructeur de « l’intimité« ,

    ce si précieux (gratuit, généreux, incalculé) « lien à l’autre« ,

    ainsi que l’analyse brillamment Michaël Foessel dans son très important

    _ démocratiquement ; et « civilisationnellement » _

    « La Privation de l’intime_ mises en scène politiques des sentiments« , paru aux Éditions du Seuil, ce mois d’octobre dernier ;

    et comme je le rapporte dans mon article du 11 novembre : « la pulvérisation maintenant de l’intime : une menace envers la réalité de la démocratie » …

    …

    En lieu et place du (vrai) désir,

    le désir mimétique de l’ »envie » (de l’ »envieux » : cf les œuvres de René Girard : « Vérité romanesque et mensonge romantique« , « La Violence et le sacré« , « Le Bouc-émissaire« , ou « Shakespeare : les feux de l’envie« , par exemple…).

    …

    Apprendre, c’est toujours se déniaiser ; et c’est en cela, aussi, que le critère de l’amour authentique, est de connaître vraiment _ = en vérité et plénitude ! _ l’autre ; de même que s’y découvrir, en même temps, et par là même, soi-même, par cette ouverture que constitue le lien _ et don : gratuit et généreux _ de l’intimité :

    …

    « à cœur et corps perdu« , comme l’énonce si bien elle-même Dominique Baqué…

    …

    L’amour vrai n’est certes pas aveugle ;

    ce qui est aveugle, ce n’est que

    l’illusion amoureuse (ou « rêve d’un amour« ) : sa (triste) contrefaçon ;

    son envers ; et sa caricature…

    …

    Quant à la bêtise, c’est la fatuité ; le contentement de soi ; le refus de chercher à comprendre en cherchant bien, plus loin, et un peu mieux…

    …

    « La bêtise, c’est _ ainsi _ de conclure« , l’a mieux dit que d’autres, Flaubert, en son « Dictionnaire des idées reçues« …

    …

    On lira aussi, là-dessus, l’excellent « Bréviaire de la bêtise » d’Alain Roger…

    …
    Reste l’abîme terrifiant de la trahison,

    que ce soit la trahison d’un amour, ou la trahison d’une amitié ;

    voire des deux à la fois ;

    ainsi qu’en dessine un portrait singulièrement brûlant, le grand, l’immense, Sandor Maraï, dans un de ses chefs d’œuvre : « Les Braises« …

    …

    Qu’en était-il

    _ rétrospectivement,

    pour nous qui nous le demandons, maintenant, au présent, et face à un passé qui vient de nous « lâcher » _ ;

    …

    qu’en était-il donc de nos propres sentiments, quand tout s’effondre, et que nous découvrons bernés ;

    peut-être d’abord par notre propre bêtise ; par l'(incroyable !) aveuglement de nos illusions ?..

    …
    C’est ce cauchemar rétrospectif _ et mélancolique _ là

    que rencontre et affronte Dominique Baqué,

    trahie, ici, par son mari…

    …

    C’est déchoir

    de l’espèce (infiniment profuse et généreuse, à l’infini) de l’éternité

    à l’espèce aride d’une temporalité soudain devenue pingre (et comptable) pour nous…

    …

    Pour le reste, il n’y a rien à chercher ;

    encore moins rechercher ;

    …

    seulement se tenir disponible,

    afin d’accueillir _ avec pureté et générosité _ une nouvelle rencontre…

    …

    Quant à l’ »apprendre par soi-même« , que met en œuvre assez superbement, et à son corps défendant, a posteriori, Dominique Baqué dans « E-Love« ,

    il me rappelle

    le très beau travail de penser (et d’ »essai« ) de Stanley Cavell, que, sur les conseils de Layla Raïd, je viens de découvrir _ au cours de mon aller-retour Bordeaux-Marseille et Aix (du week-end autour du 13 décembre dernier), par le train : « Un ton pour la philosophie _ Moments d’une autobiographie » _ :

    …

    en voici la 4ème de couverture, afin de comparer ce qu’on peut en retirer

    aux « leçons » de mon article à propos des démarches d’auteur(e) _ et philosophe ? _, de Dominique Baqué en son « E-Love » :

    …

    Rechercher « le ton de la philosophie« , c’est avant tout s’interroger sur
    la voix du philosophe, sur sa prétention à parler au nom de tous, à
    s’universaliser. C’est la question du statut de l’intellectuel qui est
    alors posée, de sa capacité à dire «nous» à partir du «je», à être
    représentatif. Cette question est au cœur du travail philosophique,
    puisqu’elle accompagne son « arrogance »
    _ ou du moins son « audace«  _ fondamentale, sa prétention _ son ambition _ à
    éduquer et à parler pour.

    …
    Stanley Cavell nous livre ici le récit de certains moments fondateurs
    de sa propre existence
    , convaincu que l’autobiographie est un des
    fondements de la philosophie. Dans le «nous» du philosophe, il y a
    toujours un «je»
    _ oui ! Comme pour un Montaigne; ou un Nietzsche : Cavell, lui, cite d’abord Emerson (et Thoreau)…
    …
    Revenir à la voix, c’est aussi inévitablement s’intéresser à nos
    énoncés et à nos accords
    _ avec les autres _ de langage, et donc finalement à la
    démocratie, qui repose sur la capacité de chacun d’avoir ou, tout au
    moins, de revendiquer une voix
    _ qui soit écoutée ; et retenue, aussi…
    …
    C’est enfin rechercher une voix pure, une parole exemplaire, à travers le cinéma et l’opéra _ soient des Arts de la voix, qui touche…
    …
    C’est au prix de ces multiples détours _ l’autobiographie, le langage,
    l’opéra
    _
    que l’on peut repenser l’acte même de philosopher et inventer
    un nouveau ton pour la philosophie, celui de l’ordinaire.

    …

    Nous retrouvons bien, aussi, le sens même de la démarche de Dominique Baqué…

    …

    Titus Curiosus, ce 23 décembre 2008

  • « Care », sollicitude et vulnérabilité : pour un changement de paradigme…

    Pour prolonger la réflexion sur le « care« ,

    à l’occasion du choc éprouvé à la vision du film « Two lovers » de James Gray ;

    de la conférence à venir, mardi prochain, à 18 heures, dans les salons Albert-Mollat, de la Librairie Mollat, 15 rue Vital-Carles à Bordeaux, dans le cadre de la saison 2008-2009 de la Société de philosophie de Bordeaux,

    de Fabienne Brugère, présentant « Le Sexe de la sollicitude » ;

    et de la lecture de « La Privation de l’intime » de Michaël Foessel,

    …

    ces rapides réflexions-ci :

    …

    mardi 25 novembre prochain,

    ainsi que j’ai l’ai déjà annoncé en mon article  du 10 novembre « la Société de philosophie de Bordeaux reçoit« ,

    notre collègue et amie Fabienne Brugère présentera son tout récent travail « Le Sexe de la sollicitude« ,

    dans le cadre prestigieux des salons Albert-Mollat, 15 rue Vital-Carles, à 18 heures…
    …
    Si la démarche de l’auteur qu’est Fabienne se centre davantage sur des enjeux éthico-socio-économico-politiques
    que directement existentiels,

    pour le film « Two lovers« ,
    ou existentialo-politiques,

    pour l’approche de Michaël Foessel, dans « La Privation de l’intime« ,

    de l’ordre de « l’intime » en tant que tel, très précisément, ici ;

    ainsi que dans la perspective _ inquiète ! _ de ce que j’ai qualifié de (la) « réalité de la démocratie« 

    dans le titre même de mon article sur ce livre :

    « la pulvérisation maintenant de l’intime : une menace envers la démocratie« …

    …

    il n’en demeure pas moins que le point commun

    au film,

    à l’angle d’analyse de Michaël Foessel,

    ainsi qu’au regard de Fabienne Brugère sur le « care » _ ou « sollicitude« ,

    ainsi que Fabienne le traduit _, et qu’elle s’efforce de distinguer, et de la « compassion« , et de la « charité » ;
    …
    il n’en demeure pas moins que le point commun

    _ et proprement nodal ! _

    aux « regards » de Fabienne Brugère, de James Gray et de Michaël Foessel
    _ soit un cinéaste new-yorkais et deux philosophes d’Outre-Atlantique (français)… _
    est bien le concept _ qui me paraît crucial, en effet _, de « vulnérabilité » humaine.
    …
    Avec la conséquence qu’il faudra « mettre en chantier »,

    et non sans même une certaine « urgence » _ dont l’appréciation dépend en partie de la conjoncture politico-économique ! _ ;
    …
    « mettre en chantier »

    une « anthropologie fondamentale »
    de l’ »humain » comme sujet

    _ et non « objet »

    de ce que qu’Axel Honneth appelle, à nouveau (après d’autres), la « réification« , en son récent « La réification _ petit traité de théorie critique« , paru en traduction française aux Éditions Gallimard en février 2007 ;
    …
    et comme, « aussi, et en même temps, fin »
    _ et non « seulement moyen »,
    comme je me suis autorisé à l’indiquer en un autre de mes récents articles, celui du 18 novembre : « Conversation de fond avec un philosophe« .
    …
    J’ajouterai, encore, que,
    comme le souligne bien à diverses reprises Fabienne Brugère en son essai,
    les philosophes du « care » ont le souci de ne pas en rester à une approche seulement théorique, formelle et juridique _ générale _ du rapport à « l’autre » ;
    …
    mais incitent à une pratique effective et singulière, au cas par cas, de la « sollicitude » à l’égard des plus vulnérables et blessés,
    notamment parmi les « exclus »
    de la société néo-libérale, surtout…

    …

    En relisant le livre _ par mes soins annoté _ de Michaël Foessel, « La Privation de l’intime_ mises en scène politiques des sentiments« ,

    je m’aperçois, après en avoir abordé l’idée au téléphone avec Fabienne Brugère, qu’il centre toute sa troisième partie sur la « sollicitude » et la « vulnérablité » humaines…

    …

    Lisons :

    Page 112, après avoir montré que « l’amour n’implique nullement de rompre avec le monde« , il pose : « Mais il faut aller plus loin en demandant ce qu’il y a de commun entre la démocratie et l’intime. Comment expliquer que la même menace pèse sur l’un et sur l’autre ? Peut-on dessiner les traits d’une vulnérabilité du « vivre ensemble » qui caractérise autant la sphère personnelle que celle des liens politiques ? »

    …

    Michaël Foessel en vient alors à une analyse de la « sollicitude« , page 127 :

    « Dans ses relations intimes, un individu attend des autres qu’ils lui permettent d’acquérir une confiance en lui-même qui est la première forme de l’estime sociale. On peut appeler « sollicitude » cette forme de reconnaissance affective, à condition de distinguer ce sentiment _ -ci _ de la pitié ou de la compassion, où le sujet _ qui s’y adonne _ jouit de se savoir _ lui _ secrètement épargné _ par la misère ou le malheur qui accable l’autre ; à la Lucrèce du « Suave mari magno… » du « De natura rerum« …

    …

    La sollicitude désigne le soin que l’on prend de l’autre, en tant qu’il n’est pas vécu comme une charge pour celui qui le prodigue, ni comme un dû pour celui qui le reçoit _ hors du calcul d’intérêt du contrat, nous voici plongés, celui qui « prodigue«  le « soin« , l’égard, comme celui qui le « reçoit », d’emblée dans l’ordre _ absolument généreux, lui ! _ de la grâce… Le point est d’importance _ en effet ! _ : à l’instar de toute relation intime _ amour, amitié : toujours uniques ! ni interchangeables, ni remplaçables ! _, la sollicitude est réciproque. Il n’y a pas d’un côté celui qui « donne », de l’autre celui qui « reçoit ». Les rôles de l’agent et du patient sont réversibles, puisque même le sujet qui offre son aide ou sa présence accepte d’être _ au moins _ instruit par l’autre » _ l’amour et l’amitié vont beaucoup plus loin, bien sûr, sur le don (de soi) et l’accueil (de l’autre) : le don y étant absolu ; au point que c’en est même un critère ; ou un révélateur !

    …

    Pour un exemple cependant « limite » (d’amour), je citerai ce que nous donne à voir Patrice Chéreau dans son très fascinant « Intimité » _ « Intimacy« , à Londres, en 2000 : en matière de don charnel de soi (à l’autre)…

    …

    Avec ces effets-ci : « Loin de se cantonner à la sympathie pour la souffrance, la reconnaissance affectuve joue un rôle dans la prise de conscience, par un sujet, de sa faculté d’agir. Le point commun à toutes les théories de la reconnaissance réside dans cette conviction que la constitution du Moi est inter-subjective« , page 128.

    …

    Et sur l’ »intime« , ceci, page 142 : « L’intime désigne un ensemble d’expériences où le savoir ne fonctionne plus comme la promesse d’une maîtrise _ technique, reproductible, mécanisable. Ainsi que le note Judith Butler, « la reconnaissance commence avec l’idée que l’on est perdu dans l’autre, absorbé dans et par une altérité que l’on est et que l’on n’est pas » _ in « Défaire le genre« , aux Editions Amsterdam, en 2006, page 272. Dans une relation intime, il est exclu de se retrouver tel que l’on était au départ. C’est le sens de la décision implicite qui préside à n’importe quel rapport d’intimité, et qui consiste à concéder à un autre le droit de porter un discours de vérité sur soi _ amour comme amitié sont « connaissance » en vérité ! (…) Le véritable désir, emblème d’une forme de liberté _ dit alors magnifiquement Michaël Foessel, page 143 _ est celui de se trouver lié à l’autre » _ en pareille vérité révélée (alors entre soi) : un beau risque ! Et par là « l’intime désigne un apprentissage de la précarité«  _ des soi qui s’y livrent, en se donnant (à cette altérité-là)…

    …

    Vient alors la conclusion, pages 157-158 : « L’intime est un ensemble de liens qui nous constituent et nous dépossèdent _ et décentrent : on est loin de s’y retrouver inchangé ! La préservation _ à défaut d’avancée, ou a fortiori de « conquête » _ de l’authenticité _ terme de vérité crucial et nodal en pareille affaire ! _ est une indication pour aborder la démocratie _ avec une relative confiance (et foi) _ depuis le point où elle s’apparente à l’intime : sa vulnérabilité.« 

    …

    Et c’est donc sur ce terme de « vulnérabilité« 

    _ capacité de recevoir une certaine dose (non mortelle) de blessure faisant un minimum souffrir _,

    que s’achève ce beau livre de salubrités personnelles et collectives démocratiques (ou civilisationnelles) de Michaël Foessel : « La Privation de l’intime« .

    …
    A mardi 18 heures, 15 rue Vital-Carles,

    pour écouter Fabienne Brugère

    aussi sur la « vulnérabilité« , à partir du « Sexe de la sollicitude« …

    …

    Sans négliger, non plus, de courir aller voir _ ou plutôt regarder _ le « Two lovers » de James Gray…

    …

    Titus Curiosus, ce 22 novembre 2008

    …
    …

    Post-scriptum :

    …

    je peux

    _ et même dois ! _

    encore ajouter la conclusion _ terrible ! _ d’Yves Michaud à propos de la « sollicitude« ,

    en le plus récent article_ à ce jour _ de son (excellent !) blog « Traverses« , sur le site de Libération,

    quant à l’impératif prioritaire

    de pratiquer _ « effectivement », sur-ajouterais-je, pléonastiquement !… _ la sollicitude, et ne pas faire seulement qu’en parler ou en écrire… :

    …

    « Un suicide dans les règles (5) : sur la sollicitude des philosophes et la sollicitude heideggerienne en particulier« 

    …

    cf là-dessus mon article du 20 novembre :

    « Le suicide d’une philosophe : de la valeur de vérité (et de justice) dans le marigot des (petits) accommodements d’intérêts (4 _ en forme d’apothéose)« …

    …

    Cela nous rappelle bien des « pratiques » politiques d’aujourd’hui

    « rongeant » (gravement…) la « réalité » même de la démocratie :

    …

    dire _ et « proclamer » sur l’estrade ; « où sont les caméras ? » _

    en même temps qu’on « fait » _ hors estrade, et hors caméras _

    tout le contraire exactement de cela…

    …
    Soit la pratique _ « magicienne » _ de bonimenteur

    du camelot,

    dans le jeu _ virtuôse, voire virtuôsissime ! _ de bonneteau…

    …

    Éthique, politique, vérité, droit, justice : ou les enjeux bien réels de l’ »authenticité« ,

    dans l’éventail déployé des « pratiques », en camaïeu :

    de la sphère de l’ »intime« , à la vie publique de la démocratie,

    en passant par le champ ouvert de la « sollicitude« …

  • « Two Lovers » _ ou de l’ »humanité » vraie du « care » dans le regard cinématographique de James Gray

    Sur le bouleversant film « Two lovers » de James Gray, sur les écrans français depuis mercredi 19 novembre ;

    et son « usage » sublime du « care » :

    …

    Je sors ébloui et ravi de la première séance (de 11 heures) du 4ème film de James Gray : « Two lovers« 

    _ ou quelque chose, pour moi, comme « du care«  :

    …

    après trois œuvres déjà impressionnantes (de beauté) dans le genre « polar » de ce « très grand » James Gray : « Little Odessa« , en 1994 ; « The Yards« , en 2000 ; et « We own the night » (ou, en français, « La nuit nous appartient« , il y a tout juste un an), en 2007…
    …
    Déjà le titre

    _ en dépit qu’au générique (celui de la v. o.) le titre « Two lovers«  suive immédiatement les noms des deux « premiers » interprètes : Joaquin Phœnix et Gwyneth Paltrow  ; s’agirait-il donc, quant à ces « two lovers« , des deux personnages _ Léonard, Michelle _ que ces deux acteurs-là, ainsi mis en relief, incarnent ?.. _,

    …
    déjà le titre _ « Two lovers« _, donc,

    est ambigü ;

    …

    même si l’amour est d’abord, le plus visiblement _ bien sûr ! _, une relation duelle

    (de deux corps…) ;
    …
    car dans ces relations
    _ plurielles ! _ d’amour-là, dans ce film-ci, « Two lovers« , de James Gray,
    la relation n’est,

    apparait-il ici

    _ et davantage, pourrait-on, donc, dire, que jamais ! : sublimement !!! _ ;

    …

    la relation n’est

    jamais, en aucun de ces (divers) cas d’amour-là (de ce film), simplement

    et uniment

    duelle…

    …

    Pareille « ambiguïté« ,

    si telle ambiguïté il y a bien

    _ ou complexité de quelque chose comme une ambivalence au cœur même de l’amour, ou du désir (amoureux), éprouvé _ ;

    …

    pareille complexité (d’ambivalence) et ambiguïté

    est-elle,

    même,

    profondément voulue _ jusqu’à en faire le cœur battant du titre de son film-œuvre _ ;

    …

    profondément voulue, donc, par l’auteur,

    l’immense artiste qu’est James Gray ?..

    …
    Il nous faut, nous

    _ chacun des « spectateurs«  (actifs

    cf sur ce qu’est

    « être vaiment » « spectator »

    et « L’Acte esthétique« , de Baldine Saint-Girons ;

    et « Homo spectator« , de Marie-José Mondzain) _;

    …

    il nous faut nous y interroger :

    car c’est d’abord à cette énigme (fondamentale !)-là

    de la relation (d’amour) entre deux êtres « humains«  : « non-inhumains« , veux-je dire

    _ cf Bernard Stiegler en son « Prendre soin _ de la jeunesse et des générations » ;

    je reviens toujours, forcément, aux mêmes fondamentaux de ma réflexion æsthétique _ et « humaniste » !.. : les deux sont viscéralement liés, conjoints ! ;

    …

    que ce film « tendre »

    vient frontalement

    et en _ et par _ son immense et terrible douceur _ à distance océanique du mélo !!! _

    sublimement _ Baldine… _ nous confronter…

    …
    Nous sommes confrontés, tout en douceur et délicatesse, à,

    et profondément émus, touchés et complètement remués et retournés, par
    les permanentes ambivalences de l’ »humain » le plus authentique, en cette ambivalente complexité même (de l’amour vrai), qu’il _ nous _ faut, en effet, nous _ « spectateurs » _, « assumer » : comme assez rarement au cinéma,
    en une véritable (modeste en même temps, et sans esbroufe) « œuvre » (d’art) cinématographique.

    …
    De même que les personnages, eux aussi _ (l’amant _ the « lover« ) Léonard, (l’amante _ the « lover« ) Sandra, (l’amante _ the « lover« ) Michelle _, évoluent, changent, se métamorphosent,

    à la fois lentement, quasi insensiblement, sans manœuvre brutale (= esbroufe) de la caméra, ni changement grossier (= vulgarité) du décor _ même si on change (et magnifiquement) de « quartier » (de New-York :

    ô combien amoureusement la ville de James Gray est-elle ici filmée par cet enfant de Brighton Beach, à Coney Island, qu’est James Gray !) _,

    …

    tout est doux, tout se déploie sans brusquerie aucune, ni coup de revolver, pour une fois,

    …

    et sous le choc des « accidents » _ contingents _ qui les effleurent, touchent, blessent, jettent à terre, et, même, à l’occasion, presque les noient,

    littéralement,

    ces « personnages »…

    …
    qui ont

    _ ou/et connaissent, ainsi :

    et il leur faut un minimum de temps, forcément, pour essayer de « s’en remettre » _

    leurs chutes de tension _ dé-préssurisation _, là, à terre…
    …
    Le personnage de Léonard Kraditor _ qu’incarne « magiquement », et magistralement dans sa quintessence (sublime) d’ »humanité » !.. ; quel « acteur » !.. ;

    en ses métamorphoses physiques,

    de la balourdise la plus traînante (et courbure de dos, juste ce qu’il faut, pataude),

    à la grâce de la lumière, et de la danse, et de l’éclat _ de diamant _ de son regard, perçant et « droit »sous le velours d’un voile infinie de tristesse,

    un plus qu’ »évident » Joaquin Phœnix _ ;
    …
    le personnage de Léonard Kraditor, donc,
    un trentenaire célibataire qui vit, loge, habite et travaille chez « papa et maman »,
    est partagé,

    …

    sans compter la toute première fiancée partie, enfuie

    _ présente en forme de photo encadrée au chevet de son lit, dans sa chambre _,

    qu’il n’a pas pu

    _ pour raison médicale (leurs enfants auraient été « porteurs malades » d’une maladie dont ces deux fiancés-là étaient et sont « porteurs sains ») _ ;
    …
    sans compter, donc, la toute première fiancée qu’il n’a pas pu

    épouser ;

    …

    qui l’a quitté et mis au désespoir

    en s’enfuyant,

    et sans que, pour jamais, il puisse la « re-joindre »

    …

    _ d’où plusieurs tentatives de suicide

    dont celle par noyade en ouverture, sublime, du film

    _ tranquillement alentie :

    juste avant, le convoyeur (de la blanchisserie paternelle, nous le découvrirons un peu plus tard) laisse glisser à terre, sur le ponton, ou pont-passerelle, l’étui à vêtements (nettoyés à sec) qu’il était chargé, donc, de convoyer à un client de la blanchisserie : se lit par dessus le porte-manteau du vêtement nettoyé : « we love _ avec un gros cœur rouge _ our customers« … _

    …

    dont celle par noyade en ouverture, donc,

    du film, de depuis un ponton, ou un pont-passerelle, pour piétons : la scène, dans la douceur moite d’un crépuscule d’automne new-yorkais, est proprement « magique » ! ;

    …

    en plus de s’être tailladé les veines du poignet gauche ;
    et de divers séjours à l’hôpital pour « troubles bi-polaires« … ;

    …
    le personnage de Léonard Kraditor, donc, est partagé

    entre deux femmes qu’il aime

    _ et aime aussi physiquenent, charnellement (à l’écran, dans ce que nous donne à voir, ou nous montre, de l’intimité ;

    …

    (sur cette « intimité » du personnage de Léonard,

    je pense ici au magnifique « La Privation de l’intime » de Michaël Foessel ;

    cf mon article « La pulvérisation maintenant de l’intime : une menace envers la réalité de la démocratie »  ;

    ainsi qu’au très beau « Amitier » de Gilles Tiberghien :

    cf mon article « L’acte d’ »amitier » : pour une anthropologie fondamentale (du sujet actant)« ) ;

    …

    dans ce que nous donne à voir de l’ »intimité »

    _ = « des liens à » (d’autres sujets _ et non « objets » _ humains), nous a excellemment montré Michaël Foessel _,

    de Léonard

    et des autres _ au moins deux, si l’on en croit le titre : « Two lovers » _ des « lovers in love« ,

    la caméra pudique

    _ toujours superbe de puissance autant que de délicatesse, quant à ce qui secoue physiquement ces amants… _

    du magnifique James Gray) :
    …
    la brune Sandra Cohen

    _ qu’incarne l’excellente, toute de sobriété attentive et tendre (« care« ), Vinessa Shaw _

    qui l’a « remarqué », lui, Léonard, à la boutique (de blanchisserie-teinturerie) où il traîne tant bien que mal sa dégingandée carcasse (et promène erratiquement, sans se fixer sur grand chose, ses yeux de velours) ;

    …

    et à laquelle il plaît (déjà) bien… ;

    …

    et que les deux familles (les Kraditor et les Cohen _ professionnellement alliés : en voie d’association) voudraient (bien) lui voir épouser ;
    …
    et Michelle, une intrigante superbe « voisine » blonde, tout récemment installée _ par un (riche) amant marié _, de l’autre côté de la cour de l’immeuble (de briques de couleur ocre) ;
    …
    tandis que ce personnage de Michelle

    _ qu’incarne (avec beaucoup, beaucoup d’élégance, et de charme, et jamais trace d’hystérie) Gwyneth Paltrow _

    ne parvient pas, « de son côté », à quitter

    l’homme marié
    _ riche, et d’une génération plus âgée que la sienne
    (ce dernier, Ronald Blatt, confie à Léonard qu’il a lui-même un fils _ d’une trentaine d’années, vraisemblablement, lui aussi _ qui lui ressemble étrangement, en son allure quelque peu « empruntée »… _) ;
    …
    ne parvient pas à quitter l’homme marié, donc,

    qui lui-même ne se décide décidément pas à quitter sa (propre) femme-épouse
    pour épouser (et vivre complètement avec) sa maîtresse,
    qu’il vient
    ,
    quand débute le film,
    d’installer (faire aménager), donc, dans le quartier _ un peu délabré : Brighton Beach, sur Coney Island, à New-York  _ où habite encore sa propre mère âgée…
    …

    Soit un portrait d’ »humanité »,

    notamment, et d’abord, de Léonard _ qu’incarne si magistralement Joaquin Phœnix (Chapeau !) ;

    et de Sandra _ splendidement attentive et bienveillante (ou le « care » :

    Sandra offre à Léonard une paire de gants protecteurs),

    en ce qu’en donne la très belle, elle aussi, et non transparente, Vinessa Shaw ;

    …

    sans oublier la figure extraordinairement attentive de la mère, Ruth Kraditor, portée par une radieusement sobre et belle (et aimante) Isabella Rossellini

    _ fille d’Ingrid Bergmann et Roberto Rossellini ;

    à la formidable « humaine » présence…

    …

    Soit une œuvre (de cinéma) majeure _ sublime, oui ! _ de James Gray, que ce « Two lovers« ,

    sur ce qui demeure, encore, un peu, de plus « humain » _ si vulnérable _ dans notre humanité de plus en plus inattentive (= « in-humaine« , barbare)…

    …

    Titus Curiosus, le 21 novembre 2008

  • Conversation _ de fond _ avec un philosophe : sans cesse (se) demander « Qu’est ce donc, vraiment, que l’homme ? » Pas un « moyen », mais un sujet ; un (se) construire _ avec d’autres _, pas un utiliser, jeter, détruire

    Petites _ ou élémentaires, basiques (et vraies) _ conversations

    avec un (vrai) philosophe,

    Michaël Foessel,

    l’auteur de « La Privation de l’intime_ mises en scène politiques des sentiments« , paru ce mois d’octobre aux Éditions du Seuil,

    et de l’article « Néolibéralisme versus libéralisme ? » dans le numéro (11) de novembre de la Revue Esprit :”Dans la tourmente (1). Aux sources de la crise financière« .

    …

    A l’envoi de mon article (du 11 novembre) sur ce blog-ci, « la pulvérisation maintenant de l’intime : une menace envers la réalité de la démocratie« ,

    Michaël Foessel a l’amabilité de me répondre, très sobrement, ceci :

    …

    De :   Michaël Foessel

    Objet : re: Article sur « La Privation de l’intime »
    Date : 14 novembre 2008 14:37:08 HNEC
    À :   Titus Curiosus

    …

    « Merci beaucoup d’avoir rédigé cet article. Il est à la fois juste et original, mettant parfaitement en lumière les points saillants du livre.
    …
    Très cordialement
     »

    Michaël Foessel

    …

    Je lui réponds alors _ moins sobrement _ ceci :

    …

    De :   Titus Curiosus

    Objet : Article

    Date : 14 novembre 2008 17:31:18 HNEC
    À :   Michaël Foessel

    …

    « Je suis ravi que ma « proposition de lecture » de « La Privation de l’intime«  ne vous choque pas trop :
    c’est un « essai » de lecture et de « compte-rendu » à la fois se voulant assez objectif,
    et exprimant aussi un regard, un point de vue _ le mien _ sur votre travail…

    …
    Hier soir, au repas qui a suivi la conférence de Bernard Sève sur Montaigne,
    pour la Société de philosophie de Bordeaux,
    et que Céline Spector et moi-même avons « introduite », « présentée » à la librairie La Machine à Lire,
    la conversation (en petit comité) fut très agréable et stimulante (la crise, Obama, le PS, etc…)…
    Et nous avons aussi un peu parlé de votre travail…
    …
    Je me réjouis de l »actualité » particulière des questions que vous soulevez ;
    même si ce sont des questions de fond et de longue haleine…

    …
    J’aimerais tant croire que le 4 novembre
    « l’espoir vient de changer de camp depuis 30 ans« 
    ,
    ainsi que commençait Laurent Joffrin son éditorial de Libé le 6 novembre…
    …
    Pour curiosité, si vous avez du temps _ je suis prolixe, hélas _,
    voici l’article sur la conférence de Bernard Sève que j’ai « mitonné » de bon matin,
    avant de partir pour 9h 30 à un colloque (sur « la Grande Guerre« ) à Agen, dont je suis de retour à l’instant…
    « Jubilatoire conférence hier soir de Bernard Sève sur le tissage de l’écriture et de la pensée de Montaigne »
    Titus Curiosus

    …

    Puis :

    …

    De :   Titus Curiosus

    Objet : Penser le moment pour mieux fonder l’agir
    Date : 15 novembre 2008 17:33:49 HNEC
    À :   Michaël Foessel

    …

    Cher Michaël,
    …
    La librairie Mollat m’a prévenu immédiatement de leur réception du numéro de novembre d’Esprit.
    …
    Et je viens de lire vos 2 articles.
    Je me permets d’y réagir immédiatement :

    …

    au fond, il me semble qu’une priorité pourrait être de faire le point sur les diverses anthropologies possibles
    _ y compris, la prise en compte de l’hypothèse de sa radicale absurdité (dans un total artificialisme), d’une part _ il faudrait ici relire « L’Anti-nature » de Clément Rosset, toujours assez fin… ;

    …

    et y compris, d’autre part, envisager la position kantienne (et le caractère en partie subordonné de tout « état de fait » vis-à-vis des « impératifs » de l’ »exigence rationnelle de droit »…
    …
    En tout cas,
    réfléchir à une sorte de statut de l’anthropologie…

    …

    Nous ne sommes guère loin de la 4ème _ et LA fondamentale ! _ question kantienne : « Qu’est-ce que l’homme ?« 
    …
    En tout cas,

    la connaissance « historique » des théories empiristes, ainsi que des théories du pragmatisme,

    paraît bien utile
    pour s’éclairer face,

    sinon aux impasses (version pessimiste),

    du moins aux (relatifs) changement de mains, de donnes, de jeu,
    des divers pouvoirs (et forces) sur le terrain aujourd’hui : version plus optimiste, qui me séduit de prime abord…
    Mais je n’y ai pas assez réfléchi.

    …
    Voilà quelques pistes que mes ignorances et mon questionnement, par rapport à ma propre culture (avec ses trous) philosophique, me permettent d’esquisser.
    Vous semblez beaucoup plus avancé, ne serait-ce que par le terreau des échanges philosophiques que vous pouvez avoir à Paris (ou ailleurs, comme aux Etats-Unis, par exemple ; ou en Allemagne…)…
    …
    Merci pour votre grande clarté d’explication.
    …
    Comprendre notre présent, l’aménager autant que, à notre échelle, et au milieu d’autres, nous le pouvons,
    me paraît une proposition d’action dynamisante…
    Et c’est ce dont nous avons maintenant besoin.

    …
    Yes, we can ; en France et en Europe aussi…
    …

    Bien à vous,
    …
    Titus Curiosus

    …

    Sa réponse, magnifique de sobriété :

    …

    De :   Michaël Foessel

    Objet : re: Penser le moment pour mieux fonder l’agir
    Date : 17 novembre 2008 17:12:45 HNEC
    À :   Titus Curiosus

    …

    « Vous avez raison, c’est bien le statut de l’anthropologie qui est en jeu, et la question de son rapport aux normes.

    Ce que j’ai essayé de montrer dans l’article d’Esprit est qu’il faut s’abstenir autant que possible de toute anthropologie normative dès lors que l’on s’occupe de politique.

    Une leçon qui est celle de Kant,

    mais aussi finalement celle de Montaigne dont vous a parlé Bernard Sève pour qui j’ai beaucoup d’admiration.
    J’espère que nous aurons l’occasion d’en parler à Bordeaux.
    …
    Très cordialement »
    Michaël Foessel

    …

    Soit l’incessant tranquille et inquiet souci philosophique :

    …

    « en _ perpétuel _ éveil« , dirait Bernard Sève

    après, et d’après, notre cher Montaigne, en son indispensable « Montaigne. Des règles pour l’esprit » ;

    …

    mais aussi la leçon cent fois remise sur le tapis (pédagogique de ses « Propos« )

    d’Alain ;

    …

    ainsi que de la cohorte défilante, un par un, de tous les philosophes, au fond :

    …

    à quoi (nous) « appellent »-ils donc, ceux-ci, les philosophes authentiques,

    sinon à « enfin penser »

    « de frais »,

    et « à nouveaux frais »

    _ d’un esprit sans cesse à « r-éveiller » de sa torpeur,

    si dangereusement assoupissante ?.. _ ;

    …

    « enfin penser » « de frais » le réel

    en vérité ?!..

    …
    Soit,

    je reprends mot à mot les termes mêmes de mon titre pour cet article-ci :

    …

    conversation de fond :

    sans cesse se demander : « Qu’est-ce donc, vraiment, que l’homme ?« 

    …

    Pas rien qu’un moyen, qu’un objet,

    pas seulement rien qu’un outil (dans les échanges de services) ;

    …

    et jamais, en tout cas, une marchandise

    _ ni, a fortiori, de la « chair à canons » _ ;

    …

    mais toujours aussi un sujet,

    avec un visage ;

    …

    un sujet à (se) construire, lui, avec toute l’amplitude d’une riche palette de rapports et liens

    _ affectifs (ou « intimes ») _

    avec d’autres sujets (et non pas « objets ») ;

    …

    en sa liberté, à « se forger » : même si elle n’est certes pas « de fer » !!! _ ;

    …

    en _ et par _ tout un art

    (et pas une technique ! a fortiori mécanique !)

    de ce (se) construire ;

    …

    à rebours d’un réducteur _ purement instrumental ! _ « utiliser » ;

    …

    et « jeter » et « détruire », comme un rebut et une ordure, après « usage » _ bien « propret » ! _ strictement utilitaire (de l’utilitarisme…)… 

    …

    Titus Curiosus, ce 18 novembre 2008