Étiquette : Jean-Charles Hoffelé

  • Absolument stupéfiant : le « Bolero » parfait de sensualité en sa plus stricte scrupuleuse justesse, et vie, de François-Xavier Roth et Les Siècles…

    En la série superbe de ses enregistrements raveliens,

    François Xavier Roth et son ensemble Les Siècles, viennent de nous offrir _ avec « L’Heure espagnole« … _ un « Boléro » de Ravel absolument parfait ! _ en écouter ici les sublimissimes 15′ 16 du podcast !!!

    …

    À un point tout simplement stupéfiant…

    …

    …

    Soit l’album Harmonia Mundi HMM 905361.

    …

    …

    Voici ce que de l’ensemble de cet album _ et surtout, d’ailleurs, de « L’Heure espagnole« … _, sur son site Discophilia,

    et sous l’excellent intitulé « Fantaisie française« ,

    en dit l’excellent Jean-Charles Hoffelé :

    …

    …

    FANTAISIE FRANÇAISE

    Qu’on ne s’y trompe pas, l’Espagne de fantaisie _ tout à fait ! _ qu’illustre Maurice Ravel dans son orchestre épicé (et pas seulement horloger), est un pur prétexte _ voilà… _ à l’Esprit français de _ finesse de _ la conversation _ clarissime _ qu’illustre avec un brio canaille _ mais dénué de la moindre vulgarité… _ le formidable livret de Franc-Nohain.

    …

    …

    Il y faut mettre une prononciation vive et subtile _ oui _, infiniment mouvante _ voilà _ à l’égal d’un orchestre pensé en partenaire de chambre, ce que Les Siècles font entendre mieux qu’aucune autre formation _ voilà ! c’est là on ne peut plus excellemment dit. À ce jour, le disque n’aura capturé que des formations dont le format sonore était souvent trop opulent, seulement idéalement apparié avec le quintette final _ soit la sublime scène XXI (voir ici la vidéo) de cette « Heure espagnole« -ci…

    …

    …

    Les timbres des instruments français peu ou prou de l’époque de Ravel _ et c’est un formidable plus ! _ rétablissent un _ magnifique, époustouflant... _ équilibre _ idéal ! _ entre la finesse _ subtilissime de cocasse… _ des parties vocales et l’art tour à tour évocateur (écoutez comment les instruments « frisent » autour de l’entrée de Gonzalve, qui chante d’abord sous le balcon), ou impétueux, de l’habillage orchestral _ somptueux, idéal, de ce sublime orchestrateur qu’était Ravel… Quelle cambrure dans l’air de Concepcion et quel caractère chez Isabelle Druet. Aurait-elle entendu Fanny Heldy, amoureuse avec cravache ? C’est possible, elle n’en est pas à sa première horlogère, y compris au disque, mais elle a encore raffiné son personnage depuis son enregistrement lyonnais pour Leonard Slatkin.

    …

    …

    Subtilités dans la restitution des fantaisies _ oui _ de Franc-Nohain, exactitude absolue _ oui _ pour les notes et la prosodie de Ravel, surtout aucune caricature _ en effet _, ce que l’œuvre risque souvent à force de grossissement des personnages.

    …

    …

    Merveilleux Loïc Félix dont on sent la tendresse pour son épouse infidèle, formidable Jean Teitgen dans un Don Inigo Gomez plus amoureux que potentat – sa petite aria avant d’entrer dans l’horloge est délicieuse –, déménageur certes amateur mais surtout bon garçon et jamais benêt selon Thomas Dolié. La palme revient surtout au Gonzalve, juste lunaire comme il faut, de Julien Behr qui varie son personnage : on le comparera à lui-même en réécoutant la version d’Asher Fisch (voir ici) _ tout cela rendant parfaite justice à ces si savoureux et intelligents chanteurs.

    …

    …

    François-Xavier Roth et Les Siècles ajoutent en _ plus que luxueuse… _ coda le Boléro, hypnotique _ oui, oui, oui _ revue de détail de la machine orchestrale qui rayonne _ à la perfection !!! _ de timbres épicés et de rythmes brillants. Magnifique, et au tempo giusto _ voilà. La perfection !

    …

    …

    LE DISQUE DU JOUR

    Maurice Ravel (1875-1937)

    …
    L’Heure espagnole, M. 52
    Boléro, M. 81

    …

    Isabelle Druet, mezzo-soprano (Concepcion)
    Julien Behr, ténor (Gonzalve)
    Loïc Félix, ténor (Torquemada)
    Thomas Dolié, baryton (Ramiro)
    Jean Teitgen, basse (Don Inigo Gomez)

    …

    Les Siècles
    François-Xavier Roth, direction

    …

    Un album du label harmonia mundi HMM905361

    …

    Photo à la une : le chef d’orchestre François-Xavier Roth – Photo : © Holger Talinski

    …

    …

    Et voici aussi

    ce que,

    impatient, lui aussi, comme moi, d’entendre en toute priorité le « Bolero » de Ravel de François-Xavier Roth et ses Siècles en ce tout nouvel album de sa magnifique Intégrale Ravel en cours,

    dit de cet extraordinaire « Bolero« -ci de François-Xavier Roth à la tête des Siècles,

    Bertrand Balmitgere, sur l’excellent site de Crescendo, en un article intitulé, lui, « François-Xavier Roth en Hispanie : l’Intégrale Ravel à l’heure de Bolero » :

    …

    …

    François-Xavier Roth en Hispanie : l’intégrale Ravel à l’heure de Bolero

    …

    …
    LE 17 JUIN 2023 par Bertrand Balmitger
    …
    …
    …
    …

    …

    …

    Maurice Ravel (1875-1937) :

    L’Heure espagnole, M.52 ; Bolero, M.81 (Version originale Ballet 1928).

    Isabelle Druet, mezzo-soprano ; Julien Behr, ténor ; Lotte Félix, ténor ; Thomas Dolié, baryton ; Jean Teitgen, basse.

    Les Siècle, direction : François-Xavier Roth. 2021.

    Livret en : français, anglais et allemand.

    Texte chanté en français, traduction en anglais.

    64’36.

    Harmonia Mundi. HMM905361.

    …

    …

    Nous l’attendions avec ferveur _ oui _ depuis de longues semaines… le voici enfin ! _ voilà ! Le nouvel opus de ce qui est sûrement le cycle le plus excitant du moment _ oui : quelle interprétation de pareille sublime musique ! _, à savoir les tribulations de François-Xavier Roth au sein de l’œuvre de Maurice Ravel. Ce dernier vole de succès en succès _ oui ! _ pour le plus grand bonheur de nos cœurs et de nos oreilles. Alors forcément quand s’annoncent l’Heure Espagnole et le Bolero, on ne tient plus en place !  _ mais on se précipite sur l’objet disque…

    …

    …

    A tout seigneur tout honneur. Commençons donc par le totem de la musique orchestrale hexagonale. « Un ballet à caractère espagnol », tel est le Bolero de Maurice Ravel, interprété ici dans la version originale ballet 1928 (avec, entre autres, des castagnettes) restaurée par la RAVEL EDITION _ voilà. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la lecture que nous en donnent François-Xavier Roth et son Orchestre des Siècles ne manque pas de caractère et d’identité. C’est un véritable diorama du Piel de Toro. La réussite est totale _ oui ! _ et ne trouve d’équivalent que chez John Wilson (Chandos) ou Igor Markevitch (RTVE/Decca), c’est dire ! _ avec, en plus, la merveille des instruments choisis, et idéalement servis par une somptueuse prise de son de Jiri Heger et Alice Ragon.

    …

    …

    Le résultat est à la hauteur de nos espérances et de notre attente _ c’est dit. Clarté, lucidité et intelligence _ oui : au service le plus humble de la plus scrupuleuse sensualité ravelienne ! Comme, bien sûr, cela se doit ; sans le moindre pathos, ni écart à l’égard du texte musical extrêmement précis de Maurice Ravel, l’horloger suisse… _, Roth est encore et toujours au sommet de son art _ oui ! tout simplement, oui ! La rigueur et la minutie _ voilà ! _ qui caractérisent sa direction n’empêchent en rien _ et surtout pas _ la vie, les couleurs chatoyantes et une petite dose subtile de folie _ tout cela est, voilà, parfaitement senti et dit ici…

    …

    …

    Ces mêmes qualités sont indispensables dans la seconde œuvre de cet opus, L’Heure Espagnole. En effet, si on en exagère trop les traits, c’est très rapidement le dérapage, la faute de goût ou, pire, le grotesque _ exactement. Ravel est de la famille musicale de François Couperin ; et exige le plus parfait tact de la plus parfaite justesse et délicatesse, à vif mais sans pathos, ni écart de goût… Cette comédie est poétique _ oui _, un petit trésor de subtilité _ oui ! ; Ravel est toujours de la plus fine subtilité, dans le plus parfait sentiment naturel d’évidence…  _ et non un vaudeville. Elle requiert donc à sa tête un alchimiste capable d’allier _ voilà _ les sourires _ nets, mais jamais gros, ni encore moins grossiers, du texte _ et l’émotion _ profonde, en son extrême discrétion et politesse (très française)… _ qui naît de la musique. Nous savons pouvoir compter sur François-Xavier Roth pour préserver l’esprit ravélien _ si singulier _ dans toutes ses dimensions _ voilà : feuilletées, en effet, et oxymoriques, sans jamais le moindre chichi, ni préciosité incongrue, mal venue… Saluons bien évidemment la performance de haute volée de l’ensemble de la distribution vocale : Isabelle Druet, Julien Behr, Loïc Félix, Thomas Dolié, Jean Teitgen et Mathieu Pordoy _ chef de chant.

    …

    …

    Vous l’avez compris c’est encore un total succès _ oui ! _, un de plus dans ce qui apparaît de plus en plus comme un parcours quasi sans faute.

    …

    …

    Son : 10 – Livret : 10 –  Répertoire : 10 – Interprétation : 10

    …

    …

    Bertrand Balmitgère

    …

    …

    Une réussite incomparable, donc, que ce stupéfiant « Bolero« -là de Maurice Ravel par François-Xavier Roth…

    …

    …

    Et j’ai préféré, pour ma part, réserver à demain, l’écoute-désouverte de cette « Heure espagnole« -ci de François-Xavier Roth et ses Siècles.

    …

    …

    À demain dimanche, donc…

    …

    …

    Ce samedi 17 juin 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le génie de claviériste de Benjamin Alard (suite) : à nouveau le volume 8 de son « Johann Sebastian Bach : The complete works for keyboard : For Maria Barbara »…

    En quelque sorte en complément de mes deux articles des 13 et 14 mai derniers,

    « « 

    et « « ,

    …

    voici en date d’hier 15 juin 2023,

    cet article-ci de Jean-Charles Hoffelé, intitulé « Pour Maria Barbara« , à propos de l’album triple, lui-même intitulé « Köthen 1717 – 1723 For Maria Barbara« , soit le volume 8 de l’intégrale en cours, par Benjamin Alard, de « The complete works for keyboard » de Johann Sebastian Bach,

    soit l’album Harmonia Mundi HMM 902469.71 …

    …

    …

    POUR MARIA BARBARA

    Pas d’orgue _ en effet _ cette fois, Benjamin Alard narre les années de Cöthen, endeuillées par la perte de la première épouse de Bach, Maria Barbara, et nous conduit sur deux instruments choisis avec art – un somptueux Couchet-Blanchet conservé au Musée de Provins, et un clavicorde sorti des ateliers d’Émile Jobin en 2018 assorti d’un pédalier – dans l’intimité _ voilà : familiale et affective… _ du compositeur.

    …

    …

    Musique à usage strictement domestique pour les Inventions et les Sinfonias, l’univers intime, les tendres guirlandes de portraits et de danses des Suites françaises que Benjamin Alard assortit de Préludes de François Couperin rejoignant selon lui _ mais oui ! _ cet univers de l’intime.

    …

    …

    Les instruments sont touchants _ oui ! _ autant que le jeu _ si délicat, tellement juste, de Benjamin Alard… _ qui déleste les Inventions et Sinfonias de toute notion pédagogique et donnent aux Suites des fantaisies, un allant _ oui _, une variété _à la française… _ de climat qui en changent l’écoute.

    ..;

    …

    Le claveciniste ajoute _ superbement ! _ quantité de pièces « transcrites » par Bach dans son atelier et pour sa pratique consolatrice durant son veuvage, collections de merveilles _ oui, oui, oui ! _ trop peu enregistrées qui augmentent les pouvoirs poétiques de cette huitième livraison. Écoutez seulement _ aux plages 1 à 4 du premier CD de ce coffret de 3 _ la Deuxième Sonate pour violon _ BWV 1003 _ teintée de nostalgie par cet étonnant clavicorde _ merveilleux ! _ si bien capté _ oui _ par les micros d’Alban Moraud.

    …

    …

    LE DISQUE DU JOUR

    …

    …

    Johann Sebastian Bach(1685-1750)

    …
    The Complete Works for Keyboard, Vol. 8 :
    Köthen, 1717-1723,
    “For Maria Barbara”

    …

    Sonate pour clavier en
    ré mineur, BWV 964

    Partita pour violon seul No. 2 en ré mineur, BWV 1004
    (extrait : V. Chaconne – arr. pour clavier seul)

    Prélude et Fugue pour orgue en ré mineur, BWV 539
    (version au clavicorde avec pédalier)

    Adagio en sol majeur, BWV 968
    Pedal-Exercitium, BWV 598 (version au clavicorde avec pédalier)
    Grande Fantaisie et Fugue en sol mineur, BWV 542 (extrait : I. Fantasia)
    Inventions et Sinfonias, BWV 722-801 (Intégrale)
    Suite française No. 1 en ré mineur, BWV 812
    Suite française No. 5 en sol majeur, BWV 816
    Suite française No. 3 en si mineur, BWV 814
    Suite française No. 4 en mi bémol majeur, BWV 815 (avec Prélude, extrait de la version BWV 815a)
    Suite française No. 2 en ut mineur, BWV 813
    Suite française No. 6 en mi majeur, BWV 817

    …
    François Couperin (1668-1733)
    L’Art de toucher le clavecin (extraits : Préludes en ré mineur, en sol mineur, en si mineur et en mi mineur)

    …

    …

    Benjamin Alard, clavecin

    …

    Un coffret de 3 CD du label harmonia mundi HMM 902469.71

    …

    Photo à la une : le claveciniste Benjamin Alard – Photo : © DR

    …

    …

    Un régal !

    …

    …

    Ce vendredi 16 juin 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • A propos de l’entrée récente de l’ « Ariane et Bacchus » de Marin Marais au catalogue de la discographie (suite)…

    En quelque sorte en complément de mon article du 18 avril dernier « « ,

    …

    vient de paraître avant-hier 12 juin une intéressante recension du double CD Alpha 926 consacré à cette tragédie en musique de 1696 de Marin Marais, par Le Concert spirituel sous la direction d’Hervé Niquet,

    sous la plume de Jean-Charles Hoffelé, sur son site Discophilia, intitulée « Sauvetage de la délaissée » …

    …

    …

    SAUVETAGE DE LA DÉLAISSÉE

    …

    …

    Malheureux Marais ! Il avait hérité, en plus de son art pour la viole, de celui de Lully pour la tragédie lyrique. Las !, l’échec retentissant de Sémélé l’éloignera à jamais de la scène, quatre opéras seulement, dont le premier, Alcide, voyait sa plume encore mariée avec celle du fils du Florentin, Louis. Fidèle parmi les fidèles, après Sémélé, Hervé Niquet se penche sur Ariane et Bacchus, la première tragédie lyrique assumée seule par Marais, sur le beau livret sensible de Saint-Jeand’après la tragédie de Thomas Corneille. Je ne résiste pas à reprendre ici les commentaires autour de la mise en répétition de l’œuvre en janvier 1696 et le résumé de l’action comme les a rapportés Louis Ladvocat dans deux missives à l’Abbé Dubos :

    …

    …

    « On a donné les rôles d’Ariane dès lundi. Marest en fera la première représentation des chœurs, samedi prochain, et prétend le mettre sur pied le 20 février. On jouera mardi les Saisons, et l’on répète Ariane et Bacchus, qu’on espère donner le 20 du présent. On a répété dans mon cabinet les airs de violon qui m’ont paru des meilleurs. Les chœurs en sont très beaux. Pour les rôles, on n’en est pas si content. Peut-être que les troisième, quatrième, cinquième actes seront plus beaux. Ainsi soit-il. Pour les vers, ils sont des plus courts et le sujet de la pièce est incriticable. Rien ne s’y fait que par les dieux.

    …

    Junon prend la figure de Dircée. Elle endort Ariane. Les songes font paraître Bacchus amoureux de Dircée. Ariane se réveille. L’Amour la détrompe et lui fait connaître la fourberie de Junon. Géralde, évêque de Cahors et magicien dans la pièce, veut endiabler Bacchus, mais ses charmes paraissent impuissants. Il fait venir Alecton qui met en fureur Ariane qui veut tout tuer hors Bacchus, pour lequel elle de lucida intervalla. Junon fait revenir Dircée qui était chez les Anciens un poète corinthien et dans la pièce un confident d’Ariane. Bacchus désarme Ariane qui se veut poignarder. Adraste, amant d’Ariane et prince d’Ithaque, inconnu pour tel chez les Anciens et qui a pris des ailes pour venir de la mer d’Ionie, 500 bonnes lieues distante de Naxe dans la mer Égée où est la scène, croit que Bacchus, avec le poignard qu’il lui voit en sa main, veut tuer Ariane, se bat avec ses amis contre la troupe de Bacchus, qui en demeure vainqueur. Et revenant témoigner sa joie à Ariane qui le veut tuer dans sa fureur, Adraste arrive espirant aux pieds d’Ariane des blessures de Bacchus. Jupiter descend du ciel, qui commande à Bacchus d’épouser Ariane. Junon n’est plus contraire, les dieux étant pour elle. Mercure par l’attouchement de son caducée guérit Ariane de sa fureur. Bacchus et Ariane chantent ensemble :

    …

    Amour, cher auteur de ma peine,
    Exprime en ce moment mes transports amoureux,
    Récompense de si beaux feux.
    En unissant nos cœurs d’une éternelle chaîne.

    …

    Le roi, qui s’appelle Aenarus, aussi inconnu pour être roi de Naxe que Dircée, sa sœur et Géralde magicien et Adraste s’en reviennent avec les suivants de Bacchus et les sujets du roi forment des danses. Deux Amours viennent décoiffer Ariane et portent dans le ciel sa coiffure. Mlle Desmatins, qui a perdu tous ses cheveux, restera sur le théâtre en attendant son bonnet de nuit, qui pourra l’enrhumer à force de l’attendre, attendu que les demoiselles abandonnent leurs âmes aux charmes de l’amour. Sans leurs aimables flammes, on n’a pas d’heureux jours. La coiffure est changée en couronne d’étoiles et l’opéra finira.

    …

    On a recommencé, mardi, les Saisons qui continueront jusques au vingt-trois, que l’on donnera Ariane et Bacchus. Et l’on espère jouer tous les jours jusques au jubilé, c’est-à-dire le jeudi, le vendredi, le dimanche et mardi, et le samedi, lundi, mercredi, les Saisons, avec une scène de Porsonnac, chantés par Dumesnil, et quelque entrée comique, et après le jubilé, les quinze jours qui resteront jusqu’à la semaine de la Passion, les Saisons ou Ariane s’il plaît ».

    …

    …

    Las, l’ouvrage malgré sa lyrique prégnante, ses scènes à grands effets, la folie furieuse d’Ariane qui autorisait un grand numéro de tragédienne, son interprétation subtile des canons lullystes, tomba rapidement. Ni les manigances sous masque de Dircée de Junon, ni la pâmoison d’amour au premier regard de Bacchus pour Ariane, ni le grand numéro du magicien Géralde, ni l’écriture chorégraphique, comme la couleur d’orchestre si profonde, spécifique à Marais n’en purent garantir la pérennité.

    …

    …

    Pourtant, l’œuvre est de bout en bout magnifique, et la restitution haute en ardeur dramatique, saturée de couleurs et d’élans, portée par une troupe inspirée où règnent d’abord les femmes, Ariane subtile, même dans la fureur de meurtre, de Judith van Wanroij, Junon finement campée par Véronique Gens, Dircée parfaite d’Hélène Carpentier, Corcine de Marie Perbost itou.

    …

    …

    Mais le Bacchus un peu clairon de Mathias Vidal, l’Adraste de David Witzack, le Géralde de Matthieu Lécroart, le moindre cameo sont également soignés, et emportés dans les fantaisies de cette tragédie, lullyste toujours, par la battue alerte et bienveillante d’Hervé Niquet.

    …

    …

    Se penchera-t-il bientôt sur Alcide ?

    …

    …

    LE DISQUE DU JOUR

    …

    …

    Marin Marais (1656-1728)

    …
    Ariane et Bacchus
    Tragédie en musique en un Prologue et cinq Actes (1696)

    …

    Judith van Wanroij, soprano (Ariane)
    Marie Perbost, soprano
    (La Gloire, Corcine)
    Hélène Carpentier, soprano
    (Terpsichore, Dircée, Un songe)
    Véronique Gens, soprano (La Nymphe de la Seine, Junon)
    Mathias Vidal, ténor (Bacchus, Un songe)
    Matthieu Lécroart, baryton (Géralde, Jupiter)
    David Witczak, baryton (Adraste)
    Tomislav Lavoie, baryton-basse (Le Roi, Un sacrificateur)
    Philippe Estèphe, baryton (Pan, Le Deuxième matelot,
    Lycas, Phobétor, Phantase, Alecton)

    Marine Lafdal-Franc, soprano (L’Amour, Elise, La Naxienne)
    David Tricou, ténor (Un plaisir, Un suivant du Roi, Le Premier matelot, Mercure)

    …

    Les Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles
    Le Concert Spirituel
    Hervé Niquet, direction

    …

    Un album de 2 CD du label Alpha Classics 926
    …

    Photo à la une : © DR

    …

    …

    Ce mercredi 14 juin 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le cas Giuseppe Tartini (1692 – 1770) : un compositeur (et violoniste) plutôt déconcertant, du moins au disque et à mes oreilles : faute probablement, de ma part, d’atomes crochus avec le style galant et l’attraction envers la mélancolie, de Tartini…

    La très grande réussite, absolument enthousiasmante _ c’est en en écoutant, à ma demande expresse, des extraits, en découvrant ce tout nouveau CD en évidence sur la table des nouveautés de mon disquaire préféré ; et son écoute m’ayant immédiatement enthousiasmé, j’ai acheté le CD ! _, du CD Alpha 935 « Duello d’Archi a Venezia« , par la formidable violoniste Chouchane Siranossian, le Venice Baroque Orchestra sous la direction de son chef l’excellent Andrea Marcon, et comportant quatre superbes Concerti per violino, de Francesco-Maria Veracini (1690 – 1768), Pietro Locatelli (1695 – 1764), Antonio Vivaldi (1678 – 1741) et Giuseppe Tartini (1692 – 1770) _ avec un absolument irrésistible Concerto pour violon à cinq en Fa majeur  D. 61 de Tartini… _,

    m’a vivement incité à venir me pencher d’un peu plus près sur l’œuvre _ et la discographie présente en ma discothèque… _ de ce compositeur vénitien, natif de Pirano, en Istrie vénitienne, le 8 avril 1692, et qui décèdera à Padoue le 26 février 1770,

    qui jusque là ne m’avait jamais vraiment enthousiasmé _ et il m’était difficile de dire pourquoi ; mais le fait était là, et bien là… 

    …

    …

    Je voulais donc en avoir le cœur net !

    …

    …

    En faisant aussi le constat que Chouchane Siranossian, toujours avec ce même Venice Baroque Orchestra et Andrea Marcon, avait consacré un précédent CD « Tartini Violin Concertos« , le CD Alpha 596,

    je me le suis donc aussitôt procuré…

    …

    …

    Et là, à nouveau, une endémique déception de ma part,

    mais qui ne tient en rien à la qualité des interprètes _ et leur interprétation de cette musique _, Chouchane Siranossian, le Venice Baroque Orchestra, Andrea Marcon, toujours parfaits en leur incarnation au plus près des œuvres jouées,

    mais bien à la musique même de Giuseppe Tartini, qui ne me touche décidément pas ! ;

     

    …

    probablement une affaire d’époque _ tardive : post-baroque… _, ainsi que de style _ galant…

    …

    …

    L’ère de Vivaldi (1678 – 1741) venait donc irrémédiablement de passer !

    Et nous quittions la vie virevoltante et admirablement contrastée _ les adagios de Vivaldi sont, eux aussi, à fondre et pleurer de larmes de plaisir !.. _, et nous abordions les prémisses d’un certain classicisme, plus gourmé et plus froid ;

    et d’un certain romantisme, pleurnichard…

    …

    …

    Sur ce CD « Tartini Violin Concertos » Alpha 596, paru en 2020, et enregistré à Trévise en septembre 2019,

    …

    lire les deux intéressants articles suivants,

    le premier en date du 5 avril 2020, sous la plume de Jean Lacroix, sur le site de Crescendo, et intitulé « Chouchane Siranossian et Andrea Marcon dans Tartini : l’éblouissement » ;

    et le second en date du 7 janvier 2021, sous la plume de Jean-Charles Hoffelé, sur le site de Discophilia, et intitulé « Apogée du violon » ;

    …

    même si, pour ma part, je suis loin de partager hélas leurs enthousiasmes respectifs ! pour ce CD-là :

    …

    …

    Chouchane Siranossian et Andrea Marcon dans Tartini : l’éblouissement

    …

    …
    LE 5 AVRIL 2020 par Jean Lacroix
    …
    …
    …
    …

    Giuseppe TARTINI (1692-1770) : Concertos pour violon et orchestre D. 44, 45, 56, 96 et Concerto en sol majeur.

    …

    Chouchane Siranossian, violon ;

    Orchestre baroque de Venise, direction : Andrea Marcon. 2020.

    …

    Livret en français, en anglais et en allemand.

    79.22.

    Alpha 596.

    …

    …

    Il y a des disques dont l’audition vous donne la sensation de l’éblouissement _ certes, et très heureusement, bien sûr… La gravure de ces cinq concertos pour violon de Tartini est de ceux-là ! _ mais ce n’est pas mon cas, je dois en convenir. Ce CD exemplaire nous fait entrer dans un univers où tout semble à ce point couler de source _ oui, mais d’une source bien trop uniment mélancolique et auto-complaisante envers la tristesse, à mon goût : celle de la Venise (en décadence endémique…) de la seconde moitié du XVIIIe siècle... _ que cela relève du miracle musical. Les œuvres pour commencer, avec une première mondiale discographique à la clef, celle de ce Concerto en sol majeur non publié, découvert par la musicologue Margherita Canale, qui signe la très intéressante notice du livret. Cette dernière explique qu’il existe une copie manuscrite du XVIIIe siècle, conservée aux archives de la Cappella Antoniana de Padoue, et que l’analyse a permis de dater des années de maturité _ deTartini. Mais elle précise aussi que les _ quatre _ autres concertos _ de ce CD Alpha 596 _ « n’ont pas été _ eux non plus _ publiés du vivant du compositeur : ils appartiennent à différentes périodes de son évolution créatrice, et nous sont tous _ voilà _ parvenus sous forme de partitions autographes. » On lira avant audition les divers détails de la recherche et les considérations sur le matériau musical de ces différentes pages.

    …

    …

    Giuseppe Tartini, né à Pirano en Istrie _ actuellement et désormais en république de Slovénie _, étudie le violon en milieu ecclésiastique, puis le droit à l’Université de Padoue et se trouve mêlé à l’âge de 19 ans à des problèmes judiciaires après un mariage secret avec la protégée d’un Cardinal. Il doit fuir dans un monastère d’Assise, où il participe à l’orchestre de l’opéra. Blanchi, il va se retrouver à Venise, revenir à Padoue avant de voyager à Prague et de s’établir à nouveau sur la rivière Bacchiglione _ à Padoue. Violoniste d’exception, il se produit partout dans la Péninsule avant de devoir arrêter ses concerts pour des raisons de santé. Compositeur prolifique (plus de cent concertos pour le violon), mais aussi théoricien à la base de découvertes sur le son et ses interférences, il est connu avant tout _ en effet _ par une sonate _ virtuosissime _  qui porte le nom de « Trille du diable ». Le résumer à cela serait injurieux, car sa réputation était bien établie de son vivant pour la qualité de sa musique et pour son apport technique, notamment dans la tenue de l’archet. Comme le souligne la notice, « il fut aussi une référence culturelle du monde musical européen de l’époque ». On le comprend aisément en écoutant ce programme à la fois virtuose, brillant, riche au niveau de l’ornementation et de l’harmonie, avec en plus une intelligence confondante de l’accompagnement orchestral.

    …

    …

    La Franco-arménienne Chouchane Siranossian est née à Lyon en 1984. Elle s’est formée en Suisse, d’abord à Lyon avec Tibor Varga, puis à Zurich avec Zakhar Bron ; elle devient premier violon de l’Orchestre Symphonique de Saint-Gall. En 2009, elle se perfectionne au Mozarteum de Salzbourg avec Reinhard Goebel qui l’oriente vers la musique baroque, sans qu’elle néglige pour autant les créateurs de notre temps, comme en témoigne son premier CD pour le label Ohms où se côtoient des œuvres d’El Khoury, Tanguy, Rust, Stamitz et Leclair. Chez Alpha, on la retrouve en 2016 _ avec le CD Alpha 255 _ dans un programme intitulé « L’Ange et le Diable » où apparaît déjà Tartini, aux côtés de Locatelli, Leclair et Forqueray. Plus récemment, elle a interprété la première version du Concerto pour violon de Mendelssohn avec Anima Eterna Brugge. On a pu l’écouter l’an dernier au Festival de Wallonie dans plusieurs prestations, dont l’une avec Kristian Bezuidenhout. Le livret montre quelques jolies photographies de cette artiste rayonnante ; auprès d’Andrea Marcon, elle semble respirer la joie de vivre _ en effet, elle est rayonnante ! Ecoutez et regardez lee 2′ 39 de cette excellente vidéo…  _ et de transmettre le message musical. C’est avec le fondateur de l’Orchestre Baroque de Venise, qui existe depuis 1997 et dont la réputation n’est plus à faire _ l’excellent, lui aussi, Andrea Marcon _, que l’idée est venue d’enregistrer, en septembre 2019, au Teatro Eden de Trévise, des concertos de Tartini. Une note, signée conjointement par la soliste et le chef d’orchestre, précise : « Nous avons la chance d’avoir une copie manuscrite des ornements originaux des deuxièmes mouvements des concertos D 44 et D 45. Les autres mouvements lents ainsi que les cadences ont été agrémentés en tâchant de rester fidèle au style _ propre _ de Tartini et s’inspirant de sa palette infinie de trilles, fioritures, rubatos, gammes, appoggiatures, messa di voce… ».

    …

    …

    Les partitions choisies sont un bel éventail de la créativité de Tartini à plusieurs moments de son évolution. Ce qui frappe tout au long du parcours, c’est la fraîche élégance des détails, la qualité des contrastes, mais surtout le déploiement du chant violonistique qui entraîne une atmosphère tour à tour intimiste _ surtout, en effet ; en rien extravertie : mélancolique même… _, émotionnelle et finement esquissée. A cet égard, les concertos D 44 et 45, cités plus avant, sont révélateurs de l’attention avec laquelle les protagonistes soignent l’architecture mélodique comme la ligne, que suggèrent les inscriptions autographes de la main du compositeur retrouvées sur les partitions et qui évoquent notamment le poète et librettiste Métastase (1698-1782) : la parole n’est pas loin, et elle se traduit aussi bien dans les murmures de l’archet que dans les accents sonores. On admirera les concertos D 56, aux allures ludiques, et D 96, traversé de courants bondissants ou langoureux _ surtout… Quant à l’inédit, comme l’explique Margherita Canale, la musicologue qui l’a découvert, il reflète la dernière phase compositionnelle de Tartini par « des accompagnements des passages solistes par les seuls violons I et II (sans basse) ».

    …

    …

    Qu’ajouter de plus ? On sort de cette expérience musicale comblé, ravi, enchanté _ pas moi, et je le regrette… _, avec, répétons-le, la sensation d’avoir vécu un miracle sonore servi par des partenaires exemplaires, dans une prise de son claire et précise. Un moment de grâce, tout simplement…

    …

    …

    Son : 10  Livret : 10  Répertoire : 10  Interprétation : 10

    …

    …

    Jean Lacroix

    …

    …

    _

    APOGÉE DU VIOLON

    L’admirable _ en sa réputation dans l’histoire de la musique, et parmi les musicologues, du moins _ corpus de concertos qu’a laissé Tartini effraye _ par ses réputés difficultés techniques, principalement… _ les violonistes depuis toujours, hélas, car dans son art à la fois évocateur et brillant, il aura porté à son apogée ce violon orphique qu’il aura ravi à Vivaldi _ hum, hum… _ et offert à Mozart par le truchement de son père _ et via le Padre Martini (Bologne, 24 avril 1706 – Bologne 3 août 1784) : Mozart et lui se sont rencontrés par deux fois chez lui à Bologne, lors du premier voyage de Mozart en Italie, de décembre 1769 à mars 1771…

    …

    …

    Dans le grand concert du XVIIIe siècle, aucun ensemble écrit pour le violon ne peut l’égaler _ mais selon quels critères, au juste ? de pure technique violonistique ? ou bien de musicalité ?.. _, si ce n’est ceux bien plus concis de Leclair et Mozart. Leclair _ Lyon, 10 mai 1797 – Paris, 22 octobre 1764 _, lui-même violoniste virtuose _ voilà donc ce qui a marqué les musicologues… ; mais pour ma part j’aime beaucoup tout l’œuvre de Leclair ! _, admira sans frein les opus de Tartini, et s’efforça comme lui d’effectuer cette transition du baroque vers le classicisme _ nous y voilà… Cela débuta donc assez tôt dans le siècle… ; après Vivaldi (décédé à Vienne en 1741), toutefois… _, que soulignent avec infiniment de subtilités Choucanne Siranossian et Andrea Marcon, ressuscitant le discours tissé de trilles, de gammes, d’appoggiatures qui font tout le sel de l’art _ mais quid de sa musicalité ? _, de Tartini.

    …

    …

    Les concertos sélectionnés ne sont pas parmi les plus courus, et s’y ajoute même un inédit enregistré en première mondiale, un Concerto en sol majeur retrouvé tout récemment _ par Margherita Canale _ à Padoue. Les teintes vénitiennes de ces interprétations élégantes _ certes, presque trop… _ mettent l’accent sur l’héritage vivaldien _ hum, hum… _, alors qu’au long du disque _ Ricercar RIC 414 _ d’Evgeny Sviridov _ mais qui ne m’a pas touché davantage, hélas ! _, ce sont des concertos de plus grand apparat qui sont choisis, majestueusement phrasés par l’archet généreux qui caresse un sublime violon signé par Januarius Gagliano : la profondeur de son médium, son aigu de voix humaine, donnent un relief saisissant _ j’y suis resté insensible ! _ au Concerto en ré majeur, le D. 24, où l’on croit la cadence du Finale de la main de Pisendel) : un grand concerto aux envolés magnifiques. Tout le disque est éblouissant _ pas à mes oreilles, ni à mon goût, hélas… _, autant par la virtuosité que par la poésie : écoutez seulement l’Allegro du Concerto en sol mineur où Evgueny Sviridov intègre un Capriccio de Nardini. Merveille de style galant _ voilà, nous y sommes : et c’est bien ce style galant qui m’agace et me déplaît souverainement… _, le Concerto en mi majeur inspire aussi au violoniste toute une poésie de babillages, trilles, gammes, appogiatures, qu’il lie d’un seul trait _ toujours le critère de la pure virtuosité technique du violon….

    …

    …

    Mais il faut aussi entendre Evgeny Sviridov délesté des décors de l’orchestre, découvrir _ en son CD « Giuseppe Tartini Sonatas Op. 1 » Ricercar RIC 391 _ l’autre face du génie de Tartini, qui donna naissance à d’étonnantes sonates narratives. Le jeune violoniste laisse de côté la plus célèbre (Le Trille du Diable), lui préférant la Didone abbandonata et sa poésie mélancolique _ voilà le trait hélas dominant (à la Dowland : « Semper Dowland, semper dolens« …) selon moi, de la musique de Tartini ; et qui m’y rend allergique… _, œuvre qui touche au sublime et qu’il joue avec une élégance folle. Le disque s’ouvre par une vocalise de violon inspiré par un poème du Tasse, et donne le ton d’un album fascinant où les trois musiciens ouvrent les portes de cet univers secret avec art. Un aussi beau doublé ne doit pas rester sans suite.

    …

    …

    Les ultimes Sonates que Tartini coucha dans la solitude de sa vieillesse sont des merveilles de nostalgie _ encore, et décidément : soit une anticipation de ce que sera même le romantisme pleurnichard…  _ et d’invention, elles figurent au nombre de ses œuvres les moins courues. Pour en faire mieux sentir la singularité, David Plantier et Annabelle Luis _ en leur CD« Vertigo _ the last Sonatas« , le CD Muso MU040 ; dont l’écoute d’extraits ne m’a pas davantage séduit… _ contrastent les quatre ultimes opus avec une Sonate antérieure de trente année, et lui font succéder la Sonate en imitation de la guitare portugaise qui est l’un des ouvrages les plus étonnants jamais coulés de la plume du compositeur et dont les effets sont autrement poétiques que ceux du Trille du Diable. La singularité du génie de Tartini, parvenu à une liberté souveraine, et tirant des sonorités inouïes des deux instruments de la même famille, éclate tout au long de cet album précieux qui laisse espérer que le temps d’une juste réévaluation de son œuvre soit enfin venu.

    …

    …

    LE DISQUE DU JOUR

    …

    …

    Giuseppe Tartini(1692-1770)

    …
    Concerto pour violon, cordes et basse continue en mi mineur, D. 56
    Concerto pour violon en la majeur, D. 96
    Concerto pour violon en ré mineur, D. 45
    Concerto pour violon en sol majeur
    Concerto pour violon en ré mineur, D. 44

    …

    Chouchane Siranossian, violon
    Venice Baroque Orchestra
    Andrea Marcon, direction

    …
    Un album du label Alpha 596
    …

    …

    Giuseppe Tartini

    …
    Concerto pour violon en ré majeur, D. 24
    Concerto pour violon en sol mineur, D. 85 (Op. 1 No. 1)
    Concerto pour violon en la majeur, D. 89 (Op. 1 No. 6)
    Concerto pour violon en mi mineur, D. 55
    Concerto pour violon en mi majeur, D. 48

    …

    Evgeny Sviridov, violon
    Millenium Orchestra
    Un album du label Ricercar RIC414
    …

    …

    Giuseppe Tartini

    …
    Sonate XV en sol majeur, B. G3 « del Tasso »
    Sonate X en sol mineur, B. g10 detta « Didona abandonata »
    Sonate XII en fa majeur, B. F4
    Sonate V en mi mineur, B. e6
    Sonate XVII en ré majeur, B. D2 « del Tasso »
    Pastorale en la majeur, B. A16

    …

    Evgeny Sviridov, violon
    Davit Melkonyan, violoncelle
    Stanislav Gres, clavecin

    …
    Un album du label Ricercar RIC391
    …

    …

    Giuseppe Tartini

    …
    Vertigo – The Last Violin Sonatas

    …

    Sonate pour violon et violoncelle en la mineur, Brainard a8
    Sonate pour violon et violoncelle en la majeur, Brainard A4
    Sonate pour violon et violoncelle en ré mineur, Brainard D19
    Sonate pour violon et violoncelle en ré mineur, Brainard d5
    Sonate pour violon et violoncelle en ré majeur, Brainard D9

    …

    David Plantier, violon
    Annabelle Luis, violoncelle

    …
    Un album du label Muso MU040
    …

    Photo à la une : le violoniste Evgeny Sviridov – Photo : © DR

     

    …

    …

    Trop peu d’affinités, donc, pour ce qui me concerne, avec l’idiosyncrasie musicale de Giuseppe Tartini ;

    à la glorieuse exception, toutefois, de ma part, de son enthousiasmant Concerto à 5, en Fa majeur, D.61, du CD « Duello d’Archi a Venezia« , Alpha 935 :

    une fabuleuse réussite d’interprétation comme de musique, qui met, elle, parfaitement en joie…

    …

    …

    Ce jeudi 1er juin 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa