Étiquette : Jean Lacroix

  • Poursuite de la publication par Le Palais des Dégustateurs d’Eric Rouyer, des enregistrements du grand Carlos Païta (1932 – 2015), avec un 10e CD, un superbe CD PDD 055 « Mahler – Symphonie 6 », enregistré live à Liège le 21 novembre 1997 ; ou les enjeux très existentiels d’une œuvre et d’une interprétation diablement incarnées…

    Ce dimanche 27 septembre,

    j’ai le très vif plaisir de faire part de la poursuite de la publication par Le Palais des Dégustateurs du cher Éric Rouyer, des très marquants enregistrements symphoniques – articulant superbement le feu et la parfaite  justesse… – du grand Carlos Païta (Buenos Aires, 10 mars 1932 – Genève, 19 décembre 2015),

    avec un 10e CD que je viens tout juste de recevoir :

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    le superbe CD PDD 055 « Mahler – Symphonie 6 » – enregistré live à Liège le 21 novembre 1997 avec l’Orchestre Philharmonique de Liège… – ,

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    après les 9 précédents marquants  CDs de Carlos Païta, fidèlement publiés par le Palais des Dégustateurs,

    soient les CDs PDD :

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    036 « Chostakovitch n°8 – Bruckner n°8« ,

    037 « Tchaikovsky n°4 – n°6″,

    039 « Moussorgski/Ravel – les Tableaux d’une exposition  – Berlioz – la Symphonie Fantastique« ,

    040 « Brahms n°1 – violin Concerto – Beethoven n°5 et n°8« ,

    043 « Bruckner n°9« ,

    045 « Dvorak n°7 – n°8 – n°9 – Janacek – Taras Bulba « ,

    050 « Mozart n°40 – Richard Strauss – Une Vie de héros« ,

    051 « Chausson Op. 20 – Dukas – la Péri – Lekeu – Adagio pour Quatuor d’orchestre« ,

    et 052 « Mahler n°1 – Wagner – extraits symphoniques du Crépuscule des dieux « …

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    Le livret de ce nouveau CD comporte aussi, aux pages 3 à 9, une très intéressante présentation bien détaillée signée par Jean Lacroix,

    intitulée « Carlos Païta, un Argentin en Belgique« ,

    avec, aussi, une belle photographie, prise en 1990 – probablement après un concert, et pour la signature d’un autographe… – , de Carlos Païta, alors âgé de 58 ans, et Éric Rouyer, alors âgé de 24 ans – il est né à Grenoble au mois de juin 1966 – ,

    tous deux très souriants…

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    Éric Rouyer

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    Cf aussi cet intéressant entretien sur Opus 132 d’André Franck avec Eric Rouyer et André Hirt, pour Pizzicato :

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    « Intensité existentielle » – Carlos Païta dirige la Sixième Symphonie de Mahler

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    18/09/2026

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    Le label français Le Palais des Dégustateurs publie un enregistrement en direct – live : en concert le 21 novembre 1997 – de la Symphonie n° 6 de Gustav Mahler, interprétée par l’Orchestre philharmonique de Liège sous la direction de Carlos Païta.

    Remy Franck a réalisé cet entretien avec le musicologue André Hirt et l’éditeur Eric Rouyer.

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    Quelles ont été les circonstances du concert avec le 6e de Mahler à Liège ?
    Eric Rouyer : Ce concert a été rendu possible en 1997 grâce au soutien du Crédit Communal de Belgique et à l’engagement d’une grande personnalité à qui il faut rendre hommage : Paul Beusen (1944-2023). Initialement le Requiem de Berlioz avait les faveurs du Maestro, puis l’idée d’affronter cette 6ème symphonie de Mahler devint une évidence. Carlos Païta refusa au denier moment que le concert fut radio diffusé et enregistré, et menaça même de tout annuler ; et il fallu l’intervention décisive de son fils Alexandre afin de le persuader du contraire – ouf ! Ce fut son dernier concert, et il avait la prémonition de ce défi ultime puisqu’il confiera dans sa loge à son fils : j’espère que ce n’est pas le dernier. Dès la fin de l’interprétation vous l’entendrez dire Merci à l’orchestre. Il venait pour la première fois de mettre un genou à terre face au destin, et nous conservons des témoignages déchirants et profondément émouvants des musiciens qui ont alors livré une fabuleuse bataille afin de suivre ses indications et permettre de déchirer le destin avec ces coups de marteau terrifiants qui en font une interprétation unique qui se termine dans une aspiration vers la résignation et le vide.

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    Où sont, d’après-vous, les points forts de l’interprétation?
    André Hirt : La 6ème de Mahler est déjà en elle-même « tragique », pour une fois l’intitulé et la réputation conviennent, et l’investissement existentiel est tel qu’on ne sort pas d’une pareille expérience d’écoute sans perdre ses mots, voire s’évanouir toutes les images et les représentations qu’on pouvait se faire d’une telle œuvre. D’une certaine manière, cette interprétation, en l’état unique, comme souvent avec Carlos Païta (Celibidache en prendrait presque ombrage), nous fait nous demander ce que pourrait être une interprétation par le Maestro de la IX° Symphonie de Mahler (on sait qu’il l’a exécutée à Washjngton avant son divorce avec les USA).

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    Quelles sont vos conclusions si vous comparez son interprétation à celles de Bernstein /Vienne 1988, ou Abbado/Berlin 2005 ?
    André Hirt : Il existe tellement de versions majeures, à commencer par celle de George Szell (c’est par elle que j’ai découvert l’œuvre, et en y prêtant à nouveau l’oreille, cette version est très correcte, et je rends ainsi hommage à ce grand chef estimable et courageux), puis, surtout, pendant très longtemps, celle de Sir John Barbirolli, pour finir, parmi les choix hasardeux, Kondrashin et Karajan (je n’évoque pas les plus récentes, même celle de Currentzis). Mais, jamais, la partition n’aura été aussi fouillée, non pas formellement, mais dans ses intentions existentielles – voilà ! – que dans cette unique version disponible de Carlos Païta. Cela dit, je conserve un faible pour les versions de Bernstein, toujours surprenant et authentique.

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    Savez-vous si Païta a dirigé d’autres symphonies de Mahler en dehors des symphonies nos. 1, 2, 6 et 9 ?
    André Hirt : Il a dirigé les quatre. Mais également la 3ème dans des conditions très particulières qui mériteraient qu’on s’y attarde longuement tellement son interprétation est encore hors-norme. Les meilleurs et les plus indulgents, ainsi le supposent-ils, diront qu’il s’agit d’un document, les plus avertis reconnaîtront à la fois des maladresses dues à un orchestre qui n’était sans doute pas au niveau, mais qui parvient, ce faisant, à dégager de l’œuvre sa vérité, peut-être même, dans sa violence, comme jamais (l’hymne à la nature est aussi marquée par son deuil, pire encore, la destruction à laquelle on est en train de la soumettre) sa leçon pour l’avenir, écologiquement s’entend.
    Car dans la musique, on entend plus que ce qu’on entend, on y rencontre l’Histoire, la pensée, et même une vision politique de la nature.

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    André Hirt

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    Que pouvez-vous dire par rapport au répertoire de Païta? Y-a-t-il de œuvres majeures dans lesquelles vous ne le voyez pas du tout ? Oui, autrement formulé : quel genre d’œuvres lui convenait le mieux ?
    André Hirt : Je ne sais pas, et je ne désire surtout pas préjuger depuis qu’on a entendu Carlos Païta, grâce à son fils Alexandre et à la générosité et la passion d’Éric Rouyer, dans Dukas et Lekeu. Carlos Païta était chéri par Ernest Ansermet, c’est tout dire ! Il aimait la musique française, comme en témoigne sa passion pour Berlioz ( un tempérament si proche du sien), la Fantastique et puis sans doute son unique tentative à l’opéra avec La Damnation de Faust). Mais ce sont les sentiers du romantisme, y compris tardif, qui l’ont attiré – voilà ! – , avec Beethoven, Schubert, Wagner (des extraits orchestraux seulement, mais sublimes !), Brahms et Bruckner surtout, et puis Mahler, à un moment, dans les années 80, où en France du moins, il demeurait un inconnu. (À cet égard, la frénésie programmatique autour de Mahler, en ce moment, a quelque chose d’opportuniste et de peu authentique, comme une gélification et une banalisation, je veux dire une esthétisation au lieu d’une vitalisation existentielle – un distinguo bien utile – telle que Carlos Païta a su l’insuffler). Cela, pour dire que Carlos Païta serait plus malheureux encore aujourd’hui, dans les conditions actuelles de l’interprétation et de la mise en marché de la musique qu’à son époque dont il perturbait déjà les codes naissants, d’où son obscurcissement médiatique persistant (désormais anéanti grâce au Palais des Dégustateurs – voilà ! – ), impuissant néanmoins devant la vénération qu’on n’a cessé de lui porter en raison, disons les choses directement, de son honnêteté – oui : son irréfragable désir de justesse.

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    Carlos Paîta a divisé les opinions de son vivant, et il continue de le faire aujourd’hui. Que dites-vous â ceux qui prétendent qu’il est trop brutal ?
    André Hirt : Carlos Païta n’est pas davantage « brutal » – en effet – , mais je comprends ce que vous voulez dire. Je crois que ses interprétations sont, au sens littéral et strict, une plongée – en quelque sorte consubstantielle – dans les œuvres, une osmose – d’incarnation de l’interprétation – au sein desquelles la vie se jouait et se rejouait quant à son sens – voilà… L’intention est de rejoindre le fracas d’un son disparu, celui d’une percée dans ce que le monde et l’Histoire ne savent pas – et ne veulent pas – proposer, qui nous rend métaphysiquement insatisfaits. Carlos Païta est l’un de ces chefs, comme quelques rares autres, dont les visions sont à prendre ou à laisser –oui. Sauf que si on « laisse », la musique échappe et perd sa dimension en s’abandonnant aux rituels mondains – voilà, voilà – des concerts – à ne pas surtout déranger de leur confort attendu – pour une appréciation purement esthétisante – voilà ! – , et par conséquent inconsistante – hélas.

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    Ce dimanche 27 septembre 1026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Encore, et toujours, et à nouveau, les Tchèques, compositeurs (Pavel Haas, Jan Novak) comme interprètes (le Quintette Alinde), en un enthousiasmant CD « Inscape – Haas- Shostakovich – Vasks – Novak », pour Supraphon…

    Oui,

    encore, et toujours, et à nouveau, les Tchèques, compositeurs (Pavel Haas, Jan Novak) comme interprètes (le Quintette Alinde), viennent musicalement avec chaleur nous enthousiasmer,

    aujourd’hui avec  le bien réjouissant CD Supraphon 4373-2 « Inscape – Haas – Shostakovich – Vasks – Novak » – enregistré à Kaiserslautern les 7 et 8 avril, puis 18 et 19 juin 2025…

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    Regardez et écoutez ici cette très brève vidéo-ci de 34″…

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    L’Alinde Quintet, pour vents – un beau nom schubertien – est constitué de

    Anna Talickova, flûte et piccolo ; Borbora Trncikova, hautbois et cor anglais ; David Simecek, clarinettes ; Petr Sedlak, basson ; et Krystof Koska, cor d’harmonie. 

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    Et les œuvres de ce très beau récital, varié, sont :

    le « Quintette à vent » Op. 10 (de 1929) de Pavel Haas (1899 – 1944) ;

    le « Quatuor à cordes » n°8 Op. 110 (de 1960), de Dmitri Shostakovich (1906 – 1975), transposé en Quintette pour vents par Mark A. Popkin ;

    le « Quintette à vent » n°2 – en mémoire d’une amie – (de 1982), de Peters Vasks (1946) ;

    et le « Concertino pour Quintette à vent » (de 1957) de Jan Novak (1921 – 1984)…

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    Le 13 février 2026, sur le site du Magazine Crescendo,

    Jean Lacroix a consacré à ce prenant CD un article de présentation intitulé « Des paysages intérieurs pour le premier album du Quintette Alinde« ,

    que voici :

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    Des paysages intérieurs pour le premier album du Quintette Alinde

    par ean Lacroix
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    Inscape.

    Pavel Haas (1899-1944) : Quintette à vent op. 10. Dmitri Chostakovitch (1906-1975) : Quatuor à cordes n° 8 en do mineur op. 110, arrangement pour quintette à vent par Mark A. Popkin. Pēteris Vasks (°1946) : Quintette à vent n° 2. Jan Novák (1921-1984) : Concertino pour quintette à vent.

    Quintette Alinde. 2025. Notice en anglais, en allemand et en tchèque. 58’ 52’’. Supraphon SU 4373-2

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    Depuis sa fondation en 2019, le Quintette Alinde est détenteur de plusieurs prix internationaux, dont celui de l’ARD Competition à Munich en 2024. Ses membres sont de jeunes instrumentistes tchèques qui ont étudié dans des institutions européennes et sont engagés dans plusieurs orchestres pragois. Il se compose d’Anna Talácková  (flûte, piccolo), Barbora Trnčíková (hautbois, cor anglais), David Šimeček (clarinette), Petr Sedlák (basson) et Kryštof Koska (cor d’harmonie). Après de multiples participations à des concerts et à des festivals internationaux, l’ensemble a décidé d’enregistrer son premier disque, en avril et juin 2025, dans un studio de la SWR de Kaiserslautern. Une note d’intention commune précise que le choix du programme, varié,  reflète la vie intérieure des compositeurs, mais se présente aussi comme un aperçu des sentiments personnels des interprètes, et une invitation au partage adressée aux mélomanes.

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    La vie de Pavel Haas, qui était Juif, s’est terminée tragiquement le 17 octobre 1944 au camp de concentration d’Auschwitz, où il avait été envoyé après trois ans de détention à Terezin. Originaire de Brno – en Moravie – , il avait travaillé avec Leoš Janáček – morave d’Ostrava – au début de la décennie 1920 et était devenu rapidement un des musiciens les plus actifs de la Moravie. Exigeant envers lui-même, Haas n’a laissé qu’un petit nombre d’œuvres avec numéro d’opus, bien que son talent se soit exercé dans plusieurs domaines. Son Quintette à vent op. 10 date de 1929. Avant de devenir un chef d’orchestre de renom, Vaclav Smetáček (1906-1986) en avait tenu la partie de hautbois en 1933 pour la radio tchèque, mais c’est à Vienne en 1935 qu’eut lieu la véritable première. Partition colorée en quatre mouvements, ce quintette, d’un durée d’un peu moins de quatorze minutes, est marqué par l’influence de Janáček, le néoclassicisme et l’introduction d’éléments populaires moraves. Des moments brillants alternent avec des passages mystérieux ou d’une saine vivacité, le Maestoso final faisant la part belle au cor.

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    Le Letton Pēteris Vasks, que Gidon Kremer a bien fait connaître par ses interprétations avec la Kremerata Baltica, a écrit en 1982 son Quintette à vent «  à la mémoire d’une amie », la bassoniste Jana Barinska, disparue tragiquement dans un incendie. Cette musique élégiaque de onze minutes, en forme d’épitaphe, combine un ancien chant funèbre letton  avec des passages virtuoses et des sections aléatoires. Le Concertino pour quintette à vent de Jan Novák en trois mouvements a été composé en 1957. Cette œuvre plaisante, d’une durée de treize minutes, est animée par des rythmes joyeux et dynamiques, dont des effets de jazz, que le musicien découvrit lors d’un séjour aux USA, où il rencontra Aaron Copland et Samuel Barber, mais aussi  Martinů en exil, qui l’influença. Novák, qui  n’était pas en phase avec la politique culturelle de son pays à laquelle il s’opposait, s’exila à son tour.

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    Le programme est complété par un arrangement pour quintette à vent du Quatuor n° 8 de Chostakovitch, composé en 1960 et dédié aux victimes du fascisme. Le travail de transcription a été effectué par Mark A. Popkin, dont la notice ne dit rien. Il s’agit probablement du bassoniste américain (1929-2011) qui fit partie du Clarion Wind Quintet. Lors d’un séjour à Dresde, Chostakovitch  fut impressionné par les destructions subies par la ville pendant la guerre, et aurait écrit son quatuor en trois jours du mois de juillet. C’est surtout une page autobiographique, dans laquelle le compositeur cite plusieurs de ses œuvres, notamment les première et huitième symphonies ; elle a connu plusieurs transcriptions, dont celle de Rudolph Barshaï pour orchestre à cordes. Celle qui est ici destinée à un quintette à vent est séduisante, avec son Largo  initial en demi-teinte, dans un dialogue instrumental subtil, ses deux Allegros caustiques et dynamiques, et ses deux derniers Largos, dont la douleur déchirante est peut-être mieux ressentie dans l’original destiné aux cordes.

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    Le Quintette Alinde livre ici une belle démonstration de son écoute mutuelle et du soin apporté aux diverses sonorités et au dosage des timbres. L’adoption d’un programme éclectique apporte une signature de qualité au premier album d’un ensemble qui devrait trouver aisément, dans son répertoire spécifique, d’autres musiques à valoriser.

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    Son : 9    Notice : 9    Répertoire : 10    Interprétation : 9

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    Jean Lacroix

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    Personnellement, j’apprécie pas mal les instruments à vents…

    Et j’aime la Bohème-Moravie…

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    Ce mardi 2 juin 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Une promesse magistralement tenue : la magique sensibilité de Ksenia Kouzmenko à son piano en son CD « Flowers We Are » pour honorer l’anniversaire des 100 ans de son ami György Kurtag…

    C’est une promesse magistralement tenue que celle de la sensibilité proprement magique, à son piano, de Ksenia Kouzmenko vient présentement nous offrir en son CD Cobra Records 0100 « Flowers We Are«  – enregistré à Schiedam du 20 au 22 octobre 2025  – , réalisé pour honorer en pure beauté l’anniversaire des 100 ans de son ami – depuis leur toute première rencontre l’été 1997 au Festival de Tanglewood où elle interpréta devant lui son « Grabstein für Stephan«  en tant que membre de l’Orchestre du Festival… – György Kurtag (né à Lugoj le 19 février 1926)…

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    Ce CD que, sur la foi du passionnant article du Magazine Crescendo, en date du 9 avril dernier, et sous la plume de Jean Lacroix, « Pour les 100 ans de György Kurtág, Ksenia Kouzmenko lui offre un bouquet multicolore« , j’avais très vite commandé à mon disquaire préféré, et qui vient de me parvenir : c’est un somptueux bouquet artistement composé de 38 petites merveilles savamment réunies et merveilleusement interprétées par Ksenia Kouzmenko, pour mettre en valeur 21 pièces très brèves portant toutes des noms de fleurs (dont 7 précisément intitulées « Flowers We Are« ) de György Kurtag, que voici :

    « All in a Garden Green » de Willial Byrd, « The Budding Lilies » et « The Reeds » (de 1722) de François Couperin, « Trockne Blumen » (de 1823) et « Heidenröslein » (de 1815) de Franz Schubert, « Fantasy on The Last Rose of Summer » (de 1827) de Felix Mendelssohn, « Why are the Roses so Pale ? » (de 1837) de Fanny Hensel, « The Silent Lotus Flower » (de 1843) de Clara Schumann, « Blumenstück » (de 1839) de Robert Schumann, « To a Violet » (de 1868) de Johannes Brahms, « Song of the Roses » (de 1896) d’Agathe Backer-Grondahl, « Bluebell » (de 1916) de Jean Sibelius, « Bluebells » (de 1908) de Selim Palmgren, « Narcissus » (de 1910) de Mel Bonis, « Lotus Land » (de 1905) de Cyril Scott, et « Daisies » (de 1916/1924) et « Lilacs » (de 1902/1914) de Sergei Rachmaninov… 

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    Pour les 100 ans de György Kurtág, Ksenia Kouzmenko lui offre un bouquet multicolore

    par Jean Lacroix
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    Flowers We Are… Œuvres pour piano de György Kurtág (°1926) et d’Agathe Backer Grøndhal (1847-1907), Mel Bonis (1858-1937), Johannes Brahms (1833-1897), William Byrd ((1540-1623), François Couperin (16668-1733), Fanny Hensel (1805-1847), Felix Mendelssohn (1809-1847), Selim Palmgren (1878-1951), Serge Rachmaninov (1873-1943), Franz Schubert (1797-1828), Cyril Scott (1879-1970), Clara Schumann (1819-1896), Robert Schumann (1810-1856) et Jean Sibelius (1865-1957).

    Ksenia Kouzmenko, piano. 2025. Notice en anglais. 75’ 36’’. Cobra Records 0100.

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    Le 19 février dernier, György Kurtág célébrait son siècle d’existence. Pour l’occasion, la pianiste Laurence Mekhitarian proposait un récital que nous avons chroniqué ce jour-là. Il consistait en une sélection des Játékok du Hongrois, entrelacée avec les neuf pièces des Waldszenen de Schumann et trois extraits du cycle Sur un sentier recouvert de Janáček. Cet hommage était original ; celui que propose la pianiste Ksenia Kouzmenko, née à Minsk en Biélorussie, l’est tout autant. Cette artiste, pour fêter elle aussi le centenaire, adopte une voie différente de celle empruntée par Laurence Mekhitarian : elle a choisi le langage des fleurs, chez Kurtág et chez quinze autres compositeurs/trices, selon le même principe de l’entrelacement – voilà ! – entre les divers morceaux choisis.

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    Ksenia Kouzmenko, formée au Conservatoire de sa ville natale – Minsk, en Biélorussie – , puis à celui de La Haye, a suivi plusieurs masterclasses, notamment d’Ivan Moravec, György Sándor, Earl Wild et… Kurtág. Elle est entrée dans la musique de ce dernier en 1997, au Festival de Tanglewood – voilà ! – , en participant, sous la direction de Reinbert de Leeuw, à une exécution de Grabstein für Stephan (1989). Elle a participé ensuite à une masterclass donnée à La Haye par le maître, accompagné de son épouse Márta, et a joué devant lui la Sonate n° 31 op. 110 de Beethoven. La rencontre, dit-elle dans une note, a été chaleureuse et riche en conseils sur l’essence de la musique et la richesse de la sonorité. Des retrouvailles ont eu lieu en 2000, toujours à La Haye, lorsque Ksenia Kouzmenko a joué la partie solo de « … quasi una fantasia… » op. 27 n° 1 (1987/88), toujours avec de Leeuw. Elle a reçu alors des leçons privées des Kurtág. Sur la recommandation du compositeur, elle a interprété cette même œuvre au Festival de Lugano en 2004. Elle précise que ces échanges l’ont marquée et l’ont décidée à rassembler un matériel musical autour du thème des fleurs, destiné au  présent récital, un travail de deux années, suivi d’un enregistrement dans un studio hollandais, à Schiedam, en octobre 2025. Le présent album est son cadeau au centenaire.

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    Un généreux bouquet de 38 pièces constitue ce programme, qui fait, en toute logique, la part belle à Kurtág, avec 21 extraits de ses compositions, toutes très brèves. L’album tire son nom de son recueil « Virág az ember… » (« Flowers We Are… »), inspiré par le sermons d’un poète et pasteur hongrois qui vécut au XVIe siècle et est considéré comme l’un des fondateurs de la littérature de son pays. Kurtág a utilisé ces textes pour la première fois dans son opus 7, The Sayings of Peter Bornemisza, un duo pour soprano et piano, créé en 1968. Ce même thème revient aussi dans le Livre I des Játékok, entamés en 1973. Ksenia Kouzmenko a choisi un florilège de pièces fugaces autour du thème des fleurs, plusieurs portant le titre Flowers We Are. L’une remonte à ses 21 ans, l’année du mariage avec Márta, pianiste disparue en 2019. D’autres sont des « in memoriam », par exemple pour Lutoslawski ou pour l’artiste Árpád Illés (1908-1980). Dans le bouquet rassemblé par la pianiste, ces moments allusifs apparaissent comme des pétales que l’on pourrait cueillir, avec les délicates précautions requises.

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    Pour agrémenter les couleurs de cet assemblage floral qui émet un parfum poétique, Ksenia Kouzmenko a choisi, comme le ferait un professionnel des jardins, un éventail de pièces d’autres compositeurs qu’elle a placées en alternance avec celles de Kurtág. Le parcours va de la Renaissance anglaise (All in a Garden Green de William Byrd) et du Grand Siècle français (Les Lys et les Roseaux de François Couperin) à Serge Rachmaninov (Marguerites op. 38/3 et Lilas op. 21/5), offrant à quinze compositeurs un voisinage proche du Hongrois, dans l’atmosphère ou l’émotion. Vu le nombre de plages, les pièces sont courtes, elles aussi – en effet. On citera notamment, parmi les petites merveilles – oui ! – choisies, les Jacinthes des bois de Sibelius op. 85/5 (1916) ou celles de Palmgren  op. 22/5 (1906), le Pays du lotus op. 47/1 de Cyril Scot (1905), une fleur que met aussi en valeur Clara Schumann  dans son opus 13/6 de 1843, arrangée par Kouzmenko, le Chant des roses op. 39/4  (1896) de la Norvégienne Agathe Grøndhal,  A la violette op. 49/2 (1868) de Brahms, arrangé par Reger, ou les Fleurs séchées (1823) et les Roses des bruyères (1815) de Schubert, revues par Liszt et Cortot. Deux pages plus étoffées, dépassant chacune les six minutes, ajoutent de la fragrance à l’ensemble : la Fantaisie sur une chanson irlandaise « La dernière rose de l’été » op. 15 (1827) de Mendelssohn, et les Blumenstück op. 19 (1839) de Schumann.

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    Le florilège est riche, plongé dans un climat lyrique touchant et spontané, et servi par le jeu fluide, pudique et engagé à la fois – oui, oui : magnifique ! – de la soliste, dont on découvre en même temps un autre talent, celui de photographe. Cet album, dont il faut souligner la jolie présentation, propose en effet un grand nombre de clichés, en couleurs, de fleurs, réalisés par Ksenia Kouzmenko. L’alliance du récital pianistique et de la représentation de la nature est une vraie réussite et représente un cadeau raffiné pour fêter György Kurtág.

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    Son : 8,5    Notice : 10    Répertoire : 10    Interprétation : 10

    Jean Lacroix

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    avec surtout la passionnante contribution de doublement expert – rhumatologue spécialiste des maux des musiciens, et musicien-mélomane – de mon ami Joël Dehais, en réponse à la réception de cet article et au visionnage – précieux ! – de la pourtant trop brève vidéo (de 1′ 33) qui y était insérée,
    avec ces mots si justes de Joël : « Quelle belle ergonomie à l’instrument et quelle sensibilité chez cette pianiste Ksenia Kouzmenko… et quel sens de la forme musicale chez György Kurtàg où tout est dit en si peu de temps !« …
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    Un florilège magnifique, donc, que ce CD « Flowers We Are » en lumineux hommage à György Kurtag pour ses 100 ans !
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    Et une musicienne, Ksenia Kouzmenko, qu’il va falloir très attentivement suivre…

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    Ce mercredi 29 avril 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’inattendue découverte d’un premier CD « Flowers we are » de György Kurtag : le CD « Flowers we are – Couperin et Kurtag » de Yehuda Inbar, pianiste…

    L’inattendue découverte – déniché, un peu perdu, au hasard du rayon de nouveautés de mon disquaire préféré… – d’un premier CD « Flowers we are » de György Kurtag (né le 19 février 1926 à Lugoj) : le CD hänssler classic  HC 25950 « Flowers we are – Couperin et Kurtag » de Yehuda Inbar, pianiste – enregistré au studio Teldex à Berlin du 4 au 6 octobre 2023 – vient me surprendre très heureusement – découvrez ici le bref trailer (de 1′ 33) de présentation de ce CD par Yehuda Inbar lui-même – ,

    alors que, sur la lecture de l’article très détaillé de Jean Lacroix intitulé « Pour les 100 ans de György Kurtag, Ksenia Kouzmenko lui offre un bouquet multicolore« , paru le 9 avril dernier sur le très riche site de Crescendo Magazine, je m’étais tout dernièrement empressé de commander à mon disquaire préféré – je ne l’ai pas encore reçu – le CD Cobra Records 0100 « Flowers we are – Kurtag » de Ksenia Kouzmenko, pianiste elle aussi – regardez ici cette brève vidéo (de 1′ 33) ; « Flowers We Are… » est le nouvel album particulièrement poétique de la pianiste Ksenia Kouzmenko. Il comprend 38 « pièces florales » composées par 15 compositeurs de la Renaissance à nos jours, où la fleur symbolise non seulement la beauté éternelle, mais aussi la vulnérabilité, la fugacité du temps et la nature éphémère de la vie. L’album tire son nom d’une série de courtes pièces du compositeur hongrois György Kurtág, « Virág az ember… » (« Flowers We Are… ») dont nous fêtons en 2026 le 100ème annivversaire. La pianiste tchèque Ksenia Kouzmenko a eu le privilège de collaborer avec Kurtag à plusieurs reprises, et son univers musical lui est devenu très cher…

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    Découvrant par là même aussi, que György Kurtag avait donné ce titre de « Flowers we are » à un certain nombre de ses œuvres, notamment en ses successifs passionnants « Jaketok » : un formidable trésor !

    Cet intitulé choisi par György Kurtag pour ces diverses brèves pièces tire son nom de son recueil « Virág az ember… » (« Flowers We Are…), inspiré par le sermons d’un poète et pasteur hongrois qui vécut au XVIe siècle et est considéré comme l’un des fondateurs de la littérature de son pays. Kurtág a utilisé ces textes pour la première fois dans son opus 7, « The Sayings of Peter Bornemisza« , un duo pour soprano et piano, créé en 1968. Ce même thème revient aussi dans le Livre I des « Játékok« , entamés en 1973…

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    Sur György Kurtag,

    je rappelle aussi mon article « Aujourd’hui 19 février 2026, le magnifique György Kurtag fête ses 100 ans en préparant la création à Budapest dans quelques jours de son second opéra « Die Stechardin »….« …

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    Bien évidemment à suivre…

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    Ce lundi 20 avril 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    Post-scriptum :

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    A mon envoi de cet article à l’ami rhumatologue spécialisé dans le traitement des maux des musiciens, et lui-même musicien, Joël Dehais, cette merveilleuse réponse d’expert, par courriel cet après-midi :

    « Là aussi – comme sa merveilleuse réponse, déjà, à mon envoi de l’article d’hier « L’enchantement inouï de la magique grâce féline du miraculeux « Rachmaninoff » du très jeune Vsevolod Zavidov : un miracle musical et discographique ! » : « Magnifique ! Un modèle de stabilité posturale procurant une optimale liberté des doigts« … – ,

    quelle belle ergonomie à l’instrument et quelle sensibilité chez cette pianiste Ksenia Kouzmenko… et quel sens de la forme musicale chez György Kurtàg où tout est dit en si peu de temps ! Joël« …