Étiquette : Jean-Sébastien Bach

  • Musiques de joie : la joie du Concerto italien, de Jean-Sébastien Bach, par Benjamin Alard, ou Pierre Hantaï

    J’avais dans l’idée de poursuivre

    par Johann-Sebastian Bach

    ma série d’écoute de Suites à la française pour l’orchestre,

    selon la pratique festive inaugurée par l’ami Telemann, à Leipzig, au Café Zimmermann…
    …
    …
    Mais la joie bachienne me paraît bien moins festive et jubilatoire,
    au moins dans le style français de ces Suites pour orchestre,
    que la joie ouverte telemannienne :
    …
    ainsi les interprétations, pourtant excellentes, des 4 Ouvertures BWV 1066-1069,
    tant par le Café Zimmermann de Pablo Valetti et Céline Frisch
    que par le Zefiro d’Alfredo Bernardini (et des frères Grazzi),
    …
    ne m’enthousiasment-elles pas autant
    que les si déliées et délurées et tellement festives Ouvertures de l’ami Telemann,
    telles qu’interprétées par Zefiro dans le CD Arcana A 371...
    …
    …
    Serait-ce le style français qui convient moins bien à Bach ?
    …
    …
    Je change donc mon fusil d’épaule ;
    …
    et me tourne, chez Bach, vers son emploi du style italien,
    qui me paraît lui convenir mieux que le style français :
    …
    et j’opte pour la fantaisie plus accomplie du Concerto italien en Fa Majeur BWV 971.
    …
    …
    Soit dans l’interprétation de Benjamin Alard, dans le CD Alpha 180, en 2011 ;
    …
    soit dans celle de Pierre Hantaï, dans le CD Mirare MIR 251, en 2014…
    …
    …
    Ce vendredi 1er mai 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Musiques de joie : et de Bach, quoi choisir ? Les Goldberg ! et par le Trio Zimmermann, par exemple…

    Et du grand Bach lui-même

    (Eisenach, 21 mars 1685 – Leipzig, 28 juillet 1750)

    …

    quoi choisir

    pour ces Musiques de joie ?

    _ même si, et bien sûr il faudra y méditer, la joie-Bach diffère de la joie-Monteverdi, et de la joie-Mozart, et de la joie-Zelenka, etc.

    Les joies des plus grands sont idiosyncrasiques ! Et « le style, c’est (alors, et alors seulement…) l’homme même« , pour reprendre le mot de Buffon en son petit Traité du style ;

    là-dessus, cf mon article du 26 octobre 2016 : …

    …
    …

    Et si j’opte _ pour ce qui me concerne _ pour la joie _ tellement radieuse ! _ des _ profanes, et non sacrées _ Variations Goldberg,

    …

    quelle interprétation choisir,

    qui soit quelque chose comme un summum de la jubilation _ en l’occurrence bachienne _, en CD ?

    …

    C’est bien difficile…

    …

    …

    Je pense par exemple aux 2 merveilleuses versions qu’en a données jusqu’ici Pierre Hantaï

    _ en 1993, chez Opus 111 (CD OPS 30-84), et en 2003, chez Mirare (CD MIR 9945)…

    …

    …

    Mais pourquoi pas aussi

    la jubilatoire transcription pour 3 instruments _ un violon, un alto et un violoncelle _ du Trio Zimmermann

    _ Frank Peter Zimmermann, Antoine Tamestit et Christian Poltéra _

    du CD Bis 2347 SACD, en 2019

    _ cf mes articles des 10 mai et 4 juillet 2019 :  et …

    …

    …

    Dans tous les cas,

    l’œuvre même _ ces Goldberg… _

    est un sommet _ et inépuisable _ de la jubilation !

    …

    …

    Ce mercredi 25 mars 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le Bach de Benjamin Alard justement reconnu

    Ce jour,

    sur son excellent site Discophilia,

    …

    Jean-Charles Hoffelé nous donne un bel article

    intitulé JSB : univers claviers 

    àpropos des deux premiers coffrets de CDs 

    que Benjamin Alard consacre à l’intégrale _ qui débute _ des œuvres pour claviers _ au pluriel ! _

    de Jean-Sébastien Bach,

    chez Harmonia Mundi.

    …

    Et rejoint en quelque sorte les articles que j’ai mis en ligne ici même

    en hommage à ce superbe travail musical et discographique en cours :

    …

    le 13 avril dernier :

    le 22 avril 2018 :

    le 30 mars 2018 :

    le 19 février 2012 :

    …

    …

    Voici donc l’article de ce jour de Jean-Charles Hoffelé :

    …
    …

    JSB : UNIVERS CLAVIERS

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    Les grands anciens, Helmut Walcha, Gustav Leonhardt, détestaient l’idée de spécialisation dans leur pratique instrumentale. Ils se proclamaient claviéristes, à l’aise aux buffets des orgues comme devant l’univers secret du clavecin. Benjamin Alard a toujours procédé comme eux, fait plutôt rare dans sa génération où côté baroque, les clavecinistes l’ont emporté sur les organistes _ Benjamin Alard n’a-t-il pas débuté son travail de claviériste sur l’orgue d’Arques-la-Bataille ?

    …
    …

    Mais s’engageant chez J. S. Bach, qui depuis ses débuts est l’objet de son art, il savait bien que les deux instruments étaient inséparables, mieux, que la pensée de Bach comme son style ne se trouvaient complets qu’à condition de toucher l’orgue comme le clavecin.

    …
    …

    L’idée est donc d’enregistrer tout ce que Bach composa pour les claviers. Long périple commencé _ ici, du moins, pour ces enregistrements pour Harmonia Mundi… _ dans l’Église Sainte-Aurélie de Strasbourg en mai 2017 sur le magnifique Silbermann que l’on sait, et qui suivrait la chronologie.

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    Le premier volume est empli des audaces du jeune virtuose, Benjamin Alard y déployant des trésors de musicalité qui soulignent la spiritualité des premiers opus en les contrastant avec les œuvres de ses contemporains qui furent ses modèles, Pachelbel, les aînés de la famille Bach, Frescobaldi (comme il joue la merveilleuse Bergamasca !), Böhm évidemment, inspirateur des Chorals de son temps de Lunebourg où les lignes se simplifient, le style s’épure et qu’Alard joue avec une clarté magique _ absolument !

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    Mais le plus beau CD – les œuvres obligent – du premier volume reste le troisième, où s’alternent le très flûté clavecin d’Emile Jobin d’après Ruckers, et le Silbermann. Clou du disque, et de tout l’album, à l’orgue le Capricio sopra la lontananza del suo fratello diletissimo, merveille de poèsie qu’on entend trop rarement sur cet instrument si propice à en propager les mélancolies, et où le jeune homme retrouve la nudité émue du discours qu’y tenait au clavecin Gustav Leonhardt. _ et c’est un compliment amplement mérité !..
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    Le second volume de ce voyage initiatique vient de paraître _ voilà. Adieu le Silbermann de Sainte-Aurélie, pour les débuts de la grande pérégrination hanséatique de J. S. Bach, de Lübeck à Hambourg, Benjamin Alard a choisi l’instrument de Saint-Vaast de Béthune (Freytag-Tricoteaux d’après Arp Schnitger), mais aussi un clavierorganum _ en effet.

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    Pas de clavecin, Bach est alors tout à ses orgues. Quatre CDs où se met en place _ oui _ l’univers Bach dans une plénitude lumineuse, Benjamin Alard interrogeant les textes, les jouant avec un naturel confondant _ oui _, musique du quotidien qu’élève son jeu d’une haute spiritualité _ c’est très juste. Hors Bach, une merveille : la grande Fantaisie sur le choral « An Wasserflüssen Babylon » de Johann Adam Reinken. _ un génie bien trop méconnu des mélomanes, en dépit de quelques trèss beaux CDs. Et il retrouve, comme sur le premier volume, le soprano très « knaben » de Gerlinde Sämann pour les chorals chantés _ et un charme très prenant opère à plein…

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    Juste un bémol : pour le flamboiement de ces années hanséatiques, les quatre disques du second volume auraient gagné à varier les instruments, et peut-être justement en allant physiquement sur les traces de Bach, à Hambourg ou Lübeck, quitte à franchir la frontière danoise comme le fit jadis Marie-Claire Alain.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Johann Sebastian Bach(1685-1750)
    L’œuvre intégrale pour claviers
    Vol. 1 : Le jeune héritier

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    Pièces de Johann Michael Bach (1648-1694), Girolamo Frescobaldi (1583-1643), Johann Christoph Bach (1642-1703), Johann Kuhnau (1660-1752), Georg Böhm (1661-1733), Johann Jakob Froberger (1616-1667), Johann Pachelbel (1653-1706), Louis Marchand (1669-1732), Nicolas de Grigny (1672-1703) & Johann Sebastian Bach (1685-1750)

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    Benjamin Alard, orgue, clavecin
    Un coffret de 3 CD du label harmonia mundi HMC 902450.52
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    Johann Sebastian Bach
    L’œuvre intégrale pour claviers
    Vol. 2 : Vers le Nord

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    Pièces de Dietrich Buxtehude (1637?-1707), Johann Pachelbel (1653-1706), Johann Adam Reinken (1643?-1722) & Johann Sebastian Bach (1685-1750)

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    Benjamin Alard, orgue
    Un coffret de 4 CD du label harmonia mundi HMC 902453.56
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    Photo à la une : l’organiste et claveciniste Benjamin Alard – Photo : © DR

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    Enchantement à suivre !!!

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    Ce lundi 17 juin 2910, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La magique incarnation couperinienne de Carole Cerasi en son enregistrement de l’intégrale (10 CDs) des Pièces pour clavecin de François Couperin

    Après avoir inauguré mon écoute

    par les 3 CDS n°4, n°5 et les 2/3 du CD n°6

    du coffret Metronome

    de l’intégrale des Pièces pour clavier

    de François Couperin (1668 – 1733),

    …

    qui comportaient les Ordres six à douze du Deuxième Livre de Pièces de clavecin (de 1717),

    dans l’interprétation magistrale de Carole Cerasi

    _ comme je m’en expliquais en mon article d’avant-hier : ,

    en suivant les conseils très judicieux, comme je l’ai bien expérimenté !, de Jean-Charles Hoffelé… _

    …

    …

    j’ai passé ces deux jours-ci à poursuivre mon écoute _ encore mieux qu’enchantée ! _,

    par les sept autres CDs et 1/3

    des Pièces de clavecin

    du Troisième Livre (de 1722) _ comportant les Ordres treize à dix-huit _,

    du Quatrième (et dernier) Livre (de 1730) _ comportant les Ordres dix-neuf à vingt-sept _ ;

    et enfin du Premier Livre (de 1713) _ comportant les Ordres premier à cinq _ ;

    …

    ainsi que des huit Préludes et de l’Allemande de L’Art de Toucher le Clavecin (de 1716).
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    …

    Eh ! bien, cette réalisation discographique _ en 10 CDs, chez Metronome _ de Carole Cerasi

    est un événement extrêmement important musicalement :

    …

    les merveilles musicales succèdant au merveilles musicales ;

    …

    et François Couperin (1668 – 1733) nous apparaissant, rien qu’en cette musique de clavecin,

    comme un compositeur égal

    à Bach (1685-1750) ou à Rameau (1683 – 1764) !

    Et à Domenico Scarlatti (1685 – 1757) _ lui, avare de titres sur ses si aventureuses, fastueuses et toujours brèves, pour lui aussi, étourdissantes sonates !!! _,

    ses contemporains d’à peine d’une génération plus jeunes par l’âge !

    …

    Pas moins !

    …

    …

    Tout en finesse et intimité

    _ en son extraordinaire confondante variété ! _ ;

    …

    et, de fait, chez lui, rien n’est jamais ni attendu, ni mécaniquement prévisible, non ;

    tout est toujours ravissante et tendre et douce éminemment touchante surprise !..

    …

    …

    Et François Couperin inaugure aussi,

    en ce premier tiers du XVIIIème siècle

    _ je rappelle les dates de ses publications : 1713, 1716, 1717, 1722, 1730 _,

    une expression radieuse

    _ pudique et humble, sans esbroufe ni hyperbole ; mais avec infiniment d’esprit, de tact et de goût ! _

    de l’intimité du vécu et du ressenti

    _ ainsi que du pensé et de l’imaginé-fantasmé, ou tendrement rêvé ;

    mais sans narcissisme aucun, ni complaisance envers soi :

    c’est vers l’altérité toujours, et en son mystère, qu’il se penche,

    en cette sorte de journal noté de sa fantaisie, au fil des jours et des rencontres impromptues advenant…

    …

    tant dans le dessin _ à la pointe hyper-fine : somptuosité des détails, quelle merveille ! _,

    et les couleurs _ raffinées selon d’infinies subtiles nuances : les plus justes qui soient _,

    du monde perçu _ proche, intime, comme un peu plus éloigné, aussi _ par lui,

    que dans la manifestation de ce que lui, idiosyncrasiquement, éprouve,

    ou s’invente

    _ en peinture, on dirait que sa fantaisie vagabonde entre les parcs de Watteau et les intérieurs de Chardin.
    …

    …

    Tel presque un prédécesseur _ en sa promenade _

    et de l’Empfindsamkeit (d’un CPE Bach)

    ainsi que du Romantisme à venir :

    …

    et cela, en une forme brève

    _ sans que rien jamais pèse, ni encore moins pose… _

    parfaitement classique

    du Baroque français !

    …

    Et des goûts réunis

    _ et parfaitement conciliés : ceux de Lully et Corelli… 

    …

    …

    Ce samedi 26 janvier 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa