Étiquette : jeunesse

  • Redécouvir Jérome Hantaï interprétant Mozart sur un piano forte : le délicieux CD Mirare « Mozart – Sonates – Rondos » enregistré en 2020…

    Avec surprise je découvre sur le site de Crescendo à la date du 30 novembre dernier, et sous la plume de Jean-Noël Régnier, l’article intitulé « Sonates et Rondos de Mozart : une lecture vivante et authentique par Jérôme Hantaï« , consacré au CD Mirare MIR 730 « Mozart – Sonates – Rondos«  _ enregistré à Hardelot les 10 et 11 février 2020 _,

    auquel j’avais consacré, à la date du 21 mai 2024, un article intitulé « L’épatant « Mozart – Sonates – Rondos » du plus ludique et jeune que jamais Jérôme Hantaï…« …

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    Sonates et Rondos de Mozart : une lecture vivante et authentique par Jérôme Hantaï

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    LE 30 NOVEMBRE 2024 par Jean-Noël Régnier
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    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Sonate en ut majeur K 309, Rondo en Fa Majeur K 494,  Rondo en ré majeur K 485,  Sonate en si bémol majeur K 333,  Suite en ut majeur K 399 (Allemande en ut mineur : Andante),  Rondo en la mineur K 511. Jérôme Hantaï, pianoforte./2020. Livret en français et en anglais. 72’27’’. Mirare MIR730.

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    Jérôme Hantaï partage ses activités musicales d’interprète entre la viole de gambe et le pianoforte _ voilà ! _, deux instruments qu’il maîtrise à un suprême degré. Passionné par la recherche d’une interprétation baroque authentique, il étudie la viole de gambe au Conservatoire Royal de Bruxelles avec Wieland Kuijken. Il collabore avec les plus grands interprètes, initiateurs du mouvement baroque prônant le retour aux instruments d’époque comme Wieland, Sigiswald et Barthold Kuijken, mais aussi Jean-Claude Malgoire, René Jacobs, Phillipe Herreweghe et Gustav Leonhardt. Avec ses frères Pierre (clavecin) et Marc (traverso) ils constituent le Trio Hantaï _ oui _ et explorent ensemble cet immense répertoire baroque et classique tout en conservant cet objectif d’authenticité. Jérôme Hantaï, tout comme le furent en leur temps Paul Badura-Skoda où Jörg Demus, s’intéresse de près aux pianos historiques et à leur facture. A la période classique à Vienne, la facture instrumentale évolue très vite passant en seulement quelques décennies du clavecin au pianoforte. Au sein même des pianofortes l’évolution est elle aussi très rapide, les instruments devenant de plus en plus puissants et possédant une tessiture de plus en plus étendue. Les pianofortes évoluent de façon fulgurante et les instruments construits vers 1780 par Andréas Stein pour Mozart, avec qui il s’était lié d’amitié, n’ont plus rien de commun ni en envergure, ni en puissance avec les pianos de Conrad Graf, de John Broadwood ou de Sébastien Erard, que Beethoven utilisera quelques décennies plus tard.

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    Les œuvres composées en cette fin de dix-huitième siècle témoignent de ces transformations techniques _ voilà _ qui modifient sans cesse les sonorités et accroissent les possibilités de chaque instrument. Cette évolution de la facture instrumentale génère de multiples modifications, au niveau de la puissance, de la résonnance (par l’utilisation de pédales et d’étouffoirs appropriés), de la répétition rapide des notes (par le double échappement), de la gestion des nuances, et bien sûr par l’accroissement de la tessiture de l’instrument, de plus en plus étendue. Cela entraîne une extension du clavier, qui passe de cinq octaves en 1775 à six octaves et demie vers 1820.

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    Le passage du clavecin au premier pianoforte entraîne déjà une modification importante de l’écriture musicale _ oui _ et Mozart participera de manière très active à cette évolution.

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    Le disque témoignera bien plus tard de cette mutation et depuis les années 1930 d’innombrables enregistrements des pièces pour clavier de Mozart voient le jour et tout d’abord sur piano moderne avec Edwin Fischer, Artur Schnabel. Chaque décennie aura « son » interprète mozartien de Lili Kraus à Clara Haskil, de Christoph Eschenbach à Alfred Brendel, de Maria Joao Pires à Christian Zacharias, et cela perdure avec les enregistrements les plus récents d’Elisabeth Léonskaja ou de Mao Fujita. Si l’on excepte quelques tentatives moins probantes _ en effet… _ de certains grands clavecinistes comme Wanda Landowska, Gustav Leonhardt ou Huguette Dreyfus, le disque voit fleurir depuis la fin du vingtième siècle des interprétations sur pianoforte. Ces pianofortistes historiquement informés sélectionnent leurs instruments en fonction des partitions interprétées en tenant compte de la facture de chaque instrument, de son étendue, de sa puissance etc. Cela commencera avec Paul Badura-Skoda et Jörg Demus _ oui _ jouant sur des instruments d’époque restaurés. D’autres pianofortistes viendront s’ajouter à la liste lorsque les facteurs de pianoforte feront des copies d’instruments tels que Mozart les a connus. On trouve alors des enregistrements d’Andréas Staier, de Malcolm Bilsom, d’Alexeï Lubimov, puis plus récemment de Kristian Bezuidenhout, Ronald Brautigam ou Robert Levin _ excellents ! Contrairement au piano moderne qui peut tout jouer mais dont le son est standardisé, chaque pianoforte a ses propres caractéristiques et sa propre personnalité _ voilà : sa singularité. Il devient le véritable partenaire de l’interprète pour un répertoire précis, puisque ce dernier en connait parfaitement les caractéristiques, mais aussi les limites.

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    L’instrument utilisé par Jérôme Hantaï pour cet enregistrement est un magnifique pianoforte (anonyme du dix-huitième siècle, restauré par Christopher Clarke) à la sonorité claire et chaleureuse. Il est parfaitement adapté à l’interprétation des pièces proposées ici. Celles-ci ont été composées sur une période d’environ dix ans, de 1777 à 1787, dans les divers centres musicaux où Mozart a séjourné comme Mannheim, Paris, Linz, et bien sûr Vienne où il résidait.

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    Au cours de sa vie Mozart a beaucoup voyagé. Depuis sa plus tendre enfance, il a sillonné l’Europe, accompagné généralement par son père. Son statut d’enfant prodige le menait de Cour en Cour, où il éblouissait par ses talents musicaux tous les monarques et hauts personnages avides de divertissements et de curiosités. Devenu adulte, il continuera à voyager beaucoup et les nombreux concerts qu’il donne au cours de ses tournées l’obligent _ si l’on veut ; lui s’amuse… _ à composer sans cesse de nouvelles pièces afin de renouveler en permanence son répertoire. Ces œuvres font souvent l’objet de dédicaces à des personnages rencontrés au cours de ses voyages comme cette Sonate K 309 composée à Mannheim en 1777 pour son élève, la fille de son collègue et ami Christian Cannabich alors âgée de treize ans.

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    Toutes les œuvres proposées ici par Jérôme Hantaï ont été composées par Mozart à l’âge adulte, à une époque moins sereine, où il n’était plus considéré comme un enfant prodige éblouissant, et pas encore comme le génie universel que nous connaissons. A cette époque son succès décline puisqu’il n’est plus en âge de réaliser des pirouettes musicales dont était friand un public versatile qui dorénavant lui tourne le dos. Certains de ses voyages tournent au fiasco comme celui entrepris à Paris en 1778 où il assistera impuissant et sans ressources à la maladie subite et à la mort de sa mère _ certes _, loin des siens et de son pays, son père ayant été retenu par l’archevêque de Salzbourg pour les besoins de sa charge.

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    La Sonate en ut majeur K 309 témoigne de cette vie de voyages où Mozart et sa mère résident chez Christian Cannabich, chef de l’orchestre de Mannheim alors extrêmement réputé. Cette œuvre est composée pour sa fille Rosa, dont Mozart veut faire de l’andante le portrait musical. Comme le notent le père et la sœur de Mozart, cette œuvre fait référence au style alors à la mode à Mannheim et possède une indéniable dimension orchestrale dans son premier mouvement où, après un « tutti à l’unisson », un thème plus lyrique vient prendre par contraste toute sa couleur. Tout au long du mouvement, Mozart joue sur des contrastes mélodiques et de structure. Léopold Mozart considérait le second mouvement comme affecté puisque celui-ci est parsemé de brefs soupirs (typique de l’Ecole de Mannheim) et est écrit avec une précision extrême dans un style chargé d’ornements complexes. Le Rondeau final tranche par sa sérénité, mais comme les deux précédents mouvements Mozart exploite les contrastes.

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    Le Rondo en fa majeur K 494 (Andante) composé en juin 1786 est le second des trois composés pour piano seul. Il s’agit d’une œuvre destinée à l’origine à l’enseignement et que Mozart réutilisera pour compléter la sonate en deux mouvements K 533, composée dix-huit mois plus tard dans ma même tonalité. Il se contentera simplement d’en accélérer légèrement le tempo, passant d’andante à allegretto. Il s’agit d’une œuvre pleine de charme où les difficultés techniques sont relativement limitées, sans doute pour l’adapter aux capacités de l’élève à qui il était destiné.

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    Le Rondo en ré majeur K 485 (Allegro) composé en mars 1787 était certainement destiné lui aussi à ses élèves puisque Mozart le classait lui-même parmi ses œuvres « très faciles ». On retrouve dans cette pièce charmante un thème du Quatuor avec piano K 487 composé par Mozart en 1786.

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    Il semblerait que Koechel ait estimé à 1778 la date de composition de la Sonate en si bémol majeur K 333 alors que les musicologues actuels considèrent plutôt qu’elle a été écrite en 1784, compte tenu de son style. Elle serait donc contemporaine de la symphonie « Linz » K 425, et on peut supposer qu’elle a été écrite dans cette ville lors d’une halte effectuée par les époux Mozart revenant de Salzburg à Vienne après avoir rendu visite à leur famille.

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    Tout comme dans le Rondo K 485, on remarque dans cette sonate certaines analogies thématiques avec Jean Chrétien Bach. Cependant Mozart laisse s’exprimer tout son génie en condensant dans les premières mesures les thèmes qu’il développe ensuite dans une grande variété mélodique et rythmique. Le premier mouvement oppose par ses deux thèmes, un lyrisme lumineux à une rythmique resserrée où les idées musicales se succèdent rapidement sans jamais nuire à l’unité du mouvement, y compris dans le développement plus sombre et bouillonnant. Ici Mozart utilise toutes les possibilités offertes par le pianoforte, utilisant à profusion les syncopes, les staccatos tranchants et les doubles croches jouées très rapidement avec un parfait détachement. L’andante cantabile figure parmi les plus beaux composés par Mozart. Il baigne dans la sérénité jusqu’à l’arrivée du développement, plus dense et tendu, qui évolue par de multiples et subtiles modulations. Le dernier mouvement en forme de rondo est conçu comme un mouvement de concerto. Il débute traditionnellement sur un ton serein et aimable mais s’amplifie en intégrant de nouveaux motifs. Il devient de plus en plus brillant et virtuose jusqu’à l’apothéose de la partie cadentielle où là encore, les motifs et les rythmes s’enchaînent rapidement pour terminer la sonate de façon éclatante et jouissive.

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    Comme pour montrer la curiosité de Mozart s’affrontant au style des anciens, Jérôme Hantaï a la bonne idée d’interpréter l’Allemande de la Suite K 399. Cette œuvre renvoie bien entendu au modèle de la suite baroque déjà abandonné à l’époque classique. Mozart a composé cette suite (restée inachevée) en 1782, vraisemblablement pour faire des essais musicaux dans le style de Bach ou de Haendel _ oui _, et c’est d’ailleurs sous le titre de Suite dans le style de G. F. Haendel que l’on connait cette œuvre. Sur les trois mouvements achevés, Jérôme Hantaï a choisi d’interpréter la brève Allemande en ut mineur (andante). Si l’esprit de Haendel y est évoqué, on sent néanmoins que Mozart se fait violence pour écrire dans un style qui n’est pas le sien, et c’est sans doute pour cela qu’il n’est pas allé au terme de son projet.

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    Jérôme Hantaï a choisi de terminer ce disque particulièrement copieux par un pur chef d’œuvre : Le Rondo en la mineur K 511. Composé en mars 1787 alors qu’il revient de Prague (après l’immense succès des Noces de Figaro), Mozart compose ce Rondo qui fait preuve d’un étonnant modernisme en usant de chromatismes poignants et dramatiques, sur un rythme de sicilienne. Cette œuvre au ton élégiaque est d’une écriture particulièrement complexe. Sa structure mouvante est accentuée par les chromatismes et les nombreux ornements. A chaque réapparition du thème ou du refrain Mozart conçoit de nouvelles variations où le rythme et la mélodie évoluent de façon très subtile et mouvante, sans que cela ne soit flagrant pour l’auditeur. Comme le prouvent les dernières mesures de cette œuvre d’un dramatisme bouleversant, Mozart s’exprime d’une façon intime et discrète comme le fera plus tard Chopin dans ses Nocturnes.  A cette époque, Mozart traverse une période très difficile : Il vient de perdre un ami très cher (le comte Hatzfeld), et ressent douloureusement le départ de la cantatrice Nancy Storace, la Suzanne des Noces de Figaro. En outre, il rencontre des problèmes financiers importants, et ses succès auprès du public viennois déclinent rapidement (contrastant avec l’accueil chaleureux du public pragois). Il est probable que le ton accablé de ce rondo ne soit que l’expression musicale de ces évènements.

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    Jérôme Hantaï donne une lecture passionnée _ ultra-vivante _ de ces œuvres aux caractères multiples dont il distille avec bonheur et pertinence chaque tournure et chaque ornement.

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    Notes : Son : 9 Livret : 8,5 Répertoire : 9 Interprétation : 10

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    Jean-Noël Régnier

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    Bravo !!!

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    Ce mercredi 4 décembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’épatant « Mozart – Sonates – Rondos » du plus ludique et jeune que jamais Jérôme Hantaï…

    Jérôme Hantaï a beaucoup de talent, au piano forte désormais _ mais déjà en novembre 2004, il avait enregistré sur un pianoforte (Paris 1788) de Pascal Joseph Tasquin, un très réussi « Joseph Haydn – Sonates pour piano forte« , le CD Ambroisie AMB 9975 (écoutez ceci) ; puis, un tout aussi réjouissant « Haydn – Mozart – Sonates« , le CD Mirare MIR 456 ; cf mon article «  «  en date du 5 mai 2019… _, comme à la viole de gambe, jadis.

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    À preuve, une nouvelle fois,

    un tout à fait épatant, éclatant d’humeur joyeuse contagieuse, « Mozart – Sonates – Rondos« , le CD Mirare MIR 730 _ enregistré à Hardelot les 10 et 11 février 2020… _ sur un piano anonyme du XVIIIe siècle restauré par Christopher Clarke.

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    Et dans Mozart !!!

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    Bravissimo, jeune maestro ! _ né en 1961… La bonne humeur, l’alacrité, tout comme Mozart, conserve…

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    Ce mardi 21 mai 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un nouveau passionnant travail ravélien du chef anglais John Wilson et son orchestre Sinfonia of London : la Suite d’orchestre « Le Tombeau de Couperin », associé au « Divertimento » Op. 18 (de 1943) de Lennox Berkeley, et la « Symphony n°3 » (de 2021) d’Adam Pounds ; ou d’un certain héritage orchestral ravélien et de l’éthique musicale de la lisibilité…

    Suite aux CDs Chandos « Ravel – Ma Mère l’Oye – Bolero – première recording of original Ballets«  _ Chandos CHSA 5280, enregistré à Londres le 9 janvier 2020 et du 30 août au 1er septembre 2020 _

    et « Ravel – Daphnis et Chloé – Complete Ballet«  _ Chandos CHSA 5327, enregistré à Londres du 7 au 9 décembre 2022 _,

    auxquels j’ai consacré mes articles « « 

    et « « 

    des 1er septembre 2022 et 4 avril 2024,

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    voici que je viens de recevoir le CD « Ravel – Berkeley – Pounds – Orchestral Works » _ Chandos CHSA 5324, enregistré à Londres du 22 au 24 novembre 2022, soit à peine quinze jours avant le CD « Daphnis et Chloé » CHSA 5327…  _ de John Wilson et son orchestre Sinfonia of London _ regarder ici cette brève mais éloquente vidéo (de 1’41) d’un extrait du superbe Rigaudon de la Suite d’orchestre composée par Ravel zn 1919 d’après son Tombeau de Couperin pour piano, une pièce dédiée aux frères Pierre et Pascal Gaudin (nés à Saint-Jean-de-Luz respectivement le 7 février 1878 et le 31 janvier 1883), décédés ensemble au champ d’honneur le 12 novembre 1914, frères de la très chère amie luzienne de Maurice Ravel, Marie Gaudin ;

    sur les liens y compris familiaux entre Maurice Ravel avec les Gaudin et Courteault de Saint-Jean-de Luz, cf par exemple mes articles « «  et « «  des 17 et 18 août 2022…  _,

    un CD que je m’étais empressé de commander à mon disquaire préféré, suite à ma lecture, le 19 mars dernier, de l’article de Pierre-Jean Tribot « Ravel en miroirs anglais, entre mentors et disciples« , que voici _ avec mes farcissures _ :

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    Ravel en miroirs anglais entre mentors et disciples

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    LE 19 MARS 2024 par Pierre Jean Tribot
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    Ravel en miroirs anglais

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    Maurice Ravel(1875-1937) : Le Tombeau de Couperin, M 68a ;

    Sir Lennox Berkeley (1903-1989) : Divertimento en si bémol majeur pour orchestre ;

    Adam Pounds (né en 1954) : Symphony n°3.

    Sinfonia of London, direction : John Wilson. 2022.

    Livret en allemand, anglais et allemand. 65’50’’. CHSA 5324.

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    Cet album propose une filiation musicale _ en l’occurrence ravélienne _ sur plusieurs générations. En ouverture, on y retrouve Maurice Ravel dont la musique séduisit le compositeur anglais Lennox Berkeley qui ambitionna d’étudier avec le compositeur français (ce qui ne se fit pas, mais Berkeley accepta d’aller suivre l’enseignement de Nadia Boulanger suivant le conseil _ diligenté _ de Ravel), Lennox Berkeley et Adam Pounds, lui-même élève  de Lennox Berkeley à la Royal Academy of Music. Pour des continentaux comme nous, les univers de Berkeley et Pounds nous sont _ certes ! _ très peu familiers, et on se plaît _ tout à fait ! _ à découvrir des mondes musicaux inspirés _ voilà, par la musique française.

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    L’interprétation du Tombeau de Couperin (1919) par John Wilson _ surprenante à la toute première écoute, comme tout renouvellement… _ est absolument exemplaire _ mais oui ! _ et elle réussit à allier l’énergie musicale _ oui _ avec une finesse du trait _ oui : voilà qui est excellemment dit : énergie musicale et finesse du trait. Les lignes mélodiques sont d’une parfaite lisibilité _ comme c’est indispensable pour tout ce qui touche au goût français, la lisibilité y est fondamentale ! _ et John Wilson soigne les nuances et les couleurs _ voilà. Saluons aussi la justesse des tempis _ oui _ qui permettent à la baguette du chef de mettre en avant la beauté _ hédoniste ! _ de l’orchestration ravelienne _ somptueuse… Cette interprétation, telle un diamant ciselé et scintillant _ et j’adhère tout à fait à cette métaphore… _, est l’une des plus belles de la discographie _ voilà ! _ par sa fraîcheur et ses lumières _ oui. John Wilson s’affirme _ oui _ comme l’un des plus grands ravéliens du moment _ rien moins !

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    Le Divertimento de Lennox Berkeley (1943) est dédié à Nadia Boulanger _ voilà. En quatre mouvements, il est à peine plus long que la partition de Ravel. On découvre une orchestration fine et racée _ oui _ qui témoigne d’une influence française par sa plastique aérée et mobile _ oui : d’une superbe fluidité ! _ mais avec un sens de l’orchestration brillant _ à la Ravel _ dans ses choix instrumentaux. C’est une musique narrative et riche en saveurs. Le livret nous apprend que la partition a été chorégraphiée en ballet, c’est une suite logique pour une musique illustrative et gorgée d’émotions suggérées _ et qui conforte la cohérence dans le suivi des choix d’œuvres à servir de John Wilson en sa discographie.

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    Adam Pounds fut l’élève de Berkeley et en tant que chef d’orchestre, il a dirigé le Divertimento de son professeur. La Symphonie n°3, d’une durée d’une demi-heure, a été composée pendant les confinements de la récente pandémie _ en 2021. La partition est dédiée à John Wilson et au SInfonia of London _ voilà. Le ton est plus sombre et dramatique dès les premières mesures de cette partition dense. La maîtrise de l’écriture en impose avec quatre mouvements bigarrés qui rendent hommage à Chostakovitch (valse tragique du second mouvement) ou à Bruckner (« Elegy » du second mouvement). La partition se caractérise par une motorique qui sert une énergie interne saillante _ oui _ alors que l’orchestration dévoile des timbres d’une grande subtilité en particuliers dans les pupitres des bois. Indéniablement cette symphonie est une grande œuvre de notre temps par son ton qui nous place en miroir des angoisses de notre époque _ voilà, voilà.

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    Tout au long de ce disque, il faut saluer l’engagement des pupitres _ voilà : et j’y suis très sensible, moi aussi : voir cette vidéo ! _ de l’excellent _ oui ! _ Sinfonia of London sous la baguette experte de John Wilson. Le son “qualité Chandos” _ et c’est tout à fait juste _ rend tous les aspects de ces musiques d’orchestre passionnantes et admirables _ oui, oui, oui. 

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    Son : 10 – Livret : 10 – Répertoire : 9 – Interprétation : 10

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    Pierre-Jean Tribot

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    Dans la vidéo de l’extrait du Rigaudon du Tombeau de Couperin que j’ai citée plus haut,

    je remarque tout particulièrement la jeunesse et la vitalité _ l’engagement, dit Pierre-Jean Tribot… _ des membres du Sinfonia of London que dirige John Wilson…

    Et la musique de Ravel mérite assurément cette vitalité.

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    Enfin, il me faut signaler que c’est tout spécialement sur le site du magazine belge Crescendo que j’ai rencontré cette curiosité et cette appréciation très laudative portées aux prestations du chef britannique John Wilson et son orchestre Sinfonia of London ; mes autres sites favoris demeurant, quant à eux, beaucoup plus discrets…

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    Au delà de l’intérêt de l’apport d’interprétations de très grande qualité, servies au disque par une très confortable, voire hédoniste, prise de son _ « qualité Chandos«  : dans ces divers excellents CDs Ravel du Sinfonia of London de John Wilson, je note que l’ingénieur du son est chaque fois Ralph Couzens… _,

    élargir sa connaissance du répertoire de la musique est une vraie richesse pour le mélomane passionné et un tantinet curieux…

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    En tout cas, John Wilson _ né à Gateshead on Tyneside en 1972, il a aujourd’hui 52 ans _ est bien un chef à suivre.

    Et le charme subtil et délié, intense et profond, de Ravel lui sied idéalement…

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    Ce samedi 20 avril 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La divine surprise du coffret de 27 CDs « Lars Vogt – The complete Warner Classics Edition » (d’enregistrements entre 1991 à 2005), en commençant par l’écoute des Intermezzi Op. 117, 118 et 119 (de 1892 et 1893), servis avec la plénitude de la parfaite humilité et franchise, déjà et toujours, d’un Lars Vogt de 32 ans en 2002…

    En forme de « divine surprise » à mon interrogation d’hier 3 novembre « « ,

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    voici, ce samedi 4 novembre, la découverte, sur la table de mon disquaire préféré, d’un coffret (de 27 CDs enregistrés entre 1991 et 2005) qui semblait, là, rien que m’attendre… :

    le magnifique coffret Warner Classics 5054197604904 « Lars Vogt – The complete Warner Classics Edition« , d’interprétations de Lars Vogt (Düren, 8 septembre 1970 – Erlangen, 5 septembre 2022), pianiste,

    un coffret qui vient tout juste de paraître, ce vendredi 3 novembre…

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    Lars Vogt - The Complete Warner Classics Edition - Amazon ...

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    Box Set Lars Vogt: The Complete Warner Classics Edition - 27 CDs)

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    Et j’ai choisi de commencer son écoute par le bonheur ineffable du si magistralement brahmsien CD n°6 de ce coffret,

    enregistré par Lars Vogt à Cologne les 4 et 5 novembre 2002 _ Lars Vogt venait d’avoir 32 ans… _ :

    « Brahms – 3 Intermezzi Op. 117, Klavierstücke Op. 118 & Op. 119« …

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    Dont voici des liens à 3 podcasts de ce magistral CD paru en 2003 :

    _ l’Intermezzo n°1 de l’Opus 117 (5′ 37) ;

    _ l’Intermezzo n°2 de l’Opus 118 (6′ 18) ; 

    _ la Rhapsodie n°4 de l’Opus 119 (4’59)…

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    Quelle émotion de cette si humble et si franche incarnation de ces brefs mais si pleins et si complets chefs d’œuvre, déjà crépusculaires _ en 1892 et 1893 _, de Johannes Brahms (Hambourg, 7 mai 1833 – Vienne, 3 avril 1897), par un Lars Vogt de 32 ans…

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    Ce merveilleux coffret d’enregistrements du jeune Lars Vogt d’entre ses 21 ans de 1991 et ses 35 ans de 2005, permet, ainsi, comme à moi qui ai  _ bien trop _ tardivement découvert Lars Vogt à l’automne 2009 _ cf mes 3 premiers articles à lui consacrés : « « , «  » et surtout «  » en date des 17 octobre, 20 octobre et 14 novembre 2009 _, et ne connaissais donc  de cette période de jeunesse de Lars Vogt _ et cela avant ses sublimes 17 CDs Ondine (cf par exemple mon article du 28 juin dernier : « « …) enregistrés pour le label Ondine à partir des 27-28-29-30 juin 2011, à Brème pour les CDs « Mozart – Sonatas for piano and violin«  et « Schumann – Violin Sonatas« ,  avec l’ami Christian Tetzlaff, soient les CDs Ondine ODE  1204-2 et ODE 1205-2, parus en 2012 et 2013 ; ce mois de juin 2011, Lars Vogt avait donc 40 ans… _, que les enregistrements _ d’irremplaçables merveilles ! _ de ce qui avait été publié des concerts du magique Festival annuel Spannungen _ en français, « tensions » ou « voltages« … _ de Heimbach, fondé par l’incomparable Lars Vogt en 1998,

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    soient,

    en plus du stupéfiant coffret de 14 CDs « Spannungen : Musik im Kraftwerk Heimbach – Limited Edition – Kammermusik – Chamber Music – Lars Vogt & Friends«  (CAvi-music 8553100 paru en 2007, et comportant des enregistrements live de 1999 à 2006),

    les 16 CDs CAvi-music suivants :

    1)  _ le double CD « Brahms – Piano Quintet op. 34 – Sextett op. 36 » (CAvi-Music 553049, paru en 2006) ;

    2) _ « Mendelssohn – Enescu – Octets for strings » (CAvi-Music 8553163, paru en 2009) ;

    3) _ « Dvorak – Serenade for winds op. 44 – String Quartet N°13 » (CAvi-Music 8553164, paru en 2009) ;

    4) _ « Schubert – Widmann – Octets » (CAvi-Music 8553209, paru en 2010) ;

    5) _ « Tchaikovsky – String Quartet N°3 – Shostakovich – Piano Trio N°2 » (CAvi-Music 8553224, paru en 2011) ;

    6) _ « Smetana – Ravel – Watkins – Piano Trios » (CAvi-Music 8553260, paru en 2012) ;

    7) _ « Spohr – Ebert – Janacek – Widmann – Winds & Strings » (CAvi-Music 8553261, paru en 2012) ;

    8) _ « Boulanger – Hindemith – Debussy » (CAvi-Music 8553295, paru en 2013) ;

    9) _ « Mahler – Symphony N°4 (Fassung Erwin Stein)«  (CAvi-Music 8553334, paru en 2014) ;

    10) _ « Rachmaninoff – Piano Trio N°2 – Trio élégiaque » (CAvi-Music 8553335, paru en 2014) ;

    11) _ « Verdi – Dvorak – String Quartets » (CAvi-Music 8553358, paru en 2015) ;

    12) _ « Weber – Saint-Saëns – Klughardt – Krein – Chamber Music » (CAvi-Music 8553359, paru en 2015) ;

    13) _ « Mendelssohn – Penderecki – Sextets » (CAvi-Music 8553384, paru en 2016) ;

    14) _ « Nielsen – Prokofiev – Wind Quintets » (CAvi-Music 8553385, paru en 2016) ;

    15) _ « Tchaikovsky – Borodin – String Quartets N°2 » (CAvi-Music 8553101, paru en 2018) ;

    16) _ « Glière – Shostakovich – Hahn » (CAvi-Music 8553102, paru en 2018)..,

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    ce merveilleux coffret Warner Classics « Lars Vogt – The complete Warner Classics Edition » permet donc, en ces 27 CDs ainsi à nouveau disponibles, d’accéder aussi au jeu du jeune Lars Vogt, d’entre ses 21 (en 1991) et 35 ans (en 2005) ;

    soit une étape passionnante de 14 années de l’éclosion-maturation-entame de parcours musical de son génie d’interprète, et musicien complet, incomparablement épanoui…

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    Un trésor pour l’éternité d’un musicien ô combien magnifique !!!

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    Ce samedi 4 novembre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa